DES PHENOMENES D’EREMACAUSIE OU DE. COMBUSTION IRRE
Outre les phénomènes de fermentation et de putréfaction, il se présente. dansıla nature organique certaines: altérations. assez fréquentes, que les matières éprouvent.sous- l'influence de Fair, et qui sont Pelfet. d’une combi-, naison lente: de leurs éléments avec l’oxigène de Pair.{Ces décompositions,, quisonb.de véritables combustions, ont-reçu:lesnom de phénomènes dé:
rémacausie (en. allemand: Kerwesung):
‘Ab cette classe de. décompositions appartient la transformation du. bois: en terreau (ulmine), celle de l’alcoob en. vinaigre, la: nitrification, et. beau. coup-d’autres phénomènes encore.
Les sucs végétaux aqueux, certaines, substances animales, la sciure de bois humide, le sang, ete., ne peuvent pas: être mis en.contact, avee Pair sans éprouver à l'instant: même une: altération progressive , sous. Je rapport: de leur couleur et: de leurs propriétés, altération. qui est. due.à une absorption d’oxigöne. Celle-ci. n’a. pas lieu.sans la présence de l’eau, ni à la température de zéro ; un: certain degré: de chaleur, variant suivant la nature des corps, est également; nécessaire pour qu’elle s’établisse.
Les matières azotées présentent. de préférence ces phénomènes.
Borsqu’on évapore. des sucs végétaux à une douce chaleur et au contact de Pair, ilse- dépose, comme, produit de Paction de l’oxigène, une matière noire ou noir brun, qui, pour tous les sues végétaux! paraît être à peu près de la: même nature, et que. l’on distingue sous le nom de. substance extraclive; elle est peu ou point soluble dans Peau et, se dissout. facilement dans les alcalis.
Par l'action de Pair sur certaines, matières végétales ou animales solides, il se forme une substance semblable, noir brun, pulverulenie, ‚qui porte lenom deterreaw (ulmine).
Les conditions qui sont nécessaires pour: que P’erdmacausie s’établisse sont très variées; beaucoup de: matières organiques, et particulièrement les mélanges, s’oxident déjà à Pair, lorsqu'on ne fait que les humeeter; d’autres, quand on les met en contact avec des:alealis, Ba plupart, cependant, n’&prouvent cette combustion lente que si on les porte: en. présence d’autres substances, qui se trouvent déjà dans un état d’érémacausie.
?érémacausie d'une matière organique peut être entravée. par toutes:les substances, qui empêchent la fermentation ou la putréfaetion; ainsi les acides minéraux, les sels mereuriels‘, les substances: aromatiques, les huiles empyreumatiques, l'essence de térébenthine, présentent sous cérapport le même effet. Ces dernières surtout agissent sur les corps.en.érémacausie comme sur Fhydrogène phosphoré, dont elles empêchent, l'inflammation spontanée.
XXxi] INTRODUCTION.
Beaucoup de matières qui, à elles seules, ou à l’état humide, ne subissent pas les effets de l’érémacausie, s ’alterent aussitöt qu’on les met en contact avec un alcali.
Ainsi lacide gallique, l’hematine et béaucoup d’autres Er peu- | vent être conservés en solution aqueuse ; mais la moindre quantité d’aleali libre leur communique la faculté d’attirer Poxigene et de se transformer en matières brunes, semblables à Pulmine (Crevreuz).
Les phénomènes dérémacausie les plus curicux se manifestent lorsqu'on met certaines substances végétales en même temps sous l’influence de Peau, de Pair, et de l’ammoniaque ; elles absorbent alors vivement l’oxigène de Pair, sans dégager ‘d’acide’ carbonique, et il se produit, comme pour Voreine, la phlorizine, Perythrine, etc., des liquides d’une très belle teinte rouge ou! violette, qui contiennent une matière azotée, où Vapo toutefois n’est pas sous là forme d’ammoniaque.
On a trouvé que, dans toutes ces décompositions, l’action de l'oxigène ne se porte que rarement sur le carbone, et qu’elle s’étend-de préférence sur l'hydrogène de la substance, absolument comme dans les combustions à une température élevée. Ainsi, lorsqu’à un hydrogène carboné, auquel on a mis le feu, on laisse arriver juste assez d’oxigène pour brüler tout son hydrogène, le carbone ne brûle pas et se dépose à l’état de noir de fumée ; si la quantité d’oxigène n’est pas même suffisante pour brüler tout hydrogène, il se produit des carbures d’hydrogène moins riches en hydrogène que le carbure primitif, tels que la naphtaline et d’autres encore.
Si l’on applique les principes, qui découlent des expériences que l’on a faites sur la combustion des matières carbonées à des températures élevées, aux combustions à des températures basses, on peut poser comme règle que le carbone d’une substance ne brûle qu’autant que hydrogène, qui s’est trouvé en combinaison avec lui, est déjà brûlé, c’est-à-dire qu’il a déjà pris la forme de l’eau.
Parmi les matières susceptibles d’éprouver les effets de l’er&macausie , on peut distinguer celles qui se combinent avec l’oxigène de Pair sans dégager d'acide carbonique, et celles dont l’absorption de loxigène est accompagnée d’un dégagement d’acide carbonique.
Eremacausie de l'acide pyrogallique. — D’après les expériences de . Dosereiner, 100 parties d’acide pyrogallique absorbent, sous l’influence de l’ammoniaque et de l’eau, 38,09 parties d’oxigène, et se transforment en une espèce de pourri qui contient moins d’oxigene que la substance primitive. Il est évident que ce nouveau produit n’est pas un oxide supérieur, car si l’on compare la quantité d’oxigene, que l’acide pyropallique a absorbée, avec l’hydrogène qui y est contenu, on trouve que l’oxigène absorbé a suffi exactement pour former de l’eau avec cet hydrogène.
Eremacausie de l'orcine. — Lorsque l’orcine incolore se transforme en orcéine rouge, en présence de l’ammoniaque et de l’oxigène, on re-
marque que les 5 atomes d’oxigène qu’elle absorbe agissent. tout simplement sur son hydrogène, en donnant naissance à de l’eau, tandis que le
INTRODUCTION. xxx
rèste des éléments de Pammoniaque et de l’orcéiné n’éprouvé pas d’autre altération. 1 équivalent d’orcéine = C,, H,, O, et 1 équivalent d’ammoniaque, N, Hs absorbent 5 équivalents d’oxigene, pour former 5 équivalents d’eau et 1 équivalent d’orcéine C15 H2o O, N; (Dumas):
* Quelque probable qu’il soit que, dans l’érémacausie des substances organiques, l’action de Poxigène se porte toujours d’abord et de préférence … sur lhydrogène, comme sur l’élément le plus combustible, on ne saurait toutefois en conclure que le carbone ne se combine jamais avec l’oxigène, lorsque chacune de ses particules se trouve en contact avec de l'hydrogène ; car on sait que l’azote, par exemple, qui ne s’unit pas directement à l’oxigène, s’y combine pour former de l’acide nitrique, si on le mélange avec de Phydrogène et qu’on le brûle alors dans l’oxigène. Dans ce dernier cas, évidemment, la combustion de l'hydrogène se communique à l’azote qui se trouve en contact avec lui et en renforce pour ainsi dire l’affinité pour l’oxigène. On conçoit donc que le carbone, en contact avec de l’hydrogène en érémacausie, puisse quelquefois se combiner directement avec l’oxigène pour former de lacide carbonique, bien qu’à la température ordinaire il soit privé de cette faculté. Cependant, dans la plupart des cas, la formation de lacide carbonique dans l’érémacausie des matières hydrogénées est due à une autre cause ; cet acide parait se produire alors à peu près de la même manière que l’acide acétique dans lérémacausie du salicylite de potasse (salicylure de patassium). On sait que ce dernier sel, exposé à l’air humide, absorbe 3 atomes d’oxigène etse décompose en acide acétique et en une masse noire ressemblant au pourri et qui porte le nom d’acide mélanique (Pırıa).
Eremacausie de l’'hématine. — D’après les expériences de CHEvREUL, 0,2 grammes d’hématine dissous dans de la potasse et mis en contact avec l’oxigène, en ont absorbé 25,6 centim. cubes; la solution alcaline renfermait alors 6 cent. cubes d’acide carbonique; or, puisque ces 6 cent. cubes contenaient un volume égal d’oxigène, il en résulte d’une manière positive que les 374 de l’oxigène absorbé ne se sont pas portés sur le carbone ; il est même fort probable que pendant l’oxidation de l'hydrogène, une partie du carbone de la substance s’était emparée d’une certaine quantité d’oxigène de celle-ci et s’en était séparée à Pétat d’acide carbonique. - Eremacausie du ligneux. — Les expériences de Tu. pe SAussuRE sur la combustion lente du ligneux écartent toute espèce de doute à ce sujet. En effet, pour chaque volume d’oxigène que le ligneux humide absorbe, il se dégage un volume égal d’acide carbonique qui, comme on sait, contient un même volume d’oxigène. Or, comme le ligneux renferme du carbone et les éléments de l’eau, il est clair que le résultat de l’action de l’oxigène sur lui doit être le même que celui de Poxidation directe du carbone pur. Cependant, toutes les réactions que le ligneux présente font voir que l’oxigène et l’hydrogène n’y sont pas contenus sous la forme de l’eau, car, s’il en était ainsi, il faudrait également considérer Pamidon, le sucre et la gomme comme des hydrates de carbone. Puisque lhydrogène n’y est