ACIDE NITRIQUE
saturer Tacîde nitrique en le changeant en nitre ; enfin , on distille la liqueur : le$ acides volatils passent avec Teau , tandis que Tacidc nitrique est retenu dans la cornue.
L*eau distillée est surnagée d'une couche huileuse qui renferme les acides moins solubles. Les acides plus solubles restent en rlissplution dans Teau. On sépare la solution de la couche huileuse.
La solution aqueuse contient, outre quelques traces d'acides non dissous, principalement de Tacide acétique, de Tacide glycérique et de Tacide butyrique. On la sature avec du carbonate sodique, et on révapore jusqu'à cristallisation ; il se dépose d'abord de lacétate sodique. La liqueur restante, qui ne dépose plus d'acétate sodique par Tévaporation spontanée, on la réduit tout à fait à siccité , et on mêle le sel avec de l'acide sulfurique étendu de la moitié de son poids d'eau, jusqu'à ce qu'il se soit produit du bisulfate sodique. L'acide glycérique et l'acide butyrique ne se dissolvent pas dans une solution concentrée de bisulfate sodique : ils se réunissent à la surface de la liqueur sous forme d'une huile volatile, qu'on décante, et qu'on distille à part duus une cornue contenant un thermomètre. Le point d'ébullition s'élève peu à peu à + 120° : le liquide qui passe jusqu'à ce degré de température est im mélange de beaucoup d'acide acétique et d'un peu d'acide glycérique. On change ensuite de récipient, on élève graduellement la température, et on change de nouveau de récipient lorsque la température est arrivée à + i4o". Ce qui passe entre + 120° et + i4o**est principalement de l'acide glycérique. Ce qui passe eusuite entre -|- i4o° et -f- i64° est de l'acide butyrique.
Les acides oléagineux passés a la distillation^ on les dissout dans l'eau de baryte bouillante. Les sels barytiques ainsi obtenus ne sont pas tous également solubles dans l'eau et n'ont pas la même forme cristalline , ce qui rend leur séparation facile. Pendant le refroidissement de la solution bouillante , il se dépose du raprinate bai-ytique à l'état d'une poudre formée d'écaillés extrêmement fines. Après une évaporation ménagée, il se dépose du pélargonate barytique en lanulles , semblables à la Cholesterine. On voit ensuite se déposer dans l'ordre suivant : le capranate barytique en cristaux grenus ; l'aboléate barytique en lamelles nacrées; le capronate barytique en mamelons de fines aiguilles; enfin, le valérianate barytique en lamelles, le plus soluble de tous les sels nommés. Redtenbacher est parvenu à séparer ces acides les uns des
ACIDE CAPBpNiQUÈ. 387
autres, à les analyser au moyen de loxyde cuivrîque, et k en déterminer le poids atomique.
Pendant la décomposition de lacide oléique par lacide nitrique, les acides volatils qui distillent se produisent en quantités inégales. IjCS acides capronique, valérianique et acétique constituent la plus grande partie du mélange; puis viennent , en quantité moindre, les acides capranique, giycérique , butyrique, caprinique, pélargonique et aboléique.
Le corps non dissous qui reste dans la cornue après la préparation de ces acides volatils, a été également éiudié par Redtenbacker, Cest une matière molle, talqueuse, exhalant, comme Tacide aboléique, une odeur de sueur. Il tombe au fond de Teau, il ii*est pas volatil , et se dissout dans l'alcool et Téther. Il est combiné à de lacide nitrique, qui lui (ait éprouver une violente déflagration par la chaleur : il se développe du gaz acide nitrique et une odeur de cannelle; puis des acides gras volatils passent à la distillation , pendant qu'il reste dans la cornue une matière poisseuse noire, d'où Ion peut extraire de l'acide subérique par l'eau bouillante. L'hydrate potassique dissout ce corps gras en rouge de sang, et les acides l'en précipitent sans altération. Par Tébullition avec l'eau , on enlève de l'acide subérique et de l'acide pimélique. Ce corps paraît devenir un objet d'études intéressant pour des expériences ultérieures.
Des neuf acides produits par l'action de l'acide nitrique sur l'acide oléique, nous venons d'en décrire cinq. Nous allons maintenant faire l'histoire des autres.
Acide caproniqub [acidiim caproïcum).
Cet acide a été découvert par Chevreuil qui le trouva en com* binaison avec l'oxyde lipylique dans le beurre de vache et de chèvre; de là le nom de l'acide (de capra^ chèvre). On saponifie, à Taide de la potasse , le beurre ou plutôt l'élaïne , séparé par ex« pression de la stéarine à une température convenable; on sépare le savon par le sel marin, puis on le dissout dans l'eau, et on mêle la solution avec un faible excès d'acide tartrique jusqu'à saturation de la potasse. Ou distille ensuite le mélange jusqu'à ce que le liquide qui passe n'est plus acide; on trouve dans le récipient l'acide butyrique, l'acido capronique, l'acide caprinique et Tatidc
388 " ACIDE CAPRONIQUE.
capranique, qui ont passe avec de l'eau; une partie nage à la
surface, sous forme de gouttelettes huileuses.
On sature le liquide distillé exactement par de l'eau de baryte. On évapore la solution à siccitéau bain-niarie; on obtient eu mélange quatre sels barytiques , dont deux très-solubles et les deux autres peu solubles dans l'eau. Par Tébullition avec 5 à 6 parties d'eau, on dissout les butyrate etcapronate barytiques. Quand on abandonne ensuite cette solution àlevaporation spontanée, il cristallise d'abord du capronate, et à un certain degré de concentration, la totalité du capronate barytique cristnllise ; ce qui fait que la liqueur se remplit dune bouillie de longues aiguilles soyeuses, d'où l'on exprime le butyrate barytique par expression. S'il y a encore du capronate barytique , la liqueur le donne, par une faible évaporation, en un tissu d'aiguilles. Dès que lebulyrate commence à se déposer, il cristallise en lamelles nacrées. On fait cristalliser le capronate barytique à plusieurs reprises , pour le débarrasser complètement du butyrate barytique. Chevreul rappelle, comme moyen de séparation, que le capronate barytique cristallise, à -f- 3o% en aiguilles, mais que, par l'évaporation spontanée à + i8**, il forme aussi des cristaux lamellaires , disposés en crête de coq. Ces derniers diffèrent des cristaux lamellaires de butyrate barytique, en ce qu'ils deviennent opaques à l'air, tandis que les derniers conservent leur éclat.
Une partie du sel bien desséché, on le traite par un mélange de 0,2963 parties d'acide sulfurique et 0,12963 parties d'eau ; on abandonne le mélange pendant vingt-quatre heures a l'évaporation spontanée dans un verre cylindrique haut et étroit, et on décante l'acide capronique qui s'est séparé dans l'intervalle. En y ajoutant encore une fois autant d'acide sulfurique, il se dépose encore un peu d'acide capronique , de sorte que le sel barytique renferme environ la moitié de son poids d'acide capronique. L'acide décanté, on le fait digérer pendant quarante-huit heures avec du chlorure calcique anhydre, et on distille. Quant au magma acide, saturé de sel barytique, on peut en extraire encore un peu de capronate barytique.
L'acide capronique ainsi préparé est hydraté, et forme un liquide hmpide, oléagineux, mobile , ayant une odeur de sueur et d'acide acétique faible; il a une saveur acre, suivie d un arrière- ^oftt sucré, et sentant plus la pomme de reinette que l'acide bu*
CAPRONATE POTASSIQUE. 389
tyrique, et laisse, comme celui-ci, une tache blanche sur la langue. A + 26**, il a 0,922 poids spécifique. Il reste encore liquide à — 9^ Son point debullition est au-dessus de -h 100°, et il s évapore à l'air. Sa vapeur a , d*après Fehiing, 5,546 poids spécifique. Pendant la distillation il se décompose, comme l'acide butyrique, par l'action de Tair. 11 est peu soluble dans l'eau; il ne se dissout que dans 96 parties d'eau à + 7°. 11 est miscible en toutes proportions avec l'alcool anhydre. 11 se dissout sans décomposition dans l'acide sulfurique, et en est précipité par l'eau. Chauffée audessus de 4- 100**, la liqueur dégage des vapeurs d'acide capronique et du gaz acide sulfureux , pendant que le mélange noircit. L'acide niirique le dissout en petite quantité, sans altération.
La composition de l'acide capronique fut presque exactement déterminée par Chevreul. Mais c'est Lerch qui en a indiqué avec précision le rapport atomique. L'acide capronique se compose de:
Atomes. Centièmes.
Carbone 12 67,336
Hydrogène. ... « 22 io,255
Oxygène 3 22,409
Poids atomique : i338,47. Formule : C" H" O' = Cpro. L'acide liquide est : H + Cpro; il a pour poids atomique i45i,20, et il renferme 7,5 1 pour cent d'eau, qu'on ne peut expulser que par des bases.
Le poids spécifique de la vapeur de l'acide hydraté est anormal. Si les 40 volumes y étaient réduits à 4 volumes par la condensation, le poids spécifique serait de 4^0073, et de 5,34^ sWs étaient réduits à 3 volumes. Peut-être l'air exerce-t-il quelque influence aur ce dernier résultat et sur celui trouvé par l'expérience = 5,546.
Les capronates ont la saveur et l'odeur de l'acide capronique. Par la chaleur , ils sont décomposés en répandant une odeur aromatique. Quand on mêle un capronate avec de l'acide sulfurique , étendu de son poids d'eau, l'acide capronique vient s'amasser à la surface de la liqueur.
Capronate potassiquey K Cpro. Il forme, par l'évaporation spontanée , une gelée transparente, qui devient opaque par la chaleur,
S9O CAPRONATE CALCIQUE.
Capronate sodique, Na Cpro, Il se réduit par la dessiccation eu une niasse saline blanche.
Capronate ammonique, NH* Cpro. On obtient ce sel cristallisé quand on fait absorber à Tacide capronique du gaz ammoniacal ; mais il redevient liquide quand Tacide absorbe une plus grande quantité de gaz.
Capronate bary tique ^ Ba Cpro. Il ne renferme pas d*eau, et cristallise par révaporation, à + 3o% en aiguilles susceptibles d acquérir de I à I ~ pouce de longueur, si le volume de la solution est assez grand. Par Tévaporation spontanée à + 18°, il cristallise en groupes de lames sexlatères très-brillantes; mais ces cristaux prennent à Tair un aspect talqueux. Ce sel, qui, cristallisé à une température plus basse , affecte une forme différente , contient de Teau qui s'en va à Tair, ce qui lui donne un aspect laiteux, comme nous Tavons dit ci-dessus. A une chaleur modérée, ce sel fond , et à une température plus élevée, il se décompose. A + io®,5, il n'exige que ia,46 parties d'eau pour se dissoudre. Suivant Lerch, le butyrate et le capronate barjtiques se combinent quelquefois par atomes égaux pour former un sel double, qu'il supposa d'abord contenir un acide particulier, auquel il avait donné le nom diacide i>accique. Quand ce sel double se produit, on n'obtient pas de capronate barytique pendant la préparation de Tacide capronique : le sel double se dépose en gros mamelons, souvent de la grosseur d'une noix, et qui sont formés de petits cristaux prismatiques qui , après avoir été redissous, cristallisent de la même façon. Ce sel double renferme de l'eau de cristallisation qui s'en va à fair, et dont le dégagement est accompagné d'une odeur de beurre rance. Si, après que ce dégagement a cessé, on redissout le produit, celui-ci se dédouble, et les deux sels cristallisent chacun séparément, en affectant la forme ordinaire. On n'a pas réussi à découvrir les circonstances dans lesquelles le sel double prend naissance; on ne peut donc pas le produire à volonté.
Capronate stron tique , Sr Cpro. Il cristallise en jlames , qui deviennent opaques à lair et d'un blanc d'émail. 11 fond avant de se décomposer.
Capronate calcique , Ca Cpro. Il cristallise en lamelles quadrilatères très-brillantes , se décompose par la fusion , et exige pour se dissoudre 49,4 parties d'eau à H- 14**.
ACIDE CAPRANIQUE. 89 ï
L^acide capronique se combine à Y oxyde plombique avec dégagement de chaleur. Mais cette combinaison n a pas encore été autrement étudiée.
Capronate argentique^ Ag Cpro. Par voie de double décomposition ^ il forme un précipité blanc et caséeux y sans réduction d'argent. Il est un peu soluble dans leau ; mais on ne l'obtient pas cristallisé.
Acide gapraniqce {acidum capranicum) et Acide caprinique ( acidum caprinicum ) .
Ces deux acides ont été découverts par Chevreuly qui les décrivit comme un seul acide sous le nom diacide caprique. Plus tard , Lerch fit voir que Tacide caprique de Chei^reul est constitué par deux acides : l'acide caprinique (acide caprique de Chevreul)^ et un autre qu'il appela acide captylique. Ce dernier nom présuppose un radical déterminé, le capryle; or, comme nous n'avons pas de raison d'attribuer à cet acide un radical non copule plutôt qu aux autres, nous avons changé ce nom en celui A* acide capranique.
Ces acides sont contenus dans le sel barytique ci-dessus mentionné, d'où l'on a extrait le butyrate et le capronate barytiques par de Teau chaude. On fait ensuite bouillir le sel avec une quantité d*eau suffisante pour le dissoudre, et on filtre la solution bouillante. Par le refroidissement, il se dépose du caprinate barytique en fines écailles, d'un éclat talqueux. On évapore l'eau mère jusqu'à réduction de trois quarts; par le refroidissement, il se dépose une plus grande quantité de ces écailles. La solution filtrée renferme le capranate barytique, qui, évaporé à une douce chaleur, se dépose eu grains et en mamelons.
On purifie ces deux sels, chacun séparément, par des cristallisations répétées, et on en retire les acides, comme nous l'avons dit pour l'acide capronique. On prend, pour 2 parties de sel barytique, I partie d'acide sulfurique et 1 partie d'eau.
Ces acides constituent la plus faible partie des acides volatils du beurre ; ils surnagent sur l'eau distillée sous forme d'une masse grasse, poisseuse.
Suivant Chevreuil l'acide caprinique, c'est-à-dire le mélange d'acide caprinique avec l'acide capranique, forme à + 18** un li-