‹ Traité de chimie minérale, végétale et animale (volume 5)Chapitre 66 sur 95 · DU NICKEL · texte numérisé non relu

DU NICKEL

un creuset fermé; l’acide oxalique réduit foxideniccolique, en donnant naissance à de l’acide carbonique, et le métal reste sous forme d’une masse spongieuse. Pour avoir du nickel fondu , on le couvre d’une poudre de verre exempt de métal, et on l’expose, dans un creuset luté, h la chaleur la plus forte qu’on puisse produire dans un fourneau à vent; le verre sert de fondant pour faciliter la réunion de la poudre métallique. Mais le nickel peut être réduit à une haute température, sans que la [)résence d’un corps combustible soit nécessaire. Richter a découvert, en i8o4;, qu’à l’instar des métaux nobles, il abandonne son oxigène à une haute température , et se convertit en un culot métallique. La meilleure manière de procéder à cette réduction consiste à introduire l’oxide niccolique purifié dans un creuset de Hesse couvert, qu’on expose à la plus forte chaleur du four à porcelaine. Le métal ainsi obtenu est pur, même quand l’oxide niccolique aurait contenu d’autres oxides métalliques, car ces derniers se scorifîent avec la masse du creuset. On doit toutefois excepter le cas oii l’oxide contiendrait de l’acide arsenique, car alors le métal serait allié à de l’arsenic.

L’oxide niccolique peut être réduit par le gaz hydrogène. Si l’on opère cette réduction à une température qui s’élève à peine au rouge naissant, le métal réduit possède, après s’être refroidi dans le gaz, la propriété de s’enflammer, et de se convertir en oxide niccolique, dès qu’on l’expose à l’air. Quand l’oxide niccolique contient en mélange une faible quantité d’une terre précipitée en même temps que lui, le nickel s’enflamme à l’air, même quand sa réduction par le gaz hydrogène a été opérée au rouge cerise. ( Voyez à ce sujet la réduction du fer par le gaz hydrogène. )

Quand le nickel fondu ne contient point de cobalt, il est d’un blanc argentin, inaltérable à l’air et parfaitement ductile , soit à froid , soit à la chaleur rouge, de sorte qu’on peut le réduire en feuilles de de pouce d’épaisseur, et l’élirer en fds du diamètre de ~ de pouce.

DU NICKIÎL.

Il est presque aussi réfractaire que le manganèse. Sa. pesanteur spécifique est, d’après Richter, de 8, 2 '79, et après qu’il a été forgé, de 8,666. Tupputi a trouvé que la pesanteur spécifique du métal réduit par la poudre de charbon, était de 8,38, et après avoir été forgé, de 8,82. Ce métal est magnétique presque au même degré que le fer, et il conserve le magnétisme qui lui a été communiqué, de sorte qu’on peut s’en servir pour faire des boussoles.

A une très-haute température , le nickel s’enflamme dans le gaz oxigène , par exemple, quand on le pose sur un charbon, qu’on allume celui-ci, et qu’on y fait arriver du gaz oxigène. J’ai vu aussi qu’un fil de nickel , à l’extrémité duquel on avait fixé un charbon ardent, s’enflammait dans un courant de gaz oxigène, et brûlait pendant quelques instans. Il lançait des étincelles comme le fer, mais moins brillantes. Geblen a brûlé, dans du gaz oxigène , du fil de nickel et du fil de fer réunis.

Le nickel se dissout , avec dégagement de gaz hydrogéné, dans l’acide bydrochlorique et dans l’acide sulfurique étendu , mais la dissolution s’opère lentement. L’acide nitrique le dissout aussi, après l’avoir fait passer à l’état d’oxide niccobque ; l’eau régale ne le porte pas à' un plus haut degré d’oxi dation. Ses dissolutions sont vertes.

Oxides de nickel. On ne sait pas encore combien le nickel a de degrés d’oxidation , mais il est démontré qu’il possède un oxide et deux suroxides, que l’on peut appeler oxide niccobque , suroxide niccoleux , et suroxide niccobque.

1® Oxide niccolique. On l’obtient, soit en dissolvant le nickel dans l’acide bydrochlorique concentré, ou dans l’acide nitrique, et précipitant l’oxide par un alcali, soit en oxidant le nickel par la calcination avec du nitre, soit en décomposant le nitrate niccobque par le feu. Il a une couleur foncée , d’un gris-cendré ; il n’est point magnétique, se dissout facilement dans les acides, mais

0X11)1 s DE NICKEL.

n’est soluble, ni dans la potasse, ni dans la soude caustique. L’oxide niccolique forme un hydrate , qu’on obtient en précipitantsa dissolution par de la potasse caustique mise en excès ; l’hydrate doit être lavé à l’eau bouillante, pour le débarrasser de l’alcali adhérent. Dans cet hydrate, l’eau et l’oxide contiennent les mêmes quantités d’oxigène. D’après les essais de Tupputi, on l’obtient à l’état d’une poudi'e cristalline, d’un vert clair, quand on dissout le carbonate niccolique dans l’ammoniaque caustique, et qu’on décompose la liqueur par l’évaporation. L’oxide niccolique a beaucoup de tendance à se combiner avec les bases saUbables. L’ammoniaque le dissout en prenant une belle couleur bleu de ciel; la potasse, l’eau de baryte et de strontiane précipitent l’oxide niccolique de cette dissolution. Si l’on verse un excès d’ammoniaque dans la dissolution de l’oxide niccolique dans un acide qui contienne en même temps un autre oxide métallique, ou une terre , l’ammoniaque laisse toujours, sans la dissoudre, une portion d’oxide niccolique, qui s’est combinée avec l’autre oxide, ou avec la terre, de sorte que l’emploi de l’ammoniaque offre un moyen fort incertain pour séparer l’oxide niccolique d’autres corps insolubles dans l’ammoniaque. Toutes les bases plus faibles que l’oxide niccolique, par exemple, l’alumine et l’oxide ferrique, se comportent envers lui comme des acides, et en retiennent une petite quantité, tandis qu’il joue lui-même le role d’un acide, par rapport aux bases plus fortes qui, par conséquent, en retiennent bien plus lorsqu’on essaie de le dissoudre au moyen de l’ammoniaque. La combinaison de l’oxide niccolique avec la potasse est décomposée par le lavage ; l’eau s’empare de l’alcali , tandis que l’hydrate reste. On chasse l’ammoniaque par l’évaporation. Les terres alcalines sont séparées par la précipitation , au moyen du sulfate ou du carbonate ammonique. Mais la magnésie ne peut pas être séparée par ce moyen. On ne parvient à l’enlever, qu’en précipitant l’oxide par le sulfhydrate ammonique, et décomposant ensuite l’excès de ce dernier par quel-

Page 1