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ACIDE CITRIQUE ET ACIDES RESULTANT DE SA DECOMPOSITION

Acide citrique.

A) Formule de l'acide contenu dans le sel d'argent : Ce His Où = Cr:

B) For mule de l’acide (D), séché à 100°: Cr Ho» Ou, 39,0 — Ci, 3 aq.

c) Formule de l’acide cristallisé par refroidissement : Ce Ho Où, 3 H O + aq. = Gi, 4 aq.

D) Formuie de l'acide cristallisé par évaporation à 16°: C,H, 0, 3 Hs O + 2 aq. ER 5 aq.

Cet acide, qui a été découvert par SCHEELE en 1784, se trouve tout formé dans le jus des plantes suivantes : citrus medica, aurantium, prunus padus, vaccinium vitis idæa et oxicoccos, rosa canina, solanum dulcamara, ribes grossularia et rubrum, vaccinium myrtillus, cratægus aria, prunus cerasus , fragaria vesca, rubus idæus, chamæmorus, aconitum lycoctojum, capsicum annuum, asarum europæum, helianthus KUNEROSER, allium cepa, isatis tinctoria, etc.

On le prépare en décomposant le AA de chaux par l’acide sulfurique. A cet effet, on prend ordinairement une quantité d’acide sulfurique concentré égale à celle de la craie, qui a servi à la préparation du citrate de chaux, au moyen du jus de citron ou de groseilles ; après l’avoir étendu de 5 parties d’eau, on le verse par petites portions sur le citrate de chaux, délayé dans Veau. On active la décomposition à l’aide d’une douce chaleur. Comme une petite quantité de citrate de chaux entrave la cristallisation de l'acide eitrique, il faut avoir soin d'employer un petit excès d'acide sulfurique, qui la favorise au contraire. Après avoir séparé le sulfate de chaux de la liqueur, on évapore celle-ci à petit feu, d’abord dans des vases en plomb à feu nu, et vers la fin de l'opération au bain-marie. Les cristaux qu’on obtient ainsi sont purifi6s au moyen du charbon et par des cristallisations réitérées.

L’acide citrique cristallise en prismes rhombes, terminés par quatre faces, réguliers, incolores, transparents et possédant une saveur agréable, fort acide. Il se dissout facilement dans un même poids d’eau, en formant un sirop épais.

Une dissolution concentrée et saturée à froid dépose, par l’évaporation spontanée, des cristaux réguliers, composés de Ci + 5 aq, et perdant à 100° 9,14 pour cent, — 2 atomes d’eau.

Une solution saturée a 100° dépose, par le refroidissement, des cristaux de la formule Ci -+ 4 aq, qui, à 100°, ne perdent rien de leur poids et conservent leur transparence.

Une solution d’acide citrique étendue d’eau et abandonnée à elle-même se décompose peu à peu en produisant des moisissures ; quand on la laisse en digestion pendant plusieurs semaines avec de l'alcool, elle se transforme en acide acétique (BERGMANN).

Les cristaux de l’acide (D), à 5 atomes d’eau, entrent en fusion par la chaleur en dégageant de l’eau. Ceux de l’acide( ©), à 4 atomes d’eau, fondent à 130° sans rien perdre de leur poids ; passé 150°, les cristaux de l’un et de l’autre acide se décomposent. Si l’on interrompt la fusion au moment où, avec les vapeurs aqueuses, comme cent à sé dégager encore d’autres produits volatils, on obtient Pour résidu une masse transparente, légèrement jaunätre, qui attire l’humidité de l'air; l'acide citrique s’est alors transformé en partie en acide aconitique. A une température plus élevée, il se décompose entièrement, en donnant naissance à de Toxide dé carbone, de l’acide carbonique, de l’acétone, de l'acide acétique et deux acides pyrogénés. Lorsqu'on le distille brusquement, on n'obtient qu’une trace de charbon comme résidu; par une distillation lente, au contraire, il reste une masse poisseuse, transparente, brun rouge, de l'aspect de l’aloes, et laissant enfin ‘un charbon volumineux.

* Quand on mélange 1 partie d’acide citrique cristallisé avec 4 parties d'acide sulfurique concentré, et qu’on chauffe doucement, il se dégage une quantité considérable d’oxide de carbone ; si l'on ajoute plus tard au mélange de l'eau et qu'on distille, on obtient de l’acide acétique. 1 atome d’acide citrique séché à 100° contient les éléments de 2 atomes d’oxide de carbone, de 2 atomes d’acide carbonique et de 2 atomes d’acide acétique hydraté.

C, O, = 2 at. acide carbonique.

C, O, — 2 at. oxide de carbone.

GC, H,, O, = 2 at. acide acétique.

2 at. d'eau.

1 at. acide citrique C,, H,, O,, = C,, H,, O,,, 3H, ©

Si l’on fait fondre l'acide citrique avec un excès de potasse caustique, il se décompose en acide oxalique et acide acétique. 1 ‘atome d'acide citrique contient en effet les éléments de 2 atomes d'acide acétique, de 2 atomes d’acide oxalique et de 2 atomes d’eau : |

DE CHIMIE ORGANIQUE. 39 C, H,, O, — 2 at. acide acétique.

G O, = 2 at. acide oxalique.

|. H, O, = 2 at. d'eau.

1 at. acide citrique C,, H,. O,, = C,H, 0,,3H,, O

L'acide eitrique en dissolution réduit le chlorure d’or, sans dégagement de gaz; chauffé avec du peroxide de manganèse, il occasionne une effervescence d'acide carbonique et d’acide acétique. Traité à chaud avec du deutoxide de mercure, il donne lieu à une vive effervescence et à la production d’une masse blanche, solide, qui, d’après VAUQUELIN, contient de l'acide acétique.

Quand l’acide citrique est pur, il se dissout sans résidu dans l'alcool et ne donne pas de précipité avee l’eau de chaux. En ajoutant à de l’eau de chaux quelques gouttes d’acide citrique, on obtient une liqueur claire, qui se trouble par l’échauffement et dépose une poudre blanche, soluble dans les acides sans effervescence. C’est le moyen ordinairement employé pour le distinguer de l’acide tartrique.

Citrates.

L’acide citrique est un acide tribasique ; il forme avec les bases des sels neutres et des sels basiques. Les sels neutres à 3 atomes de base s'expriment par la formule suivante :

Ci, 3 MO + aq.

Leur composition est donc analogue à celle de l'acide (C), à 4satomes d'eau, l'eau d’hydrate s’y trouvant remplacée par son équivalent d’oxide métallique; ils renferment en outre un équivalent d’eau de cristallisation, qu'ils abandonnent à la température ordinaire, comme le sel d'argent, ou à une température élevée. En cet état, ils présentent alors la composition de l’acide (2), à 3 atomes d’eau : |

Gi, 3 MO.

Dans les citrates basiques, l'eau de cristallisation des sels précédents est remplacée par 1 équivalent d’oxide métallique:

Gi, 3 MO + MO.

Quelquefois, outre cet équivalent d’oxide métallique en plus, ils contiennent encore 1 atome d’eau de cristallisation, de sorte que leur composition se rapproche alors de celle de l’acide (D), à 5 atomes d’eau :

Gi, 3 MO + À 0!

Parmi les citrates à 2 atomes de base fixe, on n’a examiné que le sel de plomb, dans lequel 2 atomes d’eau d’hydrate seulement de l’acide (D) se trouvent remplacés par de l’oxide de plomb.

Sous l'influence de la chaleur, les citrates se boursouflent et noircissent en dégageant une liqueur acide.

Lorsqu'on décompose un citrate sec de la composition Ci 3 M O, par une dissolution alcoolique d’acide chlorhydrique, de manière à ne présenter à l'acide citrique, mis en liberté, que 3 atomes d’eau, formés aux dépens de l’oxigène de l’oxide métallique et de l'hydrogène de l’acide chlorhydrique, on obtient un mélange d’hydrate d'acide aconitique et d’acide citrique (©) à 4 atomes d’eau (BERZELIUS). En effet :

3 at. d’hydrated'acide aconitique. C;, H,, His = 3(C, H, O,, H, O) 2 at. d’hydrate d’acide citrique. Ces H56 O50 = 2 (Cie Ho Os, 3 He O + ag).

Ce H, OÖ, =3 (Cie Hs O,;, 3 H, O).

Cette décomposition est la même que celle que cet acide éprouve à une température élevée, en perdant de l’eau.

Citrate d'ammoniaque. — C’est un sel très soluble, que lon peut obtenir cristallisé ; il n’a pas encore été examiné.

Citrate d’oxide d’ethyle. — Formule : Ci, 3 Ae O (Dumas). Cet éther a été préparé le premier par THENARD. Voici le procédé dont se sert MALAGUTI : on fait un mélange de 90 parties d'acide citrique cristallise, 110 parties d’alcool d’une densité de 0,814 et 50 parties d'acide sulfurique concentré, et l’on chauffe le tout dans une cornue, jusqu’à ce qu'il se dégage de l'oxide d’ethyle. A cette époque, on ajoute de l’eau au résidu, et

DE CHIMIE ORGANIQUE. 4 le citrate d’oxide d’éthyle se sépare alors sous la forme d’un corps oléagineux. On purifie celui-ci de l’acide qui y adhère, en le lavant avec de l’eau ; en le dissolvant dans l'alcool et le traitant par du charbon animal, on parvient à le décolorer parfaitement. La solution alcoolique l’abandonne, par l’&vaporation, à l’état de pureté. Ainsi obtenu, ce corps constitue un liquide oléagineux, d’une odeur faible rappelant celle de l'huile d’olives, et d’une saveur amère, désagréable. Son poids spécifique est de 1,142. Il se colore à 270°, entre en ébullition à 283° et se décompose alors en plus grande partie. Dans ce dernier cas, on recueille, outre une certaine quantité de citrate d’oxide d’éthyle non altéré, un corps brun oléagineux (acide itaconique), de l’alcool et des gaz combustibles, tandis qu’il reste un résidu de charbon.

La potasse et la soude caustique le transforment en alcool et citrate à base d’alcali; le chlore et le bröme ne l’alterent pas sensiblement. L’iode paraît se combiner avec lui. L’acide sulfurique concentré, l’acide nitrique et l’acide hydrochlorique le dissolvent à froid ; l’eau en reprécipite le citrate d’oxide d’éthyle sans altération ; si l’on vient à chauffer ce mélange, il y a décomposition.

On ne connaît pas de citrate d’oxide d’éthyle, contenant seulement 1 ou 2 équivalents d’oxide d’ethyle, d’après la formule Ci, 2 Ae O, H, O, ou Ci, AeO, 2 H, O.

Citrate doxide de méthyle. — Ce sel n’a pas encore été obtenu.

Citrate d'oxide de glycéryle. — Il est inconnu.

Citrate de potasse. — Formules : ci, 3 KO; ci,2K O, H, O; Gi, KO, 2 H, O. Ces sels n’ont pas encore été étudiés ; on sait seulement qu’ils sont très solubles dans l’eau et qu'ils cristallisent - difficilement.

Citrate de soude. — À) Formule du sel à 3 atomes de base fixe : Ci, 3 Na O + 11 aq. (BERZELIUS). Ilcristallise, par l’évaporation spontanée à l’air, en gros cristaux, réguliers, insolubles dans l'alcool, inaltérables à l'air, et contenant 11 atomes d’eau de cristallisation, qui renferment autant d’atomes d’oxigene qu'un atome d’acide citrique. A 100°, il perd 17 :/, pour cent — 7 atomes d’eau, en se transformant en Ci, 3 Na O + 4 aq. A 190° ou 200°, les 4 derniers atomes d’eau se dégagent ; ordinairement

42 TRAITE une pelite quantité de sel se convertit alors en aconitate de soude. A 230°, le citrate de soude jaunit.

B) Formule du sel à 2 atomes de base fixe: Ci, 2 Na O, H, O. — Ce composé s'obtient par l’évaporation spontanée d’une dissolution du sel précédent, à laquelle on a ajouté moitié autant d’acide citrique qu'elle en contient déjà. Le liquide se prend alors en un amas d’aiguilles prismatiques, douées d’une sayeur aigre=. lette fort agréable.

C) Formule du sel à 1 atome de base fixe : Ci, NaO,2H, 0. — En évaporant une dissolution du sel à 3 atomes de base fixe, à laquelle on a ajouté autant d'acide citrique qu'elle renferme déjà, on obtient une masse gommeuse, non cristalline, qui prend un aspect cristallin sous l’influence de la chaleur. Ce sel.ne s’altere pas à l’air ; il se dissout dans l’alcool en petite quantité ; une solution alcoolique, saturée à chaud, le dépose, par le refroidissement, en grains cristallins.

Citrate de baryte. — Formule : Ci, 3 Ba O 47 7 aq. ist. LIUS).— Lorsqu'on verse goutte à goutte une solution de eitrate de soude dans une solution de chlorure de barium, il.s’y dépose une poudre blanche qui présente la composition indiquée. A 150°, ce sel perd 6 atomes d’eau, et il reste du citrate de baryte.à 1 atome. d’eau de cristallisation, = Ci, 3 Ba O + ag. Le dernier atome d’eau s’en dégage entièrement à une température de 190°.

Si l’on ajoute à un mélange bouillant de chlorure de barium. et d’acide citrique libre une solution également.bouillante de citrate de soude, tant que le précipité qui se forme se redissout, et que l’on laisse refroidir le liquide, il s’y dépose une poudre cristalline, dont la composition s'exprime par

9 Gi, WA G'}

+ 7 aq.

et qu'il faut considérer comme une combinaison double de 1 atome de citrate de baryte cristallisé à 3 atomes de base fixe, avec 1 atome de citrate de baryte à 2 atomes de base fixe : |

HO) + C6 8 Ba 0, 70.

DE CHIMIE ORGANIQUE. 43 La même combinaison se produit lorsqu’on &vapore une solution bouillante d’acetate de baryte sursaturéé d'acide citrique. Citrate de chaux. — Formule : Ci, 3 Ca O + 4 aq. (BERZE- LIUS). — Ce sel se forme, lorsqu'on mélange une dissolution de chlorure de calcium avec une dissolution de citrate de soude. Le précipité est blanc ; il perd 3 atomes d’eau à 100° et le dernier atome à une température plus élevée. Le précipité, que l’on obtient en chauffant de l’acide citrique avec un excès d’eau de chaux, est un sel basique et présente la composition :

Ci, 3 Ca O + He | A 100° il perd 1 atome d’eau et devient alors Ci, 3 Ca O + Ca O.

Le sel neutre et le sel basique se dissolvent dans un excès d’acide eitrique; la dissolution saturée à chaud dépose, par le refroidissement, des feuillets cristallins , qui perdent de l'acide par les lavages et laissent du sel basique insoluble.

* Le composé que l’on obtienten saturant du jus de citron par du carbonate de chaux est un mélange impur de sel neutre et de sel basique ; en France et en Sicile, on en fait usage pour la préparation de l'acide citrique. A cet effet, on abandonne à luimême le jus des citrons pourris; par là il entre en fermentation et devient bientôt parfaitement clair. On le sépare alors par filtration des matières solides et visqueuses, et on le décompose, à l’aide de chaleur, d’abord par de la craie, et ensuite par de l’eau de chaux. Le précipité que l’on obtient ainsi est traité par l’eau chaude, tant que celle-ci se colore. Si l’on n’a pas soin, de le laver convenablement, et qu’on le décompose encore impur par l'acide sulfurique, le produit est coloré et cristallise difficilement. a):

TıLLaY a préparé avec avantage le citrate de chaux au moyen du jus de groseilles. On laisse fermenter ce dernier et, après en avoir séparé par distillation l’alcool produit, on traite le résidu comme le jus de citron. 100 parties de groseilles fournissent 10 parties d'alcool de 20° B. et 1 partie d’acide citrique.

Citrate de magnésie, d’alumine et de protoxide de manganese. — La magnésie, l’alumine et le protoxide de manganèse

forment avec l'acide citrique un sel neutre ASTON et un sel soluble, qui réagit acide.

Citrate de protoxide de fer. — Il est cristallisable, peu soluble, et n’est pas précipité par la potasse caustique; il se dissout dans le citrate de soude.

Citrate de peroxide de fer. — Il se dissout avec une couleur brune.

Citrate de zinc. — C’est un sel peu soluble.

Citrate de plomb. — A) Formule du sel à 3 atomes de base fixe : Ci, 3 Pb O + aq. Il se forme, lorsqu'on mélange une dissolution de citrate de soude avec un excès d’acétate de plomb et qu’on lave le précipité avec de l’alcool. On obtient ainsi une poudre blanche, qui, lavée avec de l’eau, se décompose en sel soluble, à 2 atomes de base fixe, et en sel surbasique, insoluble. Il est soluble dans l’ammoniaque.

B) Formule du sel à 2 atomes de base fixe : Ci, 2 Pb O, H, O -+ 2 aq. Lorsqu'on verse une solution bouillante d’acétate de plomb dans une solution également bouillante d'acide eitrique, le précipité qui se produit d’abord se redissout peu à peu; par le refroidissement du mélange le sel en question se dépose. Il renferme 2 atomes d’eau de cristallisation, qu’il retient encore à 110°. Il se décompose par les lavages. Si l’on verse au contraire une dissolution d’acide citrique dans une dissolution d’acétate de plomb, il se forme un sel surbasique.

C) Formule du sel surbasique : Gi, 3 Pb O + 3 Pb O. En laissant en digestion un des sels précédents avec un excès d’acétate de plomb basique, on.obtient ce citrate, sous la forme d’une poudre blanche, insoluble dans l’eau.

Lorsqu'on ajoute au sel (a), à 3 atomes de base fixe, moins d’ammoniaque qu’il n’en faut pour le dissoudre, il reste une combinaison qui pour 1 atome d’acide renferme 4 atomes d’oxide de plomb.

G,3Pb O+Pb O | aq.

Citrate de cuivre surbasique. — Formule : Ci, 3 Cu O + Cu O. — Une solution d’acétate de cuivre, à laquelle on a

ajouté de l'acide citrique, se trouble par l’ébullition en déposant une poudre verte cristalline, qui, chauffée, perd de l’eau et devient bleu clair.

Citrate d'argent. — Formule : Ci, 3 Ag O + aq. — En précipitant un sel d'argent soluble par un citrate, on obtient un précipité blanc, pulvérulent, d’un grand éclat, qui lavé au-dessous de 16° et séché, retient 1 atome d’eau, qu’il perd déjà entre 20° et 25°. Mis en contact avec un corps incandescent, ce sel brüle avec une faible explosion, en laissant de l'argent métallique mélangé de charbon.

Citrate d’antimoine et de potasse. — Formule : Ci, Sb, O, + Ci, 3KO +5 ag. (TuauLow).—II cristallise en prismes, d’un blanc éclatant, durs et très friables, qui perdent leur eau de cristallisation à 100°.

Produits de l’action de la chaleur sur l'acide citrique.

Lorsqu'on chauffe l’acide citrique cristallisé au-dessus de son -point de fusion, il entre en vive ébullition, en perdant de l’eau pendant un certain temps, et sans dégager de produits empyreumatiques. Si l’on interrompt l'opération au moment où l’on voit apparaître dans le col de la cornue des vapeurs blanches, accompagnées de gaz inflammables, et qu'on dissolve dans l’eau la matière restée dans la cornue, on en retire, par l’évaporation spontanée à l’air, des cristaux d’acide citrique ordinaire. La dissolution ne laisse qu'une quantité insignifiante d’une eau-mere acide, difficile à obtenir cristallisee, et qui est d'autant plus grande que l’on a dépassé davantage le point où l’acide citrique commence à se décomposer.

Quand, au lieu de l'arrêter, on pousse la distillation plus loin, on voit bientôt cesser le dégagement de gaz inflammables ; des Stries hufleuses se condensent alors dans le col de la cornue et se rassemblent dans le récipient, sous la forme d’un liquide à peine jaunätre, très acide et plus pesant que l’eau. Elles sont accompagnées d’un gaz non inflammable, qui n’est autre chose que de l’acide carbonique, car il se dissout, à peu de chose près, dans la potasse caustique.

Ces phénomènes se rattachent à deux époques de décomposition différentes, dont l’une se termine avec le dégagement de l'eau et des vapeurs inflammables, et dont l’autre commence avec le dégagement de l'acide carbonique. FLE

Le résidu dans la cornue, à la fin de la première époque de la distillation, ne renferme plus d’acide citrique , mais un nouvel acide produit par sa décomposition; ce résidu est jaune et se dissout entièrement dans l’éther, propriété que ne possède point l'acide eitrique. Il n’est pas volatil, et présente la composition et tous les caractères de l’acide qu’on a découvert dans Paconitum napellus et dans l’equisetum fluviatile. Nous le designerons par conséquent sous le nom d’acide aconitique, dont la composition s'exprime par C, H,O, (= CG; H; O:<ag). Les produits gazeux et inflammables, qui se développent durant la transformation de l'acide citrique en acide aconitique, consistent en un mélange d’acide carbonique, d’oxide de carbone et d’acétone ; une partie de ce dernier se condense dans le récipient.

Par l’action d'une température élevée, 1 atome d’acide citrique cristallisé perd d’abord les 5 atomes d’eau qu'il renferme, et ensuite il se décompose lui-même en 1 atome d’acide aconitique, 4 atome d’oxide de carbone, 1 atome d’acétone et 1 atome d'acide carbonique, comme le font voir les formules suivantes :

5 at. d’eau 5 H © 1 at. d'acide aconitique G H,O:

4 at. d’oxide de carbone C, O,

1 at. d’acétone C;, H, O

1 at. d'acide carbonique C OÖ,

1 at. d'acide citrique cristallisé C, Hu, O,,5 EH O

C’est done de l'acide aconitique, et non pas de l'acide citrique, comme on le croyait jusqu'ici, que dérivent les produits acides, qui se condensent dans le récipient à la seconde époque de da distillation de l'acide eitrique.

LASSAIGNE a le premier observé ces produits; Baup a fait voir qu'ils consistent en deux acides très différents dans leurs propriétés, dont l’un fut désigné par lui-sous le nom d'acide «ei-

tricique, et l'autre sous celui d'acide citribique. Comme ce sont là décidément des produits de la décomposition de l'acide aconitique, nous: appellerons l’un acide itaconique et l’autre acide citraconique.

L’acide aconitique à l'état pur ou tel qu’il reste dans la cornue, à l'époque où les gaz dégagés ne sont plus inflammables, entre en ébullition lorsqu'on l’expose à une température de 180 à 200», et fournit alors un mélange de ces deux acides. Ces derniers se condensent sous la forme d’un liquide lourd, fort caustique et acide, qui, si le récipient est bien sec, s’y prend, par le refroidissement, en masse cristalline.

Pendant la distillation, le résidu se colore de plus en plus; il noircit enfin et donne une huile empyreumatique noire qui distille, en laissant un charbon volumineux très léger.

. La partie solide et cristallisée du produit de la distillation consiste..en ‘acide itaconique ; la portion liquide qui entoure les cristaux est de l'acide citraconique.

On peut aisément obtenir à l’état de pureté l’acide itaconique en dissolvant le produit brut dans l’eau ou l'alcool bouillant. L’acide itaconique étant peu soluble dans l’eau, se dépose alors, par le refroidissement ou par l’évaporation spontanée, en cristaux assez réguliers ou en croûtes cristallines, qu’on purifie par de nouvelles cristallisations.

L’acide itaconique, quoique obtenu par voie de distillation, n'est pas volatil. Lorsqu'on chauffe les cristaux au-dessous de . leur point de fusion, ils se décomposent entièrement en eau et en un liquide huileux, clair et limpide, plus pesant que Peau, et qui n’est autre chose que l'acide citraconique anhydre.

Si l’on soumet done tous les produits de l'acide citrique, tant acides que liquides, à une nouvelle distillation, tout l'acide itaconique se transforme lui-même en acide citraconique. Dans cette seconde distillation, il passe d’abord de l’eau, puis un mélange d’eau et d’acide, et enfin de l’acide citraconique anhydre très pur.

La formule de ces deux acides à l’état d’hydrate est C,H, O, + a4; ils possèdent l’un et l’autre la même capacité de saturàtion, mais leurs sels présentent de grandes différences.

Trois atomes d’acide aconitique 3 (C4 H4 O,) = Cie His O4 renferment les éléments de 2 atomes d’acide itaconique et de 2 atomes d'acide carbonique 2 (C, H, O;, ag) + C; O4. L’acide itaconique, au moment où il prend naissance, se transforme en partie en eau et acide citraconique anhydre. Si la distillation de l'acide aconitique se fait très lentement, à une température ne dépassant guère 175°, on n’obtient que l’acide citraconique, et seulement des traces d’acide itaconique. Si l’on distille au contraire très rapidement à un feu aussi vif que le supporte la cornue, l’acide itaconique domine alors dans le produit.

Ces observations sont tirées d’un travail très remarquable de Crasso. Elles expliquent la dissemblance des faits observés par RoBIQurT et par Baup dans la distillation de l’acide eitrique.

C’est BouLLAY qui a observé la production de l’acétone dans les produits de décomposition de l'acide citrique. ROBIQUET a étudié plus particulièrement les autres produits gazeux et liquides.

Acide aconitique.

Synonyme : acide équisétique (REGNAULT), acide citridique (Baup).

Formule : C, H, O;, H, ©. Symbole = At.

Cet acide a été découvert par PESCHIER dans l’aconitum napellus : c’est à L.-A. BUCHNER jeune que nous devons son analyse et la description de ses sels. Il paraît être identique avec l'acide que BRACONNOT a découvert dans l’equisetum fluviatile, limosum, etc., et que REGNAULT a soumis à une étude particulière.

D'après DAHLSTROEM et BERZELIUS, il se forme lorsqu'on chauffe doucement l'acide citrique, jusqu’à apparition de matieres empyreumatiques. Il se produit en outre quand on décompose des citrates anhydres par une dissolution alcoolique d’acide hydrochlorique.

Si, dans la distillation de l’acide citrique, on arrête l’opération au moment où les gaz qui se dégagent ne se laissent plus enflammer, qu'on dissolve le résidu dans 5 parties d'alcool bouillant et qu'on sature enfin cette solution par de l’acide hydrochlorique

sec, on en retire, par l’addition d’une portion d’eau suffisante, une grande quantité d’éther aconitique; l'acide citrique, n'étant pas éthérifié par ce procédé, reste dans la liqueur. De l’éther aconitique on peut aisément extraire l'acide aconitique, en le décomposant par de la potasse caustique, précipitant l’aconitate alcalin par un sel de plomb, et décomposant enfin l’aconitate de plomb par l'acide sulfhydrique.

Pour le préparer, d’après BUCHNER, on décompose l’aconitate de plomb, obtenu avec l'extrait aqueux de l’aconitum napellus, et délayé dans 28 fois son poids d’eau, par de l'hydrogène sulfuré, jusqu'à ce qu'on remarque dans le mélange un excès de ce dernier. On sépare par filtration le sulfure de plomb, et on évapore le liquide à une douce chaleur, jusqu’à consistance sirupeuse, de sorte qu’au bout de quelque temps il se prend en une masse cristalline. On purifie celle-ci en la redissolvant dans l’ether et abandonnant la dissolution à l’évaporation spontanée.

On procède de la même manière avec le sel de plomb, préparé au moyen de l'extrait d’equisetum fluviatile ou limosum.

Le traitement de l’acide brut par l’éther a pour but d’en séparer l’aconitate de chaux et celui de magnésie, qui pourraient s’y trouver mélangés.

L’acide , retiré de l’aconitum napellus, constitue une masse blanche, mamelonnée , qui s’effleurit aisément par l'évaporation, en grimpant le long des vases. On ne parvient pas à l’obtenir cristallisé sous forme régulière, mais toujours en très petits cristaux confus. Il est inaltérable à l'air, sans odeur, très soluble dans l’eau, et d’une saveur légèrement astringente. Il se dissout facilement dans l'alcool et l’éther ; par l’&vaporation de ces dissolutions, il cristallise en croûtes compactes ou en végétations déliées. Il brunit à 130°, entre en fusion à 140° et bout à 160°. L'acide en fusion possède une couleur brun-rouge; lorsqu’on le maintient longtemps dans cet état, ilse sublime en gouttelettes oléagineuses, qui deviennent cristallines en se solidifiant, tandis qu'il reste une masse brune, poisseuse, d’une saveur fort amère, non cristallisable et déliquescente. Si on le distille brusquement dans une cornue, il passe un liquide jaune clair, d’une saveur acide, accompagné de gouttelettes brunes, oléagineuses, qui

ont üne saveur âcre et une odeur empyreumatique ; le produit distille donne par l'évaporation des prismes raccourcis, d’une saveur acide, qui produisent avec l’oxide de plomb un sel peu soluble dans l’eau, toutefois plus soluble dans ce véhicule que l’aconitate de plomb (Buchner). L’acide aconitique, obtenu par l'acide citrique, fournit, par la distillation sèche, de l'acide itaconique et de l’acide citraconique (CRASSO).

L’acide que REGNAULT a préparé avec l’equisetum fluviatile présente les propriétés que nous venons de décrire, avec la différence cependant qu’il se volatilise sans altération lorsqu’on ne pousse pas trop loin la chaleur ; à une température plus élevée, il paraît également se décomposer. REGNAULT considère cet acide comme étant identique avec l'acide maléique, qui présenté en effet la même composition ; mais comme l’acide maléique se convertit par la fusion en acide fumarique, et que cette transformation n’a pas été reconnue pour l’acide équisétique, cette identité manque encore de preuves positives.

L’acide aconitique obtenu par la fusion de Pacide citrique, et auquel Baup avait donné le nom d’acide citridique, cristallise, d’après lui, en paillettes très petites ou en feuillets quadrangulaires, qui se trouvent ordinairement conjoints par leurs angles opposés de manière à former des lamelles dentelées. Ilse dissout dans 3 parties d’eau à 15° et dans 2 parties d’alcool de 88 centièmes.

AcConitales.

Ces sels ont été plus spécialement étudiés par BUCHNER jeune. Ceux à base d’aleali sont solubles dans l’eau ; tous les autres sont peu ou point solubles.

Lorsqu'on ajoute un aconitate soluble à un sel de chaux, de baryte, de magnésie ou de zinc, on n'obtient pas de précipité ; par le repos ou par l’&vaporation d’un mélange d’un sel de chaux avec un aconitate soluble, il se forme des prismes raccourcis d'un grand éclat, insolubles dans l’eau et très solubles dans les : acides minéraux.

Par la chaleur, ils se décomposent en noireissant ; le sel d’argent lisse un résidu de charbon et d'argent, et dégage de l'acide

DE CHIMIE ORGANIQUE. Ser

carbonique pur et une petite quantité RER substance ntm: acide:

Si l’on $Sature de l'acide eitrique fondu par du carbonate de soude, on obtient, après avoir séparé le citrate de soude, une eaumère renfermant de l’aconitate de soudé non cristallisable; si l'on traite la masse desséchée par l’aleool de 0,833, celui-ci dissout l'aconitate en laissant le citrate de soude.

Suivant Baup, l'acide aconitique, préparé au moven de l'acide citrique, forme avec la potasse et la soude des sels acides, eristallisables. Avec l’ammoniaque, il produit un sel acide, grenu, soluble dans 6 parties d’eau à 15°. L’ac6tate de plomb et le nitrate de protoxide de mercure sont précipités en blanc par cet acide; le perehlorure de fer donne des flocons gélatineux, de couleur de cannelle. Le sel d'argent brüle avec déflagration.

D'après BUCHNER, les sels neutres à base d’äinmoniaque, de potasse etde soude, cristallisent difficilement et sont très solubles dans l’eau. Le biaconitate d'ammoniaque s'obtient facilement à l'état de prismes très petits, groupés ensemble sous forme de mamelons. Z’aconitate de peroxide de fer constitue un précipité brun insoluble, semblable au succinate de là même base *.

Aconilate d’oxide d’ethyle ‘éther aconitique). — Formule : At’

O (CrAsso). — On obtient cette combinaison, en saturant une dissolution alcoolique d'acide aconitique par du gaz chlörhydrique, et ajoutant de l’eau au liquide saturé. L’éther aconitique se précipite alors sous la forme d’un liquide pesant, qu’on purifie de l’acide adhérent par des lavages réitérés. La combinaison pure est limpide, incolore, d’une odeur aromatique et d'une saveur extrêmement amère ; sa densité est de 1,074 à 14°; son point d’ébullition à 236°. On ne peut la chauffer au-dessus de son point d’ebullition, sans qu’elle se décompose ‚en se colorant peu à peu, et en laissant enfin un résidu noir. DE

Aconitate de baryte. — Formule : At, Ba ©. — Lorsqu'on mé-

* Les aconitates, dont nous empruntons la description au mémoire de Bucuner, se rapportent à l’acide extrait d’aconitum napellus ; ceux qui ont été préparés par REGNAULT furent oblenus au moyen de l’acide retiré d’equisetum; enfin ceux de CrAsso se rapportent à l'acide produit par la décomposition de

l'acide citrique. ® 4*

SER TRAITE lange l’acide extrait d’aconitum napellus avec un excès d’eau de

baryte, le liquide se trouble d’abord légèrement, et, au bout de.

quelque temps, il se prend en une masse gélatineuse, qui se redissout facilement dans l’acide libre, Cette bouillie ne devient pas cristalline, ni par un séjour prolongé dans le liquide, ni par la dessiccation (BUCHNER , CRASSO).

L’acide qu’on retire d’equisetum fluviatile se comporte avec l’eau de baryte d’une manière semblable; seulement la gelée, qui se produit dans ce cas, se transforme, après qu'on l'a exprimée et séchée, en lamelles brillantes (REGNAULT); 100 parties d'eau de 20° en dissolvent 11,17 parties. Ce sel, séché sur de l'acide sulfurique, présente d’après REGNAULT la formule At, Ba O, aq. Le calcul donne 6,665 parties d’eau; l'expérience en a fourni 7,297. D'après BucHNER, 100 parties de sel ont perdu 13,75 parties d'eau — 2 atomes.

Aconitate de chaux. — Ce sel se trouve tout formé dans le suc d’aconitum napellus, et se sépare par l’&vaporation de celui-ci

sous la forme. d’un dépôt grenu d’un blanc sale. Souvent ils y |

rencontre en si grande quantité, qu'il égale en poids la partie

de l'extrait de la plante soluble dans l’eau. On l'obtient comme |

résidu après avoir traité ce dernier par l'eau. On en fait usage pour la préparation de l’aconitate de plomb.

Aconitate de magnésie. — Ce sel se trouve en quantité abon- | dante dans le suc d’equisetum fluviatile.

Aconitate de plomb. — Formule : At, Pb O, aq. (BUCHNER). L’ac&tate de plomb neutre occasionne dans l'acide aconitique | aqueux ou dans la solution d’un aconitate un précipité blanc écla- |

tant, sans aucune apparence cristalline. Ce dernier est peu solu-

ble dans l’eau bouillante ; une solution saturée à 100° ne dépose | pas de cristaux par le refroidissement. Le sel desséché perd à | 140° 5,29 pour cent — 1 atome d’eau. On l’obtient au moyen de | l’aconitate de chaux brut, en dissolvant celui-ci dans l'acide nitri- | que étendu et le précipitant par l’acétate de plomb. Si on emploie, | pour le préparer, le suc d’equisetum fiuviatile, le produit est très | impur et se trouve souillé de phosphates et de sels magnésiens ;

pour éloigner ceux-ci REGNAULT sature le suc par un petit excès de carbonate de soude, et ensyite par de l’acétate de baryte, qui

précipite du sulfate et du phosphate de baryte. Lorsqu’après avoir séparé par filtration ce précipité, on y ajoute de l’acétate de plomb, celui-ci occasionne à son tour un précipité abondant légerement jaunätre, qui n’est autre chose que de l’aconitate de plomb. On décompose ensuite ce dernier par un courant d’hydrogène sulfuré, et on traite par du charbon animal l’acide mis en liberté. Saturé par du carbonate de chaux, celui-ci donne de l’aconitate de chaux, qui, décomposé par du carbonate d’ammoniaque, se transforme en aconitate d’ammoniaque, lequel enfin fournit l’aconitate de plomb à l’état de parfaite blancheur, lorsqu'on le précipite par l’acétate de plomb. Le traitement de l’acide impur par la chaux a pour but d’en séparer l'acide phosphorique, qui se trouve dans le suc d’equisetum fluviatile, en combinaison avec des bases. |

Aconitate de deutoxide de cuivre. — At, Cu O. — C’est un sel soluble, de couleur verte, dont la ‘solution aqueuse donne, par l'ébullition, un dépôt de protoxide de cuivre (BUCHNER).

Aconitate de mercure. — Formule : At, Hg ©. — Une solution de bichlorure de mercure n’est troublée par l’aconitate de soude qu'au bout de quelque temps. En traitant l’oxide rouge de mercure par de l’acide aconitique aqueux, on obtient un sel blanc peu soluble, qui, maintenu dans l’eau bouillante, prend enfin une teinte grise. Pour préparer le sel à base de protoxide de mercure, on mélange un protosel de mercure soluble avec de l’aconitate de soude; c’est un précipité cristallin, de couleur blanche (BUCHNER).

Aconitate d'argent. — Formule : At, Ag O. — Le nitrate d'argent n'est point précipité par l'acide aconitique libre, mais les aconitates solubles y occasionnent un précipité blanc, pulvérulent, qui ne se transforme pas en lamelles cristallines, comme le maléate d'argent. Chauffé à l’état sec, ce sel se décompose avec une légère explosion, en dégageant des vapeurs brunes; le résidu renferme une combinaison d’argent et de charbon. Lorsqu’on le fait bouillir avec l’eau, il s’en sépare une poudre grise, sans occasionner d’effervescence ; le sel d'argent qui reste alors parait contenir un sel particulier (BUCHNER , CRASSO).

Le sel d'argent qu’on obtient au moyen de l’equisetum fluvia-

tile constitue un précipité blanc, caillebotteux, qui ne perd pas de son poids à 100° et qui se décompose entre 148° et 150°, avec une légère explosion. Il reste alors un carbure d'argent (C, Ag) d'un gris foncé, et possédant l'éclat métallique; outre l'acide | carbonique, il se dégage une matière acide, cristalline, qui occasionne un précipité dans les sels de plomb (REGNAULT ).

Acide vlaconique.

Synonymes : acide pyrocitrique (LASSAIGNE, DUMAS), acide citricique (BAUP). |

Formule : C, H, O,, H O; symbole : = it + ag. (Baup, CRASSO).

Lorsqu'on distille l'acide citrique ou lacide aconitique (Crasso), ilse condense dans le récipient deux liquides, dont le supérieur se mélange parfaitement avec l’eau, tandis que la couche inférieure, qui est oléagineuse, ne s'y combine que peu à peu, en se prenant en masse cristalline. On ajoute au mélange de l'eau bouillante en quantité suffisante pour dissoudre le liquide oléagineux et les cristaux formés, et l’on abanhonne la dissolution à l’air ; elle s'évapore alors en déposant au bout de quelques jours des cristaux durs et transparents. Dès qu’il ne s’en forme plus, on les sépare de l’eau-mere, pour les purifier par de nouvelles cristallisations, après les avoir dissous dans l’eau bouillante.

L’acide ifaconique cristallise en tablettes rhombes, dont les arêtes présentent une troncature double, ou en octaèdres à base rhombe, dériyés du prisme rectangulaire à base rhombe; ces cristaux sont clivables dans le sens parallèle des arêtes latérales de l’octaedre, et fournissent alors des lamelles douées d'un grand éclat. Il est sans odeur et possède une saveur acide très forte. Il se dissout dans 17 parties d’eau à 10°, dans 10 parties à 20°, et en plus grande proportion dans l’eau bouillante. Une partie d’acide exige pour se dissoudre 4 parties d'alcool de 88 centièmes. Il se dissout également dans l’éther. A 120°, les cristaux ne perdent rien de leur poids; à 160°, ils entrent en fusion, en exhalant des vapeurs blanches, irrilantes, et se volatilisent sans résidu quand on con-

DE CHIMIE ORGANIQUE. b5

tinue à chauffer, Si on les soumet à la distillation, ils se décomposent en eau et en acide citraconique anhydre.

Îlaconates.

L’acide itaconique précipite les sels acides et les sels basiques à base d’oxide de plomb, et communique une teinte rougeälre aux sels de fer. Les itaconates solubles occasionnent des précipités blancs dans les sels de péroxide de fer. On connaît des itaconates neutres et des itaconates acides.

Itaconate d’ammoniaque. — La solution du sel neutre perd de l'ammoniaque par lévaporation et donne alors des cristaux de sel acide. Celui-ci, dont la composition se représente par ie, Ad H, O, cristallise sous deux formes différentes, suivant l’eau de cristallisation qu’il renferme. Les cristaux, qui se forment à 200° dans une solution concentrée, contiennent 1 atome d’eau (I, Ad H, O, ag.) et constituent des tablettes ou des prismes transparents , inaltérables à l'air, et solubles dans ’/, partie d’eau à 190,5. Ceux qui se produisent à la température ordinaire ou à des degrés plus bas, représentent des prismes allongés ou des aiguilles renfermant 3 atomes d’eau de cristallisation (If, Ad H,O, 3 aq.), dont deux se dégagent lorsque les cristaux se trouvent exposés à l'air (BAUP).

Ilaconate d’oxide d’ethyle. — Formule : It, Ae O = C, H,, O, (MALAGUTI, Crasso). — Pour le préparer, on dissout l'acide itaconique dans 4 parties d'alcool, et on y fait passer un courant d'acide chlorhydrique sec, en maintenant le liquide en ébullition au bain-marie. Dès que la moitié de Falcool est passée dans le r&eipient, on ajoute de l'eau au résidu, et il se sépare alors une grande quantité d’itaconate d’oxide d’éthyle, que l’on purifie par des lavages à l’eau. C’est un liquide incolore, transparent , d’une saveur amère, pénétrante et aromatique. Son poids spécifique est de 1, 040 à 18, 5°. Il se mélange en toutes proportions avec l'alcool et l’éther, et ne se dissout pas dans l’eau. Il ne brüle pas à la température ordinaire ; sa vapeur chauffée brûle avec une flamme blanche. Il n’est pas volatil; quand on le chauffe jusqu’à 225°, il entre en ébullition en se décomposant et en élevant la température. Avec les solutions alcalines, il se comporte absolu-

ment comme les autres combinaisons de l’oxide d’éthyle. L’acide sulfurique concentré le noircit en déposant du charbon (MALA- GUTI, CRASSO).

Itaconate de potasse et itaconate de soude. — Ce sont deux sels très solubles dans l’eau, insolubles dans l'alcool et ne cristallisant pas sous forme régulière. Le sel acide de potasse est composé suivant la formule 2 1, KO, H, O+ aq (Crasso). Le sel acide à base de soude forme des cristaux fibreux, opaques et très solubles.

Itaconate de baryte. — Formule : It, Ba O, aq (CRASSO).— Le sel neutre s’obtient par l’évaporation sous fonts de croûtes cristallines, et se dissout mieux que le sel de chaux. Le sel acide : 2 it, Ba O, 2 aq. ( Baup) cristallise en tablettes rhombes, inaltérables à l'air.

Itaconate de strontiane. — Formule : It, SrO, aq(CrAsso). — L’acide itaconique produit avec la strontiane des nl analogues aux sels de baryte.

Itaconate de chaux. — (a) Sel neutre : Té, Ca O, aq. (Baup); il cristallise en petits prismes, solubles dans 45 p. d’eau à 18° et insolubles dans l'alcool. (b) Sel acide : 2 If, Ca O, 3 aq. (Baup); il constitue de petits cristaux feuilletés, inaltérables à L'air solubles dans 13 à 14 p. d’eau à 12°.

Itaconate de magnésie. — Le sel neutre ne cristallise pas ; le sel acide au contraire est très soluble et cristallise en lamelles brillantes. |

Itaconate de plomb. — Formule : If, Pb O, aq. (Baup). — C’est un précipité blanc, pulvérulent, insoluble dans l’eau.

Itaconate de protoxide de manganèse.— Ce sel est d’un rouge pâle et se dissout assez bien.

Itaconate de nickel. — Il est bleu clair, verdätre, peu soluble.

[laconate de cuivre. — Les cristaux de ce sel sont petits, réguliers, peu solubles et d’un vert bleuätre.

Itaconate d'argent. — Formule : it, Ag O (Baup, Crasso). — C’est une poudre blanche cristalline et soluble.

Acide citraconique.

Synonyme : acide citribique (Baup).

Formule de l'acide huileux anhydre : C, H, O, = Ct (Ror- QUET, CRASSO).

Formule de l'acide cristallisé : C£ di aq (CRASSO).

La meilleure manière de préparer cet acide consiste à concentrer, à consistance de sirop, les eaux-mères provenant de la cristallisation de l'acide itaconique, et à les soumettre à une distillation ménagée. Il passe d’abord de l’eau, puis un mélange trouble et laiteux d’eau et d’acide anhydre; enfin, en dernier lieu, il distille de l'acide citraconique anhydre sous forme d’un liquide huileux et limpide. On le recueille dans un récipient bien sec.

L’acide citraconique anhydre possède ordinairement une couleur légèrement jaunätre; il est très fluide, d’une faible odeur acide et empyreumatique, et d’une saveur extrêmement caustique ; il distille sans décomposition à 212°, et se volatilise aisément aux températures supérieures à 90°. Sa densité à l’état liquide est de 1,247 à 14°. Mélangé avec de l’eau, il tombe d’abord au fond du vase, mais, par un contact prolongé, il s’y dissout entièrement. La chaleur favorise la dissolution.

Exposé à l'air humide, il attire l’eau avec avidité, et se prend peu à peu entièrement en une masse cristalline, composée d’aiguilles très bien définies. C’est l’hydrate de l'acide citraconique. Les cristaux fondent à 80°; cependant ils se volatilisent déjà audessous de cette température. Cet hydrate, maintenu en ébullition dans une cornue, se décompose en eau qui distille la première, et en acide anhydre liquide.

Citraconate d’ammoniaque. — L’aeide citraconique anhydre . absorbe le gaz ammoniac sec ; il y a, dans ce cas, formation d’une masse diaphane, friable, deliquescente et très soluble dans Valcool. Le produit renferme 1 équivalent de gaz ammoniac (N, H,) pour 2 atomes d’acide 2 (C,H, O.) — 2 Ci, Ad H,. Dissoute dans l’eau et abandonnée à l’&vaporation spontanée, cette combinaison dépose des cristaux lamelleux de citraconate d’oxide d’ammonium 2 Ct, Ad H, O aq (Crasso).

Citraconate d’oxide d’éthyle Gt, Ae O (CrAsso). — Ce sel possède absolument les mêmes propriétés et la même composition que litaconate à même base. En le décomposant par la potasse caustique, on en retire de l'alcool et de l'acide citraconique qui n’a subi aucune altération. w,

Les citraconales neutres d’oxide d'ammonium, de patasse, de soude, de chaux, sont très solubles et cristallisent difficilement. Toutes ces bases forment avec l'acide citraconique des sels acides qui peuvent être obtenus en cristaux réguliers.

La composition du citraconate acide de chaux s'exprime par la formule 2 Ct, Ca O, H,, +3 ag. (Crasso). Ce sel preud à 120° 3 atomes (15,15 pour cent), à 100° seulement 1 atome d’eau.

Citraconate neutre de baryte. — I s'obtient toujours anhydre et se présente en poudre cristalline blanche, peu soluble.dans l’eau froide et très soluble à chaud. Le sel acide de cette base est composé suivant la formule 2 ct, Ba O, H, O, ag; ilne perd pas de son poids à 100° (CrAssoO).

Citraconate neutre de strontiane. — Il est très soluble et cristallise difficilement.

La composition du sel acide à base de strontiane est analogue à celle du sel de chaux acide : 2 Ci, Sr O, H, O, 3 ag.

Citraconate de plomb. — L’acide citraconique forme trois combinaisons avec l'oxide de plomb. Quand on verse de l’acétate de plomb neutre dans une dissolution de eitraconate d’ammoniac à la température ordinaire, on obtient un précipité gelatineux, renfermant 1 atome d’oxide, 1 atome d’oxide de plomb et 2 atomes d’eau Ct, Pb O, 2 aq. Ce précipité, chauffé à Pébullition daus la liqueur, change d’aspect, et devient pulvérulent et cristallin. C’est le sel de plomb anhydre Gt, Pb O. Le liquide ‚bouillant, séparé de ce précipité, laisse déposer, par le refroidissement, une poudre légère très volumineuse; c’est le citraconate neutre de plomb combiné à 1 atome d’eau Gt, Pb O, aq (CRASSO).

L’acétate basique de plomb produit dans les citraconates solubles un précipité blanc d’un sel basique, renfermant 2 atomes d’oxide de plomb : Gt, 2 Pb O.

Citraconale d'argent. — Le citraçonate d’ammoniaque pro-

DE CHIMIE ORGANIQUE. 59 duit dans le nitrate d'argent un précipité blanc gélatineux, très volumineux, se dissolvant facilement dans l’eau chaude et cristallisant sous forme d’aiguilles fines, très brillantes. C’est le citraconate neutre etanhydre d’oxide d'argent: Gt, Ag O (CRASsO). Le liquide séparé de ces cristaux, abandonné à l'air, laisse déposer, à la température ordinaire, des prismes à six pans, très courts , bien définis, transparents, incolores et d’un éclat de diamant. Ces cristaux, chauffés à 100°, deviennent opaques et perdent 4,2 pour cent d’eau. C’est le sel d'argent avec 1 atome d’eau de cristallisation : Gt, Ag O, aq (Baup, CRASSO).

Quoiqu’on connaisse avec certitude la composition des acides aconitique , itaconique et citraconique, leur constitution réclame néanmoins de nouvelles recherches avant de pouvoir être établie définitivement. Il est très probable que l'acide aconitique est tribasique, et l’un des deux autres acides bibasique. Dans tous les cas, l'existence d’un sel d'argent neutre, renfermant de l’eau de cristallisation, est jusqu'à présent sans analogies.

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