‹ Traité de chimie minerale, végétale et animaleChapitre 29 sur 107 · C. Sulfosels (Vargent · texte numérisé non relu

C. Sulfosels (Vargent

'Parmi les métaux proprement dits, largent est une des suU fobases les plus énergiques. Les sulfosels argentiques sont insolubles dans Teau, d*un brun foncé, noircissent en séchant, et se conservent assez bien à lair.

Sulfophosphate argentique^ Ag*^?' O" Tobticnt en mêlant Thyposulfophosphite argentique exactement avec 4 atomes de soufre, et chauffant le mélange dans un vase distillatoire jusqu'à ce qu'il soit fondu. La moitié du sulfure qui se forme ainsi se sublime. La masse refroidie est jaune orange, avec une teinte rougeâtre; sa cassure ne présente aucun indice de cristallisation, et donne une poudre d'un très-beau jaune foncé.

Sulfophosphile argentique^ Ag*P. On Tobtient à peu près comme le précédent, eu employant seulement 2 atomes de soufre. La moitié du sulfure phosphoreux nouvellement formé se sublime. La masse refroidie est affaissée et grise; elle donne une poudre jaune clair, très-colorante. Elle se dissout facilement dans Tacide nitrique, qui sépare une très-petite quantité de soufre insoluble.

Hyposulfophosphite argentiqucy AgP, On l'obtient en chauffant un mélange d'argent très-divisé et de sulfuré hypophosphoreux dans un courant de gaz hydrogène. La combinaison s efTectue avec beaucoup de violence, pendant qu'il passe à la distillation du sulfure de phosphore et l'excès du sulfure hypophosphoreux. Mais ceci a lieu très-lentement, parce qu'à une température trèsélevée il y a décomposition. Il est très-difficile de combiner le sulfure hypophosphoreux avec le sulfure argentique déjà formé; et l'argent dont on se sert dans cette opération doit être trèsdivisé, et tel qu'on l'obtient au moyen de la réduction parla voie humide, après le lavage et la dessiccation sans l'emploi de la chaleur. {Voir tom. II, p. 474«) Dans le cas contraire, on obtient le composé sous forme de paillettes argentées. Il est noir, et donne une poudre brune de foie avec une teinte violette. L'acide nitrique, de 1,2a densité, l'attaque si difficilement, même à chaud, qu'il dissout l'argent métallique qui pourrait s'y trouver à l'état de simple mélange, sans faire éprouver de perte sensible au composé proprement dit. Soumis à la distillation sèche, il fond en une masse

SULFARSÉNITE ARGEJfTlQVE. II97

pâteuse et boursouflée : il passe du sulfure hypophosphoreux, et il reste y à la chaleur rouge, du sulfure argen tique poreux boursouflé.

Hyposulfophosphite argentique monobasique ^ Ag'P = AgP + Ag. On lobtient en chauffant, dans un vase distillatoire, du suifophosphate ou du sulfophosphite argentique, jusqu'au rouge commençant; on continue à chauffer jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de sublimé. Il reste une poudre brun foncé, d où Ton retire la moitié du sulfure argentique à Tatde de Tacide nitrique.

Sulfocarbonate argentique ^ AgC. Il forme un précipité brun foncé, soluble en brun foncé dans un excès du précipitant. A l'état sec, il est noir, brillant, difficile à réduire en poudre; étant distillé, il donne une quantité insigniflante de sulfure carbonique, une quantité notable de soufre, et un résidu de sulfure d'argent mêlé de charbon.

Suif urénate argentique^ Ag-hC*N*H*S\ Il forme un précipité jaune, qui se conserve assez bien, surtout quand on a employé, pour le préparer, des dissolutions un peu étendues.

Sulfotellurite tnargentique y Ag* Te. C'est un précipité noir volumineux, qui prend l'éclat métallique sous le brunissoir. Soumis à la distillation, il donne du soufre, et laisse un globule métallique fondu, d'un gris plombé. Ce globule ne s'altère pas quand on le fond au contact de l'air; il est ductile comme du plomb, peut être aplati sans gercer. sur les bords, et parait consister en tellurure d'argent.

Sulfarséniate argentique^ Ag'As. Il se précipite en brun foncé, et paraît d'abord être en dissolution dans la liqueur; mais il se rassemble ensuite, se tasse au fond du vase comme un corps pesant, et devient noir. Après la dessiccation , il forme une niasse noire, dont la poudre est brune. Le sel neutre et le sel basique se comportent absolument de la même manière. Soumis à la distillation, il ne donne ni soufre ni sulfide arsénique, et fond, au rouge cerise, en un globule métallique, gris et brillant, sans dégager aucun produit vol^il. Le globule est doux et malléable, et ne peut être réduit en poudre. Chauflë au contact de Tair, il donne un résidu de sulfure d'ai'gent, tandis que le sulfide arsénique est bnUé.

Suifarsénite argentique, Ag'As. Il forme un précipité brun

agS SÜLFANTIMONITE OCTOBA6IQUE.

clair, qui dans les premiers instants est transparent, mais se rassemble ensuite en masse, et devient noir. Par la distillation, il donne du sulfide arsénieux, s'il en contient un excès, puis se fond et en donne une nouvelle quantité, jusqu'à ce qu'il ne reste que le sel neutre, qui ne s'altère plus. G est une masse métallique noire, qui donne par la trituration une poudre brune claire, semblable au précipité considéré dans les premiers instants de sa formation. Si Ton mêle une dissolution saturée de chlorure argentique daus l'ammoniaque avec un bisulfarsénite, on obtient un précipité jaune foncé, qui est du sulfarsénite pentargentique^ =AgAs + 5 Ag.

SoHS'SuIfantimoniate argentique^ Ag*Sb. Il se précipite par voie de double décomposition, au moyen du sulfosel sodique cristallisé. Le précipité est brun foncé, et parfaitement insoluble. La potasse caustique en retire le sulfure antimonique, et laisse le sulfure argentique. A la distillation sèche, il donne du soufre , et laisse de l'antimoniure argentique, = Ag'Sb.

SuIJantimonite argentique^ AgSb. On le rencontre dans le règne minéral sous le nom de myargyrite ou de blende rubis hémiprisma' tique. Il est naturellement cristallisé en prismes rhomboîdaux couleur noir de fer, donnant une poudre rouge cerise. Vu en lamelles minces, il a une couleur rouge de sang.

Sulfantimonite bibasique^ Ag^Sb z= AgSb + 2 Ag. C'est un des plus beaux minerais d'argent, le rothgülden» Ses cristaux ont un éclat métallique très-prononcé, avec une teinte rougeâtre. Ce composé renferme quelquefois en mélange le sulfarsénite argentique correspondant, avec lequel il parait être isomorphe. Les cristaux sont alors de couleur moins foncée, et rouges rubis, vus par transparence.

Sul/antimonitô pentabasique , Ag^Sb =r Ag4b 4- 5Ag. On le rencontre, dans le règne minéral, sous le nom de Sprodglaserz^ de SchwarzgülUgerz. Il est cristallisé en prismes rhomboîdaux noirs. L'antimoine sy trouve quelquefois partiellement remplacé par Ifirsenic. ^

Sulfantimonite octobasique^ Ag^àb= AgÄb + 8 Àg. Il se rencontre, au même degré de saturation que \e poljrbasite^ en combinaison avec le sulfantimonite cuivrique. D'après une analyse de £/• Rose y il se compose de €u^4b-h4Ag"Àb. Le sulfure antimo-

CHLORURE RHODEUx. ^agg

nieux s'y trouve remplacé par du sulfure arsénieux, en quantités variables suivant les localités.

Sulfoniolybdate argentiqtœ^ AgMo. C'est un précipité noir, qui, à l'état secy donne une rayure éclatante, d'un gris plombé.

Hypersulfomoljrbdate argentique^ AgMo. Il est d'un brun foncé, et noir en masse.

Sulfotungstate argentique^ Ag W. Il forme un précipité brun foncé, qui devient noir en peu de temps. A la distillation, il donne du soufre, et devient d'un gris plombé, brillant.

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