‹ Traité de chimie organiqueChapitre 111 sur 140 · C. Ho 0,250, He O + À,:NaO = À, Cr Ho fe) Li NaO, 250;, H O · texte numérisé non relu

C. Ho 0,250, He O + À,:NaO = À, Cr Ho fe) Li NaO, 250;, H O

L'éther acétique est un liquide incolore, d’une ‘odeur rafraichissante, très inflammable et brûlant avec ‘une’ flamme jaune pâle. Il bout à 74° ; sa densité est de 0, 89 à 150. TI ést'satis ation sur les couleurs végétales: Quand il est pur,'il-se conserve sans altération ; l’eau ou l'alcool l’acidifient peu ‘à peu. ‘Il'est:sohtble dans 7 parties d’eau, et en toutes proportions "dans Paléoot et Péther. Quand on l’agite avec du'chlorure de calcium; il en’dissout une certaine quantité et’se prend en‘une masse molle et cristalline qui abandonne de nouveau l’6ther"quand on le dissout ‘dans l’eau. Les alcalis le décomposent avec la plus grande faeilite. L'acide sulfurique concentré le décompose à chaud'en éthér'et acide acétique. L’acide chlorhydrique le convertit en éther chlôrhydrique, l'acide nitrique en. éther nitreux ; Pacide acétique est mis en liberté dans l’un et l’autre cas (DurLos). A) SO

L'esprit acético-éthéré des pharmaciens ést un et Paie partie d’öther acétique et de 3 parties d’ alcool. I!

L'éther acétique dissout les huiles essentielles, plusieurs FES, ‚en général toutes les substances solübles dans l'éther ordinaire!

Acétates. d’ammoniaque.

4) Sel acide. On obtient © ce sel en distillant un en intime

ar pesant, Eur et ARR qui se soif ä la temperature

ordinaire.

… Ilcristallise en aiguilles, groupées autour d’un centre commun, transparentes et incolores ; il possède une réaction acide, se liquéfie à Pair humide, et se dissout en toutes proportions er

l’eau et l'alcool.

B) Sel neutre. — On le prépare en faisant fondre le sel précédent au bain-marie, et le saturant de gaz ammoniac séché sur de la chaux vive, jusqu’à ce que la masse se solidifie; ou bien on sature de l’acide acétique cristallisable par du gaz ammoniac.

Ce sel présente une masse solide, blanche, inodore, très soluble dans l’eau et l'alcool; il a une faible réaction acide, et perd de l’ammoniaque par la chaleur, en passant à l’état de sel acide.

En pharmacie, on prépare depuis longtemps ce sel à l'état liquide. En 1732, BOERHAAVE donna le premier la description de ce liquide et le proposa comme remède; MıNnDERER l’apporta plus tard en Écosse, où il eut beaucoup de succès, et c’est alors qu’il reçut le nom d'esprit de Minderer.

La manière la plus simple pour le préparer consiste à saturer 6 parties d’ammoniaque aqueuse d’une densité de 0,96, par du vinaigre concentré, et d'ajouter au mélange une quantité d’eau suffisante pour que le tout fasse 24 parties. On purifie le produit en l’agitant avec '/,, ou ‘/, de charbon et filtrant. On peut aussi, et c’est même plus avantageux, ajouter moins d’eau d’abord et laver le filtre jusqu’à ce qu'on obtienne la quantité voulue de mélange. Quand on connaît la quantité de vinaigre concentré nécessaire pour neutraliser ’ammoniaque, on peut mêler directement les deux liquides dans les proportions convenables. L'emploi du charbon est indispensable pour enlever l’odeur particulière que lui laisse l’alcali volatil.

La nouvelle pharmacopée prussienne recommande de préparer ce corps en saturant directement l’ammoniaque par du vinaigre concentré, sans ajouter de l’eau. D’après d’autres pharmacopées, on le prépare en saturant 3 parties de carbonate d’ammoniaque sec par du vinaigre concentré, et ajoutant à la liqueur neutre une quantité d’eau convenable pour obtenir 24 parties. Dans cette opération, il faut avoir soin d'employer du carbonate d’ammoniaque pur qu’on a préparé soi-même, car on sait que le carbonate du commerce contient du plomb et ne renferme pas toujours la même quantité d’ammoniaque. Sans ces précautions, on n’aurait qu’un produit de force variable et souillé de solutions métalliques.

Un mélange par parties égales de cette liqueur concentrée et

402 TRAITÉ | d’eau, compose l’acetate d'ammoniaque étendu ou l'esprit de Minderer, que l’on trouve dans plusieurs pharmacopées récentes.

Dans le prineipe, l'esprit de Minderer s’obtenait en saturant le vinaigre distill& ou brut par du carbonate d’ammoniaque sec ou liquide (sel de corne de cerf); d'après BUCHHOLZ, ce produit renferme six fois moins de matière active que l'esprit obtenu d’après la recette de l’ancienne pharmacopée prussienne. Il serait vraiment à désirer que l'on fût plus d'accord sur la préparation d’un remède dont on fait un si fréquent usage.

D’après BRONNER, l'esprit de Minderer étendu, préparé au moyen de l'acide pyroligneux rectifié, se détériore très facilement.

L’acétate d’ammoniaque liquide est incolore, d'une saveur salée et un peu brülante. La chaleur lui fait éprouver une décomposition partielle ; il se dégage d’abord de l’ammoniaque, et ensuite de l’acétate acide qui se dépose en aiguilles; à la fin le sel lui-même se volatilise sans laisser de résidu. La pesanteur spécifique de la liqueur concentrée est de 1,04.

Quand on en fait usage en médecine, il faut avoir soin de ne pas le mêler avec des alcalis fixes, ou avec certains sels métalliques.

Acetate de potasse.

Formule : C,H,0,KO=A,KO.

Déjà au xıııe siècle, Raymond LuLLE décrivit l’acétate de potasse (terre foliée de tartre).

On le prépare en saturant l'acide acétique concentré, ou le vinaigre distillé par du carbonate de potasse pur; on évapore à siccité, en ayant soin d’y ajouter un léger excès d’acide acétique. Sans cette précaution, le produit prend une réaction alcaline et jaunit facilement quand il est sec. Pendant l’&vaporation de la solution concentrée, il se forme à la surface du liquide des croûtes sans consistance, qu’on jette de côté au moyen d’une spatule, jusqu'à disparition de tout liquide.

On l’obtient aussi, en précipitant l’acétate de plomb par le carbonate de potasse, et saturant l’excès de potasse par de Pacide acétique pur. Quand on s’est assuré, au moyen d'un courant d’hydrogène sulfuré, que la liqueur ne contient plus de plomb, on l’Evapore à siccité. |

Ï/acétate de potasse cristallise difficilement ; il forme des prismes, ou bien de longues aiguilles minces et confuses. On lobtient ordinairement par l’&vaporation en paillettes blanches et grasses au toucher. Il possède une saveur piquante agréable, douce et salée à la fois. La chaleur le décompose. Il attire rapidement l’humidité, et se dissout très bien dans l’eau. Une dissolution bouillante d’acétate de potasse dissout une quantité considérable de sulfate de plomb, et ne l’abandonne qu’en partie par le refroidissement.

Ce sel est également très soluble dans l’alcool ; en faisant passer un courant d’acide carbonique dans cette dissolution, elle se décompose, il se forme beaucoup d'acétate d’oxide d’éthyle, tandis que du bicarbonate de potasse se précipite (PELOUZE). Sa dissolution aqueuse absorbe une quantité considérable de chlore, et acquiert par là à un haut degré les propriétés décolorantes des hypochlorites. Le sel sec distill& avec de Facide arsénieux produit de Palcarsine.

L'acétate de potasse existe en dissolution dans re sources minérales et dans la sève de plusieurs plantes ; il passe à l’état de carbonate lorsqu'on réduit ces dernières en cendres. A Pétat pur, ilest parfaitement neutre au papier, d’un beau blanc, très soluble dans l’eau et l'alcool, et ne produit pas de tartre, quand on traite sa dissolution concentrée par des acides.

D’après THoMsow, on obtient un sel acide, en faisant évaporer dans le vide sur de l'acide sulfurique un mélange d’équivalents égaux d’acétate de potasse et d’acide acétique. I eristallise alors en feuillets minces, très larges et transparents, contenant 6 atomes d’eau de cristailisation (?).

Acelate de soude.

Formule : C, H,O, Na O 6 aq. = À, Na O + 6 aq.

L’acetate de soude portait anciennement le nom de terre foliée minérale, par opposition à l’acétate de potasse, que l'on nommait terre foliée de tartre ou terre foliée végétale.

On se le procure en petit de la même manière que l’acétate de potasse, en säturant l'acide acétique par du carbonate de soude, ou bien en précipitant l’acétate de plomb par du carbonate de

soude. La liqueur exempte de plomb est évaporée à consistance 20*

“ 404 TRAITE de sirop et refroidie lentement. Pour le préparer sur une plus grande échelle, on emploie de l'acide pyroligneux ; le sel, à son tour, sert à fabriquer l’acide acétique concentré du commerce. Voici le procédé le plus généralement suivi : après avoir rectifié le vinaigre de bois brut, on le neutralise d’abord par de la craie et puis par du lait de chaux; à cet effet, on emploie ordinairement 195 à 198 parties de craie et 2 à 3 parties de chaux vive pour 1000 parties de vinaigre de bois. Ces proportions donnent environ 190 à 200 parties de sel de chaux sec.

La dissolution concentrée et bouillante de ce sel est ensuite traitée par du sulfate de soude; il se précipite alors un sel double de sulfate de chaux et de sulfate de soude, tandis que de l’acetate de soude reste en dissolution. Pour 125 parties de craie on prend 800 parties de sulfate de soude cristallisé, ou bien 350 à 360 parties de sulfate de soude anhydre, c'est-à-dire 2 atomes de sulfate de soude pour 1 atome de carbonate de chaux. Quand le mélange est refroidi, on ajoute un peu de carbonate de soude pour précipiter les dernières traces de chaux, et après avoir filtré la liqueur, on l’évapore dans des vases de cuivre ou de plomb. Lorsque la solution a atteint une densité de 1,356, on l’abandonne au repos pour qu’elle se clarifie et on la fait cristalliser enfin dans des vases en terre ou en tôle. On répète la même opération avec les eaux-mères tant qu’elles fournissent des cristaux.

Il est plus avantageux de neutraliser directement le vinaigre brut par une lessive de soude, ou bien par du sulfure de sodium obtenu par la calcination d’un mélange de sulfate de soude et de charbon.

On purifie le pyrolignite en faisant fondre les cristaux dans une chaudière en fonte et les maintenant dans cet état, tant qu’ils dégagent des huiles empyreumatiques. Dès qu'ils ont cessé de fumer, on lessive le résidu charbonneux avec de l’eau, pour faire cristalliser de nouveau. Le sel que l’on obtient alors est celui dont on se sert pour la fabrication de l’acide acétique du commerce. Pour avoir celui-ci parfaitement pur, il faut soumettre le sel précédent à une nouvelle fusion et le faire cristalliser encore une fois. ;

L’acétate de soude cristallise en prismes obliques, à base rhombe, tronqués aux angles et aux arêtes latérales; ordinaire-

ment il se présente sous la forme d’aiguilles allongées ou de prismes cannelés et incolores. Il offre des anomalies assez bizarres, sous le rapport de la cristallisation : souvent on ne réussit pas à faire cristalliser une solution saturée à chaud, en la laissant refroidir dans un vase cylindrique très haut; on n’y parvient pas en agitant le liquide , lors même qu’il est concentré au point de déposer déjà à chaud des croütes de sel anhydre (?). En y introduisant des corps pointus ou anguleux, par exemple un fil de fer ou la pointe d’un couteau, ou bien un cristal d'un sel quelconque, la solution cristallise rapidement en dégageant souvent assez de chaleur pour dissoudre en partie le sel solide déjà précipité.

L’acétate de soude a une saveur salée agréable et fraîche.

Il est soluble dans 3 parties d’eau froide et dans son propre poids d’eau bouillante ; fie dissout dans 5 parties d’alcool et s’effleurit à l'air. Exposé à une chaleur croissante, il fond d’abord dans son eau de cristallisation, qu’il abandonne en se boursoufflant ; le sel sec se liquéfie à une température plus élevée, et supporte mème le rouge obscur sans se décomposer ; le sel anhydre fondu éclate par le refroidissement, avec bruit, etest projeté dans toutes les directions. Quand il renferme de l’acétate de potasse il est déliquescent.

Acetate de baryte.

Formule : A, Ba O + aq.

Pour l'obtenir on décompose le sulfure de barium ou le carbonate de baryte par l'acide acétique, en faisant cristalliser la liqueur, après l'avoir évaporée jusqu'à pellicule, ou bien, ce qui vaut encore mieux, en l’abandonnant à l’évaporation spontanée. L’acétate de baryte cristallise alors en prismes obliques, à huit pans et à base rhombe, irréguliers et d’une blancheur éclatante. Il a une saveur piquante désagréable et réagit alealin. Il est très soluble dans l’eau, mieux à froid qu’à chaud. Une dissolution saturée à froid cristallise en partie quand on la chauffe, et redevient claire par le refroidissement. Il est un peu soluble dans l'alcool.

Les cristaux qui se déposent au dessous de 15°, dans une dissolution saturée renfermant 3 atomes d’eau, possèdent la même forme que l’acétate de plomb, et s’effleurissent à l'air.

406 TRAITÉ Le sel qui cristallise à une température supérieure à 15° ne renferme que 1 atome d’eau, c’est-à-dire 6,6 pour cent.

Acetate de strontiane.

Formule : À, SrO +1}, aq.

Sa préparation est la même que celle du sel précédent. Le sel qui cristallise au-dessus de 15° renferme 1 équivalent d’eau pour 2 atomes d’acetate ; celui que l’on obtient à une tempétature plus basse contient 4 atomes d’eau — 26 pour cent. Ces cristaux s’effleurissent à l'air et se dissolvent dans 2 :/, parties d’eau.

Acetate de chaux.

Formule: A, Ca ©. |

On Pobtient en décomposant leicarbonate de chaux par Pacide acétique. D’après PELOUZE, l'acide monohydraté n’a aucune action sur le carbonate de chaux sec. |

Il cristallise en prismes ou en aiguilles soyeuses qui possèdent une Saveur âcre et salée ; à 80° R., il fond dans son eau de cristallisation. Quand on le chauffe jusqu'à 96° R. et qu’on le frotte, il répand dans l’obseurité une lueur phosphorique ‘très forte. Il est très soluble dans l’eau, et donne une dissolution qui s’effleurit par l’évaporation. | $ N

L'acétate de chaux est employé dans la fabrication de l'acide acétique pur et de plusieurs acétates. ;

Acetate de magnésie.

Formule : À, Mg ©. | C'est un sel très soluble, fort ameret cristallisant difficilement . Sous forme régulière. ti

Acetate d’alumine.

Formule : 3 A + AJ, O,.

On Pobtient par double décomposition de l'acétate de baryte ‚avec le sulfate d’alumine. |

I est incristallisable, se prend dans le vide en une masse gommeuse, se dissout très bien dans l’eau et possède une saveur fort astringente. Par l’action d’une faible chaleur, il se décompose

en acide acétique libre, et un sel d’alumine basique insoluble.

On peut faire bouillir sa dissolution aqueuse sans qu’elle se décompose ; mais elle présente la singulière propriété de se troubler, en abandonnant un sel basique, quand on la chauffè en présence de sels neutres étrangers, surtout de ceux qui sont formés par un acide minéral et un alcali (GAY-LussAc).

Lorsqu'on chauffe une dissolution concentrée d'acétate d'alumine contenant du sulfate de potasse ou de soude, etc:, elle se prend en une masse blanche, gélatineuse, qui se redissout et disparaît par le refroidissement.

La facilité avec laquelle la chaleur décompose ce sel, jointe aux autres propriétés que nous venons d’énumérer, lui ont assigné une place importante dans la fabrication des toiles peintes. Ainsi on s’en sert pour fixer de l’alumine incolore et insoluble sur les étoffes, dont le tissu n’offre que peu d’affinité pour les matières colorantes. En s’imprégnant d’alumine, les tissus acquièrent la faculté de s'unir à ces matières, et c’est dans cet état seulement qu'on peut les soumettre à toutes les opérations tinctoriales. Gette fixation’de l’alumine sur les étoffes constitue ce qu’on appelle dans les arts le mordançage des toiles.

Pour préparer le sel à cet usage, on décompose l’alun par lPacétate de plomb, en proportions telles que tout le sulfate de potasse reste intact dans la liqueur. A cet effet, on prend 120 parties d’acétate de plomb pour 100 parties d’alun: On épaissit a liqueur avec’dela gomme, de l’amidon ou de la terre de pipe, avant de l'appliquer sur les parties du tissu où la couleur doit se fixer. On exposé ensuite la toile à une température élevée, qui chasse l'acide acétique, et laisse sur le tissu l'hydrate d’alumine ou un sous-sel insolable. Quand on trempe alors la toile dans le bain de teinture, la couleur ne se fixe que sur les parties mordancées. Lorsqu'il s’agit de mordancer des toiles entières, on les plonge dans le mordant étendu et chauffé à une certaine température ; ’hydrate d’alumine ou le sel insoluble se dépose peu à peu sur toute l'étendue du tissu, et on n’a plus qu’à bien laver les toiles avant de les teindre.

Une dissolution d’alun, à laquelle on. ajoute de ’acétate de soude, se comporte à la chaleur exactement comme l'acétate d’alumine renfermant du sulfate de soude.

Acélale de manganèse.

Formule : A, Mn O.

On l’obtient directement en dissolvant le protoxide de manganese dans l’acide acétique.

Celui dont on se sert en teinture se prépare en versant de l’acétate de chaux sur du sulfate de manganèse, produit accessoire de la fabrication du chlore. Avant de mélanger les deux sels, on sature le sulfate acide par de la craie.

L'acétate de manganèse pur se dissout dans 3,5 parties d’eau et dans l’alcool ; il eristalliseten prismes obliques, à base rhombe, inaltérables à l'air. Ce sel sert comme mordant ; on l’emploie particulièrement pour produire des teintes rouge-brun.

Acetate de zinc.

Formule : À, Zn O +3 aq.

On le prépare en dissolvant le métal ou l’oxide dans l'acide acétique et faisant cristalliser la dissolution saturée. Le sel cristallise alors en lames hexagones flexibles, blanches, d’un aspect gras et présentant un éclat nacré. Sa dissolution, abandonnée à l'évaporation spontanée, s’effleurit en formant de belles végétations semblables à de la mousse.

Il est inaltérable à l’air et possède une saveur très na) Il est très soluble dans l’eau.

L’hydrogene sulfuré le précipite complétement de sa disso-lution à l’état de sulfure de zinc; la teinture de noix de galles le décompose également. Quand on fait bouillir les cristaux de ce sel avec de l'alcool, ils se décomposent en sel basique insoluble renfermant 3 atomes d’oxide de zinc pour 1 équivalent d’acide et sel avec excès d'acide qui se dissout. SCHINDLER prétend qu'il existe un acétate de zinc à 1 équivalent d’eau.

On en fait usage en médecine et pour la préparation du cyanure de zinc.

Acélate de protoxide de fer.

Formule : AJ LEOMF

On obtient ce sel en dissolvant le sulfure de fer dans l’acide acétique concentré, ou bien par double décomposition de l’acé-

tate de plomb et du sulfate de protoxide de fer. Si le produit est souillé de peroxide, on peut le purifier en faisant passer un courant d'hydrogène sulfuré dans la liqueur, après y avoir ajouté un peu d’acide libre. On évapore alors la dissolution dans une cornue pour la préserver du contact de l'air ; quand elle est concentrée, elle'se prend par le refroidissement en une masse d’un vert très clair, confposée d’aiguilles soyeuses, très fines, très solubles dans l’eau et attirant l’oxigène de l’air avec une grande avidité.

Ce sel n’est pas employé en médecine à l’état de pureté, mais il fait partie de la teinture de fer, que l'on prépare en dissolvant à chaud 1 partie de limaille de fer dans 6 parties de vinaigre brut et évaporant jusqu’au quart du volume primitif; on y ajoute ordinairement un peu d’eau de cannelle. On s’en sert également en teinture comme mordant.

La tinetura acetat. ferri des pharmacopées d'Édimbourg et de Dublin est une dissolution d’acétate de protoxide de fer dans l'alcool: on l’obtient en abandonnant à lui-même un mélange de 1 partie de protosulfate de fer, 2 parties d’acétate de potasse et 20 parties d'alcool rectifié.

Acétate de peroxide de fer.

Cette combinaison a été découverte par KLAPROTH, en 1802.

On l’obtient en dissolvant du peroxide de fer hydraté, bien lavé et pressé entre des doubles de papier joseph pour lui enlever l’eau, dans de l'acide acétique de force moyenne, à l'aide d’une douce chaleur. L’acide ne dissout pas l’oxide , s’il contient de la potasse ou du protoxide de fer.

On obtient encore ce sel à un plus grand degré de ds par double décomposition de l’acétate de baryte et du sulfate de fer; le produit est moins pur lorsqu'on emploie de Pacétate de plomb en place de l’acétate de baryte.

La teinture éthérée d’acétate de fer est un mélange de 9 parties d’acétate de fer, 1 d’éther acétique et 2 d’alcool absolu. Il faut la conserver dans des flacons bien bouchés et dans un endroit frais.

L'acétate de fer est une liqueur brun foncé, d’une saveur astringente et styptique. TI jouit de la même propriété que l'acé- {ate d’alumine, savoir de ne pas supporter la température de

l’ebullition sans se décomposer, en abandonnant de l'acide A et un sel basique.

Par une chaleur plus forte, le résidu ne renferme que de l'oxide de fer. En présence de sulfate de potasse, de salp&tre ou d’autres sels, la dissolution de l’ac&tate de peroxide de fer se comporte exactement comme celle de l’acétate d’alumine, portée à à l’ébulli- tion; elle se trouble, et dépose de Foxide de fer qui sé redissout par le refroidissement. Une dissolution de persulfate de fer, à laquelle on a ajouté une quantité suffisante d’ac&tate de potasse ou de soude, se prend par l’ébullition en une bouillie épaisse d’un sel basique de peroxide de fer, qui disparait en Bo par le refroidissement.

Par l’évaporation ménagée d’une dissolution pure , on obtient un sel basique qui se dissout dans l’eau avec une teinte brun foncé; cette dissolution ne produit du bleu de Prusse, quand on la traite par du eyanoferrure de potassium, qu'après y avoir ajoute un peu d'acide libre. |

Dans les arts, on emploie un mélange d’acétate de protoxide et de peroxide de fer, comme mordant et pour teindre en noir ; ce mélange al’avantage sur les sulfates et les autres sels de fer, qu'il n’attaque pas le tissu sur lequel on Papplique. On le prépare directement, en mettant de la ferraille en contact avec le vinaigre de bois brut, en présence de l'air, jusqu’à saturation complète de l'acide. A l’état bien concentré, la liqueur est d’un brunirès foncé; elle est connue dans le commerce sous le nom de bouillon noir.

On l’emploie également en médecine.

Acétate de cobalt.

Pour le préparer, on dissout du carbonate ou de l’oxide de cobalt dans l'acide acétique. La dissolution est rouge et donne par l’evaporation une masse violette, deliquescente.

En mélangeant cette dissolution avec du sel marin, on obtient une encre sympathique qui n’attaque pas le papier. Les caractères qui sont d’un rose pâle à peine visible, disparaissent complétement quand lécriture est sèche, et apparaissent avec une couleur bleue quand on vient à chauffer le papier.

L’hydrogene sulfuré précipite tout le sel à l’état de sulfure de

cobalt; si la liqueur contient de l’acide acétique libre, il ne se forme point de précipité.

Acetate de nickel.

Il est soluble dans 6 parties d’eau, et insoluble dans l’alcool. Les cristaux sont verts et possèdent une saveur métallique douceätre. L’hydrogene sulfuré présente la même réaction avec ce sel qu'avec le précédent. | |

Acetates de plomb.

L’acide acétique se combine avec l’oxide de plomb, en plusieurs proportions. Le sel neutre, connu sous le nom de sucre ou de sel de saturne, renferme des atomes égaux d’acide acétique et d’oxide de plomb ; le sel sesquibasique contient 2 atomes d'acide et 3 atomes d’oxide de plomb; le sel tribasique est formé de 1 atome d’acide et de 3 atomes d’oxide ; enfin le sel sexbasique renferme pour la même quantité d'acide, 6 atomes d’oxide de plomb.

4) Sel neutre. Formule : X, Pb O + 3 ag.

1 atome d'acide acétique = 643,189 — 31,5 } 100 1 atome d’oxide de plomb = 1394,500 — 68,5

1 atome de selanhydre == 2037,689 — 85,8 | 166 3 atomes d’eau == 337,440 — 14,2

T4 atome de sel cristallisé — 2375,199

Ge sel est déjà connu depuis le xve siècle.

On le prépare en dissolvant la litharge dans l'acide acétique, ou bien en faisant agir directement l’acide acétique sur le plomb métallique, au contact de Pair.

1° Ordinairement, on sature par de la litharge pulvérisée de l’'acideacétiqué concentré, marquant 8°.B. et provenant de la distillation du bois; la dissolution s’effectue aussitôt avec production de chaleur; on la rend complète en chauffant un peu. On ajoute ensuite plus ou moins d’eau, suivant qu’on veut obtenir le sel en masse compacte ou bien en cristaux bien déterminés.

Les eaux mères donnent par l’évaporation des cristaux colorés que l'on purifie par une nouvelle cristallisation. On traite les dernières eaux qui ne produisent plus de cristaux, par du ear-

bonate de soude : de cette manière, on obtient du carbonate de plomb que l’on redissout comme l’oxide de plomb, et de l’acétate de soude, dont on peut retirer l’acide acétique. | Le résidu que laisse la litharge traitée par l’acide acétique, renferme du cuivre, de l'argent et du plomb ; on l’exploite comme minerai d'argent. Cependant, il se dissout toujours une certaine quantité d’oxide de cuivre avec l’oxide de plomb, mais on peut le précipiter entièrement de la dissolution, en y plongeant des lames de plomb métallique.

Quand on emploie le vinaigre ordinaire pour dissoudre la litharge, on obtient toujours des cristaux colorés, difficiles à purifier ; plus le vinaigre est étendu, plus on obtient d’acétate .de re DA Pour avoir des cristaux incolores, il faut se servir de vinaigre incolore, obtenu par l’acidifieation de l’eau-devie, ou par la distillation du vinaigre ordinaire. Avant d’évaporer la dissolution, on y ajoute toujours un léger excès d'acide.

2° Le plomb métallique qui doit servir à la préparation du sel de saturne doit être réduit préalablement en lames minces. A cet effet, après lavoir fondu dans une chaudière, on le coule dans un vase en cuivre auquel on imprime un mouvement brusque de rotation.

Le métal se solidifie alors en lames d’un millimètre d'épaisseur environ, et présente ainsi une très grande surface. On distribue ces lames dans des terrines que l'on remplit à moitié d’acide acétique. La surface du métal humecté et en contact avec l'air se recouvre rapidement d’une couche d’oxide que l'acide dissout.

On verse la liqueur plusieurs fois par jour par-dessus le plomb qui n’est pas submergé, et l’on retire au contraire, la partie qui plonge dans le liquide, pour la mettre en contact avec l'air. Quand la liqueur a déposé par le repos toutes les particules en suspension qui la troublaient, on la décante et on l’évapore j Jus-

‘qu'à cristallisation.

L'’acétate de plomb neutre cristallise en aiguilles ou en prismes droits rhomboidaux, terminés par des sommes dièdres ; ces cristaux sont blancs et transparents; leur saveur est astringente, douceätre et répugnante ; ils sont très vénéneux. Leur dissolution rougit faiblement le tournesol, et verdit le sirop de violette. Ils s’effleurissent à l'air, fondent à 57,5°, avec une grande facilité, et

DE CHIMIE ORGANIQUE. 413 redeviennent solides en abandonnant l’eau de cristallisation, sans perdre sensiblement d’acide, lorsqu'on chauffe avec ménagement ; le résidu est un sel anhydre formé d’équivalents égaux d’oxide de plomb et d’acide acétique. A une température plus élevée,le sel anhydre fond encore et se décompose sans noircir avec tous les phénomènes d’un liquide en ébullition. L’acide acétique qu'il contient se transforme en acétone et acide carbonique qui se dé-

gagent, et, dès que le tiers de l’acide a subi cette décomposition, le sel liquide se prend subitement en une masse cristalline d’acétate sesquibasique (WVOEHLER).

L’acetate de plomb neutre est soluble à froid dans 1 '/, partie d’eau et dans 8 parties d'alcool. L’acide carbonique décompose la dissolution aqueuse. D’après WALCHNER, 100 parties d’acétate neutre cristallisé dissous dans l’eau, donnent, quand on y fait passer de l’acide carbonique, 54,68 parties de carbonate de plomb = 45,65 parties d'oxide, de manière qu'il ne reste en dissolution que 13,07 parties d’oxide.

A froid, l'ammoniaque ne produit point de précipité dans la dissolution aqueuse, mais elle la transforme en sel basique ; en élevant la température et ajoutant un excès d’ammoniaque, on obtient un précipité cristallin d’oxide de plomb anhydre.

Les cristaux d’acetate de plomb doivent, quand ils sont purs, avoir une belle couleur blanche et se dissoudre facilement dans l’eau sans résidu. Dans le commerce, ils sont quelquefois falsifiés avec du sulfate de baryte. Leur dissolution dans l’eau doit être complétement décomposée par l'acide sulfurique ; si la liqueur filtrée et évaporée à siccité laisse un résidu qui ne se volatilise pas par la chaleur, cela prouve que le sel renferme des corps étrangers. L’hydrogene sulfuré doit aussi précipiter toutes les parties fixes à l’état de sulfure de plomb. Chauffés avec de l'acide sulfurique, ils ne doivent pas dégager de vapeurs rutilantes. Le résidu de la distillation en vases clos ne doit être composé que de plomb et de charbon. |

L’acétate de plomb est employé en médecine, soit intérieurement à l’état de poudre, soit extérieurement en dissolution dans l’eau. Il sert également dans la préparation de plusieurs produits pharmaceutiques, d’un grand nombre d’acétates, de l'éther acétique, etc,

414 PRAÎTÉ B) Sel sesquibasique. Formule : aX,3 Pb O.

Voici sa composition :

2 at. d'acide acétique — 1286,38 — 93,5 3 at. d’oxide de plomb = 4183,49 — 76,5 1 at. d'acétate sesquibasique = 5469,87 — 100,0

Pour le préparer, on chauffe de l’acétate de plomb neutre et sec dans une capsule de porcelaine on dans une cornue, jusqu’à” ce que le tout, devenu liquide,se prenne en une masse blanche et poreuse; on dissout ce résidu dans l’eau pure, et après avoir évaporé jusqu'à consistance sirupeuse, on abandonne la liqueur à elle-même.

Ce sel basique cristallise en lames nacrées qui partent d’un centre commun, ou bien en lames hexagones ; ces cristaux sont inaltérables à l'air et dans le vide; ils se dissolvent facilement dans l’eau et l'alcool. La dissolution possède une réaction alealine. L’acide carbonique le convertit en sel neutre en précipitant du carbonate de plomb. Quand on le fait digérer avec de l'oxide de plomb, il donne de l’acétate tribasique et sexbasique. Soumis à la distillation sèche, il se décompose en acétone, acide carbonique, gaz inflammable et une huile empyreumatique, en laissant un résidu gris noir qui consiste en un mélange de plomb et de charbon très divisé.

Il se forme par la décomposition de 3 atomes d’acétate de plomb neutre, d’où se séparent les éléments de 1 atome d’acide acétique sous la forme d'acide HT et d’acétone, comme l’exprime l’&quation suivante : |

3 (CG H O., Pb O0) = ( C, H, O,, 3 Pb O) + CO, + C: H O.

C) Sel tribasique. Formule : A, 3 Pb O.

1 at. d’acide acétique 643,189 — 13,39 3 at. d'oxide de plomb = 4183,490 — 86,68

1 at. de sel tribasique = 4826,679 — 100,00 On obtient ce sel cristallisé en abandonnant à lui-même à la

DE CHIMIE ORGANIQUE. 415 température ordinaire une dissolution de sel neutre, saturée à froid, et mélangée avec :/; de son volume d’ammoniaque caustique.

Pour le préparer à l’état liquide, on fait digérer dans 30 parties d’eau, 7 parties de litharge calcinée avec 6 parties d'acélate de plomb cristallisé. L'opération doit se faire en vase clos à une température modérée; il faut agiter le mélange de temps en temps, jusqu’à ce que l’oxide qui reste non attaqué ait pris une couleur parfaitement blanche. Autrefois on préparait cette liqueur en faisant bouillir un excès de litharge dans du vinaigre brut ou distillé, et évaporant la dissolution jusqu’à la densité de 1,24 ou 1,5. En plongeant des lames de plomb dans la liqueur, on précipite le cuivre que la litharge peut contenir.

La dissolution d’ac&tate tribasique produit, par l’évaporation à l’abri de l’acide carbonique de l'air, une masse blanche opaque, composée d’aiguilles très fines. Le sel que l’on obtient au moyen du sel neutre et de l’ammoniaque cristallise en longues aiguilles soyeuses, anhydres et très solubles dans l’eau. On ne l’emploie en pharmacie qu’à l’état liquide ; sa dissolution est incolore et limpide, ou plus ou moins jaune ou brune, suivant la pureté du vinaigre qui a servi à la préparer.

La pesanteur spécifique de cette dissolution varie entre 1,24, 1,36, 1,42 et 1,5. Quand elle est concentrée, elle est sirupeuse et porte le nom d'extrait de saturne; sa saveur est douce et astringente ; elle possède une réaction alcaline.

L’acétate tribasique agit comme poison ; les sulfates alcalins peuvent servir comme antidotes.

Sa dissolution se trouble peu à peu avec le temps. Il se forme du carbonate de plomb et de l'acétate sexbasique qui se précipitent, tandis que de l’acétate neutre reste en dissolution. A l'état étendu, cette liqueur est connue sous le nom d’eau de Goulard. Cette décomposition est plus rapide quand on l’etend d’eau renfermant de l’acide carbonique. La dissolution de gomme arabique et le chlorure de mercure y produisent. des précipités blancs. Un excès d’ammoniaque précipite de l’acétate sexbasique.

L’aeetatetribasique est insoluble dans l'alcool. Lepapieret Le bois imprégnés de ce sel acquièrent, quand ils so nt secs, la propriété de prendre feu facilement et de continuer à brûler comme l’amadou,

La liqueur employée en médecine sous le nom d’eau de Goulard est une dissolution de 1 partie de ce sel dans 24 parties d’eau; on ne s’en sert qu’extérieurement.

Il faut avoir soin de ne pas la mélanger avec des substances qui précipitent les sels de plomb, ou qui décomposent les acétates en général. L’acide carbonique même la décompose. Elle se coagule quand On y ajoute des substances albumineuses ou caséeuses, par exemple, du lait ; la même chose arrive par l'addition de la plupart des substances extractives, de la gomme, etc. L'eau de Goulard est employée pour préparer le ceratum saturni.

D) Sel sexbasique. Formule : A, 6 Pb O.

1 at. d'acide acétique — 643,189 — 7,13 6 at. d’oxide de plomb — 8366,980 — 92,87

1 at. d'acétate de plomb sexbasique = 9010, 169 — 100, 00

On l'obtient en versant de l’acétate neutre de plomb ou de l’acétate tribasique dans un excès d’ammoniaque caustique.

ilse forme en quantité plus ou moins grande, toutes les fois qu'on traite l’oxide de plomb par l'acide acétique étendu, ou qu’on mêle de lacétate de plomb en dissolution avec de l’oxide de plomb. L’écume et le dépôt blanc qui se produisent dans la préparation de l’acétate tribasique n’est autre chose que de l'acétate sexbasique.

Il se présente sous la forme d’un précipité blanc qui, examiné au microscope, est d’un aspect cristallin. Il est peu soluble dans l’eau bouillante et se dépose de cette dissolution en cristaux brillants ressemblant à des barbes de plume. Dans le vide, il perd toute l'eau qu'il contient.

Soumis à la distillation sèche, il ne noircit pas et fournit de - lacide carbonique et de l’esprit pyroacétique, comme les autres acétates de plomb; le résidu est de l’oxide de plomb pur d’une couleur jaune citron.

L’hydrate d’oxide de plomb décrit par: M n’est autre chose que ce sel sexbasique. La céruse du commerce est ordinairement un mélange de ce sel et de carbonate de plomb.

Acélates de cuivre.

A) Sel de protoxide. Ce sel est un produit de la distillation sèche de l’acétate neutre de deutoxide. Il se dépose dans la partie supérieure de la cornue sous forme de lames incolores qui possèdent un éclat nacré, ou bien de végétations lanugineuses ressemblant à de la neige. Il est inaltérable dans l’air humide. Quand on l’arrose avec de l’eau, il se décompose en hydrate de protoxide de cuivre, et avec le concours de l'air en acétate de deutoxide.

Il est presque insoluble dans l'alcool.

B) Sel neutre de deutoxide. — Formule : A, Cu O, aq.

Il renferme :

1 atome d’acide acétique = 643,189 — 56,48 ind 1 atomed’oxide decuivre = 49,700 — 43,52 }

1 atome de sel anhydre == 1138,889 — 90,01

1 atome d’eau — 112,479 — 8,99 a”

1 atome de sel hydraté == 1251,368

Ce sel est connu dans le commerce sous le nom de verdet.

PrROUST montra le premier qu’il existe une difference entre l’acétate neutre et l’acétate basique de deutoxide de cuivre.

On l’obtient, en dissolvant le vert-de-gris (sel basique), dans l'acide acétique, ou bien en précipitant le sulfate de cuivre par un équivalent d’acétate de plomb ou d’acétate de baryte, et faisant cristalliser, après avoir filtré la liqueur, pour séparer le sulfate de plomb ou de baryte.

Le verdet cristallise en prismes rhomboïdaux obliques, terminés par un sommet dièdre ; il possède une saveur métallique désagréable. Les cristaux ent peu à peu opaques et d’un vert plus foncé, quand on les expose à Pair, et se recouvrent plus tard d’une poudre vert clair.

Quand on les chauffe subitement, ils s’enflamment et brülent avec une flamme verte très vive. Soumis à la distillation sèche, ils abandonnent d’abord de l’eau, et ensuite de l'esprit pyroacétique , de l'acide acétique et un mélange composé de différents gaz. Le résidu dans la cornue est un mélange de cuivre très

ke 21

418 PRAITE divisé et de charbon qui brüle avec la plus grande facilité, quand on le met encore chaud au contact de l'air. Cette distillation fournit 48 à 49 pour cent d’acide acétique, qui renferme des quantités variables d’acétone.

| Quand on expose à une douce chaleur un mélange d’une dis-

solution de ce sel avec du sucre ou du miel, il y a décomposition; il se précipite des octaèdres microscopiques, rouges, de protoxide de cuivre; la liqueur surnageante, qui renferme alors de l’acide formique, prend une couleur grisätre et n’est pas précipitée par les alcalis, si elle renferme une quantité suffisante de sucre. | | | | En dissolvant le vert-de-gris dans de l’eau acidulée avec de l'acide acétique, et abandonnant la dissolution à une température de 8°, on obtient des cristaux d’acétate neutre de deutoxide de cuivre qui renferment 5 atomes d’eau. Ces cristaux sont des parallélipipèdes obliques ; ils ont la même couleur que le sulfate de cuivre. Chauffés à 30°, ils perdent 4 atomes d’eau et se réduisent en une bouillie composée d’eau et de cristaux verts de sel ordinaire (WOEHLER).

On en fait peu usage en médecine ; quelquefois ilentre dans la composition de certaines pommades. |

Autrefois, il servait dans la préparation de l'acide acétique concentré. Il est aussi employé en peinture.

C) Sel bibasique de deutoxide ou vert-de-gris. — Formule : À, 2 Cu O +6 aq.

Composition :

1 atome d’acide acétique 2 atomes d’oxide de euivre 6 atomes d’eau

1 atome de vert-de-gris = 2309,463 — 100,00

WU

ou bien

1 at. d’acétate neutre de deutoxide de cuivre A, Cu O + 5 ag. 1at. d’hydrate de deutoxide de cuivre CuO+ aq. em A zn:

1 at, d'acétate bibasique 3, 2CuO +6 aq.

On prépare le vert-de-gris, en empilant par couches alternatives des lames de cuivre avec du marc de raisin, qui a déjà subi la fermentation acide. Au bout de quelques eu la surface des lames de euivre est recouverte d’une couche d’acétate de cuivre sesquibasique. On les retire alors, et après les avoir mouillées avec de l’eau, on les expose à l'air. Apres un certain temps. l’acétate se trouve HAL en sel bibasique, et se présente sous forme de houppes fibreuses et cristallines. On räele le sel qui recouvre les lames de cuivre, et on en fait avec du vinaigre une bouillie épaisse.

On presse celle-ci dans des formes, ou dans des sacs en peau, pour-donner au sel la forme particulière qu’on lui voit dans le commerce.

Au lieu du marc acide de raisin, on se sert, dans quelques pays, de drap épais, imprégné de vinaigre. La formation de l’oxide de cuivre dans cette opération est tout à fait analogue à celle de l’oxide de plomb dans la fabrication de la céruse.

Le vert-de-gris du commerce est un mélange variable d’acétate sesquibäsique, et d’acétate tri et bibasique ; une couleur bleue indique un excès d’acétate sesquibasique. Le vert-de-gris vért contient un excès d’acétate tribasique.

La poudre, appelée vulgairement vert-de-gris, qui se forme par l'action de l’air humide sur les vases de cuivre, ou quand ceux-ci renferment des liqueurs contenant du sel marin, n’est autre chose que du sous-carbonate de cuivre, ou du chlorure de cuivre basique.

L’acetate bibasique de deutoxide de cuivre forme, à l'état de pureté, une masse compacte bleu vert, ou d’un bleu verdätre; elle est très tenace et se réduit difficilement en poudre; elle possède une faible saveur métallique, qui rappelle celle de loxide de cuivre. Elle se délaie facilement dans l’eau, en produisant une bouillie savonneuse formée de petites aiguilles eristallines. L'eau décompose l'acétate bibasique en acétate sesquibasique soluble et acétate tribasique insoluble.

D) Sel sesquibasique de deutoxide, — Formule : 2 À, 3 Cu O + 6 aq.

at"

420 TRAITE I! présente la composition suivante :

2 at. d'acide acétique 3 at. d’oxide de cuivre 1487,100 — 43,12 6 at. d’eau 674,463 — 19,58

1 at. d’acétate sesquibasique — 3447,941 — 100,00

On l’obtient en lessivant le vert-de-gris ordinaire avec de l’eau tiède et abandonnant la dissolution à l’évaporation spontanée, ou bien en la mêlant avec de l'alcool. L’acétate sesquibasique se présente tantôt à l’état de masse amorphe, tantôt en écailles cristallines d’une couleur bleu pâle. Il est très soluble dans l’eau chaude, peu soluble à froid, et insoluble dans l’alcool. La dissolution saturée dépose par l’Ebullition une poudre brune, en passant à l’état de sel neutre.

Chauffe à 100°, il perd 3 atomes = 10 pour cent d’eau.

E) Sel tribasique de deutoxide.— Formule : 2 (A, 3 Cu O)+ 3 aq.

2 at. d'acide acétique — 19286,378 — 27,97 6 at. d’oxide de cuivre — 2974,200 — 64,68 3 at. d’eau = 337,437 — 7,35 1 at. d’acétate tribasique = 4598,015 — 100,00

C’est le résidu insoluble qui reste après-la lixiviation du vertde-gris. Il se forme aussi quand on fait digérer de l’hydrate d’oxide de cuivre avec une dissolution d’acétate neutre.

L’acetate tribasique est une poudre vert clair, qui ne perd pas d’eau à 100°, sans saveur, et brülant avec une faible détonation quand on la chauffe. L’acide carbonique ne la décompose pas; elle devient brune quand on la fait bouillir avec l’eau, en cédant à cette dernière de l’acétate neutre.

F) Sel polybasique de deutoxide. — I] se forme toutes les fois qu’on soumet le vert-de-gris ordinaire ou un des sels basiques que nous venons de décrire, à l’action prolongée de l’eau bouillante. Il s’obtient de cette manière en flocons bruns, presque insolubles dans l’eau, qui deviennent noirs en séchant, et détonnent faiblement quand on les chauffe.

BERZELIUS, à qui nous devons la connaissance de la composition du vert-de-gris etla découverte des acétates de’cuivre sesquibasique et tribasique, a trouvé celui-ci composé de 92 d’oxide de cuivre, 2,45 d’acide acétique et 5,55 d'eau. Er

Les acétates de cuivre basiques se dissolvent, d’après URE, dans l'eau sucrée ; une partie du deutoxide est ramenée à l’état de protoxide, et la liqueur verte n’est précipitée ni par les alcalis caustiques ni par l'hydrogène sulfuré ni par le eyanoferrure de potassium.

Le vert-de-gris pur doit être sec et avoir une belle couleur vert bleuätre; il doit se dissoudre sans résidu dans les acides acétique et sulfurique, et ne laisser qu’un résidu de cuivre, mêlé avec un peu de charbon, quand on le soumet à la distillation sèche.

Le vert-de-gris n’est pas employé en médecine comme remède ; il fait néanmoins partie. de quelques pommades (Cera viridis, oxymel æruginis, unguentum egypliacum).

L’acétate de cuivre se combine avec l’acétate de chaux et plusieurs autres sels. Quand on fait un mélange d’acétate de chaux et de sulfate de cuivre, il se forme un précipité de sulfate de chaux qui contient du sulfate de cuivre devenu insoluble dans cette combinaison, tandis qu’il reste dans la liqueur un acétate double de cuivre et de chaux. Nous ne parlerons que du sel double qui est connu sous le nom de vert de Schweinfurt, et qui constitue une des couleurs les plus employées en peinture.

Acétate de cuivre et arsenite de cuivre.

Formule : À, Cu O + 3 (As, O;, Cu O).

Ce beau sel est connu dans le commerce sous le nom de vert de Schweinfurt ou vert de Vienne.

En grand, on le prépare en délayant 10 parties de vert-de-gris dans de l’eau de 50 à 60°, de manière à en faire une bouillie assez liquide, qu’on fait passer à travers un tamis fin pour en séparer les parcelles métalliques et les autres matières étrangères. On la verse ensuite dans une dissolution chaude de 8 parties d’acide arsénieux dans 100 parties d’eau ; on laisse refroidir le précipité vert sale dans la liqueur où il s’est formé, et, au bout de dix-huit à vingt-quatre heures, il se trouve converti dans la combinaison en question.

On l'obtient d'une couleur plus brillante, en mélangeant des dissolutions bouillantes de parties égales d’acide arsénieux et d’acétate neutre de cuivre, ajoutant au mélange son volume d’eau froide, et laissant le tout en repos pendant plusieurs jours.

Cette combinaison se présente sous la forme d’une poudre cristalline d’un vert d’aigue-marine très éclatant: elle est inso- Juble dans l’eau. Les acides la décomposent, même l'acide acétique concentré ; il se dissout un sel de cuivre, tandis qu’il reste de l'acide arsénieux. L’ammoniaque la dissout en se colorant en bleu. Mise en contact, à la température ordinaire, avec des solutions alcalines, elle est décomposée ; l’acide arsénieux et l'acide acétique se combinent à la potasse en laissant de l’oxide de cuivre. Lorsqu'on la porte à lébullition dans de la potasse caustique, l'oxide de cuivre se transforme entièrement en protoxide rouge, et on trouve alors dans la liqueur une quantité correspondante d'acide arsénique. Cette décomposition fournit un moyen excellent pour se procurer du protoxide de cuivre pur. Re

Ce double sel est employé en peinture. Il renferme 58,620 parties d’acide arsénieux, 31,245 parties d’oxide de cuivre et 10,135 parties d’acide acétique. C’est un poison violent.

Acétate de protoxide de mercure.

Cette combinaison est connue depuis le dix-septième siècle; STAHL et MARGRAFF s’en occupèrent plus tard, et ce fut STRO- MEYER qui, en 1809, distingua le premier l'acétate de protoxide d'avec celui de deutoxide.

On l’obtient directement en dissolvant le protoxide de mercure dans l’acide acétique, ou bien en décomposant le carbonate de protoxide de mercure par l’acide acétique. A cet effet, on prend du carbonate de protoxide de mercure pur, récemment précipité du nitrate par le carbonate de potasse; après l'avoir bien lavé, on le chauffe dans 8 parties d’eau jusqu’à l’ébullition, en ajoutant peu à peu de l’acide acétique jusqu’à ce que le tout soit dissous. Par le refroidissement, la liqueur bouillante et acide abandonne l’acétate de mercure sous forme cristalline.

Ce sel se prépare aussi en mélangeant de l’acétate de potasse avec une dissolution de nitrate de protoxide de mercure; on

étend le nitrate de mercure de 6 à 8 parties d’eau, on le mélange bouillant avec 8 parties d’acétate de potasse en dissolution dans l’eau, et on laisse refroidir. Pour que la double décomposition soit complète, il convient de prendre 4 parties de sel mercuriel pour 1 partie d’acétate de potasse. On lave le sel qui s’est séparé à l'eau froide, et après l'avoir séché à une douce chaleur dans l'obscurité, on le conserve à l’abri de la lumière.

Il cristallise en petites lames blanches, flexibles, grasses au toucher, qui possèdent l'éclat de l'argent.

Le sel que l’on obtient d’après la dernière méthode, lorsqu'on fait le mélange à froid, est blanc et présente de petites lames, micacées et agglomérées. Dans cet état, il contient ordinairement du nitrate basique de protoxide de mercure et de la potasse.

Il possède une saveur métallique très désagréable. Il noireit rapidement à la lumière, la chaleur le décompose. Sa solubilité dans l’eau froide est très faible; il exige, pour se dissoudre, 332 parties d’eau à la température ordinaire; il est assez soluble dans l'eau chaude. Une ébullition prolongée dans l’eau le décompose en mercure métallique, sel acide et sel basique de deutoxide de mercure. |

A froid, il est insoluble dans l'alcool ; l'alcool chaud le décompose en séparant du protoxide de mercure.

L’acétate de mercure pur se volatilise par la chaleur sans laisser de résidu.

On l’emploie en médecine, soit en poudre, soit en pilules; son peu de solubilité ne permet pas de le prendre à l’état de dissolution.

Acetate de deutoxide de mercure.

On se procure ce sel en dissolvant l’oxide rouge de mercure dans de l'acide acétique ou dans du vinaigre concentré; on le purifie en évaporant la dissolution à siccité, ou mieux encore par la cristallisation. On l’obtient ainsi en masse blanche, ou bien par le refroidissement de la dissolution bouillante en lames très friables, ressemblant à l’acide borique.

Il possède, comme le sel précédent, une saveur métallique désagréable. Il est soluble dans 4 parties d’eau froide; l'eau bouillante le décompose partiellement en séparant de l’oxide rouge. La dis-

solution éprouve déjà cette décomposition par le contact de l’air. |

100 parties d’alcool en dissolvent 5 °/, parties.

Il renferme souvent une quantité plus ou moins considérable de sel de protoxide, qui se forme quand on fait bouillir un mélange d’oxide rouge, d’acide acétique et d’eau. Par cette raison, il vaut mieux purifier le sel par cristallisation plutôt que de l’évaporer à siccité.

L’acétate de deutoxide de mercure n’est plus employé en médecine ; autrefois il constituait un des éléments des pilules de Keyser.

Acetate d'argent.

Formule : À, Ag O (Dumas). |

On l’obtient en dissolvant l’oxide d’argent dans l’acide acétique, ou bien en traitant par de l’acétate de potasse une dissolution de nitrate d'argent bouillante et concentrée. ”

Il cristallise en aiguilles flexibles et nacrées ; il a une saveur métallique très äcre, est peu soluble dans l’eau et ne renferme point d’eau de cristallisation. ht

L’acide nitrique concentré ne le décompose pas, même par l’ébullition, tandis que le même acide étendu le décompose peu à peu, en chassant l’acide acétique.

Soumis à la distillation sèche, il se décompose aisément ; l'acide acétique pur distille, tandis qu’il reste de l’argent métallique.

Il sert comme réactif pour découvrir la présence de l'acide chlorhydrique, et cela surtout dans des acétates.

PRODUITS DE L'ACTION DU CHLORE, DU BROME ET DE L’IODE SUR L’ETHYLE, L’ACETYLE ET LEURS COMBINAISONS.

Action du chlore sur l’oxide d’éthyle ; oxichlorure d’acetyle.

Les modifications que le chlore fait subir à l’éther ont été étudiées récemment par MALAGUTI et REGNAULT ; les résultats auxquels ces chimistes sont arrivés donnent une explication satisfaisante de plusieurs phénomènes, connus depuis longtemps.

En parlant de la formation de l'acide acétique, nous avons dit que 2 équivalents d'hydrogène de l'alcool sont oxidés et enlevés

par l'action de l’oxigene de l'air, et qu'ils sont remplacés par 9 équivalents d’oxigene. Le même phénomène a lieu avec le chlore dans les circonstances ordinaires. Il se forme un corps dont la composition s'exprime par :

CH

Cette formule est celle de l'acide acétique, dans lequel 2 ato-

mes d’oxigene sont remplacés par 2 équivalents de chloge; nous appellerons ce corps oxichlorure d’acetyle.

Lorsqu'on sature l’&ther anhydre par du chlore gazeux Sec, en refroidissant le mélange au commencement, et le chauffant lögerement vers la fin de l'opération, il y a un dégagement abondant d’acide chlorhydrique, et l’on obtient comme produit final un liquide oléagineux incolore qui est la combinaison en question. Elle n’est cependant pas tout à fait pure. Ce liquide renferme une petite quantité de chloral et une autre combinai- . son chlorée qui paraît se décomposer en aldéhyde et acide chorhydrique, quand elle vient en présence de l’eau. Quand on laisse le mélange pendant quelques jours en contact avec de l'eau qu’on renouvelle de temps à autre, l’oxichlorure d’acétyle s’en sépare. Pour l'avoir parfaitement pur et anhydre, on le sèche dans le vide sur de la chaux vive et de l’acide sulfurique.

L’oxichlorure d’acétyle est un liquide incolore, pesant et oléagineux, sans action sur les couleurs végétales, et possédant une odeur particulière qui rappelle celle du fenouil. Il entre en ébullition à 140° en se décomposant. La propriété qui le caractérise est de se décomposer en présence de l’eau, au bout d’un certain temps, en acide acétique et acide chlorhydrique. Cette décomposition s'effectue sur-le-champ par l'influence d’un oxide alcalin.

L’acide sulfurique concentré noircit cette combinaison, en dégageant de l'acide chlorhydrique.

Lorsqu'on la chauffe avec du potassium, il se forme du chlorure de potassium et un corps gazeux, qui ne contient que la moitié du chlore que renfermait le corps primitif, et dont la composition s'exprime par C, H, O Ci, (MALAGUTI).

Lorsque, d’après REGNAULT,on place de l’éther, exempt d’eau

et d'alcool, dans un ballon rempli de chlore et exposé aux rayons directs du soleil, le vase se remplit bientôt d’une grande quantité de paillettes eristallines, qui, pour l’aspect extérieur, ressemblent tout à fait au sesquichlorure de carbone C, C{,, de FARADAY. Leur odeur participe à la fois de celle de ce corps et de celle du chloral. Après les avoir exprimées dans du papier joseph et dissoutes dans l’alcool bouillant, on les obtient parfaitement pures par le refroidissement. Ces cristaux ne contiennent plus d'hydrogène ; tout l'hydrogène de l’éther s’y trouve remplacé par son équivalent de chlore. Leur composition s'exprime en effet par : C,C1,,0. Ils fondent à 66°, et résistent à une température de 28° sans entrer en ébullition. Après le refroidissement , la matière reste longtempsliquide, et ne se solidifie quelquefois qu'au bout de plusieurs heures.

Avant d'exposer le mélange d’éther et de chlore aux rayons du soleil, REGNAULT fait passer du chlore dans l’éther, dans les eirconstances ordinaires , jusqu'à ce Es la liqueur ait acquis une teinte jaune.

MaLAGuTI et REGNAULT ont égotôment observé la formation du chloral, par l’action du chlore sur Péther.

Dans une préparation de chlorhydrate de chlorure d’acötyle, FELIX D’ARCET (Annales de Chimie, t. 66, p. 198), a obtenu, comme produit accessoire, une substance à laquelle il donne le nom de chloréthéral et qui possède la composition C, H, CZ O, représentant 2 volumes de vapeur. Ce composé paraît être le résultat de l’action du chlore sur une certaine quantité de vapeur d’ether, entrainée-mécaniquement par le gaz oléfiant qui a servi

„ dans l'opération. (Voir chlorhydrate de chlorure d'acétyle).

= En soumettant léther simultanément à l’action du chlore ét à une chaleur toujours croissante, on finit par obtenir une liqueur oleagineuse, inaltérable par l’eau et la potasse caustique. Elle possède une odeur aromatique. qui rappelle celle du chlorure de carbone solide; Pacide sulfurique ne la noircit pas à froid ; soumise à la distillation avec ce dernier, elle noircit en dégageant beaucoup d’acide ehlorhydrique, mais la plus grande partie semble distiller sans altération. Elle bout à 139°, sa densité est de 1,611. Elle est, soluble dans une solution alcoolique: de potasse'; la dis-

solution abandonne une quantité considérable de chlorure de

potassium , tandis que l'eau précipite de la liqueur surnageante un nouveau corps oléagineux.

Action de l'hydrogène sulfuré sur les corps chlorés, dérivés de l'oxide d’ethyle ; oxisulfure d’acetyle.

On obtient des combinaisons analogues aux précédentes , dans lesquelles le chlore est remplacé en totalité ou en partie par du soufre, quand on traite l’oxichlorure d’acétyle par le gaz acide sulfhydrique.

Il se dégage dans ce cas de l’acide chlorhydrique et lon obtient un liquide oléagineux, incolore et fétide, qui noireit à l'air et se prend peu à peu en masse cristalline. L’alcool bouillant dissout cette dernière et abandonne par le refroidissement de. grandes aiguilles prismatiques, incolores, qui fondent entre 120° et 123° ; elles ne sont pas volatiles, se dissolvent dans Paleool et l'éther “# sont insolubles dans l’eau. Leur composition s ame par la formule :

C,H, N — oxisulfure d'acétyle.

On peut ainsi envisager cette combinaison comme de l'acide acétique anhydre, dans lequel 2 atomes d’oxigene sont remplacés par 2 atomes de soufre. Une solution alcoolique de potasse la transforme en sulfure de potassium et acétate de potasse.

Quand on continue d’Evaporer la liqueur de laquelle se sont séparés ces cristaux, on obtient des lames jaunes, grasses au toucher, qui fondent entre 70° et 72%, et qui ne diffèrent de lautre combinaison qu’en ce qu’elles contiennent 1 équivalent de chlore à la place d’un des atomes de soufre; c’est l’oxichlorosulfure d'acétyle :

Une solution alcoolique. de potasse transforme ce dernier

corps en sulfure de potassium, chlorure de potassium et acétate de potasse.

Action du chlore sur les sels oxigénés d’oxide d’eihyle.

Les combinaisons de l’Ether avec les acides, se comportentavec le chlore comme l’ether pur, avec la différence néanmoins, que les acides qui ne sont pas modifiés par le chlore, ou les produits qui naissent de la réaction de ce dernier, restent en combinaison avec la nouvelle combinaison d’éther et de chlore.

Le chlore n'a aucune action sur l’oxalate d’oxide d’ethyle.

Acetate d’oxichlorure d’acetyle. — L’acetate d’oxide d’éthyle traité par du chlore, fournit un corps dont la composition s’exprime par la formule : |

C; H4 O, Cu,

ce qui correspond à une combinaison d’acide acétique anhydre et d’oxichlorure d’acétyle :

Page 1