‹ Traité de chimie organique (volume 3)Chapitre 30 sur 90 · HUILES GRASSES NON SICCATIVKS · texte numérisé non relu

HUILES GRASSES NON SICCATIVKS

Les huiles grasses non siccatives qu'on rencontre dans la nature préserdent de l'importance en raison de leur emploi, soit conme aliments, soit comme matières éclairantes. Elles se distinguent des huiles siccatives principalement par la manière dont elles se comportent à l'air, qui les altère comme celles-ci , sans toutefois les transformer en vernis ^ elles s'épaississent alors et restent grasses et onctueuses sans se dessécher.

Ces mêmes huiles s'épaississent éi,'alement au contact de l'acide hyponitrique , en prenant la consistance de la cire ou du suif; elles perdent cette propriété, ou du moins elles ne la présentent plus qu'à un faible degré, lorsqu'elles se trouvent falsifiées avec certaines huiles siccatives.

Les huiles non siccatives sont plus ou moins colorées, suivant le procédé qu'on emploie pour les extraire 5 de môme elles sont d'une saveur tantôt suave, tantôt rancide. Celles qu'on extrait à chaud sont visqueuses et troubles, et s'acidifient à l'air avec rapidité, en prenant un goût et une odeur désagréables.

Pour purifier ces huiles, on peut faire usage de divers procédés; ainsi pour les huiles des différentes variétés de Brassica (navette, colza), que l'on emploie comme aliment, et plus particulièrement dans l'éclairage, on se sert avec avantaije d'un procédé que Glower a le premier employé en 1790, et que Thé- NAKi) a décrit plus tard après l'avoir perfectionné. Lorsqu'on brûle ces huiles sans les avoir purifiées, elles déposent, même dans les meilleures lampes, un charbon dur et compacte qui engorge la mèche et l'empêche de s'imbiber d'huile, de sorte que la combustion est incomplète et accompagnée de fumée.

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Voici comment on purifie ces huiles : on les mélanf^e avec 1 ou 2 centièmes de leurs poids d'acide sulfurique concentré qu'on ajouta par petites portions^ elles prennent alors une teinte verte ou 1)1 un-verdûtre, et, au bout de quelque temps, elles deviennent noires. Si on maintient alors la masse en agitation, il s'en sépare des flocons noirs ou d'un brun-noir, qui se rassemblent facilement par le repos à la température ordinaire et se déposent au fond. On en éloigne ensuite l'acide sulfurique, soit en agitant l'huile avec le I de son volume d'eau chaude et avec un peu de lait de chaux, soit en y taisant passer des vapeurs d'eau déveloj)pées dans une chaudière. Lorsque, par le repos, l'huiie s'est séparée de l'eau, ainsi que des matières colorantes entraînées par l'acide sulfuiique, on lui fait traveisrr des matières poreuses, telles que du coton, delà mousse, du charbon de bois concassé, etc. C'est de cette manière qu'on l'obtient enfin limpide.

DuBRUNFAUT clarifie l'huile épurée par l'acide sulfurique, après l'avoir séparée de l'eau, en la mélangeant intimement avec le tiers de son poids de tourteau d'huile 5 la clarification s'opère par le repos; on utilise le dépôt pour clarifier de nouvelles quantités d'huile.

L'huile ainsi épurée se trouve en grande partie décolorée et a plus de fluidité ; sa densité est moindre 5 elle brûle avec une flamme plus blanche et plus lumineuse ; toutefois sa combustibilité rï'est pas sensiblement augmentée. D'après les expériences de ScHUEBLER, l'huilc de navette brute avait une densité de 0,9182; épurée, cette huile n'avait plus qu'une densité de 0,9121. Le rapport du temps d'écoulement avait diminué, pour l'huile épurée, de 57,8 à 55,55 ce qui |)rouve qu'elle était devenue plus fluide. Enfin, dans l'espace d'une heure, il s'était brûlé, de l'huile brute, 40 [tarties en poids, et de l'huile épurée, 43.8 parties.

La purification des huiles par l'acide sulfurique repose sur ce que cet acide éloigne le mucilage et d'autres matières parenchymateuses, soit en les rendant insolubles, soit en les carbonisant en partie-, cependant il faut également attribuer cette efficacité de l'acide sulfurique à la décomposition qu'il fait éprouver à la m itière grasse, à laquelle il prend la glycérine, de manière à mettre en liberté, du moins en partie, les acides gras qui y sont

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unis. Lorsqu'on criiploie Irop d'acide! sull'nri(iuc, ces acid»;s s'altèrent l'ux-mômi's, riiuile devient alors tro[) lliiidc, et en môme li'm[)s plus comliuslibU', saiis que >on [touvoir C'clairaid auj;nunle dans le mCme rapport.

L'huile d'olive peut ôlre pmifiée par [)Iusieurs moyens. I^orsqu'ello doit ^ervir pour adoucir le froltement des horloges ou de certains instruments, on t'oblienl parfaitement claire et incolore, en l'altandonnant à l'air, dans un vase de {)lond)j à la température ordinaue, on y remarque alors, au bout de quelques jours, un dépôt blanc qui aui,'mente tant que Ihuile est encore colorée. Orditiairement on expose l'huile au soleil, après y avoir placé une plaque de plomb. L'huile ainsi blanchie renferme du plomb.

Loisque l'huile d'olive est rance et de réaction acide, on peut lui rendre son j;oût suave et eu {jénéral toutes les propriétés qui la caractérisent à l'état récent, en la traitant par du carbonate de soude cristallisé et réduit en poudre fine, et la lavant ensuite par de l'eau bouill.mte. Le meilleur moyen de la purifier consiste à la faire passer par du chai bon animal convenablement lavé.

Huile d'olive. — Les fruits de l'oliviei- {Olea Europaea) fournissent une huile dont on rencontre plusieurs variétés dans le commerce. On considère comme la meilleure celle qu'on exprime à froid des fruits partailement mûrs et sains; elle vient particulièrement de la Toscane et du midi de la France, d'où on les expédie dans des fioles de verre très mince.

L'huile qu'on extrait des olives mûres {huile vierge) est jaune- Terdâtre ; celle qu'on exprime à chaud est d'un jaune clair. Les vai iétés communes s'obtiennent en délayant dans l'eau bouillante la pulpe des olives dont on a séparé l'huile vierge, ou bien aussi en laissant entrer en fermentation les olives avant de les soumettre à la presse ; ces huiles comiounes servent particulièrement dans la fabrication des savons. Les qualités plus pures et d'un goût plus suave sont recherchées comme aliment.

L'huile d'olive se concrète à quelques degrés au-dessus de 0° en une masse butyreuse où l'on remarque des cristallisations radiées; celé qui a été exprimée à chaud renferme le plus de cette substance solide \ elle eu contient de 20 à !28 pour cent.

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Celle malièrc concrète fond à 20- et se compose, suivant Pe- LOLZE et bocDET, (l'unc combinaison d'oléine rt de margarine.

Il arrive souvent qu'on falsilie Tbuile d'olive avec des bulles moins chères, et particulièrement avec celle diL'iilet^ mais on peut reconnaître cette fraude au moyen de l'acide hy[)Oazotiijue qui solidilie l'buile d'olive, c'est-à-dire qui la transforme en élaïdine. Ainsi l'addition de — d'huile d'œillet empêche l'huile d'obve de se concréter ; l'acide bypoazoïique la rend alors épaisse et oncluwfîe. 11 faut cependant remaïquer que cette é[)reuve est loin d'être rigoureuse, car elle ne fournit pas des résultais constants pour toutes les huiles d'olive, et sa réussite dépend beaucoup de la température à laquelle on opère, ainsi que de la quantité d'acide hypoazotique qu'on emploie.

Lorsque l'huile d'olive doit êtie employée pour le graissage des mécaniques, on peut la puritier en l'ayiiant avec une solution d'acétate de plomb basique, traitant Thuile ciaritiée par de l'acide sulfurique dilué, lavant le mélan.!L;e à l'eau bouillante, et abandonnant l'huile sur du chlorure de calcium fondu.

L'huile d'olive qui sert à fabriquer les savons est ordinairement mélangée avec ^ d'huile de navette ou de colza; elle donne alors un savon plus mou. Si on employait l'huile d'olive sans ce mélange, on aurait un savon grenu et cristallin qui ne ferait pas un très bon usage.

Le savon en tables de Marseille renferme, suivant Thénard, 4,6 parties de soude, 50,2 parties d'acide gras et 15,2 parties d'eau. Le savon marbré contient 6 parties de souoe, G4 paitios d'acides gras et '60 parties d'eau.

Le savon médicinal se prépare au moyen de la lessive de soude etde l'huile d'olive, ou, suivant certains pharmacopées, avec l'huile d'amande douce. L'emplâtre de céruse s'obtient également avec l'huile d'olive et la céruse.

huile d'amande. — Cette huile dépose à — 20 ou 24^ environ le quart de son poids d'une stéarine fusible à 6 ou à 7". Celle qu'on exprime des amandes amères, récentes ou humides, lenferme de l'acide prussique et de l'hydrure de benzoile.

L'huile U'amaude douuc avec le^ alcalis des savons mous. 600

5h8 traita:

i,'r;jmmos (r.imandes fournissent tuiviron 180 i^ramities d'huilé.

/luilr (if fouijère. — La r.icine de foiii^èfe niûlt' (--/syndium FUi.v >;j</.s) iTtifcrmiî une huile jurasse que l'on peut en extraire au moyen de l'élher. Elle est vert hrujiàtre et épaisse, et possède une saveur ùcre et une odeur rancide particulière. Refroidie à 0", elle prend la consistance du heiure. ('elle huile s'administre quelquefois, sous forme de pilides, pour combattre le ver solitaire. (Pkschieu.)

lluUe (fœufA.—Ow extrait cette huile des jaunes d'o'ufs, en les ch luflaiit d'abord avec précaution pour chasser l'eau qu'ils renferment ; on les tient sur le feu jusqu'à ce que, l'huile commençant à s'en séparer, ils aient pris l'apparence d'une bouillie. On les soumet ensuite à la presse. Cette huile est jaune foncé, épaisse et fort suave ; elle se concrète déjà à la température ordinaire. Elle se rancit très aisément et se décolore par le temps.

Huile de ricin. — Les j^raines du /licinus communis renferment une huile grasse qu'on peut en extraire à l'aide de la presse. Cette huile est jaunâtre ou blanche, visqueuse et épaisse; elle est sans couleur et possède une odeur suave; sa detisité est de 0,954. Elle se concrète lentt'ment par le froid. Les principes gras qu'elle, renferme diffeient, par la composition, de ceux que Ton trouve dans les autres huiles grasses.

Suivant Saussuiu:, l'huile de ricin se compose de 74,18 carbone, ll,o;3 hydrogène et l4,79; c'est donc une des huiles grasses les plus oxigénées.

L'huile de ricin se rancit promptement en prenant une saveur acre et mordicante qui persiste longtemps dans le palais. Elle renferme alors des acides particulieis-, ces mêmes acides se produisent par la saponification de Thuile de ricin, ainsi que par la distillation sèche de celte huile; dans ce dernier cas, il se dégage eu môme temps une odeur particulière. Wous avons déjà parlé de ces acides. (Voir, plus haut. Acides de l'huile de ricin-, acide palrnique., palmine, etc.)

Cttie huile se dessèche peu à peu à l'air. Par l'acide hyponitrique, ainsi que par la dissolution nitiique du mercure préparée à froid, elle se concrète en donnant un produit qui diflfère de

rélaidine; cette transformation ne s'opère toutefois qu'avec lenteur. Le i,'iiz sulfureux solidifie éj^aleiiienl l'huile de ricin.

Elle se dissout en toutes proportions dans l'alcool et l'éther ^ au moyen de la magnésie on |)eut lui prendre son ûcreté.

On peut aisément découvrir la falsification de l'huile de ricin par une autre liuilt; jurasse: on n'a qu'à l'agiter avec un volume égal d'alcool absolu ^ si l'huile de ricin est pure, le tout doit se dissoudre dans ce solvant.

L'huile de ricin est fort purgative.

Huile de pied de bœuf. — Elle est épaisse et ne se concrète que par un grand froid 5 elle se conserve longtemps sans se rancir.

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