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DE L’ASSIMILATION DE L’HYDROGENE

Décomposition de l’eau. — L’air contient le principal aliment des végétaux sous la forme d’acide carbonique , ainsi sous celle d’une combinaison oxigénée. La partie solide des plantes, le ligneux, renferme du carbone plus les parties constituantes de l’eau ou les éléments de l'acide carbonique, joints à une certaine quantité d'hydrogène. On peut se représenter le bois comme étant formé par le carbone de lacide carbonique, lequel carbone, sous l’influence des rayons solaires, se combine avec les éléments de l’eau présente. Dans ce cas il faut, pour 27,65 parties pondérales de carbone qui s’assimilent à la plante, que 72,35 parties pondé- rales d’oxigène s’en séparent à l’état de gaz. Cependant il est plus vraisemblable que la plante décompose l’eau en présence de l’acide carbonique, et que l'hydrogène de cette eau s’assimile en même temps que le carbone de l’acide carbonique, tandis que son oxigène est mis en liberté.

D’après cela, 100 parties d’acide carbonique exigent, pour former du ligneux, addition de 8,04 parties d'hydrogène, et il s’en sépare 72,35 parties d’oxigene à l'état de gaz, c’est-à-dire une quantité égale à celle qui est contenue dans l’acide carbanique ; l’oxigène qui se dégage ainsi formait de l’eau avec ces 8,04 parties d’hydrogène.

Chaque arpent de terre, qui produit par an 500 kilogrammes de carbone, rendra par conséquent à Patmosnhère, dans le même temps, 1300

INTRODUCTION. xCVi]

kilogrammes d’oxigène :libre; or, la densité de loxigène étant exprimée par le nombre 1,1026, un mètre cube d’oxigène pèsera 1432 grammes, et les 1300 kilogrammes correspondront à 988 mètres cubes d’oxigène. Un arpent de prairie, de bois, ou en général de terre cultivée, rend donc. à l'atmosphère l’oxigène qui est consommé par 500 kilogrammes de carbone, par la combustion ou par la respiration des animaux.

Le ligneux contient, comme nous l'avons déjà vu, du carbone, plus les éléments de l’eau; dans le bois, il y a plus d'hydrogène qu'il n’en correspond à ce rapport, et cet hydrogène s’y trouve à l’état de chlorophylle*, de cire, d’huile, de résine, ou en géuéral de matières très hydrogénées. Il ne peut avoir été fourni à ces substances que par l’eau; pour chaque équivalent d’hydrogène qui, sous l’une de ces formes, s’assimile à la plante, il faut qu’un équivalent d’oxigene revienne à l'atmosphère. Cette quantité d’oxigène, qui est ainsi mise en liberté, n’est certes pas peu considérable; car, pour chaque kilogramme d’hydrogène qui est assimilé, Patrnosphère recoit 123 mètres cubes d’oxigène.

Pour produire du ligneux, la plante donne à l’atmosphère une

quantité d’oxigène qui dans toutes les circonstances est la même, peu importe qu’elle provienne de la décomposition de l'acide carbonique ou de celle de l’eau. Du reste, nous avons déjà dit que ce dernier cas est le plus vraisemblable. «“ La production de la cire, des huiles grasses, des huiles volatiles et du caoutchouc dans les plantes nous fait voir que, à l’état vivant, celles-ci possèdent la faculté de décomposer l’eau, car lhydrogène de ces malieres ne peut être fourni que par l’eau. On sait même, par les expériences de A. px Humsoror sur les champignons, qu’une décomposition de Peau peut avoir lieu, sans que l'hydrogène en soit assimilé. L’eau nous présente, en effet, la combinaison remarquable de deux éléments qui, dans de nombreuses réactions, sont susceptibles de se dissocier, sans que nous soyons en état d’en apercevoir la séparation au moyen de nos sens ; l’acide carbonique, au contraire, ne se décompose que dans des réactions extrèmement violentes. La plupart des produits végétaux contiennent de Peau sous sa forme véritable; mais l’hydrogène, qui forme partie integrante de leur molécule, n’y est pas contenu à l’état d’eau, cela est impossible.

Tout l'hydrogène qui est indispensable à l’existence d’un composé organique est fourni à la plante par la décomposition de l’eau. L’assimilation dans les végétaux peut donc se représenter d’une manière fort simple, si on laconsidère comme une appropriation de l'hydrogène de l’eau et du carbone de l’acide carbonique, par suite de laquelle se sépare tout l’oxigène de l’eau et de l’acide carbonique, comme pour les huiles volatiles non oxigénées, le caoutchouc, etc., ou une partie seulement de l’oxigene de l'acide carbonique,

* Le principe vert des feuilles,

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