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Ces résultats n’indiquent-t-ils pas clairement les besoins de la plante? Sur le même champ, qui ne fournit qu’une seule récolte de froment, on peut cultiver deux fois de l’orge et trois fois de l’avoine.
Il faut à toutes les graminées du silicate de potasse ; ce sel est amené
aux prairies par les irrigations. Quant aux joncs et aux équisétacées , ils viennent de préférence dans des endroits où les principes de Pargile sont maintenus en dissolution par le mouvement des eaux. C’est que ces plantes aussi contiennent une grande quantité de silice ou de silicate de potasse, qui leur est fourni par Pargile.
La quantité de silicate de potasse que les prairies per dent tous les ans par la récolte des foins est très considérable. On peut citer ici, comme preuve , la masse vitreuse trouvée après un orage entre Manheim et Heidelberg, et qu’on avait prise pour un aérolithe; mais l’analyse démontra que c'était simplement un amas de silicate de potasse , résidu d’une meule de foin, que la foudre avait consumée, en vitrifiant ses cendres.
Pour la plus grande partie des plantes, la potasse n’est pas l’unique condition de leur existence; nous avons déjà fait observer que, dans beaucoup d’entre elles, elle peut être remplacée par de la chaux, de la magnésie ou de la soude; cependant ces alcalis ne leur suftisent pas.
Dans toutes les cendres végétales qu’on a examinées, il $’est trouvé de Pacide phosphorique. uni à des alcalis et à des terres alcalines; la plupart des semences en contiennent une certaine quantité: celles des céréales surtout sont riches en acide phosphorique, en combinaison avec de la magnésie. Le phosphate de magnésie est même pour elles un principe essentiel, sans lequel elles ne peuvent pas se développer et n’arrivent jamais à maturité.
Toutes les terres labourables, même les landes de Lunebourg, contiennent des phosphates en quantité très notable. De même on les a trouvés dans toutes les eaux minérales où lon s’est donné la peine de les chercher. ;
Les bancs de galène, qui sont le plus rapprochés de la surface du sol, renferment du phosphate de plomb eristallise ; le schiste siliceux aussi, qui forme des bancs si puissants, est souvent tapissé de phosphate d’alumine (wawellite). Enfin on trouve également du phosphate de chaux (apatite) dans les blocs volcaniquesdu lac de Laach.
Du sol l'acide phosphorique se rend dans les graines, les feuilles et les racines des plantes; de celles-ci dans les organes des animaux où il est employé à la préparation des os et des principes phosphorés du cerveau. Par les viandes, le pain, les légumes, il entre même dans le corps bien plus de phosphore qu’il ne lui en faut, et cet excédant est rejeté au dehors par urine et les excréments solides.
On peut se faire une idée de la grande quantité de phosphate magnésien contenue dans le blé, en se rappelant que les concrétions déposées dans le cœcum des chevaux nourris avec du foin et de l’avoine, se com-
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posent presque exclusivement de phosphate de magnésie el d’ammoniaque *. |
Outre la silice, la potasse et l’acide phosphorique, les plantes tirent du sol encore d’autres substances, et particulièrement des sels. 11 est probable que ceux-ci peuvent remplacer en partie les principes dont nous venons de parler ; sous ce rapport, le sel marin, le sulfate de potasse, le nitre, et le chlorure de potassium qu’on rencontre dans certaines plantes, semblent s’y comporter comme principes nécessaires. Le schiste argileux contient généralement des mélanges d’oxide de cuivre; le micachiste renferme des fluorures. De légères quantités de ces principes entrent dans les plantes; on ne saurait toutefois affirmer qu’elles leur soient indispensables.
Dans certains cas, le fluorure de calcium semble remplacer le phosphate de chaux dans les os et les dents. Du moins on ne pourrait s’expliquer sans cela pourquoi la présence constante de ce fluorure dans les ossements des animaux antédiluviens peut servir à les distinguer des ossements des races postérieures. Les os crâniens d'hommes trouvés à Pompeji sont aussi riches en fluorure que les ossements des animaux antédiluviens. Si, après les avoir pulvérisés, on y verse de l’acide sulfurique, et qu'on ferme le vase qui contient le mélange, on en trouve les parois intérieures fortement attaquées (Lresic). D’après Berzécius, les os et les dents des animaux de l’âge actuel n’en contiennent que des quantités peu sensibles.
Une autre circonstance remarquable se présente encore dans le développement des plantes. Saussure a observé que la quantité des mêmes principes qu’elles tirent du sol varie suivant les époques de leur accrois- sement. Ainsi, le froment lui a fourni, un mois avant la floraison, 79/1000 de cendres; pendant la floraison, 54/1000, et après la maturation, 33/1000. IL est clair qu’après la première de ces deux époques, il a rendu au sol une partie de ses principes organiques, mais le phosphate de magnésie est resté dans la graine.
il résulte de ce qui précède que la jachère est la période de la culture où la terre est abandonnée à une désagrégation progressive, sous Pinfluence de atmosphère, désagrégation qui a pour résultat de préparer à l'assimilation de nouvelles quantités d’aleali.
L’ameublissement convenable de la terre en jachère doit nécessaire ment en accélérer la désagrégation; du reste, il est indifférent, pour le but qu’on se propose dans la culture, que, pendant cette période, le sol se couvre de mauvaises herbes, ou que l’on y cultive une plante qui ne Jui enlève pas lalcali ainsi préparé. |
La famille des légumineuses compte plusieurs espèces qui se distinguent par la petite quantité d’alcalis et de sels en général qu’elles renferment.
* On a retiré du boyau culier dun cheval de meunier, mort à Eberstadt, 29 calculs pésant ensemble 1 kilogramme et demi. M. François Sımon a décrit, il n’y a pas longtemps, un calcul du poids de 700 grammes provenant d’un cheval de roulier.
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Ainsi, la fève de vicia faba, par exemple, ne contient pas d’alcali, et pas même un centième de phosphate de chaux et de magnésie (Eınnor). Les feuilles vertes et les cosses de pisum sativum ne renferment que 1/1000 de phosphates; les pois mürs donnent , en tout, 1,93 pour c.. de cendre, contenant 0,29 de phosphate de chaux (Eınnor). Dans la fève de phaseolus vulgaris, on ne rencontre que des traces de sels (Braconnor). La tige de medicago sativa ne contient que 0,83 pour c.; celle d’ervum lens 0,57 pour c. de phosphate de chaux, mélangé d’albumine {Cromx). Le blé sarrasin, séché à Pair, fournit en tout seulement 0,681 pour c. de cendres, renfermant 0,09 de sels solubles (ZENNEcK).
Toutes ces plantes sont de celles que l'on cultive pendant la jachère pour ménager le sol. C’est dans leur composition qu’il faut chercher la raison pour laquelle elles ne nuisent pas au blé que l’on cultive après elles ; elles n’enlèvent point au sol d’alcali, mais seulement une quantité peu sensible de phosphates. |
I est clair que deux plantes croissant lune à côté de Pautre se nuisent, si elles enlèvent au sol la même espèce d’aliment. On ne peut donc pas s’étonner que la camomille (matricaria chamomilla), et le spartium scoparium soient funestes à l'accroissement du blé, si l’on songe que l’un et l’autre donnent 7 à 7,43 pour c. de cendres, . contenant 6/10 de carbonate de potasse. |
L’ivraie (lolium tremulentum), et la dentaire (erigeron acre), qui fleurissent et fructifient dans le même temps que le blé, en poussant à côté de lui, se partagent et lui dérobent sa subsistance.
Au contraire, deux plantes réussiront l’une à côté de l’autre, ou lune après l’autre, si, pour se développer, elles n’exigent pas les mêmes principes, ou si les stades de leur accroissement, de la floraison et de la fructification, sont assez éloignés.
Ainsi, dans un terroir riche en potasse, on peut cultiver avec avantage le froment après le tabac, car celui-ci n’exige pas de phosphates comme le froment, mais seulement des alcalis et des substances azotées. D’après lanalyse de Posserr et Reımann, 1000 parties de feuilles de tabac renferment 16 p. de phosphate de chaux, 8,8 de silice et point de magnésie, tandis qu’une même quantité de paille de froment contient 47,3 p., et que la même quantité de graines de froment renferme 69,45 de phosphates (Saussure). Si l’on admet que les graines de froment pèsent moitié autant que la paille, les phosphates qui seront enlevés au sol par des poids égaux de froment et de tabac seront comme 97,7 : 16. C’est Ja une différence fort grande. Les racines du tabac s’emparent, tout aussi bien que celles du froment, des phosphates contenus dans le sol : cependant le tabac les lui rend, parce qu’ils ne sont pas indispensables à son développement,
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