CORPS GRAS NON-SAPONIFIABLES
Cholestérine^ ambréine^ castorine.
Cholcstérine. — Ce principe se rencontre chez les animaux dans le sang et dans le cerveau, et plus particuliènvfien' dans la bile, dor)t elle se sépare, par l'effet de certaines affections morbides, à l'état de concrétions pierreu.ses. ^
Ces calculs biliaires se disfinc^uent des calculs qui se déposent dans l;i vessie, par leur texture cristalline, leur fusibi! !é. ainsi que p ir la facilité avec laquelle ils se dissolvent dans l'élher et l'alcool. Le sérum du sang desséché et les jaunes d'a'iif» fournissent également de la cholestérine lorsqu'on les épuise par de l'éther.
On l'obtient à l'état de pureté en traitant par l'alcool botiillant les calculs biliaires réduits en poudre. Par le refroidissement de la solulio:!, la cholestérine se prend en lamelles transparentes. On enlève les acides i;ras dont elle est mélangée, en la traitant p;ir une lessive de potasse.
La cholestérine se présente sous forme de lamelles nacrées, assez larges, insipides, incolores, plus légères que l'eau, et qui fondent à 137" en un Iquide incolore ; ce dernier ^e prend, par le refroidis.senient, en une masse cristalline, feuilletée, très friable, et qui <levient fort électrique par le frottement.
Soumise à la distillation à l'abri de l'air, la cholestérine passe sans altération ;si on la chauffe rapidement, on r»marq\ie qu'elle laisse tui résidu altéré (Kueh>). Les vapeurs sont inflammables et brûlent avec une flamme fuligineuse.
1 pai lie de cholestérine se di.ssout dans 9 parties d'nicool bouillant de 0,84, et dans 5,54 parties d'alcool de 0.816. A froid, elle est plus so'uble dans l'alcool-, les crist.iux qui se dépo>ent de l.i dissolution alcoolique perdent 5,1 ou 5,2 centièmes de leur
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poids sans pordro l«nir Ochi. I>a cliolestrrine se dissout ép^alenient dans 12 parties d'éther froid et dans 22 parties d'éther honillaiit. Knlin, «'Ile rs( soluble &,\m l'esprit de bois et ne se dissout «jne très mal dans l'essence de lérébenlhine.
[/acide siilfuriqiie concentré décompose la choleslérine -, l'acide oilrique la Ir.uisformc, à cfiaud, en aciHecholcatériquc.
i.a cholesli-rine s('(lislini;u(Mle.s autres corps j^ras, en ce que les alcalis c lustiques ne I.i saponifient point. Comme elle ne forme aucune espèce de com[)inaison avec les alcalis, il serait curieux (le rechercher sous quelle forme elle se trouve dans le sérum du sanp; et dans la bile, c'est-à-dire dans des liquides aqueux. L'observation de Wagner, d'après laquelle une solution aqueuse de 4 parties dcî s;ivon dissoudr.iit complètement 1 partie de cholestérine, pourrait fournir la clef de ce problème.
Voici la composition de la choleslérine, d'après plusieurs chimistes :
CHKVRKUL. COUBRBE. MARCHAND. PAYEN.*
Carb. — 85,096 — 84,895 — 84,80 — 84,90 — 85,09 — 85,00 îlydr. — 11,880 -— 12,099 — 12,0.^ — 12,00 — 11,85 — 11,89 Oxigène — 3,025 — 3,006 — 3,09 — 3,10 — 3,06 — 3,05
On peut déduire de ces résultats deux formules : Cjo Hoc O et Ce H«, O.
ï.a détermination de l'équivalent de la cholestéririepeut, seule, déciller Inquelle de ces deux expressions doit être admise. D'après la première formule il y aurait eu une léf^ère perte sur le carbone; suivant l'autre, au contraire, un faible excès, comme dans la combustion de toutes les matières bien c;u*bonées.
Jcide cholestérique. — Le produit de l'action de Tacide nitrique sur la cholestérine a été découvert par Pelletier et Ca- VENTOU. Pour le préparer, on chauffe la cholestérine avec de l'acide nitrique moyennement concentré, tant qu'il y a réaction. Le liquid** acide , décanté encore chaud, dépose par le refroidissement, et quand on l'étend d'eau, des cristaux qu'on purifie par des dissolutions réitérées dans l'^ilcool.
Ces analyses, ainsi que les deux formules, ont été calculées d'après le poids atomique du carbone 76,5.
L'acide cholestéiiqne formedfsoipniilles k''p;èrement jannîitres, insipides, plus léj,'ères quo l'eau, fusibles à 58°, et rougissant le tournesol. I.acJKileurh'sdéoouipo'NC. Il est peu solublc dans l'eau, se dissout au contraire aisément dans l'étlier, l'alcool, les huiles grasses et les huiles essentielles.
Jl donne avec les bases des sels rouges; ceux A base d'alcali sont solubles, les autres sont p«Mi solubles et même insolubles.
Cet acide a donné à l'analyse 51,9 carbone, 7,i hydrogène, 8,;'j azote et 32,4 oxigène (Pklletikr et CavkiNTOU;; il renferme par conséquent les éléments de l'acide nitrique.
u4mbréine. — C'est le principe essentiel de Vambre gris. Pour l'en extraire, on opère comme dans la préparation de la cholestérine au moyen des calculs biliaires.
L'ambréine est blanche, nacrée, inodore à l'état pur, fusible à 30° (Pelletier et Caventou; suivant John, à 37"). Elle se décompose en partie par la distillation sèche; elle se dissout dans Talcool aussi bien à chaud qu'à froid, et cristallise par l'évaporation delà solution. Elle .se dissout également dans l'éther, les huiles gras-ses et les huiles essentielles. I.es alcalis caustiques ne la saponifient pas.
Pelletier et Caventou y ont trouvé 83,37 carbone, 13,62 hydrogène et 3,31 oxigène.
^cide amhréique. — Pelletier et CAVE^TOU ont obtenu cet acide en traitant l'ambréine par l'acide nitrique. On le prépare de la manière suivante : dès qu'il ne se dégage plus de vapeurs ruhlantes par l'ébullition de l'ambréine avec l'acide nitrique, on évapore le liquide, on lave le résidu avec de l'eau, puis on le fait bouillir avec de l'eau et du carbonate de plomb; on enlève le nitrate de plomb par des lavages à l'eau, et enfin on traite le résidu par de l'alcool bouillant qui dissout l'acide ambréique et le dépose, par l'évaporation, sous forme de tablettes jaunâtres.
Cet acide est insipide, d'une odeur faible, très peu soluble dans l'eau, fort soluble <ians l'alcool et l'éther; il rougit le tournesol, fond à 100°, et donne avec les alcalis des sels fort solubles, et avec les autres bases îles sels jaunes insolubles ou peu solubles.
Suivant Pfxletff.r, l'acide ambréique renferme 54.93 carboiiH!, 7,01 liyilnif^ène, 4.71 azote. ;W7.') oxisène ; son poids atomique «'st égal à 1807,02.
Cantorine. — Co principe entre dnn«; l.i composition du castornnn. Une dissolu! ion de castoréum dans 6 parties d'alcool, saturre à clniid, dépose par le rcfroidissi'incnl de 1 1 miticre cirasse onlinaire; la li(pieur mère fournit par l'évaporation lente des cristaux de castorine. Lorsqu'elle a été purifiée par plusieurs cristallisations, cette malière forme des ;ui;uilles quadrilalèn-s, déliées et tjansparenles, (jui possijvlentà un fiiible Uei^ré Todi ui et la saveur du castoréum.
Klle fond dans IVau bouillant»' et se prend par le refcoidissesement en une masse dure et di.ipli me qui se laisse pulvériser. Elle paraît se vol;itiliser avec les vapeurs de l'eau L'alcool la dissout assez mal, la dissolution saturée iie coagub^ par le refroidissement L'éllier dissont fort bien lac.istorine- le*^ huiles volatiles ne la dissolvent qu'à chiud.
File se dissout également dans l'acide sulfurique étendu et bouillant, et s'en précipite par le refioidissem^nt à l'état cristallisé^ de même, elle se di<soulsans altération dans l'acide acétique concentré et datis les alcali^ caustiques.
D'après Grandes, la castorine donnerait avec l'acide nitrique un produit acide analogue à l'acide aujbréique.
Cire.
La cire est très répandue dans la nature-, on rencontre du moins des matières qui lui ressemblent dans beaucoup de plantes et notamment dans le pollen. L^^s abeilles construisent avec elle leurs cellules; ttmtefois, on ne saurait afïirmer si ces insectes la préparent eux-mêmes avec les aliments, le sucre, par ext-mple, dont elles se nourrissent.
Lorsqu'on fait fondre dans l'eau les cellules des abeilles, on obtient une cire de couleur citrine et douée d'une odeur p uticulière-, elle est dure et se pétrit aisément à une douce chaleur; elle est plus légère que l'eau froide, plus pesante que, l'eau chaude, ne conduit pas l'électricité, et fond à 62 ou ô3° C. Elle péri en partie son odeur et blanchit lorsqu'en tablettes minces elle se
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trouve exposée à la fois à l'air et à la lumière; son point de fusion s'élève .ilors à 70' C. ^ elle se fi;;e, rn d't étal, à 6.')" C.
Plusieurs recherches ont été faites sur la composition de la cire par Gay-Lussac el Thênard. Chevreul, Koudet et BoissK.NOT. Saussure, FTTLiNcet Hess.
Lorsqu'on traite la cire jaune par de l'élher, celui-ci s'empire de la matière colorante, et la cire se divise alors en pailletés blanches el très déliées qui fond«^itl eiitrr 64 et Go"; ell-s rviifcrment 80,79—80,84 carbone, 13.21—31,22 hydrogène et 6,— 5.94 oxiiiène (Hess .
La cire des abeilles est un mélange de deux substances qui différent entre elles par leur solubilité dans l'alcool ; l'une, qui y est fori soluble, a reçu le nom de cérine^ l'autre, qui ne s'y dissout que fort peu, a été appelée myricine.
Myricine. — Lorsqu'on traite la cire des abeilles par de l'alcool biiuillant, la cérine s'y di.ssoiit, et il reste un r('.>v\u de myricitte qui fond à 65°, se di^^s^ut dans 200 parties d'alcool bouillant et diins 99 parties d'élher froid Boudet et Boissenot, BucHHOi.z et BRA^DES^. Lamyririne passe en partie sans ahération lor.^qu'elle est .soumise à la distillation sèche; elle n'est point saponifiée par la potasse bouillante; du moins, après avoir été traité ' p ir cet agent, elleprésenle encore le même point de fusion et la même solubilité (Boudet et Boissenot, Ettling,. Sa solution alcoolique saturée à l'ébuUition la dépose, par le refroidissement, à l'état de flocons.
Cérine. — La dissolution que l'on obtient en traitant la cire blanchie par de l'alcool bouillant se prend, par le lefroidissement, en une bouillie gélatineuse composée de rtnes aiguilles. Ces cristaux sont la cérine^ elle se dissout dans 1 6 parties d'alcool bouillant, fond à 02" (Boudet et Boissenot , et donne une émulsion trouble quand on la fait bouillir avec uue lessive de potasse caustique. Celte émulsion éva|)oiét' à siccilé et trii'éepar l'alcool, à froid, hisse une substau<'ecéieuse, extiupte d'alcali, et qui, dissoute dans l'alcool, cristallise ert flocons. Cette deuxième substance est la céraïne ; elle fond à 70" (Boudet et Boissekot) Suivant Fttling, elle ne se liquéfie [loint dans une lessive de potasse bouillante.
Lrs rrcfiMThPS compli'frs. faites jusqu'à présent sur la cire des alieilles, sont celles de Houdrt, de Hoissknot et de Kttling-, Hf.ss et d'autn s cliimistrs ne se sont oeciipcs de ce corps que <run(î manier»' aoridcnlclle; aussi rojiinion éinisc par eux sur la nature de la cire ne se fonde-t-elle que sur les résultats numériques de quelque*» ; nslyses qui ne rendent pas compte des réactions de h cire avec l'alcool et la potasse.
La cire, telle qu'elle esl contenue dans les ruches, est blanche, sans coloration; dans le pollen destleurs elle est aussi sans couleur, et là elle se trouve sous rinfliience de l'air, dans un état de division qu'on ne peutpis atteindre par des moyens mécaniques. Si la cire a la propriété d'ahsorher l'oxigè.ie, on peut certainement admettre cpie celle que les abeilles ré<îoltent en est entièrement saturée.
Suivant Hess, la cire serait un principe unique et ne renfermerait pas d'acide margarique, et il «e fonde en cela sur ce que l'éther extrait de la cire jaune une substance dont la composition est identique à celle du résidu; cependant je ne comprends pas trop qu'on puisse inférer de là que la cire ne renferme pas d'acide margarique en combinaison avec la céraine.
Il me semble, du reste, bien établi que la cire d'abeilles ordinaire est un mélange, en propoitions variables, de deux substances dont lune est fort soluble dans l'alcool et dont l'autre ne s'y dissout que fort peu ; il est même a.ssez [trobable que certaines variétés decire ne renferment qu'un seul decesdeux principes.
BosTOCK a examiné une variété de cire qui se dissolvait complètement dans moinsde 20 parties d'alcool. Suivant Boullay, la cire se dissout dans 20,6 parties d'alcool bouillant de 0,816-, et d'après Chevreul, il faut 50 parties de ce liquide pour la dissoudre à la température de l'ébullition.
Selon BucHHOLz et Brandks, la cire jaune lenferme -- de parties solubles dans l'alcool (cérine; -, suivant Boudet et Bois- SEROT, elle contient 70 pour cent de cérine. La cire examinée par Hess a laissé f^ de matière insoluble dans l'alcool fmyricine).
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Hess :! ohtciiu, à !';malyat; du résidu qu'avait laissé la cire traitée |>:ir lï'llicr, 80:79—80,84 pour cent decirltone-, la inyricitle lui u donné dans trois expériences Si, ISb à 81,52 pour cent de charbon.
L'.ilcool avait p.ir conséquent extrait de la cire une matière plus oxi^'enée que le résidu uisoluble, el que l éllier .tvait laissée. Ettliwg a eu effet obtenu par l'analyse de la cérine (principe solubl»' dans l'iilcool) 78,86 carbone, 13 48 hydrogène et 7,64 oxigène; la mj ricin»; lui a donnné 81,10— .^0,01 carbone, 13,75 — 13,84 carbone et 5,90—6,14 oxigène.
Chevreul a traité par de la potasse caustique de la cire qui commençait à se figer à 64", et qui se concréiait à 62,75" ; il a ainsi oblerni, 34,6 pour cent d'un mélange acide composé, à ce qu'il paraît, d'acide maigarique et d'acide oléique, ainsi que 56,7 pour cent d'une substance non acide et insapomfiable, qui se soliditiait à 74,75". Ces deux [troduits foiil ensemble 101,3 parties de matière solide, et cette augmentation de poids démontre évidemment qu'il y avait eu une véritable saponification par l'action de la potasse.
La céraïne obtenue par la saponification de la cérine avec la potasse a donné à l'analyse 80,44 carbone, 13,75 hydrogène et 5,81 oxii^ène; elle présente donc la même composition que la myricine H.ttliag).
La cire des feuilles de chou se fige à 75" et n'est pas saponifiée par les alcalis ^Chevreul)-, elle se comporte donc comme le résidu qui reste après la saponification do la cire d'abeilles, et, comme la myricine.
La cire du Myrica cerifera fond à 49" et donne, par la sapo .ijfication, un mélange d'acide sléarique, d'acide margariq^i j et d'acide oléique, ainsi que de la glycérine.
Toutes les autres substances auxquelles on applique le n( )m de cire peuvent èice rangées entre h-, (ieu>. dei[ji'"'i'''s vi^jjétés; ce sont des mélanges, en proportions très variables, de substances saponifiables et de principes résistant à l'ac tion des alcalis.
Les diverses variétés de cire se dissolvent dans les huil .es grasses et dans les huiles essentielles \ la cire d'abeilles, dissou ,te daus les
huiles Jurasses, fournit des produits onctueux, connus en pharmacie S( us l«^ nom de cérats.
Produits de la distillation de la cire.
Lorsqu'on distille de la cire d'aheilles blanchie, il passe d'abord ut)e matière incolore, solide et dure, puis vient une huile liquide ten.mt en suspension des feuillets crist.illins, tandis qu'il reste un résidu noir, élastique, coriace et insolulile dans les alcalis, qui, chaulTé davantage, fournit de l'huile volatile en laissant du charbon.
La matière incolore qui distille la première donne une émulsion brunâtre lorsqu'on la chauft'e avec une lessive de potasse étendue; il s'en sé[)are, à chaud, une huile limpide qui se orend, par !e rtîfroidissement. en une masse l)laiiche et cristalline. L'alcali s'empare, dans cette réaction, d'un acide gras, qui, mis en liberté par l'acide hydrochlorique et cristallisé à pliisieurs reprises dans l'alcool, constitue des mamelons blancs, gras au toucher, ayant peu d'éclat, fusibles à 54", et se solidifiant à 62,2". On ne connaît pas la composition de cet acide.
L'huile qui surnage l'émulsion cristallise d'une solution alcoolique, saturée à chaud, en feuilleis aciculaires «l'un blanc éclatant. Ces cristaux prennent par la dessiccation un éclat satiné*, à 62" ils fondent en une huile transparente qui se concrèie à 43° en une masse cristalline. La composition et h s propriétés de ce corps l'ont fait reconnaître pour de la paraffine.
Lorsqu'on soumet à de nouvelles disiillatious la matière blanche qui passe la première dans la distillation de la cire, elle perd i le plus en plus sa consistance, et fournit enfin pour dernier p^ "oduil une huile très fluide et jaunâtre, contenant un acide gras pa T'ticulier, de la piiratïine et une m;itière colorante jaune, dont on peut facilement la débarra.sser en la rectifiant sur un peu de notas so^ cdustiqije. Elle boui alors à 137", possède une densité de 0 750.Î fci ly même composition que le gaz olc'fiant. L'acide sulfuriqutî communique à cette huile une teinte cramoisie, et la chai bo une par l'échiufferaent ; l'acide hydrochlorique paraît se combinv'îr avec elle.
Parmi les produits de la distillation de la cire on remarque
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également l'acide carbonique, mais on n'y peut observer ni acroléiiic ni acide sébacique. (KttlIiNG.)
On f;ilsifie qiiolqnefois la cire avec de la résine, de la farine de pois, des fleurs de soufre, etc. A l'aidr de l'alcool a»jueux, on peut en extraire la résine-, les autres substances s'en réparent par la fusion. Une addition d'acide stéarique se reconnaît aisémt^nt à la f.iible consistance de la cire, à sa plus grande fusibilité, et iuùii à l'aide sébacique qu'elle fournit par la distillation.
Matières cireuses diverses.
Cire du Japon. — Elle se trouve dans le fruit de Bhus succedanea L. et nous vinit des Indes orientales ^ elle ressemble beaucoup à la cire des abedies. Elle esi blanc jaunâtre, transparente, et se ternit peu à peu à la surface. Sa consistance est à p( u près la même que celle de la cire d'abeilles, toutefois un peu plus cassante.
Cette matière est un peu plus grasse au toucher que la cire, et possède une odeur et une saveur légèrement rancides. Sa densité est de 0.97. Quand on la broie entre les dents, elle se réduit en une poudre grenue.
Elle fond à 50° C. et se concrète à.34°. Elle se dissout complètement dans l'alcool et dans l'éther. Les alcalis la saponifient aisément.
Suivant Oppermann, elle renferme 7-2,88 charbon, 12,03 hydrogène et lô.09 oxigène.
Mever a fait cette découverte remarquable que la cire du Ja(ion est une combinaison de l'oxide de glycéi yle avec l'acide éthalique, matière qui a été obtenue par Dumas et Sïass, en tr;.itant l'élhal par les alcalis caustiques (p. 178).
Cette substance hrùh^ moins bien que le suif, probablement en raison de la graude quantité d'oxigènt' qu'elle contient.
cire du Myrica. — Les baies du Myrica cerifera de l'Amérique septentrionale renferment, u l'état de maturité, une matière céreuse qu'on peut extraire par ui. traitement à l'eau bouillante; elle vient alors surnager et peut être puiitiée par une nouvelle fusion. Elle est veruâtre, diaphane, et blanchit parfaitement au
soleil. Elle est solide et cassante à froid , de manière qu'on peut la pulvériser. Sa densité est = 1 ; elle fond à 12° C. Suivant Jon\, elle se compose de 6,6 pnrties de céiine et de 1 partie de myiioiiie. I)'a[)rès Chkvkell, clie si; c()m[)Osi' de stt'.irine et d'une résine jaune, et fournil, par la .sapouificalion. dt l'acide stéarique, de l'acide margarique, de l'acide; oU'icpi»'. ainsi que de la glycérine.
Plusieurs autres plantes donnent des matières céreuses^ on en extrait du Crotnn arbiferum, du Cclastrux ccri finis, etc.-, le Ceroj'ijlofi Andicola fournit la cera de pal ma. ix p6-ld des Chinois {AJagaz. f. Pharm. t. II, p. 129J est également une espèce de cire.
Selon Marchand, le lait de l'arbre de la vache ne renferme pas de cire, mais il contient deux résines, dont la composition se rapproche de celle de l'essence de camphre p. I4ô), ainsi qu'un principe analogue au caoutchouc et dont la formule se représente par C20 Hc6 Os.
Propolis. — C'est avec cette substance que les abeilles bouchent les fentes de leurs ruches, pour se mettre à l'abri de la lumière et (le l'air. Elle est jaune brunâtre, gluante, visqueuse^, et présente l'odeur du styrax. Suivant Vauquelin, elle se compose de 2 parties.de résine et de 1 partie ûe cire et d'impuretés.
Cérosie. — P'ormule : C48 H,oo02=C4g Hyr,, 2HïO. (Dumas.) — Les cannes à sucre, surtout les espèces violettes, sont couvertes d'une matière céreuse, blanche ou vert grisâtre, que l'on peut recueillir en grattant les cannes ou bien en chauffant le suc àfébullition, où elle se rend alors à la surface du liquide. On la purifie par des cristallisations dans l'alcool.
La cérosie forme des lamelles nacrées, très légères, qui ne tachent pas le papier, ne se ramollissent pas entre les doigts, et se réduisent aisément en une poudre blanche. Elle fond à 8î>." C, se concrète à 80", et présente une densité de 0,961 à 10°. Elle est sans odeur, ne se décompose point par l'ébullition avec la potasse et ne s'altère pas à l'air.
Elle est presque insoluble dans l'eau et l'alcool froid ^ elle se dissout . fort bien dans l'alcool bouillant et donne , par le refroidissement, une masse de l'aspect de l'opodeldoch. A froid elle ne
se dissout pas dans l'éther; à chaud, elle s'y dissout assez mal. j4cide cérahjue. — Ce nom a ^'té donné [)ar Hf.ss A la substance céreuse que Ion voit se séparer, lorsqu'on traite de la fécule de blé par de l'acide nitrique, à rcffet d'obtenir de l'acide oxalique ; d'après ses ex; éi iences, elle donne avec les alcalis un savon que les acides minéraux décomposent. Elle est soluble dans l'alcool et l'élher. Utie analyse a donné, pour la composition de cette substance, 7.S,87 carbone, 12,1-4 hydrogène et 14,49 oxigène.