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viande accompagne cet aliment ; dans ce cas , la fécule est donc devenue assimilable.
Un cheval soumis au regime des pommes de terres et du foin conserve à peine sa vigueur; mais si outre les pommes de terre, on lui donne du pain et de l’avoine, il se porte parfaitement bien. tu
D’après cela, il est évident que les produits préparés par les organes d’une plante peuvent varier beaucoup', suivant la proportion des aliments qu'on leur amène. Un excès de carbone introduit par les racines sous forme d'acide carbonique, ne se transformera ni en gluten, ni en albumine, ni en ligneux, ni en aucun autre principe particulier à chaque organe, sil n’y a pas d’azote en présence; mais il sera excrété par la plante à Pétat de sucre, d’amidon, d’huile, de cire, de résine, de mannite ou de gomme, ou restera dans les cellules ou les vaisseaux assez spacieux pour le contenir. :
Un excès d'aliments azotés aura pour conséquence une augmentation de gluten, d’albumine végétale et de gliadine; la sève retiendra des sels ammoniacaux si, comme dans la culture des betteraves , on donne au sol un fumier fort azoté, ou que l’on supprime l'absorption atmosphérique en effeuillant les plantes. |
L’ananas, à l’état sauvage, est à peine mangeable ; élevée dans un terroir bien fumé, la plante pousse une masse de feuilles, sans que le fruit en.devienne plus sucré. Les pommes deterre, cultivées dans un terrainriche en humus, sont farineuses, parce qu’elles gagnent alors beaucoup de fécule ; et si le terrain reçoit un bonfumier, le nombre des cellules augmente tandis que la proportion de féeule y diminue, ce qui rend les tubercules plus savonneux.
Il en est de même pour les betteraves que Pon cultive dans un sol aride et sablonneux : elles renferment alors un maximum de sucre et pas de sels ammoniacaux. Dans les terres fumées, au contraire, certaines espèces de navets “ perdent leur nature farineuse, par la même raison que les pommes de terre.
La production anormale de certains principes végétaux suppose dans les feuilles une faculté assimilatrice qui doit être plus forte que toute action chimique imaginable. Pour se faire une idée de sa puissance , on n’a qu’à se rappeler qu’elle surpasse la plus forte batterie électrique, appareil avec lequel il n’est guère possible de séparer l’oxigène de l’acide carbonique, L’affinité du chlore pour l’hydrogrène, sa faculté de décomposer l’eau sous l'influence des rayons solaires et d’en expulser Poxigene, n’est rien en comparaison de la force avec laquelle une feuille, séparée de la plante, décompose encore l’acide carbonique quelle avait absorbé.
Influence de la lumière sur la végétation.— On croit généralement que la lumière solaire ne peut décomposer l’acide carbonique dans les feuilles qu’autant qu’elle y arrive directement , et que la lumière réfléchie ou dif-
* Particulièrement le navet de Teltow que l’on cultive dans le pays de Brandebourg.
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fuse est privée de cette faculté. C’est là une grande erreur, car, dans une foule de plantes, il se produit absolument les mêmes principes, peu importe qu’elles soient frappées par les rayons solaires ou qu’elles croissent à ombre; ces plantes ont, il est vrai, besoin de la lumière, mais, . pour accomplir leurs fonctions, il est fort indifférent qu’elles reçoivent directement ou non les rayons du soleil. Seulement à la lumière directe, leurs fonctions s’accomplissent avec plus de vigueur et de promptitude, comme dans les actions chimiques où l'effet est plus ou moins rapide, suivant l’intensité de la lumière. C’est ainsi que le chlore et l’hydrogène s'unissent pour former de l’acide hydrochlorique ; à la clarté ordinaire du jour la combinaison s’effectue dans l’espace de quelques heures ; aux rayons directs, elle a lieu subitement, avec une explosion violente ; dans lobseurité complète, on n’observe pas la moindre altération dans le mélange des deux gaz.
L'huile du gaz oléfiant, mise en contact avec du chlore, sous l’influence directe des rayons solaires , donne instantanément du chlorure de carbone; à la lumière diffuse, ce dernier peut également s’obtenir, seulement il faut pour cela plus de temps. Tandis que, dans cette expérience, exécutée au soleil, il ne se forme que deux produits, acide hydrochlorique et lechlorure de carbone, on obtient, en opérant à la lumière diffuse, une série de combinaisons intermédiaires dans lesquelles la proportion de chlore augmente progressivement jusqu’à ce qu’enfin toute l’huile se soit transformée en deux produits absolument identiques avec ceux obtenus par la lumière directe. Dans l’obscurité, on n’observe pas non plus la moindre décomposition.
A la clarté ordinaire du jour, Pacide nitrique se décompose en oxigene et aeide hyponitrique ; le chlorure d’argent y noircit aussi bien qu’à la lumière solaire; beaucoup d’autres actions analogues enfin prennent la même forme à la lumière diffuse qu'à la lumière directe , et ce n’est que dans le temps nécessaire à leur accomplissement qu’on observe quelque différence. Il en doit être de même dans les plantes ; le mode de nutrition est pour toutes identique, comme nous le prouvent leurs parties constituantes.
Quelle que soit la proportion d’acide carbonique amenée à une plante, si elle ne dépasse pas la quantité que les feuilles peuvent décomposer, elle sera métamorphosée en totalité. S’il y a excès, l'acide tue la plante, comme nous l’avons déjà dit. Jusqu’a un certain point, la presence de Fazote n’est pas d’une nécessité absolue pour la décomposition de l’acide carbonique.
Toutes les expériences démontrent que les feuilles vertes, séparées de la plante et placées dans de l’eau contenant de lacide earbonique, dégagent de l’oxigène, sous Pinfluence des rayons solaires, en même temps que l’acide carbonique disparait dans le liquide.
Dans cette action, il ne s’est pas trouvé d’azote en présence de l’acide carbonique. Cela prouve donc que, pour remplir une de leurs principales
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fonctions , les feuilles n’exigent pas le concours de l’azote, bien que pour l'assimilation des nouveaux produits formés par la décomposition de l'acide carbonique, la présence d’une matière azotée en Mis: indispensable.
Le carbone de l’acide carbonique Den dans les feuilles une nouvelle forme, sous laquelle il devient soluble et apte à être transporté dans toutes les parties de la plante. On donne aux nouveaux produits le nom de sucre lorsqu’ils ont une saveur douce; celui de gomme ou de mucus, lorsqu'ils sont insipides ; enfin, celui de matières excrémentitielles , lorsqu’ils sont rejetés au dehors par les racines, par les poils ou les glandes des feuilles , etc.
El est évident, d’après cela, que, suivant la proportion des substances nutritives amenées simultanément à la plante, la quantité et la nature des produits de la végétation pourront varier.
Toutes les parties d’une plante à l’état sauvage se développent suivant la proportion des substances nutritives fournies par le sol.
Peu importe que le terrain soit aride, ou gras et fertile ; cette opération est toujours aussi complète, et ce n’est que sous le rapport de la taille du végétal et du nombre des tiges, branches, feuilles, fleurs ou fruits, que l’on observe de la difference.
Là où abondent les matières nécessaires au développement des organes, la proportion des principes azotés ou non azotés qu’ils produisent change suivant que les substances nutritives azotées ou non azotées prédominent dans le terrain.
Le développement des tiges et des feuilles, des fleurs et des fruits, est étroitement lié à certaines conditions, dont la connaissance nous permet de modifier, d'accroître même la proportion de certaines parties constituantes. La recherche de ces conditions doit être le but du naturaliste; ce sont elles qui lui apprendront à préciser les règles de l’économie rurale.
Dans aucune industrie application de principes judicieux n’a des effets plus salutaires et plus prompts que dans cet art si noble et si utile de l’agriculture, et pourtant, le croirait-on ? les écrits des agronomes et des physiologistes n’offrent pas un seul précepte capable de nous guider avec sûreté.
Partout les méthodes d'agriculture varient, et si Pon demande la cause de ces différences, on obtient pour réponse : Les circonstances font les assolements ; indice manifeste d’ignorance et de routine.
Influence des engrais. — Quant au mode d’action des engrais, les auteurs les mieux informés conviennent qu’ils manquent absolument de notions précises. En somme, on dit que les excréments des hommes et des animaux renferment un principe inconnu qui alimente les végétaux et en augmente la masse. Mais en adoptant cette opinion, on ne s’est pas donné la peine de rechercher la nature de ce principe.
Outre les conditions générales de lumière, d’humidité, de température et de principes atmosphériques, nécessaires, à titre égal, au développe-
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ment dé toutes les plantes, il en existe encore d’autres qui exercent une influence sur certaines familles particulières. Ces conditions spéciales résident déjà ou bien dans le sol, ou bien dans les matières offertes aux plantes ‘comme engrais,
Or, examinons la composition du sol et de ces engrais. C’est un point qu'il faut préalablement étudier pour pouvoir établir rationnellement les principes de Péconomie rurale. Les connaissances du phytologiste, de Pagronome et du chimiste sont indispensables pour atteindre ce but.
L'agriculture a pour objet principal de produire, dans les conditions les plus avantageuses, une certaine quantité ou un maximum de principes ou d’organes végétaux utiles à l’économie domestique ou à l’industrie; on y parvient en appliquant la connaissance de la nature et de la formation des matières nutritives essentielles aux plantes.
En suivant une culture rationnelle, nous serons en état de donner à chaque plante précisément ce que ses organes exigent pour fonctionner complétement.
Les substances nutritives qu’il s’agit d'offrir aux plantes doivent varier selon les parties que l’on veut spécialement multiplier. Ainsi les moyens employés pour produire de la paille fine et souple destinée aux chapeaux d'Italie, sont entièrement contraires à ceux qu’on met en usage pour engendrer dans la même plante un maximum de graine, ou dans cette graine un maximum d'azote. D’autres conditions sont enfin à remplir lorsqu'il s’agit de donner à la paille assez de grosseur et de dureté pour qu’elle résiste au poids de Pépi.
Dans la culture des végétaux, on procède à peu près de la même maniere que dans l’engraissement des bestiaux. Ainsi la chair des cerfs, des chevreaux et en général du gibier, est ordinairement dépourvue de graisse, comme la chair musculaire des chevaux arabes ; mais on peut en augmenter la masse, comme chez les animaux domestiques. Ceux-ci en possèdent plus, parce qu’on les nourrit de substances qui exaltent lactiyité de certains organes, et qui sont capables de se transformer en corps gras, ou qu’on leur fournit une plus grande quantité de matières alimentaires, ou enfin qu’on arrête plus ou moins les fonctions respiratoires, en privant l’animal de mouvement. La volaille exige à cet effet d’autres conditions que les quadrupèdes; ainsi l’on sait par exemple que certaines doses de poussier de charbon, administrées aux oies, augmentent extraordinairement la grosseur de leur foie, au point même de les faire périr.
Dans les plantes, l’exaltation ou l’affaiblissement de l’activité vitale dépend uniquement de la chaleur et de la lumière solaire, conditions dont nous ne pouvons guère disposer à volonté; tout ce qui est en notre pouvoir, c’est de leur amener des matières qui soient propres à être assimilées par les organes, sous l'influence de lactivité déjà développée.
Or, quelles sont ces matières ?
On peut aisément les découvrir, en examinant un sol qui reste con-
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stamment fertile dans toutes les conditions territoriales et atmosphériques auxquelles il est soumis; la recherche de sa composition et de ses éa= ractères nous met nécessairement à même de reconnaître quelles sont les conditions auxquelles il doit sa fertilité. C’est à ’agronome d'étudier les conséquences qui dérivent de ses caractères; au chimiste de résoudre les questions qui se rattachent à sa composition. |
Nous ne pouvons nous oceuper ici que de ces dernieres.
Le sol où croissent les plantes s’est formé par la desagregätiöh de certaines roches; ses propriétés dépendent donc des principes qui prédoiminent dans ces dernières. Le grès, le calcaire et Pargile sont céux qui s’y rencontrent en plus grande quantité.
Le grès et le calcaire purs, dans lesquels il m’y a pas d’autres matières minérales que là siliée ét le carbonate ou le silicate de chaux, Sont d’une stérilité absolue. en
Dans toutes les circonstances, Pargile constitue une partie essentielle des terroirs fertiles.
D’oü provient cette argile? Quels en sont les éléments, quelle part prend-elle à la végétation ? \
L’argile résulte de la désagrégation des minéraux alumineux, parmi lesquels se rangent en première ligne les divers feldspaths à base de potasse, de soude (albite) ou de chaux (labrador), les micas et les zeolithes. Cés minéraux forment les ingrédients des roches de granit, de gneiss, de micaschiste, de porphyre, de schiste argiléux, de grauwatke, de basalte, de klingstein et de lave.
Le gräuwacke contient en grande partie du quartz pur, du $chisté argileux et du calcaire; dans les grès, le quartz et la terre glaise sont la pärtie essentielle.
Le calcaire de transition et les dolomies représentent des mélanges d'argile, de feldspath, de feldstein-porphyre ét de schiste argileux ; le zeehstein se distingue égalèment par la grande proportion d'argile.
Le calcaire jurassién renferme 3 à 20 pour cent d'argile; le calcaire du Rauhalp (Wurtemberg) en contient 45 à 50 pour cent. Le marbre coquillier et le calcaire à gros grains sont également plus du moins riches en argile.
Les minéraux argileux Sont done , comme on le voit, extremement ré pandus à la surface du globe. L’argile ne manque jamais dans aucun terroir fertile, et elle ne manqué dans les terres propres à la culture que lorsqu’une de ses parties se trouve remplacée par d’autres principes. Elle coùtient évidemment une cause qui influe sur la vie des plantes et prend une part directe à leur développement, et cette cause n’est äutré que la potasse et la soude, qu’on y rencontre constamment.
L’alumine de ces argiles ne prend guère qu’une part indirecte à la végétation, en raison de la propriété qu’elle possède d’attirer et de retenir l’eau et l’ammoniaque. On n’en trouve que rarement dans les cendres végélales, mais dans toutes on rencontre de la silice, qui dans la plupa rt
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des cas ne s’introduit dans la plante que par P’intermediaire des alcalis.
Pour se faire une idée nette de la proportion d’alealis contenue dans Pargile, il faut se rappeler'que le feldspath contient 17,75 pour cent de potasse, Palbite 11,43 de soude, le mica 3 a 5 pour cent, les zéolithes : ensemble 13 à 16 pour cent d’alcalis.
D’après les analyses exactes de Ch. Gmerin, Loewe, Faicxe, Maven et ReoTEnBAcHER, on sait que les klingsteins et les basaltes renferment de 3/4 à a pour cent de potasseet de 5 à 7 pour cent de soude, le schiste argileux 2,15 à 3,31 de potasse, la terre glaise 1 1/2 à 4 pour cent de potasse.
Si,en partant du poids spécifique de ces diverses roches , on calcule combien de potasse est contenue dans un terroir qui provient de la desagrégation d’une couche de roche ayant une hauteur de 20 pouces et une superficie de 2500 mètres, on trouve :
Terroir prov. de feldspath 576,000 kilogrammes. de klingstein 100,000 À 200,000 — de basalte 23,750 à 375,000 = de schiste argileux 50,000 à 100,000 = de glaise 43,500 à 150,000
La potasse est une partie constituante de toutes les argiles; d’après Fucns elle est même contenue dans la marne. On l’a trouvée dans toutes celles où: on Pa: cherchee: ainsi dans les argiles des roches de transition comme dans celles:des roches secondaires. D’après Mirscnercic, on peut en démontrer la présence dans les formations récentes des environs de Berlin, en traitant les roches par de lacide sulfurique, évaporant à siccité etextrayant l’alun‘ainsi produit:
Les fabricants d’alun savent très bien que leurs lessives contiennent toujours une‘ceriaine quantité d’alun tout formé, dont la potasse provient des cendresialumineuses, résidu des lignites et des houilles.
"Puisque la potasse est répandue d’une manière si extraordinaire, on conçoit'aisément sa rencontré fréquente dans les végétaux. On comprend aussi pourquoi on a si peu hésité à expliquer celte présence en admettant que ‘dés’ oxides métalliques pouvaient être engendrés par la végétation même, et provenir, par conséquent, de l’atmosphère. Cette opinion a trouvédes partisans, même depuis le perfectionnement des procédés d’analyse. Encore aujourd’hui on rencontre des absurdités de ce genre dans les écrits de beaucoup de physiologistes : on se croirait réellement reporté à l’époque où l’on considérait le silex comme de la craie durcie, et où l’on se contentait d'interpréter tout ce qui, faute de recherches, était resté obscur, par des hypothèses plus obscures encore.
Un millième de glaise, mêlé au quartz du grès bigarré ou à la chaux des divers calcaires, fournit à une couche de terre de vingt pouces de haut assez de potasse pour que toute une forêt de pins s’y alimente pendant une année entière.
Un seul pied cube de feldspath pourvoit de potasse, pendant cinq ans, une forêt de chênes de 2500 mètres de superficie.