SULFURE BISMUTH [QUE
I. Sulfure bismutheux. Il fut découvert en i834 par Mather ^ qui Tobtint en faisant fondre ensemble du bismuth et du soufre, et chauffant ensuite la masse jusqu'au rouge blanc dans un creuset couvert; le sulfure bismutheux restait au fond. Il existe dans le règne minéral prés de Gregersklack^ au pied du Bipsberg^ et donna l'occasion de parler du bismuth fondu dans la note de la p. SSp. D'après Wertheim^ on l'obtient cristallisé en faisant fondre ensemble des poids égaux de bismuth et de sulfure de bismuth, et abandonnant la masse liquéfiée à un refroidissement lent : le sulfure cristallise dans le métal encore liquide, qui peut être ainsi séparé des cristaux par décantation. Ces cristaux s'obtiennent facilement sous la forme régulière de prismes rectangulaires, et sont formés de :
Centièmes. Atomes.
Bismuth 86,865 ••••• a n
Soufre i3,i35 a
Poids atomique, =:3o63,o84 ; formule, =BiS' ouBi. On ignore complètement si le sulfure bismutheux possède les propriétés d'une sulfobase.
a. Sulfure bismutkique. Le sulfure se rencontre dans le règne minéral. Ses cristaux appartiennent au système prismatique, ils ont un éclat métallique et une couleur d'un blanc d'étain. On obtient ce sulfîire par la voie humide, en mêlant du bismuth en poudre avec le tiers de son poids de soufre, et faisant fondre le mélange. Le composé est gris et poreux; il est fusible, et en fondant il perd l'excès de soufre, qui se volatilise. La masse fondue a une cassure cristalline feuilletée. D'après Marx, elle se dilate d'un quart de son volume au moment où elle se solidifie. Son poids spécifique varie de 6,5 à 7,5oi.
On l'obtient par la voie humide, en faisant arriver du gaz Sulfide hydrique dans la dissolution d'un sel de bismuth. La liqueur est brunie par les premières bulles de gaz qui y pénètrent, et il se forme un précipité noir de sulfure bismutbique.
Le sulfure bismutbique n^est pas seulement une sulfobase; c'est un sulfide qui se rencontre souvent dans le règne minéral en combinaison avec des sulfobases métalliques. On pourrait, sous ce rapport, l'appeler sulfide bismutheux. Il se compose de:
55o TELtüRURE DE BISMUTH.
Cequèfses. Ato«<s.
Bismuth ^tfid a
Sou^e i8)4i • • • • • 3
Poids atomique , =: 3a64»249> formule » =&iS' ou hi. On p'^ f^ encore examiné si le bismuth a un sulfure correspondant à l'acide kismuthiquet
Phosphure bismutkique, ht bismuth » très-peu d affiniié pour le phQsphprer Si Iqp fait tomber du phosphore sur du bismuth fondu dans un matras de verre i le phosphore se lublime sans se combiner avec le métal, qui n*en retient que des traces, 3i| au contraire I on fait arriver du gaz phosphure d*hjdrogène dans une dissolution de nitrate bismuthique, il se précipite du phosphure de bismuth noir. Soumis à la distillation, ce phosphure abandonne tout le phosphore, et laisse du bismuth pour résida.
Jlliagesdebismuth. Le bismuth s' unit facilement aux mél aux; les alliages qui en résultent sont, en général, très«>fusibles. Il se combine facilement avec les radicaux des alpalis. L'eau dissout le métal alcalin avec dégagement de gaz hydrogène, et laisse le bismuth pur à letat pulvérulent. Fauquelin a trouvé qu en calcinant le bismuth avec du bitartrate potassique, ainsi que je Tai dit en parlant de Vantimoine, on obtient un alliage de bismuth et A^ potassium,
La combinaison avec le sodium s'obtient de la même manière. D'après Marx^ un alliage fondu de bismuth et de sodium, formé de volumes à peu près égaux des deux métaux, se dilate beaucoup au moment de la solidification , propriété qu'il n'a pas trouvée à la combinaison du bismuth avec le potassium.
Le bismuth s unit facilement au sélénium ^ Ryec un faible dégagement de lumière. L'alliage est liquide à la chaleur rouge ^ et doué d'une surface miroitante. Après le refroidissement, il se présente sous forme d'une masse brillante, de couleur blanche argentine y et dont la cassure est fortement cristalline.
Tellurure de bismuth. Il constitue un minéral qu'on trouve près de Schemnitz en Hongrie, et qui revêt souvent la fofme cristalune. Il ressemble en général au sulfure de bismuth; c'est une combinaison de I atome de sesquisulfure bismuthique avec a atomes de sesqui tellurure, =Bi-i-2&iTe\ Du reste, le bismuth et le tellure se laissent fondre ensemble dans toutes proportions.
Le bismuth n'a pas plus d*affinité pour Varsenic que pour le phosphore : en soumettant l'alliage des deux métaux à l'action de
ALLJAGKS HC BISMUTH. 5.5 f
la chaleur y on peut en chasi^r Imenic, (tt, d'^prè^ Bergmarif 1^ midu d« bismuth fondu ne contient que ^ d arsenic. On oltti^nt cet arséniure par la yoie humide , quand on décompose un fkd bismuthique par le gaz arséniurc trjhydnque; mai« ce pon^ppç^ ne yesiste pas à la distillation«
Le bismuth forme, avec le tungstène ^ une masse poreu^^. ÇH^ santé, d*un aspect demi-ipétallique et d^ çpnl^ur brunàtr^..
Il i'allie en toutes prqpprtions à \antimoine, iJn alUag^ f}'une partie dantimoiue et \ ou plus dp bismuth , *P dilate au moment de Ja poïigélatiqn , propri^îté dont Tantimpip« ne jouit pas îw^qu'jl est seul.
Le bismuth se combine avec Xor^ hplqtine^ le palladium et le rhodium. Ces alliages sont cassants. J en ai déjà parlé en faisant Tbiatoire de chacun de ces métau^.
L'ailiag» d'argent et de bismuth est aigre ; on a proposé de s'^p servir à la place dp Valliage de plomb et d^prgent» poyr l'affinage de l'argent par la coupellation, Chaudet a trouve que le bismuth est préférable au plomb, en ce qu'on peut l'employer en moins grande quantité, que son oxyde fondu est plus coulant et pénètre plus facilement dans la coupelle; enfin , que l'opération marche avec plus de rapidité. La quantité de bismuth nécessaire pour |a coupellation , est à celle du plomb en sens inverse de leurs capacités de saturation, c'est-à-dire : : 7,7 : i Ji^. Avec cette donnée on peut calculer la proportion de bismqth d'après celle de plomb ; mais le bismuth, indépendamment de son priv plus élèvera l'inconvénient d'entrer en ébullition et de rocher , quand la coupellatipn einige une forte chaleur. Souvent l'argent, coupelle par ce moyen y pe prend pas la forme d'un bouton arrondi, et il n'e^t pas rare qu'il adhère à la coupelle , dont |a couleur est beaucoup plus foncée que quand on s'est servi de plomb. £n extrayant l'argent de la galène qui se trouve dans la mine de cuivre de Fahlun* il est arrivé quelquefois que l'argent se solidifiait vers |a fin df^ l'opération, et produisait une excroissance dont la forme se rapprochait de celle du chou-fleur , et qu^on était obligé de coupeller avec une nouvelle quantité de plomb : on a remarqué que, dans ce cas, il pénétrait aussi de l'argent dans la coupelle. Ayant examiné un échantillon d'argent ainsi solidifié , j'ai trouvé qu'il contenait du bismuth.
lie bismuth forme, avec le mercure ^ un amalgame très^liquide.
55a ÉTAiN.
Quand on fait fonclre du bismuth aveo un poids égal de mercure, et qu'on laisse lentement refroidir le mélange, on obtient des cristaux octaédriques. On n*a pas examiné si ces cristaux sont du bismuth &eul , ou un amalgame de bij»muth.
Le bismuth donne, avec le cuiçre^ un alliage rouge, pâle et caAsant.
On emploie le bismuth dans les arts pour préparer différents alliages fusibles , dont on se sert pour souder ou pour prendre des empreintes; en médecine, on emploie le sousnitrate et le carbonate bismuthique comme de puissants vermifuges et antispasonodiques,