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INTRODUCTION. CXC

Ja séparation des matières solides du sang, et empêchent ainsi l’action de Pair.

Les substances gazeuses en décomposition ou exerçant une action chimique,comme lacide hydrosulfurique, l’acide carbonique, etc., introduites dans le poumon, y rencontrent une résistance moindre que dans tout autre organe. La combustion lente qui s’y opère est activée par toutes l2s matières qui se trouvent ellesmêmes dans un état de métamorphose, ainsi que par lammoniaque, et en général par les alcalis; elle est ralentie par les substances empyreumatiques volatiles, les huiles essentielles et les acides. L’acide hydrosullurique décompose le sang instantanément ; l’acide sulfureux se combine avec le principe constituant des membranes et des cellules. Si par son contact une matière en décomposition fait prendre une autre marche à l’acte respiratoire, ou qu’elle communique son propre état à la masse du sang, il en résulte une maladie.

Cette matière est-elle le produit d’une maladie, c’est une contagion ; est-elle le produit de la putréfaction et de Pérémacausie de quelque substance animale ou végétale, ägit-elle en vertu de son caractère chimique et non de sonétat, en formant une combinaison ou en causant une décomposition, c’est un miasme.

Les contagions gazeuses sont des miasmes qui naissent du sang d’un animal vivant et peuvent se reproduire dans le sang d’un autre animal vivant. Maïs les miasmes proprement dits occasionnent une maladie sans se reproduire.

Toutes les observations faites sur les contagions gazeuses démontrent que ce sont également &es matières qui se trouvent dans un état de décomposition. L’air qui en est chargé dépose extérieurement sur des vases remplis de glace une eau qui en tient une certaine quantité en dissolution. A chaque moment cette eau change d’état ; elle se trouble et se corrompt, comme on dit communément ; ou, ce qui est indubitablement plus exact, Pétat de décomposition où se trouve la matière contagieuse en dissolution s’aceomplit dans l’eau.

Tous les gaz qui s’exhalent de matières animales et végétales en putréfaction ou sont les produits d’un état morbide, possèdent, à ordinaire, une odeur particulièrement repoussante, désagréable ou fetide, qui annonce dans la plupart des cas la présence d’une matière en voie de décomposition, c’est-à-dire soumise à une action chimique. Cette odeur même peut être fort souvent regardée comme la réaction des nerfs olfactifs, eomme la résistance opposée à l’action chimique par la force vitale: Un grand nombre de métaux exbalent une odeur par le frottement, “Mais jamais ce ne sont ceux que l’on appelle métaux précieux, c’est-àdire auxquels Pair, en présence de l'humidité, ne fait éprouver aucune altération. L’arsenie, le phosphore, le muse, les huiles de lin, de citron, de térébenthine, de rue, de menthe, etc., n’exhalent d’odeur que pendant qu'ils se décomposent, c’est-à-dire qu’ils s’oxident à la température ordinaire, | |

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Il en est ainsi de toutes les contagions gazeuses : elles sont, le plus souvent, accompagnées d’ammoniaque qui, dans beaucoup de cas, est cause de leur forme gazeuse, de la même manière qu’elle est cause de lodeur d’un grand nombre de substances qui, à elles seules, sont fort peu volatiles et même souvent sans aucune odeur *.

L’ammoniaque accompagne dans leur marche la plupart des affections morbides; elle ne manque jamais dans celles où se développent des contagions. Elle est un produit constant de toutes les matières animales en decomposition. On remarque sa présence dans toutes les chambres de malades, surtout quand le mal est de nature à se communiquer.

Si l’on condense avec de la glace l’humidité de l’air qui contient le principe volatil de la contagion, il occasionne dans une solution de sublimé corrosif un précipité blanc, absolument comme il arrive par une dissolution d’ammoniaque.

Le sel d’ammoniaque que l’on obtient par l’évaporation de l’eau de pluie, après y avoir ajouté un acide, exhale, quand on remet l’ammoniaque en liberté par de la chaux, cette odeur cadavéreuse si reconnaissable, ou celle qui est particulière aux amas de fumier.

En évaporant des acides dans un air imprégné de contagions gazeuses, on neutralise l’ammoniaque, on empêche la décomposition de faire de nouveaux progrès, et l’on détruit complétement ses effets. L’acide hydrochlorique, ainsi que l’acide acétique, et, dans beaucoup de cas, lacide nitrique, sont à préférer à tous les autres.

Le chlore, qui détruit si facilement l’ammoniaque et les matières organiques, a sur le poumon une influence si funeste qu’on le met au nombre des substances les plus vénéneuses, de celles qu’on ne peut jamais employer là où respirent des hommes.

L’acide carbonique et l’hydrogène sulfuré, qui s’échappent en grande quantité des cloaques, peuvent être rangés parmi les miasmes les plus dangereux. On combat avec beaucoup de succès le premier par des alcalis; le second en brülant du soufre (acide sulfureux), ou en faisant des fumigations d’acide nitrique.

Il est d’un haut intérêt pour la physiologie et la pathologie, particulièrement sous le rapport du mode d’action des remèdes et des poisons, de connaître la manière dont se comportent certaines combinaisons organiques.

On connaît plusieurs substances” en apparence tout indifférentes , qui, en présence de l’eau, ne peuvent être mises en contact sans éprouver une métamorphose complète. Toutes celles qui effectuent ainsi les unes sur les autres une décomposition réciproque, appartiennent à la classe des molécules les plus composées.

L’amygdaline, par exemple, est une substance parfaitement neutre, lé-

* ROBIQUET, Ann. de Chim. et de Phys,, T. XV, page 27.

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gèrement amère, très soluble dans l’eau. Elle forme un des éléments des amandes amères : si, en présence de l’eau, on la met en contact avec un des éléments des amandes douces, la synaptase, elle disparaît entièrement, sans dégagement de gaz. L’eau contient alors de l’acide hydrocyanique libre, de ’hydrure de benzoïle, un acide particulier et du sucre, toutes substances dont les éléments seulement préexistaient dans l’amyg daline. On obtient le même résultat en broyant et en humectant d’eau les amandes amères, car elles renferment le même principe blanc que les douces.

De là vient que le son d’amandes amères, après avoir été traité par Palcool, ne donne plus, quand on le distille par l’eau, d’huile chargée d’acide hydrocyanique. La raison en est que le corps qui provoque la formation de cette matière volatile se dissout sans altération dans l'alcool, et a été enlevé au son d'amandes. Pareillement les amandes amères broyées ne donnent plus d’amygdaline, dès qu’elles ont été humectées d’eau, car l’eau la décompose totalement.

La graine de moutarde blanche et celle de moutarde noire ne décèlent, par lodeur, la présence d’aucune matière volatile. En l’exprimant, on en retire une huile grasse, d’une odeur douce, sans trace d’âcreté. Mais si Pon broie la graine et qu’on la distille avec de l’eau, il s’en échappe avec les vapeurs d’eau une huile volatile très âcre, que l’on n’obtient plus cependant en traitant la graine par l'alcool , avant de la mettre en contact avec Peau. Dans l’alcool se retrouve une matière cristalline, la synapine , et plusieurs autres corps non âcres, dont le contact avec l’eau et avec le principe albumineux de la graine donnait naissance à P’huile volatile.

Ainsi que ces exemples le démontrent, des corps que la chimie inorganique regarde comme absolument indifférents, parce que leur caractère chimique ne se révèle point par des réactions saillantes, se décomposent donc mutuellement par leur contact; leurs principes se groupent d’une manière particulière pour former de nouvelles combinaisons ; une molécule complexe se dédouble en deux ou plusieurs autres moins complexes, par une simple perturbation dans l'attraction de ses éléments. Il faut que cette matière blanche, semblable à l’albumine coagulée, et qui forme une des parties constituantes des amandes et de la moutarde, se trouve dans des circonstances données pour agir sur l’amygdaline et sur les éléments de la moutarde, d’où se forme l’huile volatile.

Si l’on met des amandes douces, pelées et broyées ‚dans de l’eau bouillante, qu’on les traite par de lalcool bouillant ou par des acides minéraux, qu’ensuite on les mette en contact avec des sels mercuriels, elles perdent complétement la faculté d’effectuer la décomposition de Pamygdaline, C’est que la synaptase est un corps fort azoté qui ne se conserve pas, dissous dans l’eau ; la solution se trouble très promptement, dépose un précipité blanc et exhale une odeur de pourriture. Il est extrêmement vraisemblable que Pétat d'équilibre détruit des éléments de la synaptase dis-

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soute dans l’eau; est Ja cause de la métamorphose de l’amygdaline, Sous ce rapport, il y a une ressemblance extraordinaire entre les effets de ce corps et ceux de la présure mise en contact avec le sucre.

L'orge germée et les céréales en général, à l’époque de la germination, renferment une matière particulière , la diastase, qui s’est formée du gluten pendant cet acte, et qui, à une certaine témpés ature, ne peut être mise en présence de l’eau et de la fécule, sans altérer celle-ci.

Si l’on répand de l'orge germée et moulue sur de l’empois! d’amidon chauffé, celui-ci devient, au bout de quelques instants, liquide comme de l’eau, et la dissolution contient alors une matière qui se rapproche de la gomme par plusieurs de ses propriétés. En augmentant la quantité d’orge et en chauffant plus longtemps, on lui fait prendre une saveur douce: tout lamidon se trouve enfin changé en sucre de raisin. Mais pendant la conversion de ’amidon, les éléments de la diastase se sont également groupés de manière à former de nouvelles combinaisons.

La transformation en sucre de raisin de tous les aliments amylacés, dans le diabète sucré, suppose la présence d’une matière, d’un élément: ou des éléments d’un organe subissant une action chimique à laquelle la force vitale n’oppose pas de résistance. Il est à croire que les parties constituantes de l’organe et la fécule éprouvent simulianément une altération continue.

Plus le malade consomme d’aliments de. cette nature, uk son mal prend d'intensité. Mais: en le nourrissant exclusivement de substances qui ne donneut pas lieu aux mêmes métamorphoses , en activant la force vitale par un régime excitant et fortifiant, on réussit-enfin à vaincre J’action chimique, c’est-à-dire à guérir la maladie.

La transformation de la fécule en sucre peut s’opérer également par le gluten pur et par des acides minéraux étendus.

Tous ces faits démontrent que, dans les molécules organiques complexes, les décompositions et les transformations. les plus diverses peuvent être effectuées par toutes les causes qui apportent une perturbation dans l’attraction de leurs éléments,

Exposons du cuivre humide à un air contenant de l'acide carbonique; ce contact activera -Paffinité du métal pour l’oxigène de Pair, au point qu'ils se combineront et que la surface du cuivre se. eouvrira.de carbonate de cuivre.

Mais deux corps qui ont la faculté de se.combiner at Au moment du contact, un état électrique contraire.

P’attouchement du fer, développant dans le.cuivre un état sr particulier, lui enlèvera la faculté de se combiner avec. l’oxigene, et fera que, toutes les conditions étant égales, il eonservera-son poli.

En-exposant une dissolution aqueuse d’acide prussique à une température de 180°, on trouble la direction et l'intensité de Paction chimique, on change les conditions sous lesquelles les éléments de l’acide prussique possédaient la faculté de s’allier pour former ce corps: tr oublés ‚par la

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