Acide métaamidobenzoïque
C«H^ : (AzH2,C00H).
Ce composé se prépare en chauffant légèrement un mélange à molécules égales d'acide benzoïque et d'azotate de sodium en présence d'un grand excès d'acide sulfurique ; il se forme dans ces conditions les trois acides nitrobenzoïques C^H^ : (AzO^jCOOH), mais le composé meta prédomine. On jette le produit dans l'eau bouillante : l'acide benzoïque non attaqué se dissout. Le précipité est alors lavé, puis traité par la poudre de zinc, en présence de l'acide chlorhydrique, ce qui transforme le groupe AzO^ en groupe AzH^.
B. — PRQCKDÉS GÉNÉUAUX DE FABRICATION
560. Diazotation. — Nous avons vu plus haut (pp. 526 et 541) les méthodes employées pour la préparation des composés azoïques. Lorsque le composé que l'on veut obtenir est monoazoïque R.Az : Az.K', on commence par obtenir un dérivé diazoïque, un chlorure, par exemple R.Az.Az.Cl, en faisant agir sur le chlorhydrate d'aminé contenant le radical R, dont la formule est
560 CHAPITRE XIII. — COMPOSÉS AZOÏQUES ET DIAZOÏQUES
R.AzH'^HCl, 1 molécule d'azotite de sodium; puis sur le composé diazoïque obtenu on fait agir un composé aromatique R'.H, qui le transforme en composé azoïque.
L'action de Tazotite de sodium est, en général, très rapide ; on emploie le plus souvent ce réactif à l'état de dissolution contenant 33 0/0 d'azotite. La chaleur dégagée par la réaction élèverait rapidement la température si l'on ne prenait pas des précautions spéciales pour l'éviter, ce qui est indispensable, étant donnée la faible stabilité des composés diazoïques. Aussi on refroidit au voisinage de 0" le composé aromatique que l'on veut diazoter, soit en y projetant des morceaux de glace, soit en faisant parcourir des serpentins, immergés dans le liquide, par un courant d'eau salée fortement refroidie. La solution d'azotite de sodium, froide également, est alors introduite plus ou moins lentement, selon les moyens de réfrigération dont on dispose, mais de façon que la température ne s'élève que très peu.
561 • Réaction. — La réaction du composé diazoïque sur le composé aromatique se fait le plus souvent dans des cuves différentes des premières. Le composé aromatique est introduit dans ces cuves, refroidi vers 0^, et on y fait arriver lentement le composé diazoïque en surveillant avec soin la température, qui souvent ne doit pas dépasser 10".
Parfois, dans le cas particulier où l'on a R'H = R. AzH \ les deux opérations, diazotation et réaction se font simultanément en mettant un excès du composé aromatique en présence de l'azotite de sodium; dans ce cas, il se produit d'abord un composé diazoïque suivant la formule :
2(R.AzH^HCl) + AzO^Na --
R.Az : Az.Az : (n,R)HCl + NaCl + 2H 0
Puis on laisse la température s'élever un peu, vers 40*. par exemple, et le composé diazoïque peu stable se transforme, sans changement de composition centésimale, en un dérivé azoïque comme le montre la formule :
R.Az : Az.Az : (H,R)HCl = R.Az : Az.R^AzH HCl
en posant R''.H = R.
Telle est, par exemple, la préparation du jaune d'aniline ou amidoazobenzène; il suffit de faire R = C^'H* et, par suite, R'' = C^H^ dans les formules précédentes pour avoir les formules de préparation de cette matière colorante.
Pour les matières colorantes bi-, tri- et tétrazoïque nous avons vu (p. 544) les méthodes de préparation employées ; elles reposent aussi sur une ou plusieurs diazotations suivies de réactions. Ces opérations se font comme les précédentes.