C, H4 O + EH O
En distillant un mélange d’acétone et d'acide sulfurique fumant, Kane obtint, outre un grand nombre de corps tels que l'acide acétique, l’acide sulfureux, etc., un corps particulier, dont la composition s'exprime par C, H, (ou plutôt par C,, H.,, si l’on calcule d’une manière plus exacte les résultats de son analyse). Il désigne ce corps par mésitylène. Quand on traite cet hydrogène carboné par le perchlorure de phosphore, on obtient une combinaison nouvelle C, H,, C4, chlorure de mesitylene, qui se décompose par l'action de la potasse caustique en chlorure de potassium et un nouveau corps C, H,, O, qu’it appelle oxide de mésitylène. D'après lui, ce corps est à l’acétone ce que l’ether est à l’alcool, en ce sens qu'il renferme les éléments de l’acétone, moins 1 atome d’eau. En saturant un mélange d’acétone et d'acide sulfurique fumant par de la chaux, il obtint des sels particuliers qui renferment les éléments de l'acide sulfurique et de l’oxide de mésitylène.
La théorie à laquelle KANE rattache ces faits, ne paraît pas être en parfait accord avec la véritable constitution de l’acétone.
La constitution de l'alcool, comme l’hydrate d’un oxide organique possédant la propriété de saturer les acides et de former des combinaisons salines, telle que nous l'avons admise, se fonde sur ce que les sels à base d’oxide d’éthyle sont décomposés par des bases plus puissantes qui s'emparent de l'acide, tandis que l'éther, devenu libre, se combine à 1 atome d’eau pour régénérer l'alcool. La préexistence de l’eau dans l'alcool n’est donc pas une hypothèse ; mais jusqu’à présent on n’est pas parvenu à reproduire de l’acétone avec une seule des combinaisons de- ' crites par Kane. Nous envisageons l’éther comme une base, parce qu'il remplace les oxides métalliques par poids atomiques égaux, et qu'il donne naissance à des sels doubles, dans lesquels
1 atome de l'acide est neutralisé par 1 atome d’oxide d’éthyle, et l’autre atome par 1 atome d’oxide métallique.
Ni l’acétone, ni l’oxide de mésitylène ne forment des combinaisons de cette nature. L’acide sulfurique conserve toute sa capacité de saturation dans la combinaison qu’il forme avec l’oxide de mésitylène ; l’oxide de mésitylène ne peut donc pas être considéré comme base dans ces combinaisons : il s’y trouve combiné dans le même état que l'acide benzoïque l’est dans l’acide hyposulfobenzoïque.
FREMY a désigné par métacétone un corps particulier, qui possede la même composition que l’oxide de mésitylène, mais qui en diffère essentiellement par ses propriétés. Jusqu’à présent on n’a aucune donnée exacte sur les caractères qui rattachent ces deux corps à l’acétone, sous le point de vue chimique.
Nous sommes obligés de donner ici un résumé des combinaisons d’acétone que KANE a découvertes, sans pour cela partager l’opinion qui a dirigé ce chimiste dans leur dénomination.
Mésitylène.
Formule : C, H, (KANE, PLANTAMOUR).
Pour le préparer, on distille l’acétone avec */, volume d’acide sulfurique fumant. Sur le produit de la distillation nage une huile jaunätre qu’on rectifie après l'avoir lavée avec de l’eau ; les premières portions que l’on obtient renferment un peu d’acétone, dont on les débarrasse en les distillant au bain-marie. La nouvelle combinaison distille à l’état pur à 135,5°, qui est le point d’ébullition du mésitylène ; plus tard, il passe une matière qui lui ressemble beaucoup, mais dont le point d’Ebullition est plus élevé.
Le mésitylène est un liquide oléagineux et incolore; il possède une odeur faible, rappelant celle de l'ail; il est plus léger que l’eau, inflammable et brûle avec une flamme blanche fuligineuse ; les alcalis n’exercent aucune action sur lui; l'acide sulfurique, l'acide nitrique et le chlore se comportent avec lui comme avec la benzole. D'après sa formule, il renferme les éléments de 2 atomes d’acétone moins 2 atomes d'eau, ce qui en explique la formation ; en effet :
26, H 0) —2H 0 =&C, Hs.
Dans trois analyses, KANE obtint en moyenne :
carbone 89,602 hydrogène 10,410
D'après la formule C, H,, on arrive aux nombre suivants :
carbone 90,19 hydrogène 9,81
Parmi les produits de la décomposition de l’acétone par l'acide sulfurique, on observe l'acide sulfureux, l'acide acétique , et dans le vase distillatoire une matière noire d’un aspect résineux. :
Oxide de mésityle.
Synonymes : hydrate de mésitylène, oxide de mésitylène.
Formule : C, H,, O (KANE).
On Pobtient en ajoutant de la potasse caustique à une dissolution alcoolique de chlorure de mésitylène, jusqu’à ce que le mélange soit sensiblement alcalin ; on y verse ensuite huit à neuf fois son volume d’eau. Après avoir décanté le liquide oléagineux qui se sépare, on le purifie en le mettant en contact avec du chlorure de calcium et le soumettant à une nouvelle distillation. C’est un liquide incolore et limpide, qui possède une odeur analogue à celle de la menthe poivrée ; il entre en ébullition à 120°, s’enflamme facilement et brüle avec une flamme fuligineuse très brillante.
Chlorure de mésityle.
Synonymes : chlorhydrate de mésitylène, chlorure de mésitylène. |
Formule : C, H,, Cl, (KANE).
On ne peut pas le préparer en faisant agir directement l'acide chlorhydrique sur l’acétone ou sur la combinaison précédente. Lorsqu'on sature l’acétone par du gaz chlorhydrique, on obtient un liquide pesant très foncé qui se décompose par le contact de l'eau et par la distillation, en acétone et d'autres produits.
Pour l'obtenir, on ajoute 2 parties de perchlorure de phos-
phore par petites portions à 1 partie d’ac&tone, en ayant soin d’entourer ce dernier d’eau froide ; le chlorure de mésitylène se sépare de la liqueur, quand on la mélange avec 3 à 4 parties d’eau. C'est un liquide oléagineux plus pesant que l’eau. L'action de la chaleur le convertit. en acide chlorhydrique et mésitylène. Le chlore ne peut donc être remplacé dans cette combinaison par de l’oxigene. Une seule analyse, d’entre plusieurs autres, a fourni un résultat d'accord avec la théorief, la voici :
‘carbone 47,97
hydrogène 6,76 chlore 45,88
Iodure de mésityle.
Synonymes : iodhydrate de mésitylène, iodure de mesitylene.
On peut l'obtenir au moyen d’un mélange d’iode, de phosphore et d'acétone, mais ce procédé ne le donne jamais à l’état de pureté, Lorsqu’ on distille un tel mélange, il passe de l’acide iodhydrique et un liquide oléagineux, pesant et qui est coloré en brun foncé par un excès d’iode ; son odeur est analogue à celle de l’iodure d’ethyle. Si on le traite par de la potasse caustique étendue, il se décolore, mais il reprend bientôt sa couleur quand on l’expose à Paction de l'air. La chaleur le décompose de la même manière que le chlorure de mésitylène.
Le résidu de la distillation renferme de l’acide hypophosphomésityleux et un autre corps iodé, de couleur jaune, qui se dépose en paillettes brillantes ; KANE a appelé ce dernier iodure de pteleyle (Voir plus bas).
Chloroplatinate d’oxide de mesityle.
Formule : C, H,, O, PiCi, (Zeise).
ZEISE a appelé cette combinaison metacechlorplatin.
On peut désigner sous ce nom un corps que ZEIsE découvrit dans la réaction du deutochlorure de platine sur l’acétone. En distillant une dissolution de 1 proportion de deutochlorure de platine avec 2 ‘/, proportions d’acétone, on obtient de l’acide chlorhydrique et un corps éthéré, qui passent dans le récipient,
tandis qu’il reste dans la cornue un résidu acide et brun formant la nouvelle combinaison, souillée de produits résineux. Pour l’obtenir pure, on lave plusieurs fois le résidu avec de l’eau; il reste alors un corps brun résineux que ZEISE a appelé résine de platine (platinharz). |
La dissolution aqueuse, provenant des eaux de lavage, se trouble peu à peu et finit par déposer de petits cristaux jaunes de la combinaison en question ; en évaporant l'eau mère dans le vide sec, on en retire une nouvelle portion. Pour l’obtenir parfaitement pure et débarrassée des matières brunes colorantes , qui l’accompagnent, on la fait cristalliser dans de l’acétone acidulé par un peu d'acide chlorhydrique, et ensuite dans l’acétone pur.
Cette combinaison est jaune de soufre et se présente en petits cristaux indéterminés ; elle est presque sans odeur et ne perd de son poids ni dans le vide, ni quand on la chauffe jusqu’à 100°. Chauffee au contact de l’air, elle brûle avec une flamme verte et laisse un résidu de platine d’un blanc argentin. Soumise à la distillation, dans une cornue, elle produit de l'acide chlorhydrique et une vapeur douée d’une odeur particulière, qui se condense en gouttes oléagineuses; le résidu est du platine mélangé de charbon.
Elle est peu soluble dans l’eau ; sa dissolution se décompose par l’ébullition ; elle est également peu soluble dans l'alcool et insoluble dans l'éther. L’acide chlorhydrique bouillant la dissout sans l’alterer; la dissolution dans la potasse caustique est colorée en brun; celle dans le chlorure de potassium ou de sodium est jaune.
Quand on soumet à la distillation l’eau mère dans laquelle se sont déposés les cristaux de chloroplatinate d’oxide de mésityle, elle se trouble, il y a un dégagement de gaz, et la liqueur se décolore, en précipitant une poudre noire, floconneuse, qui se décompose avec explosion et production de lumière, quand on la chauffe. ZEISE lui a donne le nom de pyrasechlorplatin.
La résine de platine dont nous avons parlé plus haut, est friable comme la résine ordinaire ; elle a une cassure vitreuse, et s’amollit par la chaleur ; elle brûle avec flamme en laissant un résidu de platine. Elle est soluble sans résidu dans la potasse caustique et l’acetone ; l'éther et l’alcool ne la dissolvent pas complétement.
Action de l'acide sulfurique sur l’acétone.
Acide sulfomésitylique. — Quand on mélange de l'acétone avec 2 parties d’acide sulfurique fumant, il y a une forte production de chaleur et dégagement de gaz acide sulfureux; en ajoutant de l’eau et neutralisant par de la baryte ou de la chaux, on obtient un précipité de sulfate de baryte ou de chaux et un sel soluble de baryte ou de chaux.
Le sel de chaux cristallise difficilement, il est déliquescent ; quand on le chauffe, il prend feu et laisse un résidu de sulfate de chaux, possédant une légère réaction alcaline. Sa composition s'exprime par la formule :
S O., C, H, O, Ca ©.
Le sel de baryte cristallise en tables, qui possèdent l'éclat de la nacre de perle; il devient brun par la chaleur et laisse après la calcination un résidu de sulfate de baryte. Sa formule se représente par :
S O., C, H, O, Ba OC.
Le sel de chaux perd :/, atome d’eau par la chaleur.
Lorsqu'on fait un mélange de 2 volumes d'acétone et de 1 volume d’acide sulfurique, et qu’on neutralise par de la chaux la liqueur étendue d’eau, on obtient un nouveau sel de chaux analogue au précédent, avec la différence néanmoins, qu’il renferme, à l’état cristallisé, deux fois autant d’acétone pour la même quantité d'acide sulfurique et de chaux :
S O,, C, H,, O,, Ga O.
L’acide de ces sels n’a pas pu être isolé ; en séparant la base de l'acide, on obtient une liqueur qui devient noire par l'évaporation, et qui renferme alors de l’acide sulfurique libre et répand l'odeur d'acide sulfureux et d’oxide de mésit yle.
Action de l’acide nitrique sur l’acétone.
En préparant de l’acétone, au moyen de l’acétate de chaux, 1 30
466 TRAITE LAURENT recueillit à part les dernières portions, dont le point d’ebullition était plus élevé que celui de l’acétone pure. Il soumit celles-ci à la distillation, à une chaleur très modérée, après y avoir ajouté un volume d’acide nitrique de concentration inconnue; il obtint ainsi dans le récipient deux liquides, dont l’un renfer- mait de l'acide hydrocyanique; l’autre se présentait sous la forme d’une huile limpide, d’une odeur aromatique, bouillant entre 80 et 100°, et donnant par l’analyse, 66,43 de carbone, 10,84 d’hydrogène et: 22,73 d’oxigene. Ce dernier produit est d&comapose par le chlore, en donnant de l’acide hydrochlorique et un nouveau corps huileux. On est à peu près certain qu&personne, excepté M. Lau- RENT, ne réussira à reproduire ces matières, dont Pune a été soumise à l'analyse, quoique son point d’Ebullition variät entre 80 et 100°.
Lorsque, d’après KANE, on mélange de l'acide nitrique concentré avec 2 fois son volume d’acétone, il y a production de chaleur très forte et décomposition extrêmement vive; en refroidissant le vase, et ajoutant de l’eau, lorsque toute action a cessé, on obtient un liquide d’un jaune pâle, qui se sépare du reste du mélange. Il est formé de deux matières différentes. L'une d'elles est très fluide, l’autre est-d’une consistance visqueuse. Si l’action de l'acide nitrique est très énergique, c’est le second produit qui prédomine; KANE le désigne sous le nom d’eldehyde mésitique. L'autre produit se forme en plus grande proportion, si l’action est moins violente; il a été appelé nitrite d’oxide de ptéléyle. Les analyses de KANE n’ont point éclairei d’une manière satisfaisante la formation de ces produits.
Nitrite d’oxide de ptéléyle. — Formule, d’après KANE :
Le nitrite d’oxide de ptéléyle est plus pesant que l’eau, et en est décomposé ; les alcalis le dissolvent en se colorant en brun ; le papier imprégné de cette substance brüle comme de l’amadou quand on l’allume. Chauffé dans la flamme d’une lampe à esprit de vin, il se décompose avec une violente explosion ; il supporte une chaleur de 100° sans s’évaporer, mais on ne peut pas le distiller à une temperature plus élevée sans le décomposer.
Aldehyde mésitique. — Formule : C,H, O, (Kane).
On le prépare en faisant bouillir du mésitylène dans de l'acide nitrique et continuant l’ébullition tant que l’on aperçoit une réaction. C’est un liquide visqueux, jaune, rougeätre et pesant ; il possède une odeur douceätre mais pénétrante; il est peu soluble dans l’eau, et bien soluble dans les alcalis, auxquels ils communique une couleur brun jaunätre. Il absorbe l’ammoniaque sèche et forme avec elle une masse brune et résineuse, qui se dissout dans l’eau et cristallise par une évaporation ménagée.
Le nitrate d'argent produit un précipité dans sa dissolution, quand on rend la liqueur alcaline au moyen de potasse caustique; si l'on chauffe ce précipité dans la liqueur, il se réduit à l’état métalique, propriété que présentent toutes les matières organiques solubles et non acides, lorsqu'elles sont placées dans les mêmes circonstances.
Ce corps se forme tout simplement, d’après KANE, par la combinaison du mésitylène avec les 2 atomes d’oxigene qu’abandonne l’acide nitrique.
Action de l'acide métaphosphorique sur l'acétone.
Acide phosphomésitylique. — L’acide phosphorique vitreux (acide métaphosphorique) se dissout dans l’acétone avec production de chaleur et en le colorant en brun; on obtient un sel soluble, en neutralisant la liqueur par une base.
Le sel de soude cristallise en tables rhomboidales qui deviennent opaques à l'air, en perdant de l’eau; chauffées isolément, elles fondent dans l’eau de cristallisation, deviennent blanches, puis noires, et laissent un résidu de 48,8 pour cent de phosphate de soude (pyrophosphate de soude ?).
Acide hypophosphomésityleux.
Formule du sel de baryte : C, H,, O, P, Ba O (Kante).
Le résidu de la distillation d’un mélange d’iode, d’acétone et de phosphore, qui contient du phosphore en excès, se prend par le refroidissement en masse cristalline analogue à l'amiante. Les cristaux sont solubles dans l’eau; on met cette propriété en usage
pour les séparer d’une matière coloranle jaune et cristalline qui se forme simultanément.
La dissolution aqueuse des cristaux blancs a une saveur acide etamère : neutralisée par du carbonate de baryte, elle donne deux sels, dont l’un est insoluble, l’autre soluble ; ce dernier se prend en masse blanche cristalline, lorsqu'on concentre la liqueur par une évaporation ménagée, et qu’on laisse refroidir. Cette masse est un mélange d’iodure de barium avec de l’hypophosphomésitylite (et du phosphite ?) de baryte. On sépare ces deux sels, l’un de l’autre, en les traitant par de l'alcool bouillant; liodure de barium se dissout et la combinaison de mésityle reste dans le résidu. Par cette opération, elle perd totalement la propriété de se dissoudre dans l’eau; elle se présente alors en petits grains cristallins, qui sont sans réaction sur les couleurs végétales. Quand on les chauffe ils prennent feu, et brülent avec une flamme semblable à celle du phosphore; le résidu noir se convertit par la calcination en phosphate de baryte blanc.
L’acide nitrique exerce sur eux une réaction très vive à l’aide de la chaleur.
KANE trouva dans ce corps, 19,49-20,40 de carbone, 3,65- 4,00 d'hydrogène; il ne détermina pas la quantité de phosphore, et ne fit aucune expérience pour s'assurer de l'absence totale de l’iode. En oxidant ce corps par l'acide nitrique, il obtint 74-75 pour cent de phosphate de baryte, ce qui correspond à 43,8 ou 44 pour cent de baryte. Il en résulte que ce corps renferme pour 4 atomes de baryte, 6 atomes de phosphore au lieu de 8, comme l’admet la formule de KAnE. D’après cette dernière, il faudrait qu’il renfermät en 100 parties : 43,8 de baryte, 18 de phosphore, 21 de carbone, 3,5 d’hydrogene et 13,7 d’oxigene.
PRODUITS DE L’ACTION DU CHLORE ET DE L’IODE SUR L’ACETONE ET LE MÉSITYLÈNE, Chloral mesitique.
Formule :C,H, Cl, O, (Dumas, KANE). Lorsqu'on fait passer un caurant de chlore sec dans l'acétone,
DE CHIMIE ORGANIQUE. 469 jusqu'à ce que {out dégagement de gaz acide chlorhydrique ait cessé, on obtient un liquide insoluble dans l’eau, d’une odeur pénétrante insupportable ; sa pesanteur spécifique est de 1,33; il entre en ébullition à 126°, et provoque des ampoules sur la peau. Il se décompose par l’ébullition en perdant de l'acide chlorhydrique.
Les alcalis et l'acide sulfurique concentré n’exercent sur lui aucune action sensible.
L'analyse que Dumas a faite de ce corps a été confirmée par KANE. D’après la formule qu’on calcule de leurs analyses, il devrait contenir en 100 parties 28,86 de carbone, 3,13 d'hydrogène, 55,48 de chlore et 12,53 d’oxigene. J. L. en fit une seule analyse, qui lui donna 28 de carbone, 2,8 d'hydrogène, 52,6 de chlore et 16 d’oxigene.
Le chloral mésitique se dissout dans un excès de polasse caustique, à l’aide de la chaleur, en donnant naissance à du chlorure de potassium et à un nouvel acide qui forme des sels solubles avec presque tous les oxides métalliques; cet acide n'a pas été étudié spécialement.
Chlorure de ptéléyle.
Formule : C, H, Cl, (KANE).
Lorsqu'on fait passer un courant de chlore dans le mésitylène, il se dégage de l’acide chlorhydrique, et le résidu se prend en masse cristalline lorsqu'il est bien saturé de chlore. L’éther bouillant dissout ce produit et l’abandonne en cristaux par le refroidissement. Ces cristaux sont du chlorure de ptéléyle qu’on purifie par plusieurs cristallisations.
L'aspect extérieur des cristaux de chlorure de ptéléyle ressemble assez à celui que présente le sulfate de quinine du commerce. Ils sont insolubles dans l’eau, l’hydrate de potasse ne les attaque pas. Ils se volatilisent de leur dissolution alcoolique sans se décomposer, et se subliment sans altération dans un courant de gaz ammoniac sec.
Kane y trouva 49,15-50,66 de carbone et 4,0-4,34 d’hydrogène; il ne détermina pas le chlore,
D'après la formule indiquée, il aurait dû obtenir 48,87 de carbone, 3,99 d'hydrogène et 47,14 de chlore.
. C’est un fait digne d’attention que le chlore et l'acide nitrique ne se comportent pas de la même manière avec le mésitylène.
Iodure de ptéléyle. .
KANE désigne sous ce nom une matière micacée jaune, qu’on
obtient en dissolvant le résidu de la distillation d’un mélange d’acétone, d’iode et de phosphore. Cette matière possède toutes les propriétés du periodure de formyle, avec la seule différence cependant qu’elle se sublime à une température voisine du rouge, sans se décomposer. Sa composition est inconnue. La composition de toutes les combinaisons dont nous venons de parler, doit être envisagée comme l’expression d’une idée théorique. Avant de pouvoir l’établir d’une manière certaine, il faut soumettre toutes ces substances à des recherches plus suivies.
COMPOSÉS ARSÉNIÉS DÉRIVÉS DE L’ACETYLE.
Alcarsine.
Synonyme : liqueur de Cadet.
Formule : C, H,, O As, (BERZELIUS, BUNSEN).
En soumettant l’acétate de potasse à la distillation sèche, avec son poids d’acide arsénieux, on obtient un composé connu sous le nom de liqueur de Cadet ou alcarsine (BUNSEN). Il se distingue de tous les corps connus par son odeur insupportable et la propriété de prendre feu spontanément. |
Les premières analyses de Dumas et BUNSEN ne décidèrent pas d’une manière positive si la formule C, H,, As,, à laquelle ils arrivèrent, exprimait la véritable composition de l’alcarsine, ou si la formule calculée par BERZELIUS, C, H,, As, O, s’approchait davantage de la vérité ; cette dernière formule a été confirmée définitivement par les analyses récentes dé BUNSEN.
On peut, d’après cela, considérer l’alcarsine comme une combinaison d’oxide d’acétyle avec de l'hydrogène arseniqué, Ac O, As, H> analogue pour ;la composition à la combinaison d’alde-
hyde et d’ammoniaque, avec la seule différence que cette dernière . renferme en outre 1 atome d’eau comme tous les sels d'ammoniaque. |
L’alcarsine se produit par la décomposition réciproque de l’acide arsénieux et de l’acide acétique. En effet, 2 atomes d'acide acétique et 1 atome d’acide arsénieux renferment les éléments de 1 atome d’alcarsine et de 4 atomes d’acide carbonique.
2 C, H, O, + As, O, = Ci H,, As, 0 + 4 C O,
Cependant, on peut supposer que ces produits ne soient que lerésultat d’une décomposition secondaire qui a lieu entre les éléments de l’acétone et de l'acide arsénieux, de telle sorte que 2 atomes d’acetone et 1 atome d’acide arsénieux se décomposent en acide carbonique et alcarsine :
a €, H, O + As, O, = C, H,, O As, + 2 CO,
Les propriétés chimiques de ce corps sont trop peu connues pour pouvoir décider à quelle série de combinaisons il appartient.
L’alcarsine partage, avec la combinaison d’oxide d'acétyle et d'ammoniaque, la propriété d’absorber l'oxigène de l'air avec une grande ayidité et de se combiner avec fui; il est probable que cette absorption d’oxigene est due à la présence de l'oxide d’acétyle, qui possède cette propriété à un très haut degré. Dans cette réaction, l’alcarsine s’unit à l’oxigène et à l'eau, et se convertit en alcargene, qui renferme les éléments de l'hydrate d'acide acétique et de l'hydrogène arseniqué. Cette combinaison possède une constitution analogue à celle de l’acétate neutre d’am-
moniaque :
Ac O,, As, H, + aq. alcargène. | Ac O,, N, H, + aq. acétate neutre d’ammoniaque.
L’alcargène renferme, d’après la formule de BUNsEN, 5 atomes d’oxigene au lieu de 4, comme l'exige la formule ci-dessus ; or, il aurait dû trouver alors 16,67 pour cent de carbone, tandis que deux analyses donnèrent 16,97 et 17 ‚6 pour cent de car-
bone qui s’accordent mieux avec la formule que nous avons adoptée. Les méthodes qui servent à doser l’arsenic sont très défectueuses et des pertes sont inévitables, tandis que la détermination du carbone peut s’ex&cuter avec une grande exactitude; c’est pourquoi les quantités de carbone trouvées méritent plus de confiance que celles de l’arsenic. En admettant 5 atomes d’oxigene dans l’alcarsine, la perte en arsenic est de 2 pour cent; en n’y admettant que 4 atomes, elle s'élève à 4 '/, pour cent.
Pour préparer l’alcarsine, on distille parties égales d’acétate de potasse et d’acide arsénieux, environ 500 grammes de chacun. La cornue en verre qui contient le mélange se trouve placée dans un bain de sable; on la chauffe jusqu’au rouge, en ayant soin d’entourer de glace le récipient destiné à recueillir les produits. Pendant l'opération, il se dégage de l'acide carbonique et un peu de gaz inflammables ; dans la cornue, il se sublime de larsenic. Dans le récipient viennent se condenser deux liquides, dont le plus pesant est un mélange d’alcarsine avec un autre liquide arseniqué peu volatil; celui qui surnage est un mélange d’alcarsine, d’acétone, d’eau et d’acide acétique.
500 grammes d’acide arsénieux fournissent environ 150 grammes d’alcarsine impure.
Pour purifier cette substance, on soutire la couche inférieure, on la lave en la secouant avec de l’eau, pour enlever l’acétone et l’acide acétique, et on la rectifie sur de l’hydrate de potasse sec dans une atmosphère privée d’oxigene. Enfin, on l’obtient anhydre par une dernière distillation sur de la chaux ou de la baryte anhydre.
C’est un liquide éthéré, incolore et limpide, d’un pouvoir réfringent très considérable — 1,762; d'après une détermination approximative, il entre en ébullition à 150° ; à — 23°, il se solidifie en paillettes blanches satinées. La densité de sa vapeur est de 7,18; 1 volume de vapeur d’alcarsine renferme, d’après la formule C, H,, As, O, '/, volume de vapeur d’arsenie, 2 volumes de carbone, 6 volumes d'hydrogène et '/, volumes d’oxigene; la densité calculée est donc de 7,828, D’après la formule C, H,, As,, on aurait le nombre 7,278.
L’odeur de V’alcarsine rappelle celle de l'hydrogène arseniqué ; sa saveur est tout à fait pareilie. Elle est nauséabonde et provoque un larmoiement très vif. Portée sur la peau, l’alcarsine y produit de fortes démangeaisons ; prise intérieurement, elle agit comme poison très énergique.
L’alcarsine est peu soluble dans l’eau et se dissout en toutes proportions dans l’éther et l'alcool; elle s’enflamme spontanément, quand l’air ou l’oxigène ont un libre accès, en brülant avec une flamme pâle, qui répand des nuages épais. Abandonnée à elle-même sous l’eau, dans un vase ouvert, elle finit par disparaitre complétement ; le produit le plus remarquable de cette action est l’alcargène. Elle se dissout dans la potasse caustique, en la colorant en brun; l’acide nitrique étendu la dissout, sans dégagement de gaz ; quand on chauffe, il y a décomposition. Elle s’enflamme d'elle-même quand on la verse dans un flacon rempli de chlore ou de brome gazeux, ou qu’on l’arrose avec de l’acide nitrique fumant.
Elle dissout le phosphore, le soufre et l’iode; la dissolution de ce dernier est incolore et abandonne des cristaux qui disparaissent de nouveau lorsqu'on y ajoute un excès d’iode.
Elle se combine avec l’hydrate d’acide sulfurique, en donnant lieu à des aiguilles déliées, solubles dans l’eau.
Des fragments de potassium, projetés dans l’alcarsine, y perdent bientôt leur éclat métallique ; plus tard, il y a dégagement de gaz et formation d’une bouillie épaisse ; quand on chauffe, il y a décomposition violente et production de lumière.
L’alcarsine se dissout dans le bichlorure de mercure en produisant un précipité blanc épais, qui se redissout en partie à l’aide de la chaleur, en laissant du protochlorure de mercure insoluble ; le liquide dépose, par le refroidissement, des écailles satinées peu solubles dans l’eau. La dissolution aqueuse de l’alcarsine produit, avec le nitrate d'argent, un précipité cristallin, qui renferme de l'acide nitrique.
Elle réduit les sels de protoxide et de deutoxide de mercure.
La détermination quantitative de l’arsenic dans l’analyse de l’alcarsine a toujours été incertaine, parce qu’une partie de l’arsenic échappe à l’oxidation en passant à l’état d’alcargène. Bun-
SEN n’obtint, dans une expérience, que 64,2 pour cent d’arsenic. Ces circonstances justifient suffisamment le doute que nous devons avoir à l'égard de la véritable constitution de ce corDs. |
Nous ajouterons encore une remarque qui n’est pas sans intérêt. En exprimant la composition de l’alcarsine par la formule C,, H,, As,, on voit sans peine qu’elle renferme les éléments de 1 atome de mésityle, 1 atome de mésitylène, plus 3 atomes d'hydrogène arseniqué :
C;; H,, As, = C, 112 + C, H, - 3 As, H Chlorarsine.
Formule probable : C, H,, As, Cl, (Bunsen).
En distillant l’alcarsine avec de l’acide chlorhydrique, on oblient un liquide doué d’une grande fluidité et possédant une odeur insupportable ; il est plus pesant que l’eau , bout à 109,3°, et ne se solidifie pas à — 41°. Sa vapeur s’enflamme spontanément, quand on la chauffe au contact de l'air.
Il se convertit en un corps cristallisable et soluble dans pen quand on l’abandonne à lui-même à la température ordinaire et au contact de l'air. Il s’enflamme dans le chlore gazeux. L'alcool et les acides le dissolvent ; il est insoluble au contraire dans l’eau et l’ether. Traité par l’acide sulfurique concentré, ildégage de l'acide chlorhydrique ; le deutochlorure de mercure occasionne dans sa dissolution un dépôt cristallin formé de petites lames soyeuses; c'est la même substance qui se produit avec l’alcarsine et qui est accompagnée d’un précipité de protochlorure de mercure.
Lorsqu'on chauffe la chlorarsine avec une dissolution alcoolique d’hydrate de potasse, il se forme du chlorure de potassium et un liquide éthéré qui possède une odeur fort désagréable, et qui a beaucoup d’analogie avec l'hydrarsine. La chlorarsiue mélangée avec de l’oxide de cuivre se décompose à l’aide d’une faible chaleur.
Dans la préparation de la chlorarsine, il se forme aussi un corps rouge de cinabre, non volatil et inodore; quand on le chauffe, il brüle en répandant une odeur de sélénium ; il s’en
flamme par le contact de l'acide nitrique, et ne se dissout dans aucun véhicule, sans se décomposer. BUNSEN lui a donné le nom d’érytrarsine.
Sulfarsine.
Ce corps est un produit de la décomposition de l’alcarsine par l'hydrogène sulfuré ; il peut s’obtenir également en distillant de la chlorarsine avec du sulfure de barium. C’est un liquide éthéré, possédant une odeur fort désagréable, plus pesant que l’eau et insoluble dans l’eau.
On obtient liodarsine, la bromarsine, la fluorarsine et la cyanarsine , en distillant l’alcarsine avec les hydracides correspondants, ou la chlorarsine avec des cyanures, iodures, bromures, etc.
La cyanarsine cristallise en beaux prismes, parfaitement limpides, d’une odeur forte et insupportable, et présentant la composition : C, H,. As, Cye.
Alcargene.
Formule : C, H,, As O, = Ac O;, As, H + aq.
BuNsEN, qui l’a découvert, en exprime la composition par: C, Hu As, O,. Nous avons déjà exposé plus haut, page 471, les motifs qui nous ont fait modifier cette formule.
Pour le préparer, on met l’alcarsine peu à peu en contact avec l'air ou l’oxigène pur. Il est bon de refroidir avec soin au commencement, afin que la combustion s’opere lentement. Il se forme alors de l’alcargène qui cristallise dans le liquide même, de l'acide arsénieux et un produit volatil éthéré, insoluble dans l'eau et d’une odeur insupportable (hydrarsine). Quand l’oxidation est terminée, le tout se prend en masse blanche ou brune. On lessive cette masse avec de l’eau froide ; l’alcargène et l'hydrarsine sont entraînés, tandis que la plus grande partie de l'acide arsénieux ne se dissout pas. On évapore cette dissolution jusqu’à ce qu’elle se solidifie, et on l’exprime entre des doubles de papier joseph pour en séparer l’hydrarsine; on dissout de nouveau le résidu sec dans l’alcool absolu et bouillant. Par le refroidissement, Ja dissolution saturée fournit des cristaux d’alcargène qu'on
prive de l’hydrarsine et de l’acide arsénieux dont ils sont souilles, en les pressant une seconde fois entre des doubles de papier joseph, et par de nouvelles cristallisations dans l’alcool. On peut également les purifier en soumettant leur dissolution aqueuse à plusieurs évaporations successives au bain-marie, et enlever les dernières traces d’acide arsénieux, en traitant à froid cette dissolution par l'hydrate d’oxide de fer qui forme un composé insoluble avec l’acide arsénieux. Enfin, pour en séparer l’oxide de fer, on les fait cristalliser dans l'alcool. On obtient une nouvelle portion de cristaux en ajoutant de l’éther aux eaux-mères alcooliques. ;
L’alcargene cristallise en prismes quadrangulaires obliques, terminés par des sommets taillés en biais, parfaitement bien déterminés, transparents, incolores, cassants et vitreux; ils sont inodores et n’ont pas de saveur prononcée. Ces cristaux sont inaltérables dans l'air sec, déliquescents dans l'air humide , solubles en toutes proportions dans l’eau et l’alcool, insolubles dans l’éther. On obtient des cristaux réguliers par le refroidissement d’une solution alcoolique concentrée; l’éther précipite l'alcargène de cette dissolution. L’alcargène possède une faible réaction acide; il se combine avec les alcalis, en donnant naissance à des combinaisons qui ont l'aspect de la gomme et qui ne s’obtiennent pas sous formes régulières. Il dissout l’oxide de fer et l’oxide de cuivre, à l’aide de la chaleur; ces dissolutions se décomposent d’elles-mêmes par P’&vaporation, en précipitant les oxides. Il se dissout et cristallise dans l'hydrate d'acide sulfurique sans en être modifié; l'acide sulfurique anhydre ne l'attaque pas. L’acide nitrique et l’eau régale ne l’oxident que difficilement.
L’alcargene fond à 200°, en éprouvant une décomposition partielle; à une température plus basse (90°), il se solidifie en se prenant en cristaux rayonnes; à 230°, il brunit, répand des vapeurs qui rappellent l'odeur de l’alcarsine et dépose de l'arsenic et de l'acide arsénieux.
Le protochlorure d’étain, l'acide phosphoreux et phosphorique lui enlèvent de l’eau et de l’oxigène et le convertissent en alcarsine. L’hydrogene sulfuré ne précipite pas l’arsenic sous
forme de sulfure dans la dissolution d’alcargene; la liqueur se trouble, devient blanche, et lorsqu'on chauffe, il se dépose des gouttes oléagineuses de sulfarsine qui répandent une odeur d’ail pénétrante.
L’aleargene n’exerce aucune action vénéneuse sur l’économie. Voici les résultats analytiques de BUNSEN, comparés aux nombres que donne le calcul :
Éxpérience. Calcul.
D’après la formule :
C, H4 O0, As. C 5,0, As,
Carbone — 16,97 — 17,84 — 16,67 Hydrogène = 4,88 — 5,09 — 4,76 Oxigène = 927,43 — 93,36 — 27,28 Arsenic = 50,72 — 53,71 — 51,29
Constitution de lalcarsine et des autres combinaisons arséniées.
Si nous regardons comme une chose démontrée que l’alcarsine appartient à la série de l’acétyle, et qu'elle n’est pas un produit de la décomposition de l’acétone par l'acide arsénieux , nous pourrons exprimer la composition des combinaisons pr strates par les formules que voici :
Alcarsine AcO “+ As, H, Chlorarsine Ac CL, + As, H, Sulfarsine AcS + As, H, Cyanarsine Ac Cy, + As, H, Alcargène AcO; + As, H, + ag.
BERZÉLIUS ne croit pas à la préexistence de l'hydrogène arseniqué dans ces combinaisons ; il considère l’alcarsine comme l’oxide d’un radical composé, qu’il appelle cacodyle (de xxos et dus), d’où l’on a :
C; H,. As, — cacodyle C, His A5: + O — oxide de cacodyle (alcarsine) Ci His Asa + O0: + ag. = alcargene.
Bunsen fait observer qu'il existe un certain rapport entre l'alcool et Valcarsine, lorsqu'on considère cette dernière comme ’hydrate d’une combinaison formée de C, H,, As, H O; d’après la formule 2 C, H,, As, + As, O,, elle appartiendrait à la série des combinaisons d’acétone.
Nous avons puisé tout ce que nous venons de dire sur ces combinaisons si remarquables, dans les mémoires et dans la correspondance privée de M. le docteur BUNSEN.