‹ Traité de chimie organique (volume 2)Chapitre 4 sur 80 · GC, H O · texte numérisé non relu

GC, H O

Cependant on ne trouve pas d’acide acétique dans les produits de l’action de l’acide sulfurique sur l'acide tannique. En triplant la formule C, H, O,, on obtient la composition du sucre d’amidon sec; cependant ce dernier corps peut être chauffé avec de l'acide sulfurique, de la même concentration, sans brunir et sans éprouver de décomposition.

La conversion de l’acide tannique en acide gallique se fait aussi rapidement par l’action d’un excès d’alcali que par celle de l'acide sulfurique.

La question de savoir si l'acide gallique setrouve tout formé dans l'acide tannique, présente quelque intérêt sous le rapport de la constitution de ce dernier. Cependant la préexistence de l’acide gallique ne peut nullement être déduite des faits que nous venons d'exposer, à moins que l’on ne veuille admettre que l’acide méconique, par exemple, contienne de l’acide carbonique eu de l'acide oxalique, corps qui se forment très facilement par l'action

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des acides ou des alcalis hydratés. Une telle manière de voir ne repose jusqu’à présent sur aucune espèce de fondement.

Acide gallique.

Formule de l’acide cristallisé : C, H, O., 3 H, O = 6G, 3 aq. Id. de l'acide séché à 100°: C, H, O:, 2 H, O = G, 2 ag. Id. de l’acide contenu dans le sel de plomb (A): C; H,

O,, H, O = G, ag.

Formule de l'acide contenu dans le sel de plomb (B): C; Hr OS À

Cet a été découvert par SCHÉELE. Il se trouve tout formé dans les graines de mango, et se produit par la decomposition de l'acide tannique.

Pour le préparer, on précipite à froid par de l’acide sulfurique une solution d’acide tannique pur ou bien un extrait concentré de noix de galle fait avec de l’eau froide ; on lave la bouillie obtenue avec de l'acide sulfurique étendu, on l’exprime encore humide et on l’introduit à cet état dans de l'acide sulfurique étendu et bouillant (1 partie d’acide pour 2 parties d’eau). Après avoir fait bouillir la solution pendant quelques minutes, on la laisse refroidir; on purifie les cristaux ainsi obtenus de l'acide sulfurique qui y adhère, en les faisant cristalliser de nouveau. Le nouveau produit est encore coloré ; on le dissout dans l’eau bouillante, on l’ajoute par de l’acétate de plomb, et, après avoir lavé le précipité par l’eau bouillante, on le délaie dans l'eau et on le décompose par l'hydrogène sulfuré ; le sulfure de plomb qui se forme dans ce cas, sert de décolorant.

SCHÉELE A proposé une autre méthode qui consiste à abandonner des noix de galle pulvérisées et humectées d’eau pendant quelques mois, dans des vases ouverts (SCHEELE) ou dans des vases fermés (ROBIQUET). La transformation de l'acide tannique en acide gallique est beaucoup favorisée par une température de 25 à 30° (BRACONNOT.) Au bout de ce temps, on exprime la masse et on traite le résidu par l’eau bouillante qui dissout l'acide gallique. On décolore les cristaux, qui se forment après le refroidissement du liquide, par du charbon animal.

L’aeide gallique, qui se dépose peu à peu dans ces solutions, eristallise en prismes confus, très volumineux; celui qu’on obtient par le refroidissement d’une solution bouillante cristallise en aiguilles déliées, soyeuses, ordinairement un peu jaunätres. Il est sans odeur et contient 9,25 pour cent d’eau, qu’il perd à 100°. Il se dissout difficilement dans l’eau froide; d’après BRACONNOT, il en exige 100 parties pour s’y dissoudre; il est soluble dans 3 parties d’eau bouillante; la solution présente une saveur aigre et astringente. II est très soluble dans l'alcool et se dissout peu dans l’éther. A l’état pur, il ne précipite pas la solution de gélatine.

Si l’on introduit dans un liquide aqueux , eontenant du tannin et de l'acide gallique, un fragment de peau animale, le tannin est complétement absorbé, tandis que l’acide gallique reste en dissolution. |

A Yabri de l'air, la solution aqueuse se conserve sans altération, mais si l’on favorise l'accès de l’oxigène, il s'y dépose une matière brun noir, en mème temps qu’il y a dégagement d’aeide carbonique; la solution se colore alors et se couvre de moisissures. Cette décomposition est plus rapide, lorsqu'on ajoute à la solution des acides minéraux ou des alcalis. |

La solution de l'acide gallique est décomposée par le chlore ; le perchlorure dor et le nitrate d'argent s’y réduisent à Pétat métallique. Les sels de peroxide de fer prennent, à froid, une teinte bleu foncé; si lon vient à les chauffer avec le: liquide, celui-ci se décolore, en dégageant de l’acide carbônique, tandis que le sel de peroxide est réduit à l’état de protoxide.

Lorsqu'on ajoute une solution concentrée d’acide gallique à une solution étendue d’un sel de peroxide de fer, il s’y produit un précipité noir, qui, laissé en contact avec le liquide, finit par se réduire en partie à l’état de protoxide. Une dissolution d’oxide ferroso-ferrique donne, avec l'acide gallique, un précipité noir foncé, qui ne s’altere plus, si on l’abandonne dans le liquide.

À chaud, l'acide gallique cristallisé se dissout dans l’acide sulfurique concentré; à 140°, la solution est légèrement colorée en brun jaunätre, à une température plus élevée, elle prend une teinte eramoisie. Lorsqu'on la laisse refroidir dans cet état et

qu’on la verse ensuite dans de l’eau froide, il se forme un précipité abondant, brun rouge, d’un aspect cristallin, ne contenant pas d'acide sulfurique et perdant à 100° 10 pour cent d’eau. Cette substance n’est autre chose que de l'acide gallique, qui a perdu 1 atome d'eau de cristallisation et 1 atome d’eau d’hydrate; sa composition, à l’état sec, se représente, d’après ROBIQUET, par la formule C, H, O,. Elle ne se dissout pas dans l’eau ; les alcalis la dissolvent aisément; cette solution, exposée à l'air libre, dépose des cristaux colorés, très solubles. D’après ROBIQUET, cet acide gallique déshydraté se combine avec certaines substances organiques, et leur communique les mêmes nuances que la garance, si l’on emploie à cet effet les mêmes mordants qu'avec cette dernière ; chauffé à l’état sec, il se décompose en produisant de petits cristaux prismatiques, d’une couleur rouge cinabre.

Si l’on chauffe l'acide gallique cristallisé dans une solution de chlorurede calcium (contenant 2 parties de chlorure pour 5 parties d’eau), il s’y dissout en dégageant de l’acide carbonique; lorsqu'on élève la température jusqu’à 120 ou 122°, il se précipite une poudre grenue, jaunätre, qui, examinée à la loupe, se présente sous forme de polyèdres transparents. Ces derniers rougissent les couleurs bleues végétales ; si on les laisse pendant quelque temps sur du papier, ils communiquent aux points de contact une teinte noire. Séchés à 20 ou à 30°, ils se conservent sans altération. On n’en connaît pas encore la composition (ROBIQUET).

Sous l'influence de la chaleur, l'acide gallique se décompose en acide carbonique, acide pyrogallique et acide métagallique. I

Gallates.

Toutes les combinaisons de l’acide gallique avec les bases se distinguent par la facilité avec laquelle elles absorbent l’oxigene en présence d’un excès d’alcali. L’acide gallique se convertit alors en partie en acide carbonique, en partie en une matière brune insoluble dans l’eau. Si l’on ajoute à un liquide, qui présente une réaction alcaline, une petite quantité d'acide gallique, celui-ci, en

se transformant dans cette matière brune, communique à la

liqueur une teinte jaune qui devient peu à peu verte, rouge, et enfin brune, presque noire. Si la réaction alcaline est due à la présence de la potasse ou de la soude, la liqueur reste claire ; lorsque celle-ci contient de la chaux ou de la magnésie, elle se trouble et occasionne la formation d’un précipité noir. Dans les eaux minérales, qui renferment du carbonate de magnésie ou de la chaux dissoute dans l'acide carbonique, cette réaction se manifeste lors même qu'avant d'y ajouter l'acide gallique, on les a maintenues en ébullition pendant quelque temps. C’est à tort qu'on attribuait autrefois la coloration, qui a lieu dans ce cas, à la présence de quelque oxide métallique. Cependant, on n’a pas encore examiné quels sont les produits de décomposition, qui correspondent à chacune des nuances observées dans ces réactions.

Parmi les gallates, il n’y a que le sel acide à base d’ammoniaque et les sels à base d’oxide de plomb, dont on connaisse la composition d'une manière précise.

Gallate acide d’ammoniaque. — On l’obtient en saturant à moitié l’acide gallique par de l’ammoniaque et faisant cristalliser le mélange à l’air ou à l’aide d’une chaleur modérée. Il cristallise en prismes raccourcis, légèrement jaunätres, peu solubles dans l’eau froide et s’y dissolvant très bien à chaud. Il ne perd pas de son poids à 100°. Sa composition s’exprime par la formule :

GC; H O,, Ad H,O C; H, O:, 2 H, OÖ

Cu His N, O,

Gallate de plomb unibasique. — Lorsqu'on ajoute à une solution aqueuse et chaude d’acide gallique une dissolution d’acétate de plomb, de manière que l'acide gallique reste en excès, il se forme un précipité blanc, qui, abandonné à lui-même dans la liqueur, se transforme bientôt en une poudre cristalline, brillante, de couleur grise. Chauffée à 100°, celle-ci renferme :

PbO 2 C; H,O, Te

Elle contient en 100 parties 57,874 parties d’oxide de plomb et perd à 160° 1 atome d’eau (OTTO).

Gallate de plomb bibasique. — Pour le préparer, on versé dans une solution bouillante d’acétate de plomb neutre une solution d'acide gallique ; si le sel de plomb est maintenu en excès, il se produit alors un précipité blanc, floconneux, qui devient gris par l’ébullition du mélange et prend un aspect cristallin. Il se compose de C, H, O;, 2 Pb O et renferme en 100 parties 76,7 pour cent d’oxide de plomb.

Le gallata d’oxide d’ethyle n’a pas encore été obtenu. Les sels de potasse, de soude, de protowide de manganèse, de protoæide de fer, de zinc, de cobalt et de nickel sont jé a les autres sont insolubles. | Produits de l'action de la chaleur sur l'acide anti et l'acide

gallique.

Lorsqu'on soumet lacide tannique à la distillation sèche, à un feu brusque, il se boursoufle considérablement et se fond en un sirop noir qui ne tarde pas à se solidifier si l’on continue à chauffer dès que le dégagement de gaz a cessé. Les produits volatils que l’on recueille dans cette opération consistent en acide carbonique, eau et une substance cristalline très fusible, que l'on prenait autrefois pour de l'acide ‘gallique pur, mais qui a été reconnue par PELOUZE pour être un produit de décomposition de celui-ci. Cette matière,a reçu le nom d'acide pyrogallique.

La masse solide qui reste dans la cornue se dissout dans les alcalis, en leur communiquant une teinte noir brun foncé ; elle est précipitée de ses dissolutions à l'état d’une poudre noire. C’est ce Corps que PELOU:E a appelé acide métagallique et dus BERZELIUS a donné le nom d’acide mélangallique.

Si l’on expose l’acide gallique pendant un certain temps à lin fluence d'une température de 210°, il se transforme en une poudre grise, qui, délayée dans l’eau, en absorbe peu à peu une: quantité considérable, se dissout sans résidu dans l’eau chaude et donne, par le refroidissement, des cristaux rougeätres, d’une saveur astringente. À 225 — 230°, l'acide gallique pur entre en fusion; il reste dans la cornue une masse noirätre, d’un grand éclat, et se dissolvant presque entièrement dans l’eau froide. La

Solution présente la saveur du cachou et précipite abondamment la solution de gélatine. Cette substance diffère de l'acide tannique par sa couleur et en ce qu’elle ne précipite pas les solutions des alcaloïdes. À une température encore plus élevée, on obtient un résidu qui se dissout en partie dans l’eau, et enfin une portion tout à fait insoluble dans l’eau, qui n’est autre chose que de l'acide metagallique (RoBIQUET). Les produits volatils de la distillation sèche de l'acide gallique sont, comme pour l'acide tannique, de l’acide carbonique, de l’eau et de l’acide pyrogallique.

Acide pyrogallique.

La formule la plus simple pour exprimer la composition de cet acide est la suivante : C, H, O; on ne sait pas si son équivalent doit être représenté par C, H, O, ou par C, H, O1.

Cet acide, qui a été découvert par SCHÉELE, est un produit de l’action de la chaleur sur l’acide tannique et l’acide gallique.

Pour le préparer, on chauffe brusquement de l’acide tannique ou de l'acide gallique bien sec dans une cornue, à l’aide d’une lampe à esprit de vin, jusqu’à ce qu’on obtienne des produits empyreumatiques colorés; on recueille ensuite les cristaux, qui se condensent dans le col de la cornue et dans le récipient, et on les purifie, par une nouvelle sublimation, à une douce chaleur.

Ainsi obtenu, lacide pyrogallique se présente sous forme de lamelles ou d’aiguilles blanches, d’une saveur amère légèrement astringente. Il ne rougit pas le tournesol, fond à 115°, bout à 210° et se sublime sans altération. Chauffé brusquement au-dessus de 250°, il noireit et se décompose en eau et acide métagallique ; à une températuré encore plus élevée, ce dernier se décompose lui-même en charbon et produits empyreumatiques.

L’acide pyrogallique se dissout dans 2 */, d’eau à 13° ; la solution né peut pas être évaporée à l'air sans s’altérer ; elle absorbe alors de l’oxigène et dépose une poudre brune. L’acide est également soluble dans Paléool et V’ether; de même il se dissout dans l'acide sulfurique concentré sans sé colorer. Sa solution aqueuse réduit à l'état de métal les sels solubles d’or, d’argent et de mercure ; elle coloré en bleu noir les sels dé protoxide de fer. Les

sels de peroxide de fer en sont ramenés à l’état de protoxide, sans dégagement d’acide carbonique; par cette réaction, la dissolution prend une teinte brun rouge.

Lorsqu'on ajoute un sel de peroxide de fer à un excès d’acide pyrogallique, le liquide prend une teinte noir bleuâtre par suite de la formation de protoxide. |

Si l’on évapore le liquide brun rouge, produit par l'addition d’une certaine quantité d'acide pyrogallique à un excès de sulfate de peroxide de fer, on obtient des cristaux de sulfate de protoxide. Lorsqu'on ajoute ensuite aux eaux mères de l’alcool, de manière à en précipiter les dernières portions de sulfate, il y reste de l’acide sulfurique avec une certaine quantité de matière brune; celle-ci est exempte de fer, possède une saveur astringente et précipite la solution de gélatine. Cependant, comme les sels de peroxide de fer ne sont pas troublés par les alcalis, si des substances organiques se trouvent en présence, il serait possible que, bien que la matière ne donne pas de précipité avec les alcalis, elle renfermät tout de même un sel de peroxide’de fer qui lui communique la saveur astringente et la propriété de précipiter la solution de gélatine. |

La véritable nature de l’acide pyrogallique n’est pas encore bien étudiée; quoique, d’après certains auteurs, il présente une réaction légèrement acide, on ne lui connaît cependant d’autres propriétés que celle de précipiter quelques sels métalliques. Il se trouve dans le même rapport avec l'acide gallique que l’acétone avec l'acide acétique.

Pyrogallates. — Parmi les combinaisons de l’acide pyrogallique avec les bases, celle qu’il forme avec l’oxide de plomb a été examinée par BERZELIUS, PELOUZE et CAMPBELL. D’après BERZELIUS et PELOUZE, le précipité que l’on obtient en ajoutant une solution d’acide pyrogallique à de l’acétate de plomb, présente la composition : C, H,; O;, Pb O ; suivant CAMPBELL, au contraire, il renferme C, H, O,, Pb O.

Quant aux autres sels, on sait seulement que ceux à base d’alcali sont solubles, tandis que la majeure partie des autres pyrogallates sont insolubles.

En présence d’un excès d’alcali, les pyrogallates absorbent

l’oxigène et éprouvent à peu près la même décomposition que les gallates ; ilse dégage alors de l’acide carbonique tandis que la liqueur alcaline se colore.

Une solution d’acide pyrogallique, neutralisée par de la potasse, occasionne dans les sels de peroxide de fer un précipité bleu foncé, dans ceux de protoxide un précipité noir bleuätre. L’acide libre, mis en contact avec lhydrate de peroxide de fer, se combine avec lui en formant une combinaison bleue, soluble en partie.

Acide métagallique.

Synonyme : acide mélangallique (BERZÉLIUS).

Formule de lacide anhydre : C, H, ©, (PELOUZE).

Poids atomique probable : C,, H, O;, ag.

Ce corps se produit par l’action d’une température élevée sur les acides tannique, gallique et pyrogallique.

Pour le préparer, on expose l'acide gallique ou l'acide tannique à une température de 250°, dans un bain d'huile; il reste comme résidu dans la cornue, après qu'on a éloigné tous les produits volatils. Dissous dans les alcalis aqueux et reprécipité par un acide, il s'obtient alors à l’état de pureté.

C’est une poudre noire, insoluble dans l’eau, soluble dans les alcalis caustiques ; les acides l’en précipitent sans altération. A l’aide de la chaleur, elle décompose les carbonates alcalins, mais non pas les carbonates à base de terres alcalines. Les combinaisons solubles qu'elle forme avec les alcalis possèdent une couleur noire foncée.

Dans les sels de plomb et d'argent, les métagallates alcalins occasionnent un précipité noir. D'après PELOUZE, celui que l’on obtient avec les sels d'argent présente la composition : C, H, O;:, Ag O.

Observations sur la décomposition de l’acide gallique et de l'acide tannique par l'action de la chaleur.

Bien que l’acide tannique et l’acide gallique diffèrent beaucoup entre eux par les quantités relatives de leurs parties consti-

tuantes, ils fournissent néanmoins les mêmes produits sous Pinfluence d’üne température élevée. L'un et l’autre donnent des proportions différentes d'acide métagallique, d’acide pyrogallique, d’eau et d’acide carbonique. L’acide tannique produit bien plus d’acide métagallique que Vacide gallique ; l’acide pyrogallique $e décompose en acide métagallique et eau, sans donner naissance à de l'acide carbonique ou à quélque autre matière. TI est aisé de développer la production de ces diverses substances, en partant des formules que nous avons admises pour en exprimer là composition; cependant la variété des produits prouve que la réaction n’est pas aussi simple que les équations des formules pourraient le faire supposer.

L’acide tannique peut être considéré comme une combinaison d'acide gallique et d’acide pyrogallique. En effet, 3 atomes de ce corps renferment les éléments de 6 atomes d’acide gallique et de 2 atomes d’acide pyrogallique :

3 (Cu Hic O,) = 6 (C, H,0,) + 2 (C,H, O;).

Comme l'acide gallique lui-même renferme les éléments de l’acide carboniqne, plus de Pacide pyrogallique, ou de ceux de l’acide carbonique, plus de l'acide métagallique, plus de l’eau, cela suffit pour nous rendre compte de la formation de ces divers produits. La quantité de chacun d’eux varie suivant la température et la manière plus ou moins brusque dônt on opère; si l'on distille rapidement, l'acide gallique fournit environ 50 pour cent d'acide pyrogallique et à peu près 20 pour cent d'acide métagallique (ROBIQUET). Si, au contraire, on procède doucement et que l’on fasse durer l'opération pendant un certain temps, une grande partie d’acide pyrogallique se convertit en acide métagallique.

On coneoit maintenant pourquoi il est impossible de representer par une formule simple la formation de tous ces produits, et quel’on ne parvient que raremeht à décomposer l’acide gallique exactement en acide carbonique et acide pyrogallique ; c’est à la décomposition ultérieure ou simultanée de l'acide pyrogallique par l’action de la chaleur qu’il faut nécessairement attri-

buer cette circonstance. Le résidu dans la cornue varie donc naturellement suivant que la décomposition de l'acide gallique ou de l'acide tannique est plus ou moins avancée; pour l’acide gallique, il est brun au commencement et soluble dans l’eau; plus tard, il se compose d’un mélange d’une matière soluble et d’une matière insoluble, et, à la fin de l'opération, on trouve qu'il est tout à fait insoluble dans l’eau. Dans ce dernier état, il constitue alors l'acide métagallique.

Il résulte de ce qui précède d’une manière incontestable, que l'acide gallique, l'acide tannique et l'acide pyrogallique présentent entre eux une connexion intime. La réaction qu'ils exercent sur les sels de fer est pour tous les trois à peu près la même. Cependant, quant à la forme sous laquelle l’acide carbonique et l'acide pyrogallique existent dans l’acide tannique et l'acide gallique, de nouvelles expériences pourront seules nous éclairer à cet égard.

Infusion de noix de galle; acide ellagique.

Les noix de galle sont produites par la piqüre d’un insecte (eynıps galle tinctoriæ Olivieri) sur les feuilles des diverses espèces de quercus. La femelle de cet insecte perfore le tissu extérieur du pétiole, et y dépose ses œufs, autour desquels se forment bientôt des espèces de tubercules qui les enveloppent entièrement. Le quercus infectoria Oliv.; qui se rencontre fréquemment dans les contrées montagneuses de l’Asie-Mineure, fournit les meilleures noix de galle; celles-ci renferment 30 à 50 pour cent, de matières solubles dans l’eau, composées pour la plus grande partie d’acide tannique.

On a donné le nom d’infusion ou de teinture de noix de galle, à Fextrait aqueux ou alcoolique des noix de galle, lequel est ordinairement coloré, et renferme, suivant qu’il a séjourné plus ou moins longtemps au contact ou à labri de l’air, des quantités variables d’acide tannique et d'acide gallique. Cet extrait sert de réactif pour désouvrir les alcalis organiques et certains sels métalliques ; avec les premiers, il produit des précipités blanes, et avee beaucoup de sels métalliques des pnéripiiés colorés,

Les sels de protoxide de manganèse, de fer, de zinc, de cadmium, ne sont point précipités par l'infusion de noix de galle. Pour les sels de peroxide de fer, le précipité est noir foncé avec un reflet violet; pour ceux d’étain, il est jaunätre. Les sels de nickel donnent un précipité vert jaunätre; ceux de cobalt, un blanc jaunâtre; ceux de cérium, un jaunâtre ; ceux de deutoxide de cuivre, un gris; les titanates, un rouge ; les sels à base de tellure, un jaunâtre ; d’antimoine, un blanc; d'oxide de chrome, un brun; de tantale, un jaune rougeätre ; de molybdene, un brun ; de plomb, un blanc; d’urane, un brun rougeätre ; de bismuth, un rougeätre; d'argent, un jaune sale; d’oxide de platine, un vert foncé; d’or, un brun; et enfin d’oxide d’osmium, un violet.

Une infusion de noix de galle, récemment préparée, précipite en blanc les sels de cinchonine, de quinine, de brucine, de strychnine, de codéine, de narcotine et de morphine; tous ces précipités sont;solubles dans l’acide acétique.

On a déjà dit plus haut que la: solution aqueuse de noix de galle, conservée dans des vases fermés ou exposés au contact de l'air, perd peu à peu la propriété de précipiter la gélatine animale, et qu’on découvre alors dans le liquide une quantité considérable d’acide gallique; dans les solutions concentrées, celui-ci se dépose à l’état cristallin, et se trouve constamment souillé d’une poudre grise,fdont on peut le purifier au moyen de l'eau bouillante.

CHEVREUL a observé que cette poudre grise se dissout dans les alcalis et en est précipitée par les’acides; il lui a donné le nom d'acide ellagique. BRACONNOT a fait voir plus tard que cette même matière se forme en plus grande quantité, lorsqu'on maintient. à une douce chaleur des noix de galle pulvérisées et légèrement humectées d’eau ; dans ce cas, on remarque une réaction en tout semblable à la fermentation vineuse. Lorsqu'on épuise la masse avec de l’eau et qu'on lexprime dans du linge, on en retire un liquide trouble ; la matière qui occasionne ce trouble est l'acide ellagique; on dissout le mélange dans de la potasse caustique, et, après l'avoir filtré, on laisse évaporer à l'air le liquide, qui présente à peine une réaction alcaline. Il

s’y dépose alors un sel de potasse, sous forme de paillettes nacrées, insolubles dans l’eau pure et solubles dans un excès de potasse caustique. En traitant ces cristaux par un acide, celui-ci s'empare de la potasse et laisse l’acide ellagique à l'état de pureté. C’est une poudre insipide, blanc brunätre, qui ne rougit pas le tournesol et ne décompose pas les carbonates alcalins; elle ne se dissout pas dans lammoniaque, mais elle s'y combine en produisant une poudre insoluble ; mise en digestion avec de l’eau de chaux, elle se combine à la chaux.

On sait fort peu de chose sur la nature chimique de cet acide. D’après les recherches de PELOUZE, il doit posséder la même composition que l’acide gallique sec: GC, H, O,; entre 100 et 120°, il perd 1 atome d’eau et devient GC, H, O.. |

Il se distingue essentiellement, par sa couleur et par l’insolubilite de son sel de potasse, de la matière que ROBIQUET a obtenue en traitant l'acide gallique par l’acide sulfurique concentré, et qui présente absolument la même composition.

Chauffé à l’état sec, l'acide ellagique produit des. vapeurs jaune verdätre, qui se condensent sous forme d’aiguilles transparentes de même couleur. Ces cristaux, sublimés de nouveau, se décomposent en partie, en laissant un résidu de charbon; ils se dissolvent dans l’acide sulfurique concentré et en sont précipités par l’eau ; ils sont également solubles dans les alcalis et sont précipités de ces dissolutions par les acides. Ils ne se dissolvent ni dans l’eau, ni dans l'alcool, ni dans l’éther.

A l’aide d’une douce chaleur, l'acide ellagique se dissout dans l'acide nitrique avec une teinte rouge de sang; chauffé avec ce dernier pendant quelque temps, il en est tout à fait décomposé et . fournit de l'acide oxalique.

En dissolvant l'acide ellagique (probablement impur ?) en partie dans l'alcool au moyen du digesteur distillatoire, CHEVREUL l’a décomposé en acide gallique, une matière colorante jaune, une autre matière colorante rouge, une substance azotée et 1,14 parties de chaux et de fer.

GRISCHON a trouvé l’acide ellagique dans la racine de tormentille.

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Combinaisons d'une composition inconnue, ayant quelque rapporté avec l'acide lannique.

Les racines de quinquina, le cachou du commerce, la gomme kino, l'écorce des pins et des sapins et beaucoup d’autres substances végétales renferment des matières qui ont de l’analogie avec l'acide tannique, en ce qu’elles possèdent une saveur franchement astringente et la propriété de se combiner avec la peau animale et de précipiter en flocons épais la solution. de gélatine. Mais elles se distinguent de l’acide tannique proprement dit par la plus grande solubilité de leurs combinaisons avec les acides minéraux, et par la propriété qu'elles présentent de colorer les sels de peroxide de fer non pas en noir bleuätre, mais en vert foncé ou en gris.

Voici la liste des plantes médicinales qui renferment de l'acide tannique proprement dit, occasionnant un précipité noir bleuätre dans les sels de fer : iris pseudoacorus, sanguisorba officinalis, les pépins des raisins (vitis vinifera), les diverses espèces de rhus, polygonum bistorta, arbutus uva ursi, myrobalani, saxifraga crassifolia, spiræa filipendula, Iythrum salicaria, punica sranatum, diverses espèces de potentilla, de geum et de fragaria, rosa, thea, nymphæa, pæonia, geranium sanguineum, ervum lens, cynomorium coccineum, alnus glutinosa, principalement différentes espèces de quercus (noix de galle), poterium sanguisorba. |

L’extrait aqueux des plantes suivantes colore en vert les sels de peroxide de fer : salvia, veronica, succisa pratensis, asperula odorata, alchemilla, pulmonaria, symphitum officinale, anagallis, vinca minor, l'écorce des véritables quinquinas, la gomme kino, le café, ulmus campestris, sanicula europæa, drosera rotundifolia, les espèces rumex, æsculus hippocastanum, vaccinium vitis idæa, cinnamomum, la rhubarbe, rhododendron, ledum palustre, pyrola, l'écorce d’alcornoque, agrimonia eupatoria, spiræa aruncus et ulmaria, l'écorce de pirus malus, tormentilla, les fleurs de tilleul, les fleurs de delphinium consolida, aconitum pulsatilla, clematis ; les fleurs de beaucoup de labiées, telles que ocymum prunella, melissa, thymus, scutellaria, ajuga, scordium,

DE CHIMIE ORGANIQUE. 31 origanum, hysopus, mentha, lamium, glechoma, stachys, ballota, betonica, marrubium et d’autres encore; euphrasia, barbarea, sisymbrium, geranium robertianum, althæa officinalis, catechu, kino, cortex astringens brasiliensis, et plusieurs autres légumineuses, telles que ononis, genista, colutea, etc. ; hypericum perforatum, serratula tinctoria, eupatorium cannabinum, tussilago, tanacetum, artemisia, erigeron, eonyza squarrosa, inula, solidago virgaurea, arnica, achillea, hieracium, lactuea, lapsana, betula alba, populus; plusieurs fougères, telles que polypodium, aspidium, adianthus. |

Les plantes suivantes contiennent de l'acide tannique précipitant en gris les sels de peroxide de fer: verbena officinalis, ratanhia, artemisia vulgaris et absinthium, bellis, matricaria, calendula, urtica dioica.

Du reste, il n’est pas prouvé d'une manière positive que les plantes qui produisent ces différentes réactions contiennent précisément de l’acide tannique; des expériences particulières pourront seules décider cette question.

Les réactions caractéristiques que présentent les extraits astringents de beaucoup de plantes, ont depuis longtemps attiré Vattention des chimistes. On s’est basé sur elles pour distinguer ces extraits, d'autant plus qu'avec leurs réactions varie ordinairement aussi leur saveur C’est ainsi que le tannin du chêne est d’une saveur fort astringente et même nauséabonde ; le tannin, renfermé dans le quinquina, le cachou, et verdissant les sels de fer, ete., est moins désagréable, plutôt acerbe, toutefois sa saveur diffère un peu suivant les diverses plantes ; enfin celui qui est contenu dans Vextrait de ratanhia et qui précipite en gris les sels de fer, est amer et le moins äcre de tous.

L'expérience a fait voir en outre que les plantes, dans lesquelles on rencontre du tannin bleuissant les sels de fer, n’exercent pas la même action sur l'économie que celles qui renferment du tannin verdissant. Ainsi les noix de galle et l'écorce de chêne sont bien plus efficaces que le cachou et la gomme kino; l'extrait de ratanhia est le moins énergique. Cette particularité

a également beaucoup contribué à faire admettre diverses cap de tannin,

Cependant il résulte des expériences de GEIGER, qu’il ne faut pas attacher trop de prix aux colorations que produisent ces différents tannins dans les sels de fer, car la présence de certains acides ou même d’autres corps les peuvent singulièrement modifier. Ainsi linfusion de noix de galle oceasionne dans les sels de fer un précipité bleu foncé; lorsqu'on y ajoute de l’acide tartrique, ce précipité est vert. De même si, aux extraits de cachou, de kino, de quinquina, d’écorce de saule ou de ratanhia, qui colorent en vert les sels de fer, on ajoute de l’eau de fontaine contenant du carbonate de chaux, le précipité prend une teinte bleu foncé ; de légères quantités d’eau de chaux, de potasse, d’ammoniaque, etc., produisent le même effet. Lorsque enfin, d’après WALTL, on fait digérer ces extraits avec de la limaille de fer, ils colorent tous en noir bleuätre les sels de peroxide de fer.

D’après cela, il paraît que la coloration verte ou grise qu’occa-. sionne le tannin dans les sels de fer est due en majeure partie à la présence d’un acide libre, et qu’à l’état de pureté toutes les espèces de tannin sont identiques. Ceci nous explique pourquoi, dans une seule et même plante, on trouve quelquefois diverses espèces de tannin; ainsi le tannin de la racine de potentilla argentea et anserina bleuit les sels de fer, tandis que celui que l’on rencontre dans les feuilles les verdit; de même le tannin des feuilles d’alnus glutinosa bleuit et celui de l’écorce de la même plante verdit les sels de fer. Par la même raison, les mêmes parties d’une plante peuvent souvent différer sous le rapport de leurs propriétés médicamenteuses, suivant qu’elles renferment, outre le tannin, d’autres substances en quantité plus ou moins grande.

GEIGER a fait beaucoup d’expériences à cet égard (Magazin f. Pharm., tome 25, numéros 1 et 3).

BERZELIUS a prouvé par des expériences postérieures à celles de ce savant(Magazin f. Pharm.,tome 31, page 262), que la couleur verte que l’on obtient en ajoutant de lacide tartrique au précipité bleu noir, formé par les sels de fer dans l’infusion de noix de galle, est due à la présence du tannate de peroxid e de fer, qui est de couleur jaune. Il ne réussit pas à transformer en bleu la couleur verte du précipité ferrugineux, occasionné dans Pextrait de quinquina.

* Cachou; acide mimotannique.

Le cachou qu’on rencontre dans le commerce n’est autre chose que l'extrait aqueux d’acacia ou mimosa catechu, desséché et mis en tablettes. Celles-ci sont d’une couleur brune, d’une saveur fort astringente, amère, et d’un arrière-goût douceätre. Cet extrait renferme une quantité considérable d’acide tannique (acide mimotannique, BERZELIUS) que l’on peut en séparer par Veau froide et dont les propriétés diffèrent très peu de l'acide tannique des noix de galle.

D’après BERZELIUS, on l’obtient à l’état ue pureté en précipitant par l'acide sulfurique une dissolution concentrée et froide de l’extrait, lavant le précipité par de l’acide sulfurique étendu, l'exprimant entre des doubles de papier et le dissolvant enfin encore humide dans l’eau bouillante. Pour enlever alors lacide sulfurique, on traite le liquide par du carbonate de plomb réduit en poudre fine, tant qu'il y a effervescence; lorsque les sels de baryte ne troublent plus le liquide, celui-ci contient l’acide tannique pur, On l’évapore ensuite dansle vide et l’on obtient ainsi une masse transparente, légèrement colorée en jaune, astringente, non cristalline, qui est très soluble dans l’eau et l’alcool et présente les mêmes caractères que l'acide retiré des noix de gaile (acide quereitannique, BERZÉLIUS). A l'air, la solution aqueuse de cet acide rougit, et plus rapidement-encore quand on vient à la chauffer. Par l’évaporation, l’acide perd sa solubilité à mesure qu’il se colore. |

Chauffé à l’état sec, cet acide se décompose; cependant on n’a pas observé, dans ce cas;, les mêmes produits que fournit l'acide

des noix de galle; du reste ce sujet n’est pas encore approfondi. On n'en sait pas davantage sur la manière dont l’acide mimo- . tannique se comporte avec les autres acides et les alcalis.

Catéchine; acides japonique et rubinique.

La portion de cachou insoluble dans l’eau froide renferme une substance particulière, appelée catéchine (acide tanningénique, u, 3

34 TRAITÉE acide catéchucique), qui a la propriété de se combiner avec l’oxide de plomb. Elle a été découverte par BUECHNER.

On l’obtient facilement en épuisant le cachou d’abord par de l’eau froide, qui enlève l'acide mimotannique, puis par de l’eau bouillante, qui dissout la catéchine. La dissolution est ordinairement colorée, mais on peut la décolorer aisément en traitant la liqueur bouillante par de l’acétate de plomb. On ajoute ce dernier sel, jusqu’à ce que la liqueur soit à peu près limpide, et on laisse refroidir; au bout de quelque temps, la catéchine eristallise dans la liqueur (HAGEN). Pour la purifier davantage, on n’a qu’à la dissoudre dans l’eau bouillante, précipiter la solution par de l’acétate de plomb basique, délayer le précipité dans l’eau chaude et le décomposer par un courant d'hydrogène sulfuré; le sulfure de plomb, qui se forme ainsi, décolore alors la catéchine mise en liberté.

Le papier joseph, qui sert à séparer le précipité, doit être préalablement lavé par de l’acide hydrochlorique, car la catéchine se colore lorsqu’elle se trouve au contact de l’air et de la chaux, de l’oxide de fer où d’une base. |

La catéchine se présente sous la forme d’une poudre blanche, très fine, composée de petites aiguilles soyeuses, qui, par une douce chaleur, entrent déjà en fusion et brunissent à une température plus élevée, en se décomposant. Lorsque, d’après BuECH- NER, On la chauffe de manière à la faire brunir, elle se transforme en acide tannique. Elle est très peu soluble dans l’eau froide ; suivant BUECHNER, une partie de catéchine en exige 16,000 parties pour s’y dissoudre ; l’eau bouillante la dissout facilement. Une solution saturée à chaud se prend par le refroidissement en une bouillie cristalline. Elle se dissout dans 2 à 3 parties d’alcool bouillant et dans 10 parties d'alcool froid, dans 7 à 8 nice d’éther bouillant et 120 parties d'éther froid.

La solution aqueuse ne rougit point le tournesol; elle ne décompose pas les carbonates alealins.

La catéchine Sèche absorbe le gaz ammoniaque et l’abandonne dans le vide (SVANBERG).

Lorsque la solution dans l’eau froide est exposée à l’air pendant quelques semainés, et qu’on l’&vapore ensuite à l’aide de Ja

chsleur, elle.se dessèche en une masse rouge, fendillée, qui se redissout facilement dans l’eau.

La catéchine communique aux sels de peroxide de fer une coloration verte intense ; l’acetate de plomb et le sublimé corrosif la précipitent ; de même, le nitrate d’argent en est réduit à l’état métallique, lorsqu'on ajoute au mélange de l'ammoniaque. L'eau de chaux n’en est pas troublée et ne perd pas ses propriétés alcalines (BUECHNER). D'après SVANBERG, elle précipite l'acétate de chaux.

Les solutions de gélatine, d’aridön, de se de quinine et de morphine et d'émétique n’en sont point précipitées.

D’après l'analyse de SVANBERG, qui toutefois mérite d'être confirmée, la catéchine renferme en 100 parties 62,53 de carbone, 4,72 d'hydrogène et 32,75 d’oxigene, nombres qui conduisent à la formule : C,, H,. O, ; celle-ci donne les rapports suivants : 62,94 carbone, 4,11 hydrogène et 32,95 oxigène.

Lorsqu'on traite la catéchine, au contact de l’air, par des alcalis caustiques ou carbonatés, elle se colore en absorbant de loxigène; les alcalis caustiques produisent des solutions noires, les alcalis carhbonatés des solutions rouges. Suivant SVANBERG, ce sont là des combinaisons d’un alcali avec de nouveaux acides, formés par la décomposition de la catéchine, et auxquels ce savant a donné les noms d'acide japonique et d'acide rubinique.

D’après SYANBERG, on obtient l'acide japonisie en dissolvant la catéchine dans un excès de potasse caustique, abandonnant la solution au contact de l'air, pendant plusieurs jours, à une douce chaleur, sursaturant par de l’acide acétique et évaporant à siccité. Le résidu sec contient du japonate de potasse acide, de couleur noire, et de l’acétate de potasse, que l’on peut en séparer par des lavages à l'alcool. On dissout ensuite le japonate restant dans l’eau bouillante, et on en précipite l'acide japonique par de l'acide hydrochlorique.

A Pétat see, l'acide japonique se présente sous la forme d’une poudre noire; récemment précipité et encore humide, il se dissout dans l’eau bouillante et s’y dépose par le refroidissement en grains noirs. Il se dissout dans les alcalis sans former de sels cris-

tallisables. Les sels des terres et des oxides métalliques pesants sont précipités par les japonates alcalins.

D'après l'analyse de SvANBERG, la composition de l'acide japonique s'exprime par la formule : C,. H, O, + ag; celle du sel d'argent acide et insoluble, par: Ca, H,O, + Ag O. Conséquemment 2 atomes d’acide, en se combinant avec 1 atome d’argent, perdraient 2 atomes d’eau.

Sous l'influence du carbonate de potasse, la satöind" se transforme en acide rubinique, que l’on prépare absolument d’après le même procédé que l’acide précédent. On ne connaît pas les propriétés de ce nouvel acide. Il forme un sel de potasse acide, insoluble dans l'alcool, de couleur rouge et précipitant en rouge les sels des terres et des oxides métalliques. La composition de l'acide libre est la même que celle de l'acide japonique ; suivant la composition du sel d’argent, la composition de l'acide anhydre devrait s’exprimer par : Css His Oo

Jusqu’à présent, on ne peut pas se rendre compte de la formation de ces divers produits.

PELOUZE a observé que l’éther, mis en contact avec le cachou sec, en extrait un acide tannique, dont la composition est égale à : Cie Hs O4. De nouvelles recherches pourront nous éclairer sur la question de savoir si cette substance n’est pas identique avec la catéchine; du reste elle en diffère par sa composition.

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