TRAIT
nVproiivt» .iiicuiie alU'ralion à rair. Klle fond aisrincnl à uiir douce clnNiir, coiiU; comme de l'huile cl se volatilise [y,\v une chaleur Ibrlc -, toutefois elle se décompose dans ce cas en j^ranle parlie, en se cliarhonnanl et en répandant des vapeurs ammoniacales. Elle se volatilise aussi en part'C avec les vapeurs d-; l'eau bouillante, et communique au liquide distillé toutes les p: 0priétés des poisons narcotiques.
Klle brûle avec une (lamme fidii^ineuse. Les alcalis minéraux la décomposent à chaud , en la transformant en une résine biuric qui ne paraît plus avoir de propriétés toxiques.
L'hyoscyamine est assez soluble dans l'eau. L'iode occasionne dans la solution un précipité abondant couleur de kermès ;. la teinture de noix de galle y occasionne un précipité blanc ; la solution d'or y détermine également la formation de flocons blanchâtres; la solution de platine ne la précipite pas.
L'acide nitrique concentré dissout l'hyoscyamine sans se colorer -, l'acide sulfurique concentré la brunit.
L'hyoscyamine se dissout aussi fort bien dans l'alcool et dans réther.
Elle neutralise complètement les acides, et sa capacité de saturation est même assez grande. Les sels d'hyoscyamine s'obtiennent directement avec des acides étendus; ils cristallisent eu grande partie et ne s'altèrent point à l'air ; ils sont sans odeur, possèdent une saveur nauséabonde et acre , et sont fort vénéneux.
Daturine.
Elle a été obtenue par Geiger et Hesse, et se rencontre dans les graines du Datura Stramonium, et probablement encore dans d'autres espèces de datura.
On la prépare par le même procédé que l'hyoscyamine, à raid(3 des graines de datura; cependant comme elle est peu soluble dans l'eau et qu'elle a plus de tendance que l'hyoscyamine à se solidifier, on peut la séparer plus aisément à l'aide des alcalis de ses solutions dans les acides faibles.
Sa composition ni son équivalent ne sont connus.
Elle criàtallise de sa solution dans l'alcool aqueux en beaux
DE CIlIMli: OKGANIQUE. Glii
prismes incolores, fort brillants et réunis en aif,Tettes. Lorsqu'on la précipite de ses solulions acides, elle se dépose à l'élat de llocons blancs qui unissent jiar s'a.^glomérer. Elle est sans odeur à l'état pur ; sa saveur est d'abord un peu amère , puis fort acre comme celle du tabac.
r.llo est d'une action fort vénéneuse comme l'hyoscyamine; l^s de grain sullit pour tuer un moineau dans lespace de trois heures.
A la température ordinaire elle ne s'allère pas à l'air^en solution aqueuse elle a une réaction fort alcaline. Elle entre en fusion à la température de l'eau bouillante, et se volatilise presque complètement à une température plus élevée. Les alcalis aqueux la décomposent à chaud.
Elle est peu soluble dans l'eau ; elle en exige , pour se dissoudre , 2S0 parties à la température ordinaire et 72 à l'ébullition; la solution dans l'eau bouillante se trouble par le refroidissement en déposant la daturine à l'état d'une masse onctueuse qui ne cristallise que quelque temps après.
La teinture d'iode, celle de noix de galle, les solutions dor et de platine se comportent avec la daturine comme avec Ihyoscy.:mine.
Elle est fort soluble dans l'alcool ; l'eau ajoutée à la solution dépose la daturine à l'étal cristallisé. L'éther la dissout également fort bien.
Les sels de daturine s'obtiennent directement avec la daturine et les acides dilués. Ils cristallisent aisément ; le sulfate s'obtient sous la forme de prismes nacrés et groupés par aigrettes. Ils sont amers, ùcres, vénéneux, fort solubles dans l'eau et l'alcool.
Slramimine. — C'est un autre principe rencontré dans le Daiura S(ramonium par H. Trommsdorff. Il l'obtint avec l'huile claire qui se sépare lorsqu'on prive d'alcool l'extrait alcoolique, traité par la chaux, Glîré et repris par un acide. La stramonine se dépose à l'état de cristaux aciculaires, qu'd puriûa par l'éther bouillant.Elle est blanche, sans odeur ni saveur, fond à 150*', brûle avec une flamme très fuligineuse, et se sublime fans résidu par une chaleur ménagée. L'eau ne la dissout pas, l'alcool la dissout peu, dans l'éther au contraire elle est fort soluble. Les solution.»
6 H TRAITI.
n'ont p;is(le rt^action alcaline. L'iode ni le soufre n'y agissent à cliauii ; l'acide sulfurique concentré la dissout avec une couleur rouge de sang-, l'acide liydrochlorique bouillant la décompose^ l'acide nitrique moyennement clcmlu ne la décompose pas môme par réliullition, la potasse n'y agit pas non plus.Lcs chlorures d'or, de platine, de mercure et l'acétate de plomb ne la précipitent pas.
atropine.
Formule : C,, H,, N, 0,(J.-L.).
Klle a été préparée dans ces derniers temps par ÎNIfin, Gf.igkr etHESSE, Klle se rencontre dans toutes les parties de la belladone ( j4tropa Belladonna) et probablement encore dans d'autres espèces d'atropa.
On épuise par de l'alcool de 90 centièmes les racines de belladone desséchées et réduites en poudre; on abandonne l'extrait pendant 24 heures avec 1/24 environ de chaux caustique, en agitant de temps à autre , et après avoir fdtré le mélange on sature par un léger excès d'acide sulfurique 5 puis l'alcool ayant été chassé à une douce chaleur, on ajoute goutte à goutte une solution concentrée de carbonate de potasse, et l'on filtre lorsque le liquide se trouble. L atropine cristallise dans le liquide quelques heures après. On la purifie par des cristallisations dans l'alcool.
Les feuilles de belladone sont soumises au même traitement ; on les épuise par l'eau , et on réduit l'extrait A consistance d'extrait en l'évaporant bien doucement. Cet extrait est traité comme nous venons de le dire pour les racines.
Comme l'atropine est fort altérable, il faut éviter, dans cette préparation , de chauffer trop vivement, et l'on fait bien de terminer promptement les opérations, car sans cela on perd beaucoup d'atropine.
Cet alcaloïde cristallise de sa solution aqueuse ou alcoolique en aiguilles blanches , transparentes, soyeuses et réunies en aigrettes, qui ressemblent souvent au sulfate de quinine. Il forme souvent par l'évaporation lente de sa solution alcoolique une masse incolore, ayant l'aspect du verre.
Il est plus pesant que l'eau, inaltérable h l'air, sans odeur à l'état pur, d'une saveur extrêmement amère, nauséabonde et quel-
DE CHIMIE ORGAMQUE. (ilT)
que peu métallique. Son action sur féconomie est fort éneri^ique; il détermine uneconstriclion dans le palais, une sensation de sécheresse dans la bouche, des vertiges, des maux de tôte, toutefois il tue moins promptemcnt que la coninf : comme l'hyoscyauiine, il dilate la pupille d'une manière persistanh*, et même un millième de grain suftit pour produire cet effet.
L'.itropineest fort.ilc;iIitie,fond à la chaleur de l'eaubouillante, et se volatilise à une température peu élevée en se décomposant en partie. Les alcalis minéraux la décomposent aisément à chaud, i'cui elle-même l'altère un peu.
L'acide nitrique concentrée la dissout avec une couleur jaune paille, le mélange devient d'abord orangé par l'ébullition, puis se décolore en dégageant quelques vapeurs rouges. Le chlore n'y agit pas non plus d'une manière énergique ; il se produit en liquide jaunâtre, composé en grande partie d'hydroehlorate d'atropine.
L'acide sulfuriqne concentré dissout l'atropine à froid sans se colorer- par réchaulTement le ménage noircit en dégageant du gaz sulfureux.
L'atropine se dissout fort peu dans leau. L'alcool au contraire la dissout aisément, l'éther en dissout moins. Ces solutions évaporées doucement à l'air acquièrent une odeur nauséabonde par suite d'une altération partielle de l'atropine.
I.a teinture d'iode produit à froid une coloration brune dans la solution de l'atropine; la teinture de noix de galle la précipite abondamment; la solution de platine ne la précipiie pas.
Les .sc/s d'atropine sont pour la plupart cristallisables et s'obtiennent directement; ils sont amers, Acres et vénéneux; à l'état pur, ils n'ont pas d'odeur. Ils sont inaltérables à l'air , solubles dans l'alcool et l'eau , insolubles dans l'élher pur-, ils se colorent déjà à la température de l'eau bouillante en donnant des sels ammoniacaux.
Aitrale d'atropine. —Il se dessèche à une douce chaleur en une masse compacte et incolore, sans indice de cristallisation, et tombe en déliquescence à l'air humide.
Hifdrochlorate d'atropine. — Il cristallise en aigrettes groupées par faisceaux, inaltérables à l air. solubles dans l'eau et l'alrool.
(îin TRAITF.
Sulfate d'alrnpine. — 11 cristallise Jiisûnnnt en aip^uilles dé-' liées, incolores, nacrées et réunies en étoiles ou en aii^reltes; il est inaltérable et fort soluble.
Tarirait' (falropinc. — Il se dessèche par la clialenr en une masse incolore et transparente que le contact de l'air lend humide et visqueuse.
Rectale d'alropine. — On l'obtient sous forme de prismes nacrés, groupés en étoiles; il est inaltérable et fort soluble ; lorsqu'on le dissout ù plusieurs reprises, il finit par perdre un peu d'acide acétique.
Solanine.
Formule : C,^ H,.„ N, Oj, (Blanchet .
Desfosses découvrit cet alcaloïde en 1821 ^ Otto et Henry le préparèrent dans ces derniers temps à l'état de pureté. Il se rencontre dans le Solannm nigrum, dans la pomme de terre (S. tubei'osum)^ (suivant Otto, particulièrement dans les germes des tubercules âgés que l'on conserve dans les caves) , dans la douce-amère (5". rfw/camam) , dans le S. verbascifolium et probablement encore dans d'autres solanées.
Le procédé d'extraction de Reullng consiste à épuiser par de l'acide sulfurfque les germes des pommes de terre lorsqu'ils n'ont pas plus de quatre pouces de long, à porter le liquide à Fébullition et à y ajouter de l'ammoniaque-, après avoir lavé le précipité avec de l'ammoniaque, on le fait cristalliser dans l'alcool bouillant. Il arrive quelquefois que dans cette opération l'alcool donne une gelée qui prend, par la dessication, l'aspect de la corne ; cela provient de la présence d'un corps étranger qui n'a point encore été examiné et que l'on peut enlever ?îvec de l'ammoniaque ou avec une lessive de potasse.
Otto traite par de l'acétate de plomb l'extrait des germes blancs dans l'eau chargée d'acide sulfurique, filtre le mélange, ajoute au liquide un excès de lait de chaux, lave le précipité, répuise par de Talcool de 80 centièmes , évapore et purifie la solanine par de nouvelles cristallisations.
Les fruits, les feuilles et les tiges d'autres solanées fournissent la solanine par des procédés semblables.
DK CHIMIK ORGANIQUE. 6l7
Tno solution saturée, .-ilcoolique oX bouillanle dépose la sol.iiiint' à l'état d'une poudre l)Iaiiche et nacrée, composée di; petits prismes quadranguiaires et aplatis. Elle est altérable à l'air , sans odeur , et possède une saveur nauséabonde un peu amère et d'une acrelé persistante , rappelant un peu celle des pommes de terre crues.
Son action sur l'économie animale est comme celle de tous les poisons narcotiques • elle paralyse les extrémités postérieures, toutefois elle ne dilate pas la pupille.
Elle possède une réaction légèrement alcaline et ne fond pas sans se décomposer. File est fort peu soliible dans l'eau; la solution n'est point troublée par la noix de galle. Son affinité pour les acides est assez faible.
Les selK de solanine refusent en grande partie de cristalliser. Suivant Otto , le sulfate s'etTleurit sous forme de choux-fleurs par l'évaporation spontanée de sa solution; suivant Payen et Chevallier, il s'obtient même en croûtes cristallisées. Ils sont inodores, d'une amertume désas;réable, d'uneacreté persistante, et vénéneux. Ils sont fort solubles dans l'eau et l'alcool. Leurs solutions aqueuses sont précipitées par la teinture de noix degalle ils donnent avec le bichlorure de platine un précipité jaune.
Ces sels n'ont pas encore élé bien étudiés.
Il est fort passible que la solanine de la pomme de terre et celle de la douce-amère ne soient pas un seul et même corps.
rératrine.
Formule : C,, H,, N., 0« Cou erre .
ÎMeissner découvrit cet alcaloïde en 1818; Pelletier et Caventou l'obtinrent en 1819. Il se rencontre dans la graine de cévadille Veratrum officinale Schlecht) et dans les autres espèces de veratrum.
Pour préparer cet alcaloïde, d'après le procédé de Henry, on épuise par de l'alcool de 0,86'», aiginsé par un peu d'acide sulfurique, les graines de cévadille mondées de leurs enveloppes et réduites en poudre; on traite l'extrait par un excès de chaux caustique, et après avoir filtré le mélange, on chasse l'alcool par l'évaporation. Le résidu est traité d'abord par l'eau, puis par
Il ès prn d'acide siilfniif|no dilut' ; on pi-i'cipite ensuite la solution par un excès d'.'ininioniacpie. Il se dépose ainsi una poudre blanche que l'on puritie en la dissolvant dans l'élher.
INIehck emploie de l'eau houiilaiile et c!iar£;ée d'acide liydrocliloriquepour rextiactiou delà cévadille: d évapore l'extrait à consistance de sirop, ajoute de l'acide hydrochlorique, tant qu'il se forme un précipité , filtre, décompose le liquide par un excès de chaux caustique, traite le précipité à chaud par de Talcool, évapore l'extrait, dissout le résidu dans de l'acide acétique étendu, précipite par de l'ammoniaque, et purifie le précipité au moyen de l'éther.
10 livres de cévadille donnent environ 3 ou 4 drachmes de vératrine.
La vératrine se présente à l'état d'une poudre blanche ou blanc-verdàtre, soyeuse, cristallisée au microsope, et qui, dissoute dans l'éther et évaporée sur l'eau , se prend en lamelles transparentes *. Elle est sans odeur ^ une petite quantité de vératrine en poudre introduite dans le nez détermine de viol;^nts éternuments accompagnés de maux de tète et d'un malaise général. Llle est fort acre et vénéneuse -, prise intérieurement elle provoque des vomissements et des purgations-, 1/16 de grain tue un petit chat dans l'espace de 10 minutes.
Elle fond aisément par la chaleur. L'acide nitrique concentré prend par elle une teinte d'abord écarlale, puis jaune. L'acide sulfurique concentré, mis en contact avec la vératrine, se colore en jaune, puis en rouge de sang et devient enfin violet.
Elle est insoluble dans l'eau et dans les liqueurs alcalines; elle est fort solubledans l'alcool et se dissout difTicilement dans l'éther.
* Une solution alcoolique de vératrine donna à M. Merck, par l'évaporation spontanée, des prismes à base rliomlie de plusieurs lignes de long. L'échantillon qu"il m'en a adressé était incolore, transiiarent, d'un éclat vitreux, insolu- Lk- dans l'eau bouillante, fort soiuble dans l'alcool, et d'une réaction alcaline; H devenait opaque par léxhauCfement et se fondait en un liquide oléagineux. Ces mêmes cristaux se décomposaient à une température élevée sans se sublimer, et se dissolvaient dans l'acide sult'urique avec une couleur rouge de sang, ainsi que dans l'aride acétique dilué et chaud; cette solution donnait par l'ammoniaque un précipité blanc et cristallin. La solulioD dans l'acide hydrochterique étendu n'clait pas troublée par le bichlorure de platine, toutefois par la roti'-entration elle donnait un précipité jaune et cristallin.
Les solutions bleuissent le p.ipier de tournesol rouj:;e et colorent en vert le pnpier de dahlia rouge.
Suivant CoLERBE , la p'.iine de cévadille renferme deux alcaloïdes, dont l'un, la ^ahadilline, est soiuble dans Teau bouillante. Voici la méthode qu'il emploie pour séparer ces alcaloïdes. Jl épuise la cévadille par de l'alcool, éloigne celuici par la distillation , dissout l'extrait dans l'acide sulfuriqiie dilué, chaufTe avec du charbon animal et précipite la solution par un alcali; 1 livre de graines fournit 72 grains de précipité. Celui-ci se compose de vératrine , de sabadilline qu'on peut obtenir cristallisé, et d'un autre alcali non cristallisable. La cévadille renferme en outre deux substances non alcalines. Pour préparer la vératrine à l'état de pureté, on dissout le précipité dans de l'acide sulfurique dilué et l'on y ajoute de l'acide nitrique tant qu'il se produit un précipité noir et poisseux ; ce précipité n'a point été examiné. Le liquide filtré est précipité par une lessive de potasse fort étendue, puis , le précipité ayant été lavé, ou le dessèche et on le dissout dans l'alcool absolu; <»n évapore la solution, et le résidu bouilli avec de l'eau laisse de la vératrine et une autre substance non basique à l'état insoluble, tandis que la sabadilline et l'autre alcaloïde se dissolvent dans l'eau. Au moyen de l'éther on extrait la vératrine du résidu insoluble ; par Tévaporation de la solution, la vératrine reste à l'état d'une masse incolore , résineuse , cassante , fusible à 1 1 3° et non cristalline, qui partage du reste toutes les propriétés du produit obtenu par les autres méthodes.
Les sels de vératrine ont une légère saveur styptique et sont neutres.
X'Aydrof/i/orrtfc cristallise en aiguilles raccourcies fort solubles dans l'eau et l'alcool ; il renferme, pour 1 équivalent d'acide hydrochlorique , 3418. 5r>4 de vératrine. ((!ouerbe . Le mlfals s'obtient en dissolvant la vératrine à chaud dans de l'acide sultiirique étendu; il se prend, par l'évapnralion lente, en aiguilles quadrilatères, contenant 2 atomes d'eau de cristallisation qui se déijagent par la fusion. 100 parties de vératrine s'y trouveîit, combinées avec 14,66 acide sulfurique. (Coi erbe.
Sabadilline de Cou erbe. Ce chimiste la prépare, comme nous
6*20 TRAITK
ravons iléjii dit, en l'ai.siiil lioiiillir avec de l'eau Ki vôratrinc impure pn''cipi!é« par un alcali ; la saliadillioe se dissoul alors. Par le rctVoidissenu'tit, elle crislallise presque compléterneut sous forme de prismes hexai^nnes, rouj^eûtres et f^roupés en étoiles. A rétat pur, elle est incolore et d'une saveur fort Acre, l'-lle forul à 200» en une masse résinoïde, en perdant 9,53 0/0 d'eau; une temrpérature l'élevée la décompose. Elle est soluble dans Peau bouillante et ne s'y dissout que fort peu ù froid. L'étlier ne la dissout point. Elle possède une réaction fort alcdine et forme avec les acides des sels en jurande partie cristallisables. Les acides concentrés la décomposent.
100 parties de sabadilline saturent 19 parties d'acide sulfurique.
L'analyse du sulfate donna pour la sabadilline le poids atomique 2637,68.
Si l'on évapore le liquide d'oii les cristaux de sabadilline se sont déposés, il s'en sépare des j^outtes olétginensHS qui se prennent en une ma.sse cassante, brun roui^càtre et résinoïde. Couerbe l'a d'abord appelée résinigomme , puis monohydrate de sabadilline. Elle est soluble dans leau, présente vme réaction alcaline, donne avec les acides des sels non cristallisables, dont on peut la séparer au moyen d'un alcali minéral. Elle est soluble dans l'alcool et insoluble dans l'éther. Couerbe indique pour ce corps la formule C „o H,^„ N,, 0«, d'après laquelle il ne se distinguerait de la sabadilline fondue que par 1 atome d'eau, que Ton n'en peut toutefois pas éloiiîner par la fusion.
Les combinaisons de cette substance sont entièrement distinctes de celles des deux autres alcaloïdes.
La substance brune, dure, insoluble dans l'éther et résineuse qui reste dans la purification de la vératrine, se dissout dans l'alcool et dans les acides sans les neutraliser. Une analyse a donné pour elle la composition C,4 H, g N O,.
Suivant E. Simon, la sabadilline de Couerbe n'est autre chose qu'une combinaison double de résinate de soude et de résinate de vératrine; en la dissolvant dans l'acide .sulfurique étendu, on peut , dit-il, par l'ammoniaque en précipiter de la vératrine pure.
DH «:MI.MIK (MUiAMgi'K. tîîl
Colchicine.
Cet alcaloïde, confondu d'abord par Pelletier et Caven- TOU avec la vératrine, fut si};rial('; plus tard par ('jI'.I(;f:iî et HKtiSEcummo un pritjcipe particulier. Il se reiicontrt^datis toutes les parties de la colchique lï imlomnc ( Colchicum aulumnale) et prohahlemnit aussi dans les autres es[»èces d<^ colcliicum. On n'en connaît ni la com[)osition ni le poids atomicîue. \ oici comment on l'extrait : On épuise à chaud la [loudre de graines de colchique avec de l'alcool aiguisé par de l'acide sulfurique, on ajoute de la chaux à l'extrait, on sature le liquide (iltré par de l'acide sulfuricpje et l'on chasse l'alcool par la distillation. Le liquide aqueux et concentré ayant été décomposé par un excès de carbonate de potasse, on dessèche le précii)ilé, et, après l'avoir dissout dans l'alcool absolu, ou décolore par du chiibon animal, et l'on évapore le liquide filtré à l'aide d'une douce chaleur. L'alcali est puritié par de nouvelles cristallisations.
Les fleurs et les racines récoltées au mois de juillet, fournissent pareillement de la colchicine.
Cet alcaloïde ciistallise de sa solution dans l'alcool aqueux en j)rismes ou en aiguilles incolores 5 il est amer, vénéneux, et détermine môme en petite dose des vomissements et des purga tions^ 1/16 de grain sulTit pour tuer un chat dans l'espace de douze iieures.
La colchicine est légèrement alcaline, inaltérable à l'air et fusible à une douce chaleur.
L'acide nitrique concentré la colore en bleu ou en violet foncé; cette teinte passe [)eu à peu au vert d'olive et au jaune ; l'acide sull'urique la colore en brun jaunâtre, et non pas en violet, ce qui la distingue de la vératrine.
L'eau la dissout assez bien ; la teinture d'iode, la solution de platine et l'infusion de noix de galle la précipitent. Elle se dissout aussi dans l'alcool et dans l'éther.
T.a colchicine neutralise comrdétement les acides, et présente môme une capacité de saturation assez forte, bien qu'elle n'ait qu'une faible réaction sur les papiers.
Les se/«rfeco/f/ndne cristallisent en grande partie; ils sont inal-
1)2-2 TRAITK
fi'i-.ilih's ;i l'air, forl amers et Acres. Ils se dissolvent aisément dans Icau et dans l'alcool ; leur solution aqueuse se comporte avec les léaclifs comme la solution de la colcliicine. Les alcalis minéraux en précipitent la colcliicine ^ tonlel'ois lorsqu'ils sont fort étendus, ils ne produisent aucun elïet sur eux.
Jconitine.
Elle fut découverte dans ces derniers temps par Hesse , et se trouve dans ÏJconilum Napellus et probablement dans tous les aconits acres.
On l'obtient par le même procédé que les alcaloïdes dont on vient de parler, au moyen du suc des feuilles fraîches ou de l'extrait alcoolique des feuilles desséchées.
Elle cristallise d'une solution dans l'alcool aqueux en grains blancs; souvent aussi elle reste à l'état d'une masse compacte, transparente et vitreuse. Elle est sans odeur, mais elle possède une amertume et une âcreté persistantes.
Elle est excessivement vénéneuse ^ 1/50 de grain suffit pour tuer un moineau dans l'espace de quelques minutes, et 1/10 le tue instantanément; l'oiseau meurt dans des convulsions tétaniques. Elle dilate aussi la pupille.
Elle est peu soluble dans l'eau froide, inaltérable à l'air, très fusible et non volatile. Sa réaction alcaline est très prononcée.
L'acide nitrique fumant la dissout sans coloration -, l'acide sulfurique concentré la colore d'abord en jaune, puis en rouge violacé.
Elle exige 50 parties d'eau bouillante pour se dissoudre; la solution concentrée ne se trouble point par le refroidissement. La teinture d'iode donne avec elle un précipité couleur de kermès; le perchlorure d'or la trouble en déposant peu à peu des grains jaunes et cristallins; la solution de platine ne la précipite pas; l'infusion de noix de galle y occasionne d'abondants flocons blanchâtres.
Elle est fort soluble dans l'alcool, ainsi que dans l'élher.
Les sels d'aconitine examinés jusqu'à présent ne cristallisent pas ; ils se dessèchent en une masse gommeuse, amère, acre et fort vénéneuse. Ils sont fort solubles dans l'eau et l'alcool ; les
DE CHIMIE ORGANIQUE. fi^S
alcalis minéraux en précipitent l'acoriitine^ ils se comportent comme elle avec les réactifs.
Delphine.
Découverte en 1819 pnr Iîkandes, Lassaigne et Feneulle dans les graines de staphysaigre ( Delphinium staphysagria).
Suivant Couerbe, on peut se procurer la delphine à l'état de pureté en extrayant par de l'alcool les graines grises et brunâtres de cette plante ^ le staphysaigre noir n'en renferme presque pas. On chasse l'alcool par la distillation, puis, après avoir traité le résidu par de l'acide sulfurique étendu, on précipite la solution filtrée par un alcali ; le précipité ayant été séché, on le dissout dans l'alcool et on le traite par du charbon animal.
Le liquide filtré donne la delphine par l'évaporation. Une livre de graines donne par ce procédé 55 à tiO grains de cet alcaloïde. On le purifie en le dissolvant dans de l'acide sulfurique étendu, auquel on ajoute goutte à goutte de l'acide nitrique qui précipite une substance brun foncé et décolore le liquide; au bout de vingt-quatre heures, on peut le décanter; on le précipite ensuite par de la potasse faible, et le précipité ayant été h\é et desséché, on le dissout dans l'alcool. Celui-ci donne par l'évaporation une substance résinoide, jaunâtre et fort alcaline qu'on lave avec de l'eau. Ensuite on le traite par l'éther qui dissout la delphine et laisse à l'état insoluble une autre substance appelée par Couerbe staphysain.
La delphine ainsi préparée est légèrement jaunâtre, non cristallisable, résinoide, presque blanche en poudre , d'une saveur brûlante et persistante; elle fond à 120<» et n'est pas volatile. Le chlore ne l'attaque pas à la température ordinaire, mais à 150" il la colore en vert, puis en brun foncé, en dégageant de l'acide hydroclilorique; dans cette réaction il n'y a que la proportion de l'hydrogène qui change, les quantités relatives d'azote et de charbon restent les mêmes dans la substance. La masse brune renferme trois substances, qui toutes renferment le cliarbon et l'azote dans le rapport de 15 : 1.
150 [)arties de delphine absorbent 20 parties de gaz hydrochlorique, ce qui donne un poids atomique de •2G27,8.