Du mercure
Le mercure est connu de toute antiquité. On le rencontre très - rarement dans les mines. Il en existe des mines, à Almaden en Espagne, dans le duché de Deux -Ponts, à Idria dans l’Ilîyrie, dans l’Istrie, et en différons endroits des Indes orientales et occidentales. On le rencontre à l’état natif, en globules plus ou moins volumineux, disséminés dans de l’argile endurcie ou du spath calcaire , mais plus souvent en combinaison avec le soufre, et formant le cinabre, quelquefois aussi à l’état de chlorure.
H existe diPérens procédés pour extraire le mercure
Dü BIKRCUKE.
io4
(lu cinabre. Dans le duché de Deux -Ponts, cette opération a été perfectionnée plus qu’à nul autre endroit* On y assortit le minerai à la main, en ayant soin de ne choisir que celui qui contient du mercure. On le réduit en poudre, on mêle celle-ci avec de la chaux vive^ et on introduit le mélange dans des cornues de fer, munies de récipiens en verre. Quand il ne passe plus d’eau , on bouche les jointures de l’appareil avec de Pargile, et on augmente le feu, de manière à faire distiller le mercure. Cette opération est fondée sur la propriété que possède la chaux, d’enlever le soufre au mercure. Un quintal de minerai donne six à dix onces de mercure. En Espagne, on grille le minerai dans des fourneaux particuliers : le soufre brûle, et le mercure se réduit en vapeurs, qui sont reçues dans des aludels disposés de manière à ce que les vapeurs puissent s’y condenser. Par cette méthode, on économise du combustible, mais on perd beaucoup de mercure.
Dans plusieurs pays, on introduit le mercure dans de grandes bouteilles de fer forgé, qui sont fermées par un bouchon à vis, et on le verse ainsi dans le commerce. Mais le mercure qui vient d’Espagne, est renfermé dans des peaux de bouc, en deux ou trois doubles.
Le mercure obtenu de cette manière est assez pur. Quand il contient des métaux étrangers, il faut le soumettre à la distillation. Il convient d’y procéder, par petites portions, dans de fortes cornues de verre, dans lesquelles on a mis auparavant une quantité de limaille de fer égale au tiers ou au quart du poids du mercure. On adapte à la cornue un récipient à moitié plein d’eau, dans lequel le col de la cornue s’avance assez pour arriver jusqu’au-dessus de l’eau ; s’il est trop court, on peut l’allonger avec un cornet de papier. Par cet arrangement, on empêche que le mercure chaud ne tombe immédiatement sur le verre, ce qui pourrait le faire éclater. Cependant il n’est pas possible d’obtenir par ce moyen du mercure parfaitement pur, soit parce que, pendant l’ébulliüon, le métal lance souvent des goulles