C.oH.oC/eO.-f 3H. O
Les deux acides chlorés que nous venons de décrire, et dont les propriété-; sont si remarquables, ont été découverts récemment par Dumas et Stas.
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f^alérone.
I.OF.wir. riipporto drins son Traité de cliiinie {Chcmic der orgnniachvn l'crhimUinijcn T. I, p. 123) (jur h; valér.ile de chaux donne par la dislillalioii sèche uti pnxhiit huileux, (pii, puriliù par plusieurs rectifications, devient incolore, fluide, plus léj;cr quo l'eau, et présente la composition €„ H,„ O- ce serait, suivant L(>i:>\ ir., la rahrone.
Le même auteur fait observer que, d'après ses propres expériences, l'acide valérique seiait renl'erraé dans la racine de valériane en combinaison avec Toxide de j^lycéryle, avec leciuel il formerait un corps gras particulier. 11 a été conduit à reconnaître ce fait en voyant que. l'éther ne retire de la racine, à froid, que des traces d'acide, tandis que l'extrait alcoolique des racines préalablement traités par l'éther, fouiuit une quantité assez considérable d'acide valénque.
Du reste, l'auteur n'a nullement prouvé par l'expérience que, dans le résidu, il reste véritablement de l'oxide de glycéryle.
ACIDES DÉIUVÉS DE l'eSSENCE d'aNIS CONCRÈTK.
L'acide nitrique, en réagissant sur l'essence d'anis concrète, fournit, suivant son degré de concentration, des substances variables par leur nature, leur composition et leurs propriétés. (Cahours).
Lorsiiu'oii emploie de l'acide nitrique à 40" B., il en résulte une action des plus vives; par l'élévation de la température, il se dégage d'abondantes vapeurs rutilantes, et ion obtient, mais pas toujours, même en s'assujettissant à ces conditions, une substance jaune de nature résineuse. Si l'on fait usage d'un acide moins concentré, de 34° à 36° B. par exemple, il y a également une action très vive -, l'essence se transforme bientôt en une matière huileuse rougeâtre, pesante, visqueuse à la température ordinaire, et qui se détruit par ladislillatioji; par l'action prolongée de l'acide nitrique toute la matière huileuse disparaît, et, si à cette époque, on verse de l'eau sur la liqueur acide, il se dépose, par le refroidissement, des flocons jaunes qui constituent un nouvel acide azolé.
DE CHIMIE ORGA!VIQUE. 15^
Enfin lorsqu'on fait usage d'un acide nitrique d'une densité de 20 à '2i' lî., l'action est beaucoup moins vive que dans les cas précéiients. Il se forme alors deux (iioduits, savoir, une matière jaune résinoïde, la môme dont nous avons parlé plus haut, et un nouvel acide exempt d'azote, cri<tallisableeri belles aiguilles, volatil sans décomposition, et qui st; place tout naturellement, par l'ensemble de ses caractères, à côté de l'acide benzoïque ou de Tacide cuminique.
Acide anisique.
Formule de l'acide contenu dans le sel d'argent : C,,; H,2 O,.
Formule de l'acide libre: C,,. H,, O.-f H, O (Cahours).
C'est sous ce nom que Caholks désigne le produit acide dont nous venons de parler en dernier lieu. Pour l'obtenir à l'état de pureté, il faut laver le produit brut à l'eau distillée froide qui ne le dissout qu'en proportion très faible; on le dissout ensuite dans l'ammoniaque, et on fait cristalliser à plusieurs reprises le sel ammoniacal jusqu'à ce qu'il cesse d'être coloré 5 en décomposant ensuite ce sel par l'acide nitrique faible, on obtient une matière blanche et cristalline qu'on lave à l'eau et dont on achève la purification en la sublimant.
L'acide anisique, à l'état do pureté, est solide, incolore, inodore, crislallisable en Ioniques aiguilles qui possèdent beaucoup d'éclat, à [)cine soluble dans l'eau froide; il se dissout en proportion assez forte dans ce liquide à la température de Tébullition. H est très soluble dans lalcool, mieux à chaud qu'à froid; il se volatilise sans décomposition. Il forme avec les alcilis et les terres des sels solubles et susceptibles de cristalliser; avec l'ammoniaque, un sel qu'on peut obtenir en cubes de plusieurs lignes de côlé; entin avec les oxides de plomb et d'argent (C,,, H,., O . Ag O) il donne des sels peu solubles à froid, et que l'eau bouillante laisse déposer par le refroidissement sous forme d'écaillés nacrées, cristallines et très brillantes.
Il précipite les persels de fer, et donne une réaction toute particulière lorsqu'on le distille en présence d'un excès de base alcalme. En employant 7 à S parties de baryte caustique pour une d'acide anisique cristallisé, il passe une substance huileuse
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plus léi^tMC que rcaii, hùs volatile, douét^ d'uiic odeur aj^rénble et douce qui se rappioclio un jjeu de C( Ile des amandes amèies, et à laquelle Cahours donne le nom d'anisoL
Acide nilro-anisique.
Formule de l'acide contenu dans le sel d'arj^ent : C,r. H,o N, O,.
Formule de l'acide cristallisé : €,« H,o N, O^, + H, O (Cahours).
Lorsqu'on fait bouillir l'essence d'anis concrète avec de l'acide nitrique à 36" 13., et qu'on prolonge l'action jusqu'à ce que tout soit dissous, IVau détermine dans la li(jueur acide la précipitation de flocons jaunâtres. Ceux-ci constituent l'acide nitro-anisique impur. Pour le purifier, il faut laver le produit précédente l'eau distillée jusqu'à ce qu'elle ait perdu toute saveur acide, dissoudre le produit dans l'ammoniaque et faire cristalliser le sel jusqu'à ce qu'il cesse d'être coloré. Le sel ammoniacal ainsi purifié, étant dissous dans l'eau, puis décomposé par un acide, laisse précipiter l'acide nitro-anisique, qu'on achève de purifier à l'aide de lavages à l'eau distillée.
Ainsi préparé, l'acide nitro-anisique se présente sous la forme d'une substance d'un blanc légèrement jaunâtre. 11 est très peu soluble dans l'eau, même chaude ; l'eau bouillante, lorsqu'elle en est saturée, l'abandonne par le refroidissement sous forme de petites aiguilles microscopiques et brillantes. L'alcool le dissout assez bien à chaud; par l'évaporation spontanée, la liqueur, si elle n'est pas saturée, le laisse déposer sous forme cristalline.
Par une distillation ménagée , une partie de cet acide se sublime sous forme dune poudre légère, blanc jaunâtre, tandis qu'une autre portion noircit et se décompose en répandant une odeur toute particulière. Lorsqu'on le chauffe en vase clos avec de la baryte caustique et qu'on élève peu à peu la température, l'acide se change en une matière noire et acide qui reste combinée avec l'alcali ; si l'on chauffe rapidement, la baryte devient incandescente, et il se produit un dépôt abondant de charbon.
Cet acide forme avec la potasse, la soude et l'ammoniaque, des sels très solubles ^ avec la baryte, la chaux et la magnésie, des sels
peu solubles \ eoGn avec les oxides de plomb et d'argeut, des sels entièrement insolubles.
jinisol.
Formule: C,, H,, O,, (Cahours).
Cahours désigne sous le nom d'anivoMe produit Iqui prend naissance , lorsqu'on distille l'acide anisique cristallisé avec uti excès de baryte.
A l'état de pureté, c'est un liquide incolore, doué d'une odeur aromatique, bouillant vers 150% réfractant fortement la lumière, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'étlier.
D'après ce qu'on sait de la distillation des acides organiques en présence d'un excès de base, on aurait dû penser que tout l'oxigène de l'acide anisique se combinerait avec une quantité proportionnelle de carbone pour former de l'acide carbonique qui se serait porté sur l'alcali, tandis que les éléments restants se seraient dégagés pour former un carbure d'hydrogène. Rien de semblable n'a lieu ici : 4 at. d'oxigène seulement se combinent avec 2 at. de carbone, et il se dégage un composé renfermant 2 at. d'oxigène. Ce fait signalé par Caiiolrs, est le premier de ce genre qui ait été obtenu jusqu'à présent.
Voici l'équation qui exprime la formation de ce nouveau composé :
C,,H„ 0„4-2BaO = 2(CO.„BaO +C,.II„ O,.
Ce nouveau produit donne avec le chlore, le brome et l'acide nitrique des composés cristallins.
On voit qu'il renferme 1 éq. d'hydrogène de plus que l'hydrure de benzoïle.
ACIDB OENANTHIQLE.
Formule de l'acide anhydre : C,, H,,, O, (PelouzecI J.L.). Formule de l'hydrate : C„ H,, O, -f 11, O.
Cet acide se rencontre dans beaucoup de liquides fermentes, dans l'huile de blé, ei notamment dans les vins, en combinaison avec l'oxide d'éthyle.
Lorsqu'on distille le vin ou la lie de vin, il passe, dans les der-
nièns portions, avec l'eau, un li(]ui(l(' l/^^^er et oléagineux, qui est souveni v«T(lfitre en raison de Toxide de cuivre qu'il tient en dissolution. Ce liquide est l'éllier œnanlhique ^ c'est avec lui qu'on prépare l'œnanthate de potasse, et, avec ce sel, l'acide œnanthique.
Le mot ccnanthiqur oîvov, vin. et âvOoç bouquet) a été appliqué à ce corps ()()iir rappeler l'odeur particulière qui caractérise la combinaison qu'il forme avec l'oxide d'étbyle.
Pour prci'ai er l'acide œnanlliique, on décompose par un acide minéral la dissolution concentrée de son sel de potasse, en chauffant doucement, le mélanine-, l'acide (rnanthique vient alors surna^jer à l'état d'une huile inodore. Après l'avoir pui'iGé par des lavages à l'eau bouillante, on le dessèche sur du chlorure de calcium.
L'hydrate d'acide œnanthique est, à 12", 5, de la consistance du beurre ; il est d'un blanc éclatant , sans saveur ni odeur. Au-dessus de 12", 5, il fond en une huile incolore qui rougit le tournesol et .se dissout aisément dans les alcalis, en donnant des combinai>ons savonneuses. Il est insoluble dans l'eau ; il se mêle, au contraire, très bien avec l'alcool, l'éther et les huiles.
Lorsqu'on soumet cet hydrate à la distillation, il se décompose en eau qui passe la première, et en acide anhydre que l'on recueille en dernier. Dans cette réaction, le point d'ébullition de l'hydrate s'élève de 260° à 293° ou 294° ; le résidu brunit alors légèrement.
L'acide œnanthique anhydre est blanc et plus solide que l'hydrate^ il fond à 31" C.
Une dissolution alcoolique d'acide œnanthique hydraté se décompose, par l'évaporation à l'air, en acide anhydre qui se dépose à l'état cristallin, et en un autre hydrate à deux atomes d'eau (Mulder).
OEnanihates. — Parmi les combinaisons que l'acide œnanthique forme avec les bases , on n'a étudié d'une manière précise que le sel à base d'oxide d'élhyle.
Lorsqu'on ajoute assez de potasse à une solution d'acide œnanthique pour faire disparaître la réaction acide, le mélange se
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prend eu une bouillie composée d'aij,'uilles déliées et soyeuses, C'est Vœnanthate de potasse acide.
L'éther œnanlhùjue C,„ H,^ O. =€,« Hj„ O. -\~C^ H,.. O (^Pf.lolze et J. L. Mllder, se décompose, par la pot.isse caustique, en œtianthate de potasse ; c'est ce dernier sel que l'on emploie dans la préparation de l'acide œnanthique.
La liqueur huileuse qui passe dans la distillation de l'cau-devie de raisin est un mélange d'éther œnanthique et d'hydrate d'acide œnanthique ^ elle est colorée en vert par un peu d'oxide de cuivre. Pour en séparer l'acide libre, on la fait bouillir avec une solution diluée de carbonate de soude ^ l'éther se rend alors à la surface du liquide. On l'obtient incoloie à l'aide de la distillation; les dernières portions qui passent sont exemptes d'eau.
A l'état de pureté, l'éther œnanthique est incolore, très fluide, d'une odeur vineuse qui étourdit quand on la respire de près. Sa saveur est forte et désagréable. Il est fort soluble dans l'alcool, l'éther, et môme dans l'esprit de vin ordinaire. Sa densité, à 1 état liquide, est de 0,862 ; à l'état de vapeur, elle est de 10,-1769 = 2 volumes II bout entre 225" et 230°.
Les alcalis caustiques décomposent aisément l'éther œnanthique; l'acide carbonique et l'ammoniaque n'y exercent aucune action sensible.
Il importe de noter que l'odeur de cet éther ne ressemble aucunement à ce qu'on appelle le bouquet des vins, mais qu'elle est au contraire de la nature de celle qui est particulière aux tonneaux ou aux bouteilles vides, oîi s'est trouvé un vin quelconque.
Lorsqu'on chauffe de l'hydrate d'acide œnanthique avec du sulfovinate de potasse. Use produit du sulfate de potasse acide et de l'éther œnanthique.
ACIDR ROCCELUQUE. ,
Formule probable de l'acide cristallisé : C,7 Hj2 04(J. L.).
Cet acide a été découvert par Heeren dans le Roccdla tlnc-
toria.
Pour le préparer, on épuise ce lichen par une dissolution d';im-
moniaque caustique; ou étend d'eau l'extrait produit et on le 11. 11
IG'2 TRAlTli
|trt'ci[)ite par une dissolution dt; chlorure de calcium. Il se dépose ainsi du roccellale de chaux, que Ton chaufïe douccaient avec de l'acide hydrochlorique dilué pour en séparer l'acide rocccllicpie. On dissout ce dernier dans l'élher et on abandonne la solution à i'évaporation spontanée.
L'acide roccellique ainsi obtenu cristallise en aiguilles incolores, déliées, à éclat soyeux, et que le microscope (ait reconnaître pour élre de petites tables carrées. Il est insoluble dans l'eau, à chaud el à froid ^ l'alcool le dissout aisément, car 100 parties de ce liquide de 0,819 densité) en prennent 55 parties à la température de l'ébullilion. L'éther le dissout éjjalement.
L'acide roccellique fond à l.'io* et se concrète à 122'\ Il partage la plupart des propriétés des acides gras.
Les roccellates alcalins se dissolvent dans l'eau, en donnant des liquides qui moussent comme du savon ; toutefois, à l'état concentré: ces dissolutions ne deviennent pas iilantes comme celles des autres savons.
Le roccellate de potasse cristallise en lamelles déliées.
Le sel de chaux constitue un précipité blanc, insoluble dans l'eau, et contenant 15,9 pour cent de chaux (Heeren).
Quant au roccellate d'argent, il n'a pas encore été examiné.