‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 4)Chapitre 11 sur 91 · VI. l · texte numérisé non relu

VI. l

^4^ AMlUtOLINE.

Ammolinb (i).

Cette base fut découverte par Unverdorben^ en même temps que les deux précédentes. Son nom dérive de ammoniaque et oleum. On Textrait de l'huile de Dippel brute. Voici le mode d'extraction indiqué par Uniferdorhen : On mêle Thuile de Dippel non rectifiée avec de l'acide sulfurique étendu, jusqu'à ce qu'il n*y ait plus d'effervescence; on y ajoute ensuite une fois autant d'acide^ et on fait digérer le mélange pendant quelques heures, en l'agitant souvent. Après que le liquide aqueux acide et Thuile se sont séparés y on déverse le premier, et on lave Thuile avec de Peau , qu'on .ajoute au premier liquide; celui-ci contient alors des sursels olanique , animique et odorique , ainsi que l'ammoline , saturée d'huile empyreumatique. On cherche à séparer cette huile en faisant bouillir la liqueur pendant trois heures dans un vase ouvert, et remplaçant l'eau à mesure qu'elle se vaporise. Dans cette opération , une partie de l'huile se volatilise , et une autre se sépare sous forme d'une résine empyreumatique brune. La liqueur devenue brune , on la mêle avec ^ d'acide nitrique , et on Vévapore jusqu à un quart de résidu. On l'étend ensuite de manière à lui rendre son premier volume; et après l'avoir presque complètement saturée de carbonate sodique, on la distille jusqu'à ce que le produit de la distillation n exhale plus d'odeur d'odorine ni d'animine (a). Ce qui reste dans la cornue est un mélange de sulfate ammoniacal et de sulfate ammolique. Après la décantation , on sature Tacide sulfurique complètement par du carbonate sodique, et on évapore la liqueur : il se dégage du carbonate ammoniacal , en même temps qu'il se sépare ime huile brune. On distille ensuite cette huile avec précaution : ce qui passe est de l'ammoline , souillée d'une huile empyreumatique sentant le raifort, d'un peu d ammoniaque, etc.; il reste de la fuseine dans la cornue. On fait bouillir le produit de la distillation avec l'eau , qui dissout en partie l'huile empyreumatique (qui est soluble dans 20 parties d'eau) y tandis quune ftutre

(z) Toyex la note d« la page a 39.

(a) On salure le liquide distillé par un excès d'acide sulfurique, on Tévapore, et on le sépare par la dislillation avec de la chaui. Dans tout ce procédé . Unverdorben n*a pu dit ce qn'est devenu Tolanitte«

FÜSCINE. 243

partie est entraînée avec l'ammoniaque et d*autres substances étrangères. L'ammoline qui reste, après FébuUition avec Veau , est un corps incolore, oléagineux, qui tombe au fond de Teau, et bleuit fortement le papier de tournesol rougi. L'ammoline est si peu volatile que, pendant rébuUition avec Feau , elle se sublime à peine. EUe se dissout dans 4o parties d*eau bouillante et dans aoo parties d'eau froide; on peut évaporer cette solution au point qu'il ne reste que Tammoline. Elle se dissout, en toutes proportions, dans l'alcool et dans 1 ether. Elle est détruite par le chlore; il se produit, outre le chlorure ammolique, de Tanimine, de la fuscine, et une substance eitractiforme. L'ammoline a une grande affinité pour les matières extractiformes et les résines. C'est la plus forte des bases qui viennent d'être indiquées; A' la température de l'étmllition , eUe déplacé l'ammoniaque dès sels ammoniacaux, ce qui tient sans doute au degré différent de volatilité de ces bases ; mais un excès d'ammoniaque ne précipite des sels aninioliques qu'une petite quantité d'anftnoUhe. Ses sels sont oléagineux, insolubles dans Té« ther, et solubles en toutes proportions dans leau et TalcQol. Les. sels à acides trés-décomposâblés , tels que le sulfate et le nitrate ammolique^, sont en partie décomposés parla distillation, et donnent, mêlés de produits de décomposition , de l'ammoline libre! Les acétate et chlorure peuvent être distillés presque sans altération. Avec l'acide succinique etTacide benzoïque, l'ammoline donne des sels huileux, qtte' n'abandonnent pas les bases par la chaleur. On n'a pas étudié les sels doubles.

FusciNB (1).

La fuscine fut découverte et décrite, en 1826, par Un^ferdorben. Son nom vient dt/uscus, brun sale. C'est évidemment un produit de transformation des bases précédentes. Elle ressemble tellement à Yapocordne, produit de transformation de la conéine, qu'on peut avec raison en soupçonner l'identité.

On la retire de l'huile brute des os distillés. A cet effet, on la mêle avec | de son poids d'hydrate potassique et 6 parties d'eau, et on distille le mélange jusqu'à ce qu'il ne passe plus rien des bases précédentes. On arrête ensuite la distillation« Ü reste dans la

(t) Toy« la nota de la page ^39.

u44 FUSCIXUE.

cornue une solution aqueuse de potasse, unie en partie à de lacide carbonique; il y surnage un corps poisseux, qu'on enlève, et quon dépouille de toute trace de potasse par le lavage à Teau. C'est un mélange de fuscine avec des matières semblables à de la poix. On le traite par de l'acide acétique , qui dissout la fuscine ; on étend le mélange d'eau , on [filtre , et on précipite la fuscine par du carbonate sodique. En traitant ce précipité par de Talcool anhydre, on dissout la fuscine. Par l'évaporation de l'alcool, on l'obtient sous forme d'une masse blanche, fendillée. Elle est insoluble dans l'eau; les acides la dissolvent, et ces solutions laissent, après l'évaporation, des masses brunes, fendillées, qui se dissolvent dans l'eau ainsi que dans l'alcool hydraté , et né s'altè* rentpas à l'air, à l'état de siccité. Les acides succinique et benzoïque font une exception à cet égard ; car leurs combinaisons sont insolubles dans l'eau. En mêlant une solution de fuscine avec un alcali, cette dernière se précipite; lavée et desséchée, elle offre l'aspect d'une poudre brune, qui ne fond pas par la chaleur, mais se charbonne en exhalant une odeur de corne brûlée. Tant à l'état sec qu'en dissolution dans les acides j la fuscine s'oxyde peu à peu en devenant rouge; les solutions renferment alors la même substance que l'alcool laisse insoluble, pendant qu'il dissout la fuscine. Mais ce n'est là qu'un passage intermédiaire, et bientôt l'altération s'étend tellement, qu'il se produit une matière brune, pulvérulente, insoluble dans tous les véhicules. La fuscine, le produit rouge intermédiaire et la substance insoluble prennent naissance pendant que l'huile de Dippel rectifiée noircit à l'air.

Basbs organiques dans lesquelles l'ammoniaque est gopuléb avec c" h* ou avec des combinaisons de ce radical.

Nous allons grouper ici plusieurs alcaloïdes artificiels , remarquables par le rapport dans lequel s'y trouvent les copules. Cellesci sont constituées par C'*H% C^H^ + Cl, C"H^-f-&r, et

C" H*' O 4- N , c'est-à-dire par le radical C" H* , par son chlorure , bromure, et son oxyde uni à de l'acide nitreux. Nous appellerons ce radical ou copule C H^ nilanyl , et sa combinaison ammoniacale mlanine\ de là, pour les autres bases, les noms de chlomi' lamncy brommlarUne et nitronilanine* Le nom de nilanine est une

NlLàJXINK. 245

transposition de celui d*aniline, fondé sur cette circonstance, qu'on peut regarder la chlomilanine comme de Faniline dans laquelle I équivalent d'hydrogène est échangé contre i équivalent de chlore.

A. NiLANINE (l).

La nilanine fut découverte, en i845, par Zinin^ qui l'appela benzidine* Cette base se produit par l'action du sulfide hydrique sur un corps qui sera décrit plus bas sous le nom de nitrobenzide. Ce corps se compose de C'* H"" N' , dont la formule rationnelle peut être représentée, soit par C" H^ + N H' =: nilanylamide, soit par C" H'** 4- N 5 = combinaison, du radical C" H'JJ avec i équivalent de nitrogène, genre de composés dont il y a plusieurs exemples. En admettant la formule hypothétique C^'H^ + NH*, on n'a qu'à y ajouter i équivalent d'hydrogène pour avoir la formule de la nilanine : N H' + C" H^

Pour préparer la nilanine, on dissout, d'après Zinin, la nitrobenzide dans de l'alcool anhydre saturé de gaz ammoniac sec. On obtient ainsi une liqueur rouge orange , dans laquelle on fait arriver du gaz sulfide hydrique , jusqu'à ce que la couleur soit devenue jaune : il se dépose des cristaux jaunes , qu'on redissout en chauffant la liqueur jusqu'à lebullition. Pendant cette opération, il se précipite beaucoup de soufre pulvérulent , la couleur brune disparaît, et la liqueur finit par devenir d'un jaune rougeàtre pâle. Après avoir séparé le dépôt de soufre à l'aide du filtre , la liqueur dépose, par le refroidissement, des lamelles cristallines blanc jaunâtre, d'un éclat argentin. Ces cristaux, vus au microscope, renferment des mélanges fortement colorés ; et ils prennent aussi une couleur plus foncée par l'effet de la conservation. On les dissout dans l'alcool bouillant, et on mêle la solution encore chaude avec de l'acide sulfurique étendu : il se précipite du sulfate nilanique.

C'est un précipité blanc, presque insoluble dans l'eau et dans l'alcool; on le lave avec de Tesprit-de-vin. Après le lavage, on le dissout dans une solution étendue bouillante d'ammoniaque caus-

(1) Voyez : Sur Cazo&enziae, par Ziniii. (Btillelin de rAcadémie de Sainl-Pétenlmurg; rinsfitut, n° 665, p. 3a8.)

(^ote tin traducteur,)

246 CHLORURE PI^àXINICO-lflLANlQUE.

tique : la nilanine se dépose, par le refiroidiasementi aous .forme de paillettes blanches, d*un éclat soyeux*

La nilanine est inodore ; en solution concentrée , elle a une saveur brûlante rappelant celle du poivre. Elle ne s altère pas à 1 ur, pas même à 4- ioo° , bien qu a celte température elle perde son éclat. A + loo", elle fond en un liquide presque incolore qui, à + iQO^, se prend en une masse blanche cristalline, d'une teinte brunâtre. A une température plus élevée , elle se décompose partiellement en prenant une couleur plus foncée : il passe , à la dis» tillation, de la nilanine brunie par des produits empyreumatiques, et il reste du charbon dans la cornue. Elle est un peu soluble dans Teau froide, se dissout beaucoup plus dans Teau bouillante , et se prend en masse par le refroidissement. Elle est beaucoup plus loluble dans l'alcool, et très-soluble dans l'éther. Elle forme , avec les acides, des sels cristallisnbles, d'où elle est précipitée par les alcalis tant caustiques que carbonates.

D'après une analyse de Zinin , la nilanine se compose de :

Atomes. Centièmes,

Carbone la 789392

Hydrogène • 12 6,5o4 Àmmoniaq. 1 8,4^6

Nitrogène 2 i5,2o4 Copule,... 8i,544

Poids atomique : = 1 1 5 1. Formule : N ff + C" H* = nil Ak.

Les sels nilcuiiques sont incolores. Quelques-uns d'entre eux sont presque insolubles.

Le chlorure niianiquCf nil Am Gl ^ s'obtient en saturant l'acide chlorhydrique par de la nilanine. Il cristallise en lames minces rhomboidales , d'un éclat argentin , inaltérables à l'air. Il se dissout dans l'eau, encore plus facilement dans l'alcool^ et il est presque insoluble dans l'éther. Il verdit au contact de l'éther, s'il y a de l'acide chlorhydrique libre ; il perd sa forme cristalline et se décompose. Il supporte 4- 100° sans s'altérer.

Le chlorure platimco^nilanique s'obtient par le mélange des chlorures platinique et nilanique. C'est une' poudre cristalline , jaune, brillante, très-peu soluble dans l'eau , et ayant pour composition : nil Am Cl -f- Pt €1*. Il se décompose facilement par Tébulliiion,- il est insoluble dans l'alcool et dans l'éther; chaufTé dans ce dernier, il se convertit eu une poudre violet foncé.

Le chlorure mercurieo-nilanique est très-soluble dans Teau et dans l'alcool; il cristalÜAe en lamelles brillantes ou aplaties.

Sulfate nilamque, näkm S. Il est insoluble dans Teau bouillante et danslalcool, ce qui procure le moyen de puriûer la nilanine. Il estsoluble dans Vaoide «ulfurique concentré , et se dépose en une masse cristalline ndiée , à mesure que Tacide absorbe Thu-« midité de l'air. Quand on y ajoute un peu d'eau et qu on cbauffa la masse de manière à la redissoudre, le sel cristallise par le refroidissement.

Nitrate nilanique , nil Am N. II cristallise en tables rectangulaires. Il ne supporte pas l'action de lacide nitrique libre.

Phosphate nilamque. Il est aussi peu soluble que le sulfate : il se dépose , suivant le degré de dilution de la liqueur , en écailles fines ou en poudre cristalline.

Oxalate nilanique. C'e^t un sel peu soluble , qu'on obtient cris« tallisé en faisceaux de fines aiguilles. Il est très-peu soluble dans l'eau ainsi que dans l'alcool.

Le tartrate nilanique est assez soluble dans l'eau , et cristallise en grosses tables blanches.

Vacétate nilanique cristallise. en faisceaux d'aiguilles, assez solubles dans l'eau et dans l'alcool.

Le benzoate nilanique cristallise en faisceaux d'aiguilles ; il est beaucoup plus soluble que l'acide et la base séparément.

Les transformations de la nilanine ont été peu étudiées. Quand on fait arriver du chlore dans la solution d'un sel nilanique, la liqueur se colore pour un moment, d'abord en bleu foncé, puis en rouge brun , pendant qu'il se dépose abondamment une poudre rouge cinabre, qui est insoluble dans l'eau et se dissout dans l'alcool. Quand on fait fondre le nitrate nilanique avec de l'acide nitrique en excès, la nilanine se change en un corps rouge bnin^ qui se sépare. La liqueur surnageante devient rouge sanguin par une addition d'ammoniaque, et elle sépare une plus grande quantité du corps brun quand on la sature par un alcali.

à48 CULORIflLANINE.

B. Chiorniianine (chloramline) (i).

Cette base fut découverte, en i845 , par Hoßnanny qui Tappela chloraniline. Il l'obtint en traitant la chlorisatine , produit de transformation de l'indigo (dont il sera question plus bas), par une solution saturée d'hydrate potassique, y ajoutant des morceaux d'hydrate potassique solides, et soumettant la masse à la distillation. Les vapeurs d'eau entraînent un corps oléagineux, qui cristallise dans le récipient. Dès que le mélange, dans la cornue , commence à être concentré, on y ajoute environ une fois autant d'eau qu'il en a passé , et on continue la distillation jusqu'à ce qu'on n'obtienne plus de trace de ce corps oléagineux cristallin. Si l'on pousse la distillation jusqu'à dessiccation de la potasse , il s'y mêlera une huile empyreumatique. Le produit de distillation cristallin, c'est la chlornilanine. On l'obtient facilement pur en le lavant avec de l'eau , dans laquelle il est presque insoluble, et le dissolvant ensuite dans de l'alcool bouillant : il cristallise, parle refroidissement, en octaèdres réguliers. Par l'évaporation spontanée de l'eau mère, on s'en procure une plus grande quantité encore , et quelquefois en cristaux assez gros. Au reste, il cristallise, jusqu'à la dernière goutte, en octaèdres réguliers.

La chlornilanine est une base salifiable, d'une odeur agréable vineuse , et d'une saveur aromatique brûlante. Elle fond à + 64^ en une huile pesante , un peu jaunâtre , qui a son point de solidification à + 57^ Si le refroidissement est lent , elle cristallise en gros octaèdres. Elle bout au-dessus de + 200**; mais elle ne se volatilise pas sans subir une décomposition partielle , avec commencement de sublimation d'un corps amorphe bleuâtre. Elle est facilement entraînée par les vapeurs d'alcool et d'eau; on ne peut donc pas évaporer une solution alcoolique à la température de l'ébullition, sans qu'il n'y ait perte ; et les cristaux produisent une fumée blanche , quand on en approche une tige de verre trempée dans l'acide chlorhydrique. La vapeur de chlornilanine brûle avec une flamme fuligineuse, éclairante, entourée d'un bord vert.

(i) Voyei; Recherdies sur la cfdoraniline, par Hofmann. (Annales de chimie et de physique, 3« série, t. XVI, p, a83.)

(Note du traducteur,)

CHLORURE GULORNlLAiriQU£. a 49

La chlornilanine est plus pesante que leau ; elle n*exerce pas de réaction alcaline sur le papier de curcuma et de teinture de tournesol rougi; mais elle verdit iaiblement le papier de dahlia.

Dans Teau froide, elle est à peu près insoluble. Par Tagitation avec l'eau bouillante , on obtient une solution qui se trouble par le refroidissement, et qui dépose à la fin de petits octaèdres à arêtes aiguës. Elle se dissout plus facilement dans l'alcool, même dans l'esprit de bois, dans lacétone, le sulfide carbonique, l'éther, les huiles grasses et volatiles.

D après une analyse de Hof mann ^ la chlornilanine se compose de :

Atomes. Centièmes.

Carbone 12 56,5^9

Hydrogène 12 Aß9^

Nitrogène 2 10,978 Ammoniaq. 1 3,324

Oxygène 2 ^7>797 Copule. . . . 86,676

Poids atomique : 1594,66. Formule : NH» 4- C» H^ €1 = €lm7Ak.

Les sels chlomilaniques ont, en général, une grande tendance à cristalliser. La plupart se déposent sous forme de bouillie cristalline, quand on ajoute un acide à une solution alcoolique de chlornilanine. On les purifie parfaitement en faisant cristalliser de nouveau dans de Teau ou de Talcool bouillants. Us sont incolores; les gros cristaux ont quelquefois une teinte jaunâtre. La chlornilanine, étant une base faible, rougit le papier de tournesol, comme le font les sels terreux et métalliques. En traitant ses dissolutions salines par les alcalis caustiques ou carbonates, on la précipite à l'état d'un coagulum cristallin. En employant les carbonates alcalins, l'acide carbonique se dégage à l'état de gaz, parce qu'il ne se combine pas avec la base. L'ammoniaque précipite aussi la chlornilanine de ses dissolutions ; mais en la chauffant avec le sel ammoniac, on obtient, à Tétatcle sublimé, le chlorure chlornilanique, tandis que l'ammoniaque est expulsée.

Chlorure chlornilanique^ GX nîl Am €1. On l'obtient en dissolvant la base solide jusqu'à saturation dans Facide chlorhydrique bouillant. Le sel forme, par le refroidissement, de gros cristaux incolores, 'appartenant au système bi- et uni-axuel. Par l'évaporation spontu-

a5o iriTRÜTE CHtOBVlLAIflQUC.

née , on obtient des cmtaux plus gros et plus réguliers, Hofmann a dessiné la forme des cristaux et mesuré les angles. Ce sel devient blanc et opaque par la chaleur. On ne sait rien sur la quantité deau quil renferme. Chauffé avec précaution , on peut le sublimer comme le sel ammoniac« A une chaleur brusque, il se décompose avec dégagement d'une fumée bleu violet.

Chlorure êtannoso^chlornilanique. On lobtient en mêlant en« semble les chlorures stanneux et chlornilanique. Le mélange, d'abord liquide, se prend ensuite en une masse cristalline d*un éclat argentin.

Chlorure mercurico^chlornilanique. Lorsqu'on traite une solution alcoolique de chlornilanique par une solution bouillante de chlorure mercurique , la liqueur se trouble au bout de quelques minutes, et finit par se prendre en une bouillie de cristaux aciculaires.

Chlorure platinico-chlornilanique , €1 «//Am Cl + Pt €1*. On Tobtient en mêlant la solution de chlorure chlornilanique avec du chlorure platinique : il se précipite sous forme d*un sel floconneux, jaune orange, susceptible d*être lavé à Teau froide. Il est soluble dans Teau bouillante, ainsi que dans Talcool et dans un mélange d'éther et d'alcool. Une solution aqueuse, évaporée dans le dessiccateur, dépose le sel en mamelons arrondis, sans facettes. Il renferme 29,46 pour cent de platine : le calcul donne 2^,34

pour cent.

• ••• Sulfate chlornilanique^ G\ nil Am S. Il se précipite sous forme

d'une masse cristalline, lorsqu'on verse goutte à goutte de l'acide sulfurique faiblement étendu d eau , dans une solution alcoolique de chlornilanine. Dissous dans de Teau bouillante, il cristallise, par refroidissement, en lames irrégulières, ayant une teinte violette. Dans l'alcool bouillant, où il est moins soluble, il donne, par l'évaporation dans le dessiccateur, des cristaux non réguliers. Il se décompose par la chaleur, en dégageant de la chlornilanine et de l'acide sulfureux ; il reste un résidu noir«

En faisant bouillir une solution de sulfate cuivrique avec de la chlornilanine, il se produit un précipité cristallin, couleur de bronze, qui est ou du sulfate cuprico^chlornilanique^ ou du sulfate cuproso^hlornilanique.

Le nitrate chlornilanique s'obtient , en dissolvant la base dans de l'acide nitrique étendu : il cristallise, par le refroidissement, en

ACIPJi: JVIXiilQUf:. aSl

grandes lames, ayant une teinte rougefttre. 11 est asseye soluble dans l'eau et dans l'alcool. Par la chaleur, il fond et devient plus foncé. Le résidu se dissout dans Talcool ; la solution est d'un bleu violet magnifique, et dépose une partie du sel non altéré.

Le phosphate ehlornilanique se dépose en cristaux lamellaires, quand on verse goutte à goutte une solution d*acide phosphorique dans une solution alcoolique de la baset U est asse» soluble dans l'alcool aussi bien que dans l'eau.

Bioxalate ehlornilanique^ G\ nil Am ô + H ë' + H. Il se produit, quand on dissout de la chlornilanine dans une solution chaude d'acide oxalique. Il se dépose, par le refroidissement, en un tissu de longues aiguilles striées , semblables aux cristaux de nitre. 11 a une saveur légèrement sucrée, quoique brûlante ; il se dissout dans l'eau froide et dans l'alcool. La solution se colore à l'air, et dépose peu à peu une poudre rouge. On n'a pas pu obtenir de sel neutre.

Transformations de la chlornilanine, i. Action des corps halogènes. Le cA/or« la change en acide chlorphanolique (décrit à la fin du tome Y) et en trichloraniline ; le brome la convertit en une combinaison de trichloraniline et de tribromaniline. Il en sera question à Farticle Indigo,

2. Action des acides, a. Vacide nitrique décompose la chlornilanine de manière à donner finalement naissance à un corps qui ressemble à Tacide picronitrique. Mais il se forme auparavant un produit intermédiaire, semblable à une résine. 1\ est à remarquer que, dans cette action, le chlore ne se dégage pas à l'état de liberté, ni sous forme d*acide chlorhydrique , mais se conserve à l'état de chlorure d'un radical composé qui sert de copule aux nouveaux produits. Quoi qu'il en soit, il faudrait encore mieux approfondir l'action de Tacîde nitrique sur la chlornilanine.

b. Par l'action combinée de Vacide chlorhydrique et du chlorate potassique sur la chlornilanine, la liqueur devient d'abord violette, puis incolore, pendant qu'il se dépose un corps cristallin qui, dissous dans de l'alcool bouillant, se dépose en paillettes dorées ; c'est Yoxychlorure oxalique (chloraniline). En arrêtant l'opération avant que la couleur ait disparu, on obtient la chlornilanine, mêlée d*un corps brun visqueux, soluble dans l'éther. Séparé et

a52 BROMBriLANmii.

soumis à la distillation sèche, il donne un produit oléagineux , qui est Tacide chlorophanolique de Laurent,

3. Action des sels fer riques. La chlornilanine réduit les sels ferriques : la liqueur devient verte. En faisant bouillir le mélange, il -se sépare un corps violet foncé, soluble dans l'alcool.

4. Action du potassium. La chlornilanine en vapeur, mise en contact avec du potassium chauffé, s'enflamme, et se réduit, par la combustion, en chlorure et cyanure potassiques, mêlés d*un excès de charbon.

5. Action de la chaux à une température élevée. Quand on fait passer de la chlornilanine en vapeur sur de la chaux caustique chauffée, elle se décompose : une moitié se transforme en aniline = C" H'* N*, tandis que le chlorure se porte sur la chaux pour former du chlorure calcique ; lautre moitié développe de l'eau et de l'ammoniaque : la chaux qui reste est mêlée de charbon. Suivant Hof mann , 2 atomes de chlornilanine donnent naissance à I atome d'aniline, 2 atomes de chlorure calcique, 2 ato-' mes d'eau, i équivalent d'ammoniaque et 12 atomes de charbon, qui , à une température plus élevée , exercent probablement une action décomposante sur l'eau et l'ammoniaque.

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