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IV

274 NITRATE ARGENTIQUE.

leinte foncée. On obtient le sel plombique en mêlant du nitrate plombique ayec une dissolution du sel double calcique ; du nitrate calcique reste dans la liqueur, et le sel double métallique se précipite sous forme d*une poudre blanche.

• • • • Nitrate argentique^ Ag N. On le prépare en dissolvant Targent

dans Tacide nitrique. Quand on suspend de l'argent pur dans lacide nitrique pur, et qu'on regarde la liqueur par transparence en la tenant qpntre le jour, on Toit que le métal se dissout sans dégagement de gaz, et qu'une dissolution concentrée descend en stries épaisses le long de l'argent. Ce phénomène continue pendant assez longtemps , surtout quand on empêche la liqueur de s echauffer. La dissolution devient peu à peu verdàtre, ce qui ex« plique le phénomène; car, à une basse température, l'acide se réduit seulement a l'état d'acide nitreux , qui reste en dissolution. Mais la liqueur ne tarde pas à s echa^uffer, et quelquefois l'argent se dissout subitement, avec un violent dégagement de gaz. Le sel cristallise, par le refroidissement de la dissolution, en tables incolores, qui ne s'altèrent pas à l'air. Le nitrate argentique se dissout dans un poids d'eau froide égal au sien, et l'alcool bouillant en dissout un quart de son poids; mais la plus grande partie du sel se précipite par le refroidissement de la liqueur alcoolique. Ce sel ne jouit pas de la propriété que possèdent la plupart des sels métalliques, de rougir la couleur de l'infusion ou du papier de tournesol. Exposé à la lumière solaire, il prend une couleur noire; mais ceci n'a lieu, d après les expériences de Scanlan^ que lorsque le sel a été en contact avec une matière orga« nique, soit avec les doigts, le papier à filtre, etc. Dans le cas contraire, l'effet n'a aucunement lieu. A une température élevée, il fond en une niasse saline, incolore, qui devient noire par une chaleur plus forte. On emploie cette méthode pour dépouiller le sel du fer ou du cuivre qui pourraient y être contenus: le fer et le cuivre donnent des soussels qui se déposent de la masse fondue à une température où le sel argentique n'est pas encore décomposé, de manière qu'on peut le déverser limpide. Ce qui reste au fond du creuset peut être dissous dans un peu d'eau , et obtenu à Tétat de pureté; mais il ne faut pas laver la partie non dissoute, car elle commencerait à se dissoudre. L'argent qui 7 reste peut être facilement séparé par l'acide chlorhydrique. Si

NITRATE ARGENTIQUE. a ^5

Ton place sur une enclume quelques petits cristaux de nitrate argentique, qu'on pose dessus a centigrammes enyiron de phosphore y et qu on applique sur le tout un fort coup de marteau , il se produit une forte détonation : cette expérience pourrait deyenir dangereuse, si on la répétait sur des quantités de ma« tières plus grandes.

Si Ton introduit du phosphore dans une dissolution très-étendue de nitrate argentique, le phosphore se revêt bientôt d'une couche d'argent y se dissout ensuite, et laisse à la fin une croûte creuse d'argent métallique. Madame Fulham a trouvé que quand on plonge un morceau d'étoffe de soie dans une dissolution du sel neutre, et qu'on le suspend ensuite dans une cloche remplie de gaz hydrogène, l'étoffe devient d'abord brune, et prend ensuite la couleur de l'argent métallique, à mesure que la réduction de ce dernier continue \ la surface présente un aspect inégal , et réfléchit par endroits les couleurs de l'arc-en-ciel. D'après Rumfort^ quand on fait bouillir la dissolution de ce sel avec du charbon, ou qu'on l'expose à la^^lumière solaire, après j avoir introduit un morceau de charbon, l'argent se réduit et se dépose sur le charbon.

Toutes les matières animales, sur lesquelles on étend une dis* solution de nitrate argentique, prennent une couleur d'abord blanche, puis noire, ou brune quand la dissolution est étendue; cette couleur ne disparaît pas par le lavage. Même le marbre, l'agate et le jaspe prennent une couleur noire quand on les ex« pose à la lumière du soleil, après les avoir enduits d'une dissolution de ce sel. On teint en noir les cheveux et la barbe, en les enduisant d'une dissolution concentrée de nitrate argentique dans réther; mais il faut prendre garde de ne pas toucher à la peau, qui deviendrait également noire. La dissolution aqueuse de ce sel, épaissie avec un peu de gomme, peut servir à marquer le coton et le lin. La place sur laquelle on veut écrire est d'abord enduite d'une dissolution de potasse , puis séchée , opération qui a pour but de roidir l'étoffe et de lui donner une surface lisse $ on écrit ensuite sur cette place avec la dissolution d'argent , et l'on place le tout à la fenêtre pour l'exposer à la lumière, et surtout aux rajons directs du soleil. Au bout d'un jour, on lave à l'eau la place sur laquelle on a écrit : l'écriture est alors noire^ et ne peut être effacée. La potasse sert à roidir l'étoffe, à décomposer le sel argentique I et à empêcher que l'acide nitrique n'exerce

276 NITRATE ARGENTIQÜE.

une action destructive sur le tissu. Cette couleur noire, ainsi produite, n'appartient pas à l'argent métallique; car, selon toute probabilité, elle tient à du nitrate argenteux ou plutôt à du chlorure argenteux, qui se combine chimiquement avec la substance organique. Il est souvent difficile d'enlever cette couleur noire, parce que ni les acides ni les alcalis ne l'attaquent. Mais cette action se fait facilement , tant par le dithionite que par le cyanure potassiques. Le composé noir est par là détruit : du chlorure ou de l'oxysel argentique se dissout dans la liqueur, et il se sépare de l'argent métallique, qu'on enlève facilement par le lavage. La dissolution aqueuse de ce sel préserve mieux de la fermentation putride qu'aucun autre corps ; la chair et les matières animales sur lesquelles on a versé du nitrate argentique, se conservent sans altération. L'eau qui en contient fäoöö "® *® corrompt pas , quelque longtemps qu'on la conserve; et lorsqu'on veut s'en servir, il suffit d'y -verser quelques gouttes d^une dissolution de sel marin pour précipiter l'argent. Le nitrate argentique est employé en médecine, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur. Dans le premier cas, on l'emploie à l'état cristallisé , et les pharmaciens l'appellent alors argentum nitratum; dans le dernier cas, on le fond et on l'entretient dans l'état de fusion , jusqu'à ce qu'il ait pris une couleur noire ; puis on verse la masse fondue dans des moules, pour lui donner la forme de petits cylindres connus sous le nom de pierre infernale. Dans cet état, on l'emploie pour cautériser les chairs baveuses et d'autres excroissances. Souvent la pierre infernale est préparée avec de l'argent contenant du cuivre; dans ce cas, sa dissolution est verte ou bleu verdâtre, et irrite beaucoup le malade , quoiqu'il cautérise moins que le nitrate pur. Cette différence tient à ce que le sel argentique est décomposé par les parties humides, avec lesquelles on le met en contact immédiat, et y borne toute son action. Le sel cuivrique, au contraire, est dissous par l'humeur des parties sur lesquelles il tombe , se répand dans la plaie, et irrite le malade sans cautériser. Une autre fabification de ce sel consiste à le fondre avec du salpêtre, et à couler le mélange en cylindres. On découve aisément cette fraude ea chauffant une quantité du sel au chalumeau sur le charbon , où il se réduit avec détonation , et laisse une tache qui réagit à la manière des alcalis. Le nitrate argentique ne contient point d'eau de cristallisation.

NITRATE ARGENTIQÜE ET CYATTÜRE MERGURIQÜE. »77

Nitrate argentique ammoniacal^ Ag N + 2N W. La dissolution du nitrate argentique dans Tammoniaque chaude donne, soit par le refroidissement, soit par 1 evaporation dans Tobscurité , les cristaux du sel en question. Ce sel est très-soluble dans Teau. Dans Tobscurité il ne s'altère pas à lair, mais à la lumière il noircit, et dégage de l'ammoniaque. Suivant Kane^ quand on fait fondre ce sel, qui est très-fusible, dans une cornue, tube ou boule de verre, et que pendant la fusion on le fait couler sur toutes les parties de l'intérieur du verre, celui-ci se tapisse d'une pellicule miroitante d'argent, pendant qu'il se forme du nitrate ammonique qui reste à la fin seul. D'après H, Rose^ le nitrate argentique anhydre absorbe i atome double d'ammoniaque, et donne un

composé = Ag N + 3N W.

Nitrate mercuricO'argentique ^ HgN+ AgN. Ce sel double se dissout aisément dans l'eau, qui ne le décompose pas. Il cristallise en prismes.

Nitrate argentique uni au cyanure cuiçrique. Ce sel double prend naissance quand on verse du nitrate argentique sur du cyanure cuivrique encore humide. La combinaison est noire, et insoluble dans l'eau. Chauffée , elle détone, et produit un feu vert. Dans cette expérience, il faut employer le cyanure cuivrique obtenu en précipitant le nitrate cuivrique au moyen du cyanure ammonique. Lorsqu'on verse la dissolution argentique sur le cyanure cuivrique jaune isabelle , précipité du cyanure cuivrico-potassique par un acide, il se dépose sur-le-champ de l'argent métallique en paillettes brillantes , tandis que la liqueur se colore en vert. Si on favorise l'action par la chaleur , la décomposition se fait d'une manière tellement complète , qu'il ne reste plus à la tin que de l'argent métallique. La liqueur contient en outre le sel double de cyanure argentique suivant, puisque l'eau en précipite du cyanure

argentique.

Nitrate argentique uni au cyanure mercurique, aHgCy+AgN + 8H. On obtient ce sel double en mêlant des dissolutions chaudes des deux sels. Pendant le refroidissement, le sel cristallise en cristaux transparents, d'un éclat nacré. Il est peu soluble dans l'eau et dans l'alcool froids; à la température de+ioo", il perd 7, 8 pour cent de son eau de cristallisation , et devient d'un blanc laiteux,

278 SOÜSNITRITE ARGfiNTIQUE.

mais ne se réduit pas en poussière; exposé à une température

plus élevée , il entre en fusion , et brûle ensuite avec une forte

flamme pourpre et beaucoup de bruit.

Le cyanure argentique forme , avec le nitrate argentique^ un sel

• ••• double cristallisé 2Ag€y + AgN, qu'on obtient en dissolvant du

cyanure argentique récemment précipité , dans une dissolution

bouillante et convenablement concentrée de nitrate argentique,

et livrant la liqueur à un refroidissement graduel ^ le sel cristallise

en prismes très-brillants. L eau dissout le nitrate de ce sel double,

et laisse le cyanure. Chauffé, il détone avec violence, et donne un

résidu d'argent contenant du cyanogène. Il est exempt d'eau. —

Wàhlery qui a découvert ce sel double et les deux sels précédents,

a cherché en vain à combiner le nitrate argentique avec d'autres

cyanures. Le sel argentique donne sur-le-champ des nitrates et

du cyanure argentique avec les cyanures niccolique, zincique et

ferrique.

Nitrîtes argentiques , i"* Sel neutre^ Ag N. D'après Mitsckerlich, on l'obtient en faisant fondre du nitrate sodique au rouge peu intense, jusqu'à ce qu'une petite portion de la masse, dissoute à part dans l'eau , donne un précipité foncé avec le nitrate argentique neutre. Cette couleur foncée provient de ce que, après l'entière décomposition de l'acide nitrique , il se dégage un peu d acide nitreux , de sorte que le sel renferme de la soude libre qui précipite de l'oxyde argentique. On précipite une dissolution argentique avec celle de la masse fondue, on sépare le précipité par la filtration , et, après l'avoir lavé avec un peu d'eau froide, on le dissout dans le moins possible d'eau bouillante, et on sépare l'oxyde argentique non dissous en filtrant la liqueur tandis qu'elle est encore en ébullition. Pendant le refroidissement, le sel se dépose en prismes incolores. Il est soluble dans lao parties d'eau à + 1^ . degrés. On prépare d'autres nitres en broyant ce sel avec des chlorures pris en quantité atomique convenable.

2" Sousnitrite argentique. Y oici les indications que donne Proust sur ce sel : On l'obtient en faisant bouillir de l'argent en poudre avec une dissolution neutre de nitrate argentique pendant une heure, ou jusqu'à ce qu'il ne se dissolve plus d'argent, comme il a été dit au sujet de la préparation du nitrite plombique. Le sel argentique forme une dissolution jaune clair, qui cristallise dif£-

PHOSPHATFS ARGENTIQUES. ^79

cilement; évaporée jusqu'à ce qu'elle ait une densité de a, 4y ^He ne montre aucune tendance à cristalliser ; et quand on pousse l'é- ▼aporation plus loin, elle se prend en une masse saline. Lorsqu'on jette de Teau sur cette masse , le sel se décompose en nitrite neutre qui se dissout , et en nitrite surbasique qui reste sous forme d'une poudre jaune insoluble. On peut aussi préparer le sel neutre en neutralisant le soussel par l'acide chlorhydrique, et séparant la dissolution du chlorure précipité. A l'air, le nitrite argen tique se transforme en nitrate. Proust^ qui découvrit ce sel, le regarda comme du nitrate argenteux; plusieurs de ses expériences méritent d'être citées. La dissolution du sel basique précipita la teinture de tournesol en donnant naissance à une laque bleue, et la dissolution devint neutre. La teinture de cochenille donna avec le nitrite une couleur violette, tandis qu elle en forma une d'écarlate avec le nitrate ; la dissolution d'indigo dans l'acide sulfurique fut décolorée, et il y eut, dans ce dernier cas, réduction d'argent. L'ammoniaque caustique en précipita de l'argent métallique , et la liqueur ne renferma plus d'acide nitreux, mais de l'acide nitrique, de l'ammoniaque et de l'oxyde argentique, ce dernier à l'état de dissolution dans l'ammoniaque excédante. Si l'on verse quelques gouttes dç sousnitrite dans de l'eau bouillante, le mélange devient d'abord jaune, puis rouge, et enfin noir, et l'acide nitreux

se transforme en acide nitrique aux dépens de l'oxyde argentique.

Phosphates argentiques. K.* Phosphates. * Phosphate neutre^Ag^ 9.

On l'obtient en précipitant le nitrate argentique neutre au moyen

d'un ^phosphate. Il se présente sous la forme d'une poudre blan-

che qui fond aisément en une masselimpide. Biphosphate^ AgP.Oa le prépare en prenant de l'acide phosphorique récemment calciné, le dissolvant dans de l'eau à la température zéro, et précipitant la liqueur au moyen d'une dissolution de nitrate argentique. On obtient ainsi un sel blanc pulvérulent, qui perd peu à peu de son acide pendant le lavage. Il est tellement fusible, qu'il suffit d'une température de + 100 degrés pour le ramollir et l'agglutiner; à quelques degrés au-dessus de ce terme, il fond en une masse claire et transparente , qui devient vitreuse et se fendille en refroidis-

sant. Sesquiphosphate ^ Àg'P". On l'obtient au moyen du sel précédent, en le mettant à l'état de poudre dans de l'eau, qu'on élève peu à peu, sous une agitation continuelle, jusqu'à la température

a8o CHLORATE ARGENTIQUE.

de rëbuUition ; le sesquiphosphate se prend alors en une masse térébenthineuse. Retiré de Teau et soumis à l'action de la chaleur, il commence par se dessécher et par devenir moins mou, puis il fond en une masse claire; toutefois la fusion s'opère plus difficilement que pour le bi phosphate. Ou n*a pas encore essayé de

produire des ^phosphates basiques,

• •• • B. ^Phosphates. Soussesquisel ^ Ag^P. Il se précipite sous la

forme d'une poudre d'un beau jaune citrin , lorsqu'on verse un

' phosphate goutte à goutte dans une solution de nitrate argentique

neutre. L'ammoniaque le dissout très-facilement. Lorsqu'on laisse

cette dissolution s'évaporer spontanément, on obtient le sel sons

la forme de petits grains jaunes et cristallins. Le sel neutre^ Ag'P, se produit quand on dissout le soussel dans de l'acide phosphorique chaud et concentré, et qu'on fait évaporer la solution. On obtient ainsi de beaux cristaux feuilletés et incolores, qui se décomposent partiellement et laissent du soussel jaune, quand on les traite par l'eau. La manière la plus facile de les préparer consiste à mêler du nitrate argentique avec un excès d'acide phosphorique , et à évaporer la liqueur à l'aide de la chaleur. Ce sel n^éprouve pas d'altération de la part de l'air.

Si l'on fait fondre dans un creuset d'argent de l'acide phosphorique évaporé, l'argent réduit un peu de phosphore ; et, en dissolvant ensuite l'acide, on trouve qu'il contient de l'argent, et que des paillettes brillantes de phosphure d'argent nagent dans la liqueur.

L'acide phosphoreux réduit l'oxyde argentique , surtout quand

on chauffe la liqueur.

Le Perchlorate argentique^ AgGl, forme une poudre blanclie

après l'évaporation au moyen de la chaleur. Très-déliquescent, il est soluble dans l'alcool anhydre. La solution aqueuse brunit au soleil. Le sel sec est fusible ; mais si on élève trop la température, il se convertit subitement en gaz oxygène et en chlorure argentique, avant que la température ait atteint le rouge.

Chlorate argentique^ Ag €^l . On l'obtient en dissolvant de l'oxyde

argentique dans l'acide chlorique, et évaporant la liqueur jusqu'à

cristallisation. On peut aussi le préparer en mêlant du carbonate

argentique avec de l'eau , et y faisant arriver du gaz chlore, pen-

BROMATR ARGENTIQUE. a8l

dant qn on agite le mélange continuellement ; mais il faut interrompre Tarrivée de ce gaz bien avant que tout le carbonate argentique soit décomposé; car le chlorate est décomposé par le chlore , qui forme ainsi dans la liqueur un mélange d*acide per* chlorique et d'acide chlorique, pendant que le chlore s'unit à l'ar* gent et se précipite. Le sel cristallise en prismes rectangulaires ^ transparents, incolores, tronqués au sommet, et ne contenant pas d*eau. Il fond à + a3o°; à + 270% il commence à dégager du gaz oxjgèue , ce qui continue jusqu'à ce qu'il ne reste plus que du chlorure argentique. Chauffé brusquement et violemment, il détone avec production de lumière. II se dissout dans 5 parties d'eau froide et dans 2 parties d'eau bouillante; il est aussi soluble dans l'alcool. Les acides chlorhydrique et nitrique, et même l'acide acétique, le décomposent. Mêlés avec du soufre et d'autres corps combustibles, il détone, par une légère pression, avec plus de violence que le chlorate potassique.

Chlorate argentique ammoniacal, AgGl+2NW. On l'obtient

en mêlant une solution de sel argentique avec de l'ammoniaque

en excès, et évaporant la liqueur à une douce chaleur. Il cristallise

en prismes anhydres , qui se dissolvent dans l'eau aussi bien que

dans l'alcool. Il y a i5, 19 pour cent d'ammoniaque. Le sel fond

à + 100% commence à perdre de l'ammoniaque , et laisse enfin

du chlorate neutre , si la température ne dépasse pas + 270".

Chauffé brusquement, il détone avec production de lumière.

Traité par la potasse , il donne un précipité d'oxyde argentique

ammoniacal (argent fulminant de Berthollet).

Chlorite argentique' y AgCl. On l'obtient en mêlant le nitrate

argentique avec du chlorite potassique ou sodique, contenant un

excès d'alcali. Le précipité d oxyde argentique est mêlé de chlorite

argentique qui se dissout par l'ébullition de la liqueur, et laisse

foxyde libre. La solution claire, décantée bouillante, laisse, par

le refroidissement, déposer le sel en écailles cristallines jaunes. Le

chlorite argentique supporte très-bien l'ébullition, mais, par l'addi*

tion d'un excès d'acide chloreux , il se décompose en chlorure

argentique et en acide chlorique, qui reste dans la liqueur. A

-f- io5*, il détone. Mêlé avec du soufre, il brûle.

Bromate argentique, Ag &r. Il est peu soluble dans l'eau, et se précipite sous forme d'une poudre blanche , qui est faiblement

noircie par la lumière. Pendant le lavage y il se dissout sensiblement, de manière que l'eau de lavage, traitée par lacide chlorhy« drique > accuse la présence de Targent. Par la chaleur, il se comporte comme le chlorate.

Bromate argentîque ammoniacal ^ AgBr+ aHN'. On Tobtient en dissolvant le bromate neutre dans Tammoniaque caustique, et évaporant la liqueur jusqu'à cristallisation. Le sel cristallise en prismes incolores, anhydres; il perd de lammoniaque à Tair, se

décompose par Teau , et détone par une violente chaleur.

Perîodate argentîque j Agi. On l'obtient en dissolvant du periodate sodique dans de Tacide nitrique dilué, et en précipitant cette dissolution à l'aide du nitrate argentîque. Le précipité est jaune verdâtre. Il contient un excès de base, dont on le délivre en le dissolvant à chaud dans l'acide nitrique à peu près jusqu'à refus, et en évaporant la dissolution à une douce chaleur. Pendant Tévaporation, le sel neutre se sépare en cristaux orangés, qui ne contiennent point d'eau. Il est décomposé par l'eau ; ce véhicule eu extrait la moitié de l'acide et laisse un sel noir, qui passe au rouge

par le frottement. C'est nnperiodale mono^argentiquey contenant i

atome d'eau, = Ag^I + K. On obtient le même sel avec 3 atomes

d*eau par la précipitation du sel argenlique; il se prend en cristaux

brillants et couleur de paille, quand on laisse refroidir lentement

la dissolution dans l'acide nitrique étendu et chaud; quand on le fait

bouillir avec de l'eau, il perd 2 atomes d^eau, et se transforme dans

le sel précédent.

• . • • lodate argentîque^ Agi. Il forme un précipité blanc, insoluble,

qui se dissout dans l'ammoniaque caustique. Il est presque iuso-

Uible dans Tacide nitrique étendu : il se précipite, quand on traite

le nitrate argen tique par lacide iodique. Il ne renferme pas d'eau,

et est insoluble dans leau. Si Ion verse de lacide sulfureux dans

cette dissolution, il se précipite de l'iodure argentique, et l'acide

sulfureux se transforme en acide sulfurique.

Carbonate argentîque y AgG. Il se précipite, quand on traite le

nitrate argentique par une solution de^ carbonate potassique ou

sodique; le précipité, d'abord blanc, devient d'un jaune citron

pâle, à mesure qu'il se tasse; cet effet a lieu immédiatement

par l'application de la chaleur. Quand on met du carbonate sodique

GARBOXATE ARÔfiNTlQVE AMMONIACAL. a83

dans un« solution de nitrate argentique neutre , il se colore en jaune citron pâle , sans dégagement de gaz acide carbonique , et se change en grumeaux compactes de carbonate argentique. Il se dissout en petite quantité dans leau : Peau de lavage devient toujours opaline, par Taddition de lacide chlorhydrique. On a attribué cet effet à une £aiible solubilité dans le carbonate alcalin; mais le sel ne se trouve dissous que dans l'eau de la solution alcaline. Quand on verse goutte à goutte du nitrate argentique neutre dans une solution de bicarbonate potassique étendue de beaucoup d*eau, le sel se précipite longtemps après sans effervescence; et ce n'est qu'à la fin qu'il se manifeste un dégagement d^ gaz acide carbonique, dû, non pas au sel déjà précipité, mais à celui qui doit se précipiter. Quand on enlève le précipité qui s'est formé sans ef« fervescence et qu'on le fait bouillir dans l'eau , il ne dégage pas sensiblement de l'acide carbonique; ce qui démontre que, pendant cette précipitation , l'excès d'acide carbonique reste en dissolution dans la liqueur jusqu'à ce qu'elle en soit saturée.

Carbonate argentique ammoniacaL Le carbonate argentique se dissout très-facilement et sans couleur dans l'ammoniaque caus« tique. Quand on le dissout dans l'ammoniaque caustique concentrée, et qu'on traite cette solution par l'alcool anhydre, le composé se précipite en flocons blancs volumineux. Recueilli sur un filtre et lavé à l'alcool, il commence à se décomposer. L'alcool dissout l'ammoniaque, et laisse le carbonate argentique jaune. Par la dessiccation , il perd son ammoniaque et jaunit. Il est très-soluble dans l'eau ; quand on concentre la solution et qu'on verse l'alcool à la surface du liquide, il cristallise peu à peu en une masse de lamelles rhomboidales , transparentes , incolores. La solution aqueuse, abandonnée à l'évaporation spontanée dans un vaisseau plat, forme, aux parois et à la surface, un dépôt cristallin; mais elle perd peu à peu son ammoniaque, pendant qu'il se produit de petits faisceaux cristallins jaunes de carbonate argentique. Par le mélange avec une quantité suffisante d'alcool, il se forme un précipité qui se redissout à chaud et cristallise par le refroidissement. Mais en même temps il se sépare d'ordinaire une poudre brune, qui est l'argent fulminant de Berihollet. 11 ne faut donc pas employer ce procédé. La solution de carbonate argentique ammoniacal , traitée par le sel marin, donne immédiatement un précipité de

^84 MÉSOXAtATE ARGEflTIQUE.

chlorure argen tique. La facilité avec laquelle Tammoniaque se dégage a empêché d'en déterminer la quantité.

Oxalate argeniïque, kg G. Il forme une poudre blanche, insoluble , qui détone légèrement quand on Texpose à une température élevée.

Oxalate potassico^rgentique y k'ë+Àgë'. On le prépare en saturant le bioxalate potassique par le carbonate argentique. Il est très-soluble et forme des cristaux rhomboïdaux qui ne s'altèrent pas à lair.

Oxalate flr^<?/i/<?M, Âgë'"H=Âg€r-|-H€. On l'obtient en exposant loxalate argentique neutre , à + ioo% à un courant de gaz hydrogène sec. Il est d'un brun jaune clair, et détone violemment à -h i4o°. La décomposition de ce sel neutre à + loo** s'effectue difficilement ; elle n'est complète qu'à un degré voisin de la température où il fait explosion. Il est alors entièrement brun.

Chloroxalate (chloracélate) argentique, kgë+GGV. On l'obtient en dissolvant le carbonate argentique dans l'acide chloroxa- Hque, et évaporant la solution. Il cristallise, soit en grains, soit en tables, et ne contient pas d'eau. Il est assez peu soluble dans l'eau, et s'altère facilement à la lumière du soleil. Par la chaleur, il se décompose avec une vive effervescence , en laissant une masse granuleuse de chlorure argentique. Quand on y verse un peu d'alcool et qu'on l'allume, il reste, après la combustion, du chlorure argentique.

Oxaminate argentique, Hg€ + ëNH\ Il se précipite, par voie de double décomposition , sous forme de gelée ; mais il ne tarde pas à se tasser, en devenantblancetopaque.En chauffant la liqueur, il se redissout, et cristallise, par le refroidissement, en aiguilles fines, extrêmement sensibles à la lumière du soleil, qui les noircit. A 4- i5o% il se décompose en donnant un résidu d'argent.

Mésoxalate argentique, kg C^O^. C'est un sel en apparence soluble dans l'eau , car il ne se précipite pas quand on traite une solution de nitrate argentique neutre par l'acide mesoxalique; mais lorsqu'on ajoute de l'ammoniaque caustique à un mélange qui contient de l'acide mesoxalique en excès, on obtient un soussel jaune = Ag' C^ O*, qui possède la propriété remarquable de dégager du gaz acide carbonique quand on le chauffe doucement dans

FOftMiATE argehtiqüe. i85

Feau, et de donner de l'argent métallique : i'oxjgène de 2 atomes d*oxyde argentiqiie est exactement suffisant pour changer i atome d*acide mësoxalique en 3 atomes d*acide carbonique; et cette action se fait par la voie humide.

MelUtate argentique^ AgC*0'. On Tobtient en précipitant Pacide mellitique libre par le nitrate argentique. C'est une poudre blanche, qui ne noircit pas à la lumière. Chauffé^ il détone faiblement avec un bruit de sifflement et. réduction d'argent. A -f- 180% il perd i atonie d'eau et prend une couleur foncée.

MelUtate argentico-potassique. Il forme des prismes droits , courts, hexagonaux^ à sommet droit : ces cristaux se déposent au bout de quelque temps , quand on a mêlé ensemble du mellitate potassique, du nitrate argentique, et un peu d acide nitrique libre. Us sont transparents, très-brillants ; chauffés, ils donnent de leau, deviennent opaques, et se boursouflent subitement, avec une espèce de détonation, en laissant une masse très-allongée, et contournée d'argent métallique et de carbonate potassique.

Rhodicate argentique. C'est un précipité brun foncé , un peu soluble dans l'eau, et se noircissant facilement à la lumière.

Croconate argentique y AgC*0*. C'est un précipité rouge jaune, '

qui se dissout un peu dans l'eau et noircit facilement.

Borate argentique^ Ag B. On l'obtient en mêlant avec de l'acide '

borique une dissolution neutre de nitrate argentique; le borate se précipite alors sous forme d'une poudre cristalline, pesante, qui se dissout dans l'eau , mais très-difficilement. H. Rose a fait voir, le premier, que la composition de ce précipité n'est pas analogue à celle du borax. Le même chimiste a trouvé aussi que si le borax qu'on emploie pour cette expérience est dissous dans une grande quantité d'eau , par exemple , dans 3o à 4^ foîs son poids , il ne se précipite que de l'oxyde argentique. Ce phénomène ne tient pas à ce que l'eau décompose le sel ai^entique, attendu que ce sel est légèrement soluble dans l'eau , et qu'on peut étendre la dissolution avec une plus grande quantité d'eau ,

sans qu'elle se trouble.

Formiate argentique, Ag Fo. Il cristallise difficilement ; les cris*

taux sont rhomboîdaux, et se dissolvent facilement dans l'eau.

L'acide formique, produit par l'art, est décomposé par l'oxyde

argentique ; il se dégage de l'acide carbonique , et l'argent est

a86 TAnTR4T£ A.RGBIfTJQUE.

réduit. En décomposant le formiate potassique par le nitrate argen tique, on obtient cependant une combinaison qui se conserve pendant quelque temps. Suivant Goebelj le formiate argentique se dépose en petits cristaux, qui sont des tables à six ou à quatre côtés. Déjà, pendant la dessiccation, il commence à se décomposer : il devient d'un gris de plomb , avant qu'il soit complètement desséché. Le formiate plombique dont lacide a été obtenu par la voie chimique j précipite l'argent à l'état métallique de sa

dissolution dans l'acide nitrique.

• • • • Acétate argentique ^ A g Ac. On l'obtient en dissolvant le carbonate dans l'acide acétique. Il cristallise en aiguilles nacrées , légères et volumineuses ; il exige pour sa dissolution too parties d'eau froide : par conséquent , le meilleur moyen de le préparer est de mêler des dissolutions concentrées de nitrate argentique et d'acétate potassique, de séparer le précipité, et de le dissoudre dans l'eau bouillante ; le sel cristallise alors par le refroidissement. Il ne ccmtient point d'eau de cristallisation. Il est facilement décomposé par la chaleur, dégage de l'acide acétique, et donne, en vases ouverts, un résidu d'argent métallique qui a la forme des cristaux. Soumis à la distillation , ce sel donne, d'après Chenevix^ de l'acide acétique concentré, assez pur, et privé de liquide éthéré, qui se forme pendant la dissolution des autres acétates métalliques.

Sulfoformiate argentique (sulfacétate argentique de Melsens)^ AgS + C'H^O. On lob tient en saturant l'acide forroique, à la température de l'ébullition, avec le carbonate argentique. Par le refroidissement, le sel cristallise en larges prismes, aplatis, transparents, à sommet dièdre. Il affecte la même forme par l'évaporation spontanée. Il contient i atome d'eau de cristallbation, noircit à la lumière, perd de l'eau dans le vide, et devient opaque, ainsi qu'à + loo^, dans l'air. Soumis à la chaleur, il commence à fondre avant qu'il se décompose : il se dégage de l'acide sulfureux, et, après la calclnation à l'air libre, il reste de l'argent métallique.

Tartrate argentique ^ Ag Tr. Il se précipite quand on traite une solution de nitrate argentique par l'acide tartrique ou par un tartrate. C'est une poudre blanche, peu soluble. Elle se dissout dans l'ammoniaque caustique; lorsqu'on érapor« cette diasolu«

FULMINÂTES AAGENTIQUËS. ^87

tîon à laide de la chaleur, elle dépose de l'argent métallique , qui revêt souvent la surface du vase sous la forme d'une pellicule métallique; mais, d'après les expériences de fVerther^ Tacide tartrique est par là tellement altéré , qu'il donne avec Toxjde ammonîque un sel moins soluble, et avec les sels de chaux, un précipité blanc, qui diffère du tartrate calcique. Quand on expose ce sel^ à +40^, à l'action du gaz ammoniac, celui-ci est absorbé; et, suivant Erdmann^ il s'échauffe tellement, qu'il se forme du carbonate ammonique qui se sublime , pendant qu'il reste un

mélange d'argent et de carbure argentique.

Tartrate potassico-argentique, KTr + AgTr. Sel double, pulvérulent et insoluble, que l'ammoniaque caustique dissout aussi,

mais sans le déposer pendant l'évaporation.

Succinate argentique y Ag Se. Il se précipite, par voie de double décomposition, sous forme d'une poudre blanche, pesante, qui ne renferme pas d'eau chimiquement combinée. Il se dissout d'une manière très-peu sensible dans l'eau ainsi que dans l'acide acétique. A + i5o^, il commence à se noircir, en se décomposant.

Succinate argenteux^ Ag Se. On l'obtient, suivant Woehler^ en chauffant le succinate argentique, à + 100^, dans un courant de gaz hydrogène sec, jusqu'à ce qu'il ne se développe plus d'eau. Il devient par là jaune citron. A une température un peu supérieure à + 100^, la moitié de l'acide succinique s'en sublime, et il reste le sel neutre. Il est insoluble dans l'eau.

Fulminates argeniiques, 1° Fulminate neutre {^owàre fulminante de Brugnatelli) , Àg€y (ou Àg C* N* 0»+Ag N?) (i). On le prépare, comme le fulminate mercureux, en dissolvant i partie d'argent dans 20 parties d'acide nitrique, d'une densité de i,36 à i,38, et prenant d'ailleurs toutes les précautions que j'ai indiquées en parlant de la préparation du sel mercureux. On l'obtient aussi par le moyen suivant : 100 grains de nitrate argentique fondu et réduit en poudre fine sont introduits dans un vase de verre spacieux, et mêlés avec une once d'alcool tiède. On y ajoute ensuite une once d'acide nitrique fumant, qu'on met en une seule fois. La masse entre dans une espèce d'ébuUition; et dès que la poudre noire y qui sa trouve au fond du verre , est devenue blanche, on

(1) y<^ kiMH« tone IT» page 54.

a88 FULHIITATES ARGENTIQUES.

verse dessus de l'eau froide, qui arrête subitement toute réaction. L'opération entière dure seulement quelques minutes. Quand on retire la poudre pour la mettre sur le filtre, il faut se garder d'employer à cet effet un corps dur, même une plume; car on a des exemples que la masse mouillée a fait explosion, et tué la personne qui y introduisait un tube de verre. Il faut donc simplement jeter un peu d'eau sur la masse, pour l'enlever du vase et la verser sur le filtre. On la lave bien à l'eau , et on la conserve sous Teau jusqu'au moment de s'en servir; on en prend alors par petites portions, tout au plus de deux à cinq centigr. à la fois; on les met sur du papier gris, et on les sèche avec beaucoup de précaution à une douce chaleur. Le fulminate argentique est une poudre cristalline /qui ne rougit pas la teinture de tournesol, et qui à Tair, et par l'influence de la lumière, devient d'abord rouge et ensuite noire. Il se dissout dans 36 parties d'eau bouillante, et cristallise, par le refroidissement de la liqueur, en petites aiguilles blanches. Ce sel possède la propriété de brûler avec explosion ; il détone avec presque autant de violence que l'argent fulminant ordinaire (oxyde argentique ammoniacal), et bien plus fortement que le mercure et l'or fulminants. Un demi-grain (environ deux centigr.) de fulminate argentique, jeté sur des charbons ardents, produit une détonation aussi forte qu'un coup de pistolet. Il fait explosion par l'étincelle électrique, par la pression avec un corps dur, quand on le frappe avec un marteau, ou qu'on le touche avec un tube humecté d'acide sulfurique concentré; et quand il a été eiposé aux rayons du soleil, il détone, d'après Trommsdorjf^ par le plus léger contact. D après E. Davy^ il détone encore quand on le fait tomber par petites portions dans du gaz chlore. L'exposition s'opérant au milieu du vase, celui-ci n'est pas brisé. On a employé ce produit dans la fabrication des allumettes, des pois, des bonbons, etc. , fulminants; joujoux dangereux, dont on abuse pour causer, par leur détonation^ des surprises et des frayeurs, et qui sont déjà devenus la cause de tant d'accidents, que la police devrait les proscrire (i). Quand on veut préparer cette poudre fui*

(x) Puisse Taccideut suivant servir d*exemple à mes jeunes lecteurs ! Un opticien ambulant, qui se livrait, il faut croire, à la fabrication de l'argent fulminant, avait fut vcuir une petite boite de cette poudre a l'endroit où il s'était arrêté. A la douane, il fallut ouvrir la boite pour en faire voir le contenu; et quand Topticieny remit le couvercle, la poudre fit explosion, probablement parce qu'il en était resté un grain entre le cou*

FULMIKTàTë POTASSICO-ABCENTIQUE. 289

minante, il faut prendre les précautions suivantes : 1° employer des vases assez grands pour que la liqueur ne déborde pas ; car quand l'argent fulminant sèche sur les parois externes du vase, il fait souvent explosion au moment où Ton veut Ten détacher. 2° Il ne faut jamais approcher une chandelle allumée de la liqueur chaude dans laquelle se trouve Targent fulminant; car les vapeurs d ether s*enflamment à une certaine distance du vase, et la masse fait explosion. 3** Ainsi que je l'ai déjà dit, il ne faut jamais remuer la liqueur avec un corps dur, parce qu'on sait par expérience qu'elle peut faire explosion quand on l'agite avec un tube de ▼erre.

a Fulminate argent ique acide , AgCy* ou H + C* N* O* -h AgN? (i). On Tobtiént en décomposant le sel neutre parla potasse, la soude, la chaux, ou la baryte; il se dépose alors de Toxyde argentique, et il se forme un sel double. En filtrant la liqueur et la mêlant avec de l'acide nitrique, le sel acide se précipite sous forme d'une poudre blanche, qui est peu soluble dans Teau froide, mais se dissout facilement dans l'eau bouillante, et cristallise par le refroidissement de cette dissolution. Quand on chauffe ce sel , il détone avec violence. D'après les premières analyses de Liebig ^ les deux tiers de la base sont précipités, et le sel acide est du trifiilminate; mais d'après une analyse plus récente, que Liebig fit avec Gajr^Lussac y l'alcali sépare seulement la moitié de l'oxyde argentique , et le sel qu'on obtient est du bifulminate.

Fulminate potassico-argentique. On le prépare en décomposant le fulminate argentique par la potasse caustique. La liqueur filtrée a ordinairement une couleur brune, qui provient du papier du filtre, et disparait quand on la fait bouillir. Par Tévaporation, le sel cristallise en lamelles longitudinales, blanches et brillantes. Il a une saveur métallique, ne réagit pas comme les alcalis,

cercle et la boite. La main de Popücien fut presque totalement enlevée , et on trouva des fragments d*os sous la table, dont le dessus, quoique épais de plusieurs pouces, fut percé. De? fragments de la boite paraissaient, en plusieurs endroits, avoir pénétré dans la poitrine du malheureux, qui mourut au bout de onze jours. Aucun des employés de la douane ne fut atteint; et malgré la violence de la détonation, qui les priva de Touïe pendant quelque temps, il n*y eut point de vitre brisée, efTei qu^aurait infailliblement prodnit une explosion bien plus faible, causée par de la poudre ordinaire.

(i) Les fulminates suivants sont composés diaprés la même formule : i atome d*eaa basique est remplacé par Talome dUine autre base.

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