‹ Traité de chimie minérale, végétale et animale (volume 5)Chapitre 65 sur 95 · DU NICKEL · texte numérisé non relu

DU NICKEL

résulte, joue, envers les deux autres sulfures, le rôle d’un acide envers les bases ; et le sulfure potassique étant la plus forte de ces deux bases, il retient tout le sulfure d’arsenic, et forme avec lui un soussulfarséniate potassique très-soluble dans l’eau, tandis que le sulfure de nickel, précipité totalement de la masse fondue, reste.

Après s’être procuré, par l’une ou l’autre de ces méthodes, une dissolution de nickel, exempte d’arsenic, on commence par la débarrasser de l’oxide ferrique, en y versant du nitrate potassique pur, et faisant bouillir la liqueur. Si la quantité de fer est considérable, on ajoute un peu de carbonate potassique à la dissolution devenue acide par l’ébullition, et on la fait bouillir une seconde fois. Le sous-nitrate ferrique se sépare ; après quoi on précipite le cuivre, en faisant passer un courant de gaz sulfide hydrique à travers la liqueur, qui finit par ne plus retenir que de Toxide niccolique et de l’oxide cobaltique. On a, pour séparer ces deux oxides, trois méthodes , dont la première est due à Philips, la deuxième à Laugier, et la troisième à Berthier. ^

La première méthode convient surtout quand on a de grandes quantités de nickel à séparer de petites quantités de cobalt : elle consiste à mêler la dissolution avec de l’ammoniaque caustique', jusqu’à ce que les oxides métalliques, qui se précipitent d’abord, soient redissous. On ajoute à la dissolution bleue de l’eau, que l’on a fait bouillir assez long- temps pour en chasser tout l’air atmosphérique; puis on la verse dans un vase , pouvant être bouché, après quoi l’on y ajoute de la potasse caustique, jusqu’à ce qu’on ait obtenu une quantité considérable d'un précipité vert-pomme , et que la dissolution ait perdu sa couleur bleue. On boucdie le vase, et on abandonne la liqueur au repos. La liqueur limpide est alors d’un rouge plus ou moins foncé, suivant qu’elle contient plus ou moins de cobalt. On décante la partie limpide, on jette la masse sur un filtre, et on la lave à l’eau bouillante. Dans cette opération l’oxide nicco-

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tique est précipité de sa dissolution dans l’ammoniaque, tandis que l’oxide cobaltique reste dissous. Celui-ci a dès lors une grande tendance à se convertir en suroxide, qui se précipiterait sous forme d’une poudre noire: c’est pour cette raison qu’on doit se servir d’eau purgée d’air; il faut aussi que la dissolution soit étendue, parce que, dans cet état, l’oxide cobaltique passe moins facilement à un plus haut degré d’oxidation. Pour s’assurer que l’oxide niccolique précipité est exempt de cobalt, on le traite par un acide étendu qui doit le dissoudre totalement, sans laisser de poudre noire; celle-ci serait du suroxide de cobalt, dont on peut débarrasser la dissolution niccolique dans l’acide, en la filtrant rapidement; mais il ne faut pas que l’acide prédomine trop, car, dans ce cas , l’oxide cobaltique disparaîtrait au bout de quelque temps.

I^a méthode de Laugier convient surtout quand on a un mélange de peu de nickel avec beaucoup de cobalt : je la décrirai à l’occasion du cobalt.

3° La méthode de Berthier consiste à précipiter à la fois les oxides niccolique et cobaltique par la potasse caustique, à laver le précipité et à le délayer encore bumide dans de l’eau, à travers laquelle on fait alors passer un courant de gaz chlore. L’oxide cobaltique se convertit en suroxide, il se forme du chlorure de nickel, qui se dissout, et en même temps du chlorate niccolique, si la quantité d’oxide cobaltique est insuffisante pour absorber tout l’oxigène de l’oxide niccolique. Si l’oxide niccolique prédominait dans le mélange, le suroxide de cobalt est exempt de nickel, tandis que si l’oxide cobaltique était prépondérant , le suroxide de cobalt renferme un peu de suroxide de nickel.

L’oxide niccolique, exempt de cobalt, est précipité de la dissolution par un alcali pur, ou par un carbonate alcalin. Si l’on veut s’en servir pour avoir du nickel métallique, on le fait digérer dans une dissolution d’acide oxalique, on dessèche l’oxalate niccolique insoluble, qui s’est formé, et on le calcine doucement dans

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