‹ Traité de chimie minérale, végétale et animale (volume 5)Chapitre 33 sur 95 · LL1AGES 1) ARGENT · texte numérisé non relu

LL1AGES 1) ARGENT

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réduit en une feuille mince, par le martelage, avec un marteau poli sur une enclume polie, et Ton coupe cette feuille en petits morceaux carrés. On les pèse exactement, et on les enveloppe dans un peu de plomb mince, aplati au marteau, dont le poids est connu, afin qu’on puisse le déduire de celui du plomb, avec lequel l’argent doit être coupelle.

On procède à l’opération dans des fourneaux particuliers, dont la moufle ressemble, pour la forme, à un four à cuire. On fait du feu tout autour de cette moufle., dans laquelle on place les coupelles. Aussitôt que la moitié du fond de la moufle est au rouge blanc, elle est assez chaude pour la coupellation. On y place la coupelle vide, et on la pousse de plus en plus vers le fond de la moufle, jusqu’à ce qu elle commence à rougir. On y pose alors le plomb pesé, et, pour qu’il s’oxide rapidement, on met un charbon ardent à l’ouverture de la moufle. Quand la surface du plomb est entrée en mouvement, on y place l’argent enveloppé dans du plomb, et on le pose de préférence sur le bord intérieur de la coupelle, en ayant soin d’éviter que la surface lisse de celle-ci ne soit endommagée par le frottement. On diminue alors la chaleur, en ne remettant plus de charbon à l’ouverture de la moufle, afin que le mouvement du plomb soit uniforme sur tous les points; à cette époque, une légère fumée s’élève du plomb vers la voûte de la moufle. On tient le plomb dans un mouvement uniforme, qui ne doit pas être plus fort que celui dont nous venons de parler; mais, d’un autre côté, il faut prendre garde que la température ne s’abaisse pas assez pour que le plomb vitrifié cesse de couler. La masse métallique devient de moins en moins fusible, à mesure que la quantité de plomb brûlé augmente. Quand le bouton commence à s’arrondir, et que sa surface ptésente les couleurs de l’arc-en-ciel, on remet un charbon à l’ouverture de la moufle, jusqu’à ce que l’argent ail produit l’éclair, c’est-à-dire jus(|u’à ce (jue, tout le plomb étant brûlé, la surface de l’argent reste miroitante.

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Après la fuiguration, on tient encore l’argent quelques minutes dans la moufle, afin que tout le plomb vitrifié soil absorbé par la coupelle; puis on le refroidit peu à peu, en avançant la coupelle graduellement vers l’ouverture de la moufle. Aussitôt que l’argent s’est solidifié, on le de'taclie, tout chaud qp’il est encore, du verre de plomb qui se trouve au fond de la coupelle. Plus le bouton est gros, plus il faut de précaution pour le refroidir, afin qu’il ne roche pas, ce qui pourrait causer la perte d’une petite quantité d’argent. On brosse le bouton refroid i, pour le débarrasser de l’oxide plombique adhérent, et on le pèse. La perte qu’il a éprouvée pendant la coupellation, indique combien l’argent contenait de cuivre ou d’autres métaux combustibles. Les orfèvres emploient ce procédé en grand, pour purifier de l’argent qui contient beaucoup de cuivre, et ils se servent alors d’un test semblable à celui dont on fait usage dans les usines, quand on refond l’argent pour la dernière fois.

îi existe encore plusieurs autres méthodes pour purifier l’argent.

I® La liquation. Cette méthode est employée eu grand; elle consiste à fondre du cuivre argentifère avec deux parties et demie de plomb, et h couler la masse fondue en gâteaux épais et ronds. On introduit ces gâteaux dans un fourneau particulier, ou la chaleur est suffisante pour fondre l’alliage d’argent et de plomb, mais non pour fondre le cuivre* Le plomb et l’argent s’écoulent alors, et le cuivre, contenant un peu de plomb, reste sans être fondu. On purifie ensuite l’argent par la coupellation.

2^ On dissout l’alliage dans l’acide nitrique, ou mieux encore dans l’acide sulfurique concentré, qu’on a étendu d’un tiers d’eau, et qui est bouillant; l’argent est précipité de la dissolution à l’aide du cuivre. Il se présente alors sous forme de paillettes métalliques, grises, que l’on lave bien, et que l’on fond dans un creuset, après les avoir triturées avec un mélange de nitre et de borax. Le nitre brûle le cuivre, qui a suivi l’argent pendant la

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precipitation, et le régule reste pur. Cette méthode a sur les autres un avantage : la dissolution de sulfate cuivrique , évaporée jusqu’au point de cristalliser, donne une quantité de vitriol de cuivre, qui compense les frais de l’opération.

3*^ On dissout l’alliage dans l’acide nitrique, et on précipite la dissolution par le sel marin. Ce procédé a déjà été indiqué.

4° On dissout l’alliage dans l’acide nitrique et on précipite l’oxide cuivrique par un carbonate alcalin; mais il est difficile d’arriver exactement au point ou la dissolution ne renferme plus de cuivre, sans que le précipité contienne de l’argent. A la vérité, tous deux se précipitent ensemble; mais quand ils ont été pendant quelque temps en digestion dans la liqueur, le carbonate argentique précipite l’oxide cuivrique dissous.

Pour rendre la surface des ustensiles d’argent plus blanche qu’elle ne l’est, en raison du cuivre qu’elle contient, on a recours à une opération particulière; elle consiste à les faire bouillir avec une dissolution de tartre et de sel marin, qui dissout le cuivre à la superficie de la pièce, et laisse l’argent pur. En petit, on obtient le même résultat par le lavage avec l’ammoniaque caustique.

Les usages de l’argent métallique sont connus; son nitrate est employé en médecine.

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