‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 3)Chapitre 58 sur 80 · XX. Étain (stannum · texte numérisé non relu

XX. Étain (stannum

L*étain est un des métaux les plus anciennement connus. Il en est déjà fait mention dans les livres de Moïse. Il n*est pas univei^ sellement répandu. On le tire principalement en Europe de l'Angleterre, de la Saxe et de la Bohême; en Asie, de la presqu'île de Malacca et de l'île de Banca; en Amérique, du Mexique et du Chili.

C'est Malacca qui fournit letain le plus pur ; c'est Comouailles, en Angleterre, qui en produit le plus. On Ta trouvé aussi en Suède , mais en si petite quantité qu'il ne fournit que des échantillons pour les collections de minéralogie.

L'étain ne se trouve pas à 1 etat natif; on ne le rencontre non plus que rarement en combinaison avec le soufre. Le minerai d'étain le plus commun est l'oxyde stannique ; on ne le rencontre que dans les terrains primitifs, où il est accompagné d'arsenic, de tungstène, d'antimoine, de cuivre et de zinc, dont la présence complique le procédé d'extraction , comme en Saxe , par exemple, et fait qu'on obtient l'étain moins pur. En Angleterre, Tétain se trouve tantôt en filons dans les terrains primitifs , tantôt en dépôts particuliers dans les terrains de transition. Dans le dernier cas, l'oxyde stannique se présente à l'état de grains arrondis, plus ou moins volumineux, qui forment ensemble une couche couverte par de l'argile et des cailloux roulés. Cet oxyde apnt visiblement été enlevé de son site primitif par l'eau, et arrondi sur les angles pendant le mouvement que l'eau lui a fait subir, s'est trouvé par cela même débarrassé des matières métalliques moins dures , lesquelles, étant plus facilement réduites en poudre,

ÉTAÏN. 553

ont été entraînées par Veau. En effet , ce minerai d'étain {stream-tin des Anglais) , est exempt de matières étrangères ; aussi fournitil rétain le plus pur ; le procédé d'extraction consiste tout simplement à réduire le minerai au moyen du charbon de bois dans des forges particulières, semblables aux forges de cuivre de la Suède; il donne de 65à75pourcentd'étain. — Quant à celui qu'on retire des mines 9 il faut le débarrasser, par lebocardage et le lavage , de la gangue adhérente, ensuite le griller pourchasser le soufre, l'arsenic , et une partie de l'antimoine ; après quoi on le réduit dans des fourneaux à réverbère , avec du charbon de terre. L'étain qu'on obtient par la première fusion est de nouveau soumis à la liquation , dans un fourneau à réverbère, à l'aide d'une douce chaleur. L'étain pur entre le premier en fusion, et se sépare d'une combinaison moins fusible d'étain , de cuivre, d'arsenic, de fer et d'antimoine. L'étain ainsi obtenu s'appelle, en Angleterre, com^ mon grain^tin. Le résidu est ensuite fondu et versé dans une chaudière , où il se refroidit lentement : les composés étrangers , particulièrement un composé défini d'antimoniure d'étain et d'antimoniure de plomb, se séparent sous forme de cristaux : l'étain pur est coulé dans des moules, à une température qui dépasse un peu le point de fusion du métal ; il constitue alors l'étain commun {prdinary^tin). Le grain^tin se consomme en grande partie en Angleterre même, et les espèces les moins pures sont celles qu'on ▼erse ordinairement dans le commerce. L'étain de Malacca est autant estimé que le grain-tin des Anglais ; au contraire , celui que l'on tire d'Allemagne est toujours de la qualité de Yordinary-iin des Anglais (i).

(i) L'étain du commerce est souvent mêlé avec beaucoup d'autres métaux , soit par fraude, soit par suite du procédé d'extraction; dans cet état, il est impropre à de certains usages; il est donc très-utile de pouvoir dbtinguei' Tétain pur de celui qui ne Test pas, d'autant plus que le timbre est souvent faux. Vauquelin indique les caractères suivants : L'étain pur est d'un blanc argentin ; s'il tire sur le bleu ou sur le gris , il contient du cuivre, du plomb, du fer ou de l'antimoine. L*arsenic le rend plus blanc, mais en même temps plus dur. L'étain pur fait entendre, quand on le ploie , un cri fort et unique ; tandis que le cri de l'étain impur est faible et se répète rapidement, caractère auquel on reconnaît surtout la présence du plomb et du cuivre. Si Ton coupe un morceau #l^étain par le milieu , et qu'ensuite on le rompe, en le ployant plusieurs fois en sens in- \rerse, il s'allonge en cassant quand il est pur , et les surfaces de la cassure, qui se terminent en pointe , ont une couleur d'un blanc mat et une apparence pulpeuse et molle. Le plomb , le cuivre et le fer rendent l'étain plus cassant, et lui donnent une cassure grenue et grise. Une des méthodes les plus sûres et les plus faciles pour reconnaître la pureté

LVtain du conimerce nVst cependant jamais pirftiit^iiienl pur; pour l avoir bien pur, il faut le préparer soi-même. Dans ce but, PI) cii$sQut 1 etain commun dans de l'acide chlorhydrique : le ouivre, Tantimoine et le plomb restent non dissous. Pour éliminer ÇQ grande partie lexcès d'acide» on évapore la solution, on retend d*eaU| et on la traite p^r du carbonate alcalin bouillant, qui précipite de l'oxyde stanneux; ce dernier est bien lavé, et traité par l'acide nitrique : en chauffant le mélange, l'oxyde stanneux se change en o^^yde slannique insqluble dans Tacide nitrique , pendant que les oxydes des métaux, qui auraient pu être dissous ay^ l'étain dans l'acide chlorhydrique, restent en dissolution. 3^i ^U lieu de dissoudre l'étain d'abord dans Tacide chlorhydrique, on le traite immédiatement p(iir l'acide nitrique , on obtient de YQ\jâe stannique, qui renferme de l'acide antimonique, ainjiî que de l'oxyde cuivriqi^. J^ oxyd^ stannique est bien lavé e( réduit au fournes^U avec du Qu% noir, soit d^ns un creuset brasqué, $qit dans un creuset ordinaire.

L'é^iin pur est d'un blanc argentin et a beaucoup d éclat ; il est très-mQu et très -malléable; on peut le réduire en feuilles de o""""' ,00027 d'épaisseur, et même moins : ces feuilles servent pour mettre les glaces au tain. II fait entendre, quand on je ploie, un bruit particulier, que Ton a nommé le cri de Pétain, çt qui provient de ce que la cohésion qui réunit ses molécules est détruite. Cette circonstance fait que l'étain qui a passé à la filière est très-cassant, et qu'un fil de i"'"'"-,8 de diamètre ne porte pas plus de i5 ^ kilogr. Quand on ploie l'étain ou qu'on le frotte, il répand une odeur particulière, dont les doigts restent souvent imprégnés pendant longtemps. Sa chaleur spécifique est, d'après R^gnault , ==p,q5623 , d'aprè$ Dulong et Petite f=^o,o544-

de rétaiu consiste à le fondre et à le couler en un disque plat , dans un monle de pierre ou de métal. S'il est pur , sa surface est polie et comuie amalgamée ; mais s'il contient du cuivre, du plomb ou du fer, sa surface est d*un blanc qiat avec des taches plus mates encore , qui annoncent un commencement de cristallisation. Pour savoir quels sont les métaux étrangers que l'élain renferme ^ on le dissout dans l*acide chtorhydriqoe; s'il laisse déposer des llocons bruns, il contiei^t de Tarsenic; mais la plus grande partie de Tarsenic se trouve , d'après WohUr, dans le ga; hydrogène qui se développe. Si la dissolution de l'étain dans l'eau régale est précipitée en blanc par le prussiate de potasse, c'est une preuve qu'il est pur; un précipité bleu indique la présence du fer ; un précipité pourpre, celle du cuivre; uq précipité bleu violacé, celle du fer et du cuivre. Üq précipité produit par le sulfate sodique annonce la présence du plomb. ,

CTAIN. 555

Son poic}s spécifique est de 7,â85 , et de J^^^ß ^f^^ ^vCi\ a été Uminé (i). £n génémt , il est d*autaiit pluâ léger que sfi pureté est plus grande. Fondu avec quelques autres métaux plu9 pesants que lui, il dopne des alliages dont la densité «st plus grande qu^ celle du métal plus pesant. L*étain fond, d'après Creighton^ à -Y aa8 degrés; mais une fois qu'il est fondu , on peut le r^frpidir jusqu'à -Y 225 degrés et demi avant qu'il ne ßoinnience à se solidifier, et alors sa température remonte tout à cqup jusqu'à + 2^8 degrés, Rudherg a trouva exactement le n)émç point de fusioui quoique le résultat de ses expériences sur le bispiuth diffère de ceu)^ obtenus par Creighton, Kupffer a trouvé •+• aSo degrés. Par un refroidissement lent, l'étain cristallise, rosiis irrégulièrement, Frank^nheim a constaté que la forme cristalline de l'étain appartient ^u système régulier. Cependant Miller a obtenu des cristaux appartenant au système pyramidal. Peut-être l'étain e$t-il dimorphe comme le platine. Jusqu à présent l'étain est le seul régule métallique dont les cristaux ressortent de ce dernier système. Miller prépare le zinc cristallisé en faisant passer par une faible dissolution de chlorure stanneux ; au moyen de fils d'étain , un courant hydroélectrique très-faible, mais longtemps continué« Les cristaux s'accumulent au pôle négatif; ils sont quelquefois hémitropiques, avec des angles rentrants. Miller essaya aussi de se procurer des cristaux en faisant refroidir lentement l'étain fondu , et déversant la partie non encore solidifiée; il trouva que les cristaux ainsi formés sont des prismes à huit faces. En préparant ces cristaux, il faut s'a$surer si l'étain e.st bien purj car ilâ pourraient consister en des composés d'étain avec le fer et l'antimoine. L'étain a d'ailleurs une grande tendance à cristalliser. Oi) n'a qu'à dissoudre , par un faible acide , la surface lisse de l'étain fondu ; à cet effet, on plonge promptement Tétain daps l'eau régale ou dans un mélange d'acide nitrique et d'acide sulfurique; en enlevant Tacide par l'eau , on n^et à nu la surface cristalline présentant l'aspect de*Teau congelée sur les vitres. {Foir^Xus bas le Fer étante^ à l'histoire du fer.) Suivant Miller^ l'étain en cristaux réguliers a un poids spécifique moins élevé (^,l) que celui qui s'est solidifié après la fusion. A une température très-élevée , il ne se volatilise qi;*avec beaucoup de lenteur.

(ft) Htrupmîh t>rétMd que fai dauité de l'étain pur n'aiigmeate pas |Mir Tactioa da

556 OXYDES d'éTAIN,

L'atome de rétaifi pèse 735,294 ; il est représenté par Sn.

Oxydes d^étain. L*étain se combine aisément avec l'oxygène. D se dissout, dans les acides sulfurique et chlorhydrique , avec dégagement de gaz hydrogène; cependant la dissolution s'opère avec lenteur, et seulement quand les acides ont un certain degré de concentration. L'acide nitrique attaque l'étain de deux manières tout à fait différentes. Si l'acide est dilué jusqu'à un certain degré et qu'on maintienne la liqueur froide, l'étain se dissout sans dégagement de gaz particulier, aux dépens de l'acide nitrique aussi bien que de l'eau : il se forme de l'oxyde stanneux et de l'oxyde ammonique, qui tous deux se combinent avec l'acide nitrique non décomposé. Si l'acide est, au contraire, concentré, et que l'action ait lieu à la température de l'ébullition ^ il se dégage du gaz oxyde nitrique , en même temps qu'il se produit toujours un peu d'oxyde ammonique; l'étain, en s'oxydant, passe à l'état d'oxyde stan« nique, qui reste à l'état de poudre blanche sans se dissoudre dans l'acide. L'étain se dissout avec une extrême violence dans l'acide nitrique rouge fumant ; si alors on le touche avec un fragment de platine, l'effervescence diminue très-considérablement, sans cesser cependant tout à fait. Cette action est analogue à celle qu'offre le bismuth. Lorsqu'on le fait digérer avec une dissolution de potasse ou de soude caustique, il s'y dissout, à cause de l'af&nité de ses oxydes pour les alcalis. De plus, il s'en dissout une certaine quan« tité lorsqu'on le fait bouillir avec certains sels dissous, par exemple avec le sulfate potassique, l'alun et le sel ammoniac; d'autres sels l'oxydent sans le dissoudre sensiblement, et la liqueur se trouble en raison de l'oxyde qui y reste suspendu. Ce sont surtout les sels à base d'alcali ou de terre alcaline , dont les dissolutions concentrées exercent une action pareille sur l'étain , à la faveur d'une ébuUition prolongée. Les dissolutions du salpêtre , du sulfate sodique, du borax, du phosphate et de l'acétate sodiques, font exception à cette règle. On doit se rappeler ces propriétés lorsqu'on emploie des bouilloires d'étain pour des travaux chimiques. — A la température ordinaire de l'air, l'étain se conserve longtemps sans altération ; mais , à la longue , sa couleur devient plus mate, et prend une teinte jaunâtre. Si l'on chauffe l'étain jusqu'au point de fusion, et qu'on l'y maintienne pendant quelque temps, il se couvre d'une pellicule d'un gris cendré, qui joue, après le refroidissement, les couleurs de l'arc-en-ciel, et qui, lorsqu'on a fait l'expé-

OXYJ>E STANNEUX. 557

rience sur de Tetain en feuilles , se compose en majeure partie d'étain métallique couvert d une pellicule extrêmement mince d*oxyde stanneux. Quand Tétain entre en fusion sans être en plein contact avec l'air , il arrive souvent que de grandes parties de sa surface prennent une couleur jaune d'or , comme si elles avaient été dorées; ce qui provient probablement de la même pellicule d oxyde stanneux , dans son plus grand état de ténuité. A une température plus élevée encore, Poxyde d'étain gris devient blanc, et donne une poudre d'un gris blanchâtre , qu'on appelle potée. Par Teffet d'une très-forte chaleur / l'étain s'enflamme , brûle comme de l'antimoine, et se convertit en oxyde stannique blanc, qui se sublime. Si l'on met un peu d'étain sur un morceau de charbon, qu'on le chauffe au chalumeau à la flamme de réduction, jusqu'à ce qu'il soit au rouge blanc, et qu'on jette rapidement le globule incandescent par terre ou sur une feuille de papier, dont les bords sont relevés, il se partage en un grand nombre de globules plus petits, qui brûlent avec une lumière très-blanche, et qui sautillent pendant quelques instants. Ils laissent sur leur passage des traces noires ou brunes d'oxyde stanneux anhydre et d'oxyde susstanneux, produites par la combustion de l'étain. L'étain décompose Teau à l'aide d'une forte chaleur rouge, dégage du gaz hydrogène, et se transforme en oxyde stanneux.

On connaît à l'étain trois degrés d'oxydation : l'oxyde stanneux, l'oxyde susstanneux, et l'oxyde stannique.

I** Oxyde stanneux. Il se forme, soit aux dépens de l'air, lors» qu'on expose l'étain à une chaleur peu élevée; soit aux dépens de l'eau , quand on dissout ce métal dans l'acide sulfurique. Pour préparer l'oxyde stanneux pur, on dissout de l'étain dans l'adde chlorhydrique concentré, jusqu'à ce que celui-ci soit parfaitement saturé , puis on précipite la dissolution par le carbonate potassique. On recueille le précipité sur un filtre, on le lave bien à l'eau tiède, puis on en exprime le liquide, et on dessèche le résidu à une chaleur qui ne doit pas excéder -|- 80 degrés. On obtient ainsi une poudre blanche , qui est de X hydrate stanneux^ et qui ne contient pas la moindre trace diacide carbonique. On introduit cette poudre dans une petite cornue de verre qui doit en être remplie jusqu'au col , et dans laquelle on fjiit arriver du gaz hydrogène ou du gaz acide carbonique, pour en chasser l'air. On chauffe Thydrate stanneux jusqu'au rouge; il passe de l'eau dans le récipient, et il

558 OtTDE StANNBUX.

reste datiâ la cornue une poudre noire, qui est de l'oxyde sunaeui. L*oxjde stanneux anhydre s'obtient immédiatement, en précipitant une solution bouillante de chlorure stanneux par une solution de carbonate alcalin. Biktgerle prépare de la manière suivante : On triture ensemble, dans une capsule de porcelaine, 4 parties de chlorure stanneux cristallisé et y parties de carbonate sodique cristallisé : l'eau du carbonate sodique est éliminée, et le mélange réduit en une pâte Kquide. On évapore ensuite ce mélange en Fagîtant eontinneUememl dans une coupelle de sable, jusqu'à ce que Thydrate primitivement séparé ait perdu son eau, et que la masse soit devenue d'un bleu foncé. On jette celle-ci sur un filtre, et on la lave à 1 eau bouillante, jusqu'à ce que le liquide qui passe ne renferme plus d'alcali ni de sel marin ; on l'étend ensuite sur du papier brouillard, et on la dessèche à une température qui ne dépasse pas + 70". L'oxyde stanneux sec est noir; si on le triture, fl prend une couleur plus claire , composée de gris , de vert et de brnn. Son poids spécifique est de 6,666. Il ne s'altère point à Taîr sec; fnais quand on le met, à l'air libre, en contact avec un corps en igtiitîon , par exemple , si Ton y fait tomber l'étlncetle d'un briquet d'acier, il prend feu, brfde avec beaucoup d*intensitê, répand un« petite quantité de Fumée blanche, et se convertit en oxyde stannique blanc. L'hydrate stanneux lui-même prend feu quand on le met dans la flamme d'une bougie, et continue ensuite à brûler comme de l'amadou, mais d*une manière moins vive que Toxyde stanneux anhydre. L*oxyde stanneux se dissout sans eflervescence dans les acides, et plus facilement quand il est à Fétat d'hydrate qu*après avoir été calciné. Quand on fait bouillir lliydrate stanneux dans l'eau, il se décompose et se transforme eti une poudre noire ; cette powlre s'oxyde très-letitement si on la laisse dans Teau, et prend une couleur plus claii^e. L'oxyde stanneux est dissous par la potasse et la soude caustiques; mais ht dissohitioTi se décompose avec le temps, dépose de Fétain, et contient alors «ne .combinaison d'oxyde stannique et de potasse.

Suivant Frc/n/, tme dissolution saturée d'hydrate d*oxyde stanneux, dans rhydrate potassique étendu, laisse, à un certain degré de concentration, déposer de Toxyde stanneux anhydre, par suite de l'évaporation dans le vide, sur l'acide sulfurique; si celte dissolution contient de l'alcali libre M éxeès, et qu'éËe soit pronip-

tertietit fëduite par rébullition, il se présentera le Câs précédemmetïï indique : il se séparera de l'étain itiétallique, «t la liqueur renfermera du stannate potassique. Si, d*aprèsce même ehimiste, on fait bouillir Tliydrate d'oxyde staoueox avec une quantité de lessive potassique non suffisante pour dissoudre Toïcyde stanneux^ il ah'ive un moment où ce dernier se prend tout à coup en une masse de petits cristaux noirs, brillants et durs. Prémy les regardu comme une modification isomérique de 1 oxyde stanneux, sans indiquer cependant d'autre caraciei-e que 1 etat cristallin qui le dis* tlngoe de Toxyde ordinaire. Mais ce seul caractère ne suffit pas pour admettre un état isomérique particulier. Cependant , lors« quon chauffe ces cristaux jusqu'à environ 4-aôo*, il se produit une sorte de décrépitation : les cristaux se gonflent et tombent en une poudre d'un vert olive foncé, analogue à celle qu'on obtient en précipitant l'oxyde stanneux à chaud par l'ammoniaque caus«^ tique. Frémiy constata, en outre, que lorsqu'on évapore au bain d'eati une solution de chlorure ammonique tenant en suspension un peu d*hydrate d'oxyde stannique^ et qu'on continue l'évaporation jusqu'à ce qu'il se forme un précipité salin , on remarque que les grains cristallins qui se déposent sont mêlés d'oxyde stanneux, coloré en ronge cinabre t^ir, En séparent le sel par le lavage, on ol)tient l'oxyde rouge, qui, réduit en poudre, prend la couleur ordinaire d« l'oxyde stanneux pulvérisé. Frémy ne parait pis avoir examiné si le composé rouge est un chlorure stanneux basique^ L't>xydie stanneux se compose de :

Centièmes. Atomes.

Étain 88,o3 i

Oxygène 1 1,97 i

Pekis a«^nii^«e, =s= 835|894^ iormuU, =3»SnO qm Sd. Loxyd« •lann^ux ^st ub6 base salifiable a$&e% faible, ii'hydraie d'oxyde stanneux renferme 44,87 pour cent deau,

%"" Oxyde siisstatiHeux. Il a été décduvert réceinnientpar FmcAx D'après ce chimiste, on l'obtient de la «Minière suivante : Qa distout 4u cdibrure «tanneux dans Teau^ et au mêle la dissielutÎMi «vee de TliydrBta ferreux reeemmcuat lavé «t encore bwMde. La ëqnear eil ditaout d'abord uneetorlaine quantité 9 sans ddiiMr dt;

56o OXTDE SÜ8STA.NKKÜX.

précipité, parce que Tacide chlorhydrique est rarement saturé detain par la digestion avec ce métal ; mais quand le point de saturation est atteint par l'hydrate ferrique, et qu'on fait bouillir le mélange, il se précipite de J'oxyde susstanneux, et la liqueur retient du chlorure ferreux. Les deux métaux échangent entre eux le corps électronégatif avec lequel ils étaient combinés, c'est-à-dire que le fer s'unit au chlore du chlorure stanneux, et l'étain s'oxyde aux dépens de Toxyde ferrique. L'oxyde susstanneux qui se sépare a une couleur jaunâtre, qu'il doit principalement à ce que l'oxyde ferrique ne se dissout pas en totalité. On l'obtient le moins chargé d'oxyde ferrique, en mêlant du chlorure ferrique avec une quantité d'ammoniaque caustique telle que le précipité formé d*abord se redissolve au bout de quelque temps, et ajoutant ensuite cette liqueur à une dissolution de chlorure stanneux également saturée d'ammoniaque. La dernière dissolution est employée en excès, et on y ajoute la première en quantité suffisante pour remplir entièrement le vase; ensuite on bouche le vase avec soin, et on met digéreiHe mélange à une température de -H 5o à 60 degrés. Le mélange qu'on vient de faire a une couleur brune trèsfoncée ; à mesure que l'oxyde susstanneux se précipite, il devient de plus en plus clair , et il finit par ne plus conserver qu*une légère teinte verte bleuâtre. L'oxyde susstanneux obtenu de cette manière est presque blanc ; cependant il a également une teinte jaune, qu'on remarque en le tenant à côté d'un corps parfaitement blanc. Doué d'une consistance mucilagineuse, il s'agglomère insensiblement à la manière d'un mucilage animal ; il bouche les pores du papier à filtre , il est difficile à laver, et forme des grains jaunes et translucides après la dessiccation. Ces grains sont Thy-, drate d'oxyde susstanneux ; calcinés au rouge, à l'abri de l'air, ils prennent une couleur noire par le refroidissement. Us donnent une poudre d'un brun gris , semblable à l'enduit brun qae les globules de l'étain en combustion laissent sur le papier, oe qui paraît indiquer que l'oxyde susstanneux se forme sinniltanément avec l'oxyde stanneux , lors de la combustion de l'étain. On n'a pas encore déterminé, par l'expérience, si l'hydrate commence à s'oxyder davantage pendant qu'on le lave et qu'on le dessèche. L'ammoniaque caustique le dissout asse% tiacilement et sans reste, lorsqu'il est humide. Cette propriété le distingue de l'oxyde stanneux , qui est insoluble ou presque insoluble dans le

oxYjDfi sTAirmQüKi â6i

tnéme véhicule« LWde chlorhydrique étendu ne dissout loxyde susstanneux qu avec difSculté; le nméme acide concentré le dissout plus facilement, et il peut en être saturé par la digestion à une douce chaleur. La combinaison a une saveur franche et astringente, qui na absolument rien de métallique; elle se distingue de la dissolution de loxyde stannique dans 1 acide chlorhydrique , parce qu'elle forme du pourpre d'or avec le chlorure aurique dissous, tandis que ce réactif ne précipite pas la dissolution stannique.

L'oxyde susstanneux se compose de :

Centièmes. Atomes.

Etain 83,o57 a,

Oxygène i6,943 3

Poids atomique, = 1770,588; formule , = SnO^ ou 4n. Il est évident qu'on peut aussi le considérer comme un stannate d'oxyde stanneux, =Sn -f-Sn. Ce qui milite en faveur de cette manière de voir, c'est qu'on peut le produire en précipitant une solution de I atome de chlorure stanneux et de i atome de chlorure stannique par l'ammoniaque caustique. Si cependant, par des recherches ultérieures plus exactes, on parvenait à constater que le composé en question n'est pas partagé par les acides en oxyde stanneux et en oxyde stannique, mais qu'il forme des sels particuliers bien caractérises, il faudrait le regarder comme un degré d'oxydation constant; c'est ce que paraît aussi suffisamment démontrer sa solubilité dans l'ammoniaque caustique , qui ne dissout pas l'oxyde stanneux.

3** Oxyde stannique. On peut l'obtenir par divers procédés; et, suivant le mode de préparation qu'on a employé, il diffère, nonseulement dans ses caractères extérieurs, mais encore dans ses propriétés chimiques. La nature nous offre l'oxyde stannique assez pur et presque toujours à Tétat de cristaux, dont la forme primitive est un octaèdre obtus à base carrée , et leur poids spécifique eët de 6,92 à 6,96 ; ils sont tantôt d'un jaune brunâtre et translucides , tantôt d'un brun foncé presque noir, et contiennent une petite quantité d'oxyde ferreux et d'oxyde manganeux. Ils ne se dissolvent dans les acides qu'après avoir été calcinés avec de l'alcali.

Voici les procédés qu'on emploie ordinairement pour préparer l'oxyde stannique :

502 oxtDÉ i'i kntf iQXJn.

à. On ßiit digérer de Yétàin |>ar âyec de l'acide nitrique, qui transforme le métal en oxyde statinique blanc, tfulfement söiuMe dans lacide; on le lave jusqu'à ce que la liqueur ne contienne plu« d'acide. Cet dxyde se présente y après \ä dessiccation , sous fattiiè d'un« poudre blanche , dont le poids spécifique est de 47933;' il rougit lé papier de tournesol humide ènr lec^fuël otr retend, et, soumis ä la distillation, il donne onze pour cent d*eita pure. L ox^de qui reste après le dégagement de Téau est de cotilear fonrcée, et prend une teinte jaunâtre claire par le refroidissement; après à:toir été calciné, il est tout aussi insoluble, par la voie humide, que Toxyde naturel. Son poids spécifique est de 6,64*

b. Quand on mêle de la limaille d'étain , ou un amalgame d*étain réduit en poudre fine , avec trois à quatre fois son poids d oxyde mefcurique, et qu'on distille le mélange dans une cornue, on obtient du mercure sous forme métallique , et il reste dans la cornue de l'oxyde stannique dont la couleur est blanche, mais qui, du reste , est tout à fait semblable au précédent sous le rapport de ses propriétés et de sa composition. On obtient ce même oxyde en iraitufit, par Teau régale, le pourpre de Cassius, qui a été préa- 1al)tément calciné : dans ce cas , l'or seul se dissout.

6*. Quand on dissout dans l'eau du chlorure stannique fumant (liqueur fumante de Libavius) , dont je ferai connaître la préparation en traitant des sels, et qu'on précipite la dissolution par la potasse caustique, on obtient une masse gélatineuse, qui reste blanche après la dessiccation , ressemble à de petits morceaux de verre, rougit le papier de tournesol humide, et devient, par k calcination, jaune et insoluble dans les acides. Cette masse a une teinte foncée tant qu'elle est chaude; en se refroidissant, efte devient dTabord brune, puis rouge, et enfin jaune. Apres avoir subi Faction de la chaleur, elle est insoluble par la voie humide.

L'oxyde stannique , préparé au moyen de l'acide nitrique, a dés propriétés que ne possède pas Toxyde précipité du chloruré staAiiique par un alcali , par exemple , par Tammoniaque. Cet exemple d'isomérie est le premier qu'on ait observé. Toutefois, Ton admit d'abord que ces deux modifications résultaient d'une composition cliftérente. Dans les expériences que je fis sur ce sujet en ifSi i , je pris* l'oxyde stannique précipite par fes alcalis de la dissolution du chlorure sunnique distillé pour l'oxyde susstaitneux , qiû éùît

itert e'ÄcÖfW iäcdniiu; tat à èette ^poquèf c/fl ^t'jfÄfcÖit comftie un tiiimné ëti ëhiiJliW, qUé Ids èofps èotnpasë» Se' là ntêmé hiâtifère *?*Alèfnt Atölf- lé* hïêfndf pfopriétéi. C^pènchriit Gay-Lussac fît ^^olf (Jùe cet oxydé devaiit cohienîr' plu^ d'oxygène ^iie je n'y efi âMis fldriih,' et,' en ^epfétifsfm Mes étpéHeAee^Jé (rouvàî ta iri£ffhd ^aflth^ d*e/iygèh*ë dan^ léâ défux dlydès ^tànni^aei. Dié pàt^^TRé^ 4tf^ernceè dalMé le& ^bpriiléi chijfhiquêsr dé 6oi^ èdift^djëé des faèràeÈ étë'ftiént^, dati» lé^ tndraejf j^ößöYtiönf^, ftiretft dè^ lof^ ^Ifài^déés éommè une ai^omafKe intéressante , jtiiqu'^a ce qàfè , ^äi imrd, rèipô^iëocé? Alt insèfeàilrfèmefrt afp^là à coW*fàître tin ^nM Hthtibrë éë cas ^èrhbfàbles, et qtïîl fut fôsiibiè ffën déduire Mè tbéo'rië générale. Ddhs ce qftîl siiii, je dôiinfe^'i }e rtötii i&ijèë *af<anniqufr à toTiydé préparé au moyenl de Ta'éîdè' nîtfîqae, éî èélni ffo±fde 'étannîque à Fàutre modification dû itiéitië Myde.

Oxyde "stanniqae.

Étant encore humide ^ il se dissout dans ï acide nitrique , au point que la liqueur acquiert ûife Èavéxxv âsfrîA^enle, Là dîssôltttton aéposè peu à peu dé Foifjfde stanrfque en grumeaux ^élatrnc^u^, et se coagule quand dn \i éhàuffe jusqu à + So àe- ^té9. Si Vèn y ajouté du nitrate àaHiioniqti'é, elle re^te limpide à kttttipréf ature ordinaire de ïair.

SI Fori tl^aîte Y<fitjié qui à été ptêtSpHé à râîdé dé la chafeùr; dTa^M par rammoniaque, puis pair Taeide^ nitrique , il se redis-

SOUC.

It se dfissôut dans \ acide sul* fUfique ^ iiièiaé étendu. La disiûïatîôti né donné point de prédipité quatid on fa téSi bouillir.

Oxyde ^êtannique.

1\ lié se dls^dué pas 5ans Vacidé nitrique , pas inente a^ïes avoir été traité par rammoïïia^ que.

Il n'est point sotuÈlé dans V acide sklfurique^ même cohceù' tré ; mais îl rétient dé cet acide en commnaisbn , se gonflé', él devient jaunâtre. L'eau lui enlevé ensuite Fàcidé.

Il se dissout facilement dans II ne se dissout pfés^é pàâ

dans \ acide chlorhydrique^ mats il forme avec lui un sel insoluble dans un excès d acide. Quand on décante Tacide et qu'on lave le résidu avec un peu d'eau, il se dissout ensuite dans Teao pure; mais il se précipite de la dissolution quand on. y lyoute de l'acide chlorhydrique. Il se redissout dans l'eau dès qu'on décante l'acide libre. Si l'on fût bouillir la dissolution aqueuse, l'oxyde se précipite, et si la liqueur est concentrée, elle se coagule comme du blanc d'œoL

Vdcide chlorhydrique^ et n'est pas précipité de la dissolution par un excès d'acide. La liqueur reste limpide quand on la fait bouillir. Il en est de même si, après avoir dissous l'oxyde dans l'acide nitrique, et l'avoir précipité de la dissolution à l'aide de la chaleur, on le dissout dans l'acide chlorhydrique. Le chlorure stannique fumant peut être mêlé en toutes proportions avec l'acide chlorhydrique^ sans être précipité; et si l'on ajoute un léger excès d'acide à son mélange avec de l'eau , et qu'on fasse bouillir la liqueur, elle reste limpide, et ne subit aucun changement.

L'oxyde stannique^ dans ces divers états, se dissout dans les carbonates, ainsi que dans les hydrates alcalins; et quand il est précipité de ces dissolutions par un acide, il jouit des mêmes propriétés qu'il avait avant d'être dissous. On peut donc le faire passer de la combinaison avec les alcalis à la combinaison avec les acides, et réciproquement; sans que les propriétés qu'il possède, par suite du mode de préparation , soient altérées. Néanmoins on peut convertir les deux modifications l'une dans l'autre. Par exemple, l'oxyde ^stannique se transforme en oxyde 'stannique, en le mêlant, pendant qu'il est encore humide , avec de l'acide chlorhydrique concentré, décantant la liqueur, et distillant à une douce chaleur jusqu'à siccité. Ce qui passe donne de l'oxyde 'sUnnique \ le risidu, dans la cornue, est encore, il est vrai, de l'oxyde ^stannique; mais il suffit de le mêler et de le distiller avec une nouvelle quantité d'acide chlorhydrique concentré, pour qu'on en retire encore de loxyde 'stannique. Réciproquement, l'ébullition du 'chlorure avec de l'acide nitrique en ramène la majeure partie à l'état d'oxyde ^stannique.

L'oxyde stannique forme avec les acides des sek particuliers ,

OXTDt STANiriQCS. 565

qui diffèrent beaucoup des deux modifications isoniériques. L'oxyde 'stannique se rapproche bien plus des propriétés d'une base que Foxyde ^stannique. Les sels du premier sont en général très-solubles dans l'eau , sans qu'ils se décomposent ; les sels du dernier sont, au contraire, très-peu solubles, et se décomposent dans l'eau en un sel basique insoluble, et un acide libre qui se dissout en même temps qu'une très-petite quantité de base.

L'oxyde stannique a une certaine affinité pour les bases salifiables, avec lesquelles il forme des sels. C'est sous ce rapport qu'il reçoit le nom d'acide stannique y et que ses sels sont appelés stannates. Nous ayons donc un acide stannique et un acide ^stannique. Ce dernier forme de préférence des sels avec un grand excès d'acide, et il se dissout en grande quantité dans l'alcali caustique. L'action des bases alcalines consiste toujours à transformer l'acide *stan nique en acide ''stannique ; ce qui exige y soit la caicinatioü avec un excès d'hydrate alcalin, soit l'ébuUition avec une solution alcaline très-concentrée , employée en excès. Néanmoins, dans ce dernier cas, l'alcali dissous n'agit qu'autant que l'acide ^stannique est hydraté; l'action n'a pas lieu si l'acide a été préalablement calciné. Peut-être l'acide calciné se trouve-t-il encore dans un troi* sième état isométrique ; car lorsqu'on chauffe le stannate potassique neutre cristallisé dans un creuset d'argent jusqu'au rouge , et qu'on le traite par l'eau, celle-ci dissout la potasse, ainsi qu'une petite quantité d'acide 'stannique ; l'acide qui reste non dissous présente à peu près le même aspect que celui qui aurait été calciné isolément. Si l'acide 'stannique s'était changé, par la calcination , en acide ^stannique , on aurait dû obtenir du ^stannate potassique ; or, cela n'arrive pas.

L'oxyde ou l'acide stannique se compose de :

Centièmes. Atomes. '

Étain 7M^ •••• i

Oxygène i ai ,38 %

Poids atomique, =935,294; formule^ =SnO* ou Sn. La capacité de saturation de l'acide esfrr: 10,69, ou la moitié de l'oxygène qu'il renferme dans les composés neutres. L'acide ^stannique donne des combinaisons qui^ pour chaque atome de base, peuvent contenir de i à 8 atomes d'acide.

L'hydrate d'oxyde 'stannique renferme 19,39 pour cent d'eau ,

566 SULFURE SÜSSTAIfHEUX.

rzzH'Sn, tandis que Thydrate d'oxyde ^stanniat^e n'en <:qntî.ent

que II pourcent ,==Ii2;^n.

L*oxyde stannique est employé d^ns le$ arts, sqh pp^r polir le^ objets fabriqués aVec des corpf durs ^ soit pour la prépa^*ation de rémail blanc, surtout pour le vernis de faïence. A cet effet« on le prépare en faisant fondre Tétain à Tair lil^r^, calcinant Toxyde ainsi obtepu. pendant plusieurs heures ^ dans un moufle , ius^u'à ce au'il soit deyenu presque blanc^ le pulvérisant et le sqiiinetiant à la lévigation ou lavage par suspension . Pour cplorer çn rouge 1^ faïence et la porcelamé , on emploiç le bistannate calcique =■ Ca^$n'^ in^l^ ^^^c I pour cent dç son poids dç Chromate chrofniqqe et 4 pour cent ée silicate aluminique.

Sulfures {Téfafn. Qn connaît à Tétain trois degrés de sulforatjon. '

i*" Sulfure stanneux. On parvient aisément à produire ce si^r fure , quoiqu'il faille pour c^la une température à laquelle la plus grandp partie du $oufre se volatilise : il est donc impossible d'pbtenir directement une combinaison saturée. Au mometf t où les deux corps s'unissent, la masse devient incandescente. Lq sulfure stanneux se dissout dans l'étain pur, et, à ce qu'il paraît, en toutes proportions. Pour transformer entièrement le métal en sulfure stanneux , il faut pulvériser le sulfure qui provient de la première fusion , le mêler avec un poids de soufre égal au sien , et chauffer le mélange dans un appareil distillatoire, jusqu'à ce qu'il soit en fusion igpéei. On obtient aussi une masse qui, étant refroidie, a l'aspect métaHiaue, gris bleuâtre, et une texture cristalline ravonnée ; c'est du sulfure stanneux. Il se dissout, sans résidu, aans 1 acide clilorhyclrique concentré; et le gaz sulfide hydrique, qui se dégage par l'action de l'acide, est absorbé complètement par la potasse caustique. On obtient ce sulfure, par la voie humide, en précipitant des sels stanneux par le gaz sulfide hydrique. Il est sous forme de poudre noire ^ et constitue une sulfqbase.

liC sulfure stanneux se compose de :

Ceptièmes. Atomes.

Élain ^8,52 i

Soufre 2i,4B i

Poids atomique, =936,459; formule, =SnS ou Sn.

2^ Sulfure susstanneux» On le prépare en mêlant le sulfure

précédent, bien pulvérisé^ avec un tiers de son poids de soufre

SULFURE STANNTQÜE. 56^

en poudre, et cliai|(Yant Je mélange jusqu a ce qu'au rouge obscur il ne distille plus de soufre. Il reste, dans la cornue, une masse d'un jaune grisâtre foncé ^ c[i;i est douée de l'éclat .métallique, ef qui. rayée avec un corps dur, donne une trace brillante. On ne peut pas porter ce sulfure à un plus haut degré de sulfuration , en le refondant avec une plus grande quantité de soufre, Danscßtte opération^ le poids du sulfure stanneux augmente de lo^ pour cent. Mis ei\ digestion avec de lacide chlorbydrique ^ il donne du gaz sulfide hydrique, et prend une couleur jaune plus intense; un quart de rétain se dissout, et les trois autres quarts restent à l'état de sulfure stannique. Exposé à un feu violent, il se réduit à l'état de sulfure stanneux, et abandonne un tiers de son soufre. Le sulfure susstanneux se compose de :

Centièmes, Atomes.

Étain 70,00 2

Soufre 3o,op 3

Poids atomique, = 2074)083; formule, SnS' ou Sn. On ignore s'il se comporte comme une sulfobase ou comme un sulfide.

3** Sulfure ou sulfide stannique. Il peut être préparé par la voie humide et par la voie sèche. Par la voie humide, oti l'obtient, soit en traitant le sulfure susstanneux par l'acide chlorbydrique, comme il vient d'être dit, soit en dissolvant l'hydrate stannique dans du sulfate potassique ou ammonique , et précipitant la liqueur par l'acide chlorbydrique, soit en décomposant le chlorure stannique par le gaz sulfide hydrique. Le précipité est d'un jaune sale, volumineux, et difficile à laver qusgi4 1^ liqueur ne contient pas beaucoup d'acide libre. Après la dessiccation, il forme des morceaux compactes, d'un jaune foncé, dont la cassure est vitreuse, et qui retiennent beaucoup d'eau. Soumis à la distillation , ces morceaux décrépitent , abandonnent à la fois leur excès de soufre et d'eau , et se transforment en sulfure susstapneux , quand la chaleur n'est pas portée jusqu'au rouge cerise.

Le sulfure stannique, préparé par la voie sèche, a reçu le nom d'or musif ( aurum musivum s. mosaicum ). L'or musif avait fixé Vattention des alchimistes, qui s'en sont beaucoup occupés. Pour le préparer , on emploie ordinairement le procédé suivant : On amalgame 12 parties d'étain pur avec 6 parties de mercure, et on Lroie l'amalgame dans un mortier de verre, avec 7 parties de fleurs de soufre et 6 parties de sel ammoniac; après quoi on introduit

568 SULFURE STAMNIQUE.

la masse dans un matras de verre , que Ton chaufFe doucement au bain de sable, jusqu*à ce qu*!l ne se dégage plus de vapeurs blanches exhalant Todeur de gaz sulfide hydrique. On élève ensuite la température jusqu'au rouge obscur : du cinabre et du chlorure mercureux se subliment. L'or rausif reste au fond du matras , sous forme d'une masse écailleuse , ayant l'éclat de Ter. Cette masse, ainsi que les parties supérieures du vase, sont ordinairement tapissées de paillettes cristallines, douées d'un édat d'or ; elles sont plus belles que les autres, et semblent avoir été formées par voie de sublimation. Dans cette opération , le mercure sert à rendre l'étain plus fusible, et à en favoriser la combinaison avec le soufre; par le sel ammoniac, on prévient l'élévatiou de la température qui résulterait de la sulfuration, et par laquelle lerain serait réduit de suite à letat de sulfure stanneux, eiTet auquel s'oppose la présence de ce sel volatil entre les molécules du métal et du soufre. D'après cela , le sel ammoniac paraît être tout à fait indispensable au succès de l'opération. Aussi peut-on se procurer de l'or musif, en mêlant du sulfure stanneux avec du soufre et du sel ammoniac, et chauffant le mélange. On l'obtient aussi en chauffant l'oxyde stannique avec du soufre et du sel ammoniac, expérience pendant laquelle il se dégage du gaz acide sulfureux. Sans sel ammoniac , on n'obtient que le sulfure susstanneux.

L'or musif qui a été bien préparé est d'un jaune d'or : il se présente sous forme de paillettes brillantes, translucides, qui sont douces au toucher , et faciles à étaler sur la peau. Nul autre acide que l'eau régalé ne le dissout. C'est une sulfobase faible; mais il possède les propriétés d'un sulfide puissant. Il se dissout dans l'hydrate potassique, et la dissolution contient un mélange de stannate et de sulfostannate potassique. Quand on le fait bouillir avec du carbonate potassique, il chasse l'acide carbonique, et les mêmes sels se forment. Les sulfobases fortes le dissolvent tranquillement; les sulfhydrates, au contraire, en sont décomposés , et dégagent du gaz sulfide hydrique. Les dissolutions sont très-peu colorées, et seulement un peu jaunâtres. Si on le met digérer avec un excès de sulfure stannique, préparé par la voie humide et réduit en poudre très-fine , le potassium s'empare d'une partie du soufre, il se dépose de l'étain , et il se forme du sulfure susstanneux; en même temps la couleur passe au brun hépatique. Lorsqu'on verse de la potasse caustique sur cette combinai-

PHOSPHIJRE o'iTAIN. 669

son, elle devient noire : il se dissout du sulfure stannique, et il reste du sulfure stanneux. L'or niusif ne supporte pas la chaleur rouge sans se décomposer. Si , en le chauffant, on élève la température avec beaucoup de lenteur, et qu*on interrompe Topération avant que tout soit décomposé, on trouve au fond du vase du sulfure stanneux^ sous forme d'une masse huileuse, d'un gris de plomb foncé; au-dessus de cette masse se trouve une couche de sulfure sustanneux, ayant depuis un | millimètre jusqu'à I millimètre d'épaisseur, et la partie supérieure est de l'or musif non décomposé. Le peu d'épaisseur de la couche du milieu annonce que la température à laquelle le sulfure susstanneux se décompose , est peu supérieure à celle que l'or musif exige pour sa décomposition. Pendant l'expérience, il se sublime du soufre, et quand For musif qu'on a employé n'est pas parfaitement pur, ce qui arrive quelquefois , on obtient en même temps un peu de cinabre.

Le sulfure stannique se compose de :

Centièmes. Atomes.

Étain 64,63 i

Soufre 35,37 2

Poids atomique , =2074,083 ; formule , =SnS' ou Sn.

On se sert de l'or musif, soit pour bronzer et pour dorer sur bois , soit pour frotter les coussins des machines électriques.

Phosphure d^étain. L'étain se combine aisément avec le phosphore, à l'aide du procédé que j'ai indiqué en parlant de la préparation de plusieurs autres phosphurcs métalliques. Le phosphure d'étain est d'un blanc argentin , mou et malléable. Après avoir été fondu, il cristallise par le refroidissement; sa texture est lamelleuse. Lorsqu'on projette de la limaille de ce phosphure sur des charbons ardents, elle prend feu, et le phosphore brûle avec flamme. Il contient , d'après Pelletier^ 1 5 pour cent de phosphore. D'après H. Rose ^ on obtient un autre phosphure par la voie humide , eu saturant le chlorure stannique anhydre par du gaz phosphure hydrique, et arrosant la combinaison avec de leau. Celle-ci dissout l'acide chlorhydrique et le chlorure stanneux , et laisse le phosphure d'étain sous la forme d'une poudre jaune, qu'on a de la peine à séparer de la liqueur au moyen de la filtration. Le phosphore et rétain ont si peu d'affinité l'un pour l'autre, qu'en chaufTant le composé doucement dans une atmosphère de gaz hydrogène, le

5^0 ALLEGES d'kTAIN.

phosphore se distille, et Ifiisse de letain fondu.Cepliosphiire contient 55,5 pour cent d'étain et 44>5 àe phosphore, oii 2 atomes d*étain et 3 équivalents de phosphore =Sn P'*.

On ignore encore si Tétain se combine avec le carbone et TA/drogène. Le métal qu'on a trouvé dans le ^az hydrogène qui se dégage pendant la dissolution de 1 et^in dans lacide chlorhydrique, a été reconnu pour de l'arsenic.

Alliages cTétain, La plupart des métaux malléable^ deviennept cassants, et perdent leur ductilité quand on les unit à l'étain : c'est la raison pour laquelle on donnait autrefois à l'étain le nom de diabolus metallorum,

L'étain se combina aisément avec \e potassium et le sodium; les combinaisons sont moins fusibles que l'étain. L'alliage d'étain et de potassium s'enflamme facilement à l'air quand il contient plus d'un cinquième de potassium. Si l'on calcine de l'étain en grenaille avec du surtartrate potassique ou sodique, ce métal se combine avec une petite quantité de sodium ou de potassium.

Quand on fait fondre de l'étain avec du sélénium^ les deux corps se combinent facilement et avec dégagement de lumière. L'alliage se présente sous forme d'une masse boursouflée , de couleur grise, et ayant beaucoup d'éclat métallique, principalement sur les points qui ont touché au vase de verre, ou qui ont été frottés avec le brunissoir. Le séléniure d'étain est facilement décomposé par le grillage : il se volatilise du sélénium , çt il restQ de l'oxyde stannique. On obtient du séléniure stan nique, en précipitant le clilorure stannique par le sélénide hydrique.

Le tû/lure e,t l'ét^^in fondent facilement ensemble; la combinaison qui en résulte n'a pas été examinée.

V arsenic, et l'étain forment^ en se combinant, une masse métallique^ qui est plus blapche, plus dure et plus sonore que l'étain pur. Un alliage de quinze partie^ d'étain et d'unç partie d'arsenic cristallise en lames très -larges, comme le bismutn. Il est moins fusible que l'étain^ et quand on le fait fondre à l'air libre, l'arsenic se volatilise. Cet alliage se dissout dans l'acide chlorhydriqae concentré , avec dégagement de gaz arséniure trihydrique,

La combinaison de l'étain avec le moljrhdène se présente sous forme d'une poudre infusible.

L'étain forme, avec le tungstène ^ un composé poreux , d'un brun clair, et un peu ductile.

fenfï gjj'jl e^^ «fpplpyé pQj^r la cpnfep^fpij de^ pj^pchep çpy J.ç^t quelles se gpav^ 1^ iffu^iqug, f.e /7^K'û?r fJP« ^ngl^iç ( Tét^in ^yçç lequel on tal?rigu|Ç (es y^sijç ppg^ ^pir«) Cpnj^pnt w /iw^ifime 4s 5PP Ç9î^il Aîff'"?'*9ïn?f I^S pl?^ be§H P^ï^t^r est CQwpo^é, à çg gupn asf^rc), 4^^ ipo p^^rtiç;} d'étajp, ^ç ß ^'^Dtimo^nc, i 4pbf^r pjit|i et 4 de cjüiivre, S'îl np cqritißnt poiqî^iB p)9n^b, il çop^enr« très-bien sop éclat. Le plpp^b .diwîiîïiç ijpjff^poup I9 4|lctiUté d|^ p^wtjçr. Un alliage d une p^rtiiç 4 apti^pit^e et 4« txpi^ pa^ç}^? d'e'tpin ^eu% êtr^ forgé ^ mai^ il sç gefce sj^jr )p9 ^^rdf, -Quand oi| tfiîjte p^r raci4^ nitrique letgjn qui ppptipnj ^p |'antifpQjnj|j Iç^ dewj ip^taux s p;Ky4pPÎ sans §^ dis§0u4re ; qn dé^jîirwpç ^W? )^ présence et la quantité 4p Tîjnjiippii^p , ^'f^pvfi^ la iî}étho4e de Çhaudet , jçn faisant digérer Tçlain ^v^p jj^ l*^pf 4^ ßhjorljydriqpe çoi^centfé. J^ajs conimje une partie 4^ r«fntjnjoiRe présepr^ trois parties 4'étain contrg Faction de r2|ci4e, il faut que lalUage coatj^i^n^ tqjft ai^ plu^ uii vingtième d'antimoinç ; on commence clone p^r fondre l'alljage ^vep assez d*étain puf ppur qu'il ne contienne qu'uq Tingtième 4apti|noine^ au plus, On traite ensuite lalliage par l'acide chlorhydrique , qu| 4i^^P^7^ l^tain ^ et laisse Taîitjmoin^ sous forpie d*une pou4re noire mét2(|liquct, Gqy-Li^sac ^ ipdiqué une autre piéthode pppf isoler ces porps ; il pèse lalliage , et il le dissout d^ps l'açid^ çhlorbyçjriflV^e ^ i^iguisé d*un peu d'acide pitrique, pouf* précipiter r.intimoine par de Fétain métallique. Le précipité j^st lavé, 4psséché et pfsé.

Les combinaisons de Fétain avec les métaux nobles ont d^jà été décrites. On ne parvient à combiner un^ par^!^ à'indium avec quatre parties 4'étain qu'à Fi|id^ d*une forte phaleur blanche* La combinaison est ductile, mais beaucoup plus dure que Fétain, Letain s'aifialgame avec le mercure. Trois parties d^ P?!*" cure et Une partie d etain donnent des cristaux cubiques. On se sert de Famalgame d etain pour étamer les glaces. A cet effet, on procède comme il suit : On nettoie la siirface du verre avec beaucoup de soin, puis on la frotte avec un peu d amalgame et un morceau de cuir, afin d'enlever toute poussière. On étend alors Fétain en feuille sur une dalle , et on l'amalgame ; puis on glisse légèrement la glace dessus , de n^nière à repousser la surface terne de Famalgame, et en évitant avec soin qu'il se forme des bulles. Gela fait, on charge la glace de poids; et quand la

S'J^ ALLIAGES d'ÉTAIN.

plus grande partie du mercure est exprimée, on donne à la glace une position oblique, pour que le mercure excédant s'écoule. Il se passe plusieurs semaines avant que Tamalgame ait acquis une solidité parfaite. — On étame Fintérieur des globes de verre avec un amalgame qui renferme plusieurs métaux , et que l'on prépare en amalgamant une partie d etain , une partie de plomb et deux parties de bismuth avec dix parties de mercure. Cet amalgame a la propriété, quand on le promène dans un vase de verre, défaire une queue, s'attache au verre, et Fargente en quelque sorte. Si, après l'avoir versé dans le vase bien nettoyé et bien sec, on le promène sur tous les points de la surface intérieure, il y adhère, et la rend miroitante; au bout de quelque temps, il devient dur. L'alliage d'étain et de bismuth est plus fusible que chacun des deux métaux pris isolément. D'après l'observation de Rudberg^ la combinaison la plus fusible se liquéfie à + i43 degrés. Elle contient 45,33 parties d'étain et 54,67 parties de bismuth, ce qui correspond à la formule Bi Sn^. Lorsqu'on mêle les deux métaux dans d'autres proportions , l'alliage qu'on obtient se solidifie toujours à la même température, savoir, à +i43 degrés; mais la masse fondue dépose d'abord un alliage solide, de manière que sa composition ait de nouveau pour formule &iSn^. On peut constater ce fait en plongeant un thermomètre dans le bain. Tant que le refroidissement se fait sans congélation , le thermomètre baisse régulièrement; mais du moment où une partie de la combinaison commence à prendre la forme solide , le thermomètre reste stationnaire aussi longtemps que dure la séparation de l'alliage solide; apr^ quoi il recommence à baisser aussi régulièrement qu'auparavant Pour distinguer le terme où toute la masse se solidifie de celui où l'alliage moins fusible se dissocie, on peut nommer le premier point de solidification, et Wxxlve point de séparation. L'alliage' Bi Sv? n'a pas de point de séparation , il n'a qu'un point de solidification. Lorsqu'on fait fondre ensemble les deux métaux dans des proportions telles que le bismuth forme les o,3 1 de la masse, l'alliage a son point de séparation à + 192 degrés; le même point est respectivement à + i53 degrés, à + i5a degrés, à -f- 177 d^és et à + 192 degrés, suivant que l'alliage contient 0,47^; 0,644» 0,73 et 0,783 de bismuth. — La combinaison est dure et cassante : quand on la traite par l'acide chlorhydrique, l'étain est dissous, tandis que le bismuth reste sous forme d'une poudre blanche;

mais, diaprés Chaudet^ il se dissout aussi utl peu de bismuth ^ quand la proportion de ce métal dépasse un quarantième du poids de Tailiage. Dans ce cas , on peut précipiter le bismuth au moyen de rétain, pour en déterminer la quantité. Une petite quantité de bismuth augmente Téclat, la dureté et la sonorité de l'étain.

Le cuiifre et Tétain forment les alliages que Ton appelle bronze^ métal de canon et de cloche. Une petite quantité d'étain rend le cuiyre jaunâtre, et augmente sa dureté, sans rien lui faire perdre de sa ténacité. Les anciens se servaient de cet alliage pour la fabrication des épées et des armes, avant que l'acier îdt connu. Aujourd'hui on se sert d'un mélange semblable, de dix parties de cuivre et d'une partie d'étain, pour faire le métal des canons. Si l'on abandonne cet alliage à un refroidissement lent, l'étain se sépare du cuivre. Aussi lorsqu'on brise le bouton après la fonte des canons, on remarque que la surface de la cassure présente un mélange purement mécanique d'étain et de cuivre ; et quand on chauffe la masse jusqu'au point de fusion de l'étain, celui-ci s'écoule, etil reste une masse poreuse , qui est du cuivre contenant moins d'étain. Par une plus grande quantité d'étain, par exemple aoà a5 pour loo, la masse devient élastique, sonore et cassante: on l'emploie alors pour la fabrication des cloches. Refroidi lentement, cet alliage durcit. Si on le plonge incandescent dans l'eau, il devient mou, susceptible d'être tourné , et se laisse forger à une température voisine de la chaleur rouge. Une proportion d'étain plus forte encore donne un métal blanc, argentin, qui prend le poli, et dont on se sert pour la confection des miroirs métalliques. L'addition d'un peu d'arsenic améliore le métal des miroirs, qui est ordinairement formé de trois parties de cuivre, d'une d'étain, et d'un peu d'arsenic; jou bien de deux parties de cuivre, d'une d'étain, et d'un seizième d'arsenic. Little prescrit 3a parties de cuivre, 4 de laiton (fil à faire les épingles), 16 \ d'étain^ et i ^ d'arsenic. Le mélange fondu est granulé, puis fondu une seconde fois. Quoique l'étain précipite le cuivre de ses dissolutions dans les acides , cependant on peut précipiter l'étain sur du cuivre , et recouvrir ce dernier d'étain y ainsi que le prouve l'étamage des épingles. On dissout de l'étain dans un mélange d'une partie de surtartrate potassique, de deux d'alun, de deux de sel marin et d'une certaine quantité d'eau, et on y introduit les épingles. Quelque temps qu'on laisse les épingles dans cette liqueur, elles ne s'étament pas ; mais dès qu'on y

iMt iHi pecin moFcefttt é*écftiny toutes l«s epinglesf qfiï mmt en i tact letf uo^i ftvao ks autre» ^ /étaiAeDt* Si aucune épin^é n'est touchée païf I etaid , 1 etambge ne & op^e pas. On 9 aperçoit mê^ m^nt que c est là un phénomène hjdroékctHque,' dû an coàtact de rétain avec le cuivre. L'étamàge réussit aussi avec l*riun^ sans tartfe; mais là couleur dès épingles dévitfnt d^nn blanc niât, aemhlahlé à tielùi de largent^ dont la àurface a été affinée par TébbUitîon «fv^ le tartre. On peut^ à Taide du procédé «tufranè ^ éiatskéf de petits objets en fer^ en cuivre oifr en laitdn : Qm néle dk ïaluny du tartre ei du sel marin dans la propoHion qui vient d'èlre indiquée $ on ajoule ali mélange un peu de sulfefte ou de ehloraie stanneuJI ^ puis on met Une petite bande de une en contact avec Vobjet ^uon veut étamer^ et on le3 intit>duii tous débx chms la li* queur. Quelques moiiients aprèé ^ Fétamage est aèbevé ^ aurtont quand kl liqueur a été employée à cbaud. Si lai surface est mate^ et qu'on veuille la rendre brillante, il suffit de k frotter avec un linge, après lavoifr lavée àvee de Tto«!. Cet élaraagé enapéche ks métaux de s'oxyder à Tair.

L utilité de Tétaiii pour la fabrication de ditïérenls usiensties de ménage est généralement connue ( zfoye^ à cet égard les alliages dû plomb avec Tétain)« Son peu dé sùtubilité* dans lea acîd^ faiUes le rend très^propre à en faire des plats et des assiettée^ et on s en sert dans les pharmacies pour le$ vaisseaux destinés à cadrer les distillations. Lei nHniecifns ladministrent, à I etat' de IguAillg métallique) comme verirtifuge; aes combinaisons àteo I^cfaferie snnt très*inVporlantes en teinture.

i^ Plomb (plumbuln).

Lé plomb est^ comme Tétai A et le cuivre^ xm des naétawi ks plus ancieftuetaient eotanus^ il en est déjà fait aacntibnr dUns kài livret de Moise. Dtfts k naturey on le rencontre ordnairement en combinaison avec kf soufre^ constituant k gtdàm^ qiicicpiefioiaen le trouve aussi à letat d oxyde, et assez souvent cioacdbiné «vecks acides, comme base de sdis.

En grandi« on obtient le plomb principalement dans ïeztfseétm de l'argent de la galène argentifère. Dans qndqaAss endBroi» 4e rAngteteire , on exploite une galène qui ne contient point d'a^ genly et e est eelle^lè qui donne ordinaîiemént k pkînb k pks

pur. Le procédé d'elträction est foft àiift^Ié. Aptèé dVoit purifié

la galène päv des lavages, on ridtrddüif Aûtis ttti fonrneau k ré«

▼etbère dont la voûte est basse, ti ort \ä chauffe jus^u'atu rouge.

Le soufre brûle , ainsi qu'une partie du ploiiib ; tnäh ïoxj^èM

De suffisait pas pour oxydtt Itt totaflité dû tiiéCal, la (ifoftioh non

àtjdéé kë déposé àd fond dé la itiasié k âêM folfidué i crti dha^uffé

doucement, jusqu'à ce que là <t!äjeül*e partie du soufrö ^ölt bfûlëe ;

puis on au^ffiente la èhalair, hûh ((liè \ä ûkaàÉh entre en füeiöii^ èl

que le ploirtb réduit puisse gagner lé fond. On Jette alofâr què)<|uea

péllêti de cbàni caustitjfJe sti^ la surfaoe de* scöi-fes fdnduej^^ àé

qjA les 90>Kdifie et perrtiet de le^ ettlevér; aprèu ^tfoi oA fait êd(M\éè

le plomb mis à nu. Les scories, cotiteûant beâ'ucoup de Sulfaté

plmïibique, sont étalées dans le ßxürüeatu, et (oitdUeâ ûfrie ddtrtîètoé

fois; la éhaut ^e combine avec Taéide stilfnriefue^ éi Foi;^dè ploiti*

bique est f éduit par les Sulfures métalliques ^ùi Se ti^otivetit àsttié

les scories^ de Sorte qu'on peut obtenir encore nne certaine qaan-«

Ûté dé plomb. Ce Dou'veau produit est mortis pûfr, il ^enféi'mé dii

fer, et jouit tf une plus grande dureté. L'oxyde plotwMque qii'ö«

ôbtrérit pendant Faffinage de l'argent ( ûofêz page 498) est réduit

à 1 etat de plotttb , s'il ne peut se Vendre doitiirié èiyde. On le met

par couehes, avec de la poussière de charbon, da#s titt fourneau à

foyer iticfîné : le plomb s'écoule par une godttîèré pratiquée ati

centre, et sJaccomule à mesure qu'il se fédûît.

Lé plomf) qu'oti rèncotître dans le cômmei^ce contient ordinairement du cruivre et dix fer , et quelquefois^ des trafces d'argent. Pour Tavoîr à f état de pureté parfaite, îf faut d'rfbord délivre^ Toxyde plombique de la proportion de éuîtré qn^iï ôon^f^e opi* niâtrément. d'après Bischofs oti atteint assez flacilement ce btrt, en faisant macérer l'oxyde , dans des vaïsseaii)t fei^més f ùt^êd da car^- Bonate amiiioniacal , qui dissout lé ciïivf e et donné ùrié* liqliétA^ bleue. Le sel ammoniacal peut ^tre recueilli dé noutéatf , ëti àè* cantant ta liqueur et la séparant de f oxydé cuîvriqi^é, dissout pttt la distillation. On lave Tôxyiife pfombique, et j apfés Favoir dissott^ dans l'acide nitrique, on examine s'il contient de ï'argerrt, en f versant quelques gouttes d'une dissolution de chlorure pToVÉ6î(^é. S*îlse forme un précipité, on continue l'affusion dû chloruf é ploiüii^que jusqu'à ce qu'il ne se précipité phis rien ; ensuite on tlttté la liqueur et on ïa fait cristalliser, après favoir concelitréé au poihlt cbnvènable. En répétant la cristallisation , on" obtiéût lé ûi-

i'jÛ OttDËS tot t^LOMfi.

träte plombique entièrement exempt de sels métalliques étrangers. Le nitrate est alors réduit en poudre, chauffé dans un creuset, pour chasser Tacide nitrique , et fondu avec un peu de flux noir, qui réduit le plomb.

Le plomb pur a une couleur d'un gris bleuâtre, beaucoup d'é« clat ; et quand il n'a pas été refroidi trop rapidement, il est si mou que, même en disques épais, on peut le ployer facilement, presque comme du cuir mouillé. Il déteint un peu, et laisse sur le papier et la toile une trace semblable à celle que produit le graphite. Sa chaleur spécifique est, d*après Regnetet ^ = o,o3i4; d'après Dulong et Petite 0,0293. Son poids spécifique est de ii,445; celui du plomb impur ne s'élève qu'à i i,35a. Il n'augmente pas par le martelage. Le plomb peut être réduit en lames minces, mais il a peu de ténacité. Un fil de 3 millimètres environ d'épaisseur se rompt déjà quand on y suspend un poids de i4 f kilogrammes. Le plomb fondu se solidifie, d'après Creighton , à + 3aa {-degrés, et sa température ne s'élève pas , comme celle de Tétain et du bismuth, au moment de sa solidification. Il fond à + 3a5 degrés, d'après Rudberg^ et à -f- 334 degrés, d'après Kupfjer. Chauffé au rouge blanc , il entre en ébullition, et commence à se volatiliser; si on le laisse refroidir lentement, il cristallise en pyramides à quatre faces, et, aux points saillants, en octaèdres réguliers. Le meilleur dissolvant du plomb est l'acide nitrique; tuais quand on ajoute à ce dernier de l'acide sulfurique, il ne se dissout, pour ainsi dire, point de plomb : Tacide chlorhydrique diminue aussi le pouvoir dissolvant de l'acide nitrique; cela tient à ce qu'il se forme, dans les deux cas, des combinaisons très>peu solubles.

L'atome du plomb pèse 1 294^49^ 9 ü ^^t représenté par Pb.

Oxjdes de plomb. Le plomb a trois oxydes bien connus, un sousoxyde, un oxyde jouant le rôle de base, et un peroxyde, susceptible déjouer le rôle d'un acide faible. Probablement il existe aussi, comme nous le verrons plus bas , un degré d'oxydation entre l'oxjde basique et le peroxyde. Le plomb n'a pas assez d'affinité pour l'oxygène pour que, en se dissolvant dans les acides, il puisse décomposer, l'eau; mais lorsqu'on le fait bouillir avec l'acide chlorhydrique, celui-ci se décompose en partie, et il se forme du chlorure plombique jusqu'à la saturation de la liqueur. Comme ce sel est d'autant moins soluble que l'acide est plus concentré , il est évident qu'un acide concentré en dissout moins qu'un acide

SOllSOXTDie f>£ PLOMB. 5'J']

fidble; et même celui «ci n'en dissout qu'une très-petite quantité.

Le plomb perd assez rapidement à lair son éclat métallique ; il prend une couleur grise foncée, vulgairement appelée gris de plomb, et qui paraît provenir d'une couche extrêmement mince d'oxyde. Dans un air parfaitement sec , il conserve trèslongtemps son éclat métallique, tandis que , dans l'air humide, il ne tarde pas à se recouvrir d'un enduit gris foncé. Dans l'eau aérée, mais exempte d'acide carbonique, et d'ailleurs parfaitement pure, le plomb métallique brillant s oxyde immédiatement, d'après de Bonsdorff : il s'entoure d'un nuage d'hydrate d'oxyde plombique, dont une petite quantité se dissout dans l'eau. Si le plomb se trouve déjà recouvert d'une couche de sousoxyde , il n'est pas attaqué par l'eau, pas même après un temps assez long.

Dans l'eau contenant tout à la fois de l'air et de l'acide carbonique, il se forme un composé de carbonate et d'hydrate d'oxyde plombique; lorsqu'on y plonge un morceau de plomb recouvert d'une couche de sousoxyde, et offrant à sa surface un point pur de sousoxyde , on voit que le composé indiqué se dépose dans ce point sous forme d'une végétation soyeuse, qui envahit aussi la couche de sousoxyde, lorsqu'elle vient à en être touchée. Après un temps assez long , on remarque çà et là des taches d*oxyde rouge (minium). La présence d'im carbonate alcalin dans l'eau n'empêche pas la formation de cette végétation. Le plomb s'oxyde également dans un courant de gaz hydrogène, où on le maintient fondu.

i^ Sousoxyde de plomb. Il se forme quand le plomb métallique reste exposé à l'air. L'éclat du métal disparait peu à peu, et il se recouvre d'une pellicule de couleur bleue grisâtre, qui devient de plus en plus foncée. Si l'on tient le plomb à une température élevée, qui cependant ne suffise pas pour le faire entrer en fusion, cette pellicule augmente d'épaisseur, et finit par devenir d'un noir grisâtre. Si l'on chauffe le métal jusqu'à ce qu'il soit fondu, la pellicule s'oxyde à l'instant même, et prend une couleur jaune brunâtre. On. obtient ce sousoxyde en plus grande quantité, lorsqu'on soumet l'oxalate plombique à la distillation sèche : il se dégage un mélange de gaz oxyde et acide carboniques, et il reste dans la cotnue une poudre d'un gris foncé. Ce mode de préparation a été découvert par Dulong, L'existence de ce sousoxyde a été souvent contestée ; mais les expériences die Boitsslngault ^ et surtout celles de Pelouze^ l'ont mise hors H. 37

&j9 oxYOM rLoam^B«

dt dcrtil«. Suîvaiil PdomMà^ on obtient aùmn^iH m «oufloxydn oH eKpoMDt 1 Oxalat« plombique à une ti$inpéracure de -4* 3oo** dans une patite cornue plongeant dans un bain approprié, et eu ly maintenant jusqu'à ce qu*il ne se dégage plus tle gas.

Le soiisoxyde de plomb est une poudre d'un noir TebNirs , parfiiitement homogène. Le mercure, avec lequel on le triture dans un mortier, n'en enière pas de plomb, et une solution de sucre , avec laquelle on le dit digérer ^ ne se cliarge pas d'oxjd« pkHubique; c'est ce qui réfute l'objection d'après laquelle le sousoxyde de plomb ne serait qu un mélange intime de métal en pou«dfeet d'oxyde plombique.Les acides tantétendus que concsntrés la d^omposent inslantanénient : il se dissout de l'oxyde plombiqua, et il se sépare du plomb métallique sous forme de flooaos gris légers qui, étant comprimés, présentent un éclat métallique. La potasse et la s^ude caustiques le décomposent de la même manière. CbaufM en y^M^t clos jusqu'à Tincandescence , le sousoxyde de plomi» se change en uu mélange de plomb et d'oxyde plootbique, iHtfroidîi il est verdàtre, ce qui tient au mélange de la couleur jaune de l'oxyde avec la couleur foneée du plomb. Chaufie en un point à lair , il s'enflamme et continue à br^er, comme de ramadou^ jusqu'à ee qu'il se soit complètement transformé ea oxyde plombîque. Humecté de tres*peu d'eau, il commence à abaorber l'nxygène de l'air : il s'éofaauffis sensiblement , et se convertit enfin en hydmte d'oxyde plombique.

Le sKHisoxyde de plemb se compose de 2

Centièmes. Atome*.

Ploitib 96,281 9

Oîcygène 3,719 1

Poids atomique, ^= ^689,8197 j formule, = Pb 0 ou Pb, Il ne joue jias, autant qu'on sache» le rôle de baae ^alifiable ; 2 atomes d'oxalate plonibique donnent naissance à i atome de sousoxyde de plomb, à 3 atomes d'acide carbonique et à i atome d'oxyde carbonique; ces deux derniers s'en vont à l'eut de gaz.

a^ Oûçyde plombique. On l'obtient quand du plomb fondu s'oxyde à l'air , ou quand op dissout du plomb daus l'acide nitrique, qu'on çvapQr* la di^olutipn jusqu'à sicçité, e^ qu'on calcine le résidu dans un creuset dç platipe« Mais, po\ir avoir de loxyde plpmbique p$irfaiiemept pur, il fau^ employer d^ préc^ntipns

OXYDS PLOMBlQUSi 079

pjirticulières : le nitrate ploinbique neutre attaque toujour;» un pe» le platine, ce qui occasionne un mélange d'oxydes de platine et de plomb ; ce mélange têt, à la vérité, si peu considérable 9 qu'on peut le négliger dans la plupart des cas; mais il est toujours facile à découvrir. Dans un creuset de porcelaine, Toxyde plombique pourrait s*eu) parer, pendant la fusion , d'une grande partie de$ éléments du vase. Pour obtenir l'oxyde plombique bien pur, on pulvérise l'oxyde platinifère, on le tait bouillir avec de leau et avec son poids de nitrate plombique, jusqu'à production d'ua sel basique. On dissout ce sel dans une grande quantité d'eau bouillante (où il se dissout dif&cilement ), et on filtre la solution bouillante; par le refroidisst^ment, le sel basique se dépose sous forme de petits grains cristallins. La partie non dissoute est bouillie a diverses reprises avec la solution refroidie, jusqu'à ce que tout soit changé en sel basique cristallisée On prvnd a^Qfs une petite portion de ce sel , on en fait une pâte peu épais;se , dont on recouvre l'intérieur d'un creus,et de p.latine, et on la fait dessécher, 11 vaut cependant mieux mêler l'eau -mère restante avec une solution de nitrate plombique : il se précipite une nouvelle quantité de sel basique, sous forme de flocons ; on le lave, et on s'en sert ensuite pour enduire l'intérieur d.u erçnset, car il se fixe plus solidement que le sel grenu. Ce dem^j^r, avant d'être desséché , est fortement pressé ; de manière qu'après la dessiccation il forme un gâteau^ qu'on brise en morcenux, et qu'on place dans le creuset badigeonné et desséché. On munit celui-ci d'un couvercle » et ou le chauffe au-dessus d'une lampe à alcool^ à mèche cylindrique; on continue à chauffei*jusqu'jk^« que l'acide nitrique soit complètement détruit; il faut avoir soin que la masse ne devienne pas trop chaude pour entrer en fuj^ion. Après le refroidissement, l'oxyde ploinbique reste sous forme ji^'une maase jaune serin> On retire ensuite les morceaux Â^vee p^ecj^u** ûoUi et on Les débarrasse de l'enduit du creuset, qui pourrait y adhérer; cai* cet enduit contient toD^jours un peu de platine. On eo^ploie le sel basique » parce qu'il ne fond pas çomji^/^le sel neutre.

I^'pxyde plombique est jaune ; mais il a une teinte jaune rouf^eàxre ou prçsque royge; sa poudre est jaune rougeàtre. Les sels ploinbiquesy qt^ sont décomposés par l'action du feu sans être fopduS} par exemple le sousnitra te et l'oxalate, donnent un oxyde

58o OXTDE PLOMBIQUE.

pulTénilent, d'une couleur jaune de soufre très-belle, qui passe au rouge park trituration. On Y »ppeWit SLUtrefois massicotHoutou- LabUlardière dilTouvé quen dissolvant de Toxyde plombique dans la soude caustique, et abandonnant la dissolution, pendant quelques mois, à l'action de l'air, l'oxyde cristallisait sous forme de dodécaèdres réguliers , blancs et demi-transparents , qui n'étaient pas altérés par l'action de la chaleur rouge, et qui , par conséquent , ne contenaient point d eau. En examinant ces cristaux , il a trouvé qu'ils consistaient en oxyde plombique pur. Suivant Pajrefty ces cristaux octaédriques s'obtiennent parfaitement limpides et incolores, en ajoutant à une dissolution étendue d'acétate plombique un grand excès d'ammoniaque caustique, bouchant le flacon et abandonnant la liqueur à elle-même pendant quelques jours, le mieux dans un endroit où elle puisse être frappée par les rayons du soleil. D'après Mitscherlich , on obtient encore ces cristaux incolores, en saturant à chaud une solution étendue d'hydrate potassique avec la plus grande quantité possible d'oxyde plombique, et abandonnant la liqueur au repos ; on les obtient également au moyen d'une solution concentrée d'oxyde plombique dans l'hydrate potassique, qu'on met à même d'absorber insensiblement l'acide carbonique d^ l'air. Becquerel a produit ces cristaux par la voie sèche, en dissolvant l'oxyde plombique, par la fusion, dans de l'hydrate potassique, comme je l'ai expliqué à propos de l'oxyde cuivrique , laissant la masse fondue se refroidir lentement, et l'épuisant ensuite par l'eau. L'oxyde plombique est resté sous la forme de petits cubes et sous celle de tables carrées. Mitscherlich y qui a examiné, avec une grande précision cristallographique, la forme cristalline de l'oxyde plombique, constata que les cristaux de cet oxyde n'appartiennent pas au système r^ulier, bien qu'ils s'en rapprochent beaucoup. Ces cristaux dérivent d'un octaèdre à base rhombe , et ils ont la même forme cristalline, soit qu'ils aient été produits par voie de dissolution ou par voie de fusion. L'oxyde plombique, tel qull s'obtient par l'affinage du plomb argentifère, pendant que l'oxyde fondu se refroidit lentement, se change d'ordinaire en paillettes rougeâtres, et se rencontre sous cette forme dans le commerce. 11 porte alors le nom de litharge. Ce qui s'est d'abord solidifié constitue des masses jaunes , mais sensiblement cristallines , qui donnent une poudre rougeàtre semblable à celle de la htharge jaune. Les mêmes changements

OXYDE PLOMBIQÜE. 58 1

de coloration se produisent aussi par la voie humide. Suivant une observation de Mitscherlieh, une lessive de potasse, saturée bouillante d*oxyde plombique, laisse, pendant le refiroidissement, déposer, sous forme de paillettes jaunes, une partie de Toxyde dissous. Si la solution n'est pas complètement saturée , cenest qu'après le refroidissement de la liqueur qu'il se dépose d'abord des paillettes jaunes, et enfin des paillettes rouges. Mitscherlich trouvsi que l'oxyde rouge peut s'obtenir encore en plus grande quantité en versant la solution concentrée d'un sel de plomb dans une masse pâteuse bouillante , formée d'hydrate calcique et d'eau; on maintient cette masse à l'ébuUition , jusqu'à ce que le précipité d'oxyde plombique se soit converti en une poudre pesante, rouge, mêlée d*hydrate calcique en excès, qui, après le refroidissement, peut être facilement séparé par suspension. Suivant Cahert^ une solution de soude caustique d'un certain degré de concentration (4o à 4^ degrés à l'aréomètre) étant saturée à chaud avec de l'oxyde plombique, et refroidie lentement, l'oxyde se dépose en cristaux à peu près cubiques, d'un rouge rose. D'après le même chimiste, Toxyde plombique, projeté en poudre sur de l'hydrate sodique fondu, devient instantanément rouge, presque comme du minium , et conserve cette couleur après le refroidissement. Ces oxydes rouges ne renferment pas plus d'oxygène que l'oxyde jaune, et, réduits en poudre, ils présentent la même couleur que la litharge. Les cristaux roses, chauffés au rouge, deviennent jaunes par le refroidissement, sans changer de forme cristalline. Tant qu'on n*aura à s'appuyer sur d'autres circonstances que sur de simples changements de coloration , on ne pourra guère attribuer ces particularités à des modifications isomériques. Au reste^ l'oxyde plombique change de couleur par l'application de la chaleur : il devient d'un rouge foncé , et reprend sa couleur primitive par le refroidissement. — L'oxyde plombique fond au rouge vif , et donne une masse quelquefois transparente, d'un rouge brique foncé, qui se divise aisément en écailles cristallines, un peu flexibles. A une température plus élevée, une partie de l'oxyde se réduit, et du plomb métallique se rassemble au fond du vase : c'est ce qui arrive surtout quand on fond l'oxyde plombique à une très-haute température, dans des creusets d'argent ou de platine. 11 atßre lentement l'acide carbonique de l'air, et c'est pour cela qu'il se

68a OXTDR FLOMlfQtrR.

diiisout dans le« aoidei , avec uae efienreseenee d'autant plus ferle ({lie M préparation dale de pins loi«.

D^aprèa iea eup^rieneen de Owfton-Moïïvêau^ l'oxyde plonUque est soluble dans i'eau pure, naaii mioiubie dans une eau qui «entient |a n^oindre traoe de seL La solution aqueuse rétablît la eoo* leur bleue du papier fie tournesol fouge; elle contient, autrant y^rke^ îîèou* »"i^«"* ^ Bonsàorff^ j^ d oxyde plombique ea (lissolution. Elle brunit quand on y Ait arriver du gai aul6âe hydrique , et die est troublée par l'acide sulAirique. L'eau de aouroe, au oontraire , qui contient des sels , ne dissout point de plonsk

51 1 on précipite le nitrate pu laeétate plombique par l'hydrate potassique, et qu^on fasse digérer le précipité avec un léger excèi d'hydrate, celui-ci enlève tout laoide ou sousfel qui s*est formé, et dissout une petite portion d'oxyde. Le résidu est de Yhydrmte phmbiquêi cet hydrate est blano. Pendant et apr^ le lavage, il doit être préservé du contact de Tacide carbonique de l'air, car il l'absorbe avec iiioilité. Il supporte une température de -4- loo* sans changer de couleur, et sans perdre son eau; mais un p^iiaa delà de cette température, l'eau s'en va, tandis que l'oxydé de«> vient rouge , et jaune après le refroidissement.

L'oxyde plombique se combine avec les alcalis et les terres. Ses combinaisons avec la potasse et la soude sont cristallisables. 1 1 parties de potasse et i3 parties de soude dissolvent i d'oxyde plombique, La dissolution est jaunâtre, et donne, parTévaporatioa, des paillettes cristallines. Une dissolution de carbonate plimibiqne est inoelore. Du lait de chaux, bouilli avec de l'oxyde plombique, en dissout une petite portion. On s'est servi de cette dissolution pour teindre les cheveux er\ noir. 6i l'on évapore la liqueur dans nn appareil distillatoire , le composé cristallise en petites aiguilles qtd contiennent ^ d'oxyde plombique. La combinaison de la baryte avec eet pxyde ne ori&taUise pas. Quand on chauffis l'oxyde plombique avec des terres ou des oxydes métalliques, on obtient des verres qui entrent en fusion à une température bien plus basse que le cristal ordinaire« J'en parlerai plus au long à Toocaeion du silicate plombique. — La facilité avec laquelle l'oxyde plombique entre en fusion et dissout les terres, fait qu'il perce les creusets. Les anciens chimistes ont fait beaucoup de recherches pour dé* couvrir une matière propre à faire des creusets qni ne fussent

point attaqués par c<>t oxyde : le résultat de laiif s tniTatix Ail que rien ne lut résiste parfaitement^ mais que les creusets qni oppo«sent le plus de résistance à son action dissohrante sont ceux que Ton obtieni avec de Fargile grossièrtnent pulrérisée^ bien euite et exempte de fer. On les fait fortement rou^r avant de s*en serrir. — Diaprés Wähler ^ on obtient un composé d'oxyde plombique et d'oxyde argentique, en versant goutte a goutte un me* lange de nitrate argentique et de nitrate pimnbique en eapèa dans une solution de potasse caustique, qui retient l'excès d'oxyde plombique en dissolution. Le composé est jaune , il noîyeit à la lumière solaire, donne du gaz oxygène par la calcinalion, et laisse un mélange d*oxyde plombique et d argent métallique* Il ren» ferme, en loo parties, 34,^ parties d oxyde argentique $ii 65,S parties d'oxyde plombique, ou i atome d'oxyde argentique et a atomes d'oxyde plombique.

L'ofyde plombique se compose de :

Plomb.*..« 9s»»83 •» t*** i

(Hjgène ,,.r. 7,ip ,.. »• I

Poids atomique, ss l'i^AAifi \ foi^mule > ?aPbO oh Pb. C'est une tcès-flartabasesalifiable. L'hydrate renferme 2,876 pour cent d'eau =3 il + 2 Pb. L^oxyde plombique s'y trouve donc au même d^ gré de saturation que dans la combinaison d oxyde argentique qui YÎenl d'être mentionnée. Payen prétend avoir trouvé un hydrate d^oxyde plombique, contanant S,i pour cent d'eau, =sdi*Pb*. Geei est douteux.

3* SuTOxyde plomhiqiêé. On l'obtient, comme le snroxyde d*ar» gent, en dirigeant les pâles d'une pile électrique dans la dissolution d^un sel plombique. Il se dépose sur le pôle positif, souS la forme de mamelons bruns, noirs et éclatants. Mais on se le procure plus facilement à l'aide du fninium , qui est un oxyde plus oxygéné que l'oxyde plombique, et se rencontre dans le commerce, maia qui cependant renferme moins d'oxygène qu'il n'en laut jiour former du suroxyde. A cet effet, on traite le minium pulvérulent avec beaucoup d'eau , et , pendant qu'on agite bien le mélange , on y fait arriver du gax chlore, ou bien on le fait digérer avec de l'a^ cide nitrique étendu pur, qu'on y verse. Dans le premier cas, il se forme du chlorure plombique, et, dans le dernier, du nitrate plombique dissous dan« la liqueur, pendant qui» le suroxyde

^84 S17ROXTD1 PLOMBIQÜF.

plombiqu^ rmte infsnliible. Pur 1«? premier procédé on oblient plus de suroxyde, mais on ne le débarrasse pas aussi facileinent du cbiorure que du nitrate plombique qui s y trouve mêlé; cest pourquoi ]e dernier mode de préparation est généralement préféré. Si Ton s*est servi d'une quantité suffisante d'acide, le minium se transforme totalement en oxyde et en suroxyde plombiques. On décante le nitrate plombique, on lave avec de l'eau bouillante la poudre qui reste, et qui est d'un brun foncé, puis on la dessèche. D'après l'indication de Becquerel y lorsqu'on maintient pendant longtemps l'oxyde plombique en fusion avec de l'hydrate potassique , et qu'on traite ensuite par l'eau la masse refroidie lentement, on trouve, parmi les matières non dissoutes, du suroxyde plombique noir en tables hexagonales. — Le suroxyde plombique est d*une couleur brune foncée, presque noire, qui devient plus claire au bout d'un long espace de temps. Il est conducteur de Télcctricité, et se fait remarquer comme un des électromoteurs n^ptî£i les plus puissants ; et, suivant Rosênschioldy il surpasse, sous ce rapport, l'or et le platine. Par la calcination, il se convertit en oxyde plombique jaune, et dégage de l'oxygène. Quand on verse de l'ammoniaque sur cet oxyde, il est réduit , avec formation d*eau et de nitrate plombique. Avec Tacide nitreux il forme du nitrate plombique. En le broyant avec | ou| de soufre, il s'enflamme. L'acide chlorhydrique forme avec lui du gaz chlore et du chlorure plombique. Lorsqu'on le saisit avec les mains nues , surtout un peu humides , il répnd une odeur très-désagréable de chlore ou de suroxyde hydrique , qui se conserve longtemps , et provient de ce que l'acide libre et le sel marin, qui font partie de la matière de la transpiration, réagissent simultanément sur lui et le décomposent. Chet^reul a trouvé qu'en chauffant, dans un creuset de platine, de la potasse et du verre contenant de l'oxyde plombique , on voit ce dernier se convertir en plomb métallique qui s'allie au platine , et en suroxyde plombique qui reste sous forme de grains cristallins quand on dissout la masse dans leau. Le suroxyde plombique est employé dans les analyses chimiques pour séparer le gaz acide sulfureux d'un mélange de gaz. Il absorbe ce gaz avec beaucoup de facilité, en donnant naissance à du sulfate plombique. Quand on l'introduit dans l'acide sulfureux pur, il s'échauffe, d'après f^ogelj au point de devenir rouge.

Suivant FrémjTf il peut se combiner, par voie sèche, avec les

Mmiim. 585

bases salifiables. II est absorbé par Thydrate potassique ou sodique en excès, avec lequel on le fait fondre dans un creuset d argent ; lorsqu'on dissout la masse refroidie dans une petite quantité d'eau et qu'on évapore la solution, la combinaison potassique se dépose en cristaux. Mais ces cristaux ne se forment pas, à moins que la solution ne renferme un grand excès d*alcali; le sel cristallisé est décomposé par l'^au : le suroxyde plombique reste non dissous , et l'eau se charge d'un composé de suroxyde plombique et d'alcali en grand excès. La solution alcaline , étendue de beaucoup d'eau , se colore en rouge foncé , et en peu de temps il se précipite du suroxyde plombique. C'est sous ce rapport que Frémy donne au suroxyde plombique le nom d'acide plombique. Lorsqu'on calcine à une douce chaleur et au contact de l'air les composés d'oxyde plombique avec des bases insolubles, on voit^ d'après Frémy ^ l'oxyde se suroxygéner , et on obtient le suroxyde plombique combiné avec la base employée. Le suroxyde plombique se compose de :

Caatièiiiei. Atonies.

Plomb 86,6a i

Oxygène i3,38 a

Poids atomique, ^=3 14949498 9 formule, =:PbO' ou Pb. Sa capacité de saturation comme acide est, d après Fre/n/, = 6,69, ou la moitié de l'oxygène qu'il contient.

Le minium, est une matière colorante rouge, qui se vend dans le commerce, et qu'on rencontre quelquefois , quoique rarement, dans le règne minéral. On l'obtient en grand, en prenant de Voxyde plombique réduit en poudre fine par la trituration et la lévigaiion, le calcinant jusqu'au rouge naissant dans des fourneaux par« ticuliers, puis fermant tous les courants d'air, et laissant refroidir l'oxyde avec le fourneau^ après en avoir retiré le combustible. Plus le refroidissement est lent, mieux l'opération marche. Refroidi jusqu'à un certain point, l'oxyde plombique s'oxyde aux dépens de l'air; mais il faut-que le refroidissement du fourneau s'opère avec assez de lenteur pour que cette température se maintienne pendant le temps nécessaire à la conversion totale de l'oxyde plombique en minium. Il n'est pas facile de conduire cette opération de manière à convertir tout l'oxyde plombique en minium ; c'est pourquoi on est quelquefois obligé de recourir à la suspension et à la lévigation, et de le calciner de nouvau.Poiurl'usage du commerce,

586 mirmiir,

on ne cherche quh hii donner la couleur appropriée. Comme compose chimique 9 il doit être exempt deVoxjde plombique restant, qui ne 8*est pas complètement suroxydé. On y parvient fadle« ment en le faisant digérer à une douce chaleur avec une solution un peu étendue de potasse caustique ou sodique, qui dissout l'oxyde plombique sans attaquer le composé rouge. L'expérience ne réussit point arec les acides étendus, pas même avec Tacide acétioue; car ils agissent en même temps sur le minium, qui prend une teinte brune par le suroxyde qui se produit.

D après Levoly.on peut se procurer le minium encore par d'autres procédés. On chauffe 4 parties d'oxyde plombique bien trituré, arec i partie de chlorate potassique. L'oxyde se change d'abord en suroxyde. Si Ton ne veut avoir que ce dernier, on arrêta là Topération , et on lave l'oxyde à l'eau bouillante. Si l'on continue, au contraire , à chauffer jusqu'au rouge sombre, il se dégage du gaz oxygène; dès que celui-ci a cessé de se dégager, la masse s'est épaissie, et se trouve changée en minium. Cependant il faut encore continuer Tapplication de la chaleur jusqu'à ce que le minium présente sur les bords quelques indices d'une décomposition commençante, afin d'être bien sûr qu'il n'y reste pas de suroxyde. Après avoir enlevé le sel par le lavage, on fait bouillir le minium avec de l'eau contenant de l'hydrate potassique, pour extraire l'oxyde plombique qui aurait pu s'y former. Le produit, ainsi obtenu et bien lavé, constitue une poudre fine, d'un beau rouge avec une teinte orange. — On peut en outre préparer le minium en faisant bouillir le suroxyde ploiAbique avec une solution d'oxyde plombique dans la potasse, jusqu'à ce qu'il se forme une poudre rouge d ocre ; cette poudre renferme d'ordinaire un peu de suroxyde, qui s'enlève par la digestion avec une solution d'acide oxalique : celui-ci décompose le suroxyde pour former de l'oxalate plombique, qui est séparé par une lessive alcaline. Le minium ainsi obtenu est rouge fbncé, car il est plus compacte, et présente çà et là quelques parties cristallines.

* Le minium a une cotileur particulière d'im beau rouge clair. Soumis à une forte calcination , il perd de l'oxygène et se réduit à l'état d'oxyde , qui reste avec une couleur jaune après le refroidissement. Pendant l'application de la chaleur , il est d'une couleur foncée, et devient à la fin noir; mais il repasae au rouge, a'il est refroidi avant sa décomposition. Les aelde^ le décomposent

MiiriuM. 587

en okyde qui êe dissout, et en suroxyde qui se sépare. L'aeide acétique eoncentré fiiit oependant exception : il se combine a^ee le minium pour former un sel blanc 5 qui est soluble dans un ex* ces d*adde concentré. La solution est incolore ) maif elle cora^ mence peu à peu à se colorer en brun et à déposer du suroxyde, ce qui a lifu aussitôt que là solution est étendue d*eau. D'après lea analyses de DufnaSy le minium se compose de :

C«atièiii«i. Atomes.

Homb • 9o,6äa 8

Oxygène 9,898 4

Poids atomique , =2 4^83)494* Dumcu le considère comme formé de a atomes d*oxyde et de i atome de sup.oxyde, ou, en centièmes^ de6S,i 10 d*oxyde et de 849890 de suroxyde^ =s Pb'Pbj cette manière de voir est généralement adoptée. Mais la eonibinaisoi| de 3 atomes de radical et de 4 atomes d'oxygène se présente pouf plusieurs autr^ métaux dont la composition rationnelle peut être démontrée, r=R-f-R, en désignant par R le radical. Comme le suroxyde plombique n'est pas soluble dans l'aeide acétique ^ et que le minium s'y dissout, il paratt vraisemblable que le minium ne renferme pas le suroxyde tout formé; mais qu'au lieu de celui-ci il renferme un autre oxyde plus élevé, soluble dans Tacide acé* tique, mais décomposable, par l'action des aoidef , en oxyde et en suroxyde plombique. Cet oxyde serait alors formé de s atomes de plomb et de 3 atomes d'oxygène.

D'après les expériences de fFineMUeeh ^ cet oxyde semble pouvoir être obtenu à l'état isolé. fFineiefàUok fit dissoudre de rhydratc plombique récemment précipité dans une lessive de potasse caustique, et mêla la liqueur avec une dissolution decblorite »odique exempte de chaux. Le mélange resta quelques minutes limpide , puis il commença à se troubler, et à déposer une pou» ^ dre d'un jaune rouge, extrêmement fine. Cette poudre , lavée et desséchée, retenait de l'eau avec opiniâtreté; elle fut décompo* aée en oxyde et en suroxyde plombiques par l'acide sulfurique étendu , ainsi que par les acides nitrique et acétique. Traitée par les acides oxalique et formique , elle donnait du gaz acide cai^o« nique et de loxalate ou formiate plombique. Avec l'acide chlor-» hydrique concentré, il formait un chloride jaune soluble, qui bientât après laissa dégager du gae chlore et déposer du chlorure de plomb ; mais, immédiateipent mêlé avec de l'Iiydrate potassique

588 ^rLFT'RKS DK PLOMB,

en excès, ce chloride abandonnait I oxyde intact et sans être redissous par la potasse. Décomposé par la calcination j il donna 3,46 pour cent de gaz oxygène et 96,54 pour cent d'oxyde plombique jaune , ce qui s'accorde tout à fait avec la composition suivante :

Cendèmef. Atomei.

Plomb 89,6a a

Oxygène io,38 3

Poids atomique, =2888,996; formule, =z=PbO'ou'Pb. Ces expériences semblent donc démontrer que fFinckelblech est en efFet parvenu à obtenir le sesquioxyde plombique supposé existant dans le minium , ainsi que le chloride correspondant. . Le minium se coiçpose alors de 3a, 555 pour cent d*oxyde et de 67,445 pour cent de sesquioxyde , := Pb -H Pb , ce qui correspond exactement à plusieurs autres combinaisons analogues, formées de 3 atomes de métal et de 4 atomes d^oxygène.

HoutoU'Labillardiire a décrit un oxyde plombique rouge cristallisé, qui s'était accidentellement formé dans un fourneau où Ton brûlait du minium. Décomposé par 1 acide nitrique, ce produit cristallin ne laissa qu'un quart de son poids de suroxyde plombique, ce qui s'accorde avec une combinaison de a atomes d oxyde et de i atome de sesquioxyde plombiques, = aPb+ Pb,

Sulfures de plomb. Le plomb se combine en plusieurs propor^ tions avec le soufre : la combinaison la mieux connue est celle qui constitue le sulfure plombique. On la rencontre dans la nature, où elle se présente assez généralement sous forme décristaux cubiques. Les minéralogistes lui ont donné le nom àe galène. Son poids spécifique est de 7,585.

. Ce même composé s'obtient artificiellement, en faisant fondre ensemble du plomb et du soufre. La combinaison s'effectue avec une faible incandescence , et on obtient une masse poreuse, grise, qui contient des traces d'hydrogène , et qui prend une texture cristalline et un bel éclat métallique lorsqu'on la chauffe en vase clos jusqu'au rouge blanc. Elle ne fond qu*à une température trèsélevée, et commence en même temps à se sublimer. Les débris des fourneaux qui ont servi à fondre le sulfure de plomb en grand, fournissent souvent de très-beaux cristaux cubiques de ce composé, résultant d'une pareille sublimation. — En faisant fondre de l'oxyde plombique avec du soufre, on obtient un mélange de sulfate et de sulfure plombiques.

SULFURES DK l»LOHB. 689

Par la Toie humide on se procure le sulfure plombique , en mettant du sulfide hydrique en contact avec un sel plombique quelconque. Le précipité qui se forme au premier instant , et qui se trouve délayé dans la liqueur, est brunâtre; mais, en se rassemblant, il devient parfaitement noir (i).

Le sulfure plombique est une sulfobase très-énergique. Il est totalement insoluble dans les alcalis ; lacide nitrique le décompose facilement, et le transforme en nitrate et en sulfate plombiques, en mettant une certaine quantité de soufre à nu. L*acide chlorhydrique concentré et bouillant le dissout avec dégagement de gaz sulfide hydrique. Si on le fait fondre avec du carbonate potassique, on obtient, d'après Berthier^ la moitié du plomb; mais si Ton ajoute en même temps 10 à i5 pour cent de fer, tout le plomb est mis en liberté.

Le sulfure plombique se compose de :

Centièiiic». Atomes.

Plomb 86,55 i

Soufre i3,45 i

Poids atomique, = i495,663; formule, = PbS ou Pb.

Le plomb possède , d'après les expériences de Bredberg , deux degrés moins élevés de sulfura tion. On prépare le soussulfure plombeux en mêlant exactement 2 5 parties de galène en poudre fine avec a 1,6 parties de plomb en grenaille, et faisant fondre le mélange dans un creuset de charbon , sans y rien ajouter. On obtient un culot de couleur plombée un peu foncée, que l'on peut couper au couteau, et dont la cassure est grenue. Il contient, d'après l'analyse de Bredberg ^ 3,8 18 pour cent de soufre, c est-à«dire que 100 parties de métal y sont combinées avec 3,g6 parties de soufre ; ce qui est le quart de la quantité de soufre que renferme lej précédent. Par conséquent, ce soussulfure résulte de la combinaison de 4 atomes de plomb avec i atome de soufre , = Pb*S.

(i) Autrefois on adoucissait soa?enl les vios aigres en y ajoutant do plomb ; pour découvrir k présence de ce dernier, on employait un réactif portant le nom de liqueur if épreuve, Cétait une dissolution de sulfure de calcium , précipitée par un excès d'acide, filtrée et conservée dans un flacon bien bouché. Dans cet état, on pouvait la considérer comme une eau acide , chargée de gaz sulfide hydrique. Mêlée avec le vin , elle lui faisait prendre une couleur noire quand il contenait du plomb; Tacide libre empccbait la réaction du sulfide hydrique sur le fer.

5^0 POQßPHUW PK »{«OAIP«

Ol» obt&eDl le somfulfiirê phmbique eo mêlant les meines Mtbs- 4«uiQ»$ et dans les mâmes proportions , et faisant fondre )e 1^4* lange avec du borax, dans un creuset de Hesse. Il se présente sous forme d'une masse fondue, qui s*aplatit un peu sous le marteau« Sa cassure est cristalline et lamelleuse. Il contient 7,207 pour cent 4e soufre; 100 parties de plomb 7 sont combinées a?ec moitié moins d« soufre que dans la galène. Il est formé de % atomes de plomb et 1 atome de soufre, ;=^ Pb'S.

Bredierg explique la formiition de ces degrés de suIfuratioOf en admettant que , dans le premier cas , il se volatilise du plombi jusqu à v-e qu il reste une combinaison qui n'en abandonne plus ; tandis que , dans le scscond, le métal s'oxyde et se dissout dans le boraj^, jusqua ce qu'il reste une combinaison qui résiste a Tactioa dissolvante du borax. Ces degrés de sulfuration du plomb et k^ soussulfures correspondants de quelques autres métaux, par exemple, du fer et du cuivre, se rencontrent, d'après Êredherg^ dans les sulfures métalliques qui se produisent pendant rex|i*actioii du cuivre , du plomb et de l'a^goni dans les usines.

Les degrés plus élevés de sul&ration du plomb (persulfures) sont peu connus. $i Ton expose du suroxyde plombique, irouge ou brun, à l'action du gaz sulfide hydrique, on obtient des combinaisons de plomb avec plus de soufre , mais qui n'ont point encore été examinées. Quand on mêle un sel plombique avec k dissolution d'un quintisuliure de potassium , il $e forme au premier instant un précipité d'un beau rouge de sang, qui ne tarde pas à se décomposer dans la liqueur, et à devenir noir. Ce précipité rouge est une combinaison ide plomb avec une plus grande quantité de soufre, dont l'excès se sépare peu de temps après la pi«cipitaûoo; de sorte qu'il reste du sulfure plombique de couleur noire, mêlé avec du soufre.

P/kQsphure (Upiorab. Il est 4iiHcile de combiner, par la fusion, le plomb avec le phosphore : ce dernier se volatilise en grande partie à la chaleur rouge. Si l'on mêle une dissolution de phosphore dans l'alcool ou l'éther avec une dissolution de plomb , il se précipite du phosphure de plomb sous forme de poudre noire« Oh obtient le mâme phosphure quand on fait passer du gaz phosphure d'hydrogène à «pav€rB la dissolutioA d'un sd plombi^c ; mais l'affinité en vertu de laquelle la combinaison s'est opérée, rst si faible , que la majeure partie du phospi^gr« distUle avant que la

AU4A45JBS DE PX<0|f9* R^l

ma^e entre m fvsioot Le pho^phure fonda cpntiedt; fort peu de pbo3phore; il est un peu plu9 blanc que )e pJomb ; oo peut le couper au couteau; mais il se brise par le choc du marteau.

Le carbone se combine aisément avoc le plomb au moment où ce dernier se réduit. Si Ton mêle de loxyde plombique trituré avec de la poudre de charbon , et qu'on calcine le mélange dan« un creuset couvert, on obtient une poudre noire, qui est du carbure de plomb. Chauffé dans un creuset non couvert, ce carbure prend feu, et brûle sans flamme; le charbon est oi^ydé, et le plomb se sépare à l'état de petits globules métalliques. Quand pu çhaiiffe du cjranure plombique en vase clos, on obtient aussi du carbure de plomb, et il se dégage du gaz nitrogàne. Les résidus qui provien* nent de la distillation sèche des sels plombique« àacides végéuui;^ consistent aussi en carbure de plomb , parfois pyropUorique«

Boronitrure de plomb. On ne connaît pas encore de combinaison de plomb avec l'hydrogène ,' le nitrogène ou laboi^. Mais Bahnain a découvert une combinaison de plomb avec le nitrure xle bore : on lob tient en mêlant 3 atomes de cyanure plombique avec a atomes d acide borique anhydre , calcinant le mélange au blanc dan^ un creuset bien couvert, puis le digérant avec l'acide nitrique, le lavant et le desséchant. G est un corps blanc pulvérulent| qui ne se dissout ni dans l'eau régale, ^i dans les dissolvants alca* lins 9 et qui a la même stabilité que les composés de potassium et d argent , dont il a été déjà fait mention.

alliages de plomb. Le plomb se combine facilement avec la plupart des métaux. Fondu avec un quart de son volume de po^ tassium^ il donne une masse solide , cassante | dont la cassure eat à grain fin^ et que Tair et Veau décomposent facilement« £n le faisant fondre avec un quart de son volume de ^ium , il s j combine avec dégagement de lumière , en donnant naissance à un globule métallique , bleuâtre et malléable , que l'eau et l'Mk décomposent avec lenteur. Avec un tiers de son volunie de aodivn^t le plomb forme une masse non malléable ^ qui se décompose avec facilité. Ces alliages peuvent aussi être produits par la fusion du plomb avec les surtartrates alcalins; mais, dans ce cas, ils contiennent peu de métal alcalin.

Le plomb et le sélénium se combinent avec dégageinent de lu*mière, et produisent, par leur union, une o^a^^e poreyse« d^W

gris çlair^ qui n'j^ntre p^ en (mm à la çUlf ur roim[ep SU^ est

5921 iLLLlAGES 0B PLOMB.

molle, et prend , avec le poli , une couleur blanche argentine. Quand on la chauffe à feu nu , il se dégage d'abord un peu de sélénium; puis, à une température plus élevée, il se volatilise du séléniure de plomb sous forme d'une fumée épaisse , et le résidu entre en fusion à Taide d*une forte chaleur. En grillant du séléniure de plomb au chalumeau sur du charbon, il se transforme peu à peu en soussélénite plombique, qui finit par pénétrer tout d*un coup dans le charbon , en laissant une pellicule douée d'un éclat argentin, et qui consiste en séléniure plombique réduit. Le plomb pur se combine , à une température élevée, avec une petite quantité de séléniure plombique, qui le rend plus blanc, et diminue sa fusibilité et sa ductilité. On rencontre le séléniure plombique dans le Hartz, et, en petite quantité, dans la galène cubique, conchoîde, des mines de cuivre, à Atwidaberg et à Fahlun. Le séléniure du Hartz a beaucoup de ressemblance avec la galène.

Le tellurure de plomb constitue un minéral quon trouve à Nagyag,dans la Transylvanie, et dans la mine Savodinsky, dans TAItaî. 11 ressemble à la galène , excepté qu'il a un éclat plus argentin. H contient i atome de chaque élément, = Pb Te.

Le plomb et V arsenic produisent, quand on les fond ensemble, une masse métallique cassante, à texture lamelleuse, qui contient environ un sixième d'arsenic. Pour préparer la grenaille de plomb , on ajoute un peu d arsenic au plomb , qui alors s'arrondit mieux. C'est à Southwark, en Angleterre, qu'on a commencé à préparer des dragées de plomb , en faisant tomber le métal , sous forme de gouttes, du haut d'une tour. Avant cette époque, on le coulait dans l'eau à travers un tamis. La dragée la plus belle et la plus ronde se fabrique dans un puits de la mine .de Fahlun , dans lequel on fait tomber le métal fondu. Pour avoir l'arséniure de plomb nécessaire à cette opération , il suffît de faire fondre le plomb avec de l'acide arsénieux ; il se forme ainsi de l'arséniate et de l'arséniure plombiques.

Le tungstène s'allie au plomb. Quatre parties de plomb et une partie de tungstène forment un alliage d'un brun sale et foncé, ayant peu d'éclat. Il est poreux et un peu malléable ; mais il ne tarde pas à se réduire en paillettes. Très-peu de molybdène rend le plomb plus blanc, tandis qu'une plus grande quantité de ce métal le rend noir et cassant.

Avec parties égales à' antimoine^ le plomb donne une masse po-

ALLIAGES DE PLOMB. SqS

reuse et cassante; avec un tiers d*antinioIne, il produit un alliage malléable, mais poreux et dur; avec un quart jusqu à un seizième d'antimoine , il forme la combinaison dont on se sert ordinairement pour fondre les caractères typographiques. Quelquefois on ajoute à cet alliage un peu de zinc ou de bismuth.

J ai parlé des combinaisons du plomb avec les métaux nobles j en décrivant ces derniers.

Lorsqu'on fait fondre une partie d^iridium avec huit parties de plomb, on obtient un alliage malléable, qui est plus dur que le plomb ; quand on le soumet à la coupellation, Tiridium reste sous forme d'une poudre grossière , de couleur foncée.

Le mercure se combine très-aisément avec le plomb. L amaU gaaie qui. en résulte est cristallisable; il a un poids spécifique supérieur à celui des deux métaux pris isolément. Un amalgame de trois parties de mercure, d*une de plomb et d une de bismuth, est si liquide , qu on peut le passer à travers une peau chamoisée, comme le mercure pur.

Le plomb ne se combine que difficilement avec le cuivre , et seulement au rouge blanc; pour que l'alliage se conserve, il &ut se hâter de le couler et de le faire refroidir. Quand on le chauffe ensuite jusqu'à la température où le plomb entre en fusion , ce dernier s'écoule, et le cuivre reste presque pur, sous forme d'une masse poreuse. Si le mélange contient de l'argent, celui-ci est entraîné par le plomb. Une petite quantité de plomb fait perdre au cuivre sa malléabilité, et le rend par conséquent impropre à être alUé à l'or. Le cuivre exploité à Fahlun et à Atwidaberg contient souvent un peu de plomb ^ provenant de la galène disséminée dans la mine de cuivre.

En alliant le plomb au bismuth , on obtient un culot métallique gris foncé, qui est malléable tant que la quantité du bismuth n'excède pas celle du plomb. La ténacité du plomb est augmentée par le bismuth , et Muschenbroek a trouvé qu'un alliage de trois parties de plomb et de deux de bismuth était dix fois plus tenace que le plomb pur. D'après Rudberg , un alliage de plomb et de bismuth se solidifie à + 129 degrés. A l'instar de l'alliage d'étain et de bismuth dont il a été question plus baut^ il a différents points de séparation, suivant les proportions relatives des deux métaux. Ce chimiste n'a pas déterminé la composition de lalliage, qu^, sans avoir de point de séparation, se solidifie à -+-129 degrés j II. 38

6q4 AiiMMift n 9Mm-

mais il a troay« qu'en foodanl entapible iroi$ a^iUM» in hifimuik et I atome de plofub , on obtient u|i alliage qui , au moment db la congélation , «e dilate asaez fortement pour brber facilement la boule d'un thermomètre qu on y a plongé«.

Ce n'est pas chose aisé« que de séparer quantitativement le plomb et le bismuth. Plusieurs métboiles qui ont été indiquées ne remplissent pas leur but. Celle que ui, SttiQMu^sr a trouvée la plus dîgfie de confiance eontirte à oxyder Talliage au moyen de î'acid^ nitrique) à disi)oudre l'oxyde plpmbiqiie dens la potasse caustique , qui ne dissout pas Toxyde bismuthique , et à peser celui-ci après lavoir lavé. ]Li'oxyde plombique est précipité par Tacide fiitrique , dont pn ajoute une quanli^é suffisante pour que le précipité sti redissolve; après quoi loxyde e«t précipité à laide du carbonate ou de Tozalate potassique.

lie plomb et Vétain s allient en toutes proportions. En disant fondre ensemble deui^ parties d'é(ain et une de plomb en vo* lûmes , on obtient, d après Kupffer, un alliage dont le poids spéciQqHe est la mpyenafi de ç^Ue des deux métaux. Mais quand on ajoute une plus grai^dp proportion d'étain , la combinaison augmente de volqmei et sa densité diifiiqpe. Rudberg^ trouvé qu un alliage d'éuin et de plomb se solidifie à + 187 degrés. Ce point de solidification appartient à Talliage qui est formé de trois atomes d'étain et up atome de plomb}=:Pb Sn\ et qui n'a pas de point de séparation. Lorsqu'on fond 1 atome de plomb avec a atomes d'étain^ le point d^ séparation ^t à + 200 degrés \ ce point se trouve porté à + a4o degrés, à + ^7^^ degrés, ou à + aSo degrés, suivant que Talliage cpotipnt { atoipe des deux métaux , 1 atome d'étain f^ 2 atomes de plomb, ou i atome detain et 3 de plomb. I^'alliage de plomb et d*étain sert à 1^ fabrication ^es tuyaMS d'prgue; et |om l'étaio qu emploient les potiers d'étain renferme un peu deptqmb. L'étaifi dont on fait, en Suède, différents ustensiles, p^u( 4trede trois espèces : Tuue contenant 3 pour cent, l'autre 17 pour cent, et la troisième 5o pour cept de plomb. L'emploi de cette demîèie espèce n'est permis que pour de petits objets , tels que des jouets d'enfants et autres choses seinblables.On a essayé de détermiofsrb quantité de plomb contenue d^ns I etain ,au moyen du poids spécifique; mais comnie le méUnge ^M^wente de vpluine pendant la fusion , et acquiert un poids spécifique infiérieifr à cehtî qu'il «ievrait avoir d'^prèiî le p^lçul » on ne peut gitère se servir de ce

ALLIAGES DK »LOIIB. SqS

inoyâD. J^Vûc parties égales de plomb et d*étaîn , on prépare la acNidure des ferblantiers. Cette combinaison est remarquable par la facilité aveit laquelle elle senflamnie à la chaleur rouge, et con* tii|ue à brûler sans le secours de la chaleur extérieure ; l? oxyde qui se fc^rme dans ce cas produit des végétations semblables à des ohoux-fleiirs. Quelquefois même ce mélange dqxjdes s'échauffe à un tel point, qu'il se volatilise en griinde partie. C'est lui qui fait la base de l'émail ordinaire et de l'émail des poêles blancs ^'appartement, ig parties de plomb et 119 pap'ûes d'étain donnent ua alliage très-4iisible, avec lequel on fait ce qu'on iippelle les brillants de Fahlun : on réunit quelques tubes de verre, qui, soudés chacun ik l'une de i^urs extrémités , ont été taillés en manière de brillants ei bien polis; puis on en forme la figure de brillants as* aeniblés, que Ton veut {roitcir; ensuite on fait fondre le mélange^, et qmmd il est asse» refroidi pour qu'il en reste un peu d'adhérent à un mprceau dp verre qu'cui j enfonce, on oounie bien la surface avec uae carte, et on plonge les tubes taillés dans le méinl Um« pîde, dont une coudie minoese solidifie sur le v^re^ cette couolie se détache facilement après le refroidissement , et ressemble sàotê à iip assemblage de pierres taillées en relief. Si Ion encadre une grande lentille dans un di§que de liège , et qu'on la plonge de même dans le métal bien écume, on obtient ^n u)iroir ardenf;^ dont la distapce focale est moitié de celle de la ijentille. Je me suis souvent prpouré d'excellents n^iroirs ardents, en plongeant dans œt alliage de grandes cornues , à l'aide desqueUeç j'obtenais un segment de 30 degrés. Ces nijroirs ont besoin d'y étce plongés glu«- »eturs fois de suite pour acquérir 1 épaisseur convenable , ^il faut «9 garantir le cété ppstérieur avec du plâtre. I^ côté poli se pon- MTVjS très-bien à l'air» lorsqu'on le garantit de la poussière; niais an ne p^t point y toucher ni le nettoyer, sens qu'il se ray# et perde ^on poli. Un mélaage d^ifne partie iie plomb, d'une d'étain et Aà dfiui. de bisipuLli , ou de huit parties dm bisuuith , de cinq de pkunb et de trois dVtain, est si fusible, qu'il fond dans l'eau bouillant. ftoivapt Ermaa fils, l'alliage, fait dans Içs premières propilEtipnSy change de volume par la cbaleuf, d'une manière SrèMingalière* Si Vop suppose son volume à zéro égal 100, il migmeote f ég}}lièrem<tnt jusqu'à + 44 degrés , température à la^ «fiiftUe il est de ioo33; fi on le chauffe davantage, il se condense jusqua ce que, entre + Sj et + 58 degrés, il ait repris le même

Sqö alliages de plomb.

volume (]u*à zéro; il continue à se condenser jusqu a 68,8 degrés, où son volume est = 99,389; à partir de ce point, il recommence à se dilater; de sorte cju a -4- 87,6 degrés il atteint pour la troisième fois le même volume qu'à 00. Ah- 93,7 5 il entre en fusion, et son volume est alors de 100,86. — L*alliage fait dans la dernière des deux proportions précipitées, a été découvert par Newton ; de là le nom d'alliage fusible de Newton, qu'on lui a donné. Si on le plonge rapidement dans de l'eau froide, qu'on l'en retire de suite et qu'on le prenne dans la main, il redevient assez chaud, au bout de quelques instants, pour brûler les doigts. Cette action doit, d'après }Farrington^ être attribuée à une disposition cristalline des particules. Si on laisse le mélange refroidir brusquement, et qu'on le divise aussitôt après le refroidissement, on voit qu'il a une cassure lisse, brillante, presque vitreuse. Mais, après avoir présenté le phénomène de calorification, la cassure est mate et grenue. Le dégagement de chaleur est ensuite produit par une sorte de cristallisation. Suivant Warrington^ la température s'élève environ de 38° au-dessus de celle que le métal ayait au conir mencement de l'application de la chaleur. Si l'on ajoute à la masse un seizième de son poids de mercure, elle devient encore plus fusible. On en fait des cuillers à thé, qui se ramollissent et fondent quand on les plonge dans une infusion de thé bien chaude. Pour étamer avec cet alliage l'intérieur des tubes de verre, on place un bout du tube dans l'alliage fondu, on aspire par l'autre bout pour y fàdre monter l'alliage , et on le laisse sortir de suite; il reste alors sur la paroi interne du tube une mince pellicule miroitante. J'ai déjà dit , en parlant de l'étain , qu'un alliage semblable sert à étamer les globes de verre. On obtient un alliage qui se solidifie à +60 degrés , mais qui , d'après Goebel^ est encore parfaitement liquide à +75 degrés, en faisant fondre, dans un creuset, 17,7 parties d'éuin, 3i parties de plomb et 49,7 parties de bismuth, et délayant dans ce mélange encore liquide 10,1 3 parties de mercure préalablement chauffé. Goebel croit que ce mélange peut servir avec avantage à injecter certaines préparations anatomiques. />oebereiner a remarqué qu'en faisant un mélange de 1 18 parties de râpure d'étain, 201 de planure de plomb, a84 de bismuth réduit en poudre fine, 1616 de mercure à + 18 degrés, la température s'abaisse de +18 — à 10 degrés, par la disscdution des ; taux solides.

CAOMTTTBT. 597

' Tout' le monde connaît les usages du plomb pouK^couvrir les toits des édifices, pour faire des réservoirs, des tuyaux^^ conduite,'des ustensiles propres à faire bouillir certains liquides/ etc. Dans Tart'de la teinture, on se sert de l'acétate plombique pour préparer les acétates alurainique et ferrique, qui sont des mordants d'un usage très-étendù. En médecine, on emploie les sels plbmbiques à Texterieür et à l'intérieur. Pris intérieurement, ils agissent comme substances astringentes. On n'administre guèrc^que l'acétate, et on le donne dans des hémorragies^ ainsi que* dans les accidents hectiques. L'usage longtemps prolongé de ce sel développe . des affections scorbutiques. Prises à fortes doses , les préparations de plomb produisent une espèce de constipation, de paralysie des intestins et d'affreuses douleurs d'en* traiUes, symptômes dont l'ensemble est désigné sous le nom de colique de plotnb. Les ouvriers qui travaillent dans les manufactures de céruse et de sucre de plomb sont exposés à cette maladie, quand ils travaillent sans que leurs mains soient garnies de gants; et chez eux elle est d'autant plus dangereuse qu'elle se développe d'une manière lente : aussi produit-elle alors des douleurs plus fortes, qui résistent avec une grande opiniâtreté aux secours de la médecine; souvent les bras et les jambes sont frappés de paralysie, et la maladie devient incurable.

i3. Cadmium.

' Ce métal a été découvert au ^commencement de Tannée 1818. L'année précédente, la fabrique de produits chimiques, à Schönebeck , avait fourni à plusieurs pharmaciens allemands un oxyde zincique impur, qu'on avait obtenu en Silésie en procédant à la réduction du zinc , et que l'on avait débarrassé par la lévigation des impuretés qui pouvaient s'y trouver à l'état de simple mélange. Cet oxyde zincique fut rejeté en plusieurs endroits par les médc" eins , parce qu'on trouva qu'après l'avoir dissous dans un acide, il donnait , avec le sulfide hydrique, un précipité jaune , que l'on supposa provenir de la présence de l'arsenic. Ces observations furent faites sur différents joints, de manière que plusieurs personnes, éloignées les unes des autres, se trouvèrent conduites à analyser en même temps l'oxyde en question , et firent simultanément la découverte du nouveau métal. La première notice imprimée, publiée à ce sujet , fut celle que Roloffïn%éT2i dans le ca«

SglS CADMIUM«

hier d'avril tSiS du Jcurnnl médicml dà Hufiiafïd. Peu d« itIBps après 5 fitrmann $ propriétaire de la fabrique de SchBbebeck^ an* non^a qu'il avait trouvé un lilétal nouveau dana Toxyde lineîfue de Siléaie. Là-dessua ^^yiamef er , à ^ui pHnfeipalëment not» sooh mes redevables de oe qtii* nou^ savons sur efe métal \ rappela qoei dès la fin de lannëe i8i^ , il Tavait trouvé dans loxyde «ineiqali impur I et dàiife plusieurs nttnerais lineifères^ et qu'il lui avait donne le nom de eaJémum^ tiré de cäämia fwsili» ^ dénoniination sous laquelle on désig[hait autrefois le tninerai ordinaire de zinei

Oh ne connaît qli'un seul minerai de cadmium , le sulfute^en* core kie se rencontre«*t-il que très-raretneilt. Le ckdmium existé^ surtout en Sil^ie , dans pinsieurk minerais de «nc^ mais touiouÀ en très^'petite quantité ( il eSt fscile de reconnaître sa |irésence sa fnojen d*hn chalumeau; ear, à la prenlière impression du feu de réduction^ les minéraux eadmifères tapissent le èharbon tout Au« tour d'eux d'un cercle jaune rongeàtre d'oxyde cadmique. Pour obtenir le cadmium , ou s'est presque toujours servi jusqu'à présent de loxjde sinciqué impur de Silésie, qui en contient^ auivsnt Hermnfkn^ depuis i | jttsi|u a ii pour cent. Pour extraite le oàd^ niium du minéral qui le renferme , on dissout ce dernier dsiiis F» cide suifuriqtie, un étend deau la dissolution qui doit eontènlr un excès d'acide , et on y fait passer un courant de gas aôlflét hydrique , jusqu à ce qu*il ne se forme plus de précipité jaune. Ce précipité est du sulfuré dé càdhiiuiD. On le dissout dans l'acide chlprhydrique concentré, on chasse l'excès d'acide par révaporation , puis on dissout le sel dans l'eau, et on le précipite par le carbonate animonique. Il faut mettre un excès de ce dernier pour dissoudre le cuivre ou le zinc qui aurait pu être précipité par la gaz sulfide hydrique. On fait rougir le carbonate cadmique ainsi obtenu, on le mêle avec du noir de fumée calciné, et on chauflb le mélange dans une cornue de verre ou de porcelaine ^ jusqu'au rouge obscur; l'oxyde se réduit et le métal distille. Le cadmium, dissous dans Tacide chlorhydrique ou Tacide sulfurique, peut aussi être précipité par une douce digestion avec du aine distillé : le précipité est ensuite lavé et fondu. Mais, de cette manièrei on ne Tob tient guère exempt de zinc. Herapath a fait voir que l'on peut, en fabriquant le zinc, obtenir facilement du ctfdmium à l'aide d'une disposition convenable. Quand, après avoir réduit le »de, on le distille /7i?r doscenMum^ comme je le dirai plus bas, les pN-

mières pottions du pLz métiilUque qül se dëgage pretitifttit feu , si le tube est ouvert ^ et brûlent avec une flaittttie bliine. EH Ah- ^iMBTte, les ouTiier« ont i'habitudé Ü6 le laisser brûler jusqu'à ûé que k flamme devieiiiie blaiicJn^, époque à laquelle ils ajoutent an tube une allonge par laquelle les tapeurs de «inc sont cotidtiites dtins de leau. La flattttné brune provîeiit dû cadmium qui M réduit et se volatilise le premier, et Tbn peut réeuëillir i'ènduit brun d oiyde qui réi^ttlt« de la eonibuâtion , ôii , eë ^1 vaut encore mieux , condenser à part la portiofi d« inétàl ({tit distille ta première, la dissoudre ensuite dans Tacide sutflitique, H la purifier par là méthode qui fient d'être indiquée. Eh Sllésié, du 6i>tiént d'une manière analogue le eadmium pendant l'etploitlitibn du zinc, et on le verse dans le commercé.

Le cadmium a la couleur de l'étuiu ; il est brillant, et Susceptible d'un beau poli. Sa cassure est fibreuse ; il criatallise facile« ment en octAèdreu réguliers, et, en se solidifiant, SA suH'ace se couYte d'arborisations en feuilles de fougère. Il est mou , lactle à ployer, à limer et à couper, et tache, comme le plomb, les corps qui le touchent \ il est plus dur et a plus de ténacité que Tétain. Lorsqu'on le ploie ^ il fait entendre un cri comme Tétain. Il est très-ductile, et l'on parvient disémi*nt à le tirer en fils et à le ré* duire^ par le marteau ^ en feuilles très-mino^ft, sans qu'il se fendille sur les bords I cependant laction prolongée dû marteau j produit de petite« fiâêurès. tierapatk indique comme un signe de la pureté du cadmium, de pouvoir être coupé avec des tenailles incisives , sans que la partie moyenne se brise; si elle se rompt, le métal contient du zinc. Son poids spécifique, à Tétat fondu, est de 8,6d4 à + 169S degrés^ et de 8,6944 quand il a été martelé. Sa chaleur spécifique est, d'après Regnaufi^ =10^05669; ^^près Dulong et Petite =1= 0,0576.

11 est très-fusible, et se liquéfie bien au<lessous du rouge. A une température qui partit dépasser de peu le point d'ébullitiun du mercure , il bout et distille sous forme de gouttes. Les vapeurs dé cadmium n'ont point d'odeur particulière.

De même que l'étain , il n'éprouve aucune altération à l'air, et M n'est qu'au bout de quelque temps qu'il se courre d'une pelli«cule grisâtre, d'Un aspect demi-métallique. Si on le chauffe à l'air libre , il s'enflimme fecilement ^ et brûle en répandaUt une fumée

600 OXTDE C4DM1Q0F..

jaune bninAtre, et déposant un enduit jaune sur le» corps enTÎronnanls. Gerte fumée n'a point d odeur particulière.

Le cadmium est du nombre des métaux qui se dissolvent dans les acides, avec dégagement de gaz hydrogène; cependant cela n arrive qu'avec les acides puissants, et à laide de la chaleur. Les dissolutions sont incolores. D'après HerapcUh y le Chromate potassique ne les trouble pas ; et quand ce sel y fait naître un précipité, c est une preuve quelles contiennent du zinc ou du plomb.

L atome du cadmium , =Cd, pèse 696,767.

Oxydes de cadmium. On ne connaît de ce métal que deux degrés d'oxydation, dont le plus élevé fut découvert par Strome/er. L'oxyde inférieur ne fut découvert qu'en i836, par Marchand,

1. Lesousoxrde de cadmium s'obtient lorsqu'on chauffe Toxalate cadmique dans une cornue, entre + 3ao^ et 4-35o^. La décomposition s'effectue exactement d'une manière analogue à celle qui a été mentionnée à l'occasion du sousoxyde de plomb. Le sousoxyde de cadmium qui reste dans la cornue est vert, et ressemble, en couleur, à l'oxyde chromique. Chauffé en un point, il s'enflamme et bnMe comme de l'amadou; mais la partie qui n'est pas en contact avec l'air se décompose, par la chaleur qui se développe, en un mélange compacte d'oxyde cadmique et de petits globules métalliques; ce mélange ne brûle plus. Les acides étendus le décomposent immédiatement en oxyde qui se dissout, et en métal qui se dissout ensuite lentement, avec dégagement de gaz hydrogène.

D'après Marchand , le sousoxyde de cadmium se compose de :

Centiènet. AtooM.

Cadmium 93,3o4 21

Oxygène 6,696 i

Poids atomique, = i493,534; formule, =^0 ou Ctd.On ignore

s'il possède les propriétés d'une base, salifiable.

2. Oxyde cadmique. On l'obtient par la combustion du métal, ou bien en précipitant une dissolution d'oxyde cadmique par uncar^ bonate alcalin, lavant et calcinant le précipité, La couleur de l'oxyde cadmique varie suivant son état d'agrégation ; elle est d'un jaune rougeâtre foncé, d'un brun clair, d'un brun foncé, ou même noire. Son poids spéciflque est de 8,1 83, d'après Herapath. H n'est point fusible, et ne se volatilise pas à une très-haute tem-

. SULFÜRK CAOMIQflR. 6oi

perature : mais quand on le mêle avec du charbon en poudre, il parait se volatiliser, même à Taide d'une chaleur modérée, à cause de la facilité avec laquelle il se réduit, et parce que le métal volatilisé s'enflamme et reproduit de loxyde, en brûlant à Tair libre. Quand on soumet le cadmium , dans un matras de verre à long col, à une légère ébullition longtemps prolongée , on obtient, daprès Herapath^ de Toxyde cadmique cristallisé en aiguilles purpjurines, opaques, et groupées en forme de rayons. L'oxyde cadmique est insoluble dans l'eau ; mais il forme avec celle-ci un hydrate que l'on obtient en dissolvant l'oxyde dans un acide, et traitant la solution par un alcali caustique. L'Aj«fra^dCâ«&mi^£/^^ est blanc, perd ion eau par l'action de la chaleur, et absorbe de l'acide carbonique quand on le conserve dans des vaisseaux ouverts. Les alcalis caustiques fixes ne le dissolvent pas; mais il est soluble dans l'ammoniaque caustique. L'oxyde cadmique anhydre, sur lequel on verse de l'ammoniaque, devient d'abord blanc, et se dissout ensuite« Si l'on chasse l'ammoniaque par levaporation , l'oxyde se dépose à l'état d'hydrate mucilagineux. Le carbonate ammonique ne le dissdnt pas : aussi se sert-on de ce sel pour débarrasser facilement l'oxyde nadmique de l'oxyde zincique qu'il peut contenir , et qui est par là dissous.

L oxyde cadmique se compose de :

Cadmium 87,45 i

Oxygène i2,55 i

Poids atomique, =1=796,767; formule, =CdOouCd.

Suif tire cadmique. Il se rencontre, comme minéral, près de Bisbopton (Renfrevrshire, en Ecosse), et a recule nom àe grée* nockite. Il est cristallisé en prismes jaune clair, hexagonaux, courts, terminés en pyramides. Son poids spécifique est ^S* On l'obtient artificiellement de diverses manières. En précipitant les dissolutions de cadmium par le gaz sulfide hydrique , on l'obtient sous forme d'un précipité de belle couleur jaune ou rouge de feu, qui ressemble un peu à l'orpiment; il s'en distingue toutefois en ce qu'il ne se rassemble point en flocons , et par la facilité avec laquelle il tombe au fond de la liqueur. Par la voie sèche, on obtient cette combinaison moins facilement en faisant fondre du cadmium avec du soufre, qu'en calcinant un mélange d'oxyde cadmique et de soufre. Le sulfture cadmique est fixe. Il n'entre en fu-

6o^ ALUACKS Dfe CÂtiHtUftr.

don qn*au rouge blanc nai.^sant, et il icmtâliisé, pendant lé réfrifidlsseniënt, eh lartiëft micacées, demi-transpârentes, d*unè IMte ehuleur citrine. Tant qu'il e^t chaud^ sa coulent paraît d*ün roligë cramoisi fonce; hiai^ elle passe au jaune par lé refroidlsftetnetit A froid, il est dissous par lacide chlorhydrique concentré, aTce dégagement de gar sulBde hydrique , sans dép&t dé tfoufhe ; mais l'acide chlorhydHqiië étendu le dissout difficilement, mêfkië à Taidë delà chaleur. Réduit en poudre fine, il donne une couleiti^ rtûigji do feu d'une beauté remtirquable, qui peut devenir d'un grànj prix pour la peinture tant k l'huile qu'à l'aquarelle, et qui doAlkedé très-belles nuances detert quand oii la mêle avec dés couleurs bleuet. Le ftulfhi'e cadihiqüe fte compose de :

Centièmes. A.l0Bief.

Cadmlutü 77)6o * t

Soufre» • . • 3^)4o • t

Poidi Sitomiqué , 2^897, gSa î formule, =:CdS ou Cd.

Phûsphure tk cadfniam. Le phosphore se combine fâbilétnent avec le cadmium ; le phosphure qui en résulte est gris ^ doué d*un Faible éclat métallique , cassant, et très-peu fusible. Chauffé «h vaies ouverts, il brûle avec une flamme phosphorique très-viVe, et se transforme en phosphate cadmique. Il se dissout datis TAtidê chlorhydrique , avec dégagement de ga* phosphure d'hydrogène.

AUiagtÈ de cadmium. Le cadmium s'unit aisément à d'autres métaux, et forme avec eux dés alliages cassants. Quand ou expose ces alliages à une très4iaute température, le cadmium ié volatilise. Us ont été jieu étildiéi.

Lé cidmittffl fbrm«) avec le platiné^ un« cotnbinaia^n tris-peu fusible, d'un blani: argentin \ et cessante. Cent partiëàde platiné retiennent, k la chaleur roug«, li7>3 p« de cadmium. Cet alliage éfe composé de t atome de pUtine et 2 atomes de cadmium, PtCd*.

Le cadmium donne , dVèc le cttl»»r», un alliage blano, tirant un peu sur lé jaune , et cassant. Quelques centièmes dé cadmiilm Suffisent pour rendre le cuivre cassant. Cent parties de cuivre retiennent, à la chaleur rouge, 8i,a ^. dé cadmium, ce qui correspond sensiblement au rapport de i atome de cadmium et a atomes de cuivre, CdCu'. Si Ton chauffe l'alliage jusqu'au point de fusion du euivrè) le cadmium diétille en totalité.

Le cadmium s'unil aisément ku menmr0\ et fohue avw lui un anialgamë d'une belle coulM» bhin^she ar|[éottil«> q«i eritialliie

ziirc» 6o3

m oetaMres. hm emhivit iombetit iu fotitil dii inèfhufer et Ofil { par «^ns^neiit'^ un poids spécifique plus ^rftlid que eilui de ce dernier I ils se liqiiëfienl déjà à -^7S d«g;réSi L'Sfnâlgtfttle àaturé de cadroiudi est fohdé de 11,74 partial de cadmium et dé 78^16 de irieieure^ ce qui corfespoffid à t àibttié àt cadtniuill et 1 àto^^ mes dé inerfenre ^ ssi^QdHg*.

Le eadnfinm n eèt découtèrt que depuis pbU de téthps, et de Se reneoutlre qne pércimonièuSeitient ; il n*à donc guère reçu d'applt cation. 8a nialléabilitë pourrait le fertdfë lltilè datis plusieUi« usages ordidairi^s de la yici Oh a cbMthMdé à se Sërtif en mëde« eine du sulfate cadmique^ cofaituè retuèdè liöntre 1^ ttislUx d*yèui; mais il n'est pas bien décidé Si l'on dtfit le |)référer adx sels tin* eiques, par lesquels on te remplacé souvent dànâ l6il dirconàtaUfeél où Ton prescrit des dUsoltitiotiJ de isadniftttn.

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