BROMURES
avec quelque acide qu elle soit combinée. La connaissance de ces caractères est très-importante , et intéresse surtout le chimiste praticien qui, par leur secours, distingue facilement quelle espèce de sel il peut avoir à traiter. Je dirai donc d’abord quelques mots des propriétés dont les sels sont redevables à leurs acides ; puis, en examinant les sels de chaque métal , j’indiquerai les caractères qu’ils tiennent de leurs bases.
A. Sels Haloïdes.
Chlorures. Par la voie humide on les reconnaît à ce qu’ils forment, avec le nitrate argentique, un précipité blanc,insoluble dans fous les acides. Avec l’acide sulfurique concentré et le suroxide de manganèse , ils déga^ gent du chlore. On les reconnaît au chalumeau en faisant fondre , dans du phosphate ammonico-sodique, d’abord de l’oxide cuivrique, de manière à saturer presque tout l’acide phosphorique libre, puis un peu du selqu’on veut essayer : il se forme du chlorure cuivrique, et la flamme se colore, pour un instant, en bleu autour du globule de verre. On peut reconnaître un chlorure so^* lubie à ce que, lorsqu’on mêle une goutte de sa dissolution, sur une pièce d’argent polie, avec du sulfate cuivrique , l’argent noircit au bout de quelque temps.
Les chlorures acides sont extrêmement rares. Mais il existe des chlorures basiques dans lesquels les chlorures sont combinés avec une quantité d’oxide du même métal, contenant i, 2, 3 et y fois autant de métal que le chlorure.
BrornuresDX^ ressemblent beaucoup aux chlorures, avec lesquels ils sont isomorphes. Pour les en distinguer, on fait fondre un bromure solide dans un tube de verre fermé par un bout, avec un peu de bisulfate potassique anhydre : il se dégage un mélange de gaz acide sulfureux et de vapeurs de brome, dans lequel ce dernier corps est facile à reconnaître, en raison de sa couleur rouge. On découvre la présence d’un bromure dissous , en faisant arriver un peu de gaz chlore dans la dissolution, et y ajoutant ensuite de l’éther : celui-ci devient alors d’un
FLUORURES.
rouge; orange. Avec les dissolutions d’argent , les bromures donnent un précipité jaune pâle presque blanc , (pii est du bromure argentique. Traités avec l’oxide cuivrique au chalumeau , et sur l’argent, ces sels produisent la même réaction que les chlorures.
lodures. Ou les l econnaît sous forme liquide , en y versant de l’acide nitrique , ou du chlore dissous dans l’eau; ils laissent déposer de l’iode, facile à distinguer par son odeur, et par la couleur brune qu’il communique à la liqueur. Lorsqu’on ii’en a que de petites portions, on reconnaît l’iode à la couleur qu’il fait prendre à l’amidon, lequel, suivant la quantité d’iode, devient rouge, brun , noir ou bleu. Quand les iodures sont mêlés avec des chlorures, il est difficile de produire la réaction sur l’amidon , surtout lorsque la quantité diode est faible, parce (|u’en ajoutant, au mélange, de l’acide nitrique, il se forme de l’acide chloroiodique, qui ne colore pas l’amidon. On dissout alors l’amidon dans un peu d’acide sulfuri(|ue étendu et bouillant , on mêle la dissolution avec la liqueur qu’on veut essayer, puis on y verse une ou deux gouttes d’eau de chlore , et ou remue bien la liqueur. Il est évident que si la liqueur était trop étendue , la réaction sur l’amidon deviendrait trop faible pour q’uon pût l’apeix'evoir d’une manière distincte. Au reste , je renvoie à ce que j’ai dit dans le premier volume (pag.s99) moyens de découvrir l’iode.
Au chalumeau , on reconnaît les iodures, comme les chlorures; au moment ou on les fait fondre dans le phosphate, la flamme prend une belle couleur verte.
Quand on fait fondre un iodure à l’état solide, avec du bisulfate potassique, il se dégage du gaz acide sulfureux et de la vapeur d’iode : cette dernière est facile câ reconnaître à sa couleur.
Fluorures Ajidi propriété que possèdent ces sels, d’atta- (jLier le verre, quand on les mêle avec de l’acide sulfurique, fournit un excellent moyen pour les reconnaître. S’ils sont sous forme liquide, on y ajoute de l’acide sulfurique, on verse la liqueur sur un morceau de verre enduit d’une couche de cire, sur laquelle on a dessiné ou dont on
BOROFl UOUÜRtS.
a enlevé de certaines places, et on la laisse s’évaporer. Si l’on n’a que de très-petites quantités de ce sel à essayer, ou que la substance qu’on veut examiner n’en contienne que de très-petites portions, ou qu’elle renferme en même temps de l’acide silicique , on évapore la liqueur dans un verre de montre (fait en verre inattaquable aux autres acides); en dissolvant ensuite le sel dans l’eau, on aperçoit des traces bien sensibles sur le verre, à l’en» droit où la masse s’est desséchée. Cependant il vaut toujours mieux opérer par la voie sèche , d’après la méthode que j’ai décrite dans le second volume, page i85. On découvre aussi la présence des fluorures en chauffant un échantillon dans l’extrémité d’un tube de verre ouvert, dans lequel on pousse la flamme du chalumeau. Des vapeurs aqueuses qui contiennent de l’acide hydrofluo* rique se condensent alors dans le tube, et laissent des taches visibles, quand on les évapore. Smithson tient l’échantillon avec dès pinces en platine, immédiatement devantl’ouverturedu tube, oubien il prolonge celui-ci avec un demi-cylindre en platine , sur lequel on pose le morceau, et dans les deux cas, il dirige la flamme du chalumeau dans l’intérieur du tube. De cette manière on découvre, dans les minéraux, des quantités très-petites de fluor. Les fluorures qui sont incolores , ont la propriété, quand on les plonge dans l’eau, de réfracter la lumière à peu près autant que ce liquide, de sorte qu’ils y disparaissent, pour ainsi dire. Leurs dissolutions neutres , celles même des fluorures de potassium et de so* dium, ne peuvent pas être évaporées ni même conservées dans des vases de verre, sans que ceux-ci soient attaqués.
Quelques fluorures se combinent avec de l’acide hydro fluorique ^ pour donner naissance à des sels acides ; d’autres fluorures forment des sels basiques , en s’unissant a une quantité d’oxide de leur métal , qui contient 1,2 et 3 fois autant de métal que le fluorure.
B or O fluorures. Ils donnent, par la distillation sèche, du gaz fluoride borique, et laissent un fluorure. Quand on les distille avec de l’acide sulfurique, ils donnent, indépendamment du gaz précédent , une certaine quantité d’a-