‹ Traité de chimie organique (volume 2)Chapitre 13 sur 80 · ACIDES DÉRIVÉS DU CAMPHRE · texte numérisé non relu

ACIDES DÉRIVÉS DU CAMPHRE

Acide camphorique.

Formule de Pacide anhydre : C;, H,, O:. Symbole Ca (Ma- LAGUTI, LAURENT, WALTER).

Formule de l’hydrate : C;, H,, O0; + H,O. Symbole : Ca, aq.

Cet acide a été découvert par KosEGARTEN. Ilse produit par l'action de Pacide nitrique sur le camphre. MaArAGuT— et LAU- RENT ont, les premiers, examiné l'acide anhydre.

Pour obtenir l'acide camphorique, on chauffe du camphre, placé dans une cornue, avecndix fois son poids d’acide nitrique concentré. Le camphre fond en une huile jaune foncé, qui disparait bientôt si l'on continue à chauffer et qu'onait soin d’ajouter de temps à autre de nouvelles. portions d’acidé. On‘obtient ainsi, dans le-résidu, de l'acide camphorique qui cristallise par le refroidissement, lorsque le mélange a été suffisamment ‘évaporé; on chauffe le produit avec:de l’eau bouillante; et ony'ajoute du carbonate de potasse jusqu’&ce qu'il n'y ait plus d’effervescence. -» Par: ce traitement, on voit, la plupart du temps, se séparer üne certaine quantité de camphre non: oxidé. On concëntre ‘alors le liquide en l’Evaporant et/on ÿ ajoute un excès: d’acide nitrique ; l'acide camphorique se dépose alors, à l’état eristallisé, par le refroidissement-du) mélange: On ave les cristaux avec de l'eau et on les! purifie:par de nouvelles:cristallisations:».\ ee oise

ÂL'hydrate d'acide: camphorique: cristallise dans l'eau ‘én pail-

lettes ou en petites aiguilles incolores et transparentes. Sa saveur est acide d’abord, puis développe de l’amertume ; il est très peu soluble dans l’eau froide; à chaud il s’y dissout mieux. Il est fort soluble dans l'alcool et l'éther, ainsi que dans les huiles grasses et les huiles volatiles.

Il fond à 70° C., sans perdre de son poids; par la distillation sèche, il se décompose en eau et en une matière cristalline qui possède la composition de l'acide camphorique anhydre; en mème temps, il laisse un léger résidu de charbon.

L’hydrate d’acide camphorique se dissout sans altération ‘dans l'acide sulfurique et l’acide nitrique concentré.

Camphorates.

Les camphorates solubles dans l’eau donnent, à l’état de concentration, par l’addition des acides, un précipité blanc et cristallin d'acide camphorique hydraté.

Le camphorate de potasse et celui de soude sont fort solubles, et cristallisent difficilement.

Les camphorates à base de baryte, de strontiane, de magnésie et de protoxide de manganèse sont fort solubles et cristallisables.

La plupart des solutions métalliques donnent , avec les camphorates alcalins, des précipités fort peu solubles.

, Camphorate D ne — Ca, Ad H, O (MarAcuri). On obtient ce, sel en chauffant doucement de l'hydrate d’acide camphorique. dans, le gaz ammoniac; il est. très soluble dans Peau, sans sayeur ni odeur; sa solution aqueuse réagit légèrement acide.

Lorsqu’ on sature une solution bouillante d’acide camphorique par du bicarbonate d’ammoniaque, et qu'on évapore doucement le liquide, il se dépose des prismes, très, blancs, petits, fort solubles dans l’eau, froide, et doués d’une réaction et d’une saveur acides. Ces cristaux ont la composition suivante:

on g À +9 07 aq.

"Is Derdent les 9 atomes d’eau de cristallisation — Fo 19 BB HAHER) | quand on les Chauffe à 100°, dans. un, courant d’air sec ques Gum). | En d'a |

138 TRAITÉ Camphorate acide d'oxide d'éthyle (acide camphovinique): Ae O | mo Pour le préparer, on distille un mélange de 10 parties d’acide camphorique, de 20 parties d’alcool et de 5 parties d'acide sulfurique ; on chauffe Tor ce que la moitié du mélange ait passé,

2 C l (MALAGUTI).

C’est alors que la combinaison en question se Hepoëb à à l'état d’une huile sirupeuse. On peut l'obtenir à l'état de pureté en la dissolvant dans une lessive de potasse et en l’en précipitant par de l'acide hydrochlorique. Elle devient parfaitement pure par des lavages à l’eau et par le repos dans le vide sur de l’acide sulfurique. |

A: la temperature ordinaire, l'acide camphovinique est incolore, diaphane ét sirupeux : sa densité est de 1,095 à 200,5 5; il possede une odeur faible ton particulière ; sà saveur est d'une amertume désagréable et dépourvue d’acidité. |

Il rougit le tournesol au bout de quelque temps, se dissout peu dans l’eau, et se mélange au contraire avec l'alcool et l’éther.

Quand on le fait bouillir avec de l'eau, il se décompose en éther camphorique et en acide camphorique hydraté.

Chauffe à 130°, il ne perd rien de son poids: il bout à 196°, mais alors il se décompose et noircit, en même temps que | b temperature s’eleve graduellement. Il se produit alors de Talcool, des gaz inflammables’et uñ corps blänc, cristallin et Volatil, Payaut laconsistance du beurre d’antimoine. Ce corps blanc, dissous dans Palcool bouillant; donne, par(lé refroidissement de 0lüttôn, des cristaux d'acide: camphorique ankydre; Peau mère reich une certaine quantité d’ether camphorique. 9h 98 li „Di

‘:1Lecamphorate acide d'éxidé d’éthyle: torts ul étuis u les oxides métalliques une Serie de Combinaisons doubles fein? phovinates), dans laquelle 1 Équivalent d'eau se trouve remplacé par 1 équivalent d'oxide”métallique. Les edtnbinaisons à base alcaline sont solubles; in autres we s’obtenir a l'état de précipités peu sohbee ob 1,25 aomois @ askinshrag all |

-Camphôraté d'oxide: ae et de“ cuibré (cimphovitiaté de cuivre). — On l’obtient en précipitant du deutosulfate de eitre

par du camphorate d'oxide d’éthyle et d'ammoniaque. C'est un sel sesquibasique qui parait contenir 4 atomes d’eau.

Camphorate d’oxide ue et d'argent (camphovinate d’argent):

| 2 Ca, a À (MALAGUTI).

Ce sel est anhydre et constitue un précipité blanc, gelatineux, en! soluble dans l’eau. |

Camphorate neutre d’oxide d’ethyle (éther camphorique). — Ca, Ae © (MaraAGurr. Le produit de la distillation du camphoraté d’éthyle acide donne, comme nous l'avons déjà dit, des cristaux d’acide camphorique anhydre, lorsqu’on dissout ce produit dans l'alcool bouillant. En évaporant les eaux-meres alcooliques, d'où ces cristaux se sont déposés, et en y ajoutant de l’eau dès qu’il ne s’en précipite plus, on voit se séparer un Corps huileux et pesant. C’est lui qui constitue le camphorate d’éthyle neutre. Pour le purifier complétement de l'acide qui y adhère, on le fait bouillir avec une lessive de potasse diluée, ensuite on le lave avec de l'eau, on l'abandonne sur du chlorure de calcium et on le soumet enfin à la rectification.

"T’ether camphorique pur est liquide, oléagineux, d’une couleur üñ peu foncée et d'une saveur amère extrêmement désagreable. II possède une odeur particulière ; celle de sa vapeur est né DonBE à un haut Mere 20

‘ba densité de l'éther camphorique est de 1. ‚029 à 16°; il bout entre 5850 et 287, en s’altérant légèrement. Itnes' (BNfiatame que difficileméft et brûle avee une flamme fuliginéuse. Il est fort s0hie’ dans Yaléoo! et Téther, insoluble dans l'eau eis sans ati on sur les cönleurs‘ végétales.

"Le "Bröne, „Piode et le gaz ammoniac se dissolvent, en à Etage qéantité, “dans Véther eamphorique ; toutefois its | ne paraissent éxèrer Sur” ui aucune action d&eomposänte.

"spe chlore en agissant sur Pether ephorique, donne najs- Since à T'étier” eamphörique chloruré ?

Ce De Où + CG H, Ch O ) (Marksorn).

" Camphordte Wargent. - — nu 490 Markeunn. Précipité

biäne, insolüble dans l'eau. ji

Acide camphorique anhydre.

Formule de l'acide cristallisé : C,, H,4 O; (MALasurı, Lav- RENT).

Nous n’avons jusqu’à présent point de recherches qui soient de nature à nous éclairer sur la constitution de l'acide camphorique anhydre. Du reste, l'existence des acides organiques. anhydres me paraît assez peu probable, et si l’on en a introduit quel: ques-uns dans Ja science, c’est qu’on a complétement ignor6 et que l’on ignore encore la constitution des hydrates de ces acides.

La manière dont l’émétique se comporte à une. température élevée et l'existence du suceinate de plomb polybasique, découvert par FEHLING, prouvent clairement que les corps qui passent pour être l'acide tartrique anhydre et l'acide. succinique anhydre, renferment encore une certaine quantité d’eau que certaines bases peuvent éliminer. Il en est de même, sans doute, pour l'acide camphorique anhydre.

Tous ces acides soi-disant anhydres sont dans la même ar avec leurs hydrates que celle que présentent l'acide phosphorique et l’acide métaphosphorique; du moins, il résulte des expériences de MALAGUTI que l'acide camphorique anhydre forme, avec les bases, des sels doués de propriétés différentes de celles des ne ordinaires.

On prépare l’acide camphorique anhydre,. en lavant 2 à froid, avec de l'alcool, le produit butyreux provenant, de la distillation de l’acide camphorique hydraté ou de l’acide camphovinique, dissolvant le résidu dans l'alcool bouillant et laissant refroidir... . L’acide camphorique anhydre forme des prismes à base rhombe, incolores, brillants, allongés et aplatis. Sa densité est de 1,194 3 a 20,9 ; il n’est pas acide, sa saveur est nulle ; introduit dans le palais, il y provoque, comme l’acide benzoique, une sensation d'àcreté. Il est fort peu soluble dans l’eau fr oide ; il se, dissout mieux dans l’eau bouillante; la solution saturée à l'ébullition dépose, en refroidissant , l'éxcës d'acide en cristaux blancs. et anhydres comme le produit employé. Il ne s’hydrate pas par. une ébullition dans l’eau, prolongée pendant, douze heures (MALAGUTI); toutefois si Ton continue ce traitement encore pendant quelques

heures, l'acide anhydre finit par se dissoudre et se transformer en hydrate (LAURENT).

L’aeide camphorique anhydre se dissout mieux dans l’acool froid que dans l’eau; à la température de l’ébullition, il se dissout dans l'alcool en grande quantité.

Ifond à 217°, cependant il se sublime déjà 130° en aiguilles blanches, très belles, sans laisser de résidu.

Quand on pulvérise les cristaux, ils deviennent fort électriques. Distillés dans un courant de gaz ammoniac, ils donnent un liquide jaunätre qui se prend bientôt en une masse diaphane, fort soluble dans l’eau et l'alcool. Cette substance n’a pas encore été examinée ; elle mériterait bien d’être étudiée, car elle présente ce Shen interessant que la potasse en ébullition n’en dégage plus l’ammoniaque.

Il serait également intéressant de voir si l'acide camphorique anhydre donne avec l’oxide d’éthyle un éther particulier.

Combinaisons de l'acide camphorique dit anhydre avec les bases. — Les sels de l'acide camphorique anhydre se distinguent des camphorates ordinaires par la forme et par un grand nombre de propriétés.

Une solution alcoolique d’acide camphorique anhydre ne précipite pas l’acétate de plomb ; l'acide camphorique hydraté y occasionne au contraire un précipité. De même, le sel ammoniacal de l’acide anhydre ne précipite pas non pie les solutions de cuivre, de plomb et d'argent.

On obtient le sel ammoniacal de l’acide anhydre en dissolvant celui-ci dans l’ammoniaque carbonatée ou caustique et évaporant à une douce chaleur ; il se produit un liquide sirupeux, qui se prend au bout de quelques jours en une masse cristalline. Selon MALAGUTI, la composition de ces cristaux s’exprime exactement par :

| BA H,, Ö; + Ad H, 0 C2 Hs. 0, N..

Ils fondent à 100° et se dissolvent aisément, dans l'eau ; les acides n’en précipitent point d’acide camphorique anhydre, mais ils mettent en liberté une masse acide, résinoïde, qui durcit bientôt et qui est fort soluble dans l’alcool.

Le sel de potasse de l’acide anhydre possède toutes les pro-

142 TRAITÉ | priétés chimiques du camphorate de potasse ordinaire ; mais, d’un autre côté, il cristallise en paillettes larges et nacrées, tandis que ce dernier sel se présente en aiguilles déliées et réunies par groupes.

La combinaison de l'acide anhydre avec le deutoxide de cuivre s'obtient en précipitant le sel de potasse par le deutosulfate de cuivre ; il a pour formule C,, H,; O:, «u O (MALAGUTI):

Action En l'acide sulfurique fumant sur l'acide garten anhydre. — WALTER a observé quel’acide camphorique anhydre; réduit en poudre fine, se dissout dans l’acide sulfuri ique anhydre en dégageant de l’acide sulfureux, et en donnant un liquide incolore, quelquefois jaune paille. Loan on chauffe au bain-marie la dissolution saturée, il se manifeste un dégagement abondant d’oxide de carbone pur; dès qu'il ne s’en développe plus de gaz; on peut mélanger le liquide acide avec de l’eau sans qu'il se trouble; mais si l’on n’a pas attendu jusque là, il se sépare, par l'addition: de l’eau, un précipité d'acide camphorique.

Suivant WALTER, cette réaction donne naissance à un acide particulier, contenant les éléments d’atomes égaux d’acide sulfurique anhydre et d’acide camphorique anhydre, moins 1 atomé d’oxide de carbone. Il admet donc que l’acide camphorique, pour produire ce nouvel acide, cède 1 atome de carbone qui s’unit à 1 atome d’oxigene de l'acide sulfurique anhydre, .et forme ainsi de l’oxide de carbone. Cette manière d'interpréter la réaction né rend pas compte du dégagement d’acide sulfureux qu’on observé au commencement en faisant la mixtion de l’acide sulfurique et de l’acide camphorique.

La solution de l'acide camphorique dans l’acide sulfurique fumant, chauffée jusqu’à ce qu’elle ne dégage plus de gaz, présente une teinte verte, tirant sur le brun ou le bleu. Lorsqu'on” la mélange avec de l'eau et qu’on sature par du carbonate de baryte, il reste en dissolution le sel de baryte du nouvel acide. La solution de ce sel, précipitée avec soin par de l’acide sulfurique dilué, fournit un liquide acide, d’où l’évaporation précipite des cristaux ; toutefois ce liquide s’altere en partie, lors même qu’on évapore dans le vide, et l'on y trouve alors de l'acide sulfurique libre, circonstance qui paraît assez singulière.

. WALTER exprime la composition du nouvel acide, tel qu’il est contenu dans les sels, par la formule :

Cs H,; O; SO;

Toutefois ni les analyses du sel de potasse, ni celles du sel de chaux ne s'accordent avec cette composition. Le sel de baryte a donne dans plusieurs expériences 11 — 19 — 20 — 27 — 28 centièmes de carbone (le calcul en exige 28,01); le sel de plomb

en a donné 22,1— 23,5 (suivant le caleul 23,9); le sel de potasse ena fourni 31,31 (d’après le calcul 33,3); enfin le sel de chaux en a donné 34,6 au lieu de 37,6 qu’exige le calcul. Les quantités de base trouvées dans ces divers sels s’accordaient exactement avec la formule.

Ces sels ne cristallisent pas; ils sont solubles dans l’eau. La solution du sel de baryte et du sel de plomb réagit acide et se décompose par l’&vaporation en mettant de l'acide sulfurique en liberté. Ä

Il est probable qu’en faisant agir sur l’acide camphorique les vapeurs d’acide sulfurique anhydre, on aurait obtenu un produit plus stable et notamment plus pur.

Wypzer et KELLER ont trouvé que le sulfo-camphorate de baryte, chauffé avec du carbonate de potasse et du nitre, donne une masse saline qui, dissoute dans l’eau et neutralisée par de l'acide nitrique ; laisse un résidu de sulfate de baryte.

Si le sulfo-camphorate de baryte contenait 1 équivalent de baryte et 1 équivalent de soufre, il est clair que la solution nitrique ne devrait renfermer ni baryte ni acide sulfurique. Mais elle a donné, au contraire, par l'addition d’un sel de baryte, un nouveau dépôt de sulfate de baryte, ce qui prouve que le sulfocamphorate contenait plus de 1 équivalent de soufre pour 1 équivalent de baryte.

Acide campholique.

Formule de l’acide contenu dans le sel a Co Hz Os

Formule de l'acide cristallisé : Cso Ha Os +.H, O:( DELA- LANDE).

Lorsque, d'après DELALANDE, on fit passer un courant de

vapeur de camphre ordinaire sur une colonne d'un mélange de | potasse et de chaux fondues ensemble, puis concassées en petits | fragments et chauffées à environ 300 ou 400°, le camphre se com- : bine entièrement avec la potasse, sans qu'aucun gaz se dégage. |

Le mélange, traité par l’eau bouillante, filtré et saturé par un acide, laisse déposer une matière acide blanche, qui, lavee et cristallisée dans l'alcool, représente l'acide campholique.

Cet acide a la consistance du camphre; il rougit facilement le tournesol, et sature parfaitement bien les bases.

La préparation de ce corps n’est pas très facile; pour bien re | sir, il faut opérer dans un tube bien bouché, et faire passer et |

repasser plusieurs fois de suite la vapeur de camphre sur le mé- |

lange alcalin préalablement chauffé.

L’acide campholique entre en fusion à 80°, et bout, sans sal-

térer, vers 250° C. Il est insoluble dans l’eau, à laquelle il com-

munique néanmoins une légère odeur aromatique. L’älcool et

l’éther le dissolvent au contraire en grande quantité.

Sa composition est représentée par 1 équivalent de CRUPIESS

plus 2 atomes d’eau :

Co He O, -F 2 EH, 0 — Co He Os.

Cette formule représente 4 volumes de vapeur — 5,938 ; DE-

LALANDE avait {rouvé par expérience 6,058.

Le campholate d'argent (Co H;, Os, Ag O, suivant DELA- LANDE) se présente sous la forme d’une poudre blanche, insoluble.

Le campholate de chaux (Co H;, O,, Ca O + aq.) est une:

poudre cristalline. Par la distillation sèche, ce sel donne une huile (campholone) qui paraît avoir pour composition G,, H;, O, c’est-

a-dire Co H;ı O5 — CO,. DELALANDE y avait trouvé 82,8 car-

bone, 11,6 hydrogene et 5,6 oxigene; le calcul jp 82,3 car- . bone, 12,0 hydrogène et 5,7 oxigène.

L’acide phosphorique anhyüre, en agissant sur l’acide campholique cristallis6, donne naissance à un hydrogène carboné, auquel DELALANDE assigne la formule C,, H,, — 4 volumes

de vapeur (Annales de chimie et de physique, 3° série, t. lé,

Camphre et essence de camphre.

Plusieurs arbres, tels que le Dryobalanops Camphora, le Per- | sea Camphora, que l'on rencontre particulièrement à Bornéo, à Sumatra et au Japon, excrètent du camphre concret et du camphre liquide. Ces corps se trouvent ordinairement déposés dans l'intérieur du tronc, aux endroits où chez les autres arbres on | trouve de la résine.

| Pour en extraire le camphre, on divise le bois de l'arbre, et | on le chauffe avec de l’eau dans de grandes cucurbites. De cette manière, tout le camphre distille avec les vapeurs d’eau. Il en est de même pour l'essence de camphre ou camphre liquide.

Suivant les recherches de PELOUZE, le camphre du Japon diffère. chimiquement du camphre de Bornéo.

Essence de camphre.— Cso Hz. O (MARTIUS, MACFARLANE). L’essence de camphre brute que l'on trouve dans le commerce, est colorée et renferme du camphre en dissolution; par l’éva- | poration spontanée à l'air, elle dépose ce dernier à l’état de cristaux. On l’obtient, à l’aide de plusieurs rectifications, limpide, fluide, réfractant fortement la lumière et douée d’une odeur qui participe à la fois de celle du camphre et de l’essence de cajeput. Sa densité est de 0,910; son point d’Ebullition est plus élevé que celui de l’eau; lorsqu'elle est pure, elle n’abandonne pas de camphre par la vaporisation. Elle absorbe l’oxigène de l'air. = Lorsqu'on la chauffe longtemps avec de l’acide nitrique, à une douce chaleur, il se dégage des vapeurs rouges et il passe par la distillation du mélange des cristaux de camphre concret. L’essence de camphre et le camphre concret (du Japon) se distinguent par 1 atome d’oxigene que ce dernier renferme en plus. En prolongeant l’action de l'acide nitrique sur l'essence de camphre, on obtient de l'acide camphorique.

L’essence de camphre s’unit à l'acide hydrochlorique en donnant une combinaison neutre plus pesante que l’eau, de la consis- tance du beurre, et d’une couleur jaune de cire; cette combinaison est insoluble dans. l’eau, se mélange avec l'alcool, et se décompose par la distillation.

L’acide sulfurique concentré, l’acide acétique, les huile grasses, les huiles essentielles, l’éther et l’alcool peuvent êtr. mélangés avec l'essence de camphre.

Cette essence dissout également le phosphore, l’iode et le sou fre ; avec le copal pulvérisé, elle donne une gelée assez Cor tüate;

Camphre du Japon. — C,, H,, O = 2 volumes de vapeü (Dumas, BLANCHET et SELL).

Le camphre qu’on trouve dans le commerce s’extrait particu lierement, au Japon, du Zaurus Camphora.

Suivant PROUST, les huiles essentielles de plusieurs labiées rer ferment également du camphre, en petite quantité toutefoi Dumas Sest assuré de l’identité du camphre ordinaire et d camphre qui se dépose dans l'essence de lavande. N

D’après les observations de GERHARDT et CAHOURS, l’essenc de valériane, l’essence de semen-contra et lessence de tanaisi donnent du camphre lorsqu'on les traite par Pacide nitrique.

Le camphre raffiné est blanc, solide, cassant, transparent, € d’une odeur particulière, Il cristallise, par la sublimation ou dan l'alcool, en octaèdres ou en segments d’octaèdre hexagones. Seul il se réduit difficilement en poudre; mais lorsqu'on l’a humect d'alcool, on peut le pulvériser aisément.

Sa densité est de 0,9857 — 0,996 ; il fond à 175° et bout : 204°, en se sublimant sans altération ; la densité de sa vapeur est d’après Dumas, de 5,317.

Il se vaporise aisément à l'air ; à 15°5, la tension de sa vapeuı est, dans le vide, de 4 millimètres. Lorsqu'on projette sur l'eat quelques petits grains de camphre, ils se vaporisent plus rapi dement que dans l’air seul; ils s’agitent alors et tournent vive ment sur eux-mêmes. Ce mouvement giratoire est du a la for mation simultanée des vapeurs d’eau et de camphre.

Le camphre brüle avec une flamme fuligineuse ; il’se dissou dans 1000 parties d’eau ; la solution saturée est précipitée par I: potasse caustique. À la faveur d’une haute pression, le amphr se dissout complétement dans l’eau bouillante; je n’ai pas eu loc casion d'observer ce fait moi-même. 10 parties d'alcool de 0,80€ dissolvent, à 12°, 12 parties de camphre; la dissolution est pré:

DE CHIMIE ORGANIQUE. 147 cipitée par l'eau. L’éther, les huiles grässes, les essences, le sulfure de-carbone dissolvent également lé camphre. On peut l’allier par la fusion au soufre et au phosphore. Avec l’iode, le camphre donne une combinaison brune, soluble dans l'eau et dans l'alcool.

Le chlore liquéfie le camphre sans l’altérer sensiblement.

En distillänt du camphre avec de l’acide phosphorique anhydre, on obtient un hydrogène carboné liquide (camphogene), ayant pour formule : C;, H:, =4 volumes dé vapeur (Dumas, DELA- LANDE). Ce corps s’unit à l’acide sulfurique anhydre et produit un acide particulier, en) du soufre (acide Sulfo-camphique ; voir plus bas, p. 149).

Lorsqu'on fait passer la vapeur de camphre sur un mélange de. potasse et de chaux maintenu à une température élevée, le cambre fixe 2 atomes d'eau et produit ainsi l’hydrate d’un nouvel cide que nous avons décrit plus haut sous le nom n d'acide camholique (DELALANDE).

Le camphre se dissout, en grande quantité, dans l'acide sulfuique concentré ; l’eau l'en précipite en majeure partie. Si l’on hauffe la disioiutiért, il'se dégage du gaz sulfureux, en même emps qu'il distille un mélange fluide qui sent à la fois la menthe t le camphre.

En maintenant au bain-marie, pendant plusieurs heures, un élange de camphre et de dix fois son poids d’acide sulfurique, camphre éprouve une altération moléculaire fort intéressante ;

ne se dégage presque point d’acide sulfureux, et l’eau, ajoutée ı mélange, en sépare une huile incolore qui présente absoiment la même composition que le PRET concret (DELA- ANDE).

L’aeide nitrique concentré dissout le camphre, sans l'altérer, à donnant une masse huileuse, d’où l’eau reprécipite le camphre. orsqu’on fait bouillir l'acide, il se produit de l'acide camphoque, soluble dans le liquide. L’eau-mère qui reste après la cris- Ilisation de l’acide camphorique, a une consistance sir upeuse ; and on la neutralise par de l’ammoniaque, elle précipite les sels > plomb ; ‘par la distillation, elle donne d’abord une liqueur huiuse, puis de l'acide camphorique anhydre (LAURENT). Les pre-

miers cristaux d'acide camphorique qui se déposent daus la solution nitrique, sentent le camphre lorsqu'on chauffe leur solution aqueuse; ils changent de composition si l’on prolonge sur euxle traitement de l'acide nitrique jusqu'à ce qu'il se produise enfin de l’hydrate d’acide camphorique que l'acide nitrique! n'altère plus.

BERZELIUS fait observer à cet égard que la formation de l'acide camphorique pourrait bien être précédée de celle d'un degré d’oxidation intermédiaire C;, H,, Os. Comme un pareil oxide se représenterait également bien par une combinaison de 1 atome de camphre et de 1 atome d’acide camphorique, et que, du reste, le camphre possède généralement la faculté de se combiner avec les acides et de donner des produits plus solubles que lui dans l’eau, je crois que cette dernière expression pré sente le plus de vraisemblance.

On voit cela dans la préparation. de l'acide camphorique xs tout le camphre qui y est encore combiné, s’en sépare parka neutralisation avec une base alcaline. |

Le camphre se dissout dans la moitié de son poids d’acide acétique cristallisable ; il absorbe 144 volumes de gaz chlorhydrique, en se liquéfiant ; on peut l’allier, par la fusion, au sublimé corrosif et produire ainsi un mélange fort soluble dans l’alcool. |

Camphre de Bornéo. — Suivant PELOUZE, le Dryobalanops Camphora, que l'on rencontre dans l’île de Bornéo, sécrète un camphre concret et un camphre liquide, différents l’un.et l’autre des produits que nous venons de décrire. "1

Le camphre concret a pour composition C,, H;, O, ou bien Co Hz; O, = 4 vol. de vapeur. Il se présente en petits eristaux blancs transparents, très friables, d’une odeur qui participe A la fois de celle du poivre et de celle du camphre du Japon: Il est plus pesant que l’eau ; il s’y dissout fort peu. L'alcool et l’&therle dissolvent au contraire avec facilité. |

Sa forme paraît être un prisme hexagone à base rhombe. II fond à 198° ; il entre en ébullition vers 212°, et distille sans résidu.

Quand on le chauffe légèrement avec de l'acide. phosphorique anhydre, il donne un hydrogène carboné C,, H,,, ou bien

DE CHIMIE ORGANIQUE. 149 Co Ho = 4 volumes de vapeurs, isomère de l'essence de térébenthine.

Le camphre liquide de Bornéo a une odeur particulière qui n’est pas camphrée et qui se rapproche beaucoup de celle de l'essence de térébenthine. Il est plus léger que l’eau et presque insoluble dans ce liquide. |

Il bout vers 165°; sa composition est la même que celle de l'hydrogène carboné fourni par le camphre concret de Bornéo et acide phosphorique. A l’air, il absorbe de l’oxigène.

Camphogene et acide sulfo-camphique.

Dumas a donné le nom de camphogene au carbure d’hydrogène, qu'on obtient en distillant le camphre du Japon avec de l'acide phosphorique anhydre. Ce carbure d'hydrogène constitue un liquide incolore ; il renferme les éléments du camphre, moins les éléments de 2 atomes d’eau, l'équivalent du camphre étant Cao Has Os:

= Son point d’ébullition est constant à 175°; sa densité à l’état liquide est de 0,860 à 13°; celle de sa vapeur est égale à 4,78, ce qui représente 4 volumes pour la formule C,, H...

Lorsqu'on chauffe au bain-marie le camphogène avec un léger excès d'acide sulfurique fumant, il se produit un acide nouveau auquel DELALANDE a donné le nom d'acide sulfocamphique. La composition de son sel de baryte se présente par C,, H,, S, O,, Ba O + 4 ag.; son sel de plomb a la même composition. L’acide sulfo-camphique obtenu en décomposant ce dernier sel par l'hydrogène sulfuré et évaporant la dissolution dans le vide, se présente sous la forme de petits cristaux deliquescents. L’analyse n’en a point été faite. Suivant GERHARDT et CAHOURS, le camphogène se trouve tout formé dans la nature, dans l’huile essentielle de la graine de cumin (voir, plus bas, Acide cuminique).

Camphrone.

Lorsqu'on fait passer le camphre en vapeur sur de la chaux légèrement incandescente, il se forme, entre autres produits, un liquide huileux et jaunâtre, que l'on purifie par la rectification.

A l'état pur, ce liquide est incolore, très mobile, bout à 75°, et présente une odeur forte, différente de celle du camphre. Sacomposition s’exprime par la formule C;, H,, O. FRÉMY avait trouvé, par l'analyse, 85,9 carbone, 10,24 hydrogène, et 3,86, nombres qu'il exprime par C,, H,, O; mais cette dernière formule exige plus d'hydrogène (10,3 pour cent) que l’expérience n’en a donné. Ce produit est probablement identique avec le corps huileux qui se forme en distillant du camphre avec six parties d'argile ou en le faisant passer à travers un tube de porcelaine incandescent. !

Si l’on dirige le camphre sur la chaux vive, à une température proche de la chaleur blanche, on obtient de l'oxide de carbone, de l'hydrogène carboné et, ce qui est fort remarquable, une grande quantité de naphtaline incolore et pure. La naphtaline renferme la même quantité de carbone que le camphre, mais seulement la moitié d'hydrogène. 4 atomes de camphre C;, H4; O, renferment les éléments de 1 atome de naphtaline C,, H,., 8 atomes de g4Z olefiant C, H,., 8 atomes de gaz des marais C, H,. et 4 atomes d’oxide de carbone C, O, (FRÉMY ).

Page 1