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C, G, H, 0, — CG, O, + C,H, C

Chloracétate d’oxide d’éthyle. — Formule : C, Cl, O,, Ae O.

On le prépare, en distillant un mélange d’un chloracétate alcalin ou d'acide chloracétique avec de l’acide sulfurique et de l'alcool. En ajoutant de l’eau au produit distillé, la combinaison en question se sépare sous la forme d’une huile pesante incolore, analogue au chlorure d’éthyle.

Chloracétate de potasse. — Formule : C, C1, O,, K OH aq,

On se le procure, en saturant l'acide chloracétique par du carbonate de potasse et abandonnant la dissolution à l'évaporation spontanée. Il cristallise en aiguilles soyeuses inaltérables dans l'air sec et déliquescentes dans l’air humide. Il se décompose avec une

* D’après les expériences récentes de Dumas, l'acide acétique donne dans

les mêmes circonstances du carbonate alcalin et de l'hydrogène protocarbon& (gaz des marais C, H,)«

faible explosion quand on le chauffe. Porté à l'ébullition, dans un excès de potasse caustique, la plus grande partie du perchlorure de formyle se décompose, et l’on obtient du chlorure de potassium, du formiate et du carbonate de potasse.

Chloracétate d'argent. — Formule : C, Cl, O, + Ag O.

Il se prépare, en dissolvant l'oxide d'argent dans une dissolution aqueuse et concentrée d'acide chloracétique, et évaporant dans le vide. Quand on opère à abri de la lumière on obtient de petits cristaux grenus brillants ; ils sont peu solubles dans Veau et détonnent quand on les chauffe; lorsqu'on les humecte d'alcool avant de les chauffer, il reste du chlorure d'argent pur après la combustion de l'alcool.

Éther chloré pesant.

Synonyme : huile chloralcoolique.

On désigne ordinairement sous ce nom un Corps oléagineux découvert par SCHÉELE, et qui se produit quand on distille un més lange de peroxide de manganèse, d’acide sulfurique, de sel marin et d'alcool. C’est ce corps qui se forme principalement quand on sature à froid l'alcool de 80 centièmes par du chlore humide; il se précipite de la liqueur acide quand on y ajoute de l’eau.

Ce produit n’a jamais été obtenu d'une composition constante; néanmoins, il a trouvé un emploi en pharmacie, où il constitue, à l'état de dissolution dans l’eau, le spiritus muriatico-æthereus.

On l’obtient en grande abondance en ajoutant 2 volumes d’eau à dé l'alcool saturé à froid par du chlore et distillant ce mélange sur du peroxide de manganèse, sans en séparer d’abord le corps oléa- ' gineux qui se précipite par l’eau. L’oxide de manganèse se dissout dans la liqueur acide, en la colorant en vert foncé; mais au bout de peu de temps, celle-ci s’&chauffe considérablement et prend une couleur brune. A cette époque, il faut refroidir le vase où l'on fait le mélange. La température s'élève quelquefois au point qu’il peut y avoir inflammation et même explosion. Dès que toute réaction | a céssé, on commence la distillation. Il passe de l’eau, de l’alcool, de l'éther acétique, et au-dessous de ces liquides, il se dépose une - couche oléagineuse qu'on lave avec de l’eau. Cette liqueur huileuse | est Pöther chloré pesant. Lorsque le résidu dans la cornue com-,

mence à dessöcher vers la fin de l'opération, on remarque dans le col de la cornue des cristaux de sesquichlorure de carbone.

L’ether chloré pesant est incolore, d’une odeur aromatique et sans réaction sur les couleurs végétales. Mis en contact avec l’acide sulfurique concentré, il noircit en dégageant de l’acide chlorhydrique. Son point d’ébullition est situé entre 112° et 125° C. Sa densité est de 1,227. L'alcool le dissout en toutes proportions. Traité par ’hydrate de potasse, il se décompose en s’échauffant beaucoup ; le produit qui distille est un autre corps chloré, d'une consistance huileuse, qui bout à 104° et dont la densité est de 1,074. La potasse retient une matière brune résineuse.

En pharmacie, on prépare le spiritus muriatico-æthereus en ajoutant 4 parties d'alcool à un mélange de 4 parties de sel marin, 8 parties d'acide sulfurique et 3 parties de peroxide de manganèse, et distillant le tout à une douce chaleur, jusqu’à ce que les ?/, de l'alcool employé aient passé à la distillation. Lorsque le produit obtenu est acide, on y ajoute quelques gouttes de carbonate de potasse jusqu'à ce qu’il ne rougisse plus le tournesol; après avoir décanté le produit de la solution aqueuse, on le distille à un feu très modéré. L’ether chloré subit une modification dans cette dernière opération, et.le produit définitif est un peu différent de celui que l’on obtient en mélangeant l’éther chloré brut avec de l'alcool.

On l'obtient aussi en dissolvant l'éther chloré dans 8 parties d'alcool.

Les propriétés de ce produit se rapprochent beaucoup de celles de l’éther chloré. Il est incolore et transparent, fluide comme l'alcool; sa densité varie entre 0,835 et 0,840; l'odeur et la saveur sont les mêmes, en un mot, il se comporte comme un mélange d’ether chloré et d’alcool.

Quand il est pur, il possède une odeur et une saveur éthérées très franches ; mélangé avec 3 à 4 parties d’eau, il se trouble en abandonnant un peu d’éther chloré ; il ne rougit pas le tournesol, et se volatilise sans résidu par la chaleur.

La liqueur oléagineuse, qui se précipite de l'alcool saturé à froid par du chlore, renferme une grande quantité d’oxichlorure d’acetyle qui se transforme par le lavage à l’eau en acide chlorhydrique et acide acétique; outre cela elle contient encore une

autre combinaison qui paraît se décomposer en présence de l’eau en aldéhyde et acide chlorhydrique.

Il est à désirer que ces différentes transformations soient étudiées avec soin.

REGNAUET pense que les résultats discordants, que présentent les analyses de l’éther chloré pesant, proviennent des corps chlorés intermédiaires, qui se forment entre l’aldéhyde et le chloral, par substitution du chlore à un même nombre d’atomes d’hydrogene, comme l’indiquent les formuies suivantes :

CH, O, aldéhyde.

C; H, CL, O, a 1 seltaıp „H.CLO, corps intermediaires.

C,H, Cl,O, chloral.

Action du brome sur l'alcool ; bromal.

Formule : C, Br, O, HB, O.

Le bromal a été préparé la première fois par LOEWIG.

Pour l'obtenir on verse peu à peu 13,8 parties de brome dans 1 partie d’alcool refroidi par de la glace; on a soin de ajouter par petites portions, en attendant chaque fois que la partie versée ait disparu. Le mélange ainsi préparé, on y ajoute trois fois son volume d'acide sulfurique concentré et on distille. Il passe d’abord de l’acide bromhydrique, du brome libre, du bromure d’ethyle, et à la fin du bromal.

On purifie le bromal de la même manière que le chloral.

Le bromal est un liquide ol&agineux incolore, il possede une odeur particulière très forte et qui provoque le larmoiement ; sa saveur est caustique ; sa densité est de 3,34; son point d’ebullition est situé au-dessous de 100°. Il est sans réaction sur les couleurs végétales et se dissout dans l’eau, l’alcool et l’éther. Le chlore et l’acide nitrique fumant le décomposent. Il dissout le phosphore etle soufre, sans altération. Les alcalis caustiques le transforment en formiate alcalin et perbromure de formyle.

Hydrate de bromal. — Formule, d'après LoewiG : C, Br, O + 4 aq.

La dissolution du bromal dans l’eau produit, par l’évaporation

spontanée à l'air, de gros cristaux réguliers incolores, transparents, analogues au camphre ; leur forme ressemble à celle du sulfate de cuivre. Ils fondent à une chaleur peu élevée et renferment 4 atomes d’eau pour 1 atome de bromal, par conséquent 2 atomes d'eau de plus que lhydrate de chloral (Lozwrc).

Action du brome sur l’ether.

D'après LoewrG, le brome en agissant sur l’éther produit de l'acide bromhydrique, du bromure ‘d’éthyle, de l’acide formique, un corps semblable à l’ether chloré pesant, que l’on a appelé, par analogie, eiher bromé pesant (huile bromalcoolique), et enfin du bromal. Lorsqu'on distille ce mélange à un feu modéré, on obtient tous ces produits, à l'exception du bromal, qui reste dans la cornue mélangé avec un peu d’éther bromé pesant.

En ajoutant de l’eau au résidu, le bromal se dissout et l’éther bromé s’en sépare. LOEWIG ne s'explique pas sur la composition de l’éther bromé pesant ; de sorte qu’on ne sait pas si on doit le considérer comme une combinaison particulière, ou bien comme un mélange de plusieurs autres combinaisons.

L’ether bromé est très volatil, son odeur est pénétrante et désagréable, sa saveur douce. Il possède un pouvoir réfrigérant considérable ; il est plus pesant que l’acide sulfurique concentré. Leproduit qu’on obtient en le traitant à froid par la potasse caustique, et rectifiant sur de la chaux vive, est sans réaction sur les couleurs végétales. L’acide sulfurique concentré le convertit à l'aide de la chaleur en brome et un autre liquide volatil oléagineux. Quand on le-chauffe avec de la potasse caustique, il se décompose en perbromure de potassium et formiate de potasse.

Action de l’iode sur l'alcool.

L'iode se dissout dans l'alcool absolu ou étendu et le colore en brun rouge foncé, sans qu’il y ait d'action sensible. Lorsqu'on mélange cette liqueur avec une dissolution alcoolique d’hydrate de potasse, elle se décolore complétement et donne naissance à de l’iodure de potassium, de l'acide formique et du periodure de formyle (Voyez perchlorure de formyle).

D'après JonnsTon, on obtient une liqueur oléagineuse, ren-

fermant de l'iode, en versant peu à peu dans de l'acide nitrique très fort une dissolution concentrée d’iode dans l'alcool, et de Piode pulvérisé en quantité telle que la liqueur ne se colore pas. Celle-ci dépose alors, par le refroidissement, un liquide oléagineux peu stable. La densité de ce dernier est de 1,34 ; il se colore en brun à l'air et sous l'influence de la lumière solaire; chauffé à 70°, il produit un liquide éthéré qui distille, tandis qu'il reste un résidu brun qui abandonne de l’iode à 144°, en ne laissant que du charbon.

* La potasse décompose cette substance, dont la composition est inconnue jusqu’à présent.

En abandonnant à lui-même un mélange de 4 parties d’alcool, 1 partie d’iode et 1 partie d'acide nitrique fumant, dans un flacon légèrement bouché, on obtient, d'après Aimé, un liquide oléagineux qui gagne le fond du vase quand tout l'iode a disparu. Pour lavoir à un plus grand degré de pureté, on le lave avec de l'eau et on le rectifie ensuite sur du carbonate de chaux et du chlorure de calcium ; le liquide éthéré passe le premier, puis de l’eau et de l'alcool.

Cette substance possède une odeur analogue au chloral ; les alcalis lui font éprouver une décomposition analogue. D’après Aimé, elle dépose des cristaux blangs, sous forme d’aiguilles, quand on la conserve sous l’eau.

On ne sait rien de positif sur la nature de ce corps.

‘Action du chlorure de eyanogene sur l'alcool.

Quand on sature de chlore sec un mélange d’alcool et d’acide cyanhydrique très concentré, ou un mélange d'alcool et d’un cyanure métallique soluble dans l'alcool, il se produit une matière cristalline très peu volatile, si l’on évite avec soin toute élévation de température. Si pendant le dégagement du chlore on néglige de refroidir le liquide, celui-ci s’&chauffe et il distille alors du chlorure de cyanogène, qui se change peu à peu et spontanément, avec une vive effervescence, en une matière blanche cristalline. Ce phénomème est dû à la décomposition du chlorure de eyanogène Ci, N, C, qui, en s’emparant de 4 atomes d’eau H, O,, se transforme en acide carbonique C, O,, qui se degage, et sel

ammoniac CI, N, H, qui reste. La même décomposition s’opère au sein du liquide refroidi à une certaine époque, lorsqu'il est suffisamment saturé de chlore ; il faut alors arrêter l’action du chlore. Quand on y verse ensuite de l’eau bouillante, en quantité telle que le mélange commence à devenir laiteux, on obtient, par le refroidissement, de longues aiguilles brillantes, d’un blanc argentin. Si l'on a prolongé outre mesure l’action du chlore, cette matière se trouve souillee d’&ther chloré pesant, qui lui communique son Odeur, abaisse considérablement son point de fusion, et rend sa purification extremement difficile. Par le lavage avec de l’eau, on débarrasse la matière de l'acide ou du sel de mercure qui y adhère...

Le produit cristallisé possède un éclat soyeux et ressemble beaucoup au sulfate de quinine; il n’a aucune action sur les couleurs végétales ; il fond à 120°, en se sublimant en partie; à une chaleur plus élevée, il s’enflamme et brüle avec une flamme jaune fuligineuse. Il est très peu soluble dans l'eau froide, se dissout dans 30 parties environ d’eau bouillante et cristallise par refroidissement; il est très soluble dans l'alcool et l’&ther. Le nitrate d'argent n’occasionne aucun précipité dans ses dissolutions. L’acide sulfurique le dissout à une chaleur douce, sans altération. Chauffe avec une solution de potasse caustique, le liquide se colore en brun foncé et dégage de Pammoniaque. L’ammoniaque liquide ou gazeuse n’exerée aucune action sur ce Corps.

Par l'analyse , on y a trouvé : 35 à 36 pour cent de carbone, 5,038 à 4,99 d'hydrogène, 25,930 à 26,10 de chlore, et 23,9 à 22,46 d’oxigene. Ces nombres correspondent à une combinaison de 3 atomes d’aldéhyde 3 (C, H, O,), 2 équivalents de chlore CZ,, 2 équivalents de cyanogène Cy, et 2 atomes d’eau. La formule empirique est C,, H,, O, CZ N, (STENHOUSE).

CONGÉNÈRES DE L'ALCOOL D'UNE CONSTITUTION INCERTAINE. Hydrure d’acetyle.

Synonyme : gaz olefiant, eiherene, hydrogene bicarbone. Formule :C,H,—=C, EH, H, = Ac H..

Densité : 0,9852 — 4 volumes.

Dans ce qui précède, il a souvent été question, sous le nom de

gaz oléfiant, d'un corps qui est le produit constant de la décomposition de l’alcoo! par un excès d’acide sulfurique.

L'analyse de ce corps fait voir qu’il est formé de carbone et d'hydrogène, par équivalents égaux. Il se distingue des autres combinaisons analogues, en ce qu’il possède la propriété de se combiner tant avec des corps simples qu’avec des corps composés. Son nom lui vient de la consistance oléagineuse de la combinaison qu'il forme avec le chlore. BERZÉLIUS l'a appelé elayle.

Quand on considère de plus près les phénomènes chimiques que ce corps présente dans différentes circonstances, on trouve que la formule C, H, + H, est celle qui exprime le mieux sa véritable constitution. Cette manière de l’envisager nous explique diverses décompositions que ce corps éprouve, soit seul, soit en combinaison avec certaines substances ; elle nous rend également compte de la propriété dont il jouit, de former différentes combinaisons que l’on n'obtient point avec d’autres carbures d'hydrogène composés des mêmes éléments et dans les mêmes proportions.

On obtient l’hydrure d’acétyle à l’état de pureté, en chauffant dans une cornue un mélange de 1 partie d’alcool avec 6 à 7 parties d'acide sulfurique concentré; il se dégage d’abord de l’&ther, puis du sulfate double d’oxide d’éthyle et d’éthérole, enfin un mélange de volumes égaux d’acide sulfureux et d’hydrure d’acétyle. A cette époque, la masse noircit, en prenant une consistance gélatineuse. Pour purifier le gaz, on le fait passer d’abord à travers du lait de chaux qui absorbe l’acide sulfureux, puis par de l'acide sulfurique hydraté, qui retient l’éther, l’eau et les vapeurs d’alcool.

L'hydrure d’aeetyle pur possède une odeur éthérée faible ; ilest inflammable et brûle avec une flamme blanche ; il n’est soluble qu’en très petite quantité dans l’eau, l'acide sulfurique concentré, l’aleooi et l’éther. La chaleur rouge le décompose en charbon et gaz des marais. Un excès de soufre le décompose, au rouge, en sulfure de carbone et acide sulfhydrique; son action est donc analogue à celle de l’oxigène. L’acide sulfurique anhydre l’absorbe en grande quantité et forme avec lui une combinaison cristallisée renfermant 4 atomes d'acide sulfurique pour 1 atome d’hydrure d’acétyle. Disssoute dans l’eau, celle-ci s’en assimile les éléments et forme de l'acide éthionique, qui, par l’ébullition, se change

446 TRAITE en acide isöthionique. D’après les recherches récentes de Mac- Nus, cette combinaison renferme 4 SO, + C, H,. |

En contact avec du chlore gazeux, il en est attaqué; les gaz se condensent par volumes égaux, et il en résulte un liquide oléagineux, éthéré, de chlorhydrate de chlorure d’acetyle, appelé ordinairement huile du gaz oléfiant ou liqueur des Hollandais.

Tl se combine avec le brome et l’iode.

En approchant rapidement un corps allumé d’un mélange de 2 volumes de chlore gazeux et de 1 volume de chlorure d’acétyle, celui-ci s’enflamme et brüle avec une flamme rouge sans détonation ; les produits sont de l'acide chlorhydrique et du charbon qui tombe en flocons épais à l’état de noir de fumée.

Chlorure d’acetyle.

Synonyme : chlorure d’aldehydene.

Formule : G, H, Cl; = Ac Cl, (REGNAULT).

En exposant le chlorhydrate de chlorure d’acetyle pendant plusieurs jours à l’action d’une solution alcoolique de potasse et à une basse température, lacide chlorhydrique du chlorhydrate se décompose avec la potasse en eau et chlorure de potassium; ce dernier se dépose sous forme cristalline, le chlorure d’acétyle reste dans le liquide et s’en sépare à l’état de gaz, par l'influence d’une douce chaleur. Pour enlever l’eau et les vapeurs d'alcool qu’il entraîne par la distillation, on le fait passer à travers de l'acide sulfurique concentré; ce dernier retient les vapeurs d’eau et d'alcool sans absorber le chlorure d’acétyle.

Le chlorure d’acétyle est gazeux à la température ordinaire, son odeur rappelle celle de l'ail; il s’enflamme difficilement et brüle avec une flamme rouge, bordée de vert, comme toutes les combinaisons chlorées. La densité du gaz est — 2,166, représentant 4 volumes. À — 17°, il se condense en donnant naissance à un liquide limpide. Quand on le chauffe en présence du potassium, il y a formation de chlorure de potassium, dépôt de charbon, et production de naphtaline qui se dépose sous forme cristalline.

Lorsque, d’après REGNAULT, on fait passer le chlorure d’acétyle dans un vase rempli de perchlorure d’antimoine, le gaz est complétement absorbé, „avee production de chaleur, En

étendant d’eau, quand le perchlorure refuse d’absorber le gaz, il s’en sépare un liquide éthéré, formé d’un mélange de chlorure d’acétyle et d’acide chlorhydrique avec une nouvelle combinaison dont la composition est exprimée par la formule : C, H, Cie.

Quand on chauffe ce liquide jusqu’à 115°, le chlorure d’acétyle et l'acide chlorhydrique s’échappent à une température inférieure , et la nouvelle combinaison distille parfaitement pure à la température indiquée. Elle est incolore et assez fluide ; sa densite à l'état liquide est de 1,422; celle de sa vapeur est de 4,75, représentant 4 volumes. Cette matière possède la même composition que le perchlorure d’acetyle, Ac Cl, ; mais il paraît que sa constitution devra plutôt être exprimée par la formule : C,H, CL, + Cl, H,, à laquelle on est conduit par la décomposition particulière qu'elle éprouve par l’action de la potasse. En effet, lorsqu'on distille cette combinaison avec une solution alcoolique de potasse, elle se décompose en chlorure de potassium, eau et un nouveau liquide volatil qui bout à 30° et dont la composition s'exprime par la formule : C, H, C4.

La densité de sa vapeur est de 3,34 — 4 volumes.

En exprimant la composition de cette substance par la Or mule C, H, Ci,, celle-ci représenterait le radical de l’acide formique, combiné à 1 équivalent de chlore ; ce serait le protochlorure de formyle.

Enfin, en continuant l'action du chlore sur le corps précédent, on obtient, d'après REGNAULT, le composé C, H, C4, ou plutôt C, H, Cl, H, CZ, car la potasse le transforme en C, H, Ci, et chlorure de potassium. Le produit final de l'action du chlore sur le gaz oléfiant est le chlorure de carbone C, C/,, qui, au moment de se dégager, s’unit à une nouvelle quantité de chlore et donne le sesquichlorure de FARADAY, C, Cl...

Perchlorure d’acetyle.

Formule : C, H, Cl, = Ac Cl..

Un des produits de l’action du chlore sur le chlorure d’ethyle, découverts par REGNAULT, peut être considéré comme du perchlorure d’acétyle (Voir, p. 430, corps chlorés dérivés du chlorure d’ethyle).

448 TRAITÉ Bromure d’acétyle.

Synonyme : bromure d’aldehydene.

Formule : C, H, Br, = Ac Br, (REGNAULT).

La préparation de ce corps est la même que celle du chlorure d’acétyle; on n’a qu'à remplacer le chlorhydrate de chlorure d’acétyle par la combinaison bromée correspondante.

Le bromure d’acétyle est également gazeux à la température ordinaire ; son odeur et ses propriétés sont analogues à celle du chlorure d’acétyle; on peut le conserver à l’état liquide à une basse température.

Sa densité est de 3,691, représentant 4 volumes.

Chlorhydrate de chlorure d'acétyle:

Synonymes : liqueur des Hollandais, huile du gaz oléfiant.

Formule : GC, H, CL, CA H, = Ac Ch, Cl, H.

Découvert par DEIMANN, TROOSTWYK, LAUWERENBURGH et VROLICH.

La méthode ordinaire pour préparer ce corps, consiste à faire arriver dans un grand ballon de l’hydrure d’acetyle et du chlore gazeux et humide. D’après REGNAULT, le chlore sec et l'hydrure d’acétyle ne se combinent pas ensemble. On obtient ce composé d’une manière plus commode, en se servant de perchlorure d’antimoine, qu’on se procure en saturant par du chlore du beurre d’antimoine maintenu en fusion à une douce chaleur, et refroidi vers la fin del’absorption. On fait arriver l’hydrure d’acétyle, privé d’acide sulfureux, dans le perchlorure d’antimoine, tant qu’il en est absorbé. En soumettant le nouveau produit à la distillation, on obtient du chlorhydrate de chlorure d’acétyle, que l’on recueille jusqu'à ce que le produit qui passe ne sépare plus de liquide éthéré, lorsqu'on y ajoute de l’eau. La combinaison obtenue d’après ces deux méthodes n'est pas pure; pour l'avoir à cet état, on la distille avec de l’eau dans le bain-marie ; on la prive ensuite de l’eau qu’elle entraine en la secouant avec de l'acide sulfurique concentré, et on distille de nouveau au bainmarie. On répète cette opération jusqu’à ce que l'acide sulfu-

rique qui reste dans le résidu ne noircisse plus, et qu’il ne se dégage plus d’acide chlorhydrique pendant la distillation.

On l’obtient enfin parfaitement pure en la lavant de nouveau avec de Peau et abandonnant à elle-même sur du chlorure de calcium.

Le chlorhydrate de chlorure d’acétyle est un liquide incolore, très fluide ; son odeur est agréable et éthérée, sa saveur douceätre; il entre en ébullition à 82,4° C.; la densité de sa vapeur est de 3,4484; il n'est altéré ni par le simple contact de l'acide sulfurique, ni par la distillation sur l’hydrate de potasse, dans lequel il est insoluble. Il est inflammable et brûle avec une flamme claire et fuligineuse, verte sur les bords; il communique son odeur à l’eau sans s’y dissoudre sensiblement ; il se dissout, au contraire, en toutes proportions, dans l'alcool et l’éther. Quand ‚on l’évapore dans un courant de gaz ammoniac, il paraît qu’il se décompose en sel ammoniac, azote et un gaz inflammable qui n’a pas été étudié. Une dissolution alcoolique de’potasse le décompose peu à peu en chlorure de potassium et chlorure d’acétyle; chauffé avec du potassium, il dégage de l'hydrogène et du gaz chlorure d’acétyle. Il absorbe facilement le chlore en se colorant en jaune verdätre et prenant une odeur suffocante ; en exposant ce produit à l’action de la chaleur, on obtient de l’acide chlorhydrique et de nouveaux produits plus riches en chlore.

En le soumettant à l’action prolongée du chlore, à une température toujours croissante, on obtient un produit qui par la distillation fournit d’abord le même corps inaltéré; à 115°, il distille du chlorhydrate de chlorure de formyle :

Das 240 à COURT He

et à 135°, on obtient un corps dont la composition s'exprime par la formule :

C,H, Ch,

et qu'on peut ainsi considérer comme un deutochlorure de for-

myle C, H,,2 CI. Cette dernière combinaison se convertit en

sesquichlorure de carbone, lorsqu’on eontinue de faire agir le

chlore et qu’on expose le mélange à la lumière diffuse, ou mieux x 29

encore à la lumière directe du soleil. Cette transformation provient de ce que les liqueurs moins riches en chlore, passent: à l'état de deutochlorure de formyle, dans lequel l'hydrogène finit par être complétement éliminé et remplacé par ses équivalents de chlore : C, H, Cl,, donne avec 4 Cl, 1 atome de sesquiehlorure de carbone C, Ci, et 1 équivalent d’acide chlorhydrique Ci, H..

Dans la formation du chlorhydrate de chlorure d’acétyle, il se produit toujours une certaine quantité d’acide chlorhydrique, qui provient de ce que lhydrure d’acétyle, que l’on obtient en chauffant de lalcoo! avec un excès d'acide sulfurique, entraîne constamment de l’oxide de carbone qui donne naissance à de l'acide chloroxicarbonique, lequel à son tour se décompose en . présence de l’eau en acide carbonique et acide chlorhydrique. La production de Facide chlorhydrique, dans cette opération, est indépendante de la méthode que l’on emploie pour se procurer le chlorhydrate de chlorure d'acétyle, soit qu’on le prépare directement par la réunion des deux gaz, soit qu’on l'obtienne au moyen du perchlorure d’antimoine.

La formation postérieure d’acide chlorhydrique s'explique facilement par la naissance simultanée des produits que nous venons de décrire, qui sont plus riches en chlore et qui renferment moins d'hydrogène que le chlorhydrate de chlorure d’acétyle. . Quand l’hydrure d’acötyle entraîne de la vapeur d’éther et de la vapeur d'alcool, la formation de l’oxichlorure d’ac&tyle de MA- LAGUTI est inévitable; on détruit ce dernier corps en distillant le tout avec de l'eau, et on obtient alors de l'acide chlorhydrique, de l'acide acétique et de Pöther acétique. |

D’ARCET a décrit sous le nom de chloretheral un produit engendré par la réaction du chlore sur l’hydrure d’acétyle mélangé de, vapeur d'alcool et d’&ther (voir plus haut, p. 426: Action du chlore sur l’oxide d’ethyle). On l’obtient en rectifiant Fhuile brute plusieurs fois de suite sans y ajouter de l’eau. Ce produit distille, à l’état de pureté, quand la température dans la cornue est arrivée à 180°. C’est un liquide incolore assez fluide, d’une odeur douceätre particulière, mais très différente de celle du chlorhydrate de chlorure d’acétyle. Il est inflammable et brüle avec une flamme verte lumineuse; l’eau, les alcalis et l'acide sul-

DE CHIMIE ORGANIQUE. 451 furique le décomposent. Ce corps mérite une étude plus approfondie ; il a été analyse par D’ARcET qui lui assigne la formule :

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