‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 4)Chapitre 12 sur 91 · C. Bromnilaihine · texte numérisé non relu

C. Bromnilaihine

Cette base fut découverte par Hof mann, en même temps que la précédente. 11 l'appela bromaniline. Elle se produit par la distillation sèche de la bromisatine (voir les produits de transformation de l'indigo) avec l'hydrate potassique. L'opération a lieu comme pour les deux bases précédentes.

La bromnilanine ressemble tellement, par ses propriétés physiques et chimiques, à la chlornilanine, qu'on ne peut distinguer l'une de l'autre que par l'analyse. I^ seule différence, cest que la bromnilanine est un peu plus fusible que la chlornilanine. Elle fond à + 5o^ en un liquide tirant sur le violet, qui devient cristallin à + 46^

La bromnilanine se compose de :

H ITROWlh/LJSlNE. 253

Atomes. Centièmes.

Cai*bone 12 4I9908

Hydrogène 12 3,48 1

Nitrogène a 8,1 Sp Ammoniaque. 9,88

Brome 2 46947^ Copule 9O9I3

Poids atomique : 1988,50. Formule : N H^ -h C" H*' Br» = Br ml Ak, Les sels bromnilaniques sont isaniorphes avec les sels chlorniianiques; ils ont aussi le même degré de solubilité. Cependant une différence à noter, c'est que la bromnilanine forme avec Tacide oxalique un sel neutre, tandis qu'on n'obtient pas ainsi de sursel. Le sel neutre cristallise irrégulièrement ; il est peu soluble dans l'alcool et dans l'eau ; il est insoluble dans l'éther, et ne renferme pas d'eau de cristallisation.

D. NiTRONILANINS (l).

Cette base fut découverte, en i845, par Hofmann et Muspratt^ qui l'appelèrent nitraniline. Elle se produit par Faction du suifhydrate ammonique sur un produit organique = C" H' O' +

a N , qu'on obtient en traitant la benzine ( produit de la distilla* tion sèche de l'acide benzoïque hydraté avec de la chaux caustique, = C" H") avec un mélange de parties égales d'acide nitrique fumant et d'acide sulfurique concentré ; on chauffe bien le mélange pendant quelques minutes; par le refroidissement, il se prend en une bouillie de cristaux. Ces cristaux , insolubles dans l'eau , sont dépouillés , par le lavage , des dernières traces d'eau mère acide ; et c'est dans cet état qu'ils servent à la préparation de la nitronilanine. On voit^ d'après la formule qui vient d'être indiquée, que le produit est un nitrite neutre ayant pour hase le bioxyde du même carbure hydrique, C" H', qui forme la copule de l'aniline.

Ces cristaux , après avoir été bien desséchés, sont dissous dans l'alcool anhydre ; la solution est ensuite saturée par du gaz am-

(1) Voyez : Sur la nitramäne et sur l'azobenzide, par Muspratt et Hofmatm. (Anoaks de liebig, t.LIV, p. 27.)

(Note du traductetir.)

a54 NITRONILA^NINE.

moniac sec : elle prend une couleur rouge vif, et on y fait arriver du gaz sulfide hydrique sec jusqu'à saturation : il se dépose du soufre en cristaux. On continue l'opération jusqu'à ce qu'il ne se dépose plus guère de soufre, après la saturation avec le sulfide hydrique. Il ne reste plus alors dans la liqueur qu'une très-petite quantité du corps d'abord dissous.

En traitant cette liqueur par de l'acide chlorhydrique, il se dépose, par le refroidissement, encore un peu plus de soufre, mêlé d'une portion inaltérée du produit cristallin dissous. Dans la liqueur filtrée , la potasse précipite un corps brun, qui, semblable à une résine, s'amasse au fond. En le lavant à l'eau froide, on enlève toute la potasse; puis on le fait bouillir avec de l'eau qui se colore en jaune orange : par le refroidissement, la nitronilaniûe se dépose en aiguilles jaunes, brillantes , d'un pouce de long, qu'on fait cristalliser de nouveau dans' l'eau bouillante. Celle-ci dépose un corps brun, résineux.

La nitronilanine forme, comme nous venons de le voir, des cristaux aciculaires jaunes. Elle est inodore ; mais à chaud , elle acquiert une odeur particulière, qui rappelle un peu celle de l'aniline. Sa saveur est brûlante, légèrement sucrée. Elle fond, à + I lo^, en un liquide jaune foncé, et répand des vapeurs jaunes, qui se condensent en lamelles irisées magnifiques : on peut le Miblimer dans un flacon dont la partie inférieure est plongée dans un bain d'eau chaude« A + 285% elle entre en ébulUtion, distilleintacle, et se prend, par le refroidissement, en une masse cristallisée en grosses lamelles. Elle peut s'enflammer, et brûle avec une flamme fuligineuse,' éclairante. Elle tombe au fond de l'eau, et n'exerce pas de réaction alcaline sur les couleurs végétales les plus sensibles. Elle est à peu près insoluble dans l'eau froide, et se dissout assez bien dans l'eau bouillante. Elle se dissout aussi dans l'alcool I et s'y dépose en cristaux capillaires. Elle se dissout également dans Téther, mais elle y forme des cristaux beaucoup moins réguliers.

Elle se dissout dans les acides ; les alcalis l'en précipitent sous formt de flocons jaunes, formant des cristaux microscopiques. Elle colore en jaune l'épiderme et le bois de sapin ; mais Thypochlorite calcique ne la bleuit pas, comme l'aniline.

D'après les analyses de Ho/mann et de Muspratt^ la nitronilanine se compose de :

mTAoïritANmE. iSS

Atomes. Centièmes.

Carbone 12 52,2i4

Hydrogène 12 4>337

Nitrogène. 4 ao,28o Ammoniaque i3>3o9

Oxygène 4 ^3» 169 Nitrite nilanylique. 87,691

Poids atomique : 1726,44. Formule : »H^ + C" H* O N = nini Ak. La nitronilanine prend naissance de la manière suivante : t atome d*acide nitreux décompose 6 atomes de sulfîde hydrique, pour former i équivalent d*ammoniaque, 3 atomes d'eau et 6 atomes de soufre , tandis que le composé C'* H* O' cède 2 atomes d*hydrogène et i atome d'oxygène , en produisant de l'ieau , qui est éliminée: il reste CH'^O, qui, s'unissant au second atome d'acide nitreux, sert de copule à Pammoniaque.

Les sels nitronüaniques ont été peu étudiés. Ils ont une réaction acide sur la teinture de tournesol, et une grande tendance à cristalliser.

Le chlorure nitronilanique^ nini Am Cl, s'obtient en dissolvant la base dans l'acide, ce qui fait disparaître la couleur. Par l'évaporation de ia liqueur, le sel cristallise en écailles* nacrées. 11 est très<soluble dans l'eau aussi bien que dans l'alcool.

Chlorure platinico-nitronil unique , nini Am QA + PI €1". Il est très-soluble dans Feau; il forme un précipité cristallin, jaune, quand on mêle ensemble les solutions alcooliques des chlorures platinique et nitronilanique. 11 est cependant assez soluble dans l'alcool, pour qu'on soit obligé de le laver avec un mélange d'alcool et d'éther. D'après l'expérience, il renferme 28,62 pour cent de platine; et d'après le calcul, 28,66 pour cent.

Bioxaiute nitronilanique^ nini Am ô 4- H € -f- H. |11 se précipite en cristaux jaunâtres , quand on mêle une solution alcoolique de nitronilanine avec une solution alcoolique d'acide oxalique. 11 faut le laver à Téther. — On n'en a pas examiné d'autres sels.

Les transformations de la nüronilanine ont été encore peu étudiées. On sait seulement que la nitronilanine, étant Uaitée par du brome, développe de l'acide brombydrique, et se change en une masse résiniforme qui, dissoute dans Taloool bouiUant, se

258 TOLUIDIJTE.

feit; on réduit la liqueur alcoolique, par la distillation, jusqu'à un tiers du volume employé. On mêle le résidu avec un peu plus de potasse qu*il ne faut pour saturer Facide chlorhydrique , et on distille le mélange : il passe, avec Teau , de l'ammoniaque et une huile incolore ou légèrement jaunâtre, qui tombe au fond, et prend peu à peu un aspect cristallin. Cette huile, c'est la toluidine. Le liquide distillé contient encore une quantité assez considérable de toluidine en dissolution. On le sature par de Tacide oxalique, on révapore au bain d'eau jusqu'à siccité, et on fait bouillir la masse sèche avec de l'alcool anhydre, qui dissout l'oxalate toluidique en laissant de l'oxalate ammonique. Par le refroidissement, Toxalate toluidique se dépose presque complètement dans l'alcool. On dissout cet Oxalate dans de l'eau bouillante , et on traite la solution par de la potasse caustique en faible excès : la toluidine se sépare sous forme d'une huile à la surface du liquide , et se prend, parle refroidissement, en une masse cristalline rayonnée. On la dépouille de l'eau mère par le lavage à l'eau, on la laisse égoutter sur du papier brouillard, on la dessèche, et on la rectifie dans une cornue : elle cristallise dans le récipient.

La toluidine a une odeur vineuse, aromatique, et une saveur brûlante, toute semblable à celle de laniline. Elle est plus pesante que Teau; elle fond à + 4o**, bout à + 198^, et peut être distillée sans altération : le Uquide qui passe est limpide, et réfracte forte* ment la lumière avant de se solidifier. Elle se volatilise peu à peu à lair ; à l'approche d'une tige de verre trempée dans de l'acide chlorhydrique, elle répand des vapeurs blanches. On peut la distiller très^facilement avec la vapeur d'eau et d'alcool. Elle bleuit faiblement le papier de tournesol rougi , colore en vert le papier de dahlia , et est sans action sur le curcuma. Elle se dissout peu dans Teau froide; elle est un peu plus soluble dans feau bouillante, où elle se dépose, par le refroidissement, en lamelles minces. Elle se dissout dans l'alcool, et, dans une solution saturée à chaud, se dépose sous forme de larges Iame% qui remplissent toute la liqueur. Elle se dissout assez bien dins l'éther , Tesprit de bois , Tacétone, le sulfide carbonique, les huiles grasses et volatiles. L'éther l'extrait de la solution aqueuse.

D'après les analyses de Hof mann et de Muspratt^ la toluidine se compose de :

CHLORURE PLATlJriCO-TOLUlDlQUE. 2^^

Atomes. Centièmes.

Carbone i4 78)539

Hydrogène i8 8|388 Ammoniaque. 15,869

Nitrogène a 18,073 Copule 84,1 3i

Poida atomique : i339,o6. Formule : N H' + C'* H" = tolAk. La copule C'^H" a la même composition que le radical de rhuile d'amandes amàres; mais il est impossible de dire si elle est isomère ou identique avec ce radical.

Voici comment s'explique la formation de la toluidine aux dé* pens du nitrite toluidique : L acide nitreux échange ses 3 atomes d oxygène contre 3 équivalents d'hydrogène du sulfide hydrique , pour former de l'ammoniaque , en même temps que l'oxygène de l'oxyde toluidique s'unit à deux atomes d'hydrogène de loxyde pour former de l'eau, en laissant C'^ H", servant de copule à lammoniaque. Dans cet échange des éléments de l'acide nitreux et du sulfide hydrique, 6 atomes de sulfide hydrique ont été décomposés de telle façon que 3 atomes ont cédé leur hydrogène pour former de l'eau , tandis que les 3 autres atomes ont porté leur hydrogène sur le nitrogène; et pour chaque atome de toluidine de produit il y a eu 6 atomes de soufre d'éliminés.

Sels toluidtques. Ces sels ont, comme les sels aniliques , une grande tendance à cristalliser. Ils sont incolores, et rougissent le papier de tournesol. A l'état humide, ils deviennent promptement d*aQ rouge rose« Une solution alcoolique de toluidine, dans laquelle on verse quelques gouttes d'un acide, se prend d'ordinaire en une masse cristalline. En traitant la solution aqueuse de ces sels par un alcali , on précipite la toluidine sous forme d'un coa« giilum cristallin.

Chlorure toluidique^ toi Am -61. Dans une solution concentrée , il se dépose en écailles incolores, qui jaunissent promptement à l'air. Le sel est assez soluble dans Teau et dans l'alcool, mais peu soluble dans l'éther. 11 est sublinuible et anhydre.

Chlorure platinico -toluidique ^ to/ AmCI 4- PtCl*. Il se précipite, par le mélange des chlorures platiniquc et toluidique, sous forme d'une bouillie de paillettes cristallines jaune orange. Il est assez soluble dans l'eau et dans l'alcool; il faut le laver dans un mélange d'alcool et d'éther.

aGo POTASSIUM.

Chlorure platinico-toluidique. Il se précipite quand on mêle une solution alcoolique complètement neutre de chlorure platinique avec une solution alcoolique de toluidiue. C^est une poudre cristalline jaune orange.

Chlorure palladoso'toluidique. On Tobtient comme le précédent. C'est un précipité cristallin jaune orange.

Sulfate toluidique^ toi Am S, Une solution éthérée de toluidine donne avec Tacide sulfurique un sel cristallin, d'un blanc éclatant, très-soluble dans l'eau et peu soluble dans l'alcool.

Bioxalate toluidiquBj to/Âm4r + Hé + H. Il se précipite quand on mêle une solution alcoolique de toluidine avec de l'acide oxalique en excès; il forme des aiguilles fines, beaucoup plus solubles à chaud qu a froid dans l'eau et dans l'alcool. Il est presque insoluble dans l'éther. Sa saveur est acide, saline, brûlante.

V acide chromique donne, dans une solution de toluidine, un précipité rouge brun , qui parait être un Chromate toluidique.

Avec les sels euiçriques , on obtient des précipités verts cristallins, qui sont des combinaisons des sels cuivriques avec la toluidine.

Le nitrate argentique donne , de la même manière, un précipité blanc , cristallin.

Transformations de la toluidine, i . Jction du brome. La toluidine s'échauffe au contact du brome, et développe de l'acide bromhydrique; le résidu donne, par la chaleur, un sublimé d'aiguilles blanches, qui renferment du brome. Ce produit n'a pas les propriétés d'une base; il est insoluble dans l'eau, mais soluble dans l'alcool et dans Téther.

2. Action de V acide nitrique. La toluidine est décomposée par l'acide nitrique, avec un violent dégagement de gaz oxyde nitrique. La liqueur, traitée par l'eau, donne des flocons jaunes, qui paraissent être de l'acide picronitrique, mais qu'on n'a pas examinés«

3. Action du potassium. Les vapeurs de toluidine, qu'on fait passer sur du potassium fondu , donnent naissance à un phénomène d'ignition, accompagné de la formation de cyanure potassique.

NAPHTHALIDINE.^ a()l

Naphthalidine (i).

Cette base fut découverte, en 184^ 9 par Zinin. C*est le premier de ces corps qui se produisent pendant la transformation de Tacide nitreux en ammoniaque. On l'obtient en traitant un produit de transformation de la naphthaline par du sulfide hydrique; de là son nom de naphthalidine. Zinin lappela naphthalinlam, par l'addition de la première syllabe d'ammoniaque.

La matière qui sert à la préparation de la naphthalidine est un corps cristallin qui se forme , quand on fait bouillir la naphtha* Une quelques minutes avec de Tacide nitrique : il fut découvert par Laurentj qui lappela nitronaphtalase. C*est un composé neutre

d*acide nitreux avec un oxyde organique z=G"H'*0 + N, que nous décrirons parmi les produits de transformation de la naph* thaline.

On dissout ce composé dans Talcool chaud , et on maintient la solution chaude , pendant qu'on y fait arriver du sulfide hydrique: il se manifeste les mêmes phénomènes de décomposition que pour la préparation des bases précédentes. On filtre ensuite la liqueur, pour séparer le dépôt de soufre , et on chasse la plus grande partie de lalcool par la distillation : il se dépose un corps liquide, d'un vert sale , qui cristallise par le refroidissement; il est principalement formé de naphthalidine. On l'obtient aussi en ajoutant de Tammoniaque à la solution alcoolique, pour dissoudre une pfus grande quantité de nitrite; on traite ensuite la liqueur par du sulfide hydrique, jusqu'à ce qu'il se produise une couleur vert sale. Parla distillation, il se dépose beaucoup de soufre, ce qui fait que la liqueur bout avec soubresaut; il faut alors de temps à autre séparer le dépôt par le filtre, et reprendre l'opération. Il ▼aut donc mieux ajouter à la liqueur ( contenant du sulfhydrate ammonique et du sulfure naphthalidique ) de l'acide sulfurique : il se dégage du gaz sulfide hydrique, en même temps qu'il se pré*

(i) Voyez : Description de éfuelqites nouvelles bases organiques, obtenues par faction du sulfide kfdrique sur les comiifiaisons des carbures hydriques avec f acide hyponitrique, par N. Zinin. (Bullelin scienliGqiie de TAcadeniie de Saint-Pétersbourg, t. X, n** 18.)

(Note du traducteur,)

^6a NAPHTHAUOINE.

cipite du soufre et du sulfate ammonique; par Taddition d'une plus grande quantité d*acide sulfurique, le tout se prend en une masse cristalline de sulfate naphthalidique, très-peu soluble dans Teau et dans Talcool.

On purifie le sulfate naphthalidîque en le faisant cristalliser à plusieurs reprises dans de l'alcool bouillant. On le dissout ensuite dans l'eau , et on traite la solution par Tanimoniaque : il se forme aussitôt un léger précipité , qui disparaît ; puis il se dépose des aiguilles blanches, aplaties, qui sont la naphthalidine pure. On les met sur un filtre , et on les lave à l'eau froide.

La naphthalidine a une odeur particulière, forte, désagréable , et une saveur acre et amère. Elle fond à + 5o°, bout au-dessus de + 3oo^ , et distille sans altération sous forme d*un liquide oléagineux , jaunâtre , qui se maintient longtemps fluide. Elle peut être enflammée à l'air libre, et brûle avec une flamme jaune, fu«> ligineuse , en laissant beaucoup de charbon. Une goutte sur un verre de montre reste toujours liquide; mais, par le contact, elle se prend en une masse cristalline jaunfttre. Cette coloration lui est étrangère : elle est due à Faction de 1 air, qui la fait passer à la fin au violet. Cette action est surtout marquée tant que le produit est liquide : il faut donc le conserver dans un vase hermétique* ment fermé, où lair ne puisse se renouveler.

Dans un vase de verre , la naphthalidine se sublime quelquefois partiellement en longues lamelles. Elle est insoluble dans Teau et soluble dans l'alcool et 1 ether. L'eau la précipite de sa solution alcoolique. C'est une base faible , qui ne réagit pas sur le papier de tournesol ; elle est précipitée de ses sels par l'ammoniaque.

D'après l'analyse de Zinin , la naphthalidine se compose de :

Atomes. Geotièmei.

Carbone. ao 83,943

Hydrogène i8 6,276 Âmmoniaq. 11,783

Nitrogène a 99781 Copule ... • 88,217

Poids atomique : 1789,78. Formule : Nff + C~ H« = nal Ak. Sa formation s'explique comme celle de la base précédente; l'acide nitreux se change, par le sulfide hydrique, en ammoniaque; I équivalent d'hydrogène et i atome d'oxygène de l'oxyde s*unis-

PYROPHOSPHATE NAPHTHALIDIQÜE. a63

sent pour former de Teau, et le radical C*°H'% qui reste, sert de copule à l'ammoniaque.

Sels naphthalidiques. Ces sels ont une grande tendance à cristalliser. Leur odeur et leur saveur rappellent belles de la base libre; ils sont très-sensibles à Faction de l'air, en se colorant en rouge.

Chlorure naphthalidique , nalkmGtL Cristallisant dans l'eau, il forme des aiguilles fines y semblables à de Tasbeste; dans l'alcool, il cristallise en écailles brillantes, qui se subliment, à -f aoo", sous forme d'une matière blanche, lanugineuse. Il est anhydre.

Chlorure mercUrico^naphthalidique, C'est un précipité caséeux, qui se dissout dans lalcool bouillant, et qui se déposé, à l'état cristallin , par le refroidissement.

Chlorure platinico^naphthalidique ^ nalkin GX + Pt GV. Par le mélange des chlorures platinique et naphthalidique, il se précipite sous forme d une poudre cristalline jaune verdâtre; dissous dans l'eau bouillante, il cristallise par le refroidissement. 11 est peu soluble dans l'alcool et dans l'éther.

Sulfate naphthalidique f nal kxw S. La naphthalidine se dissout dans l'acide sulfurique concentré; la liqueur, paraissant liquide, ne dépose pas même de cristaux à o"*; c'est, selon toute probabilité , la combinaison de l'acide sulfurique avec la base. Par une addition d*eau , on sépare le sulfate ^ dont les paillettes blanches remplissent la liqueur. On obtient le même sel en dissolvant la base dans de l'acide sulfurique étendu bouillant; par le refroidissement, il cristallise en paillettes. Il a, au plus hautdegré, l'odeur et la saveur de la base; il rougit la teinture de tournesol, et se dissout difficilement à froid , tant dans l'eau que dans Talcool. Il se dissout lentement dans l'alcool bouillant; par le refroidissement, la liqueur se prend en masse. A + loo®, le sel tombe en poudre. Chauffé dans une cornue, il se décompose avec dégagement d'acide sulfureux, pendant que l'eau passe à la distillation avec un peu de base; il reste du charbon. A 1 etat sec, on peut le conserver intact ; mais sa solution rougit à l'air. Il colore la peau d'abord en rouge, puis en brun.

Pyrophosphate naphthalidique. Il est extrêmement peu soluble dans l'eau et dans l'alcool, et, par le mélange des solutions alcooliques, il se précipite à l'état de poudre blanche.

264 NAPHTHIDfNE.

Phosphate naphthalidique. Il est peu soluble dans Talcool froid ; dissous dans Falcool chaud, il cristallise en aig[uilles. Dans une solution aqueuse saturée bouillante , il cristallise en écailles brillantes. Il rougit plus facilement à Tair que le sel précédent.

En saturant la base par de X acide nitrique très-é tendu , on obtient un sel en petites paillettes brillantes.

Oxalate naphthalidique. Il cristallise avec deux quantités d*eau différentes. Lorsqu'il renferme 3 atonies deau, il cristallise en masses mamelonnées ; quand il ne contient que i atome d*eau , il cristallise en lamelles minces , d'un éclat argentin. Il se dissout dans Talcool et dans l'eau. Par la distillation sèche , le sel à 3 atomes d'eau donne une poudre brun jaunâtre^ insoluble dans l'eau et soluble dans l'alcool , où il se dépose sans altération.

Transformations de la naphthalidine. i. Action du chlore. Le chlore change une partie de la naphthalidine en chlorure naphthalidique, et l'autre partie en un corps résineux.

^. Action de V acide nitrique, he^ sels naphthalidiques , traités par l'acide nitrique, deviennent rouges. La naphthalidine, traitée par de l'acide nitrique concentré, se transforme en poudre brune, dont une partie se dissout dans l'acide. Par l'évaporation , la liqueur dépose la même poudre , mêlée d'écaillés d'un éclat verdâtre.

Naphthidinb (i).

Cette base fut découverte, en 1844 9 P^ii* Zinin^ qui lui donna le nom impropre de seminaphthalidam. On l'obtient, comme la base précédente, par l'action du sulfide hydrique sur le nitrite

naphthalique (nitro naphtalèse de Laurent)^ = C'** H* O + N, produit de transformation , qu'on se procure en faisant bouillir la naphthaline avec l'acide nitrique, jusqu'à ce qu'il ne se dissolve plus rien : le produit de transformation se dépose par refroidissement. On le mêle avec de l'alcool anhjdre saturé de gaz ammoniac sec ; une partie se dissout en rouge rose , mais la plus grande partie reste insoluble. On fait ensuite arriver du sulfide hydrique

(i) Voyez : Des produits de réaction du sulfure d'ammonium sur quelques corps organiqties, par Zinin. (Journal fur prakt. Chemie, t. XXXIII, p. ag.)

{Note du traducteur,)

NAPHTHIDINE. aG5

sec dans la liqueur : tout se dissout alors, et la solution prend une couleur rouge brunâtre qui , par la saturation complète , passe au brun verdàtre. On la chauffe jusqu'à Tëbuilition ; il se dépose beaucoup de soufre, ce qui occasionne des soubresauts, qu'on prévient comme pour la préparation de la naphthalidine. Dès qu'il ne se dépose plus de soufre par une ébullition prolongée, on mêle la liqueur limpide avec de leau , et on la soumet encore pendant quelques instants à une ébullition rapide; puis on la filtre bouillante, et on l'abandonne au refroidissement; il se dépose une quantité considérable de longues aiguilles minces, d'un rouge de cuivre.

Pendant l'ébuUition avec l'eau, il se dépose une matière noire^ semblable à de la poix ; elle est molle et visqueuse tant qu'elle reste chaude. Elle contient encore de la naphthidine : il faut la faire bouillir avec une nouvelle quantité d'eau , jusqu'à ce qu'il ne se décompose plus rien par le refroidissement.

On recueille les cristaux ainsi obtenus , on les redissout dans l'eau bouillante, et on filtre la solution dans un flacon qu'on remplit complètement et qu'on bouche bien ; la naphthidine se dépose à 1 etat de pureté.

La naphthidine forme des cristaux aciculaires d'un jaune nuancé de rouge de cuivre, et d'un éclat presque métallique. A l'état sec, elle ne s'altère pas à l'air, pas même à + loo®. A + i6o% elle fond en un liquide jaune brun , dont une faible partie se sublime au-dessus de la partie fondue. A + 200% elle entre en ébullition : une partie distille et une autre se décompose, en laissant beaucoup de charbon. Ce qui est passé à la distillation, de même que ce qui s'est déposé en sublimé au col de la cornue , est brun, et souillé de produits empyreumatiques. Elle peut être enflammée à l'air libre , et brûle avec une flamme très-fuligineuse, répandant une odeur de naphthaline , pas trop désagréable. Elle est peu soluble dans l'eau froide, et se dissout beaucoup plus dans l'eau bouillante. La solution est rouge brunâtre. Elle est beaucoup plus soluble dans l'alcool et dans lether, et ces solutions ont une couleur beaucoup plus foncée ; il faut les conserver soigneusement à l'abri du contact de l'air.

D'après l'analyse de Zinin^ la naphthidine se compose de :

a66 CHLORURE PLATIiriCO-KAPHTHIDlQrE.

Carbone,. . • • .• .• lo 75,981

Hydrogène •• 10 6^3 1 a Ammoniaque. 2i)494

Nitrogène a 179707 Copule ...... 78,606

Poids atomique : 988,66. Formule : Nff + C" H* = wrf Ak. La formation »^explique de la manière suivante: Uacide nitreux du

C" H^ O + N se change en ammoniaque , et Toxyde cède i equi*valent d^hydrogène et i atome d'oxygène pour former de l'eau; il ne reste que C'HS servant de copule à l'ammoniaque. '

Sels naphthicUques^ La naphthidine est une base faible. Elle forme, avec les acides, des sels faciles à préparer, à cause de leur peu de solubilité dans Falcool ; il suffit de dissoudre la base dans Talcool , et d'y verser goutte à goutte l'acide , qui n'a pas besoin d'être concentré : le sel se précipite en cristaux déliés. Si l'on ajoute l'acide en une seule fois, la liqueur se prend en masse. Le mieux est de laisser une partie de la base non précipitée, qu'on extrait ensuite facilement par l'alcool. On dessèche le sel dans le vide, au-dessus de l'acide sulfurique, afin de prévenir l'influence de lair pendant l'état encore humide. Après quoi on peut le dessécher sans inconvénient à lair, à + Ioo^ En traitant les solutions aqueuses par les alcalis, on précipite la naphthidine sous forme d'une poudre cristalline, rougeâtre, composée d'aiguilles fines.

Chlorure naphtkidique , ndAm Q\. Il cristallise en écailles brillantes, incolores , qui convertissent la liqueur en une bouillie. Il est anhydre, et se dissout difficilement dans l'eau et dans l'alcool; il est un peu soluble dans 1 ether. Ses solutions brunissent rapidement à lair. A l'état sec , on peut le conserver sans altération. Il se décompose par la sublimation.

Chlorure mercurico-naphthidique. On l'obtient en mêlant ensemble les chlorures mercurique et naphthidique. Il est très-soluble^ et se dépose, par l'évaporation , en lamelles assez grandes, d'un éclat isirgentin.

Chlorure platinico^naphthidique , nd Am Gl + Pt GV. Il se précipite, par le mélange des deux sels, sous forme 'd'une poudre jaune brunâtre, peu soluble dans l'eau , et contenant 34}579 pour cent de platine.

FURFURINE. ^67

La naphlhidine ne êe combine pas avec Yaeide eyanhydriquê : celui-ci ne prend que Peau, et dans une solution chaude il ne se dépose que de la naphthidine libre.

Modanure naphthidique. On Tobtient en dissohant la naphthidine à une douce chaleur dans Tacide rhodanhydrique; il cris« tallise, par le refroidissement, en lamelles brillantes.

Sulfate naphtMdique^ndkmS. A Tétat sec, c'est une poudre blanche cristalline, qui se dissout difficilement, tant dans Teau que, dans lalcool : une partie de la base se sépare, et la liqueur renferme un excès d'acide.

Vacide nitrique n'a pu être combiné avec la naphthidine sans altération.

Le phosphate naphthidique se précipite en écailles blanches, peu solubles dans leau et dans lalcool ; on le retire intact de ces solutions.

Voxalate naphthidique est une poudre blanche cristalline. Préparé dans une solution alcoolique chaude, il se dépose, par le refroidissement, en écailles blanches, brillantes.

Le tartrate naphthidique cristallise en fines aiguilles , groupées en étoiles. 11 est soluble dans l'alcool et dans leau , mais peu soluble dans l'éther.

Trungformations de la naphthidine. i. Action de Fair. Par l'action de l'air sur la naphthidine ou un sel naphthidique humides, on obtient un corps brun , qui n a pas été examiné. Peut-être estce une base.

a. Par l'action du chlore , on obtient , en apparence , le même corps brun. Il est pulvérulent, et se dissout dans l'alcool en rouge carmin ; il se dépose intact par le refroidissement.

3. Vacide nitrique et le chlorate potassique déterminent la formation d'un composé brun , pulvérulent.

FURFÜEINS (l).

Cette base fut découverte, en 184S, par Fownes; son nom dérive Aefurfur^ son , parce qu'on la prépare par la combinaison

(t) Yoyet : Prodaethn ariîficîeile d'une base organique, par Fownes. (Annales de Liebig , t. LIV, p. 5a.)

{Note du traduetetir.)

!;^68 FURfURIJVK.

de lamiuoniaque avec Thuile volatile de son, qa*on obtient en distillant de la farine ou du son avec de Tacide sulfuiique, étendu de son double de poids d eau. Pour se procurer cette huile, Fownes mêla ensemble ^ livres de Ëirine d*avoine, ^ livres d'eau et i livre d*acide sulfurique, et chauffa le mélange dans une cucurbite, en lagitant jusqu a ce que la masse fût devenue liquide ; après quoi il mit le chapiteau sur la cucurbite, et distilla jusqu'à développement d*acide sulfureux. Il ajouta ensuite i livre d eau, et continua la distillation jusqu a un nouveau développement d'acide sulfureux. Le produit de la distillation fut neutralisé par de l'hjdrate calcique, afin de saturer l'acide sulfureux et l'acide formique , et soumis à une nouvelle distillation : il passa avec l'eau une faible partie d'une huile jaune pesante. Nous donnerons plus de détails à l'article A\foine {assena satWa L.).

Cette huile de son est assez soluble dans Teau , et se compose de C'^ H" O^ Traitée par 5 à 6 fois son poids d'ammoniaque con« centrée, elle forme une matière blanc jaunâtre, insoluble dans l'eau, et composée de C* H" N* O* = NH* + C* H* 0*ou NH* + C* W 0% dont 3 atomes d'eau ont été éliminés. Ce composé se dissout dans lalcool et dans l'éther , où il cristallise en faisceaux de courtes aiguilles. Quand on dissout l'huile libre dans l'eau jusqu'à satura« tion , qu'on y ajoute de l'ammoniaque caustique , et qu'on ferme le flacon , le composé cristallise à mesure qu'il se forme, et donne ensuite des cristaux plus gros et incolores. Cependant ce produit n'est pas encore une base : en le faisant bouillir avec de l'eau ou de l'alcool, l'ammoniaque s'en va, et l'huile de son recouvre ses propriétés et sa composition primitives , en absorbant 3 atomes d'eau. Par les acides, cette décomposition s'effectue instantanément Toutes ces circonstances indiquent que la nouvelle base n'a pas encore pris naissance.

Mais, par l'action de l'hydrate potassique, le produit cesse d'être un composé ammonique ou un amide ; les éléments se groupent dans un autre ordre, et il passe, sans addition ni soustraction , à l'état d'ammoniaque copulée. Cette circonstance mérite une grande attention. En dissolvant le composé précédent, décomposable, dans une lessive très-étendue de potasse hydrique , et faisant bouillir la solution pendant lo à i5 minutes, il ne se développe pas d'ammoniaque, et par le refroidissement de la liqueur il se dépose de la furfurine. On peut ajouter beaucoup plus de composé ammo-

FURFURINE. 269

nîacal, que la lessive alcaline ne peut dissoudre : ce qui ue se dissout pas fond et se solidifie , par le refroidissement , en un gâteau de furiVurine. Il n'est donc pas nécessaire que tout se dissolve; le simple contact suffit pour la production de la furfurine. Après le refroidissement, on lave le dépôt de furfurine pour le débarrasser d*un mélange de potasse, et on le dissout dans une liqueur aqueuse bouillante, contenant de l'acide oxalique en grand excès. Filtrée bouillante, la liqueur dépose, par le refroidissement, du bioxalate furfurique en cristaux colorés. On dissout ces derniers dans de l'eau bouillante, on mêle la solution avec du charbon d*os, purifié et décoloré par de l'acide cblorhjdrique , et on la filtre bouillante : le suroxalate furfurique se dépose en cristaux incolores. On le dbsout de nouveau dans 90 à 100 fois son poids d'eau bouillante, on traite la solution par de l'ammoniaque en excès, et on la filtre bouillante : par le refroidissement, la furfurine se dépose en cristaux incolores; on la recueille et on la lave à l'eau froide, jusqu'à ce qu'un échantillon, bnMésur une lame de platine, brûle sans résidu; c'est une preuve qu'il n'y a plus de potasse.

La furfurine est inodore ; sa saveur est presque nulle. A + 100% elle fond en un liquide incolore, oléagineux, qui, aussitôt après le refroidissement , est encore comme de la cire , mais se durcit plus tard en devenant cristallin. Fortement chauffée à Tair, elle s*enflamme et brûle avec une flamme rougeâtre , fuligineuse , en laissant un peu de charbon. Elle est inaltérable.à Tair. Elle réagit, comme un alcali, sur les couleurs végétales. Elle se dissout dans i35 parties d'eau bouillante, et se dépose complètement, par le refroidissement, en longues aiguilles, tout à fait semblables aux cristaux de théine. L'eau mère n'en renferme presque pas de traces. Elle est soluble dans l'alcool et dans Téther , et se dépose , par révaporation spontanée , en beaux crisuux d'un éclat soyeux. Elle se combine avec les acides pour former des sels neutres. Elle en est précipitée par les alcalis et même par l'ammoniaque. En faisant bouillir ces sels avec une solution de sel ammoniac, on expulse l'ammoniaque avec les vapeurs d'eau, tandis que la furfurine prend sa place. La furfurine ne précipite pas les sels ferreux, cuivriques et argentiques. Une solution de furfurine n'est pas précipitée par l'infusion de noix de galle.

D'après l'analyse de Fownes , la furfurine se compose de :

a70 OXALATES FORFURlQtJES.

Carbone. • • 3o 67,902

Hydrogène a4 4»466

Nitrogène 4 io,44i Ammoniaque. 6,96

Ox]^àne 6 17)891 Copule 94»o4

Poids atomique : 3353,48. Formule : NB» + C»^ H«' N* ()• = furAk.

Par un examen comparatif, on trouve que la composition de la furfurine représente exactement le double, en atomes élémentaires, de celle du produit ammoniacal précédemment indiqué, c*estià-Klire que 1 atomes de C** H" N* O' ont formé 1 atome de furfurine; et en admettant que ces deux atomes renferment 2 atomes d*oxyde ammonique ou 2 atomes d'amide, on voit que l'un de ces atomes s'est changé en ammoniaque, tandis que Vautre sert de copule.

Les sels furfuriques ont une saveur très-amère, mais moins amère que celle des sels quiniques. Ils ne sont pas décomposés au contact de l'air.

Chlorure furfuHquey fur Am CI. On l'obtient en saturant la base par de Tacide chlorhjdrique étendu , et évaporant la solution jusqu'à cristallisation. Il cristallise en faisceaux d'aiguilles d'un éclat soyeux, contenant 2 atomes d'eau de cristallisation. Il est trèssoluble dans l'eau ; il se dissout beaucoup moins, si l'eau contient de l'acide chlorhydrique libre.

Chlorure platinico-furfurique^ fur Am Cl -f- Pt Cl*. On l'obtient en mêlant le sel précédent avec du chlorure platinique : c'est un précipité jaune clair, cristallin, presque insoluble dans Teau froide. Dfond par la chaleur, et se boursoufle énormément pendant la décomposition , en exhalant de Tammoniaque.

Le chlorure mercuricofurfurîque se précipite en blanc par le mélange des deux sels.

JffUratefiafnriqite^furhm^. Il forme des cristaux durs, incolores) transparents, très*brillants, contenant de l'eau de cristallisation , qui s'en va par Vefflorescence à l'air : ce qui reste est anhydre. Il est très-soluble dans l'eau pure, et se dissout beaucoup moins dans de Veau contenant de l'acide nitrique.

Oxalates furfuriques. Le sel neutre est assez soluble, et cristallise

PIGR/lMIlfE. 271

en fiûsceaux d'aiguilles. Le bioxaUUe est peu soluble dans Teau froide; mais il se dissout facilement dans Teau bouillante, et se dépose en tables minces , transparentes , inaltérables à l'air. Il a une forte réaction acide , et se compose de i atome de sel neutre

et de I atome de H é, sans eau de cristallisation.

Acétate furfiirique. Il est si soluble , qu on ne l'obtient que dif* ficilement cristallisé.

Les transformations de laßufurine n'ont pas encore été étu« diées.

PlGBAMIHB (l).

Cette base fut découverte, en i844) P^i" Laurent^ et, en 1845, par Fownes^ qui l'obtinrent par des voies différentes en traitant l'huile d'amandes amères par l'ammoniaque. Laurent l'appela amarine^ de amarus^ amer, pour rappeler l'origine du produit , extrait des amandes amères. Mais ce nom, pouvant s'appliquer à tous les alcaloïdes de saveur amère , doit être rejeté. Fownes l'appela ben^ zoline; mais ce nom ne peut pas non plus être adopté , parce que son origine n'a rien de commun avec le benjoin ou l'acide benzoîque. Le nom de picramine est composé des initiales de Trtxpoç , amer, et d'àjAUY^aXo; , amande, pour indiquer la préparation du corps au moyen de Thuile d'amandes amères.

L'huile d'amandes amères se comporte avec l'ammoniaque à peu près comme l'huile de son. On verse de l'ammoniaque caustiqi^e sur l'huile d'amandes amères, et on abandonne le mélange dans un flacon fermé. La réaction est assez lente : l'huile se change en un corps cristallin , que Laurent a nommé hjrdrobenzamide. L'huile d'amandes amères a pour composition : C'*H"0'; 3 atomes de ce composé s'unissent à 2 équivalents d'ammoniaque, tandis que tout l'oxygène de ces 3 atomes d'huile (c'est-à-dire 6 atomes) se portent sur 12 atomes d'hydrogène pour former de l'eau, de manière que la combinaison est = C** W^ N^ Cette combinaison n'est pas aussi facilement décomposée que celle provenant de l'huile

(i) Voyez: Sur un nouvel alcali organique, Ca$nanne, p«r A. lAurent. (Comptes rendus de F Académie des scieuces, t. XIX, p. 353.) Sur une nouvelle kase organique, par Fownes. (Annales de Liebig, t. LIT, p. 363.)

[Note du traditeteur,)

273 PICRAMINE.

de son; en la faisant bouillir avec un acide étendu ^ il se produit un sel ammonique ^ Thuile d*aniandes amères se rétablit, et passe i la distillation. Quand on fait bouillir l'hydrobenzamide avec une lessive de potasse étendue, il se produit la même réaction que pour la furfurine. Mais il faut une ébuUition prolongée , de plusieurs heures, pour que l'hydrobenzamide se change en picramine. L'hydrobenzamide ne se dissout pas dans la lessive potassique, et quelques flocons bruns qui se forment pendant Tébullition dans la liqueur paraissent être des produits de décomposition provenant de Taction de l'air sur une petite quantité d'hydrobenzamide dont s'était chargée la lessive alcaline. La masse fondue, restant au fond du vase, se prend, par le refroidissement, en un gâteau très-compacte. C'est la picramine. On la purifie en la dissolvant dans un acide, décolorant la liqueur par le charbon animal, faisant cristalliser le sel dans une solution aqueuse bouillante , et précipitant la picramine par un alcali. 1

La picramine, dissoute dans de l'alcool bouillant, cristallise en prismes incolores, brillants, transparents. Frottée à l'état sec, elle devient fortement électrique. Quand on met avec une spatule un peu de picramine en poudre sur du papier , la tache s'étend sur tout le papier. Elle fond à + 100°, et se solidifie en une masse vitreuse , translucide , non cristalline. Elle peut être distillée sans résidu ; mais le résidu n'est plus de picramine. Elle est peu ou point soluble dans l'eau; mais elle se dissout facilement dans l'alcool et dans l'éther, et cristallise par évaporation. La solution a une réaction alcaline. En la traitant par l'ammoniaque , on précipite la picramine sous forme d'un coagulum blanc.

D'après les analyses concordantes de Laurent et de Fownes , . la picramine se compose de :

Atomes. Centièmes.

Carbone 4^ 849S90

Hydrogène 36 6,023 Ammoniaque. 5,694

Ifitrogène 4 9)^87 Copule 94)306

Poids atomique : 37a9,8. Formule : NH' + C*' H*» N» :=zpkr Ak. Il a parfaitement la même composition que le corps préparé par l'ébuUition avec la potasse ; mais il possède des propriétés différentes.

ACÉT/iTS t^IORAMIQüE. ayS

Sels picramiques* Ces sels sont en général peu solubles. L'acétate est le seul qui se dissolve facilement.

Chlorure picramique^ pkrkaiGi. Il se dissout très-difficilement dans Teau bouillante ; mais par Tévaporation dans le vide, au-dessus de 1 acide sulfurique , il cristallise en aiguilles incolores , brillantes, qui s*ef fleurissent en perdant i atome d'eau. Il contient I atome d*eau de cristallisation , qui s'en va à + loo^. En saturant la picramine par du gaz acide chlorhydrique , on obtient , selon Laurent^ un corps oléagineux, qui devient si visqueux par le refroidissement, qu'on peut l'étirer en fils ; mais il durcit à la longue. On peut le sublimer. Il est soluble dans l'alcool et dans l'éiher.

Chlorure platinicopicramique , pkr Am Gl + Pt €1*. En mélangeant les chlorures platinique et picramique dans l'eau, il se précipite sous forme d'une poudre jaune. Par le mélange des deux sels en solutions alcooliques, il se dépose, par le refroidissement^ à l'état d'une masse grenue, composée de petits octaèdres. Il renferme 19,544 pour cent de platine.

Sulfate picramique^ pkr km S. Il est très-peu soluble. Dans une solution chaude, légèrement acide, il cristallise en beaux prismes incolores , semblables à ceux de l'acide oxalique.

Nitrate picramique. Il est également peu soluble , et se dépose en petits cristaux , légèrement brillaqts, inaltérables à l'air.

Vacétate picramique se dessèche en une masse gommeuse, un peu gluante.

Transformations de la picramine, 1 . Action des corps halogènes. Le chlore et le brome changent la picramine , en partie en un sel picramique, et en partie en un produit résineux.

2. Par l'action de Vacide nitrique, ainsi que par un mélange de bichromate potassique et d'acide sulfurique , la copule de la picramine se transforme en acide benzoïque.

3. Par la distillation sèche , la picramine donne de l'ammoniaque, une huile très-volatile ayant l'odeur de la benzine , et une grande quantité d'un produit cristallin. Ce produit, on le débarrasse de quelques traces d'huile en le pressant entre des doubles de papier brouillard , et on le dissout dans l'alcool bouillant ; il cristallise par le refroidissement. Il est inodore, fond facilement, et se prend, par le refroidissement, en une masse cristalline rayon-

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