A. — PRÉPAHATION DES MATIÈRES PREMIÈRES
L'industrie des matières colorantes azoïques utilise des composés nitreux et des composés aromatiques. Le principal composé nitreux employé est Tazotite de sodium. Toutefois on a employé aussi les vapeurs nitreuses et les cristaux des chambres de plomb ou sulfate acide de nitrosyle. Les composés aromatiques employés sont très nombreux; très souvent ils sont à fonctions mixtes. Nous étudierons la préparation des principaux d'entre eux non encore étudiés, en suivant l'ordre adopté dans l'ensemble de cet ouvrage (1).
551 • Fabrication de l'azotite de sodium* —
On prépare l'azotite de sodium en réduisant par le plomb métallique l'azotate de sodium. La réaction a lieu suivant la formule :
AzO^Na + Pb = PbO + Az'O^Na.
L'opération se fait dans de grandes marmites en fonte,
(i) Voir Aniline, t. 11, pp. 381 et i38 ; yUronaphtalène^ t. I, p. 224; Benzidine ou phénylène diamine, t. II, p. 385; a et ^'naphtylaminCf t. 11, p. 385.
348 CBAPITRE XUI. — COMPlJSÉS AZOÏQLES ET DIAZOÏQUES
chauffées à feu nu, mais protégées contre l'action directe de la flamme par une voûte en maçonnerie. Un agitateur mécanique permet de brasser énergiquement la matière. On introduit 150 kitogrammes d'azotate de sodium dans la chaudière et, quand ce sel est fondu, on ajoute peu à peu 410 kilogrammes de plomb, c'està-dire un peu plus de plomb que ne l'exige la formule donnée plus haut.
L'opération dure environ douze heures. Lorsque la réaction est terminée, on lessive la masse encore chaude avec des eaux de lavage d'une opération antérieure qui contiennent déjà un peu d'azotile. La majeure partie du plomb reste à l'état de litharge insoluble ; une portion est en dissolution à l'élat de plombate de sodium. Il est indispensable, pour l'industrie des couleurs azoïques, de précipiter ce plomb ; on y arrive à l'aide d'un courant d'acide carbonique, Le carbonate de plomb ainsi précipité et les litharges de la matière épuisée par l'eau sont transformés en minium ou régénérés à l'état de plomb métallique, qui peut rentrer dans la fabrication. La solution contient l'azolile de sodium en même temps que de l'azotate et du carbonate de sodium. On détruit ce dernier sel par de l'acide azotique étendu. On concentre les liqueurs et on les fait cristalliser. Les cristaux qui se forment d'abord sont riches en azolite ; on les essore et on les sèche, tandis
queTazotate de sodium, plus soluble, reste dans les eauxmères. On évapore celles-ci à siccité et on emploie le résidu solide obtenu pour une nouvelle opération, en le mêlant à l'azotate de sodium.
11 est indispensable de connaître la richesse en azotite de la matière ainsi préparée : pour cela on prend 50 centimètres cubes d'une solution de permanganate de potassium de titre connu, tel que, par exemple, 50 centimètres cubes puissent oxyder, transformer en azotate, 0*%2 d'azotite pur. On l'acidulé fortement par l'acide sulfurique et on chauffe le tout dans un ballon vers 40*". La plupart du temps l'addition de l'acide sulfurique suffit à amener la liqueur à la température convenable. On verse alors avec une burette graduée une dissolution de l'azotite à essayer faite en dissolvant 1 gramme de cette matière dans 50 centimètres cubes, dans la solution titrée de permanganate. S'il faut employer 7i centimètres cubes de cette liqueur pour décolorer les 50 centimètres cubes de permanganate, n centimètres cubes contiennent 0*'",2 d'azotite pur, et par suite 1 gramme de l'azotite employé
contient — X 0,2 ou — Ou bien encore 100 grammes
contiennent—^ d'azotite pur. Il suffit donc de diviser
1.000 par le nombre n de centimètres cubes employés pour avoir immédiatement la richesse centésimale de l'azotite essayé.
552. Autres composés nitreux. — On emploie aussi les vapeurs nilreuses, obtenues en chauffant de l'acide azotique avec des corps réducteurs, tels que l'amidon. Ce procédé peut être facilement utilisé dans les laboratoires. Il est ti'ès peu employé en industrie.
550 CHAPITRE XIII. — COMPOSÉS AZOÏQUES ET DIAZOÏQUES
Le sulfate-acide de nitrosyie S0'*<^ a ^q, que Ton peut
employer aussi, s'obtient par Taction de l'anhydride sulfureux sur l'acide azotique ou du peroxyde d'azote sur l'acide sulfurique. Ce procédé est très peu employé.