‹ Traité de chimie organique (volume 3)Chapitre 53 sur 90 · i TI'.AITI · texte numérisé non relu

i TI'.AITI

ninqiin. oc qui prouve qu'clliMic se trouve pas comme telle dans la solulion d'où elle a été précipitée ; elle se dissout aisément dans les alcalis fixes et caustiques avec une couleur [)Ourpre. Dans l'alcool elle se dissout avec une teinte cramoisi foncé -, la solulion, évaporée <à siccité, donne un résidu d'où l'ammoniaque extrait une matière colorante violette, en laissant une autre substance jaune. La matière violette reste, après l'évaporation de l'ammoniaque, à l'état d'une pou;lre rouge, peu solubie dans l'eau, fort solubie dans les alcalis avec une belle couleur violette^ cette môme matière est insoluble dans l'éthep. J/hydrosène sulfuré décolore sa solution ammoniacale ; par l'ébullition on en voit reparaître la couleur.

Lorsqu'on fait bouillir l'érythrine avec une solution de carbonate d'ammoniaque, elle se transforme rapidement dans la matière brune et amère dont nous venons de parler; celle-ci s'obtient, par l'évaporation, à l'état d'une masse brune, non cristalline, fort solubie dans l'eau et l'alcool. Sa couleur brune est accidentelle, car elle ne se présente pas lorsque l'amer d'érylhrine a été préparé à l'abri complet de l'air.

L'amer d'érythrine ne renferme pas d'ammoniaque, et se transforme également au contact de l'air et de l'ammoniaque en une matière colorante rouge.

La pseudo-érythrine de Heeren se distingue, d'après ce chimiste, de l'érythrine, en ce qu'elle ne donne pas comme celleci de l'amer d'érythrine; la pseudo-érythrine se transformerait donc en matière colorante rouge sans donner lieu à cette combinaison intermédiaire.

Contrairement aux observations de Heeuex, Kane prétend que la pseudo-érythrine, ou, comme il l'appelle, l'érythrine, se transforme directement en amer d'érytlirine (amarythrine), lorsque sa solution aqueuse et chaude se trouve abandonnée à l'air; le produit présente, d'après lui, une saveur à la fois sucrée et amère.

Suivant Heeren, l'amer d'érythrine se formernit sans le contact de lair ; suivant Kajne, au contraire, il résulterait d'une absorption d'oxigène.

Selon Kanb, l'amer d'érythrine, abandonné à Tair en solulion

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aqueuse, devient peu à peu cristallin ; il se produit ainsi un corps nouveau, la télcrylhrine.

^ oici la composilion des matières examinées par le chimiste anglais :

Pâcudo-i'nthrinc de

UKritEN, d'aprèàla- Kryllirine

naivse de J. L. deKANK. Knllirilinc. Tûlérytlirine.

Carbone C0,810 — CI, 19 — Gl.lC — 67,83 — C7,0G — 44,70 — 45,35 Hydiogine G, 334 — G, 20 — G, 31 — 8,13 — 8,37 — ;;,78 — 3,07 Oiigùne 32,85G — 32, Cl — 32,53 — 24,04 — 24,57 — 51,43 — 50,08

Kane interprète ces nombres par les formules suivantes :

Erythriline Cj, Hs« 0«

Erythrine C^j Hgc O,

Amnrylhrine Cjï H^^ 0^^ (dans le sel de plomb).

Télérythrine Cj, H^o O,,

Le traitement de l'extrait alcoolique ou ammoniacal des lichens par une solution de clilnrure de calcium, d'après le procédé de HekrEiN, a pour but d'en séparer une matière qui ressemble à un acide gras, et ii laquelle ce chimiste a donné le nom d'acide roccellique. (Voir plus haut, p. 161.)

Alpha-orcéine et béta-orcéine. — L'orsoille d'Angleterre renferme, suivant Kane, deux matières colorantes, auxquelles il donne le nom d'alpha-orcéine et de béta-orcéine. La béta-orcéine renferme C.g ll^o Na Og ; cette composition n'est donc pas la même que celle que Dumas assigne à l'orcéine ^ Talpha-orcéine contient Ce Hjo Na O»; ainsi ces deux matières ne différeraient entre elles que par la proportion d'oxigèiie. La béta-orcéine se sépare de sa solution aqueuse ou alcaline, à la manière des savons, lorsqu'on y ajoute du sel marin ou un autre sel.

Enfin Kanr parle encore d'une troisième matière colorante, Vacide érythroléique, qui est huileuse, semi-fluide, rouge, insoluble dans l'eau, fort soluble dans les liquides alcalins. La formule C28 H44 O» s'accorde le mieux avec son analyse. Toutefois, comme la composition des principes incolores renfermés dans les lichens n'est pas encore très bien établie, celte expression ne peut pas être définitivement arrôtée.

486 lit A ni'

l.drN.juOii (li-xiiit r;il[ili.i-(irociii(' (Linç rrmim()ni;i(|U(' cl (|ii'()ii |il.uM' (l.iiis l;i s(Mili()ii, mi.M' ;i r.iliii tic r;iir, une I.iinc de zinc, mcl.illiqiic, clic se tlccoloïc coiiiplclcmctil ; en cni()loyanl, un excès «r.inini(>ni:i(iiic, un ol.licnl .litisi un prccipiU'' l)I;iiic, <|iii, cxiiosc à r;iir,dcvictn violcl (^t criliii |ioiir|ir«'. Ccjirccipilé, scellé dnns le vide, .1 pour coniposilion C,„ U,o i^s 0„ -{-'^ 7m () + \ aq. (Kaniv ; la coiiil)i:iai>()!i eonrs|iOii(latitc, de la héta-orcéiiic renfenne C,a H^o JN, Uu + 3 Zw O -f- i aq.

I.a bcla-orcciiKî est d«''ct)m(i<)sce |»ar \c chlore • la nouvelle eoiiiMiiaisoii rcnlerme du chlore à la [dace (rune certaine (piantilé d'Iiydroi^ène.

K A M', n'a trouve d'orcine dans aucini des lichens examinés par lui.

TOUn.NF.SOL.

jNoiis avons déjà dit précédemment que le tournesol en pains s»; prépaie avec certains lichens à peu près comme Torscille. ]l renferme, suivant Kam-, quatre matières bien distinctes, i.orsqu'oii le fait d'abord bouillir avec de Peau et qu'on l'épiiise ensuite avec de l'acide hyfh-ocblorique, il reste un résidu roui;e que l'on traite par l'alcool i;; iiiHant. i^a dissolution alcoo!i(pje donne, par l'évaporation, un résidu nouveau, d'où l'élher extrait Vénjlhroléinc et Vérythrolitmine. L'érylhroléino se sépare, par l'évaporation de l'éther, à l'état d'un liquide huileux; l'autre principe demeure en dissolution et s'obtient comme résidu quand on a chassé tout l'éther. L'extrait alcoolique traité par l'éther est dun rouge-brun; l'ammoniaque versée sur le résidu s'empare de VazoUtmine, qui, traitée par un acide et évaporée, cède à ce dernier toute Tammoniaquf'.

Le tournesol traité par l'eau bouillante lui cède une matière colorante bleue qui doit sa solubilité à l'ammoniaque qu'elle renferme. La dissolution aqueuse évaporée à siccilé, reprise par l'acide hydrochlorique et lavée par l'alcool, laisse de la apaniolitmine.

L'érythroléine est semi-fluide à la température ordinaire, et se dissout aisément, avec une couleur rouge ou pourpre, dans l'é-

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Hier, l'alcool et les alcalis aqneiix; elle est fort peu soluble dans l'eau et se décompose par la chaleur. îja cumposilioii se représente par Cïc ilu O4 (Kai\e).

L'ciylhrolilmine est rouge, peu soluble dans l'eau, et plus soluble dans l'alcool; sa solution alcoolique, préparée à l'ébullilion, la dépose, par le refroidissement, à l'état d'une poudre grenue et cristalline. Elle se dissout dans les alcalis avec une couleur bleue; avec l'ammoniîique elle forme une combinaison bleue et insoluble. Sa formule (St égale à Ce H^o 0,„ (Kane).

L'azolitmine est insoluble dans l'eau et l'alcool, plus soluble dans les alcalis. C'est la matière principale du tournesol ; elle renferme 49—50 pour cent de carbone, 5,35— 5.52 d'hydrogène, ainsi que de l'azote qui n'a point été déterminé.

La spaniolitmine ne renferme pas d'azote ; Kane exprime sa composition par C,, Hu 0,0-

Le chlore décompose l'azolitmine et l'érythrolitmine, en produisant des combinaisons qui renferment du chlore à la place d'un certain nombre d'atomes d'hydrogène.

Lorsqu'on épuise, suivant A. Gélis, le tournesol en pains par une lessive alcaline faible, qu'on précipite l'extrait qui est dun bleu foncé par de l'acétate de plomb, et qu'on décompose le précipité par de l'hydrogène sulfuré, on obtient un mélange de sulfure de plomb et de trois principes colorants, différant par leur solubilité dans l'alcool, lélher et l'eau. On les sépare du sulfure de plomb en les trait.mt par de l'ammoniaipie faible. La solution ammoniacale est bleue ; lorsqu'on y ajoute de l'acide acétique, ils se déposent à l'état d'une poudre rouge très fine et exempte d'acide acétique.

Ce précipité, traité par l'éther, lui cède une matière jauneorange ; le liquide éthéré donne, par l'évaporation, un résidu rouge, brillant, et dans lequel on remarque de fines aiguilles qui lui donnent un aspect velouté. L'alcool extrait de la poudre,préalablement épuisée par l'éther, une autre matière colorante, d'un rouge de sang, et qui possède, après la dessiccation, un éclat doré ; elle constitue la partie essentielle du tournesol.

Enfin, après qu'on a traité la poudre par l'alcool, il reste un corps insoluble dans l'eau et qui donne de la cendre par la calci-

4SS TPwMl'K

n.ilinn ; ce mùme corps se dissout dans les alcalis et produit avec eux, coinnie les niatirrcs pr(''cé(li'iil('s, des conibiuaisons Menés, (les trois substances fournissent, par la distillation sèche, des produits ammoniacaux.

Suivant Pkretti , la matière colorante du tournesol est roui^e. et sa couleur bleue dé|)end de la présence de l'ammoniaque ; Kank partage celte opinion.

hes matières colorantes du tournesol et de l'orseille perdent leur couleur par l'efTet des agents désoxigénants, tels que Tliydrogène sulfuré, le proto-chlorure d'étain, etc.; au contact de l'air, elles reprennent leur couleur.

picLonizÉiNE. :i

Stas a décrit sous ce nom une matière colorante rouge qui se produit, à la manière du tournesol et de l'orseille, par l'action simultanée de l'air et de l'ammoniaque sur la phlorizine. vVoir tome I, p. 307.)

La meilleure méthode pour préparer la phlorizéine consiste à répandre de la phlorizine humide sur quelques capsules plates et à disposer celles-ci sous une cloche, dans laquelle se trouve placée la solution d'un sel ammoniacal et d'où l'on dégag-v; l'ammoniaque à volonté en y jetant des fragments de potasse. Au bout de quelques jours de contact, la phlorizine est transformée en un sirop bleu foncé. On porte celui-ci dans le vide sur de l'acide sulfurique, afin d'en chasser l'excès d'ammoniaque 5 on le dissout ensuite dans l'eau et on verse le liquide dans beaucoup d'alcool.

Le phlorizéate d'ammoniaque se précipite alors à l'étni d'une belle poudre bleue. Après l'avoir épuisé par de l'alcool absolu, on le dissout dans fort peu d'eau et on y ajoute de l'alcool aiguisé par de l'acide acétique. Il ne faut pas en verser d'excès. Enfin on lave bien le précipité par de l'alcool absolu.

La phlorizéine renferme C48 Hsa '^i Oac ; elle se forme de la phlorizine en ce que celle-ci prend 2 atomes d'ammoniaque et 8 atomes d'oxigène, et cède 6 atomes d'eau.

Elle est rouge, solide, non cristallisable ; sa saveur est légèrement amère. Elle n'est point fusible et ne se volatilise pas sans

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décomposition. L'eau liouillante l.i dissout avoc une couleur rouge. L'alcool, l'esprit de l)ois et l'éllier en dissolvent à peine des tr.ices.

Le chlore la décompose instantanément. Les alcalis en font autant.

J.e précipité formé dans le sirop bleu par l'alcool est la combiu.iison ammoniacale de la plilorizéiiie. Klle renfci'me 1 équivalent d'oxide d'ammonium. Klle est bleue, insoluble dans l'alcool, l'esprit (le bois et l'éllier ; par la chaleur elle {)pr(l de l'eau et de l'ammoniaque. Les acides précipitent la phlorizéine de la solution aqueuse de ce composé.

La phlorizéine se dissout dans les acides concentrés, l'acide nitriqu»' excepté, avec une couleur rouge de sang. Les matières désoxidantes décolorent la phlorizéine; l'hydrogène sulfuré produit cet effet en déposant du soufre. Le protoxide d'étain dissous dans la potasse décolore également sa solution, mais elle rejH'ciid rapidement la teinte rouge en absorbant l'oxigène de lair.

L"hy(Iraf(^ d'alumine se combine avec la phlorizine en produisant une laque bleue et en éliminant de Tammoni-ique.

Le nitrate d'argent et l'acétate de plomb basique précipitent sa combinaison ammoniacale avec une couleur bleue. Le phlorizéate d'argent est décompose par l'eau; dans le sel de plomb, 1 alome d'oxide d'anmionium est remplacé par 1 atome d'oxide de plomb.

?».ons avons déjà parlé tome I, p. 304 des propriétés et du moded'exiraction de |;j phlorizine.

Stas a publié, dans ce> derniers femp«: . nn travail sur la phlorizine, mais les formules établies parce chiinist'' pour elle et ses dérivés entraînent i)!usieiirs snp[»osiliOTis peu vraisemblables ; c'est ce qui me les a fait rejeter. Je représente la phlorizine cristallisée par C42 H,^ 0,^ -f- (i nq. ; oette expression cadre fort bien avec toutes les analyses et se prête aisément à toutes les déductions.

ChaufTée à 100", la phlorizine perd 4 atomes d'eau. En précipitant sa solution, à la température de lebullition, par de l'acétate de plomba on obtient un sel où les 6 atomes d'eau de la

'il)0 TRAIT1-.

|ililorizinc cristallisée so trouvent icmpliicés par 6 atomes d'oxide de ploml). Si Ton opère à une leiupi rature basse, le produit renferme des cpiantilés vnrinblcs d'oxide de plomh.

Les acides snlfurique, pli()S|iliorique, hydrochlorique, liydriodique et oxalique dissolvent la phlorizine à froid, sans l'altérer ; par un contact proloui^é, ainsi que par l'écliaulTement, elle se décompose en sucre de raisin et en phlorétine, substance qui se dépose à Télat cristallin. L'acide nitrique et l'acide chromique donneni nais'iance «à d'autres produits de décomposition.

La phlorétine^ formée par l'action des acides dilués sur la phlorizine, est blanche, cristalline, d'une saveur douceâtre, presque insoluble dans l'eau froide, peu soluble dans l'eau bouillante et dans Téther, soluble en toutes proportions d;ms l'alcool, l'esprit de bois et l'acide acétique concentré. Elle cristallise de ces solutions à l'état de grains brillants. Elle ne perd d'eau pas môme à 160''; elle fond à 180° et se décompose par une chaleur plus élevée.

Les acides concentrés la dissolvent sans altération-, l'acide nitrique la transforme en un corps rouge, identique avec celui que ce même acide produit avec la phlorizine, et que nous allons décrire sous le nom d\icide phlorétique.

La phloré.tine fond dans l'ammoniaque sèche, en absorbe 14 pour cent et se coiiciète de nouveau en une masse non cristalline, qui,cxposéeà l'air, dégage peu à peu son ammoniaque. Cette combinaison ammoniacale donne, avec les sels de plomb et d'argent, des précipités auxquels on n'a pas trouvé de composition constante,

La composition de la phlorétine s'exprime par Cjo Hjo O,o -, en y ajoutant les éléments de 1 atome de sucre de raisin C,2 Hag 0,.„ on a C42 Hs8 O^i, formule qui est celle de la phlorizine cristallisée.

L'acide phlorétique se produit, comme nous l'avons déjà dit, par l'action de l'acide nitrique concentré sur la phlorizine et la phlorétine. On le dissout dans un alcali, on l'en précipile par un acide et on le lave convenablement. Il est couleur de puce, non cristallisable , insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'esprit de bois et les alcalis. Il est insoluble aussi dans les acides

(tendus. L'aciile sulfiirique concentré le dissout avec une couleur roui^e de saiij;; l'acide nitri<iue coiieciitré le tr.msformc; peu à j)eii , dii-ori, en acide ox'ilique et ricidcî tiitr()-|)ieri(iuf.

A lôO" il se (léconnpose en développant du bioxi-ie d'azote. Sa coinnosiliou se représente, selon tonte |)rol);d)ilité, par C-o ll,« Mj Om ou par C^ H, g IV^ O,. ; de nouvelles recherches décideront laquelle de ces deux formules il faudra choisir.

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