ALCALOÏDES CONTENUS DANS LES PAPAVIÊRACÉES
Morphine. •
Formule : C,, H,, N, 0„.
Elle se rencontre dans l'opium, dans le suc laiteux du pavot ; Papaver somniferum, P. orientale) et probablement encore dans d'autres pnpavcracées.
Le Magislerium opii, qui figure dans certaines pharmacopées depuis le xvir siècle , n'est autre chose que de la morphine impure.
On l'extrait de l'opium par divers procédés. Le plus simple consiste à épuiser à froid l'opium par de l'eau pure; on évapore l'extrait à consistance de sirop, et on y ajoute, pendant qu'il est encore chaud, un grand excès de carbonate de soudf en poudre, t;mt qu'il se dégage de l'ammoniaque. Au bout de vingtquatre heures, on recueille le précipité et on le lave à l'eau froide; lorsque celle-ci n'en est plus colorée, on le traite à froid par de l'alcool de 0,85, on le dessèche de nouveau, et on l'épuisé à froid par de l'acide acétique fort étendu; il faut, dans cette dernière opération, n'employer jamais beaucoup d'acide à la fois, et attendre toujours que les portions employées soient neutralisées,- on passe au filtre, et on précipite le liquide par de l'ammoniaque, en ayant soin de ne pas l'ajouter en excès. On dissout le précipité, après lavoir bien lavé, dans de l'alcool bouillant; la morphine cristallise par le refroidissement : on obtient de nouvelles portions par la concentration des eaux-mères. Merck.)
.'.92 TU An F.
Suivant Mour, on fait macérer ropiuin dans trois fois son poids d'eau; on rcxfuime à plusieurs reprises, et on verse les extraits dans un lait de chaux, pour les faire bouillir pendant quelques minutes. Si l'on verse la chaux dans les extraits, il s'attache aux parois une masse gluante qui se dissout avec dilliculté -, la morphine est d'abord précipitée par la rhaux avant d(' s'y dissoudre; les matières colorantes ainsi que U narcotiiie sont complètement précipitées par la chaux. On tiltre le liquide coloré à travers un \'\ns;e, et on lave le résidu à l'eau bouillante. Le liquide ayant été concentré, on le tillre de nouveau, on le porte à l'ébullition, et on y ajoute 60 grammes de sel ammoniac en poudre par kilogramme d'opium. Lorstjue le liquide est fort concentré, il se produit immédiatement un précipité; dans le cas contraire, la morphine ne cristallise ordinairement qu'au bout de qucKpie temps, surtout par l'agitation ; on la puritie en la dissolvant dans l'acide hydrochlorique, faisant bouillir avec du lait de chaux et précipitant de nouveau par de l'ammoniaque.
Merck prescrit, pour l'essai de l'opium, d'en Hnre bouillir une demi-once avec 8 onces d'alcool ordinaire, de filtrer et de reprendre le résidu par de nouvelles 4 onces d'alcool. On évapore les extraits à siccité, après y avoir ajouté 2 drachmes de cai'bonate de soude., on délaie la masse dans l'eau froide, puis on la décante dans un verre cylindrique et étroit; on lave le résidu encore avec un peu d'eau, et on le laisse ensuite en contact pendant une heure avec une once d'alcool froid de 0,85. Enfin, le tout ayant été porté sur un filtre, on lave avec de l'alcool, on sèche le précipité, et on le dissout dans une demi-once de vinaigre distillé et étendu de son poids d'eau ; cette solution est fiitrée, puis précipitée par un léger excès d'ammoniaque; la morphine se précipite alors, surtout si Ton fj'Otte les parois du vase. On la recueille douze heures après pour la sécher et la pe>er. Les bonnes sortes d'opium donnent ainsi 30 à 40 grains de morphine pure.
On peut aussi, au lieu de l'eau pure, se servir de solutions acidulées ou de solutions de sel marin pour Textraction de l'opium .
D'après la méthode de Gregorv. l'opium est mis en macération dans de l'eau, dont la tempéraîr.re ne dépasse pas 38° C,
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fit l'on évapore les liqueuis à mcsnir (luellessont saturées. L'év.iponilion se fait dans un vase de fer ; pour satunr l'acide libre, on y ajoute une quaiililé suflisaiiie de m.irhre et» poudie grossièie.
Quand la liqueur est réduite à consistance de siro[) , on y ajoute un excès de nitniate de chaux, et Ton contiruie à faire bouillir pendant quelques minutes. Le muriate de chaux doit être exempt de fer, A cause de la couleur que communiquerait au liquide le méconate de fer. On verse la liqueur dans un vase assez, large, et quand elle est refroidie on l'étend d'eau de manière à en séparer beaucoup de flocons résineux.
Dans cette partie de l'opération beaucoup de méconate de chaux et de matière colorante est mis en liberté; cette dernière se sépare d'autant mieux que la liqueur a été plus conceiitrée et qu'on n'y verse pas trop d'eau, car autrement celle-ci dissoudrait en partie les flocot'S, et rendrait trouble la liqueur filtrée. Quand les flocons se sont déposés, on évapore de nouveau en incitant un petit morceau de mai bre dans chaque capsule pour neutrali- .ser lacide libre, et l'on décante le liquide du dépôt avant de faire cristalliser. A cette époque, on essaie si l'on a ajouté assez de muriate de chaux, en mélangeant une portion de la liqueur claire et chaude avec une quantité égale de la première infusion concentrée; il faut alors qu'il se fasse un précipité de méconate de cfi lux. Quand la liqueur s'est prise en masse et qu'elle est refroi.iie, on exprime les cristaux pour en séparer une eau-mère noire.
On dissout les cristaux dans l'eau, à une tempéralure de 15" C, et l'on filtre à travers une étoile de laine pour en sépar>T quelques impuretés. Le liquide, auquel on ajoute un peu de muriate de chaux, est ensuite évaporé, neutralisé, en un mot traité comme précédemment. EiGn le liquide, entièrement débarrassé de uiéconate de chaux , est légèrement acidulé, pour que la matière colorante devienne plus soluble. Le muriate de morphine est alors léi^èrement brun ; on le dissout daus l'eau boudianie ; on sature j» ir la craie et on le mêle avec du charbon animal. De nouvelles quantités d'eau chaude sont ajoutées, jusqu'à ce que le sel reste dis.<=ous à froid.
^O-l TRAITÉ
t.>;i maint it'iit lo mélantrii à une t(!m|KTatiin' de SS" C pendant •2i heures, puis on le jiltc mm- un (illie: si K; liquide iiltré n'est pas enlièronicnl limpide , on y ajoute queNjucs {^nulles d'acide liVdrochloiicjue, et l'on évapore à rristallisation. I^nsuite les cristaux sont exprimés par portions de (i onces dans un linge de coton; les gftteaux sont desséchés dans une éluve, cliaufïee à 38° C -, enfin 0!i enlève le linge et on gratte les parties colorées. Toute la morphine est séparée dans la i)remière ou la deuxième cristallisation, pourvu qu'il y ait un léger excès de itiuriate de chaux et que l'évaporation soit poussée assez loin. (Ghkgory.)
l.a morphine se trouve dans l'opium à l'état de méconate ^ cette comhinaison se dissout dans l'eau. Les solutions de morphine dans l'acide hydrochlorique ou acétique sont également soluhles dans ce liquide. L'emploi des solutions salines dans l'extraction de la morphine, a pour but d'éloigner les matières colorantes de l'opium qui y sont insolubles, et de faciliter ainsi la purification de cet alcaloïde.
Pour voir si la morphine renferme de la narcotine, on la traite par de l'éther ; celui-ci dissout la narcotine -, on peut aussi la traiter par de l'ammoniaque caustique et aqueux où la morphine seule se dissout. Lorsque la morphine est mélangée de naîcotine, on l'en purifie au moyen d'une solution fort diluée d'acide acétique.
La morphine cristallise tantôt en prismes rectangulaires terminés par un biseau , tantôt en octaèdres. Les cristaux sont blancs, brillants, transparents et sans odeur; leur saveur est amère et persistante; ils ternissent à une douce chaleur, fondent et perdent 2 atomes d'eau de cristallisation. Ils sont inaltérables à l'air ; les cristaux fondus se prennent par le refroidissement en une masse radiée ; une chaleur élevée les décompose.
L'acide nitrique concentré colore la morphine en rouge; l'acide iodi(iue aqueux, ainsi que les iodates alcalitis mélangé.^ d'acide sulfurique, la colore en l)run rouge, comme le kermès, en dégageant des vapeurs d'iode. On aperçoit encore une coloration jaune dans un liquide contenant 1/7000 de morphine.
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Le perclilonire de fer la coloro en Iiltu foncé, mais cette teinte ne pcrsisie point.
La morphine est peu solul>le dans l'eau froide ; suivant Merck, 500 parties d'eau bouillante ne dissolvent qu'une partie de morphine; par le refroidissement de la solution, l'alcaUjile se précipite en grande partie à l'état de petits cristaux ; la solution refroidie relient 1/1000 de morphine.
Une solution d'or la colore en bleu ; une solution d'argent la colore peu à ppu en gris noirâtre ; la solution de maiiganate de potasse lui communique une teinte verte. (Dlflos.,
A froid, l'alcool ne dissout que fort peu la morphine; elle exige, suivant Buchholz, 24 parties d'alcool bouillant de 85 centièmes. L'alcool de 96 centièmes dissout à froid 1/90 de morphine. La solution est fort amère, alcaline et excessivement vénéneuse.
La mor[)hine est à peine soluble dans l'éther ainsi que dans les huiles essentielles. Suivant Robknet, les alcalis, l'eau de chaux même, la dissolvent aisément.
Sels de morphine. — On les obtient directement en dissolvant la morphine dans les acides étendus. Ils sont en grande partie cristallisables, fort solubles dans l'eau et l'alcool, insolubles dans réther. Ils possèdent une saveur amère et nauséabonde; comme la noix vomique, ils produisent, déjà en légère quantité, des effets narcotiques ; à haute dose, leur action est mortelle. Le perchlorure de fer les colore en bleu, l'acide nitrique les rougit. Leurs solutions sont précipitées par l'acide iodique en flocons bruns, avec dégagement d'iode. Serlllas .
La teinture d'iode les colore également en rouge brun ; la solution d'or colore en bleu leur solution diluée, par suite de la réduction du métal.
Le nitrate d'argent en est aussi réduit au bout d'un certain temps ; le manganate de potasse leur communique une teinte verte passagère. (Duflos.,
L'iodure de potassium, le sel marin et le bichiorure de platine précipitent les sels de morphine en blanc lorsqu'ils ne sont pas trop dilués ; la teinture de noix de galle n'occasionne que dans
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une solution roncpiitive do Irj^crs llocons hianc grisMrft; elle ne pn'oipil»' pas les solutions diluées de mori)liine.
Les aie ilis minéraux en séparent la uiorpliine à l'état d'une poudre Manrho et cristalline. La chaleur décompose les sels de morphine.
Mlralr de morphine. — il forme des aiguilles groupées en étoiles, fort amères et très solid)Ies dans l'eau.
IlildrochJoratc de rnorphine. — M , (1/^ IL + 6 «7- L'aci It^ hydroclilo-ique concentré n'attaque pas heaucoup la mor[>liiiie à froid; lorsqu'on y ajoute de l'eau, il se produit d'abord un co<\- :;ulum épais <]tii dispar.iîl ians beaucoup d'eau. Il cristallise en prismes blancs, soyeux et groupés en aigrettes, d'une .saveur foi L amère. Les cristaux sont inaltérables à l'air. Ils se dissolvent dans 16 à 20 parties d'eau froide et dans leur poids d'eau bouillante. Il arrive souvent que la dissolution de ce sel dans l'eau, ne donne pas immédintement un précipité de morphine, quand on y ajoute un excès d'ammoniaque ; mais le mélange ne se trouble qu'après une agitation très prolongée. L'hydrochlorate de morphine est encore plus sohible da?is Talcool.
Ce sel est employé en médecine.
Sulfate de morphine. — M , S O5, 6 aq. Il cristallise en prismes incolores , tendres, amers, groupés en aigrettes et doués d'un éclat soyeux. A la température ordinaire, il ne s'altère pas à l'air, mais à 96° R. . il cède son eau de cristallisation ; il est foit .soluble dans l'eau. Le sel cristallisé renferme 6 atomes d'ean ; chauffé A 96° R. , il n'en perd que 5 atomes, et retient le sixième-, expo.sé ensuite à l'air, il attire avec avidité l'eau qu'il avait dégagée. (J. L.). Il existe aussi un sulfate de morphine acide.
Phoaphate de morphine. — Il cristalli.se en gros prismes h'^xagones, obliques et à base rhombe, qui ternissent à l'air.
Carbonate de morphine. — Il cristallise, dit-on, en prismes rectangulaires, terminés par un sommet de quatre faces, et qui po.ssèdent un éclat vitreux. Suivant Bucholz, il est peu solubîe dans l'eau; d'après CHOULA^T, il n'en exigerait au contraire que quatre parties. Sa saveur est légèrement amère ; il se compose de 22 morphine, 28 acide carbonique et 50 eau (Choulakt), et constitue pir conséquent un sel acide. 11 perd son acide à une douce cha-
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leur ; rexiàlencc de ce carbunatc est du reste fort inobltmatique.
Tartrate de morphine. — On l'oblieiit en prismes enchevêtrés et fort soIuMes dans Tcau.
Citratc^Êb morphine. — Les médecins anglais le prescrivent sous le nom de black drop^ (j^outtes noires;.
.■Icélale de morphine. — Il cristallise par l'cvaporation spoiitai)t\! d'une solution acide, à l'état de prismes tendres et i,'roupés en aii^ietles. Sa saveur est fort amère, il est fortsoluble d;ins l'eau cl un peu moins soluble dans l'alcool; à la longue, il perd une partie de son acide, et ne se dissout alors plus qu'en partie dans Tcau.
Ce sel s'emploie en médecine.
Méconate de morphine. — Il est renfermé dans l'opium; il ne cristallise pas, se dissout aisément dans l'eau et l'alcool, et colore en rouge les sels de peroxide de fer. Ces sels peuvent donc s'employer comme réactifs dans l'essai de l'opium.
Codéine.
Formule : dj H^o ^s O^ ;Reg>ault,.
Cet alcaloïde fut découvert en 1832 par Robiquet; comme le précédent , il se rencontre dans l'opium.
On l'obtient comme produit accidentel dans la préparation de d'iiydroclilurate de morphine d'après le proci-dé de Grégory. (p. Ô92); on dissout cet hydrochlorate, selon Robriquet, dans l'eau, et l'on précipite la morpir.ne par de l'ammoniaque caustique-, les eaux-mères reliennent la codéine. On évapore cellesci, et l'on obtient alors un sel double d'hydrochlornte d'ammoniaque et d'hydrochlorate de codéine. Ce dernier ayant été exprimé, on le lave avec un peu d'eau, puis on le traite par une lessive de potasse, qui sépare la codéine à l'état d'une masse gluante qui finit par durcir et devient cristalline. Cette masse est traitée par l'éllur qui dissout la codéine et l'abandonne par l'évaporation, surtout si l'on y ajoute un peu d'eau.
D'après Merck, ou obtient la codéine en épuisant à froid par l'alcool le précipité de morphine brute produit par le carbonate de soude ; on neutralise le liquide par de l'acide sulfurique, et.
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lalcoitl ;i\;ml êlé chassé par l'cvapoiatioii . on y ajoute i\c I «mu l;mt (jiK' II' nit''l;itif;(* se tronl)!<'; ;ipr('s .tvoir fillré le iKjuidc, on l'évaporé à consislarice de sirop, el l'on mélanine ee résiilu avec le tiers de son volume d une lessive de potasse moyennement concentrée, et avec (pialre fois sou volume detlier; m ».q;ite le tout dans un vase bien bouché. Ix liquide éthéié domW, en s'évaporaut, des cristaux de codéine [)ure; on répèle le traitement par réther aûn d'cxtr;iire toute la codéine.
Cet alcali cristallise d'iuK^ soiulir.n «(pieuse en octaèdres réguliers, incolores et transparents, (pii perdent par la chaleur '2 atomes =5, 8 pour cent d'eau. Une solution éthérée le dépose à Tétât d'ai^juilles raccourcies, fransparentes et blanches, qui fondent à 100° sans perdre de leur poids.
Les solutions de codéine ont une saveur amère, possèdent une réaction fort alcaline, ne rougissent pas par l'acide nitrique , et ne bleuissent pas par le chlorure de fer.
La codéine est bien plus soluble dans l'eau que la morphine ; 1 paitie en exige enviion 80 parties d"eau à la température ordinaire, el 17 parties à la température di-l'ébullition. Chanflcedans une petite quantité d'eau, elle s'y li(juéfie et donne des gouttelettes oléagineuses plus pesantes que l'eau.
Elle est fort soluble dans l'alcool ainsi que dans l'éther, mais elle est insoluble dans les alcalis aqueux, ce qui la distingue de la morphine.
Sels de codéine. — La codéine sature complètement les acides, et donne avec eux des sels qui, comme le nitrate pur, cristallisent très aisément.
Leurs solutions ne sont pas altérées par les réactifs indiqués plus liaul; toutefois la teinture de noix de galle y occasionne un abondant précipité, ce qui distingue les sels de codéine des sels de morphine.
Thébaïne.
Formule : a, H,„ O, N, (Kane). , ..",:•
Synonyme : paramorphine.
Klle fut obtenue, pour la iireiiiièi-e fois , par ThiboumÉRYv PELLLTiEii cl, plus tard, CoL£RjBE l'out exauHuéc
DK CHIMIE OKGAMgiJE. 5U0
On l'obtient en lavant le pit-cipité, produit par Thydrate de chdux dans une infusion d'opium , jusqu'à ce qu'il soit incolore, dissolvant dans un acide étendu, précipilant par rammouiaciue, dosécliarit le préci|)ité et le dissolvant dans l'alcool ou l'éllirr^ la tliébaïfie cristallise alors par l'évaporation en cristaux incolores et grenus , ou en aiguilles. Elle possède une saveur acre et métallique, ainsi qu'une réaction fort alcaline.
Elle devient fort électrique par le frottement. Elle fond entre 130 et 150° et se solidifie à 110" ; une température plus élevée la décompose.
Elle est peu soluble dans l'eau, mais fort soluble, même à froid, dans l'alcool et l'éther. Les acides concentrés la détruisent en la résiiiiliant. L'acide sulfurique contenant <le l'acide nitrique la colore en rouge de sang -, l'acide nitrique seul ne détermine pas cette coloration ; elle ne bleuit point par les sels de fer.
Lorsqu'on la neutralise par des acides étendus , elle donne des sels cristallisables, d'où les alcalis la reprécipitent.
La tbébcïiie cristallisée contient 4 pour cent -=2 atomes d'eau.
Pseudo-morphine.
Formule : C,,, H^^ N. O^^ (Pelletier).
Elle fut découverte en 1832 par Pelletier, qui l'obtint deux fois dans le traitement de grandes quantités d'opium. Ou ne b rt ncoutre pas dans toutes les sortes d'opium.
Ce chimiste l'obtint en précipitant l'extrait aqueux de l'opium par de l'ammoniaque, dissolvant ce précipité dans de la soude causti(iue qui dissout la morphine et la pseudo-morphine , sans toucher à la narcotine, sursaturant la solution alcaline par de l'acide sulfurique et précipitant la morphine par de l'ammoniaque.
Le liquide filtré dépose, par l'évaporation, la pseudo-morphine à rétat de lamelles micacées. On la dissout dans l'eau bouillante et on y ajoute de l'ammoniaque^ la pseudo-moiphine cristallise alors eu feuUlets brillants.
Elle est peu soluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool étendu et insoluble dans l'alcool absolu et dans l'éther. La potasse et la soiid'' «austique la dissolvent aisément \ elle e.st préeipilcc pnr It'