‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 4)Chapitre 26 sur 91 · GLYCÉRINE · texte numérisé non relu

GLYCÉRINE

ifreuly qui le découvrit dans la graisse du delphinus phocœna , sépara Tacide volatil par la saponification , et le reconnut pour un acide particulier , qu'il appela acide phocénique ; il donna à la matière huileuse restante le nom de phocénine. Plusieurs années après, eut lieu la découverte de lacide valérianique. Dumas démontra que cet acide était le même que Facide phocénique; et ce qui vient encore à l'appui de ce fait, c'est que Cheçreul av^it également trouvé dans les baies du Diburnum opulus son acide phocénique, qui fut reconnu définitivement identique avec l'acide valérianique.

ChevreuldNM préparé sa phocénine exactement d'après la même méthode que la butyrine. Il la trouva composée de margarine , d'oléine et de valérianate lipylique , et il obtint environ un tiers du poids d'huile de dauphin. Le poids spécifique était 0,964 à -h 17". Elle a une odeur désagréable, qui approche de celle de l'acide valérianique ; elle renferme en effet une petite quantité de cet acide, qu'on peut enlever par de l'hydrate magnésique.

Telles sont les combinaisons particulières de l'oxyde lipylique avec les acides gras, quon est jusqu'à présent parvenu à obtenir. Les autres restent encore à découvrir.

Transformations de Voxyde lipylique. Au moment où l'oxyde iipylique abandonne ses combinaisons, il est transformé par Veau : 2 atomes d'oxyde lipylique se combinent avec 4 atomes d'eau ; trois de ces atomes d'eau entrent comme hydrogène et oxygène dans la cotobinaison, et le quatrième atome constitue de l'eau d'hydratation, que l'on peut séparer dans certaines circonstances, de telle façon que le composé qui prend naissance renferme les éléments de 2 atomes d'oxyde lipylique et de 3 atomes d'eau. Ce composé, c'est la glycérine.

Glycérine (i). On l'obtient en saponifiant à chaud une huile ou graisse par de l'oxyde plombique ; on y ajoute un peu d'eau, qu'on renouvelle sans cesse après sa vaporisation. L'oxyde plombique

(i) Voyez: Sur le principe doux de* huiles, par Scheele. (Journal de Grell, année 1784, 1. 1, p. 9g.)

Mémoire sur la glycérine, par Pelouze. (Annales de cliimie et de physique « t LXIir,

Sur les produits de décomposition de l*oxyde gljcérique, par Redtenl)acher. (Anualcx

de Liebig, t. XLTII, p. zx3.)

{Note du traducteur.)

44^ GLTOfRINB.

se combine avec les acides gras pour former des sels plombiques , pendant que loxyde lipylique s*unic à l'eau pour produire la gl j» cérine. L'addition d'eau a pour double but d aider à la transfor* mation de l'oxyde lipylique, et de s'opposer à une élévation trop grande de la température. On déverse la sofution de glycérine de dessus les sels plombiques qui restent sous forme d'emplâtre ; on lave ces sels en les pétrissant avec de l'eau bouillante , on ajoute l'eau de lavage à la solution de glycérine , et on y fait arriver un courant de gaz sulfide hydrique , qui précipite l'oxyde plombiqoe dissous par une certaine quantité de glycérine ; on filtre la liqueur, et on révapore au bain-marie.

Si l'on saponifie Thuile ou la graisse par l'hydrate potassique , on précipite les acides gras par un faible excès d'acide sulfurique , on filtre la liqueur, on la sature exactement par du carbonate po* lassique ou calcique^ et on l'évaporé au bain-marie jusqu'à siccité; en traitant le résidu par de l'alcool de o,833 densité, ou mieux encore par de l'alcool anhydre , on enlève la glycérine, qui reste, après l'évaporation , sous forme d'un sirop ^ais*

On peut encore saponifier la matière grasse par un hit de chaux, employé en quantité suffisante. Les sels calciques formés par les acides gras étant insolubles, sont facilement séparés : la glycérine reste en solution avec de la chaux libre. On traite la liqueur par de l'acide sulfurique étendu , jusqu'à ce qu'il se manifeste u%e légère réaction acide; puis on détruit cette réaction par une addition de carbonate calcique en poudre, et on évapore la liqueur au bain-marie : en reprenant le résidu par l'alcool , on dissout la glycérine, tandis qu'il reste un peu de sulfate calcique.

Dans W fabriques de bougies stéariques , on peut se procurer la glycérine en grande quantité à vil prix, parce qu'elle est absolument sans usage. Elle prend naissance pendant la saponification . avec l'hydrate calcique, et s'obtient à l'état d'une solution brunjaunâtre , qu'il faut purifier. Cette solution , on l'évaporé jusqu'à consistance sirupeuse , et on la chauffe dans une capsule jusqu'à + lao^'ou i3o". Après le refroidissement, on a un sirop peu épais, brun-jaunâtre, que l'on dissout dans 4^5 fois son poids d'alcool très-concentré; il se dépose des sulfates qui troublent la liqueur. On la laisse s'éclaircir dans un flacon fermé, ce qui d'ordinaire ne sVrfcclue que tiès-Ientement. On filtre la partie liquide, et on chasse lalcoul par la distillation. Puis on dissout le sirop

brun dans l^eau 1 on fait digérer la solution arec de Toxyde plombique en poudre, jusqu'à ce quun échantillon qu on retire montre qu'il y a de loxyde plorobique en dissolution dans la liqueur ; on la filtre, et on enlève loxyde plombique par le sulfide hydrique. Le but de cette opération est de débarrasser la glycérine d*un acide qui a pris naissance pendant la transformation de Toxyde lipyliquCy et avec lequel Toxyde plombique forme un soussel insoluble dans Teau. Après quoi la liqueur, qui a été traitée par le sulfide hydrique, n'a plus qu'une faible teinte jaunâtre, qu'on peut enlever complètement par le charbon animai lavé, de manière que la solution de glycérine devient tout à fait incolore. On la concentre ensuite dans le vide au-dessus de l'acide sulfurique. A l'air libre , elle se colore ; mais cette coloration n'implique pas de décomposition.

Les propriétés de la glycérine ont été étudiées d'abord complètement par Cheprmi; puis Pdauze est venu y ^yoiiler quelques détails importants.

La glycérine, aptes l'évaporation dans le vide, présente l'aspect d'un sirop épais, incolore, d'une saveur sucrée. Après avoir reposé pendant deux mois dans le vide, au-dessus de l'acide sulfurique^ son poids spécifique fut trouvé =: i,a8 à + i5*. Par l'évaporation à l'air, la glycérine jaunit^ et finit par devenir brun-jaunâtre. Audessus de + loo"", elle exhale une odeur de colle, qui diminue à mesure que la température s'élève. A -4- iSo"", elle a perdu toute son eau ; mais l'atome d'eau chimique n'est pas élimînable par la chaleur. Elle supporte + i5o^ sans être décomposée, mais elle répand sans cesse une vapeur sentant la colle , et qui se condense dans un vase tenu au-dessus; la liqueur devient sirupeuse. A une température plus élevée, une partie de la glycérine peut être distillée sans altération , tandis qu'une autre partie commence à se décomposer à mesure que la chaleur va en augmentant. On ne s'est pas assuré si, en interrompant la distillation à un moment donné, on obtient de la glycérine anhydre avec les vapeurs aqueuses qui passent. A une certaine époque de l'opération, le résidu se décompose en se boursouflant, ce qui fait que la masse déborde et qu'il setléveloppe de l'acrol , accompagné d'une liqueur acide qui renferme de l'acide acrolique. Il reste du charbon dans la cornue. La glycérine se dissout en toutes proportions dans l'eau et dans l'alcool, tandis qu'elle est insoluble ditns l'éther. A l'état sirupeux,

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