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Sels de rhodium

Les sels de rhodium sont encore peu connus. Les sels haloïdes paraissent être rouges; les oxysels, jaunes, rouges ou bruns. On ne connaît point de sulfosels de ce métal. Les sels de rhodium ne sont pas précipités instantanément par les alcalis; mais quand on les fait digérer avec eux, ils déposent au bout de quelque temps de l'oxyde rhodique jaune verdàtre. Le gaz sulfide hydrique les précipite en brun noirâtre, mais seulement à l'aide de la chaleur. Tous les sels de rhodium sont décomposés, et le rhodiuip est réduit quand on les expose^ sous forme sèche, à l'action simultanée d'une douce chaleur et du gaz hydrogène. Jusqu'à présent on ne connaît au rhodium qu'une seule série de sels.

A. Sels haloïdes de rhodium.

Chlorure rhodeux^ ft^l. On le prépare, par voie humide, en faisant bouillir le chlorure rhodoso-rhodique avec la potasse caus-

tique, et traitant l'oxyde K + R ainsi obtenu, après le lavage, par Facide chlorhydrique : il se dissout du chlorure rhodique, tandis qu'il reste une poudre gris rouge ou d'un violet sale, qui devient rouge rose par la calcination. On l'obtient, par la voie sèche, en chauffant le sulfure rhodique, à une douce chaleur, dans un courant de gaz chlore sec, jusqu'à ce qu'il ne se 'forme plus de chlorure de soufre. Le chlorure rhodeux qui reste est également rouge rose. Il est insoluble dans l'eau, dans les acides chlorhydrique et nitrique; il n'est pas décomposé, à la température de TébuUition, par les alcalis caustiques ou les carbonates alcalins; mais il Test

3oO CHLORUBE RHODICO-POTASSIQUE.

facileinent par la calcination dans le gaz hydrogène , en laissant, suivant Fellenbergy 69,4 pour cent de rhodium.

Chlorure rhodiqucy &€P. Pour Tobtenir on verse peu à peu une dissolution d acide hydrofluosilicique dans une dissolution de chlorure rhodico-potassique , et on s'arrête aussitôt qu'il ne se forme plus de fluorure silicico-potassique. On évapore jusqu a siccité la dissolution filtrée, et on reprend la masse par Teau, qui laisse, sans la dissoudre, une petite portion de fluorure silicico-potassique; on ajoute de l'acide chlorhydrique a la dissolution, eton évapore celle-ci jusqu'à siccité, pour chasser les traces d'acide hydrofluosilicique que le sel peut contenir. Le sel sec est d'un noir brun, et nullement cristallin; il supporte sans se décomposer une assez foite chaleur, et, arrivé au point où il se décompose, il se transforme immédiatement en métal et en chlore, sans passer par un degré intermédiaire de combinaison. A Tair, il est déliquescent; sa dissolution dans l'eau est d'une belle couleur rouge. 11 a une saveur métallique, légèrement astringente. Il est composé de 66,24 parties de rhodium et 33,76 de chlore.

Chlorure rhodoso-rhodique, &" Cl* ou R €1» -f- R Cl*. On l'obûent en chauffant du rhodium en poudre fine (tel qu'on l'obtient par la réduction de ses sels doubles au moyen du gaz hydrogène) dans un courant de gaz chlore, qui le convertit peu à peu en une poudre rose, insoluble dans l'eau et dans les acides. Cette poudre est formée de 54,07 parties de rhodium et 45,93 de chlore, proportions qui correspondent à une composition d'après laquelle ce sel serait formé de deux chlorures, dont l'un renfermerait, pour la même quantité de métal, un tiers moins de chlore que le chlorure rhodiquC; et qui seraient combinés , dans le sel double, dans la proportion requise pour contenir tous deux la même quantité de rhodium.

i Chlorure rhodico-pota^sique y K Gl -h ^G\\ On le prépare en mêlant du rhodium en poudre fine avec un poids égal au sien de chlorure potassique, et chauffant le mélange intime dans un courant de gaz chlore, jusqu'à ce que ce gaz cesse d'être absorbé. La chaleur peut être élevée jusqu'au rouge obscur, et à cette temperature labsorption est plus forte qu'à une température moins élevée. On obtient ainsi une masse saline, noire, qui n'a pas subi de fusion et se dissout dans l'eau ; la dissolution , qui est d'une belle couleur rouge, donne, après l'évaporatioui des cristaux rou-

CHLORURE AHODlGO-AMMOlflQUE. 3oi

ges foncés, dont la forme est rarement bien nette. D après Wol^ lasten^ les cristaux forment des prismes rectangulaires à quatre pans, terminés par des pyramides à quatre faces. Ce sel est insoluble dans lalcool ; mais lorsqu'on essaye de le précipiter par lalcool d'une dissolution concentrée dans Teau, une partie du sel reste dissoute dans la liqueur spiritueuse, et ne $*en sépare pas quand on y ajoute une plus grande quantité d*alcool. Quand on distille cette liqueur spiritueuse, la plus grande partie du sel dissous se réduit à Tétat métallique. Le sel cristallisé contient 2 atomes ou 4>77 pour cent d'eau, qui ne se vaporise pas à la température de 100^, mais qui peut être chassée par une plus forte chaleur, sans que le sel restant soit décomposé.

Chlorure rhodico-sodique^ 3Na€l + RGP. On le prépare comme le sel potassique; seulement il est nécessaire d'employer 2 parties de chlorure sodique pour une de rhodium. On peut aussi l'extraire des minerais de platine, par la méthode décrite à l'article de l'extraction du rhodium. Il se dissout dans l'eau, et la dissolution, qui est d'une couleur rouge très-belle, donne, après l'évaporation, de grands cristaux prismatiques d'un rouge foncé. Le sel cristallisé contient 3o pour cent d'eau de cristallisation , dont il perd une portion à l'air sec, en se co.uvrant d'une poudre rouge. Exposé à l'action de la chaleur, il fond dans son eau de cristallisation, qu'il retient avec opiniâtreté. Avec l'alcool il se comporte comme le sel potassique. La composition du sel sodique n'est donc pas proportionnelle à celle du sel potassique. Lorsqu'on fait bouillir ce sel avec de l'alcool dans un vase distillatoire , jusqu'à ce que la plus grande partie de l'alcool ait passé à la distillation, la liqueur restante laisse, suivant Biewend^ déposer, par le refroidissement, des aiguilles rouges, qui, par une nouvelle cristallisation dans Feau, donnent des rhomboèdres brillants, presque noirs. Si ce sel n'est pas identique avec le précédent, ce qui paraît très-probable^ ce ne pourra être qu'un sel double d'un degré de chloruration inférieur, et méritera, par conséquent, de nouvelles recherches.

Chlorure rhodico-ammonique , 2NH*G1 + &GP + H. Ou l'obtient en ajoutant du sel ammoniac à la dissolution du chlorure, et évaporant la liqueur. Le sel double ressemble beaucoup au sel potassique, se dissout moins bien dans l'eau que le sel sodique, et se décompose quand on le chauffe, en donnant un résidu de rhodium.

Quand on mêle du chlorure rhodico-sodique avec de l'amnio-

302 SULFAT» RHODICO-POTASSIQUE.

niaque en certain excès, le sel perd peu à peu sa couleur rouge, et devient jaune. En même temps il se précipite de Toxjde rhodique ammoniacal, et la dissolution retient un sel double basique. En révaporant jusqu'à siccitë et traitant le résidu par Teau, celle-ci laisse, sans la dissoudre, une poudre jaune qui parait être composée de chlorure rhodique ammoniacal.

B. Oxysels de rhodium.

Sulfate rhodique^ & S'. On le prépare en dissolvant du sulfure de rhodium, préparé par la voie humide, dans de l'acide nitrique fumant ; on obtient un liquide brun jaunâtre et une poudre brune. Cette dernière est du sulfate rhodique neutre, et le liquide est une dissolution du même sel dans l'acide nitrique. En décantant Tacide et traitant la poudre brune par Veau, elle se dissout. La dissolution se dessèche en un sirop brun qui n'offre aucune trace de cristallisation. Si Ton essaye de chasser l'eau par la chaleur, le sel se boursoufle comme de l'alun, et laisse une masse poreuse, gonflée, qui paraît d'abord insoluble dans l'eau, mais finit par s'y dissoudre, absolument comme l'alun calciné. Exposé à l'air, ce sel commence à se liquéfier au bout de quelques heures, et il passe ainsi pins promptement à l'état liquide que quand on y verse de l'eau. La dissolution concentrée est d'un rouge sombre tirant sur le jaune ; et je crois avoir remarqué qu'elle devient d'un rouge plus intense quand elle a été conservée pendant quelque temps.

Sulfate rhodicO'potassique, On l'obtient en mêlant du rhodium en poudre fine avec du bisulfate potassique, et chauffant le mélange, dans un creuset de platine couvert, jusqu'au rouge obscur, température à laquelle on le maintient pendant quelque temps. Peu à peu il se dégage du gaz acide sulfureux, et le sel se colore en rouge brun foncé. La dissolution du métal s'opère lentement, et pendant l'expérience il se vaporise beaucoup d'acide. Mais on peut laisser refroidir le sel, y ajouter une quantité convenable d'acide sulfurique, et continuer ensuite à faire digérer le mélange. Le sel solidifié est jaune ou jaune foncé, rarement rose. Il se dissout en jaune dans l'eau, très-lentement quand celle-ci est froide, avec rapidité quand elle bout. Les alcalis versés dans la dissolution précipitent une grande partie de l'oxyde rhodique ; mais celui-ci

SELS DE PALLADIUM. 3o3

n'est notablement précipité ni par les alcalis ni par le gaz sulfide hydrique. Pour en extraire tout Toxyde rhodique, il faut mêler le sel avec un excès de carbonate potassique ou sodique sec, et chauffer le mélange jusqu'au rouge : en traitant la masse calcinée par Teau, tout ioxyde rhodique reste.

On obtient un autre sulfate rhodico-potassique, en ajoutant au chlorure de ces bases une certaine quantité d acide sulfureux. Au bout de quelques heures, la dissolution , dont la couleur devient de plus en plus pâle, dépose une poudre blanche, qui est encore blanche après avoir été lavée, ou d'un blanc tirant à peine sur le jaune. Ce sel est presque insoluble dans l'eau, et très-peu soluble dans l'acide sulfurique; ces deux liquides, mis en contact avec le sel, prennent une couleur jaune. Les alcalis en séparent, à l'aide de la digestion, de Toxyde rhodique. 11 contient o,a8 de son poids de rhodium, et parait être, à proprement parler, le sel neutre,

Nitrate rhodique^ R W. On l'obtient en dissolvant l'oxyde rhodique dans l'acide nitrique, jusqu'à saturation complète de l'acide. Il forme un sel déliquescent, d'un rouge foncé.

Nitrate rhocUcO'Sodique y NaN + iVN^ Il forme des cristaux rouges foncés, et se dissout facilement dans l'eau; mais il est insoluble dans l'alcool.

Phosphate rhodique. On l'obtient en mêlant l'oxyde rhodique avec l'acide phosphorique, évaporant le mélange, et soumettant le résidu à une douce calcination. Epuisée par Teau, la masse calcinée cède très-lentement l'excès d'acide et une portion du sel produit. La solution concentrée est brune foncée, et jaunit par la dilution, La partie non dissoute est brune.

jicétate rhodique. Il forme une dissolution rouge.

Acétate rhodico'sodique. Ce sel double est rouge, très-soluble dans l'eau , et insoluble dans l'alcool.

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