‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 4)Chapitre 46 sur 91 · II · texte numérisé non relu

II

Oxyde éthylique. •• Acide élaïdique.. . .

Poids atomique, 3879,04. Formule, C*H"0 + C^^H'K)'. L'oléate barytique doit donner les mêmes résultats de composition : traité par un peu d'acide nitreux et d alcool, il se change, au bout d'un petit nombre d'heures, en élaïdate éthylique.

Pyroléate éthylique (éther pyroléique), Âe pOI. lia été découvert et analysé par Redtenbachen On le prépare comme le précédent. C'est un liquide incolore, d'une odeur agréable, rappelant celle des melons; il est plus léger que Teau, et se prend à — 9** en une masse cristalline. Son point d'ébullition est supérieur à + 100^, et il peut être distillé sans altération. Peu soluble dans l'eau, il se dissout facilement dans l'alcool et dans Téther. La potasse caustique le décompose de la manière ordinaire.

Le pyroléate éthylique se compose de :

Atomes.

Ceatièmes.

Carbone... i4 Hydrogène. 26 Oxygène. . . 4

65,i63 io,o53 24,784

Oxyde éthylique. . • .

Acide pyroléique. . . .

Poids atomique, 1613,92. Formule, C*H"0 + C'^H'W.

Sitate éthylique j Ae Sit {éther cenanthique de Liebigel Pelouze). On le prépare comme les éthers précédents, en employant l'acide sitique, Talcool et l'acide chlorhydrique. On l'obtenait d*abord pendant la fabrication de Teau-de-vie retirée tant du vin que du seigle ; il était renfermé dans l'huile de/usel^ qui passe la dernière

SIT ATE KTinxiQüE. 6g5

à la distillation de la liqueur fermentée, ainsi que dans le résidu de la rectification des premières portions de Teau^de-vie faible. Il a été découvert par Liebig et Pelouze dans le vin. C'est cet éther qui produit Todeur au moyen de laquelle on peut reconnaître s\\ y a eu du vin dans une bouteille vide. Un mélange d'alcool et d'eau n'a pas cette odeur, mais il suffit d'une faible trace de cet éther pour la lui communiquer. On l'obtient en mêlant la lie du vin avec moitié de son volume d'eau et en distillant le mélange. Cette opération se fait sur une grande échelle en France 9 afin de tirer partie de la lie de vin. Par ce moyen on obtient un esprit de 0,96 de densité qu'on redistille, afin de ramener à la densité de 0,917. Lorsque, vers la fin, le liquide qui passe a une densité de 0,96, il commence à se dégager une huile de mauvaise odeur qui rend laiteuse la liqueur contenue dans le récipient^ cette huile, qu'on rassemble alors, est l'œnanthate éthylique. D'après des expériences faites en grand par Deschamps ^ on obtient une partie de cet éther en redistillant loooo parties d'esprit brut de 0,96. On a calculé d'après cela que le vin n'en renferme pas plus de xï^o'^ L'éther séparé contient ordinairement de l'acide œnanthique libre et de l'œnanthate cuivrique, qui lui communique une couleur verte. On le débarrasse de ce dernier sel en l'agitant avec une solution de carbonate sodique, avec laquelle il forme une liqueur laiteuse qui reste trouble jusqu'à ce qu'on la chauffe ; alors l'éther gagne la surface, et on peut le décanter. On le débarrasse ensuite de l'eau et de l'alcool , en le versant sur du chlorure calcique en morceaux assez grands pour faire déborder la liqueur. L'éther qu'on décante ensuite est pur.

C'est un liquide incolore, fluide, qui possède une odeur de vin excessivement forte, et une saveur acre, désagréable. Son poids spécifique est 0,862; son point d'ébullition est entre + 226^ et 23o^ On peut le distiller sans altération. A la distillation avec de l'eau, il passe six grammes d'éther pour chaque livre d'eau. Il est insoluble dans l'eau, mais soluble dans l'éther et l'alcool. Les carbonates alcalins n'y exercent pas d'action, mais les alcalis caustiques le décomposent en alcool et en acide œnanthique. L'ammoniaque fait ici une exception , car elle n'agit sur lui ni à l'état liquide ni à l'état gazeux.

D'après Liebig et Pelouze^ le sitate éthylique est composé de :

694 ABOLiiTE trnruQm.

Carbone... 18 7^1046

Hydrogène. 36 1I9969 Oxyde éthylique. •• ^4)663

Oxygène. • . 3 1 5,985 Acide sitique 759^37

Poids atomique, 1876,80. Formule, C*ff «O + O^H*«©*. La den5ité de sa vapeur a été trouvée par Zie&/^ et Pe/ouzez=z lo^SoS, D'après le calcul, elle est 10, 3348, en admettant que a volumes, = 1 atome, d'acide sitique se combinent avec a volumes d*oxyde éthylique.

fFoehler observa que les coings ( fruits du pyrus cydonici^ L.] ont une odeur qui rappelle singulièrement celle du sitate éthylique. Cette odeur réside dans l'enveioppe. Woehler distilla l'enveloppe de ces fruits, et il obtint une goutte d*une huile odorante, nageant sur le produit de la distillation. Il la traita par l'hydrate potassique, et la soumit à la distillation. Pendant cette opération, une petite partie de Thuile se volatilisa, et la liqueur alcaline resr tée dans la cornue donna par Tacide chlorhydrique un acide gras, qui avait les propriétés de Tacide sitique, autant que la petite quantité permit de le constater.

Aboliate éthylique^ Ae Abo (œnanthylate éthylique de TilUf), Il a été découvert par Tilley. On l'obtient comme le précédent Tilléy satura exactement la liqueur alcoolique par du carbonate calcique, et la soumit à la distillation : en traitant le produit distillé par Teau, il précipita Téther aboléique; il le lava à l'eau pour le débarrasser de l'alcool, et le déshydrata sur du chlorure calcique.

C'est un liquide incolore, plus léger que l'eau, d'une odeur pai> ticulière et d'une saveur brûlante. Entouré d'un mélange réfrigérant, il cristallise. Il est insoluble dans l'eau, et soluble dans l'alcool et dans Téther. D'après l'analyse de Tilley ^ il se compose de :

▲tomes. Centièmes.

Carbone. ( ••

Hydrogène. •

Oxyde éthylique. .

Oxygène. . . .

Acide aboléique. . •

Poids atomique : 1976,80. Formule : C* H" O H- C* H** 0\

GAPRONATE ETHTllQÜE. 69$

Adipate éthylique^ Ae Ad. II a été découvert et décrit par Malaguti. On le prépare comme le précédent. C*est un liquide oléagineux, doué d'une odeur de pommes et d'une saveur amère, presque acre. Son poids spécîBque est 1,001 à + 20%5. Le point d ebuliition + a3o®. L'hydrate potassique le décompose en acide adipique et en alcool. Il absorbe le gaz chlore, développe de l'acide chlorhydrique, et s^épaissit comme la térébenthine. D'après l'ana* Ijse de JUalagutij il se compose de :

Atomes.

Geotièmes.

Carbone.... 10

Oxyde éthylique . .

Oxygène. • . . 4

Acide adipique. . •

Poids atomique : 1263,52. Formule ; C* W O + C* H' 0\

Capronate éthylique^ Ae Cpo. Il a été découvert et décrit par Lerch. Fehling Ta aussi étudié. On l'obtient en chaufTant doucement I partie d acide capronique et i partie d'alcool anhydre avec ^ partie d'acide sulfurique concentré. En y ajoutant ensuite de l'eau, on sépare l'élher capronique, qu'on lave bien, et qu'on dessèche sur du chlorure calcique. Il a une odeur et une saveur de beurre ; cependant son odeur est un peu moins agréable que celle du beurre. Il a pour poids spéci6que 0,882 à -|- 18°; il bout, selon Lerchy à + 120°, et, d'après les dernières expériences de Fehling, à + I62^ Suivant les analyses des deux chimistes^ le capronate éthylique se compose de :

Atomes.

Centièmes.

Carbone. ... 16

Hydrogène. • 32

ii,o83

Oxyde éthylique. . .

Oxygène. ... 4

22,ao3

Acide capronique. . .

Poids atomique : 1801,60. Formule : C* H'° O + G" H" 0\ La densité de sa vapeur fut trouvée par Fehling =: 4)965. D'après le calcul, elle est =4)978; en admettant que 2 volumes, = I atome, d'acide capronique se sont combinés, sans condensation, avec 2 volumes de gaz oxyde éthylique, pour former 4 volumes de capronxite éthylique. Il est isomère avec l'acide capranique hydraté.

6g6 BÉHÉJfATE ÉTHTtlQVE.

Capranate éthjrlique, A.e Cpra. Il a déoouTeit par Fehling. On Tobtient comme le précédent; il est même plus facile à préparer que le butyrate éthylique^ car à peine y a-t-on ajouté un peu diacide sulfurique, que la liqueur commence à se troubler par Téther. On le lave et on le dessèche comme le précédent. C'est un liquide incolore, doué d'une odeur d'ananas. Son poids spécifique est 0,8^38 à + i5*; son point d'ébuUition, à +ai4'*- H ^st peu soluble dans l'eau, et se dissout facilement dans l'alcool et dans l'éther. On Ta trouvé composé de :

Atomes.

Gentmnes.

Carbone. ..

Hydrogène.

Oxygène. ..

Oxyde éthylique. .

Acide capranitpie. .

Poids atomique : ai52,oo. Formule : C* H" O + O^ U^W.

La densité de sa vapeur fut trouvée par Fehüngz=. 5,937. D'après le calcul, elle est =5,9458, en admettant que a volumes, =1 atome, d'acide capranique se sont combinés, sans condensation, avec a volumes de gaz oxyde éthylique, pow former 4 volumes de capranate éthylique.

Ricinélaïdate éthylique (éther palmitique). D'après Playfair^ on l'obtient comme les éthers à acides gras en général ; on le purifie aussi de même. A la température ordinaire de Tété, c est un liquide oléagineux; il cristallise à+ 16". Il est peu soluble dans l'alcool froid, tandis qu'il se dissout très-facilement dans l'alcool chaud, et y cristallise au-^lessous de + iQ". D'après l'analyse de Playfair^ il se compose de :

Atomes. Centièmes. , Carbone. . . 38 72,889

Hydrogène. 74 11,790 Oxyde éthylique. .. . 11,82

Oxygène... 6 i5,32i Acide ricinéloïdique. 88,18

Poids atomique : 3916^32. Formule : C* H~ O + C* H** 0^

Béhénate éthylique, Àe Bhn. Il ji été décrit par Mulder et Völker, On l'obtient comme le précédent. Il commence à cristal-

PALMISTEARATE KTHYLIQUE. 697

User ayant que Talcool soit saturé de gaz acide chlorhydrique. On sépare le reste en traitant la liqueur par Teau. On le lave ensuite à Teau, et on le cristallise dans Talcool. Il fond entre +4^** et + 49''* Il se saponifie facilement par Tébullition. On l'a trouvé composé de :

Atomes. Cenlièmes.

Carbone. ... 4^ 7^)01

Hydrogène.. «9a 12,96 Oxyde éthylique. • . io,44S

Oxygène. ... 4 9)^3 Acide béhénique. • . Sp^SSS

Poids atomique : 44a9,6o. Formule : C* W O + C*' H«* 0\

Senate éthylique, Ae Bn. Il a été préparé par Walter^ comme le précédent. Il se dépose sous forme d'une masse de cristaux ir* réguliers. Il est si fusible, qu'on ne peut pas l'exprimer à la main entre des doubles de papier brouillard. D'après l'analyse de ISPa/ter, il se compose de :

Atomes.

Centièmes.

Carbone. ...

Hydrogène..

Oxygène. . . .

Oxyde éthylique. .

Acide benique ....

Poids atomique : 3378,40. Formule : C* H'"0 + C" H" O^-

Palmistéarate éthylique^ Ae Plst. Il a été préparé et analysé par Frémy, On le prépare comme les éthers précédents. A la température moyenne de l'air, il est solide, et on peut l'obtenir cristallisé dans l'alcool sous formes de beaux prismes. Il a une faible odeur éthérée, fond à + 21% et se compose de :

Atomes. Centièmes.

Carbone... 36 76,101

Hydrogène. 7a 1 2,643

Oxygène... 4 11, 256

Oxyde éthylique. . . . 12,966 Acide palmistéarique. 87,034

Poids atomique : 3553,6o. Formule : C* H" O + C^ H** O'

698 COCCOSTJÉARATE iTHTLlQÜE.

Schwarz , qui a également préparé et analysé cet éther, y a trouvé 75^31 pour cent de carbone, et ia,53 d'hydrogène, d'où il

calcula la composition du Lipalmistéarate éthylique == Ae Plst

+ H Plst. Il donne des sels doubles avec les bases.

Palmitanate éthylique^ Âe Plt. Il a été obtenu par Schwarz. On le prépare comme les éthers précédents. Il ne tarde pas à se séparer, dans la liqueur, sous forme de gouttes. La partie encore dissoute, on la précipite par Teau. Après le lavage à Veau, il se prend en une masse cristalline qui peut être distillée sans altération. Il se dissout dans lalcool beaucoup plus à chaud qu'à froid, et y cristallise, par le refroidissement, en lamelles brillantes. On l'a trouvé composé de :

Hydrogène. 70 12,602 Oxyde éthylique. . . 1 3,349

Oxygène... 4 ii,54i Acide palmitanique. 86,65i

Poids atomique : 3466,o. Formule : C* H" O + C'^ H^ 0*.

Coccostéarate éthylique^ Ae Cost. Il a été obtenu par Broweis, On le prépare très-facilement, comme les éthers précédents : il vient se ramasser à la surface de la liqueur. C'est un liquide oléagineux, limpide, doué d'une odeur de pommes. D'après l'analyse de Bromeis , il se compose de :

Atomes. Centièmes.

Carbone... 3i 7 4^7 44 ^

Hydrogène. 62 I2,4i8 Oxyde éthylique ... . i4j857

Oxygène... 4 12, 838 Acide coccostéarique 85,i43

Poids atomique : 3ii5,6o. Formule : C* H'^ O + C*' W* 0^ D après Saint^Ei^rej sa composition est :

Atomes. Centièmes.

Carbone 26 7^)943

Hydrogène Sa 22,118

O^yg^ne 4 14,939

COCGULOSTEARATE ETHTLIQUE. 699

Poids atomique : 2677,60. Formule : C* H" O + C" H** 0\

Bimyristéarate éthylique^ Ae Mst + H Mst. Il a été découvert et analysé par Playfair. On le prépare comme les éthers précédents.

C'est un liquide clair, incolore, quelquefois un peu jaunâtre, huileux, d*un poids spécifique de o,864- Il est insoluble dans Feau, et se dissout difficilement tant dans Talcool que dans l'éther, plus à chaud qu*à froid. Il se saponifie par FébuUition avec la potasse, même en dissolution dans Talcool. Il se compose de :

Atomes. Centièmes.

Carbone. . • 60 74)4^5 Oxyde éthylique. . . 7,644

Hydrogène. 120 1 2,365 Acide myristéarique. 90,499

Oxygène... 8 i3,2io Eau i)857

Poids atomique : 6o56,o. Formule : (C* H" O + C» H** O')

4-(H + C** H^* O^). L eau peut y être remplacée par des bases. Playfuir remarqua aussi qu'on le dissout abondamment dans une solution de carbonate potassique ; mais il n essaya pas d étudier le myristéarate éthylo-potassique qui se produit dans cette circonstance.

Cocculostéarate éthylique^ Ae Cclst. Il a été préparé et examiné paf Francis. On l'obtient comme les précédents. Il se dépose dans la liqueur, coloré en jaune ou brunâtre» A la température ordinaire, il est solide et cassant, inodore; à une douce chaleur, il devient légèrement odorant, il fond sur la langue, et a une saveur de beurre. Il fond à + 32''. Il se décompose partiellement par la distillation. L'hydrate potassique le saponifie £aicilement, et il supporte rébuUition avec le carbonate potassique. Il se compose de :

Atomes. Centièmes.

Carbone. . . 89 76,766

Hydrogène. 78 12,753 Oxyde éthylique 12,129

Oxygène. •• 4 io,48x Acide cocculostéarique 87,871

700 CTHYL.

Poid« atomique : 38i6,4o. Formule : C* H" O + C* H* 0\

Uacrolate éthylique n'a pu être obtenu avec certitude. Dans les expériences que fit Redtenbacher pour préparer cet éther comme l'acétate éthylique, il obtint un produit qui avait les propriétés et la composition du formate éthylique. Desséché sur du chlorure calcique fondu, ce produit absorba de l'eau , devint translucide et cristallin ; mais, au bout de quelque temps, il tomba en une poudre restant en suspension dans lether, qui avait la composition de lacétate éthylique.

Oxyde éthjrlo-potassique , K Ae. Selon Uebig^ le potassium et le sodium s'oxydent dans l'alcool anhydre à + 5o% avec un vif dégagement de gaz hydrogène pur. Chaque atome de potassium» en s*oxydant, enlève à l'alcool les éléments de i atome deau^ il reste de l'oxyde éthylique, qui s'unit à la potasse anhydre. Cette réaction s'effectue de telle manière que i atome de potassium donne, avec i atome d'alcool, 2 atomes de gaz hydrogène et i atome d'oxyde éthylo-potassique. Ce nouveau composé se dissout dans Valcool jusqu'à saturation, et finit par s'y déposer en gros cristaux transparents (l'oxyde éthylo-sodique cristallise en grandes lames); et, par le refroidissement, toute la liqueur se prend en une masse cristalline. Ces cristaux peuvent être desséchés dans le vide sur de l'acide sulfiirique, et conservés à l'abri de l'humidké et de l'a« cide carbonique. Ils supportent + 80° sans se décomposer. On n'a pas dit comment ils se comportent à une température plus élevée. Par l'eau, ils se changent en hydrate potassique et en alcool, qu'on peut éliminer par la distillation. Dans cette réaction, on n'obtient que de l'hydrate potassique et de l'alcool. On n'a pas examiné comment l'oxyde éthylo-potassique se comporte avec le gaz acide carbonique sec. On pourrait croire qu'il y a formation de carbonate éthylo-potassique. Ce composé est le premier exem* pie connu de la production de l'oxyde éthylique par voie d'affinité chimique.

ÉTHYL.

En ôtant à l'oxyde éthylique l'atome d'oxygène, il reste C* H", radical composé que nous appelons éthyl. Cette manière de voir

lÎTHYL. 701

est d'autant plus fondée que loxjgène de Toxyde ëthylique peut s'échanger contre du soufre, du sélénium, du tellure, et contre les corps halogènes. Le sulfure éthylique a les propriétés d*une sulfobase, et peut se combiner avec des sulfides; mais il peut aussi se combiner avec des sulfobases, et les combinaisons de Téthyl avec les corps halogènes sont, sous tous les rapports, aux combinaisons de Toxyde éthylique avec les oxacides, ce que les sels haloïdes sont aux sels amphotères. Il est donc évident que le radical composé G* H" joue, comme le formyl G* H% le rôle d'un radical positif simple.

Loevig a essayé de séparer Téthyl du chlorure éthylique à l'aide du potassium. Il prétend qu'en versant, dans un petit appareil distillatoire convenable, du chlorure éthylique anhydre sur du potassium métallique, celui-ci s'unit au chlore, et il passe à la distillation du chlorure éthylique. Le potassium se recouvre d'une croûte blanche que l'on brise pour mettre le métal à sec ; puis on y verse de nouveau du chlorure éthylique, et le même phénomène se reproduit. On répète cette opération jusqu'à ce que tout le potassium se soit ainsi transformé en un corps blanc, d'où l'on sépare l'excès de chlorure éthylique par la distillation. Ge corps est un mélange ou une combinsson de chlorure et d'élhylure potassique. Soumis à la distillation sèche, il se charbonne et donne des gaz combustibles ; la masse charbonneuse qui reste s'enflamme au contact de l'air. Par l'analyse, il donna , en centièmes, 82,633 de carbone et 17,367 d'hydrogène, ce qui correspond très-bien à la formule G^ H'"*. Mais le produit ainsi analysé par voie de combustion renferme de l'éthylure potassique, et se dissout dans l'eau avec un violent dégagement d'hydrogène. Ge potassium fixe de l'acide carbonique quand il s'oxyde en combinaison avec du charbon, circonstance dont Loemg n'a pas tenu compte. Gette analyse ne prouve donc pas que le corps compris dans la masse saline a la composition deTéthyl. La liqueur alcaline contenait, outre la po* tasse et le chlorure potassique, ,un corps qu'on enleva par l'agitation avec l'éther, et qui, après l'évaporation dans le vide, resta à l'état d'une huile qui se volatilisa en peu de temps. Ge corps a une odeur particulière et une saveur acre , savonneuse. On ne l'a pas examiné davantage. Une expérience aussi incomplète a besoin d'être répétée, afin d'en tirer des conclusions. En attendant, nous considérerons Féthyl comme encore inconnu à l'état isolé.

701 SÜLFURB ETfiVLtQUe.

L'éthyl proprement dit devrait avoir pour oomposition :

Atomes« Centièmes.

Carbone 4 82,804

Poids atomique : 362,88. Formule : C* H"= Aë. En admettant que ces i4 volumes élémentaires sont condensés en i volume, on a pour la densité du gaz d*éthyl = 4949<>096. S*ils se sont condensés en 2 volumes, on aura 2,00498. Ce dernier cas paraît le plus probable, car il semble se déduire de la densité des vapeurs des combinaisons de Téthyl avec les corps halogènes, L*oxyde éthylique se compose alors , comme la vapeur d'eau, de 2 volumes de radical et de i volume d'oxygène , le tout condensé en 2 volumes.

Sulfure éthylique^ Ae (éther sulfhydrique). Il à été découvert par Doebereînery mais étudié plus particulièrement par Loewig el Regnault. Il y a plusieurs manières de l'obtenir. On mêle de laicool anhydre avec de Tacide chlorh^drique, et on fait dissoudre du sulfure ferrique dans le mélange. Le métal s'oxyde aux dépens de Talcool, et le soufre se combine en partie avec Thydrogène et en partie avec Téthyle formé. La première combinaison se dégage à letat de gaz, l'autre reste dans la liqueur, d'où on la précipite par l'eau. On peut aussi l'obtenir en rectifiant à plusieurs reprises des éthers composés sur du sulfure potassique ou barytique. Mais la manière la plus facile de l'obtenir à l'état pur consiste à chauffer du sulfate éthylique et de potasse dans un appareil distillatoire avec du sulfure potassique, K S, ou du sul&te barytique , Ba S. Par ce moyen , l'oxyde éthylique échange son oxygène contre le soufre du sulfure métallique. Il faut éviter la présence de l'eau, parce que celle-ci se décomposerait de pré£^ rence, et donnerait lieu à un dégagement de gaz hydrogène sulfuré.

Regnault le prépare en partageant en deux une solution alcoolique d'hydrate potassique, saturant Tune des parties complé* ment par du sulfide hydrique, et la mêlant à l'autre. On introduit ensuite la liqueur dans une cornue tubulée, et on y fait passer du chlorure éthylique en vapeur jusqu'à condensation ; après quoi

SÜLFURB iTHYLIQUfi. 7o3

on chauffe la liqueur. Il se produit d'abord du chlorure potassique, qui se précipite pendant qu il passe du ^Ifure éthylique avec l'alcool. Cependant il serait peut-être plus simple de mêler la solution alcoolique du sulfure potassique avec du sulfate éthylo-potassique facile à préparer, et de soumettre le mélange à la distillation. Ce dernier sel est soluble dans l'alcool, et se décompose sur-le-champ.

Le produit de la distillation est lavé avec de leau et rectifié sur du chlorure calcique. Le sulfure éthylique est un liquide incolore, très-mobile, d'une odeur Hiassa fœtida très-pénétrante et très-désagréable, mais en même temps un peu éthérée. Sa saveur est douceâtre. Son poids spécifique est 0,8 a 5 à 4-^0% et son point d'ébul-lition 4 + 75*"; et il peut être distillé sans altération. Il ne réagit pas sur les couleurs végétales, est peu soluble dans Teau, à laquelle, toutefois^ il communique sa saveur et son odeur; il se mêle en toutes proportions avec l'alcool et Téther« ne s'altère pas à l'air, est très-inflammable et brûle avec une flamme bleue, en dé» gageant l'odeur de l'acide sulfureux, et n'est pas décomposé par une solution d'hydrate potassique, même à l'ébullitioh. Mais lorsqu'on le distille sur de l'hydrate potassique sec, il se décompose en partie, et il se dégage de l'alcool avec la partie non décomposée, tandis qu'il se forme du sulfure potassique dans l'hydrate. Il n'agit pas sur l'oxydé mercurique ; mais, dans une solution d'acétate plombique, il donne un précipité jaune. Lorsqu'on le mêle avec une solution alcoolique de »quinquc sulfure potassique ordinaire, KS^, il se forme un précipité blanc, qui est probablement du soufre.

Le sulfure éthylique contient :

Atomes. Centièmes.

Carbone.. ..»...• 4 53,3ii

Hydrogène 10 1I9O71

Soufre » • . • . 1 35,018

Poids atomique : 563,63. Formule : C* H'® S. La densité de sa vapeur a été trouvée par RegnauU^ 3, 10. D'après lé calcul, elle est 3,07651, en admettant que 2 volumes de gaz éthylique et i volume de vapeur de soyfre se sont condensés en 2 volumes.

L'éthyl se combine avec le soufre encore en d'autres proportions sur lesquelles nous reviendrons. Ces combinaisons ne s'obtien-

7o4 SULFH7DRAT£ BE SULFURE ÉTHTLiQUE.

nent pas direclemeDt , et on dirait qu'il y a deux modifications isomériques : Tune, indifférente conune Téther; Tautre, susceptible de former des combinaisons , d'où elle est séparée à l'état indifférent. On peut, comme je ferai Toîr, combiner le sulfure éthylique avec le sulfide hydrique ; et lorsque la combinaison arrive en contact avec un oxyde basique, celui-ci se réduit au moyen de l'hydrogène sulfuré, et le sulfure métallique se combine avec le sulfure éthylique. Ces combinaisons ont été découvertes par Zeiêe. En distillant du sulfhydrate potassique avec du sul&te éthylo-potassique, il obtint par double décomposition du sulfate potassique et du sulfhydrate de sulfure éthylique. Mais comme à cette époque la doctrine des éthers n'était pas encore aussi complète que maintenant , Zeise se représenta la nature du produit obtenu d'une autre manière que celle qui vient d'être indiquée. H le considéra comme un hydracide ayant pour radical le composé C* H" S% et par conséquent pour formule (C* H*'' S') -+• aH. Il donna à cet acide le nom de mercaptan (de mercurium captans^ à cause de l'énergie avec laquelle il agit sur l'oxyde mercurique). U admit que les deux atomes d'hydrogène s'échangent contre des métaux, et désigna le corps combiné avec les métaux, c'est-à-dire le radical du prétendu hydracide, sous le nom de mercaptum (de mercurio aptum)^ tandis qu'il nomma mercaptides les combinaisons dont il s'agit. Cette théorie explique parfaitement le phénomène, mais il est certainement plus simple et plus conforme aux idées développées précédemment, de considérer le mercaptan comme une combinaison de sulfide hydrique et de sulfure éthylique, et les combinaisons qu'il produit comme formées de sulfures métalliques et de sulfure éthylique.

Sulpiydrate de sulfure éthyliqucy Ae H (mercaptan). Suivant Zeise, on l'obtient de la manière suivante : On distille au bainmarie une solution concentrée de loo parties en poids de sulfate d^oxyde éthylique et de chaux broyé et cristallisé, avec 565 parties d*une solution de sulfhydrate barytique contenant assez de sel pour fournir i5,5 pour cent de son poids de sulfate barytique (i). La solution de sulftiydrate s'obtient en faisant passer un courant

(i) Cell« soltitioD s'obtient en faisant arriver du gaz suIGde hydrique dans un mélaDjc d'hydrate barytique et dVaii.

SULJPHTDAATE DE SULFURE ÉTHtUQUB. 'JoS

de gaz sulfide hydrique dans un mélange d'hydrate barytique et d'eau. Il faut avoir soin de refroidir le récipient. La niasse écume beaucoup, ce qui exige que l'opération se fasse dans un vaisseau de grande dimension et avec précaution. Après cinq heures environ, on obtient, de loo grammes de sel, 0,82 pouce cube décimal d'une liqueur incolore, éthérée, qu'on retire. En continuant la distillation, on obtient encdre de ce liquide mêlé d*eau. Ce produit, quia 0,84^ de poids spécifique, n'est pas encore pur; il renferme un excès de sulfide hydrique, de Talcool et de leau, dont on le débarrasse en le soumettant à une nouvelle distillation sur de loxyde mercurique. Le mercaptan est tellement avide d'oxyde mercurique, que ce corps le transforme presque instantanément, et avec un vif dégagement de chaleur, en une masse blanche, cristalline , d'un éclat de graisse. Cette réaction exige qu'on ait soin de ne pas perdre les parties volatilisées par la chaleur qui se dégage. A cet effet, on met l'oxyde mercurique dans une cornue tubulée, munie de son récipient ; on refroidit l'un et l'autre artitificiellement , et on verse peu à peu le sulfhydrate de sulfure éthylique par un tube de si\reté servant d'entonnoir. Après avoir versé environ 3 à 4 parties de sulfhydrate sur une partie d oxyde, on retire la cornue de la glace , on agite le tout et on chauffe doucement, sans retirer le récipient de la glace. Par ce moyen, on favorise la combinaison de l'oxyde encore libre avec le sulfhydrate. On chauffe à la fin la masse jusqu'à la fusion, qui s'opère à + 4o°, et détermine une nouvelle combinaison avec violence. On élimine ce qui reste de substances volatiles en chauffant jusqu'à+1 14° 9 après quoi on décante avec précaution la partie fondue et claire de dessus le sulfure mercurique qui s'est formé. Après le refroidissement et la coagulation de la masse, on la réduit en poudre et on la lave avec de l'alcool, jusqu'à ce que l'eau cesse de rendre laiteux l'alcool employé à ce lavage, et y détermine un léger précipité cristallin. Le précipité laiteux est dû à la séparation d'un sulfure étranger qui était dissous, et qui , en se déposant, forme un corps oléagineux. Le précipité cristallin est le sel lui-même, dont l'alcool a dissous une petite quantité. La masse lavée est refondue à loo** pour la débarrasser de l'alcool; après quoi on la pulvérise , on mêle la poudre avec du quartz pulvérisé, afin d'atteindre un plus grand état de division; on met le mélange dans un tube de verre, et on fait passer à travers ce tube VI. 45

706 8UI«FHTD11ATB DB SULFURE lÉTHTIilQUE.

un courant de gaz hydrogène salfurë. On chauffe le tube aa bain^marie jusqu a + 60^, et on dirige les produits Tolatils dans un flacon entouré de glace et de sel marin , et muni d'un tube étroit pour le dégagement de l'hydrogène sulfuré en excès. On change de flacon pour savoir si la décomposition est acheyée. Le bainmarie ne doit pas atteindre la température de + 85% sans quoi le sel de mercure entrerait en fusion et serait plus difficile à décomposer. Le sulfhydrate de sulfure éthyiique est alors pur; cependant il renferme encore une petite quantité de suifide hydrique, dont on le débarrasse en l'agitant avec de petites quantités du sel broyé fin , et en distillant ensuite la niasse à une chaleur trèsdouce^ environ à + 58% afin qu'elle n'entre pas en ébullition.

lAebig indique le procédé suivant, qui fournit un produit plus abondant : On distille au bain-marie une solution concentrée de sulfate d'oxyde éthyiique et de chaux, d'un poids spécifique de 1,28, mélangée avec un volume égal au sien d'une solution de potasse de même densité, et saturée préalablement avec du suifide hydrique. Il faut refroidir le récipient. Le produit qui passe renferme un excès d'acide sulfhydrique^ d'alcool et d'eau , qu'on enlève en rectifiant le mélange sur du sulfure de mercure et d'éthyle, et le faisant digérer avec du chlorure calcique. Celui-ci a pour objet de retenir l'eau.

Selon fFoehler, le produit brut s'obtient plus facilement parla méthode suivante : On sature par la potasse le mélange d'alcool et d'acide sulfurique, tel qu'on le prépare pour se procurer les sulfates d'oxyde éthyiique; on sépare la liqueur du* sulfate potassique précipité par la décantation , on la mêle avec un excès de lessive de potasse, on la sature par le gaz suifide hydrique, et on là soumet ensuite à la distillation.

Le sulfhydrate de sulfure éthyiique pur est un liquide incolore, éthéré, d'une odeur et d'une saveur d'oignon, qui ne réfracte pas la lumière comme le suifide carbonique , dont le poids spécifique est de 0,842, + à i5% suivant Z«>c, et de o,835, à +21*, suivant Liebig^ et qui, à l'état libre comme à letat dissous, ne réagit ni à la manière des acides, ni à la manière des alcalis. Il est très-inflammable, et brûle avec une Haninie bleue. 11 ne se fige pas à-r-aa"; sous la pression ordinaire, il entre en ébullition enife -4-6a* et 63% suivant Zeise; cependant Liebig a trouvé que ce liquide entre en ébullition à 4-36*,a, ce qui porte à croire qucZei«

SÜLFUTDRATE DE StLlftJRE ETHYLIQÜE. 707

a commis un lapsus calamL Liebig a trouvé que lorsqu'on suspend une goutte de ce liquide à Textrëmité d*un tube de verre, et quon agite vivement ce tube dans Fair, le froid produit par i'évapora* tion d^une partie de la goutte fait congeler Tautre partie en une masse feuillete'e, un peu visqueuse, qui se liquéfie ensuite, et se volatilise complètement. Il est un peu soluble dans Teau; 2 5 grammes d'eau à 17* en dissolvent y gouttes, et en prennent l'odeur et la saveur. L'alcool le dissout; l'eau en précipite une partie. Il se mêle en toutes proportions avec l'alcool anhydre et avec l'éther. Il dissout le soufre et le phosphore avec lenteur, mais en assez grande quantité ; il se comporte de la même manière avec l'iode, qui le colore en brun. En agitant la combinaison iodée avec de l'eau , on fait disparaître la couleur, et on détermine la séparation d une liqueur éthérée d'un volume moindre que celui de la combinaison employée.

Selon Loemg et Weidmann^ le suUhydrate éthylique absorbe le gaz oxyde nitrique, en devenant rouge de sang. Saturé de ce gaz, il le laisse échapper à l'air, en donnant des vapeurs rouges d'acide nilreux. Le gaz finit par se dégager complètement, surtout à la lumière du soleil.

Le potassium et le sodium le décomposent : le métal se combine avec le soufre du sulfide hydrique, dont l'hydrogène se dégage à l'état de gaz; et le sulfure métallique formé s'unit au sulfure éthylique pour produire un sel incolore. Par contre, il n'est pas décomposé par la potasse, la soude, ou les oxybases, qui n'exercent pas d'action sur le sulfide hydrique. Mais les bases que ce réactif transforme en sulfures métalliques produisent avec le mercaptan des combinaisons, dans lesquelles l'hydrogène du sulfide hydrique est remplacé par le métal de l'oxybase. Ces combinaisons se forment également lorsqu'on fait agir le mercaptan sur les seb des oxybases dont il s*agit.

Le sulfhydrate éthylique se compose, d'après Zeise^ de ;

Atomes. Centième».

Carbone.... 4 38,6^9

Hydrogène,. la 9,639 Sulfure éthylique. . ya,55a

Soufre a 5i,68a Sulfide hydrique. • • 37448

Poids atomique : 776,86. Formule : C* H*" S + H* S- La ém^

708 SüLFÜRC DOUBLE D'ÉTHTLE BT DE SODITTBC.

site de sa vapeur fut trouvée par Bunsen = 2,11. D après le calcul, elle est 2,1278, en admettant que 2 volumes de gaz sulfure ëthjlique s'unissent, sans condeiisation , à 2 volumes de gaz sulfide hydrique pour former 4 volumes.

De même que les sulfosels en général, les combinaisons du sulfure éthylique avec les sulfures métalliques sont, ou incolores, oa jaunes. Elles ont une tendance particulière à former des sels doubles, et c'est là la raison pour laquelle le sulfure potassique, KS, ne les décompose qu'à moitié; après quoi le sulfosel potassique formé reste en combinaison avec le résidu. Cette précipitation d'une sulfobase par une autre a donné lieu, pour la première fois, à une théorie plus exacte sur la nature de ces combinaisons. Dam la distillation sèche, elles se décomposent, et fournissent du sulfure éthylique, du sulfide hydrique, et la sulfobase inprganique reste avec du charbon; toutefois, les produits varient avec les différents degrés d'affinité des diverses sulfobases. La présence de Teau change les produits de la distillation.

Sulfure double d^éthjrle et de potassium^ K Ae. On l'obtient en faisant réagir le métal sur du sulfhydrate éthylique pur, et eu séparant l'excès de ce dernier par la distillation. C'est une masse blanche, grenue, sans éclat, qui, à l'état sec, peut être chauffée jusqu'à + 100® sans se décomposer. A une température plus élevée, il entre en fusion, noircit, et laisse un mélange de sulfure potassique et de charbon. L'eau le dissout rapidement et en abondance; l'alcool le dissout moins facilement. L'une et l'autre solution réagissent à la manière des alcalis. La solution alcoolique supporte la chaleur de l'ébullition sans que le sel se décompose ; la solution aqueuse s'altère au contraire facilement. Tant que la liqueur précipite encore les sels plombiques eu jaune, elle renferme du sulfure double d'éthyle et de potassium ; mais ensuite elle précipite les sels plombiques en blanc, et le chlorure mercurique en rouge brique. On ne connaît pas encore ce qu'elle renferme alors. Les acides , même étendus , agissent vivement et avec effervescence, lorsqu'on les verse sur le sel double sec. La solution est claire et ne dépose point de sulfhydrate éthylique, de sorte qu'il y a ici

également décomposition.

" " , Il

Sulfure double d^éthyle et de sodium^ Na Ae. 11 se comporte comme

le sel précédent. — On ne connaît pas d'autres sels à radical al-

caUn.

SULFURE d'^THTLE ET DE MERCURE. 709

Sulfure double déthyle et deplomb^ Pb Ae. On Tobtient en ajoutant peu à peu une solution alcoolique cl*acétate plombique à une solution de sulfhydrate éthylique dans Talcool. Le précipité est jaune, un peu cristallin. Lorsqu'on ajoute un excès de solution plombique, le précipité se redissout; et lorsqu'on en met assex pour que le précipité se redissolve presque complètement, il se sépare, après quelques instants, des aiguilles et des paillettes jaune citron, assez grandes et très-éclatantes, qui sont peut-être un sel double. Prises sur du papier, elles s'affaissent en une masse d'un éclat soyeux. Le sel plombique entre en fusion, et noircit à une douce chaleur. Il n'est pas décomposé par une lessive potassique. On ne saurait le produire avec le nitrate plombique \ il faut employer pour cela le carbonate, qui, par ce moyen, se transforme en une masse jaune.

Sulfure double d^éthyle et de cuivre^ Cu Âe. Le meilleur moyen de l'obtenir consiste à arroser de Toxyde cuivrique en poudre fine avec du sulfhydrate éthylique; après a4 heures, on obtient une masse molle, presque incolore, d'où l'on expulse le sulfhydrate éthylique en excès par la chaleur. Il se produit aussi lorsqu'on mêle le sel potassique dissous avec une solution de vitriol de cuivre; mais un excès de ce dernier sel le fait jaunir. Une solution alcoolique d'acétate cuivrique donne un précipité blanc, gélatineux, dans une solution alcoolique de sulfhydrate éthylique. Ce sel est blanc, avec une légère teinte de jaune, se dissout en petite quantité dans l'esprit-de-vin, n'est pas décomposé par une lessive de potasse bouillante , forme une solution incolore avec l'acide chlorhydrique , et supporte une chaleur asse^i forte sans se décomposer. Dans la flamme d'une bougie, il brûle en produisant une couleur vert bleu.

Sulfure d!éthyle et de mercure^ Hg Ae. Sa préparation a été indiquée plus haut. On Tobtient aussi en faisant digérer une solution de sulfhydrate éthylique dans l'alcool avec de l'oxyde mercupque» Après la fusion et la congélation, il a une texture cristalline distincte, et peut être regardé comme incolore. Inaltérable à 1 air et à la Itbmière, il est inodore ou peu odorant, mou, d'apparence grasse» et analogue au blanc de baleine ; il donne par le frottement une odeur particulière, qui ne ressemble pas à celle du sulfhydrate éthylique. Il entre en fusion entre + 85* et 87% coule comme une huile grasse et

7IO SUIiFÜRR DOUBLE p'fiTaTU (T P OR.

inflammable à lair libre. A + isi5% il commence à se décomposer, avec dégagement d'une vapeur qui attaque les yeux et développe une odeur piquante. A + i3o% il passe un produit incolore, plus pesant que l'eau et inflammable, mais qui donne de Tacide sulfureux par la combustion. Lorsqu'on emploie une chaleur suffisante, il ne reste presque rien dans la cornue, et il se réduit une grande quantité de mercure. Il ne se développe point de gaz.^ Le sel est peu soluble dans l'eau ou l'alcool, mais un peu plas dans ce dernier. Suivant Uebtg^ il se dissout dans 12 à i5 parties d*aIcool bouillant de 80 centièmes. Par le refroidissement, il cristallise de cette solution en feuilles molles, translucides et brillantes, qui, après la dessiccation, présentent l'éclat de l'argent poli. Liebig regarde la solution dans l'alcool , et la cristallisation de cette solution, comme le moyen le plus sûr de débarrasser le sel des substances étrangères. Chauffé dans l'éau, il fond, mais ne s'altère pas. II n'éprouve pas même de décomposition quand on le fait bouillir avec une lessive de potasse. Les acides étendus y sont MRS action, et les acides concentrés y produisent une aliéntion qui n'a pas encore été étudiée. Lorsqu'on fait agir du plomb sur le sel fondu, il se sépare du mercure, et le plomb se substitue à oe métal. Si on le traite par la voie humide au moyen du monosulfuit potassique, il reste du sulfure mercurique et il se dissout un id double. On peut le réunir par la fusion aveo le ohlorure mercarique« Lorsqu'on emploie une ohaleur plus forte, il s'opère une décomposition ; une liqueur fluide , éthérée, se dégage , et il resU une taïasse épaisse, mêlée de mercure métallique. Les produits de la distillation n'ont pas été examinés ultérieurement.

Suture double d^éthyle et d*argent^ As Ae. Il est incolore. D s'obtient, mais lentement, au moyen du chlorure d'argent, du suifhydrate élhylique et d'un peu d'alcool. Le précipité qui se forme dans une solution de nitrate argentique paraît contenir de l'acide nitrique.

^H^w^e double d^éth)r!^0td*orj Au Ae ou Au Ae'« On l'obtient en mêlant une solution de i partie de sulfhydrate éthyhque dans 60 k 70 parties d*alcoo) de 0,816 de densité, aveo une solution de chlorure d'or neutre dans i5 à ao parties d'alcool. Dans celte opération il faut veiller à ce que la totalité du sulfhydrate éthjlique ne soit pas précipitée. On obtient ainsi une bouillie épaisse

SULFOC41lBONàT£ lÊTHTUQUB. 7II

qu'on étend d alcool; la masse est ensuite portée sur un filtre, larvée avec de resprit-de-vin, et à la fin desséchée dans le Tide. La combinaison forme alors des masses incolores^ semblables à de rhydrate aluminique desséché. Le frottement la rend électrique, $ans lui communiquer d odeur. Elle est insoluble dans Veau et YdX^ Qoo\; ce dernier en dissout tout au plus une trace. Elle n*est pas décomposée par la potasse caustique, Tacide chlorhydrique ou Tacide sulfurique, tant concentrés qu étendus. L'acide nitri* que y exerce une vive action. Le] sulfide hydrique et les sulfhy* drates la colorent lentement en jaune. Elle supporte une température de+ i^o'^sans se décomposer; chauffée plus fortement, elle donne, sans entrer en fusion, un liquide clair, faiblement jaunâtre, et laisse de l'or avec une trace insignifiante de charbon, et une trace de soufre sublimé dans le col de la cornue. La calcination à l'air libre ne fait pas perdre ^ à lor. Quant au liquide qui aurait dû être le mercaptum^ il en différait, ne formait point de. combinaison avec le potassium, et paraissait être un mélange de plusieurs corps. Le produit n a pas été analysé; on ne sait, par conséquent) laquelle des deux formules il

faut lui donner; celle de À Ae' paraît la plus probable.

Sulfure double éthyloplatinique ^ Pt Ae*. 11 se forme lorsqu'on verse une solution alcoolique de chlorure platinique dans une solution de sulthydrate éthylique. Il est jaune et incohérent. A la distillation , 11 supporte presque la chaleur rouge avant de commencera changer de couleur; alors il noircit, et il passe un liquide plus volatil , plus fluide que le sulfure double d'éthylc et d'or, et qui a une odeur différente. Il reste du sulfure platinique dans la cornue.

Sulfocarbonate éthylique^ Ae G. Il a été découvert par Schwelt zer. On ne l'obtient pas avec le sulfure éthylique libre indifférent et le sulfide carbonique; mais on le prépare de la manière suivante: On dissout de l'hydrate potassique dans 0,80 d'alcool, on divise la solution en deux parties égales : on sature l'une par du sulfide hydrique, et on la mêle à l'autre ; il se produit ainsi

une solution de K d^ns Talcool. Quand on ajoute cette solution à du sulfide carbonique, le sel potassique se sépare aussitôt à l'état dim liquide mohile, rpuge foncé ; puis on y fai( arriver lea ya-

^la COMBIVAISOirS doubles de SULFOCiLRBOHATB.

peurs de chlorure éthylique qui se condensent, et on laisse le tout reposer pendant une journée : il se dépose du chlorure potassique. On y fait ensuite arriver une nouvelle quantité de chlorure éthylique, et on répète cette opération jusqu'à ce qu'on puisse présumer que tout le sel potassique est décomposé. En y ajoutant alors de Feau, on précipite un produit oléagineux, souillé de sulGde carbonique libre, qu'on parvient à enlever en l'agitant avec une solution aqueuse étendue de sulfure potassique. Il faut opérer i une température très-basse, car la chaleur exercerait une action décomposante.

Le sulfocarbonate éthylique est un liquide jaune, oléagineux, d*une odeur alliacée, et d'une saveur agréable, douceâtre, anisée. Chauffé, il prend une couleur plus foncée, et reprend son aspect primitif par le refroidissement. Il commence à bouillir à + i6o*, mais son point d ebullition s'élève de plus en plus, ce qui paraît indiquer une décomposition. Il est inflammable, et brûle avec une flamme bleue. Dans une solution alcoolique chaude de sulfure potassique, il se décompose très-rapidement en sulfocarbonate potassique et en sulfure éthylique. On l'a trouvé composé de :

▲tomes. Centièmes.

Carbone , • . 5 36, 1 07

Hydrogène. 10 ^,998 Sulfure éthylique. • • 54,182

Soufre,... 3 57,8^5 Sulfide carbonique.* 4M'^

Poids atomique : io4o,25. Formule : C'H'''S+ CS*. On a tout lieu de croire que ce corps forme avec d'autres sulfocarbonates des sels doubles. On n'a pas encore essayé de les produire.

Combinaisons doubles de sulfocarbonate éthylique apec le carbonate éthylique. Ces combinaisons ont été découvertes et exactement étudiées par Zeise. Ce chimiste découvrit, en 182a, une combinaison acide de sulfure éthylique avec le sulfide carbonique et le bicarbonate éthylique, douée de la propriété de s'unir à des bases minérales pour former des sels. A cette époque, on n'avait pas encore développé la théorie de l'éthyle et des composés éthyliques; il était donc impossible d'avoir alors à cet égard une doctrine rationnelle. Il considéra l'élément qui était uni à la base minérale comme un acide particulier, et il l'appela acide xantho-

COMBIKAISONS DOUBLAS »R SULFOCARBOITATE. ^iS

génique^ de ÇavOo<, jaune, par allusion à la t^ouleur du sel cuivrique. Depuis la nouvelle théorie de Téther, Zeise reprit ses expériences, et il considéra cet acide comme une combinaison de i atome de sulfocarbonate éthylique avec i atome de sulfide carbonique hydraté, = ÀeC + HG : l'atome d'eau serait remplaçable par des oxybases inorganiques; de là la formation de sulfocarbonates

• H «Il

doubles d*oxyde éthylique et d'un oxyde métallique, =:AeC+RC. Cette manière de voir s'accorde avec les proportions relatives des éléments qu'on y a trouvés.

La plupart des expériences de Zeise ont été répétées par Liebigy Pelouze et Couèrbe^ qui ont trouvé les mêmes résultats. Cette recherche appartenait sans doute aux questions les plus difficiles qui puissent se rencontrer dans le domaine de la science.

Ces combinaisons furent depuis lors toujours représentées d'à* près la formule de Zeise. Mais on ne s'explique guère, par les rapports chimiques ordinaires, comment un sulfide puisse se combiner avec une oxybase. Le sulfide arsénieux se dissout, par exemple, dans l'hydrate potassique et en est complètement précipité par les acides, comme s'il n'y avait été qu'à l'état de sulfure arsénicopotassique. Or , nous savons qu'il se partage en arsénite et en sulfarsénite potassiques , et que le premier de ces sels peut être détruit par les réactifs, tandis que le dernier reste intact. La même chose a lieu avec le sulfocarbonate éthylique sous l'influence d'une oxybase, et il est évident qu'en triplant le poids atomique du sel formé de i atome de potasse, i atome d'oxyde éthylique et a atomes de sulfide carbonique , on obtient , par le groupement des

molécules élémentaires : (K C -h Âe C) + a (k Ö -h Âe il ) , formule qui doit être regardée comme représentant la composition rationnelle du produit, conformément aux rapports chimiques ordinaires. Ces combinaisons, on pourra les appeler oxysulfocar^ bonates éthyliques.

Lorsqu'on dissout i partie d'hydrate potassique fondu dans la parties d'alcool de 0,8 de densité, ou dans moitié autant d'alcool absolu, et qu'ensuite on ajoute peu à peu du sulfide carbonique , jusqu'à ce que la liqueur cesse de réagir à la manière des alcalis, il s'y produit un sel double qui s'appelait d'abord ;raiirAogénate potassique ^ puis sulfocarbonate éthylopoîassiquey et que nous appellerons oxjrsul/bcarboFUUe étkjrlopotassique» 11 saute ici

7l4 Bl^lI[.?OCiRB0]filT« iTOTUQTO.

tkux yeux que le parti^e de Talcool en oxyde éthylîque et en eau ne saurait être attribué à la force catalytique du sulfide carboni* que, mais qu*il doit avoir une autre cause, saYoir, Tinfluence de laffinité ehimique. Pe 6 atomes de sulfide carbonique, 2 atomes échangent leur soufre contre Toxygène de 2 atomes de po-

tas^e, d*où a atomes de K» et contre 1 atome d'oxygène de chacun des deux atomes d*alcool, d'où a atomes de sulfure éthyhque et a atomes d'can qui se séparent. Les a atomes d'acide carbonique ainsi produits se combinent avec i atome de potasse et i atome d oxyde éthylîque, provenant de l'alcool. Les 2 atomes de sulfure potisslque et 2 atomes de sulfure éthylique s'unissent à 4 atomes de sulfide carbonique pour former : (KC-f-Ac C) + 2 (KC-l-AeL). Ce que Ton s'explique moins bien, c'est la formation du carbonate éthylopotassique dans une solution de potasse libre. Je renvoie ici à la préparation déjà indiquée du carbonate éthylopotassique libre,

En refroidissant la liqueur jusqu'à o**, on détermine la cristallisation de l'oxysulfocarbonate éthylopotassique en aiguilles incolores 5 on verse de Teau dans l'eau mère, pour précipiter le sulfure de carbone employé en excès; on décante la liqueur claire, et on révapore avec précaution, d'abord à Taîr, et ensuite dans le vide sur l'acide sulfurique; par ce moyen on obtient une nouvelle quantité d'oxysulfocarbonate potassique.

Biiulfoearbonate éthylique (À6C+i4C)+2(lllG+iiË>P<>ur Tobtenir^ on porte le sel précédent dans un verre cylindrique haut et étroit I et on verse dessus de l'acide sulfurique ou clilorbydrique, étendus préalablement de 4 ^ S volumes d'eau. Au bout de 2 à 3 minutes, il s'est formé une liqueur laiteuse, à laquelle on ajoute 4 ^ S fois son volume d'eau ; cette addition d'eau doit se faire peu à peu et sans remuer la liqueur, afin que le hisulfo* carbonate éthylique séparé puisse se déposer et se rassembler 3ur le fond du vase. Cela fait, on ajoute 5o à 60 volumes d'eau pour étendre et écarter l'acide sulfurique ou chlorhydrique en excès, et on lave à plusieurs reprises le bisulfocarbonate éthylique avec de l'eau froide sans remuer beaucoup la liqueur, et en ayant soin de décanter Teau après chaque lavage. Le bisuifocarbonate fthyUqpf^ ^t Uquidß^ d<$ coqaistRI^ce o)é«gineuse, inco*

BI9ÜIiFOG4RBOirATB JÎTHTUQUB. f)î5

Ior#, pluf pesant que Veau ; il si une odeur forte et particulière, et une sapeur d'abord acre et acide, ensuite astringente et amère. Il rougit d abord, et blanchit ensuite le papier de tournesol« Il est très^inflammable, et sa combustion est accompagnée d une forte odeur dacide sulfureux. Il ne supporte pas la chaleur« Aussitôt qu'il approche de + %4'*y il commence à se troubler, s'échauffe, entre en ébuUition ; et si Ton opère dans un yaisseau distillatoive, il passe d abord un peu de sulfide carbonique pur, ensuite une solution de sulfide carbonique, dans l'alcool, et à la fin de Valcool pur. Cette décomposition a lieu, soit qu'il y ait de Feau, soit qu'on ait d'abord élimine ce liquide au moyen du chlorure calcique. Mais lorsqu'il y a de l'eau, il passe d'abord du sulfide carbonique sans mélange, et c'est seulement après, lorsque la température est plus élevée, qu'il passe de l'esprit-de-vin.

Mis en contact avec l'air, il se décompose, et se recouvre d'une croûte blanche , non transparente, lie mâme effet se produit lorsqu'on le conserve sous de l'eau contenant dp l'air; dans ce cas, la décomposition se fait lentement, si le bisutfocarbonate éthylique est réuni en une masse; mais elle s'opère rapidement, s'il est divisé. Voilà pourquoi on ne l'obtient pas en essayant de le précipiter de la solution du sulfocarbonate éthylopotassique. Du reste , il est insoluble dans l'eau. Il eispulse Tacide carbonique de ses combinaisons avec les alcalis et les terres alcalines, et se combine avec ces bases.

La composition de ce produit peut se déduire de celle du sel potassique; elle est :

▲tonst. Gentiènes.

Carbone.«« i8 29,486 Hydrogène. 36 49899 Soufre.« .. la 5a,5äi Oxygène. « . 6 i3,o84

Oxyde éthylique, • • • « 10,096 Acide carbonique« • « « x 1,996 Eau MS3

Sulfure éthylique« ••• ü^jSS^a Sulfide carbonique« . « 41)^74 Sulfide hydrique« • , • • 9,3oo

Poids atomique : 45o5,8o. Formule : (C*H'° 0C+ ÔC) +

a (C^H'^^SC + HC). On l'obtient en faisant réagir toutes les bases fortes sur une solution alcoolique de sulfide carbonique. I^es oi^r-

7l6 BISULFOGARBONATB BTHTUQÜE.

bonates alcalins même concourent à sa formation. Mais on ne l'obtient pas dans une solution éthérée de sulfide carbonicjue, en contact avec l*hjdrate potassique.

L'oxysulfocarbonate éthylique acide forme des sels particuliers, parmi lesquels ceux qui renferment un alcali ou une terre alcaline sont solubles dans Teau et dans lalcool. Mais la plupart des sels à bases d'oxydes métalliques sont insolubles. Les sels solubles ont une saveur fraîche et piquante, avec un arrière-goût de soufre. Chauffés à lair, ces sels s'enflamment, et brûlent en lançant des étincelles. Traités à la distillation sèche , ils se décomposent, et fournissent des produits volatils particuliers, tandis quil reste dans la cornue un sulfure métallique mêlé de charbon. Les produite volatils sont : i* un gaz doué d'une forte odeur d'ail , mais qui, d'après l'analyse, n'est qu'un mélange de gaz acide carbonique et de gaz hydrogène sulfuré; 2* une huile particulière, à laquelle Zeise donne le nom d'huile de xanthogène. Cette huile est jaunâtre et claire, a une odeur forte et particulière, différente de celles de l'hydrogène sulfuré et du sulfide carbonique, et qui adhère à tout ce qu'on met en contact avec l'huile. Sa saveur est douceâtre et piquante. Elle est peu soluble dans l'eau, mais elle se dissout facilement dans l'alcool, même très^aqueux. Cette huile ne réagit ni comme les alcalis, ni comme les acides, et les dissolutions des sels plombiques et cuivriques n'en sont pas colorées. Elle est trèsinflammable et brûle avec une flamme bleue, et en répandant une odeur d'acide sulfureux; parmi les produits de la combustion se trouve de leau, qui peut être condensée. — Quand on distille le sel potassique, le résidu contient différents produits, suivant que l'opération a été poussée plus ou moins loin. D'abord ou y trouve une masse rouge, qui consiste en un mélange de sulfhydrate et de sulfocarbonate potassiques avec du persulfure potassique. Si Ton continue l'opération, il passe une nouvelle quantité d'huile et de gaz, et l'on obtient une masse noire et cristalline, qui consiste en sulfhydrate potassique, mêlé avec du charbon et du persulfure de potassium. Quand on élève, encore davantage la température, il reste à la fin un sulfure potassique mêlé avec du charbon provenant du sulfide carbonique décomposé.

Couêrbe a aussi étudié les produits de distillation de ces sels. D soutient que Y huile de xanthogène de Zeise est un mélange de sulfide carbonique, de sulfhydrate éthylique et d'un corps nouveau,

OXTSÜLFOCaRBOKATE ISTHYLOPOTAS8IQÜE. 717

qu*il appelle xanthiL En maintenant l'huile à une température de + 100* dans une cornue, les deux premiers composés se dégagent, tandis que le xanthil reste. On le purifie en le dissolvant danslalcool mêlé d*hydrate potassique, qui détruit les mélanges étrangers, puis on le sépare par l'eau : le produit vient nager à la surface. C'est, suivant Couërbe^ un liquide incolore, d'une odeur péné' tränte, désagréable, d'un poids spécifique de 0,894, et bouillant à + I3o^ Il est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et dans Téther. Il se compose de C*H*®0^, c'est-à-dire qu'on pourrait le regarder comme du trioxjde éthylique. La densité de sa vapeur fut trouvée = 3,564; d'après le calcul, elle est 3,66849 ^^ supposant que les éléments se condensent en 7, volumes. Mais cette composition n'est pas probable ; car Couèrbe n'a pas expliqué comment , dans l'opération décrite, l'oxyde éthylique peut se combiner avec 3 atomes d'oxygène, et d'où proviendrait cet oxygène.

Par la distillation du sel plombique, on obtient, outre le sulfide carbonique et le sulfhydrate éthylique, un autre produit oléagi* neux, qu'il appelle xantharine : ce produit passe à + i4S% quand on élimine les autres corps par la rectification. On le purifie en le distillant avec une solution aqueuse d'hydrate potassique. C'est un liquide incolore, d'une odeur particulière, pas trop désagréable, d'une saveur douce, et d'un poids spécifique de i,oia. Couèrbe le trouva composé de C*H'^SO*; il détermina la densité de la vapeur, = 49541. D'après le calcul, elle est 4^795 , en admettant que les volumes se sont condensés en 3 volumes. En traitant la xantharine par une solution alcoolique de potasse, on obtient une masse saline incolore, formée de i atome de potasse et i atome de xantharine, et que Couèrbe regarde comme composée de 3 atomes d'acétate et de i atome de bisulfure potassique, sans s'être assuré par l'analyse s'il y a réellement un sulfure alcalin. Ces données exi«

gent des expériences nouvelles et plus xlétaillées.

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