‹ Traité de chimie organique (volume 3)Chapitre 64 sur 90 · ALCALOÏDES RENFERMES DANS LES QUINQUINAS · texte numérisé non relu

ALCALOÏDES RENFERMES DANS LES QUINQUINAS

(Quinine.

Formule: C,„ H,. N3O,.

Cet alcali fut découvert en 1820 par Pelletier et Caven- Tou, presqu'en même temps que la cinchouine. Il se rei?contre dans tous les quinquinas véritables, et en grande abondance surtout dans l'écorce du China regia vera ou Calisaya.

On obtient la quinine par dilférents procédés, en épuisant le quinquina par de l'eau acidulée, précipitant l'extrait par un alcali, traitant le précipité par l'alcool, et chassant l'alcool par la distillation.

Ou fait digérer, à une température de 60 à 70° R., de la poudre de quinquina avec 4 ou 5 fois son poids d'eau, aiguisée par VôO d'ucldc liydrochloriquc ou sulfuriquc, et cela, pendant 21

.'iTO TRAITK

il 48 heures, en ngitant souvent le mélanine. Puis on rcxpriine forlement, et on traite le résidu une seconde fois par l'eau acidulée. On concentre les extraits, on en sépaie à Taide du filtre lis flocons qui s y sont déposés, et on ajoute au iiiiuidc filtré du carbonate de soude en poudre, tant que le mélange se trouble. Le précipité ayant été convenablement lavé, on le sèche, et, après ravoir pulvérisé, on le traite, à la lenipéralure ordinaire, par 6 ou G fois son poids d'alcool de 80 ou 90 centièmes ; si la solution alcoolique est colorée, on la traite par du charbon animal ; puis on en chasse, par la distillation, le quart de l'alcool et on laisse refroidir. S'il cristallise un peu de cinchonine, on en décante la [tarlie liquide. Ensuite on y ajoute de l'eau et on chasse tout l'alcool par la distillation. La quinine reste alors dans le résidu à l'état hydraté, jaune et résinoïde.

Pour obtenir la quinine en cristaux, on la dessèche au bainmarie jusqu'à ce qu'elle n'éprouve plus de perte, puis on la dissout dans lalcool absolu et on l'abandonne à l'évaporation spontanée, à l'air libre ou dans le vide.

La lessive brune où la quinine brute s'est déposée donne encore une petite quantité de quinine impure ; les eaux-mères non cristallisables, évaporées à siccité et reprises par Talcool, «ionnent un peu de quinoïdine ; on peut aussi les employer pour «*n extraire de l'acide quinique; dans ce cas, on les combine avec de la chaux.

On précipite ordinairement l'extrait acide des quinquinas par de l'hydrate de chaux ; on fait bien alors de prendre aussi de l'acide hydrochlorique pour l'extraction des ccorces. Cependant on obtient ainsi un peu moins de quinine, car il reste toujours de la quinine en dissolution dans l'eau*.

Le quinquina jaune {Chma flava dura et fihrona) peut aussi servir à la préparation de la quinine. Il fournit toujours beaucoup de cinchonine, qui se dépose à l'état cristallisé lorsqu'on abandonne à elle-même la solution alcoolique du précipité. L'extraction se fait du reste comme précédemment.

• Pi-rparation do la quinine, suivant li^nMANN, Oans Hlafiaz. f, Pharmar. tonip XX, oaliicr 3, pagi; 71.

i)i: CMiMiK OîuJA.MorR. 577

J^oiir sépnitT la cinchoniiie de la quiiiiiif , on peut aus^^i s;iturer le précipité par de l'acide sulfuiique ; au comn»enccm*'nt il ne cristallise que du sulfatt; de quiiiiiu", et les eaux-mères retiennent principalement du sulfate de cinchonine.

Comme les quinquinas varient beaucoup sous le rapport de la quanlité de quitiim' , on fait bien, avant de les soumettre à ces opérations, d'en examiner la teneur. Ainsi on traite à peu près une trentaine de grammes de quinquina par de Teau acidulée , et, après avoir concentré l'extrait, on le précipite par un excès de carbonate de soude, puis ou épuise le précipité par de l'alcool, et on procède comme nous l'avons indiqué plus haut. Ou peut aussi couibiuer la quinine avec l'acide sulfurique ; mais alors il faut avoir soin que ce dernier ne soit pas en excès. Les bons quinquinas donnent 4 ou 5 pour cent de sulfate et quelquefois un peu plus ; le quinquina jaune donne presque 2 pour cent d'un mélange de sel de quinine et de sel de cinchonine *.

Berzelils propose de précipiter l'extrait de quinquina par une infusion de noix de galle, de dissoudre dans l'alcool le [ récipité bien lavé, de précipiter la solution par de l'acétate de plomb , puis de précipiter par un alcali la solution séparée du plomb à Taille de l'hydrogène sulfuré, et enfin de procéder comme nous lavons déjà indiqué. Par ce procédé on parviendrait peut-être à extraire la plupart des alcalis organiques.

La quinine renfermée dans les quinquinas est unie à de I acide quinique et en partie aussi à une matière colorante rouge ; cette combinaison se détruit déjà en partie par l'eau, mais comme celle-ci laisse toujours du quiuate de quinine insoluble, et qu'en outre la combinaison quinique de la matière colorante ne s'y dissout pas, l'addition d uu acide minéral esl^ nécessaire pour transformer toute la quinine en un sel soluble.

Cet alcali cris'ailise. suivant Pelletier, d'une solution dans l'alcool presque absolu, et d'après J. L., d'une solution aqueuse, bouillante et ammoniacale, sous la forme d'aiguilles soyeuses.

• Essai des quinquinas, Annal, dcr Plimmac. T. III, \<. 12,(1 l)i i uts, Jai, nal di- Srhveifigei-S<iUI, t. LXII, [<. :]U».

VS TKAITL

hrilIanU's. Iii's (irios , et groupées (|ue!qucf')is en nij^rolto;;. Or (linairciii'iil il ii'«^<.l pas cristallisé, mais il lormc mic tuasse poreuse, d'un bl;inc sale.

Les alcalis minéraux précipitent la (piiiiim' doses dissolutions à l'elat de lloeons blancs et cailleholleux; ces (locons, ainsi (juc la quinine cristallisée, sont hydratés.

Cet lijdralo se conserve à l'air; il ne conduit pas rélcctricilé, possède une saveur très amère, n'a point d'odeur, et fond aisémerd par la elialeur en un liquide oléai^incux, qui se concrète par le refroidissement en une masse résindïtle. Il [lerd son eau lorsqu'on le chauffe longtemps au bain-raarie. Il se volatilise en partie sans altération, si on le chauffe avec précaution.

Lorsqu'on fait fondre la quinine dans le vide, elle reprend, par le refroidissement, une texture cristalline.

La quinine séchée à l'air perd à 120" 14,2 pour cent = 3 atomes d'eau.

Chauflée brusquement, elle se décompose^ parla distillation sèche, elle dégage de l'ammoniaque. Lorsqu'on la chauffe au contact de l'air, elle biûle avec une flamme claire.

Lile est peu soluble dans Teau ; ^ la température ordinaire, elle en exige environ 400 parties^ à lébullition, à peu près 250 parties.

Sa solution a une réaclion alcaline ; les alcalis concentrés en précipitent la quinine -, la teinture d'iode la colore en brun ; le deulonitrate de mercure et le nitrate d'argent la précipitent en bl;uic; la dissolution d'or, en blanc-jaunâtre; celle de platine, en jaunâtre: la solution vioLitte du caméléon minéral iui cummimique une belle teinte verte (Uuflos -, la teintm-e de noix de galle y occasionne un abondant p' é'-inité l)lanc.

L'acide nitrique et l'acide sulfurique concentrés dissolvent la quinine à froid et sans se colorer; la solution sulfurique se colore par réchautfement d'abord en rouge, puis en noir.

La potasse concentrée transforme la quinine en un alcali liquide, qui a été décrit par Geiuiardt sous le nom de quinoléine.

La quinine est fort soluble dans l'alcool; 1 partie de quinine n'en exige que 2 parties à léiiuliition ; la dissolution resie claire

DK CHIMIE ORGAMQLE. .*>7d

on se refroiili>sant, elle o>l fort amèie et |»(»tcvli une ré.iclinn .'ilcaliue très prononcée.

Les sels de quinine sont tantôt neutres, tantôt acides; ils cristallisent pour la plupart, et sont un peu moins tolubles dans Teau que les sels de cinclionine; ils sont solubios dans l'alcool et bien plus amers que les sels de ciiichonine. Les solutions aqueuses des sels de quinine se comportent avec les réactifs comme les solutions de quinine.

Le contact de la lumière solaire colore en grande partie les sels de quinine en jaune ou en brun.

Hydrochlorate de quinine. — a) Sel basique : 2 C /« + C/j H, + 3 «î- On peut l'obtenir en saturant la quinine par de l'acide hydrocblorique ; toutefois on obtient ainsi souvent une masse résineuse, La meilleure manière de le préparer consiste, Sflon AViNkLF.K, à mélanger -480 parties de sulfate de quinine, etlli'uri avec 139 parties de chlorure de barium cristallisé, à maintenir ce mélange avec de l'eau pendant quelque temps à 40'^, à filtrer et à évaporer à cristallisation à une température qui ne dép;isse pas 40" ; le sel se prend alors en aiguillettes blanches et nacrées. Il est peusoluble dans l'eau.

Le bichlorure de mercure précipite de la solution un sel double qui se sépare en flocons blancs et caillebotteux, et fond aisément par réchauffement.

Lorsqu'on mélange une solution d'hydrochlorate de quinine 011 d'un autre sel de quinine avec de l'acide hydrochlorique et du bichlorure de platine, il se précipite un sel double qui se présente, après la dessiccation, comme une poudre jaune-orangé et cristalline. Ce sel double exige pour se dissoudre 1500 p. d'eau froide et 120 p. d'eau bouillante. L'alcool n'eu dissout que 7.,„„., de son poids. Il se compose de 45,77 bichlorure de platine et 54,23 hydrochlorate de quinine. (J.-L.j Si l'on néglige, dans la préparalion de ce sel, l'addition de l'acide hydrochlorique, il se produit deux précipités différents, dont l'un est blanc et l'autre jaune *.

■ Suivant mes analyses, ce sel double, séch6 à 100», renferme :

Carbone

Hjdropi'-iic

Azole

3, Cl

Plalinr

J60 IIÎVITL

h) Sel neiiire. — On l'obtietil en saliir.iiit la quinine par du j^az hydrochloi icpu! st'o. Il rcfifeime (1(Mix fois autant, d'acide liydrochlorique que le sel cristalli>é dans des solutions neutres.

Chlorate de (juinine. — 11 s'oMient à pou près comme l'hydrochlorate; il cristallise en prismes très déliés et réunis en aip;rpttes, soluhles dans l'eau et à Talcool. Ces crislauv fondent à une douce chaleur; par le refroidissement la masse fondue se prend en une esj)èce de vernis diaphane ; ils font explosion à une température élevée.

/hlLlriodale (le quinine. — a) Sel hnsique. Cristaux mamelonnés. (Pelletier. ) — ft) Sel neutre. C h -{-}., H,, ; il cristallise en feuillets tendres et jaunes qui perdent à 100" 7,.'Î5 potu- cent d'eau.

Jodate de quinine. — On l'obtient en saturant la quinine par de l'acide iodique aqueux et évaporant à cristallisation ; il cristallise en aii:;uilles soyeuses et brillantes, semblables au sulfate de quinine. Il est assez soluble dans l'eau-, sa solution est précipitée par l'acide iodique libre, en donnant un sel acide fort peu soluble.

L'aci le ioilique précirute également d'autres sels de quinine fort .solubles -(Serullas;. Les autres alcalis organiques, sauf la morphine, se comportent avec l'acide iodique d'une manière semblable.

L'iodate de quinine explosionne par l'échauffement. Serul- LAs en a proposé l'emploi en médecine.

Sulfate de quinine. — a Sel basique : 2 C h, SOj + 8 aq. On l'obtient dans la préparation de la quinine, en traitant cet alcaloïde par l'acide sulfurique-, il faut éviter l'emploi d'un exoès d'acide sulfui'ique, sans quoi il se forme un sel neutre fort soluble. Quelques gouttes d'alcali ajoutées à la solution déterminent alors rapidement la cristallisation du sel. Comme celui-ci est assez peu so'uble dans l'eau froide, on l'obtient aisément à

Le soi pord à 140° 2,38 poar oent d'eau. Ces nombres r-onduisent, pour le sel sWié h 100°, à la fjimiijp : C.,„ H.^, N„ 0^, H. U., -f- Pt C/^ ■+■ aq.

DP. CllI.MIK OUGAMf^LK. ôi^l

IV'lil pur; lorsqu'il est colort'*, on le piiiifit» p:ir du charbon aiii-

Les l;()tis (piitLis tlonneuf . p.ir révjiporiilioii des cxti'iiits acidis et avaiil qu'on y ajoute un alcali, utu: portion de suUate de quinine, qu'on obtient assez blanc par des lavai^es à l'eau; les eauxmères en fournissent encoie davaritaj;e p;ir la eoncentralion.

(iuiLBERT traile le quina d'aboid par de l'ammoniaque aqueuse et fort dduée, afin d'en extraire la matière colorante, la résine et la malière grasse, puis il le traite par de l'acide sulfurique; de celte manière on obtient directement un sel très l)!afic.

Cassola prescrit l'emploi d'une lessive de potasse ou de soude. Il fnit bouillir 2 parties de quina jaune avec 8 parties d'eau, renfermant Vios de potasse caustique, ou '/jj de carbonate de potasse, puis il filtre et épuise le résidu par des lavages , etisnile i! traite à plusierrs re{>rises ce résidu par de l'eau aij^niisée par de l'acide sulfurique, sép.ire l'excès d'acide par du carbonate de chaux, décompose le liquide filtré par du carbonate de potasse, dissout le précipité bien lavé dans de l'alcool, mélange avec de l'.icide sulfurique, etc. Ce procédé donne aussi du sulfate de quinine pur sans l'emploi de l'alcoi I *.

Voici un procédé recommandé par IIf.nry et Plisson pour la préparation du sulfate de quinine : On épuise les quinas jaunes par de l'eau cliargée d'acide suifurique, on ajoute à la li- (jneur filtrée de l'hydrate d'oxidede plomb récemment préparé et Cîicore humide, jusqu'à ce qu'elle soit neutre et décolorée; on enlève l'excès de pUimb par de l'acide sulfurique ou par de riiydroi;ène sulfuré; après avoir filtré, on ajoute un léger excès de lait de chaux, et Ton neutralise par de l'acide sulfurique le précipité bien lavé. Les eaux-mères renferment du quinate de chaux qu'on peut utiliser pour la préparation de l'acide quinique. Les précijilés plombiques renferment encore un peu de quinine que l'on peut extraire au moyen de l'alcool.

Les dernières cristallisations du sulfate de quinine renferment du sulfate de cinchonine qui est plus soluble dans l'eau que le

" Mii'jaziii /, Phumi. , louie XW, caliiir 3, jui^'e *8.

;t8'2 TUA nr.

sel de quinine; les eaux-mères non ciislallisables contiennent de la quiiioïdine.

Le sullalc de quinine basique forme i\c& aiguilles 1res lincs, blanches, soyeuses et flexibles, ou des lamelles déliées ^ il est aussi léguer que la magnésie ; sa saveur est fort amère. Il fond aisément et répand une lueur phosphorescente lorsqu'on le frotte dans l'obscurité et qu'il est fondu. Il s'ellleurit à l'air sec en perdant les ••/« de son eau de cristallisation, c'est-à-dire 10,7'» pour cent.

La chaleur le décompose; il est fort peu soluble dans l'eau froide; il en exige, suivant Baup, 740 parties ; il est plus soluble dans l'eau bouillante dont il lui faut 30 parties. Il est encore plus soluble dans l'alcool; à la température ordinaire, il lui en faut GO parties de 0,85, et bien moins à chaud. Il est peu soluble dans l'éther.

6) Sel neutre. Il s'obtient, en traitant le sel précédent par un excès d'acide, sous la forme de petites aiguilles qui sont des prismes rectangulaires. Geiger l'a obtenu en aiguilles a'iongces, soyeuses, minces et de l'aspect de l'amiante.

Ce sel réagit acide. 11 se compose de 1 atome de quinine, de 1 atome d'acide sulfurique et de 8 atomes d'eau. Il est plus soluble (lans l'eau que le précédent ; il n'en exige h la température ordinaire que 11 parties. Par réchauffement, il fond dans son eau de cristallisation et perd à 100° 24,66 pour cent d'eau.

II faut dans sa préparation éviter d'employer trop d'acide, car sans cela il cristallise avec difficulté.

L'acide sulfurique concentré détruit aisément les deux sulfates de quinine, les colore en rouge à chaud et finit par les charbonner.

La lumière solaire brunit les deux sels. Leverkoehn.)

Ils sont fréquemment employés en médecine pour la guérison de la fièvre.

Ifyposulfate de quinine. — On l'obtient, par double décom- . posiiion, au moyen du sulfate neutre de quinine et de l'hyposulfate de baryte. Il cristallise aisémerit, et est moin'; soluble dans l'eau que le sulfate.

DIÎ CIllMll': OUCi.VMOlJK. 583

Phosphate de quinine. — Il cristallise en aiguilles incoloros, transparentes et nacrées, fort soUibles dans l'eau et l'alcool- On Ta vanté récemment comme étant préférable au sulfate dans le traitement iU'?< lièvres intermittentes.

Ferrocyanhijdrate de quinine. — On l'obtient en traitant le sulfate de quinine par du cyanoferrure de potassium , reprenant \f produit par de Talcool tiède et évaporant la dissolution. Il cristallise en aiguilles confuses, jaune-verdàlrc, d'une saveur amère qui rappelle un peu celle de l'acide hydrocyanique. Il est fort soiuble dans l'alcool, insoluble dans l'eau-, celle-ci le décompose à cbaud. En Italie, on l'emploie comme médicament.

Oxalate de quinine basique. — 2 C/i, O + ("I- (Begnault. Il forme une poudre blanche, cristalline et peu soiuble.

Tartrnk' de quinine. — Il ressemble au piécédent, toutefois il est plus soiuble.

i 'itrate de quinine. — On le p'Tpnre en décomposant le sulfate de quinine par du citrate de soude acide ; il cristallise en aiguilles peu solubles dans l'eau -et amères. Les médecins italiens le prescrivent quelquefois.

Quinate de quinine. — Suivant Hexry ef Plissox, on peut l'obtenir non seulement en saturant la quinine par de l'acide quiiiique, mais aussi en l'extrayant directement des quinas fort riches en quinine. On évapore la décoction aqueuse à consistance de sirop; on la dissout dans trois fois son poids d'eau froide, on filtre, on évapore à moitié, et on ajoute du carbonate de chaux, de manière à ne p'S neutraliser tont à fait : puis on neutralise complètement par de lliydrate d'( xide de plomb, on év; pore à consistance do sirop, et l'on épuise par de l'alcool de 0,842. Ensuite, l'alcool ayant été éloi2;né du liquide filtré, on le traite à plusieurs reprises par de l'eau et de l'alcool, jusqu'il ce qur ce «I.Tnit^r ne sépare plus rien ; enfin le sel est abandonné à l'évaporation spontanée*.

Tlu au're jrocéilé consiste à décomposer du qninate de baryte par du sulf-'.te de qinnine", à fiitreret à évaporer le liq^ii le à cuu-

' A'inr.ltii lier Phdinr.. (orne V, pagr Î(.W.

.SSi inAlTi:

^isl.•^rICl' de sirop; le sel en question cristallise alors au bout de quelques jours.

11 cristallise avec difTicidté ; on l'obtient à l'état de croûtes, mamelonnées, composées en partie de petites ai!;uilles ^ il ternit à l'air et prend alors laspect di; la corne. Lors(pi'd est impur, il forme une masse d'un vert sale et jaunîitre. Il est fort soliible dans l'eau et un peu moins solubledans l'alcool absolu. Il verdit le sirop de violetle. Quand il se forme en présence d'un excès d'acide il cristallise plus aisément en aif^uilles.

On a pr(*posé de l'employer comme médicament.

yicétatc de quinine. — Il cristallise en aif;uilles soyeuses, peu solubles dan*^ l'eau froide, fort solubles dans l'eau bouillante. Il perd par la clialeur une partie de son acide.

(UiUatc de quinine. — C'est une poudre presque insoluble dans l'eau froide, quelquefois grenue et translucide.

les sels de quinine, lorsqu'ils sont purs, ont une amertume franclit^, fondent aisément par la cbaleur et ne laissent aucun résidu par la calcination. Dans le commerce , on rencontre quelquefois le sulfate falsiûé avec du sulfate de chaux, de la crai<% de la magnésie, de l'acide borique , du sucre , de la manne , de la fécule , de l'acide stéarique et de la cinclionine ; la présence dès matières minérales se découvre facilement par la calcination du sel ; le sucre et la manne s'en extraient au moyen de l'eau froide; l'acide stéarique reste à l'état insoluble, si l'on traite le sel par de l'eau acidulée ; la fécule se reconnaît à la coloration bleue qu'elle communique à la teinture d'iode. Lorsque la quinine contient de la cinclionine, cela se voit quelquefois déjà à l'apparence du produit, il est alors moins léger qu'à l'état pur, car les cristaux de cinchonine sont plus gros et plus durs ; l'alcool afTaibli dissout la quinine et laisse en grande partie la cinchonine. On peut aussi décomposer le sel par un alcali et reprendre le précipité par de l'éther; lorsqu'il renferme de la cinchonine, celle-ci reste à l'état insoluble. La coloration rouge du sulfate de quinine au contact de l'acide sulfurique, à froid, y indique un mélange de salicine. {Voir, pour l'essai du sulfate de quinine, Magaz. f. Pharmacie., tome VI, page 78 ; ?;T, page 36; XIII, page 71; XVI, page 60; XVIJ,

DK r.lllMlL <)!;.. VMuLiE. -"'fij

pages ?-2 t't 113, ot Sr,H\vEr.>SBERG, dans lo inênte jouiiul, tûsiie XXII, page 137.

Cifichonine.

Formule: C,„I1,, ^,, O. ,J.-L.)

Pelletier etC.AVENTOu reconnurent, en 1820,ralealescenee du principe cristallisable, extrait du quina par Gomes, en 1811, d tiis un éf;it d'assez grande pureté , et en enseignèrent le mode (le f'ré[),'ir'iti()n.

Cet alcali se rencontre particulièrement dans les quinas bruns et les quinas gris ; les nufres espèces en renferment moins, et contiennent plus de quir.ine.

On préj'Kire la cinchonine d'après le môme procédé que la quinino, en se servant du China ffuanuco ou du Ch. rubiginosa. Comme la cinchonine est plus soluble que In quinine, il faut traiter Técorce, réduite en poudre fine, à |)lusieurs reprises par de Teau bouillante et chargée d'acide -, on ajoute un excès de carbonate de soude à l'extriiit concentré; tant qu'un précipité se forme, on épuise celui-ci par de Tnlcool de 90 centièmes et bouillant, et Ion filire le liquide tout ctiaud. La cinchonine cristallise alors en partie par le refroidissement ; on en obtient davant;ige par la concentration de la solution. Les eaux-mères retiennent de la quinine et de la qninoï line. On piiritie les cristaux de cinchonine à l'aide du charbon animal, après les avoir dissous dans de Talcool concentré.

La cinchoîiine peut aussi être séparée de la quinine au moyeu de Télher ^ ce liquide ne dissout que ce dernier alcaloïde.

La cinchonine pure cri>tallise en gros prismes quadrilatères limpides etbrillants, ou en aiguilles blanches et déliées, réfractant fortement la lumière. Elle est sans odeur, presque snns saveur, et ne détermine qu'à la longue une légère amertume dans W. gosier, ce qui la distingue de la quinine. Elle est inaltérable à l'air, fond un peu plus difficilement que la quinine , ne perd point d'eau par la chaleur et se sublime presque entièrement, par une chaleur ménagée, en nuages blnncs qui viennent se condeu-

:i8«i TKAlTi;

.ser,siir les parties froides, en llocons Icf^ers ou en aiguilles lirillantcs. semblables à l'acide ben/oïque-, pendant celle sublimation elle déj^apje une odeur aronialique.

La quinine ne se comjtorle pas ainsi. Toutefois, si la chaleur est forte, la cinchonine se charbonne el brûle à l'air avec une flamme lumineuse.

Elle est à peine soluble dans Teau froide et ne dissout que dans 2500 parties d'eau bouillante. La solution aqueuse n'est que léf^èrement troublée parla teinture de noix de galle; les* autres réactifs, dont nous avons rapporté la manière d'être en parlant de la quinine, se comportent difi'éremment avec la cinchonine.

L'acide nitrique et l'acide sulfurique concentrés ne l'allèreut point à froid; ce dernier le charbonne à chaud.

La cinchonine se dissout peu dans l'alcool aqueux et froid ; elle y est plus soluble lorsqu'il est concentré et bouillant. La solution est amère et possède une réaction alcaline; concentrée et bouillante elle dépose, en se refroidissant, la cinchonine à l'état cristallisé. Les solutions de quinine ne présentent pas ce caractère.

Sels de cinchonine. — La cinchonine neutralise complètement les acides et donne avec eux des sels bien définis, et en majeure partie cristallisables. Ordinairement ces sels sont plus solubies dans l'alcool et l'eau que les sels correspondants à base de quinine ; ils sont extrêmement amers et insolubles dans l'éther. La teinture d'iode colore en brun leur solution aqueuse ; les sels de mercure et d'argent ne les précipitent pas, les solutions d'or et de mercure les précipitent en jaune, le manganate de potasse les colore en vert Dlflos) ; les alcalis minéraux et la teinture de noix de galle y occasionnent un abondant précipité blanc.

Hydrochlorate de cinchonine basique. — 2 Ci, C/^ H^. — Il cristallise en prismes quadrilatères et obliques, aplatis, transparents et d'un éclat soyeux ; ces cristaux sont souvent épointés par trois ou quatre faces. On l'obtient aussi quelquefois en aiguilles ramifiées, blanches et brillantes. Le biclilorure de mercure occasionne dans sa solution aqueuse la formation d'un sel double en flocons blancs et caillcbuleux ; le bichloruro de platine y piéci-

DE nilMlK OUC/VMyUK. 687

pi'e v\\ >('l double jaune renfermant, suivant Duflos^ 27,3 pour cent (It* platine.

Ilijdriodale de cinchoninc basique. — 2 C t, Ij II.,-}- 2 nq- (Rk- GNAULT.) Aiguilles transparentes et nacrées, fort solubles dans l'eau houillante.

Chlorate de cinchonine. — On roi)tient en belles aiguilles blanches , brillantes et groupées en aigrettes. Il se coinporte à peu |)rès comme le chlorate de quinine.

lodate de cinchonine. — 2 C j, I,^ O.;, H,^ O. Il forme de beaux prismes blancs, réunis par groupes, et de l'éclat de l'amiante.

Sulfate de cinchonine. — a) Sel basique : 2 Ci, SO-, 3 aq. (Re- GNAULT."» On traite par de l'acide sulfurique étendu la cinchonine brute obtenue dans rextraction des quinas, en ayant soin d'éviter un excès d'acide ; on fait cristalliser par l'évaporation de la solution. Le sulfate de cinchonine forme des prismes h base rliombe , raccourcis et nacrés, qmlquefois aussi des f«^uillets irréguliers et brillants ; il ne s'altère pas à l'air, et possède une saveur amère. Il fond un peu au dessus du point d'ébullition de l'eau, et se décompose à une température élevée. Il est assez soluble dans l'eau, et en exige, à la température ordinaire, 51 parties; il se dissout aisément dans l'alcool , dont il lui faut, à la température ordinaire, 6 1/2 parties de 0,85, et 11 1/2 parties à l'état absolu. Il est insoluble dans l'éther.

b) Sel neutre. On l'obtient en traitant le précédent par plus d'acide sulfurique. Il cristallise en octaèdres à base rhombe, incolores et transparents, et se compose de 1 atome de cinchonine, 1 atome d'acide sulfurique et 4 atomes d'eau de cristallisalion. Il s'efïleurit à l'air sec, est fort soluble, et exige, pour se dissoudre à la température ordinaire, la moitié de son poids d'eau et son poids d'alcool.

L'acide sulfurique concentré et en excès altère aisément la cinchonine, de sorte que dans la préparation du sulfate il faut éviter d'employer trop d'acide.

lyitratc de cinchonine. — Il se compose, d'après REGN.iii/r, suivant la formule 2 C"t, N, O^, 3 o/.

Phosphate de cinchonine. — Il cristallise dijïicilejnent ; p.ii' lévaporation, il donne une masse opaque qui. au contact de l'eau

',S8 TI'.AITK

fcoiilc, prend, au bout de quchjui'.s jours, inic (cvlurc cristalline Il (•>( fort solubl(î dans Peau.

Oxalate de cinchoniue. — Se ron)porte comme le sel correspondant à base de quinine.

J'ai (rate de cinchoninc. — iJonne les mêmes rejetions que le tarirate de (juinine.

Ouinalc de cinchoninc. — Oti l'c^bfient à peu près comme le (piinatede quinine. ]l cristallise en aii,Miilles soyeuses réunies par Jîroupes radiés^ lorsqu'il est impur, il cristallise en grains irréijuliers. Sa saveur estamère et acre. 11 est fort solul)le dans Teau, et un peu moins solubie dans l'alcool. IIiiNRY et Plissoîv ont proposé rem[(Ioi de ce sel en médecine.

Acétate de cinchonine. — ('e sel , pris en dissolution, réagit toujours acide; il devient neutre !orsqu'(m l'cvapore doucement, et forme alors une masse feuillelée et brillante. L'eau le décompose en partie en sel acide et en sel basique.

GaJlate de cinchonine. — Il ressemble beaucoup au gallate de quinine.

Une solution de tannin peut servir A découvrir la quinine et la cinchonine dans le quinquina ; l'extrait aqueux de cette écorce donne avec elle un précipité blanc grisâtre qui est plus ou moins abondant suivant la proportion des alcaloïdes renfermés dans l'écorce.

Quinoïdine.

Sertukrner a donné ce nom à un troisième alcaloïde qui, Si Ion lui, se rencontre dans les quinas jaunes et les quinas rouges.

D'autres chimistes avaient déjà , avant lui , remarqué un alcali particulier dans les eaux-mères incristaltisables provenant de la préparation de la quinine et de la cinchonine. (Thiel, Magazin f. Pharmacie, t. II. [). 83 ; Bucholz ûIs, Trommsdorfs neues Journ. d. Pharm.^ t. VI, cahier 2, p. O'i \ Gruner, Brandes's Archiv.yt.XU, p. IlSG.) Suivant Geiger, cet alcaloïde ne serait qu'un mélange de quinine , de cinchonine et de deux résines. {Magaz. f. pharm., t. ML p. 44.) Henry et Delojvdre, ainsi que GuiBOL'RT, sont parvenus à des résultats semblables. 'Journal

un ( lll.MIE ORGAMQLK. 5S9

de Pharm., mars Ib U, p. l ii, l't Journal dr Chimie médicale^ juin 1830, p. 353.

Les expériences de ces pharmaciens ne sont toutefois pas assez rigoureuses pour établir la non existence de ce troisième alcaloïde, dont la capacité de saluralion a été trouvée assez forte.

La quiiioïiJiiie deSiiRTLEKNER se précipite sous la forme d'une masse brune, résinoide, diaphane en laniellt^s, et de l'aspect de la colophane. Elle est sans odeur, et possède de l'amertume comme 1 1 quinine; elle n'est point volatile, fond par la chaleur, et biùle à lair sans laisser de résidu ; elle est presque insoluble dans l'eau froide et fond dans l'eau chaude. Sa solution présente à peu près les mêmes réactions que les solutions de la quinine.

Elle est fort soluble dans l'alcool; l'étlier trouble la solulion alcoolique et en sépare des flocons bruu-noiiàtre.

Elle neutralise complètement les acides et donne avec eux des combinaisons visqueuses, brunes, amères, fort solublos dans l'eau et l'alcool, et qui ne cristallisent pas.

Suivant KocH, 128 parties de quinoïdine parfaitement desséchée saturaient 20 parties d'acide sulfurique concentré; lorsqu'elle avait été préalablement épuisée par lélher, 120 parties de quinoïdine saturaient la même quantité d'acide sulfurique. •

La capacité de saturation de la quinoïdine serait donc bien plus forte que celle de la (|uinine et de la cinchonine.

Ces expériences sont d'ailleurs à reprendre, car tout annonce qu'elles ont été faites sur un produit bien impur.

Jricine.

Formule : C,o H,, N^ O,. (Pelletier.)

Elle fut découverte, en 1S28, par Pelletier et ConiOL dans un quinquina venu d'Anca. On l'obtient par le même procédé que la quinine et la cinchonine. Ses propriétés ressemblent à celles de la cinchonine.

Elle cristallise en aij^uilles blanches, transparentes et brillantes; sa saveur, d'abord nulle, devient peu à peu amère et acre. Elle est inaltérable à l'air, très fusible et non volatile.

Pelletier considère les trois alc<<Iis des quinquinas comme

.".PO TRAITt

«iï'riv^vs (l'un iiK'MiC !aiiic:il et ne difTérant qiu* par li proporlion doxigètie, de telle sorte qu'on aurait :

(C,,, H,,, NJ 4- O = Cinchonine.

(C,., II,, N,) + O, = Quinine.

(C,, H,, N,,) 4- O, = Aricine.

L'aricine est insoluble dans l'eau; elle est plus soluble dans ralcool que la cinchonine ; elle se dissout égalennient dans l'élher, ce qui la distingue de celte dernière base.

L'acide nitrique concentrée colore l'aricine en vert foncé; la quinine et la cinchonine se combinent avec cet acide sans se colorer.

Les sels d'aricine sont fort amers, fort soiubles dans l'eau et l'alcool, et insolubles dans l'éther.

Le sous-sulfate dorme par l'évaporation de sa solution aqueuse une masse non cristalline et opaquecomme de la corne ; lorsqu'elle ost concentrée elle se prend par le refroidissement en une gelée blanche et tremhlottante. L'alcool bouillant dépose ce sel à l'état d'aiguilles soyeuses, fort semblables au sulfate de quinine. Le sulfate simple cristallise également en aiguilles brillantes.

Pitoxine.

Cet alcaloïde se rencontre, suivant Peretti, dans le China Pitoxa. On épuise par de l'alcool l'extrait aqueux de Técorce, on éloigne l'alcool par la distillation, on dissout le résidu par l'eau , et on précipite la solution par de l'ammoniaque ; on traite le précipité par de l'éther qui s'empare du tannate de pitoxine. L'eau ex:raitdu résidu de la pitoxine pure.

Seul, cet alcali n'est pas amer. Il n'a de l'amertume qu'en combinaison avec les acides. 11 fond un peu au dessus de 120°, et se sublime en partie en fines aiguilles.

Son sulfate cristallise en prismes radiés, renfermant 4 pour cent d'acide et 96 pour cent de base. L'acétate ne cristallise pas.

GruiNer a trouvé dans un quina de Carthagène un alcaloïde insipide, cristallisant en aiguilles déliées. Cet alcaloïde se dissout dans l'alcool et l'éther, et est insoluble dans l'eau. Il donne avec

dl: c.hi.mik ort. wiqlt. . '.U

I acide sulfiiii<jne un sel qui cristallise en aiguillM quadrilatères, •i>nnf rameituine de l'aloès. 100 parties de cetalcaloïde saturent 14,G9 d'acide sulfurique.

Le China nova renfermerait aussi, suivant Grunkr, un aica luïie particulier, dont 100 parties saturent 12,3 parties d'acide sulfurique.

MiLL a désigné sous le nom de blanquinine un aIc;iloï>le extrait de l'écorce de Cinchona ovifolia et C. macrocarpa^ appelée par MuTis China blanca.

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