‹ Traité de chimie organique (volume 3)Chapitre 29 sur 90 · II · texte numérisé non relu

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sauce lorsqu'ou la soumet à l'action de laciialeur. La production de racroléiue |K'ut par couscqueiit servir de réaclif pour reconiiailre la présence de l'oxide de },'lycéryle dans li*s corps f;ras, tout comme la formation de l'acide sébaci(iue y décèle la présence de l'acide oléique.

L'huile de ricin présente, à la distillation sèche, des caractères particuliers que nous examinerons i)lus taid en parlant de cette huile.

Caz de l'huile. — Lorsqu'on fait pisser la vapeur des corps gras à Iraveisun tube incandescent, ou bien qu'on fait tomber ces corps à l'état fondu dans un vase chauffé au rouge, ils se décomposent d'une manière complète. Ils ne laissent qu'un résidu de charbon fort peu considéiable , el fournissent des produits gazeux qui se liquéfient en majeure partie par le froid. Ces produits sont, d'une pari, l'oxide de carbone, et, d'autre part, des combinaisons hydro-carbonées. C'est sur cette décomposition qu'est fondé l'emploi des huiles communes pour l'éclairage au gaz. En Angleterre on utilise particulièrement pour cela l'huile de poisson, ainsi que le déchet des matières grasses qui ne peut plus servir à d'autres usages. La fabrication du gaz de l'huile a été découverte et établie en Angleterre par Taylor.

L'appareil que l'on emploie à cet effet est fort simple. Il se compose d'un cylindre de fonte que l'on porte au rouge naissant, et dans lequel on fait couler l'huile -, le cylindre est rempU de pierres ou plus souvent de fragments de coke, afin de présenter plus de surface. Lin tuyau fait arriver l'huile dans cet appareil ; elle se réduit en vapeurs qui traversent toute la longueur du cylindre. A l'autre exirémité du cylindre se trouve adapté un second tuyau qui conduit le gaz dans un vase reLnj)Ii d'huile, afin qu'il y dépose la portion huileuse qui a échappé à l'action de la chaleur 5 enfin de là il se rend dans un gazomètre d'où on le distribue suivant les besoins.

Les produits de la décomposition des matières grasses par la méthode qui vient d'être décrite varient beaucoup suivant la température. Au rouge naissant, elles donnent, en ne laissant presque pas de résidu, de l'oxide de carbone;, du gaz oléfiant, des hydrogènes carbonés en vapeurs et fort volatils, du gaz des marais et de

petites quantit('S d'hydrof,'èrie libre ; à des températures plus éle- Vi'cs, on oblifiit plus de charbon; la quantité du gaz oIéfi;int et des aulres hyilroi;ènes carbonés (tiniitnic, celle du 'j;-\z des marais augmente au contraire, de sorte que par là le pouvoir éclairant du (iroduit s'affaiblit beaucoup.

La pesanteur spécifique du |)ro(luit gazeux est en rapport inverse avec la température à laquelle on le fabrique-, ainsi elle varie entre 1,1 10 et 0,464. Le gaz qu'on a reconnu pour éclairer le mieux a une densité de 0,900. lOO volumes de ce gaz, soumis à la combustion, ont e.vigé 160 volumes d'oxigène, et étaient composés de 38 volumes condensables par le chlore c'est-à-dire composés de gaz oléfiant ou d'autres hydrogènes carbonés analogues , 46 volumes de gaz des marais, 9^,5 volumes d'oxide de carboae, 3 volumes d'hydrogène et 3 volumes d'azote.

Le pouvoir éclairant du gaz de 0.9(JO retiré de l'huile est presque deux fois aussi grand que celui du meilleur gaz de la houille (cannel-coal) ayant une densité de 0,600 ; il est environ trois et même trois fois et demi aussi fort que le pouvoir éclairant du gaz du back-coal ordinaire.

Pour enlever les hydrogènes carbonés qui restent mélangés à l'état de vapeur avec les produits gazeux de la distillation des corps gras ou d'autres matières, on réussit fort bien, suivant Fak.\day, en employant de l'acide sulfurique concentré ou de l'huile d'olive : ces liquides condensent les hydrogènes carbonés non gazeux. Dans une expérience qui avait été faite ainsi avec de l'acide sulfurique, 100 volumes de gaz de l'huile ont diminué de 22,76 volumes -, cette quantité est à défalquer des 38 volumes indiqués précédemment, pour donner le volume du gaz oléfiant.

Voici quelques données comparatives sur la production d'une même lumière par une lam()e à l'huile bien construite et à niveau constant, par le gaz de la houille, et enfin par le gaz de l'huile :

Durc-e de réclairage. Coasommaiioa.

1 heure 42 grammes d'huile.

— 106 à 110 lities de gaz de la houille.

— 28 à 30 litres de gaz de l'huile.

260 TRAITF.

I.a consommation d'un bec ordinaire sï'lève, par Iicure, à I3s lilro pour I«^ };az do la houille, et à .'^S litres pour celui de riuiile. l.c pouvoir éclairant de la llamme d'un hec ainsi alimenté est à celui de la llamme d'une lampe d'Ar^ard A niveau constant et qui ronsomme par heure •lî i;rammes d'huile, conmie 27 est à 100. Une pareille llamme de j^az éclaire autant (pie 12 bougies stéariqu( s ^dont C à la livre), ou que 9 bougies de cire (dont 5 à la livre).

Les becs d'où sort le gaz ressemblent à ceux des lampes d'Argant^ l'ouverture qui leçoit la mèche de ces lampes est remplacée, dans les becs à gaz, par un anneau en acier percé de trous extrêmement fuis.

1 kiloi^ramme d'huile donne, en terme moyen, 830 litres de gaz. Or, puisque 42 grammes d'huile fourni.ssent la même quantité de lumière qu'environ 29 litres de gaz de l'huile, ces 830 litres de gaz correspondent S 1202 f^rammes d'huile. Ai!i-i, il faut 1202 grammes d'huile pour produire le môme effet de lumière qu'avec iOOO grammes d'huile réduite à l'état de gaz. En transformant rhuile en gaz, on aurait donc une augmentation de pouvoir éclairant dans le rapport de 1000 : 1202^ cependant ce bénétice ne .sullit que dans très peu de localités pour couvrir les frais de fabrication, et l'on ne peut en tirer quelque avantage que loisque les huiles pour l'éclairage à la lam[)e sont bien plus chères que les huiles ordinaires pour le gaz. (Voir, pour de plus amples détails, Dumas, Traité de chimie appliquée aux arts, tome 1% pages 641 et suiv.

Hydrogènes carbonés du gaz de l'huile. — Les carbures d'hydrogène dont nous venons de parler sont de nature bien différente. Des expériences faites par Faraday à Londres, et ayant pour but de comprimer le gaz de l'huile dans des gazomètres portatifs, ont amené la découverte de trois carbures bien distincts.

1000 pieds cubes de gaz de l'huile condensés au trentième de leur volume à la pression ordinaire fournissent environ 4 litres de liquides volatils. Lorsqu'on chauffe ceux-ci modéréintînt, sans dépasser 35 ou 30". et que l'on fait passer la vapeur dans un tube refroidi à — 18% elle se condense en un liquide fort

mobile, qui prend de nouveau l'état j^azeux au-dessus de cette température {Carburet of hydrogen de Faraday; doppelt condensirlvr hofilcnwanscmlo/J' des AH» mands).

Le point d'ébullitioii du résidu s'élève peu à peu; il monte enfin jusqu'à 120". Pendant longtemps il se maintient entre 80 et 87». Lorsqu'on porte le produit distillé dans un mélange réfrigèrent, il se prend, en grande partie, en une masse Manche et cristalline, d'où l'on peut enlever le liquide qui y adhère par des expressions entre du papier Joseph. La masse cristalline est du henzole à l'état de pureté (voir tome I", p. 250).

L'huile liquide d'où le benzole s'est déposé possède le même point d'ébullition que ce corps; mais, d'un autre côté, on peut la refroidir à — IS" sans qu'elle se concrète, A 15«',5, sa densité à l'étal liquide est de 0,86-, à l'état de gaz, de 2,96. Elle est nécessairement encore mélangée d'un peu de henzole, ce qui rend son analyse incertaine. Faraday obtit)t, à l'analyse de cette huile, de l'hydrogène et du carbone dans le rapport de 1 : 8,764. Or, puisque le benzole renferme ces éléments dans le rapport de 1 : 12, et que sa présence a dû naturellement augmenter le carbone de l'huile, il est fort probable que l'hydrogène et le carbone s'y trouvent par équivalents égaux, c'est-à-dire dans le même rapport que <ians le gaz olétiant.

Celte huile se distingue du benzole en ce que l'acide sulfuriqne la noircit en s'échauffant, et en séparant un liquide jaune et plus léger, qui n'est point altéré par l'acide sulfurique à la températuie ordinaire.

La portion qui distille à 93,3° contient l'hydrogène et le carbone dans le rapport de 1:0,17; celle qui passe à 98° ,9, celui de 1:8,01, et celle qu'on recueille à I04'4, celui de 1 : 8,4G.

Le produit que l'on recueille aux deux points d'ébullition extrêmes, c'est-à-dire à la plus basse température et à la plus élevée, se rapproche du gaz oléfiant par sa composition. Les produits les plus carbures s'obtiennent vers le milieu de l'opération. Uu reste, tous résistent à l'action des alcalis et s'attaquent, au contraire, facilement par l'acide sulfurique.

Quant aux produits les plus volatils, Fahadav a observé que

'262 TIUITF,

les vapeurs qui se forment entre 10 et 16" renferment »inc matière particulière, qui se condense en aiguilles lorsqu'on la fait arriv( r (lins un b.illon refroidi à — l8'>. Ces aiguilles disparaissaient déjà à — 14° ou — l:\".

Le produit le plus volatil que l'on obtient dans la décomposition des corps gras p.ir la chaleur rouge possède la même composition que le gaz olélianf , mais il s'en distingue en ce qu'à la température ordinaire il renferme, à volume égal, une quantité douhie de carbone et d'hydrogène. (Çimdh-car6urc/o/ hydrngen de L'araday; rierfach condensirter Kohlenwasserstoff des Allemands).

A — 18", cet hydrogène carboné est liquide, très mobile, d'une densité de 0,6*27 à l'état liquide, et de 1.9G07 à l'état de vapeur = 4 volumes pour la formule C„ H,r,. A C^-, il est gazeux, inflammable, et brûle avec u le flamme lumineuse. L'eau et les liqueurs alcalines ou acides ne l'absorbent qu'en petite quantité; l'alcool au contraire le dissout fort bien. L'huile d'olive en dissout 6 fois son volume ; l'îicide sulfurique nresque 100 fois ie sien, en s'échauffant et en noircissant beaucoup, toutefois sans dégager d'acide sulfureux; l'eau trouble le mélange sans en développer de gaz.

Le chlore se combine avec cet hydrogène carboné en donnant un produit analogue A la liqueur des Hollandais, quant aux propriétés et à la composition ; cette combinaison nouvelle est d'un arrière-goût amer.

Un excès de chlore ne donne pas de sesquichlorure de carbone avec cet hydrogène carboné , mais on obtient un liquide visqueux, contenant du chlore, du carbone et de l'hydrogène.

action des corps simples sur les corps gras. — Nous avons déjà parlé plus haut de l'action de l'oxigène sur les corps gras (page 253;.

Les huiles siccatives, ainsi que les huiles grasses proprement dites, dissolvent à chaud le soufre, en s'échaufTant et en dégageant ordinairement de l'hydrogène sulfuré; si l'on a effectué la dissolution à une douce chaleur, le soufre s'en sépare en partie par le refroidissement ; si, au contraire, on a chauffé de manière à décomposer l'huile, on n'observe aucune séparation de soufre.

DR CHIMIE ORGANIQUK. 263

On emploie en médecine une dissolution de soufre dans l'huile de lin étendue d'essence de téréhenliiine ou d'anis; elle est connue sous le nom de baume de aoufrc

I.orffju'on traite la comhiiiaisoîi du soufieavec rimiU' de lin par 1 alcool bouillant, elle lui cède du soufre et de l'huile non altérée, en laissant une substance foncée et plus consislanto. La romltinai«on sulfurée durcit à l'air et devient élastique en penli'nt sa ^olubilifé dans l'éther. Elle éprouve la même altération lorsqu'elle se trouve dissoule dans une huile parasse. Elle blanchit à la lumière. Lorsqu'on la soumet à h distillation, elle laisse une masse noire et poreuse, contenant 44, 6(; soufre et 65,34 carbone, «^equi correspond à une combinaison d'environ 3 atomes de car- '^one pour 1 atome de soufre. La solution éthérée de cette combinaison sulfurée donne par l'évaporation des paillettes noires et brillantes. Radig.}

Les huiles grasses dissolvent également le sélénium à chaud. La dissolution de ce corps dans l'huile d'olive est de couleur orange lorsqu'on la place entre l'œil el la lumière; par réflexion, elle est au contraire d'un rouge pâle et opalin. A la température ordinaire, elle est onctueuse; elle se décolore au moment de se figer et ne présente aucune odeur. Berzélius.)

Les huiles grasses dissolvent également le phosphore.

Le chlore et le brome décomposent tous les corps gras, en développant de l'acide hydrochlorique ou hydrobromique ; il se prodtiit alors des combinaisons chlorées ou bromées qui n'ont pas encore été examinées.

Quant à l'iode, il se dissout dans la plupart des huiles avec une coloration brune; cette teinte disparaît au bout de quelque temps.

action de l'acide sulfuriqiie sur les corps gras. (Voir plus haut, page 237.;

jdction de Vacide hyponitrique sur les corps gras. — Povtet avait f;iit cette observation que l'huile d'olive et plusieurs autres huiles grasses se concrètent au contact du proto-nitrate acide de mercure préparé à froid, et prennent la consistance de la cire. Ce fait a été développé plus tard par RoiDr.T, dont les expériences ont prouvé ^qu'il se produit, par cette réaction, un

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corps cristallisé, Irlauline, qiie l'on \)ml considérer comme une combinaison d'un acide particulier, l'acide élaidique (voir plus li.iul, p.ii^e 220\ .-ivt'o ro\i(l(! (le i^lycéryU;. Iîoudkt a éf^alenient, démontré que la soliditication des liudcs uvs\. |)as diu; au sel mercuriel, mais à l'acide hyponitrique qu'il tient en dissolution ou qui se produit au contact des huiles.

Les huiles se solidifient aussi lorsqu'on les mélange avec de l'acide nitrique fumant; c'est également à l'acide hyponitrique que ce dernier renferme qu'il faut attribuer la léaction. Cet efîef se manifeste d'une manière plus ou moins rapide, suivant la quantité dacide hy(>onitrique qui se trouve mélangée avec l'acide nitrique. C'est ainsi qu'un mélange de 3 parties d'acide nitrique à 38' H., avec 1 partie d'acide hyponitrique, obtenu {)ar la distillation du nitrate de plomb, s'est comporté avec l'huile d'olive de la manière suivante :

le mélange de s'est solidifié en

1 p. d'acide hyponit. et 33 p. huile d'olive 70 minutes

1 " — 400 — aucune altération.

La pclite quantité d'acide hyponitrique qui est nécessaire pour solidifier l'huile d'olive, est vraiment un fait que l'on ne saurait explicjucr dans l'état actuel de la science, surtout en considérant que pour d'autres huiles, pour celle de ricin par exemple, l'acide hyponitrique peut être remplacé par l'acide sulfurtux.

Plusieurs autres huiles se concrètent également par l'acide hyponitrique, telles sont les huiles d'amande douce, d'acacia, de noisette et de colza 5 les huiles siccatives, au contraire, comme celle de lin, de chenevis, de noix, d'œillet, de faîne, n'éprouvent de la part de cet agent qu'une coloration brune sans s'altérer sensililemeot; et même lorsqu'on mélange ces dernières en certaine dose aux huiles non siccatives, elles en retardent la solidification. Ainsi, 1 partie d'huile d'œillet ajoutée à un mélange de 100 parties d'huile d'olive et de 4 parties d'acide nitro-nitreux

Dli CHIMIE ORGANIQUE. 265

(1 partie d'acide hyponitrique et 3 parties d'acide nitrique) en retarde la solidification de 40 minutes; une addition de o pour cent arrête la réaction de 90 minutes.

Le produit qui résulte de l'action de l'acide hyponitrique est de môme nature pour toutes les huiles; c'est une masse solide et jauiiAtre qui se couvre, au bout de quelques jours, d'une efllorescence lanui;ineuse. L'alcool lui enlève , à chaud , sa teinte jaune. La matière colorante que l'alcool retient en dissolution prend par les alcalis une teinte rouije foncé. Si l'on a employé de l'acide hypomtrique, celte matière ne présente aucune réaction acide; par l'emploi du proto-nitrate de mercure, elle réagit acide et renferme un sel mercuriel. Ce dernier se décompose peu à peu et se dépose à l'état métallique en communiquant au mélange une teinte grise.

On obtient l'élaidine à l'état de pureté en exprimant entre du papier buvard la masse blanche traitée par l'alcool bouillant, dissolvant à chaud le résidu dans l'éther et refroidissant l.i dissolutiou à — 0°. Au lieu de refroidir la dissolution, on peut y ajouter son volume d'alcool. L'eau-mère qui surnage les cristaux possède une teinte rouge foncé : après l'avoir décantée, on lave à froid les cristaux avec de létlier.

L'huile d'olive et toutes les huiles qui fournissent de l'élaïdine contiennent, comme on l'admet généralement, de l oxide de glycéryle en combinaison avec l'acide oléique et l'acide raargarique; or, le produit solidifié, qui du reste est toujours de même nature, ne donne ni acide oléique ni acide margarique; il fst (loi.c évident que les éléments de ces deux acides ont pris part à la formation de l'élaidine.

Nous .ivons déjà dit que l'élaidine renferme un acide particulier en combinaison avec de loxide de glycéryle. B^n elTet, lorsqu'on la décompose par des alcalis, on en sépare de l'hydrate d'oxide de glycéryle, et il se produit un élaidate à base alcaline.

Lél.iidine renferme donc, comme principes essentiels, de l'oxide de glycéryle et de l'acide élaïdique; cependant, on y trouve encore, outre ces deux corps, une combinaison d'acide oléique avec de l'oxide de glycéryle. L'élaidine, préparée au moyen de l'huile d'olive, renferme de la margarine; celle

que Ton produit avec l'huile d'nmandc douce n'en contient pas.

Lorsqu'on saponifie ri'laïdine par des nlcnlis, il s'en sépnre de l'oxide de glycéryle, et les alcilis s'unissent alors à l'acide élaidique, à l'acide oiéique et, à l'acide marijarique. Il S(î produit une ômulsion fort épaisse, dont l'acide tari ! ,.ie ou sulfnrique sépare, à chaud, un mélange de ces acides gras à l'état d'une liuil*' qui se prend bientôt en une niasse cristalline et fusible à 38^5; l'acide élaïdique pur fond, d'après Meykk, à -14".

L'acide oiéique peut se transformer directement en acide élaïdiquc par l'influence de l'acide hyponitrique; il se produit alors en même temps ce corps rougeâtre dont nous avons déjà parlé. L'aride margarique pur ne se transforme pas ainsi-, lorsqu'on le dissout au contraire dans l'acide oiéique, et qu'alors on y fait agir l'acide hyponitrique, ces deux acides gras disparaissent pour faire place à do l'acide élaïdique. Ce fait, du reste, ti'est pas rigoureusement prouvé, et il est d'autant plus douteux que l'on sait que le dépôt qui se forme dans l'huile d'olive refroidie, et qui renferme une combinaison d'oléine et de margarine, ne se transforme qu'en partie en élaïdine ; l'oléine disparaît alors seule, tandis que la margarine ne s'altère point. (Pelouze et Boudet.)

Lorsqu'on traite par des alcalis le mélange d'élaïdine et de margarine (son point de fusion se trouve entre celui de ces deux principes), et que l'on décompose par un acide minéral le mélange d'élaïdate et de margarate ainsi produit , on obtient un nouveau mélange d'acide élaïdique et d'acide margarique. Ce dernier, dissous dans l'alcool bouillant, dépose, par le refroidissement, de l'acide margarique, tandis que l'acide élaïdique reste dans les eaux-mères. (Pelouze et Boudet.)

Il est certain que l'oléine et l'acide oiéique des huiles grasses non siccatives, ainsi que l'oléine de la graisse humaine et de la graisse de porc, se transforment en élaïdine et en acide élaïdique sous l'influence de l'acide hyponitrique.

La stéarine ou sa combinaison avec l'oléine, telle qu'elle se rencontre dans la partie solide du beurre de cacao, ne se transforme en élaïdine en aucune manière. (Pelouze et Boudet.)

Lorsqu'on traite la graisse de porc par l'acide hyponitrique,

DE CHIMIK ORGANIQUE. 26^

l'Ile acquirrt plus île consistance, et le savon qu'elle donne alors avec les alcalis fournit un niilanj^e d'acides {;ras dont le point de fusion ("57 ou ôS") est bien plus élevé que celui de l'acide élaïdique. Boudet.)

Rn dissolvant l'acide stéarique dans une huile siccative, et en traitant cette solution par l'acide hyponitrique, on ne parvient pas ^ en retirer de l'acide ('laïdique. Pf.louze et Tîoi det. >

L'él.iidijie préparée avec Thuile d'olive est d'un blanc éclatant et sans cristallisation régulière; elle fond à 3-2° (suivant Mevkr) ou à 36'^ (d'après Houdet). Elle se dissout aisément dans réther et dans 200 parties d'alcool bouillant de 0,8978 densité, Meyer y a trouvé en centièmes :

Carbone

Hydro£;ène

Oxigène

Par la distillation sèche, elle donne des gaz inflammables, de racroléine, de l'acide élaïdique non altéré et de l'acide sébaciqiie.

Le savon qu'elle donne avec les alcalis fournit, quand on le décompose par un acide, de l'acide élaïdique impur, fusible à ."8% et dont le point de fusion s'élève peu à peu à 42'^ par des cristallisations dans l'alcool. 'Meyer, Laurent.)

En comparant la composition de l'élaïdine avec celle de l'acide élaïdique, on remarque que le premier corps renferme plus de carbone, circonstance qui ne devrait pas avoir lieu, si l'élaïdine renfermait, comme les autres corps gras neutres, de la glycérine avec 5 atomes d'oxigène.

Lorsqu'on traite l'élaïdine par un grand excès d'acide hyponitrique, elle se liquétie promptoment; l'acide élaïdique et la glycérine qu'elle renferme éprouvent alors une nouvelle altération. A la place de ces deux corps, on Irojive un acide plus oxigéné en combinaison, non pas avec de loxide de glycéryle, mais avec de l'ammoniaque. Les acides minéraux n'en enlèvent pas cette ammoniaque, et les alcalis ne l'expulsent qu« d une manière fort lente. (Pelolze ^ J^pjl^Dj^iç.)

Nous avons déjà p;irlé plus haut de l'action que l'acide hypoiiitrique exerce sur l'huile de ricin. (Voir ^icidcs dérivés de l'huile rfenciH, page 233.)

Jcdon de l'acide sulfureux sur les corps gras. (Wo\r j4cides dérivés de rhuile de ricin, j)age 236.)

Action des oxides métalliques sur les corps gras^ savons, emplâtres. — I.cs transformations particulières que les alcalis et l'oxide de plomb font subir aux corps gras sont connues depuis fort longtemps.

Les combinaisons que les alcalis produisent s'appellent savons ,• celles auxquelles l'oxide de plomb donne naissance portetit le nom à' emplâtres.

La composition de ces corps n'était point connue avant Che- VREUL; on n'en avait que des notions fort vagues et inexactes, aussi tout ce que nous en savons aujourd'hui est dû à ses admirables recherches. La découverte du principe doux des huiles ou glycérine par Scheele est le seul fait remarquable qui ait précédé les travaux de Chevreul.

Cet illustre savant a fait voir que tous les corps gras renferment, pour la plus grande partie, trois principes particuliers, combinés entre eux dans une foule de proportions. Ces principes sont l'o/eme,' constamment liquide à la température ordinaire et à 0" ; la stéarine et la margarine., toutes deux solides et fusibles. Ces principes peuvent être considérés comme des combinaisons (le l'oxide de glycéryle avec divers acides gras.

Lorsqu'on traite ces corps gras par une base métallique, il y a décomposition : la base s'empare de l'acide gras et met en liberté l'oxide de glycéryle, qui se sépare à l'état d'hydr;ite. SI la base réagissante est un alcali, le savon qu'elle produit est soluble dans l'eau. Les savons n'ont point d'odeur; ils ne sont odorants qu'autant qu'ils sont formés par un acide gras volatil.

Lorsqu'on emploie des lessives alcalines concentrées dans la préparation des savons, ceux-ci se rendent à la surface du liquide, tandis que la glycérine demeure en dissolution. Si les lessives sont diluées, le savon produit reste également dissous dans le liquide aqueux qui se prend alors, par le refroidissement, en une masse onctueuse et filante.

DE CHIMÏE ORGANIQUE. WQ

On peut distinj^uer les savons en savons durs ou à base de soude, et en serons mous ou à buse de potasse.

Les savons mous se préparent orduiairement à l'aide des huiles siccatives^ pour leur doiuier plus de consistance, on y ajoute ordinairement du suif ou des huiles non siccatives. Ils renferment pour hase de la {)otasse.

Les savons durs renferment de la soude, et se fabriquent ordinairement avec les huiles véj^étales non siccatives, ou avec les graisses solides. En Angleterre et en France, on les prépare directeruent avec la soude caustique et les graisses ; en Allemagne, on les obtient par la double décomposition des savons de potasse à l'aide du sel marin. L'oléate et le margarate à hase d'alcali constituent, en proportions variables, les savons obtenus avec les graisses végétales ; dans ceux qu'on produit avec les graisses animales, on rencontre particulièrement du stéarate, du margarate et de l'oléate.

Les savons à hase de soude ou de potasse sont fort solubles dans l'eau houillinle et dans l'alcool; lorsqu'on ajoute un excès d'eau à leur solution a(|ueuse, il s'y {)ro(iuit un précipité nacré de margarate ou de stéarate acide à base d'alcali, tandis que de l^.lcati libre reste en dissolution.

La consistance des savons dépend particulièrement de la manière dont ils se com[)ortent avec l'eau. Ainsi les savons durs perdent l'eau qu'ils renferment lorsqu'on les abandonne à l'air ; ils se dissolvent dans l'eau avec lenteur sans s'y diviser. Quant aux savons mous, au contraire, on ne peut pas les sécher a l'air; ils retiennent toujours une certaine quantité d'eau, ce qui les rend mous ou gélatineux. Lorsqu'on les imprègne d'eau, ils se liquéfient et finissent par se dissoudre entièrement.

Les savons à base de potasse sont en général plus solubles dans l'eau que ceux à base de soude.

On peut considérer le stéarate de soude comme le type des savons durs ; ce sel n'éprouve aucun changement sensible lorsqu'on le délaie dans lU fois son poids d'eau. Le stéarate de potasse produit, au contiaire, un mélange gélatineux et épais lorsqu'(!n le met en contact avec la môme quantité d'eau.

L'oléate de soude est soluble dans 10 parties d'eau; l'oléate de

potasse se dissout dans i nartics d'eau, et forme une t;elée avec 2 parties de ce iKiuide. L'oleale de puLasse attire l'eau avec tant d avidité , que 100 parties exposées à Tair humide en absorbent lG-2 parties. (CiiEVHiiUL.

Les niar^'arates se comportent à peu près comme les stéarates.

Ainsi, les savons sont d'autant plus mous qu'ils contiennent plus d'oléale ; ils ont, au contraire, d'autant plus de dureté qu'ils renferment plus de sléarale ou de maijjarale.

Les savons de soude se comportent d'une manière particulière avec le sel marin ou avec une dissolution aqueuse de ce sel, à peu près comme le fout les matières animales^, la chair musculaire, par exemple. Ainsi ils ne sont pas pénétrés par la dissolution de sel marin lorsqu'elle est assez concentrée, et ne s'y dissolvent pas. Cette propriété caractéristique que les savons de soude i)résen» tent également avec l'acétate de potasse et avec d'autres sels, à un moindre degré toutefois, cette propriété, disons-nous, peut être considérée comme la condition principale, sinon de la formation des savons, du moins de la fabrication de ces corps. C'est d'elle que dépend la sépaiation de tout l'alcali libre et de la glycérine, et par conséquent l'état de pureté et d'hydratation sous lequel le savon arrive dans le commerce.

Lorsqu'on porte du savon tel qu'il se rencontre dans le commerce, et après l'avoir bien divisé, dans une solution de sel marin saturée à la température ordinaire, il surnage sans être mouillé-, si l'on fait bouillir le mélange, le savon se répand en tous sens, sous forme de flocons gélatineux, sans donner d'écume. Ces flocons se rassemblent sur le liquide aqueux, et se réunissent par le refroidissement en une masse compacte d'où la solution découle comme l'eau d'un corps gras.

Lorsqu'on prend de ces flocons pendant que le mélange est ' encore chaud, et qu'on les laisse refroidir, ils se concrètent en une masse opaque qui, broyée entre les doigts, se divise en lamelles très fines sans s'y attacher.

Si la solution saline n'est pas saturée, c'est-à-dire si elle renferme moins de sel qu'elle n'en prend à la température ordinaire ouà l'ébulUtioû, l'eau se partage^ le savou en prend alors une cer-

taine quantité, elles flocons se lépamleul dans le liquide bouillant. Cependant le savon ne se dissout point par l'ébullilion , lors môme que l'eau ne renfermerait «jue ,^ de sel marin.

Lorsqu'on laisse refroidir dans le liquide même le savon qui a été chauffé avec une solution de sel marin étendue A rendue alcaline, le savon se rassemble éijalemcnt à la surface tL se concrète en une masse dont le degré de consistance dépend de l'état de concentration de la solution saline, c'est-à-dire qu'elle dépend de l'eau que le savon a prise à la solution saline.

Quand on fait bouillir le savon pendant un certain temps avec la solution diluée de sel marin, on voit que les flocons savonneux imprégnés d'eau se gonflent si bien que le mélange prend une consistance visqueuse ; mais en If s prenant sur une spatule on remarque fort bien qu'ils ne sont pas tenus en dissolution par la solution saline, car celle-ci s'en sépare et s'écoule, tandis que les flocons restent attachés à la spatule. Après le refroidissement, ces flocons restent alors onctueux et gluants, s'attachent aux doigts, et leur viscosité augmt^ute jusqu'à un certain degré, à mesure qu'ils se chargent de plus d'eau.

En continuant à faire bouillir le mélange, on remarque bientôt qu'il change de consistance : à mesure que la solution perd de l'eau par la vaporisation, elle la reprend aux flocons, de sorte que ces derniers se divisent de moins en moias^ le mélange bouillant continue à jeter de l'écume, mais les bulles d'écume prennent plus de volume.

11 arrive enfin un moment où la solution saline a atteint son point de saturation -, avant d'en venir là, elle développe de grosses bulles qui reflètent toutes les couleurs, et peu après toute Iccurae disparaît. Le liijuide bout alors sans se soulever ; tout le savon est ainsi transformé en une masse diaphane et plus ou moins divisée par la saumure qui se trouve interposée. En cet état, le savon et la solution saline ne se prennent plus d'eau l'un à l'autre.

On puise alors la pâle du savon et on la coule dans dts mises; tant qu'elle est encore chaude et molle, on lagite de manière à effectuer la séparation complète de la saumure. Le savon est alors parfait et se solidifie par le refroidissement, si bien qu'il cède à peine ù la pressiou du doigt et ue préâeale plu;> uucaue viscosité.

272 Traitk

Lorsqu'on ajoute du sel marin ou une solution de sel marin à une solution conceritrt'e de savon, le savon se sépare à l'état de ^'rumcuix j^élalineux, et il se produit un inrlauj^e (pii se comporte absolunieul comme le savon solide <iu'on a fail bouillir avec une solution étendue de sel marin.

Le carbonate de potasse et la potasse causli(iue aj;issent dans les solutions concentrées de savon tout à fait comme le sel marin, c'est-à-dire qu'ils effectuent la séparation du savon qui est entièrement insoluble dans les liquides alcalins.

Les réactions dont je viens de parler s'appliquent sans difficulté à la fabrication des savons. On fait bouillir la graisse avec la lessive caustique jusqu'à di.ssolulion complète ; la lessive ne doit être concentrée que jusqu'à un certain degré, car il faut qu'elle contienne assez d'eau pour que le .savon produit ^ reste en dissolution. Ainsi l'on peut, par exemple, faire bouillir des journées entières du suif avec une lessive de potasse de 1,2.') densité sans qu'il se forme de savon ; si la lessive est encore plus concentrée, le suif se saponifie en partie, mais le savon ne se dis.sout pas dans le liquide et vient surnager à l'état d'une masse solide. Si l'on y verse alors de l'eau peu à peu, et en maintenant l'ébullilion, le mélange s'épaissit subitement à une certaine époque; et, par une plus forte addition d'eau, on obtient une émulsion visqueuse pâle des savonniers;. Quand on chauffe davantage, cette émulsion se clarifie complètement et devient transparente'comme du sirop s'il y a assez d'alcali- On peut alors la tirer en fils qui, par le refroidissement, tantôt restent transparents, tantôt deviennent opaques et gélatineux.

Il faut continuiM' l'ébullition ou augmenter la dose d'alcali, tant que la pâte, encore chaude et prise sur une spatule, présente en s'écoulant un aspect trouble et opalin. Lorsque l'alcali prédomine, et que néanmoins la pâte est terne, cela provient de ce que toute la matière grasse n'est pas encore décomposée ou qu'il n'y a pas assez d'eau. On s'assure aisément de l'insuffisance de la décomposition, en dissolvant dans Tenu distillée une petite quantité de la masse; celle-ci donne alors une solution trouble. Si la solution qu'on obtient ainsi est au contraire claire et limpide, cela prouve que la saponification a été complète.

Cependant si la lessive renferme de la chaux, la pâte n'acquieit pas non plus de transparence parfaite ; dans ce cas, l'addition dun carbonate alcalin efîectue à l'instant même la claritication de la solution.

Pour séparer le savon de l'eau, de l'alcali libre et de la glycérine, on ajoute peu à peu à l'émulsion bouillante une certaine (luantité de st'l marin ; on attend chaque fois que le sel qu'on y a jeté se soit dissous, et l'on remarque alors que le mélange se ( oas^ule. La première addition de sel marin fait que l'émul- >ion prend d'abord plus «le consistance ^ mais elle devient plus fluide par les additions suivantes, ne se laisse plus tirer en fils, et se détache de la spatule à l'état de masses épaisses. Dès (\w. la coagulation est complète, c'est-à-dire, dès que les flocons j;élatineux qui se sont produits se séparent bien du liquide aqueux, on éloigne le feu, on attend que le savon se soit rassemblé à la surface, puis on le laisse refroidir, soit dans le liquide même, soit après l'en avoir séparé.

Le savon, tel qu'on l'obtient par une première opération, n'est pas pur -, il renferme beaucoup d'eau, de lalcali libre, ainsi que des impuretés provenant de la lessive. Ordinairement il est plus léger que l'eau, et, par cette raison, il ne peut guère servir que dans les ménages; il n'est pas encore propre à être livré au commerce.

On purifie le savon à l'aide d'une solution de sel marin que l'on a préalablement alcalisée.

A cet effet, on réduit de nouveau à l'état démulsion le savon de la première cuite à laide d'une lessive légèrement alcaline, et on le reprécipite par du sel marin ; cette manipulation doit être répétée plusieurs fois. Un autre procédé consiste à faire bouillir pendant quelque temps le savon de la première cuite avec une solution alcaline de sel marin; on laisse refroidir, puis on réitère cette o[)ération. Enfin, après l'avoir ainsi traité plusieurs fois, on rapproche la li(jueur en la faisant bouillir, de manière à faire une nouvelle pâle qui puisse être coulée dans les mises.

Le sel marin qu'on ajoute à l'émulsion savonneuse produite par la potasse et les matières grasses décompose, en s'y dissolvant, le sel de potasse formé par les acides gras, et donne alors, u. 1»

27 i TRA.1TK

(l'une part, tlu chlorure de; polassiuui, et, d'autre pari, de b soude ou du savon de soude. Ix savon qu'on emploie ordiiiaireineuL dans les njénaj;es, en Allenia{,'ue, est un sel double reuferuianl deux bases, savoir de la potasse et de la soude.

Le changement que l'on remartiue dans la consistance du mélange indique tout de suite que le sel marin eUeclue réellement cette décomposition.

Comme le chloiure de potassium, môme à l'état de forte concentration, ne paivient pas à ellccluer la séparation du savon de soude qui s'est formé, il faut évideairaent ajouter encore du sel marin pour produire cet eflcl.

Lorsqu'on emploie la lessive de potasse pour fabriquer le savon, la première salaison exi^je un peu plus du double de sel maiin.

Dans la préparation des savons de potasse, il faut employer, pour que le sel se sépare du savon, une lessive de potasse concentrée. Cependant on peut aussi la remplacer par de l'acétate ou du tarlrate de potasse. Par un séjour prolongé à l'air, la potasse libre se carbonate et peut èire facilement séparée du savon à l'acide de l'alcool.

Dans les opérations qu'on exécute en grand, la saponification de la matière grasse n'est, d'ordinaire, pas achevée dans un premier traitement ; on ajoute alors d j nouvelles quantités de lessives alcalines.

Lorsqu'on saponifie de l'huile d'olive ou d'autres huiles, la pâte s'attache ordinairement au fond de la chaudière et roussit ■■, pour éviter cela, ou ajoute tout d'abord à la lessive alcaline assez de sel marin pour diviser davantage le savon. Dans la fabrication du savon de ménage, on ne purifie qu'une seule fois le produit de la première cuite, et on laisse tremper le savon parfait &dns une lessive faible et contenant un peu de sel ; de cette manière, il se gonfle et prend encore 15 à 20 pour cent d'eau. On coule ensuite la pâte dans les mises, et, quand elle est refroidie, ou peut la couper en briques avec un fil de fer.

Le savon parfait présente ordinairement une coloration bleue ou verdàtre ; cela est dû eu grande paitie à du sulfuie de fer ou de cuivre, ou bien aussi à un mélange de savon de protoxide de

DE CHIMIE ORGANIQUK. 275

fer ou de dculoxiile de ciiivre. Par It; leli oidisieiuent de la pâle, ces matières se sé[)arent et se rasseniblenl plus ou moins eu divers points, de sorte qu'il en résulte ces marbrures qui caracléristiil le savon parlait. On les miite quelquefois en ajoutant à la pùle du vitriol (;u bien uu peu de peroxide de fer.

Pour fabriquer le savun blanc ou savon en table, on liquéfie le savon parfait en le chaufTanl avec une lessive alcaline contenant du sel, et on le maintient ainsi dans une chaudière couverte jusqu à ce que toutes les matières colorantes se soient déposées. Ensuite on puise la pâte et oo la laisse refroidir. La séparation des matières étrani;ères est d'autant pins complète que le savon a pris plus d'eau, c'est-à-dire qu'd est devenu plus fluide. Or, puisqu'on ne sépare plus cette eau qui a été amsi absorbée par le snvon, il est clair que le savon blanc, à poids é^al, doit avoir moins de valeur que le savon parfait. Le savon blanc renferme en effet 45 à 60 pour cent d'eau, taudis que le savou marbré n'en contient que 25 à 30 pour cent.

La fabrication d^s savons mous est extrêmement simple. Les huiles siccatives qui sei'vent à cet usai,'e sont maintenues en ébullition avec une lessive de potasse diluée, soit seules, soit après avoir été mélangées avec de l'Ijuile de baleine, du suif ou avec d'autres graisses, jusqu'à ce qu'elle> soient transformées en une masse qui se tire en fils long^ et parfaitement tranf*parents. Il faut surtout avoir égard au degré de concentration de la lessive j c'est que tous les savons mous sont entièrement insolubles dans une lessive de potasse moyennement coneentiée, et se séparent de leur dissolution quand on y ajoute de fortes lessives. Ainsi, lorsqu'on emploie une lessive forte en excès, l'éraulsion savonneuse ne devient pas tiausparente, mais elle reste laiteuse ^ et si l'on y ajoute, en cet état, de l'eau, l'émulsion s'épaissit etdf:vient gélatineuse. Lorsqu'au contraire il y a trop peu d'alcali, il se produit de l'oléate de potas>.e acide, et ce sel s'attache alors en masses gluantes au fond de la chaudière \ l'addition d'un peu de lessive transforme ce sel acide en sel neutre. La glycérine ne se sépare pas du savon mou dans les circonstances ordinaires^ toutefois, en employant des lessives alcalines un peu fortes, ou peut eûectuer cette sépaialiou.

Les savons mous qui se rencontrent dans le commerce possèdent niK' ( onsislance visqueuse et é[)aisse, ainsi qu'une couleinverte ou d'un brun-verl. En couches minces, ils ont de la transparence et de l'éclat, et ne sont pas gras au loucher. Ils ont une odeur partieulièro et une réaction alcaline très forte.

Dans plusieurs localités, on ajoute du suif aux huiles avant de les saponifier; les savons qu'on obtient alors prennent une certaine consistance grenue, par suite d'un mélange de stéarate de potasse qui est cristallin.

Chkvhi UL et Thénakd ont trouvé dans certains savons mous du commerce 39,2 à 44 parties d'acide oléique et margarique, 8.8 à 0,') parties de potasse et 46,5 à 62 parties d'eau. Ces savons renferment toujours de la glycérine, et ceux qui ont été préparés avec de l'huile de baleine, du phocénate de potasse qui leur communique une odeur particulière.

Lorsqu'on mélange la solution d'un savon à base d'alcali avec un sel terreux ou métallique, il se produit des précipités blancs ou colorés, dans lesquels l'alcali est remplacé par un oxide terreux ou métallique.

C'est ainsi qu'avec les sels de chaux, de baryte et d'autres encore, il se produit des savons de chaux, de baryte, etc., insolubles dans l'eau. Cela rend compte de la formation de cette crème insoluble que le savon produit dans cei'taines eaux, lorsqu'elles renferment de la chaux ou de la magnésie.

Lorsque la chaux se trouve dissoute dans ces eaux à l'état de bicarbonate, on peut les rendre plus propres à dissoudre le savon, en y ajoutant un peu de potasse caustique ou de lait de chaux; si les eaux renferment du sulfate de chaux ou des sels de magnésie, on peut en séparer les bases terreuses au moyen d'une addition de carbonate alcalin ( lessive de cendres ou de soude).

Le savon de soude ne se dissout pas, comme je l'ai déjà dit, dans une solution concentrée de sel marin ; c'est pour cela que ce sel coagule la solution de savon. Les savons de potasse se dissolvent, à froid, dans une dissolution faible de sel marin sans se décomposer; mais quand on opère à chaud, et surtout par l'emploi d'une solution J^aline concentrée , il s'elï'ectue une décomposition : il se produit alors du savon de soude et

du chlorure de potassium, de sorte que le mélange se coagule.

Les narona de chaux, de baryte et de strontianc sont des masses blanches, pulvérulentes, peu fusibles, et insolubles dans l'eau et l'alcool.

Le savon de magnésie, que l'on prépare avec le sulfate de mai^nésie et le savon ordinaire, est blanc, gras au toucher, fusible à une douce chaleur ; refroidi après avoir été fondu, il est transparent et cassant. Il se dissout dans les huiles grasses et dans rolcool.

Le savon d alumine est blanc à l'état sec, assez tendre et flexible, fond par réchauffement, et ne se dis.sout ni dans l'eau, ni dans les huiles, ni dans l'alcool.

On peut obtenir un savon de manganèse en décomposant une solution d'un prolosel de manganèse par une solution de savon, ou bien aussi en chauffant directement du suif ou de l'huile d'olive avec du peroxlde de manganèse. Dans ce dernier cas, il se dégage beaucou() d'acide carbonique par suite de la décomposition de la glycérine.

Le savon de fer et celui de cuivre se préparent avec le savon ordinaire et une solution de sulfate de protoxide de fer ou de deutoxide de cuivre. Ce sont des corps insolubles dans l'eau-, le premier est briinfitre , l'autre a une couleur verte. Ils se dissolvent tous les deux dans l'essence de térébenthine, l'éther et les huile.s grasses.

Le savon de plomb, préparé par le savon oïdinaire et un sel de plomb, est blanc, mou, flexible, vi.squeux à chaud, friable et diaphane par le refroidissement. En chauffant un mélange d'huile d'olive et de litharge, on obtient Veniplâtre diapalme.

Les sels de mercure et d'argent donnent des précipités blancs avec la solution de savon ordinaire.

HUILES GRASSES SICCATIVES.

On les obtient en exprimant tout [simplement, à chaud on à froid, la graine des plantes qui en contiennent. L'huile qu'on retire de la graine récemment cueillie est visqueuse et trouble ;

c'est pour cela c|iron Inissn onîinniirmnif la j;raino sans Vv\prim«'i' ix'ndiiif deux ef nit^tne six mois.

La plupart des linilos siccatives renferment de petites quantités de tjraisses solides et ctist.illisables ; eil'S ont ordinairement une couleur jaune ou IminAlre, et possèdent une odeur parliculière qui varie pour chaque espèce d'huile. Elles sont moins Jurasses au toucher que les huiles non siccatives.

La propriété que prcsenlent les huiles sircalives de se transformer à l'air dans des corps de la nature des résines ou des vernis e.st également fort variable. L'huile de lin et l'huile de no'X la possèdent au plus haut (!e;^ré -, c'est ceqtii rend ces huiles très propres à la confection des vernis de peinture et à la préparation de l'encre d'imprimerie. Les autres huiles sont employées comme aliment ou dans l'éclairage.

Lorsqu'on imbibe d'huile de noix, de lin ou de chenevis certaines matières poreuses et combustibles, telles que du papier, des copeaux, des éloffes o\\ des débris végétaux, de manière que j'huile présente beaucoup (]•' surf ice à l'oxigène de l'atmosphère, il en résulte une absorption d'oxigène tellement vive, qu'il se produit de la chaleur assez forte quelquefois pour enflammer ces matières.

L'huile frœillet s'emploie dans la peinture pour délayer les couleurs blanches et d'autres couleurs très claires, car elle ne leur prend pas l'éclat ; on la blanchit à cet effet en l'exposant au soleil rlans des vases plats et ouverts qui sont remplis d'eau salée et d'huile par moitiés égales. Quant à l'huile de lin, on ne parvient ;1 la puriûer que d'une manière imparfaite, par rapport à l'usage auquel on la destine, en l'agitant et en la faisant bouillir avec de l'eau salée.

La propriété que possèd;^nt ces huiles d'attirer l'oxigène de l'air et de se dessécher en donnant des vernis solides et brillants peut varier suivant leur état de pureté : ainsi, à l'état oîi elles se rencontrent dans le commerce, elles renferment ordinairement en dissolution des matières étrangères, telles que du mucilage, (le Talbumine végétale, etc.; ces matières, en entourant chaque'particule d'huile, les abritent du contact de l'oxigène et empêchent, ou du moins ralentissent l'oxidation de l'huile. Ce-

pendant peu à peu ces matières étr.insères s'altèrent elIes-mOmes par l'action de Toxigène, et, dès que leur décomposition est arrivée à son ferme, rnxidition de l'huile s'accomplit avec rapidité. C'est ce qui explique l'observation que Saussure a faile sur riuiile de noix : ce savant a en «fTet remarqué que cette huile n'avait absorbé dans l'espace de huit mois que trois fois son propre volume d'oxigène, tandis que dans les dix jours d'après elle en avait pris soixante fois son volume.

L'effet de la litharge qu'on ajoute aux huiles pour qu'elles se dessèchent plus vite n'est point dii, comme on l'avait pensé, à l'oxigène de cet oxide, ri à une saponiûcation par ce corps; mais la litharge n'agit que d'une manière mécanique en s'emparant des maiières étrangères contenues dans les huiles. Ces impuretés se détruisent lorsqu'on maintient les huiles dans une légère ébullition. Ordinairement on y ajoute Vie ou Vjo d'oxide de plomb, qui s'y dissout parfaitement et fait en sorte que le vernis qui se produit par la résinification de l'huile devient plus compacte. Si la dose d'oxide de plomb est trop forte, il y a saponification ; la glycérine est alors détruite par l'effet de la chaleur et se trouve remplacée par l'oxide de plomb ; il se produit ainsi une masse plus ou moins épaisse qui ne se solidifie pas, ou du moins qui ne devient solide qu'au bout d'un temps fort long. Elle renferme, en cet état, un mélange d'oléate et de margarate de plomb.

L'eau, ajoutée au mélange de litharge et d'huile, favorise et accélère la purification de l'huile, c'est-à-dire, la formation du vernis; toutefois, si la durée du contact de l'huile avec la litharge et l'eau outrepasse un certain temps, il y a encore saponification, et l'eau contient alors de la glycérine.

Le vernis préparé à chaud a toujours une teinte un peu foncée et ne peut pas être employé pour les peintures claires. On obtient rapidement un vernis excellent et très pur en mélangeant ôOO grammes d'huile avec i:> grammes de litharge bien broyée, ajoutant 7,e du volume d'une dissolution d'acétate de plomb basique, et agitant le tout convenablement. Si l'on répète l'agitation de temps en temps, trois ou quatre fois, et qu'on laisse alors le mélange se clarifier par le repos, on obtient un vernis

d'une couleur jaune clair, et Ion remarque au fond du vase une dissolution aqueuse d'acétate de plomb Icnatit (!ii suspension une j;r.in(lo quantité d'un limon blanc, qui rcnfcniur de l'oxide de ploinli ainsi que les impuretés de riimlc. L«' vernis est ordinairement un peu trouble; on le filtre alors à tr.ivcrs du coton, ce qui le clarifie couq)létement. Il tient en dissolution 3 à n pour cent d'oxide de |)lomb, et se dessèche parfaitement dans un (endroit chaud en 24 heures. Quant à la solution aqueuse d'acétate de plomb, on en sépare les parties solides à l'aide du filtre; en la faisant di^'érer alors avec im peu de lilharge, on la transforme en acétate basique, de sorte qu'on peut l'employer pour une autre opération. Pour enlever le plomb que le vernis tient dissous, on n'a qu'à Tafi^iler avec un peu d'acide .sulfurique étendu.

L'encre des imprimeurs se prépare avec l'huile de lin ou l'huile de noix; on chauffe fortement ces huiles de manière à détruire la glycérine qu'elles renferment; les acides gras saltèrent en même temps. On opère à feu nu dans dos vases de cuivre emplis à moitié ou aux deux tiers; au commencement, il se dégage des vapeurs d'eau ; à une température plus élevée, l'huile prend une teinte foncée, il s'en dégage du gaz inflammable ainsi que de l'acide carbonique; le mélange peut bien être enflammé, mais il ne continue pas à brûler quand on y a mis !♦" feu. Lorsqu'on chauffe davantage et d'une manière soutenue, l'huile se met en mouvement et écume fortement; il s'en développe alors des gaz permanents et inflammables, ainsi que des liquides inflammables , sous forme de fumée grise que l'on peut allumer et qui brûle avec une flamme très lumineuse. Le vernis est fait lorsqu'une petite quantité de l'huile, placée sur une assiette froide, présente une consistance épaisse et se tire entre les doigts en longs fils. Dans cet état, le vernis, mélangé avec du noir de fumée, se dessèche à l'air avec facilité et promptitude. Si le vernis n'a pas été maintenu assez longtemps en ébulliiion, l'encre devient trop fluide, le papier s'imbibe alors de parties huileuses, et les caractères s'entourent d'un bord jaune et déteignent.

L'encre des lithographes est encore plus épaisse; on la prépare comme celle qui est destinée à l'imprimerie , seulement on

met le feu aux vapeurs qui .«e développent, et on laisse brûler la masse jusqu'à ce qu'elle nit la consistance voulue.

Huile de lin. — (Jn iVxlr.iit des semences de Litium usitatissimum. 100 parties de ces semences donnent 20 à 22 parties d'huile. Elle possèdi' une odeur particulière et une couleur jaunâtre ; elle se solidiûe entre — 16" et — 20" en donnant une masse jaune et onctueuse. Sa densité à 12" est de 0,930'i. Elle se dissout dans 40 parties d'alcool à froid , dans 5 parties d'alcool bouillant et dans 1,G parties d'éther.

Lorsqu'on la chaulle jusqu'au point de fusion du plomb et qu'on la laisse refroidir, elle s'épaissit à la longue, même en vases clos, en donnant une masse transparente et gélatineuse. Celle-ci se dissout mieux dans l'alcool que l'huile non bouillie, et conserve longtemps son onctuosité.

Si l'ébullition de l'huile de lin est longtemps prolongée, elle laisse un résidu noir, élastique, semblable au caoutchouc, et insoluble d.ins l'eau, l'alcool, l'élher, les huiles grasses et les huiles volatiles. Les aîcalis ne le saponifient que difTicilement en donnant des produits onctueux.

D'après de Saussure, 100 parties d'huile de lin renferment 76,01 carbone, 10,57 hydrogène et 12,64 oxigène.

/luile de noix. — Elle s'extrait du fruit de Juglans regia. Obtenue à froid, elle sert quelquefois dans l'économie domestique, car elle est d'un goût assez agréable^ celle qui se trouve dans le commerce est jaune, d'une odeur et d'une saveur légèrement rances. Elle se solidifie à — 27° et se comporte comme l'huile de lin.

Dr Saussure y a trouvé 79,77 carbone, 10,57 hydrogène et 91,12 oxigène.

nuile de chenevis. — On la fabrique surtout en Russie au moyen de la graine de chanvre Cannabis sativa). Elle est jaune, d'une odeur forte et d'une saveur assez douce; elle se solidifie à — 27». On s'en sert comme aliment, ainsi que pour l'éclairage.

Huile d" œillet. — C'est la plus suave de toutes les huiles siccatives; elle sert dans l'économie domestique. On l'extrait delà graine de Papaver somniferum. 100 parties de cette graine don-

'2S> TRAITK

ncnt, snns remploi do la rhnloiir, 30 à ^f» parties d'une liuilc Inodore <'t peu colorée; à rlniid, ot) cm retire presque la moHié de srîTi poids. File se miMc «'p tontes proportions :»vec rétlicr, se dissout dans •2r> parties (Tnliool froid et d.i . H parties d'alcool bouillant.

T.orsqu'on broie 8 parties d'huile d'oniliet avec une partie de chlorure de ehiux, on obtient ini mélange épais et savonneux, qni nese clarifie poitd par le repos. L'huile d'œillet, bien agitée avec une solution de chlorure de chaux et avec de l'eau, perd .sa fluidité en devenant visquetîse et gluante^ ce caractère permet de la distingue!- de l'huile d'olive.

Huile de croton. — Cette huile, qu'on extrait des sehiences de Cratnn Tigliym, est jaune ou brunAtre, d'une odeur foi-te qui rappelle celle de la ré^^ine de jalap, et d'une .saveur d'abord Amèrement ranee. puis fort ^Icre et persistante. F-lle se dissout dans l'alcool et re'iferme une matière volatile, à laquelle elle doit sa vertu purgative.

Pour préparer cette huile, on passe les semences au moulin sans les monder d'abord de leur enveloppe, puis on les renferme dans une toile de coutil, et on les soumet à la presse entre deux plaques de fer échauffées. On filtre l'huile qui s'est écoulée, après l'avotr lais.sé déposer. Le résidu qu'on obtient ainsi donne, quand on le chauffe d'abord à 50 ou 60" avec de l'alcool, et qu'on l'exprime une seconde fois , une nouvelle quantité d'huile dont on sépare l'alcool par la distillation au bain-marie. C'est par ce procédé que Soubeiran extrait de 1000 parties de semences I4fi parties d'huile par la première opération, et 124 autres parties par le traitement à l'alcool.

Les graines de Jatropha multifida et de Jatropha Curcas donnent des huiles très acres , comme l'h^iile de croton , et qu'on emploie aux mêmes usages.

Huile d'épurge. — Les semences d'épurge (Fuphorhia Lathyris) donnent une huile jaunâtre et fluide, qui ressemble beaucoup à eell." de croton. On l'emploie également comme purgatif; elle est toutefois moins acre que cette dernière.

Huile de concombre. — On extrait de la graine de concombre

{Cucurhita Pcpo, etc.) une huile jaune clair, quelquefois rou-

DE CIHMIK Onr.ANIQUE. 283

CPÎitre, nssez ('pnisse, sans od.'ur, sinve et d'une densité de CO^.l.

ThiUc de poisson. — I/liuile f:r.'i>se oue fniiniissoiit les cétacrs possède ui)e odeur parliciilière, désagréal)le, et qui est due au phocénate de glycérine. On peut lui enlever cette odeur, en grande partie, en l'agitant avec une solution de sulfate de cuivre et de ?,e\ marin, et laissant reposer, ou bien en la passant à travers du charbon , ou bien encore en la traitant par un peu de lait de chaux ou par une lessive de potasse faible. Davidson prescrit, pour la désinfecter, de la traiter par une dé^oclion d'éoorce de chérie, puis de la mél mger convenablement avec une solution de chlorure de chaux, et enfin d'y ajouter un peu d'acide sulfurique étendu-, on prend, à cet effet , pour 100 parties d'huile, 4 parties de chlorure de chaux que l'on dissout dans 12 parties d'eau ; le tannin de l'érorce de chêne sert à séparer les matières gélatineuses. Quand l'huile se trouve mélangée avec le chlorure de chaux, elle se clarifie peu à peu et dépose une matière blanche épaisse; l'acide sulfurique, chauffé légèrement avec l'huile, en précipite la chaux qui est restée.

Toutes b's espèces d'huile de poisson doivent leur odeur à une combinaison de glycérine et d'acide phocéniqu^ ; cette combinaison est liquide, et, jusqu'à présent, on n'est pas parvenu à la séparer de l'oléate de glycérine. Lorsqu'on traite l'huile de poisson par l'alcool de 75", il .s'y di.s.sout particulièrement le mélange de phocénate et d'oléate de glycérine, et ce mélange .s'en sépare par le refroidissement. Chevreul.)

On trouve encore dans les huiles de poi.sson, outre l'acide o éique et l'acide phocénique, \m acide cristalli-able qui n'a p is encore été examiné. L'huile de Delphinus Globiceps renferme en dissolution du blanc de baleine, qui s'en dépose lorsqu'on la refroidit à — 31°. (Chevreul.)

Une variété particulière de l'huile de poisson, Vhuile de foie de morue, .s'extrait du foie de diverses e.<ipèces de poissons appartenant au genrp Gadus [Gadus Morrhua, Moba et Callarioa). Celte huile sert en médecine. Elle est tartôt jaunâtre, tantôt brune, et d'un goût acre fort désagréable. Lorsqu'elle est véritable, l'huile de foie de morue renferme de l'iode. On y

reconnnit la présence de ce princi[)e en saponifiant 50 à 100 {grammes dliuile avec de la potasse, neiilialisanl avec de Tacide siilAiriquc élendii ot pur, si-parant 1rs acides i;ras de la dissoliilioii sull'iirKiiir, rt évapor.iiil (loiircmcnt c('ll<! dernière. K.lle fournit ainsi des cristaux de sulfatr de potasse ; Tiode se trouve dans Teau-nière; on y met alors un peu d'empois d'amidon, avec de l'eau chlorée ou de l'acide nitrique étendu.

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