‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 4)Chapitre 54 sur 91 · SELS DOUBLE» D*ÉLA.YLO-CHLORURE PLA.TI«£OX · texte numérisé non relu

SELS DOUBLE» D*ÉLA.YLO-CHLORURE PLA.TI«£OX

Le chlorure platineux peut aussî se combiner avec une quanbté double d^ëlayle, et former uu blélaylo^chlorure plaiineuxy bien que cette combinaison ait par elle-niême moins de stabilité que la précédente. Elle se forme lorsqu'on mêle une solution d'élaylochlorure platineux dans Teau avec du nitrate argentique , jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité, et en ayant soin de ne pas ajouter un excès du sel argentique. Par ce moyen la moitié du chlorure platineux se décompose, on obtient un précipité jaune de chlorure argentique platinifère, et la solution retient une combinaison de 2 atomes doubles d'élayle avec i atome de chlorure platineux =126 H* -H Pt GL Quelques instants après que le sel argentique a été séparé par la filtration , elle commence à se décomposer, la liqueur retient de Tacide chlorhydrique, et il se forme un précipité noir, abondant , qui n'a pas été examiné, mais qui est peut-être de lacétylure platinique formé par la transformation du C* H^ en C* H* au moyen du chlore et du chlorure. On ne sait pas si une addition d acide chlorhydrique empêcherait la décomposition de la combinaison dissoute.

Lorsqu'on mêle de l'élaylo-chlorure platineux avec du chlorure sodique, potassique ou ammonique^ le sel ajouté s'unit à la moitié du chlorure , et l'on obtient un sel double qui retient en combinaison l'autre moitié du chlorure avec la totalité de l'élayle, et il se forme un sel triple de biélaylo-chlorure platineux avec le sel double qui vient de se produire.

Sels doubles d élaylo-chlorure platineux. Le premier de ces sels a été découvert par moi. Je l'ai obtenu en distillant une solution aU coolique de chlorure soJico-platinique pour séparer l'alcool, et en neutralisant à peu près le résidu acide par le carbonate potassique 5 au bout de 12 heures il s'est déposé, en beaux cristaux^ un sel j^une citron qui, ayant été chauffé, a pris feu et a brûlé avec flamme et boursouflement, comme un sel à acide organique. 11 a été examiné par Magnus , qui a trouvé qu'il contenait un corps éthéré particulier; mais c'est à Zeise^ qu'on doit la connaissance de sa véritable constitution. Il montra que ces sels se composent de I atome de chlorure alcalin et de 2 atomes d'élaylo -chlorure platineux, ou, si Ton aime mieux, de i atome de sel douhle et de I atome de biélaylo-chlorure platineux, c'est-à-dire qu on peut les

^LAYLO-CMLORURE PLATINOSO-Ï^OTASSIQUE. 79g

représenter, soit par R €1 + 2 (Pt €1 +C* H*), soit par (R €1 + Pt€l) + (PtCl + C»H*).

Elaylo^hlorure platinoso-potassique, K €1 4- 2 (Pt Cl + C* H*). Zeise le prépare en mêlant de Télaylo-chlorure platineux avec du chlorure potassique, éraporant dans le vide jusquà siccité, redis* solvant dans l'eau acidulée d'acide cblorhydrique, séparant la solution de Télayure de platine, de la résine, etc., par la fîltration, et évaporant de nouveau. Les évaporations doivent s'opérer à l'abri de la lumière. Le sel se prend facilement en cristaux assez volumineux, réguliers^ jaune citron» et presque transparents. Il contient 4)6a5 pour 100 ou a atomes d'eau de cristallisation, qu'il perd peu à peu dans le vide, et qu'il est très^facile de séparer à + loo* dans un courant d'air sec. Dans cette opération le sel n'éprouve d'autre changement que de perdre sa transparence. A la distillation sèche, il donne les mêmes produits que l'élaylo-* chlorure platineux. Il exige, pour se dissoudre, 5 parties d'eau chaude dont la température n'a pas été bien déterminée, et un peu plus d'alcool. La solution a une saveur astringente, métallique et persistante, rougit le papier de tournesol, a une couleur jaune , et supporte une température de + 90** ; mais alors ce sel commence à se décomposer, et fournit les mêmes produits que rélaylo-chlorure platineux. Cependant la décomposition ne dépasse pas une certaine limite; après quoi l'acide chlorhydrlque formé dans la liqueur préserve le sel d'une décomposition ultérieure. Une addition d'acide chlorhydrlque ou sulfurique, ou même d'acide nitrique, s'oppose à la décomposition, et permet de faire bouillir longtemps la solution sans qu'elle s'altère. La lumière solaire décompose le sel tant solide que dissous; le sel commence à prendre une couleur verdàtre à la surface, et il finit par noircir; dans ce phénomène , il se développe de l'acide chlorhydrlque, et il reste du carbure platinique avec du chlorure potassique. Zeise dit que lorsqu'on conduit du gaz hydrogène dans la solution, il se forme de l'acide chlorhydrlque, etil se précipite de l'élayure platinique jusqu'à ce que la liqueur ait atteint un certain degré d'acidité. Lorsqu'on fait passer du gaz hydrogène sur le sel en poudre et chauffé, il se décompose complètement. Le gaz chlore n'agit sur le sel en poudre qu'à l'aide de la chaleur; on obtient du chlorure potassico-platinique, du gaz acide chlorbydriquei et un sublimé de sesquichlorure carbonique G GtV

8oO ÉLATLO-CMLORURE PLATINRUK AMMOHIA^CAL.

«n cristaux. Le nitrate d*argent en dissolution décompose lecUorure platinoso-potassique, en laissant du biélayurechloro-platiiieia dans la liqueur.

Èlaylo-chlorure platinososoiüque^ Na €1 + a (Pt €1 + C* H*). C'est un sel très-soluble dans leau et difficile à obtenir cristallisé.

£lajrl(H:hlorureplaänoso'ammoniquej Am Cl + a (PtCl + O H*), On le prépare comme le sel potassique, en substituant à la potasse lammoniaque. Ses cristaux sont plus gros, mais de la même fonne que ceux du sel potassique : il renferme probablement a atomes d eau de cristallisation. Il est plus soluble que le sel potassique, tant dans leau que dans Talcool. Au reste, il lui ressemble dau ses réactions, en tenant compte de la différence de la base.

Élaylo^hlorure platineux ammoniacal ^ a C'H^Gl + Nfi^ Il se précipite quand on mêle la solution d'un des sels précédents dans Teau avec de l'ammoniaque caustique. Par ce moyen elle se préci* pite sous la forme d'une poudre jaune citron. Il vaut mieux se servir du carbonate ammonique dans cette précipitation ; car si Tod ajoute un excès d ammoniaque caustique, celle-ci exerce une action décomposante sur le précipité. Le sel en question n'étant pas tout à fait insoluble dans l'eau, doit être précipité de solution j concentrées, et lavé avec très-peu d'eau. Il est à peu prèsauss solu^ble dans l'eau que le gypse, mais l'alcool le dissout un peu | plus abondamment. La lumière solaire le décompose, et le tiaos* forme en un mélange de chlorure ammonique et de carbure platinique. L'évaporation fait éprouver la même altération à sa solution dans l'eau. La solution alcoolique peut être évaporée jus({u a siccité sans décomposition sensible, mais le résidu ne montre , aucun indice de cristallisation. Dans la distillation sèche, il four- | nit de l'acide chlorhydrique et du sel ammoniac, et il reste da carbure platinique. La potasse en dégage de l'ammoniaque par l'ébullition. |

^Zeise a analysé tous ces sels avec le plus grand soin, mais cest l'analyse du sel potassique qui a fourni le résultat principal. Cette analyse a donné :

COMBINAISONS MJ£TUrUQUES. 8oi

Atomes. Centiènios.

Carbone 4 6,485

Hydrogène. ••• • 8 i)077

Chlore 6 28,702

Platine 2 53,i85

Potassium. • i io,55i

Poids atomique : 4633,26. Formule : K €1 + a (Pt €1 + C* H').

On obtiendrait très-probablement des combinaisons analogues avec les métaux qui accompagnent le platine, peut-être même avec d'autres métaux. G*est encore un champ à explorer. Il serait très-intéressant de savoir si Ton ne pourrait pas copuler les bases de Gros et de Reiset avec lelayl, par un traitement convenable avec rélaylo-chlorure platineux ammoniacal.

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