SULFURE DE >1 ER CURE
Ce changement provient de ia rédaction de Toxide. On peut aussi découvrir la présence du minium, en versant de l’acide nitrique sur l’oxide ; car il se forme du suroxide plombique puce, qui donne à l’oxide mercurique . une teinte plus foncée.
Sulfure de mercure. Le mercure ef le soufre s’unissent facilement, et forment, en se combinant, une masse connue sous le nom de cinabre^ qui est diversement colorée, suivant son état d’aggrégation. On prépare le cinabre, en faisant fondre une partie de soufre, et y ajoutant peu à peu six à sept parties de mercure, avec la précaution de remuer constamment le mélange. Les deux corps se combinent avec dégagement de chaleur, et la masse s’enflamme; il faut alors la couvrir, pour la préserver du contact de l’air. On obtient ainsi une masse noire, non métallique, que l’on débarrasse du soufre excédant, en la réduisant en poudre fine, et la chauffant dans une tasse à thé, sur le bain de sable, de manière à volatiliser le soufre non combiné avec le mercure. La poudre noire qui reste est introduite dans un petit matras de verre, dont le colest imparfaitement bouché; on pose le matras dans un creuset contenant du sable, et on sublime le sulfure à la chaleur rouge. On obtient ainsi une masse brillante, d’un rouge foncé, à cassure cristalline, qui devient d’un rouge vif par la trituration. C’est surtout dans la Hollande que l’on prépare ce produit en grand. Plus la quantité de cinabre qu’on prépare à la fois, est grande, et plus la couleur est belle. Il importe, en outre, que le mercure et le soufre dont on se sert soient purs, et il est nécessaire qu’on chasse le soufre non combiné, qui se mêlerait, pendant la sublimation , avec le cinabre et altérerait sa teinte. J’ai dit que cette combinaison se rencontre dans la nature; on l’y trouve quelquefois d’une beauté extraordinaire. A Almaden, en Espagne, on recueille à part le cinabre cristallisé et pur, pour le vendre aux peintres et aux fabricaus de cire à cacheter.
fa' précipité qu’on obtient, en décomposant une dis-
SlILFURK DE MERCURE. î I
solution de chlorure mercurique par un courant de gaz sulfîde hydrique , doit avoir la même composition que le cinabre. Ce précipité est noir, volumineux , pulvérulent, et ne ressemble nullement au cinabre par son extérieur. Mais, en le soumettant à la sublimation, il donne du cinabre, absolument comme la masse noire qu’on obtient par la fusion du soufre avec le mercure, et en le décomposant par le minium, Sefstrôm y a trouvé les mêmes quantités de soufre et de mercure que dans le cinabre, sans traces sensibles de gaz hydrogène. On voit donc que, dans ce cas, la couleur dépend uniquement de l’état d’aggrégation des molécules ; et quoiqu’il puisse paraître que la sublimation est une condition nécessaire à la production de la couleur rouge, il existe cependant plusieurs méthodes pour l’obtenir par la voie humide. La plus sûre, d’après Rircbhof, est la suivante. On mêle 3oo parties de mercure, dans un mortier de porcelaine, avec 68 parties de soufre, humecté avec un peu de potasse caustique, et on broie le mélange jusqu’à ce que le métal soit sulfuré. Ensuite on y ajoute i6o parties d’iiydrate potassique, dissous dans autant d’eau, et on chauffe là masse, pendant deux heures, à la flamme d’une lampe, en la remuant sans cesse, et renouvelant l’eau à mesure qu’elle s’évapore. Après ce laps de temps, on n’ajoute plus d’eau, et on laisse la masse se concentrer, en continuant toujours de la remuer. Elle rougit peu à peu, prend une consistance gélatineuse, et acquiert rapidement une très-belle couleur rouge. On retire alors le vase du feu; car, en prolongeant l’action de la chaleur, le produit reprendrait une nuance d’un brun sale.
Brunner indique un procédé un peu différent. Suivant lui, on prend, par exemple, 3oo grammes de mercure pur, I [4 grammes de soufre, 76 grammes d’hydrate potassique et 45o grammes d’eau. On commence par broyer ensemble le mercure et le soufre, ce qui exige beaucoup de temps et de soin ; pour les quantités de matériaux indiquées ci-dessus, il faut trois heures de trituration; des quantités plus grandes exigent plus de temps.