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PRODUITS DE L’OXIDATION DU SUCRE DE LAIT

Acide mucique.

Formule : C,, H,, O,, +2 aq. (BERZELIUS, MALAGUTI). Symbole : M +2 ag.

C’est un acide bibasique, formé de:

12 atomes de carbone = 917,290 — 34,73 20 atomes d'hydrogène = 124,795 — 4,73 16 atomes d’oxigene — 1600,000 — 60,54

1 atome acide mucique — 2642,015 — 100,00 se

La découverte de cet acide est due à SCHÉELE.

Il se forme lorsqu'on décompose par l’acide nitrique étendu le sucre de lait, la gomme, le picromel ou la mannite. 1 atome de sucre de lait cristallisé, en s’associant 12 atomes d’oxigène et perdant 4 atomes d’eau, produit 2 atomes d’acide mucique cristallise.

On prépare cet acide en dissolvant 1 partie de sucre de lait ou de gomme ‚dans 4 parties d'acide nitrique de 1,42, étendu de

1 partie d’eau. Cette dissolution s’opère le mieux dans une cornue ou dans une capsule de porcelaine. On chauffe jusqu'à ce que toute effervescence ait cessé ; l'acide mucique se dépose alors par le refroidissement du mélange.

L’acide qu’on obtient au moyen du sucre de lait est toujours pur, tandis que celui qu'on retire de la gomme contient du mucate de chaux qu’on enlève, en le neutralisant par un alcali et précipitant ensuite par un acide. |

C’est une poudre blanche et cristalline, qui craque sous la dent ; sa saveur est faiblement acide; elle se dissout dans 6 parties d’eau bouillante, est insoluble dans lalcool et ne se dissout qu’en fort petite quantité dans les acides étendus. La dissolution aqueuse rougit le tournesol.

L’acide mucique se dissout dans l'acide sulfurique concentré, en lui communiquant une couleur rouge cramoisi; quand on chauffe le mélange, il se charbonne. Il est probable ‚qu’ilse forme dans ce cas une combinaison double des deux acides; çar en neutralisant la liqueur par de la baryte, on trouve qu'il reste en dissolution une quantité considérable de cette dernière (MALA- GUTI).

Si l'on &vapore sa dissolution aqueuse par une ébullition prolongée, cet acide passe à l’état d'acide mucique modifié.

Soumis à la distillation sèche, il noircit et produit entre autres corps l'acide pyromucique.

Mucates.

L’acide mucique neutralise 2 atomes de base, qui sont représentés par 2 équivalents d’oxides métalliques, ou par 1 équivalent d’eau et 1 équivalent d’oxide métallique.

Les sels à base alcaline sont solubles dans l’eau, tandis que

ceux qui renferment une terre alcaline ou l'oxide d’un métal proprement dit sont insolubles.

Les mucates sont tous décomposés par les acides minéraux,

qui s'emparent de l’oxide métallique, en mettant l'acide mucigue

en liberté.

Le sel d'argent renferme 2 équivalents d’oxide d'argent; il

s'obtient sous la forme d’un précipité gélatineux.

La formule du sel de plomb est: M, 2 Pb O +2 ag.

Avec la potasse et la soude, l'acide mucique forme deux espèces de sels; dans les uns, 1 atome d’eau est remplacé par 1 atome d’alcali, et, dans les autres, 2 atomes d’eau sont remplacés par 2 atomes d’alcali. La composition de ces sels est peu connue jusqu’à présent.

Mucate d'ammoniaque. — Formule : M, 2 Ad H, O.

On le prépare en sursaturant par du carbonate d’ammoniaque« une dissolution chaude d’acide mucique. II cristallise, par le refroidissement, en parallélipipèdes aplatis, qui ne se decomposent pas quand on les soumet à une nouvelle cristallisation. Ils ne perdent point d’ammoniaque à 110° (MALAGUTI).

Mucate d'oxide d’ethyle. — Formule : M » 2 ÀAe O (Ma- LAGUTI). -

C'est à MALAGUTI que nous devons la découverte de ce corps. Pour le préparer, on dissout 1 partie d'acide mucique dans 4 parties d'acide sulfurique concentré, à l’aide d’une douce chaleur, et on laisse refroidir. Lorsque le mélange est devenu noir, on y ajoute 4 parties d’alcool de 0,814, et on l’abandonne à luimême pendant vingt-quatre heures. Pendant ce temps, toute la masse se prend en une bouillie cristalline blanche imprégnée d'une liqueur acide, colorée en noir; on jette le tout sur une brique pour le faire sécher. Le liquide est alors absorbé par la pierre poreuse , tandis que les cristaux de mucate d’oxide d’éthyle restent à la surface. Pour les avoir parfaitement purs, on n'a qu’à les laver et à les faire cristalliser à plusieurs reprises dans l'alcool. |

Cet éther cristallise en prismes tétraédriques, incolores et demitransparents ; leur pesanteur spécifique est de 1,17. Ils fondent à 158°, et se solidifient à 135°; à 170°, ils se décomposent en alcool, acide carbonique, acide acétique, acide pyromucique et un résidu de charbon. A froid, les cristaux sont peu solubles dans l'eau , mais ils le sont au contraire beaucoup dans l’eau bouillante ; leur dissolution a une saveur amère et dépose, après le refroidissement, des prismes à base rhombe, dont la pesanteur spécifique est de 1,22, le point de fusion à 158 et le point de solidificätion à 122°; ces prismes se dissolvent dans 2,27 parties

d’eau froide, dans 155 parties d'alcool froid, et plus facilement à chaud ; ils sont insolubles dans l’&ther Ohne

La Aissortihrn aqueuse de cet éther se décompose par l’ébullition , et plus rapidement encore par une addition d'eau de chaux, de baryte ou de strontiane ; les produits de cette décomposition sont de l'alcool et de l'acide mucique, qui entre en combinaison avec la base ajoutée.

Le gaz ammoniac sec n’exerce aueune action sensible sur le mucate d’oxide d’éthyle, à une température inférieure à 170°; soumis à la distillation sèche dans un courant d’ammoniaque, ce dernier fournit une huile très aromatique qui se dissout dans l'eau, en lui communiquant une couleur jaune. Quand on chauffe doucement ce produit dans un courant de chlore, il se convertit en une masse jaune non cristalline, très soluble dans l'alcool.

Acide mucique modifié.

LAUGIER a observé que l’acide mucique acquiert des propriétés très différentes quand on fait bouillir sa dissolution aqueuse et concentrée ou qu’on l’évapore à chaud. Il se forme alors un résidu un peu coloré, qui possède des propriétés acides beaucoup plus prononcées que l'acide mucique lui-même.

Cet acide mucique ainsi modifié, se distingue de l'acide ordinaire par sa plus grande solubilité dans l’eau, par sa solubilité dans l’alcool, et par les différences bien prononcées que l’on observe dans les propriétés physiques de ses sels; par l’&vaporation spontanée de la dissolution alcoolique, on l’obtient en tables à base carrée.

Il se dissout dans 17,2 parties d’eau bouillante et dans 73 parties d’eau froide. Lorsqu’on laisse refroidir sa dissolution aqueuse, saturée à l’ébullition, elle dépose des cristaux d'acide mucique ordinaire.

Ses sels sont plus solubles que ceux de l’acide non modifié.

Il se convertit facilement en acide mucique ordinaire, quand il est en dissolution dans l’eau , soit isolé, soit en combinaison avec des bases.

Quand on neutralise par l’'ammoniaque caustique une disso-

lution d’aeide mucique modifié, saturée à chaud, il se précipite un sel d’ammoniaque insoluble, qui renferme de l’acide modifié, tandis que l’acide mucique ordinaire, dans les mêmes circonstances, ne dépose des cristaux qu'après un laps de temps assez considérable.

L’acide mucique modifié donne naissance aux mêmes produits que l'acide ordinaire, quand on le soumet à la distillation sèche.

MALAGUTI, qui s’est occupé de la composition de l'acide mucique modifié, a trouvé dans l’un et l’autre acide des quantités égales des mêmes éléments. Mais le sel d'argent de l’acide modifié lui a donné une quantité d’argent inférieure à celle qui correspond à l’acide ordinaire. Le poids atomique.de ce dernier est de 1208,546, tandis que celui que l'expérience a fourni pour l'acide modifié est de 1329 ou de 1320; il n’y aurait donc qu'une différence de 1 atome d’eau que l'acide modifié aurait en plus. Cependant l'analyse élémentaire n’en ayant pas été faite, on ne saurait décider maintenant si ces deux acides possèdent ou non la même composition.

Acide pyromucique.

Formule : C,, H, O, + agq.; symbole : pM + ag. (BoussiN- GAULT, MALAGUTI, PELOUZE). | Composition :

10 at. de carbone 764,350 — 54,05 8 at. d’hydrogene 49,918 — 3,52 6 at. d’oxigene 600,000 — 42,43

1 at. d’acide pyromucique — 1414,268 — 100,00 ”

C’est encore à SCHEELE que nous devons la découverte de ce corps, qu'il a confondu avec l’acide benzoïque.

Il se forme par la distillation sèche de l’acide mucique. 1 atome d'acide mucique renferme les éléments de 1 atome d'acide pyromucique, 6 atomes d’eau et 2 atomes d’acide carbonique. En effet : |

C,H: O1, 2 aq = Cu, He O4, aq. + 2 CO, +6 ag.

Pour le préparer, on dessèche d’abord au bain-marie les produits volatils, liquides ou solides de la distillation de l'acide mucique, et on soumet, ensuite le résidu à la sublimation, à une température de 130 à 140°. On purifie le sublimé jaunâtre en le faisant cristalliser dans l’eau à plusieurs reprises.

Il se présente sous forme de lames allongées, blanches et brillantes, qui fondent à 130°, et se volatilisent sans résidu à une température un peu plus élevée. I se condense alors en gouttes huileuses, jaunâtres, qui, par le refroidissement, ne tärdent pas à se prendre en masse cristalline. Il est inaltérable à l'air, soluble dans 26 parties d’eau froide (HouTou-LABILLARDIÈRE) et dans 4 parties d’eau bouillante. L’acide, cristallisé dans l’eau, ressemble beaucoup par son aspect extérieur à l'acide benzoïque, mais il s’en distingue par sa plus grande solubilité dans l'eau froide. II se dissout facilement dans l'alcool. L’acide nitrique ne Paltère pas.

Pyromucates.

Dans les combinaisons de l’acide pyromucique avec les bases, l'eau d’hydrate est remplacée par 1 équivalent de base.

Le pyromucate d’oxide d’éthyle, de baryte et celui d'argent sont anhydres.

Tous les pyromucates neutres à base métallique sont solubles dans l’eau ; les pyromucates à base d’alcali sont très solubles dans l’eau, quelques-uns d’entre eux se dissolvent également dans Palcool ; les autres sont moins solubles et eristallisables.

L'acétate de plomb basique est précipité par l'acide pyromucique.

Pyromucate d’oxide d’ethyle. — Formule : p M, Ae O.—C'est MALAGUTI qui l’a découvert et analysé. On lobtient en distillant un mélange de 10 parties d’acide pyromucique, 20 parties d’alcool de 0,814, et 5 parties d’acide chlorhydrique concentré. On cohobe ciaq fois le produit qui passe dans le récipient, et à la sixième fois, on le mélange avec de l’eau; la combinaison en question se sépare alors en gouttes huileuses, qui se prennent bientôt en masse cristalline. On lave les cristaux avec de l’eau, et, après les avoir séchés, on les soumet à une nouvelle distilla-

tion. Le produit qui passe vers la fin de la distillation est pur et auhydre. Il cristallise en lamelles à 4 à 6 et à 8 pans, dérivées d’un prisme rhomboidal, incolores, transparentes el grasses au toucher. Il possède une odeur qui rappelle celle du benzoate d’oxide de méthyle et de la naphtaline et une saveur piquante, amère, fugace, avec un arrière-goût agréable d’anis et de camphre. Sa pesanteur spécifique est de 1,297 , il fond à 34°, bout entre 208° et 210°; la densité de sa vapeur est de 4,859, représentant 4 volumes; le calcul donne 222% — 4,863. Il est peu soluble dans l'eau et se dissout en toutes proportions dans l’alcool et l’éther. Il ne s’enflamme pas par l'approche d’un corps en ignition; il se colore peu à peu quand on le conserve ; le gaz ammoniac ne l’altère pas; les alcalis fixes le décomposent. Les acides sulfurique, chlorhydrique et nitrique le dissolvent à froid sans le décomposer, mais par l'intervention de la chaleur ils Paltèrent.

Dans le chlore gazeux, ce corps éprouve une modification partieuliere; il entre en fusion avec production de chaleur, sans dégager d’acide chlorhydrique ou d’autres produits, et, après l'opération, son poids se trouve doublé. Après avoir enlevé l'excès de chlore, on obtient un liquide sirupeux, incolore, doué d’une odeur aromatique très prononcée, et d’une saveur amère persistante. Sa pesanteur spécifique est de 1,496, il est sans action sur les couleurs végétales. Quand on le chauffe, il noireit en dégageant de l’acide chlorhydrique. Il est très soluble dans l'alcool et l’éther; dans l’eau et l’air humide, il devient opaque et laiteux et se décompose en dégageant de l'acide chlorhydrique. Ce corps, auquel MALAGUTI, qui l’a découvert, a donné le nom d’ether chloropyromucique, s’&chauffe considérablement quand on le met en contact avec la potasse caustique; il se colore alors et abandonne un dépôt caillebotté, qui disparaît dans l’eau, à l’aide de la chaleur. Dans cette réaction , la dissolution dégage des vapeurs d'alcool; elle prend une coloration brun rouge, et renferme beaucoup de chlorure de potassium, mais point d'acide pyromucique. Quand on verse cette combinaison éthérée dans de l'alcool saturé de gaz ammoniac, elle noircit et se convertit en sel ammoniac et cyanhydrate d’ammoniaque. |

Le pyromucate d’oxide d’ethyle absorbe 8 atomes de chlore

pour se transformer dans cette combinaison (MALAGUTI), dont la formule empirique est égale à C,, H,O, C1,.

On n'a aucune donnée positive sur la manière dont les éléments sont groupés dans ce nouveau corps ; il paraît néanmoins, d’après la décomposition qu’il éprouve par les alcalis, et le dégagement d'alcool qui l'accompagne, que ce n’est pas l’oxide d’ethyle, mais bien l'acide pyromucique qui subit une altération par l’action du chlore.

On peut l’envisager, d'après BERZELIUS, comme un mélange de pyroracémate d’oxide d’éthyle avec le chlorure de carbone le moins chloré, savoir :

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