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COMBINAISONS DE L’AMMONIAQUE

Le gaz ammoniac est absorbé par l’eau avec une grande avidité ; il se combine avec les acides et avec plusieurs oxides et chlorures. On s’en sert encore avec beaucoup d'avantage pour réduire des oxides et des chlorures.

Ammoniaque liquide.

L’eau absorbe l’ammoniagne si rapidement, que, lorsqu'on renverse sur l’eau un tube rempli de ce gaz, l'eau s’y précipite avec la même vitesse que dans le vide. L’eau en absorbe 670 fois son volume à la température ordinaire, correspondant presque à la moitié de son poids.

On prépare l’ammoniaque liquide en dirigeant le gaz dans un appareil de Woulf.

La cornue contenant le mélange d’hydrate de chaux et de sel ammoniac ou de sulfate d’ammoniaque est en fonte ou en grès, et se chauffe à feu nu; on peut aussi se servir d’une cornue de verre

€t la placer dans un bain de sable. Au moyen d’un tuyau de plomb ou d'un tube de verre, on adapte la cornue au premier flacon de W'oulf, renfermant une certaine quantité de lait de chaux, et surmonlé d’un tube de sûreté. Le lait de chaux sert à retenir l'acide carbonique provenant de la chaux, employé à la décomposition. Les deux ou trois autres flacons doivent être remplis à moitié d'eau distillée, et entourés d’eau froide. Ordinairement on prend

un poids d’eau distillée égal à celui du sel ammoniac ou du sulfate d’ammoniaque employés. |

Les proportions les plus convenables pour préparer l’'ammoniaque, consistent en un mélange intime de 4 parties de sel ammoniac ou de sulfate d’ammoniaque, et de 5 parties de chaux vive, préalablement éteinte et réduite en poudre humide après l'avoir arrosée avec le tiers de son poids d’eau. Lorsque les matières sont bien mélangées, on y ajoute, peu à peu, une quantité d’eau suffisante pour que toute la masse en soit imprégnée, et on la réduit en morceaux de la grosseur d’une noix, en agitant continuellement. Le gaz se dégage en abondance même à une douce chaleur: l’eau qu’il entraine s’arr&te dans le premier flacon, qui ne retient qu'une très petite quantité de gaz, parce que sa température s'élève progressivement. Les parties du mélange qui pourraient être projetées et transportées par le gaz y sont également retenues.

On découvre facilement les endroits par où il y a des fuites de gaz en approchant une baguette de verre, humectée d'acide chlorhydrique : celle-ci occasionne à l'instant même des. vapeurs blanches , épaisses, aux parties où le gaz s’échappe. Le meilleur lut à employer pour que l'appareil ferme hermétiquement, est une pâte formée de son d’amandes et de farine.

Quand on a ajouté une quantité convenable d’eau au mélange de chlorhydrate d’ammoniaque et d’hydrate de chaux, on obtient un résidu que l’on peut facilement retirer de la cornue en la secouant. Si la quantité d’eau est trop petite, le mélange s’agglutine dans la cornue , parce qu'il faut alors employer beaucoup de chaleur pour que l'opération soit complète ; un excès d’eau est également désavantageux, car, dans ce cas, le mélange se boursouffle et menace de déborder.

L'opération est términée quand le dégagement de gaz a cessé.

L'eau, en absorbant de l’ammoniaque jusqu’à saturation, augmente des deux tiers de son volume. Cette dissolution est incolore et présente la même odeur que le gaz: la pesanteur spécifique d’une dissolution saturée à 10° est de 0,850 (DALTon); elle se congele à 38° ou 41°, en formant une masse composée d’aiguilles flexibles et brillantes ; à — 49, la dissolution devient gélatineuse et presque inodore (FOURCROY et VAUQUELIN). | |

DE CHIMIE ORGANIQUE. 2t

L'eau à 35° n’absorbe point de gaz ; quand on porte l'ammoniaque liquide à cette température, toute l’ammoniaque s’échappe à l'état de gaz, et l’eau qui reste est sans GPU UN PR

L’ammoniaque dont on se sert ordinairement renferme 20 pour cent d’ammoniaque, et possede une pesanteur spécifique de 0,92.

L’ammoniaque liquide est décomposée par un courant de chlore d’une manière analogue à l'ammoniaque gazeuse. Quand la dissolution est concentrée, chaque bulle de chlore produit une . petite explosion et s’enflamme. L’iode et l’ammoniaque se décomposent en présence l’un de l'autre et donnent naissance à de liodure d’azote et à de l’iodure d’ammonium. à

Cette décomposition a lieu dans les proportions suivantes : 4 équivalents d’iode et 4 équivalents d’ammoniaque produisent 3 équivalents d’iodure d’ammonium et 1 équivalent d’iodure d'azote. ”

Ammoniaque et oxides metallıques. in

L’ammoniaque liquide possede la propriete de dissoudre un grand nombre d’oxides hydratés, et de former avec eux des combinaisons, qui ne sont, en général, connues qu'à l’état liquide. A | ZA SA " L’oxide de zinc, de cuivre, de nickel, ete., ete., appartiennent à cette classe d’oxides. Il est très probable que lammoniaque forme, avec ces oxides, des combinaisons analogues aux hydrates, combinaisons que l’on retrouve à l’état solide dans quelques combinaisons doubles. | ; 107

Les combinaisons que forme l’ammoniaque avec plusieurs oxides très réduétibles, paraissent être d’une espèce toute partieuliere ; elles se distinguent principalement par la grande facilité

‘avee laquelle elles se décomposent par le choe, ‘le frottement ou la chaleur: souvent cette décomposition est accompagnée d’une violente explosion. |

… Dans cette catégorie se rangent les combinaisons de l'ammoniaque avec les oxides de cuivre, d’urane, de mercure, d'argent, de, platine, d’or et d’osmium, qui s’obtiennent toutes en proportions déterminées. NT MA

Ammoniaque et oxide de cuivre.

D’après KANE, l’oxide de cuivre forme, avec l'ammoniaque, uñe combinaison qui renferme 3 atomes oxide contre 2 équivalents d’ammoniaque et 6 atomes d’eau. C’est une poudre bleue qui se décompose par la chaleur en protoxide de cuivre, eau et ammoniaque. Le chimiste que nous venons de nommer l’obtint au moyen du chlorure double de cuivre et d’ammonium ; mais il ne donne pas les details de sa méthode (7. Annales de Pharmacie, 26° vol., pag. 139).

. Ammoniaque et oxide d’urane.

Cette combinaison se précipite sous forme d’une poudre jaune, quand on verse de Pammoniaque dans une dissolution d’oxide d’urane; elle se décompose à la chaleur rouge, en produisant de laréineniattié: de l’eau, de l'azote et un sich de protoxide d’urane.

I#ammoniaque forme des sels doubles avec les sels d’urane.

- Ammoniaque et oxide de mercure.

Cette combinaison a été découverte par GuIBoURT et PRousT. La meilleure manière de se la procurer; d’après KANE, consiste à faire bouillir dans l’'ammoniaque caustique le précipité récemment obtenu par de la potasse dans le sublimé corrosif. Des que le précipité ne change plus de couleur, on arrête l’ebullition ; il est alors blanc, légèrement jaunätre. Par la chaleur, il perd A l'eau, de l'azote et de ’ammoniaque; le résidu est rouge foncé, et reprend peu à peu, par le refroidissement, sa couleur blanchätre.

Projeté sur des charbons arte il détonne faiblement: Il est composé de 3 atomes d’oxide de mercure, 1 équivalent d’ammoniaque et 2 atomes d’eau (KANE).

D'après GuiBourr, il renferme, pour la même quantité d’oxide de mercure, deux fois autant d’ammoniaque et point d’eau.

Ammoniaque et oxide d'argent.

L’oxide d'argent forme, avec l’ammoniaque, l'argent fulminant découvert par BERTHOLLET.

On l’obtient en faisant digérer de l’oxide d'argent récemment préparé dans del’ammoniaque, ou bien en ajoutant un excès d’am-

moniaque à une dissolution de nitrate d'argent , et en iprécipitant : lé mélange par la potasse caustique en exCÈS.

Tous les sels d'argent qui renferment des sels dingue 1 produisent avec la potasse des précipités mélangés d'argent fulminant. |

Cette combinaison est une poudre Au brun foncé presque noir; elle est soluble dans l’ammoniaque et cristallise de. cette disbahntion par une évaporation lente; les cristaux qui se gepor sent sont incolores. “

Cet argent fulminant détonne avec une grande, violence par le choc, le frottement ou la pression.

. Sa composition est encore inconnue. Un pile ons ze riences ont conduit SÉRULLAS à croire que l’argent fulminant est une combinaison d’azote et d'argent; néanmoins, ses essais ne sont pas décisifs.

D’après d’autres chimistes, ce composé serait une combinaison d’ammoniaque et d’oxide d’argent, dans laquelle ces deux éléments se seraient réunis sans subir de décomposition préalable, ce qui n’est pas très probable. On pourrait enfin supposer que c’est l'amide de l’argent; cependant cette opinion ne repose sur aucune preuve positive. |

Ammoniaque et oxide de platine.

Cette combinaison a beaucoup d’analogie avec l'or fulminant. On l’obtient à l’état de pureté, d'après H. Davy, en précipitant le sulfate de platine par lammoniaque, et en faisant bouillir le précipité dans une dissolution de soude caustique. Outre le platine fulminant , ’ammeniaque précipite un sel double basique qui - est décomposé par la soude. Le platine fulminant sec est une poudre d’un brun foncé, soluble dans l'acide sulfurique et insoluble

dans les acides chlorhydrique et nitrique étendus. = Le gaz acide chlorhydrique le convertit lentement en chlorure double de platine et d’ammonium,

Ammomaque el oxide d’or (Au, O:).

L’oxide d’or se combine avec 2 équivalents d’ammoniaque (2 N, H.), et donne naissance à un composé anhydre qui détonne avec une grande violence par le frottement ou par la chaleur;

il est connu depuis longtemps sous le nom d’or fulminant. Onl’obtient en précipitant le chloride d’or par Yammoniaque caustiqué; : Jerpreeipite jaune qui tombe au fond du vase contient du chlore, qu'on peut-enlever complétement par des lavages réitérés, ou en le faisant bouillir dans une solution de potasse caustique. y: +» Dumas a obtenu ce corps directement, en arrosant l’oxide d’or avec. de l’ammoniaque; dans cet Etat, il forme une poudre brune rougeätre ou olivätre, qui détonne par le frottement ou quai on l’expose à une température supérieure à 100°.

En chauffant For fulminant dans un tube de verre avec une poudre quelconque qui n’exerce aucune action décomposante sur lui, telle que le sulfate de potasse ou de baryte, il se décompose en produisant de l’eau , de l’azote et de l’ammoniaque libre.

D'après les recherches de Dumas, sa composition doit être exprimée par la formule à Au, N, He O:. |

Il renferme en.100 parties 26,1 or, 9,0 azote, 14,9 eau.

Les acides faibles et les alcalis n’exercent pas d’action sensible sur l'or fulminant.

Le précipité qui contient du chlore, et dont nous avons parlé plus haut, se dissout dans l’acide chlorhydrique; mélangé avec des fleurs de soufre et chauffé lentement à 150°, il se décompose sans explosion en se boursoufflant, avec mena de gaz, et laisse de l'or métallique.

Dumas considère l'or fulminant comme une combinaison d’azoture d’or (Au, N,), d’ ammoniaque (N, H,) et d’eau (H, O,).

Ammoniaque et sesquioxide d’osmium.

Osmium fulminant.

En projetant de l’oxide d’osmium (Os O,)dansdel’ammoniaque, le mélange s’échauffe et il se forme de ’osmiate d’ammoniaque, qui paraît sous forme de gouttelettes oléagineuses qui se solidifient au bout de peu de temps et qui gagnent le fond du vase.

Quand il y a un grand excès d’ammoniaque et que l’on chauffe, l'oxide d’osmium se décompose ainsi que l’ammoniaque ; il se dégage de l'azote, la liqueur devient brun foncé, et elle fournit une

DE CHIMIE ORGANIQUE. 25 combinaison de sesquioxide d’osmium et d’ammoniaque par l'évaporation.

L’osmium fulminant est une poudre d'un brun foncé, insoluble dans l’eau ; il se décompose par la chaleur avec une faible effervescence, et se dissout dans les acides chlorhydrique et sulfurique. Ces dissolutions évaporées à siccité laissent des résidus brun-noir, qui se boursouffient quand on les chauffe à l'état sec, en abandonnant un sel ammoniacal, de l'azote, de l’eau, et laissant pour résidu de l’osmium métallique.

L'étude de l’osmium fulminant mérite d'être approfondie, car il paraît se dissoudre dans les acides sans décomposition ; les carbonates alcalins le dissolvent sans dégager d’ammoniaque, et la dissolution n’est précipitée ni par le zinc ni par le fer (BERZÉLIUS).

Ammoniaque et chlorures.

L’ammoniaque anhydre se combine avec un grand nombre de chlorures et paraît jouer le rôle de l’eau dans plusieurs de ces combinaisons , de sorte que l'oxide d'hydrogène y est remplacé par son amide.

L'eau décompose plusieurs chlorures en oxide et acide chlorhydrique ; la même décomposition a lieu quand certains chlorures rencontrént l'ammoniaque; il se forme d’un côté de l'acide chlorhydrique qui se combine avec l'excès d’ammoniaque, et de Vautre une amide.

L’ammoniaque décompose plusieurs chlorures des metalloides à la température ordinaire ou à une température plus élevée; il ya formation d’acide hydrochlorique et d’un azoture. Les chic ures qui appartiennent à cette catégorie sont les chlorures de soufre et de phosphore.

Dans d’autres chlorures métslliques, le métal n’est pas susceptible de former une combinaison avec l'azote; dans ce cas , il est simplement réduit à l’état métallique, lorsque l’on fait passer un courant de gaz ammoniae sur le chlorure exposé à une température élevée.

Ammoniaque et chlorure de soufre (S Cl.).

Le chlorure de soufre saturé de chlore forme deux combinaisons avec l'ammoniaque gazeuse : Fune prend naissance dans la

réaction du gaz ammoniac sur un excès de chlorure de soufre; l’autre dans celle d’un excès d’ammoniaque sur le même corps. La premiere de ces combinaisons, que nous désignerons par chlorure de soufre ammoniacal, renferme, d’après l’analyse de SOUBEIRAN, 1 atome de chlorure de soufre et 1 équivalent d’ammoniaque; la seconde renferme deux fois autant d’ammoniaque S Cl, +9 N,H;; nous la désignerons par chlorure de soufre biammoniacal.

Tout ce que nous allons dire à l'égard de ces deux corps , est tiré du travail remarquable de SOUBEIRAN.

L’ammoniaque liquide produit, par son mélange avec le chlorure de soufre, un fort dégagement de chaleur , accompagné d’une décomposition. Il se forme une masse molle d’un rouge- | brun foncé, sans qu’il se dégage de gaz ; la liqueur se colore quelquefois en violet, mais redevient incolore bientôt après. Elle contient de l’hyposulfite et du sulfate d’ammoniaque. La couleur du corps brun solide change par la’ chaleur, soit qu’on le chauffe seul ou dans l’eau ; il devient jaune, dur et friable. La même chose a lieu quand on l’abandonne sous l’eau à lui-même ; dans ce

cas, l'eau se charge de chlorhydrate et d'hyposulfite d'anmopique, et d'ammoniaque libre.

Sa composition est représentée par la formule Ci, Ne MU pe à RS On peut l’envisager comme étant formée de 1 atome de chlorure de soufre S CL,, de 1 atome d’azoture de soufre N, S;, avec 2 équivalents d’ammoniaque.

Le corps dur et jaune qui résulte du contact de la masse brune avec l'eau, se dissout dans l’alcool bouillant; la dissolution abandonne, par l’évaporation, d’abord des cristaux de soufre, et ensuite une matière blanche et cristalline, mais en petite quantité. GREGORY, à qui est due la découverte de ce corps, l’a trouvé composé de soufre, d’azote et d'hydrogène. Son caractère distinctif est la couleur améthyste foncée que produit la potasse dans sa dissolution alcoolique et qui disparaît de nouveau au bout de peu de temps.

D'après H. Rose, le souschlorure de soufre S, Cl, présente des phénomènes analogues avec ’ammoniaque.

Il n'est pas rare, dans la réaction de ces deux corps à à l'état anhydre, de voir bärafthe des vapeurs pourprées qui se conden-

sent en une poudre jaune. Cette combinaison renferme un atome de souschlorure de soufre S, Cl, et 1 équivalent d’ammoniaque (H. Rose).

Chlorure de soufre ammoniacal.

| Sa formule est : S CZ, + N; H, (SOUBEIRAN).

! Préparation.

On l’obtient en mettant en contact du gaz ammoniac sec avec du chlorure de soufre en excès à une température basse. La réaction est très vive, il se forme une poudre rouge brunâtre qui est la combinaison en question. |

Propriétés.

Ce composé n’est pas cristallin ; il possède une odeur particuliere; l’éther et l’alcool le dissolvent. En le traitant avec de l’eau, il est décomposé; il se sépare une masse molle de couleur brune qui devient jaune en élevant la température. C’est du soufre retenant des traces d’azote et d’ammoniaque. L’eau prend une réaction acide; elle contient de l'acide chlorhydrique et hyposulfureux, du chlorhydrate et de ’hyposulfite d’ammoniaque; la décomposition de l'acide hyposulfureux la rend bientôt laiteuse.

En chauffant le chlorure de soufre ammoniacal , il devient jaune dans toute sa masse et se convertit en un mélange de sel ammoniac avec une combinaison de chlorure de soufre et d’azoture de soufre.

4 atomes de chlorure de soufre S, Cl + N, H,, ammoniacal donnent :

3 atomes de sel ammoniac (Cl, N, H,) =

1 atome d’azoture de soufre —$, N 1 atomé de chlorure de soufre Sn

S, Cl, N 8 FH, Le chlorure de soufre ammoniacal, traité par un excès d’ammoniaque, produit la combinaison qui suit :

* Chlorure de soufre biammoniacal.

Sa formule est S CL, + 2 N, H, (SOUBEIRAN).

Préparation.

On l’obtient en introduisant de petites quantités de chlorure de

soufre dans un grand vase rempli de gaz ammoniac sec, en ayant la précaution d'introduire à la fois d'assez petites quantités, pour. qu'il y ait toujours un excès d’ammoniaque, et de refroidir! soi- . gneusement le vase pour prévenir une élévation de température trop brusque. La réaction est très vive el accompagnée de vapeurs jaunes épaisses qui se condensent sur les parois en flocons d’un jaune sale et très légers.

On laisse ces flocons dans le même vase, pendant vingt-quatre ‘heures, en contact avec de l’ammoniaque gazeuse ; au bout de Li temps la couleur jaune devient parfaitement pure. In d’ammoniaque qu'ils contiennent s’echappe quand on les expose à l'air.

On peut aussi l'obtenir en exposant la combinaison précédente à l’action de ’ammoniaque gazeuse sèche jusqu'à ce que sa couleur soit jaune clair.

Propriétés.

C’est une poudre jaune-citron , inodore , et qui abandonne de l'ammoniaque par la chaleur; en prolongeant l’action de la chaleur, il se dégage un mélange d’ammoniaque , d'azote, de soufre, de sel ammoniac, et il se sublime de l’azoture de soufre. Traitee par de l’eau froide et de l'alcool, elle se décompose en azoture de soufre qui tombe au fond du vase sous forme d’une poudre jaune et qui contient le tiers du soufre de la combinaison. En faisant digérer ce précipité dans la liqueur qui lui a donné naissance , il disparaît peu à peu, en formant du sel ammoniac et de l’hyposulfite d’ammoniaque. On hâte cette décomposition en ajoutant un acide; mais alors il se précipite du soufre provenant de la décomposition de l’acide hyposulfureux. |

L’acide sulfurique exerce une action très vive sur le chlorure de soufre biammoniacal ; il se dégage du chlorure de soufre et une combinaison de chlorure de soufre avec la moitié de l’ammoniaque ; il ne reste que du sulfate d’ammoniaque.

La formation de l’azoture de soufre par l'intervention de l’eau. s'explique facilement, en considérant que le chlorure de soufre biammoniacal renferme les éléments de 1 atome d’azoture de soufre, de 3 équivalents de sel ammoniac et de 3 équivalents d’ammoniaque. Mais comme l’azoture de soufre se décompose lui-même avec l’eau en acide hyposulfureux et ammoniaque, et cela d'autant

plus vite qu'il y a de l’'ammoniaque libre dans la liqueur, il est évident que c’est là la cause pour laquelle on ne retrouve qu'une partie du soufre dans l’azoture de soufre.

Ammoniaque et chlorures de phosphore.

Les chlorures de phosphore se combinent avec l’'ammoniaque , en donnant naissance à des composés solides de couleur blanche. Les propriétés particulières, que ces corps présentent, fournirent à H. Davy des arguments en faveur de sa théorie sur la nature du chlore; cependant, depuis que les recherches de H. ROSE en ont dévoilé la véritable constitution, ils ne peuvent plus être invoqués à l'appui de cette opinion. Avant DAvy, les chlorures de phosphore étaient envisagés comme des combinaisons d’acide phosphorique anhydre et d’acide muriatique; et, d’après ce savant, ces composés devaient produire du phosphate et du chlorhydrate d’ammoniaque, c’est-à-dire, deux sels solubles, quand on les saturait par de d'ammoniaque; mais les composés obtenus par DAVY étaient des poudres blanches, insolubles dans l’eau et se décomposant à peine par l’action des acides et des alcalis : de là il conclut que ces matières ne contenaient ni acide phosphorique ni acide muriatique. Il est évident que le célèbre chimiste a confondu ces ‘combinaisons de chlorure de phosphore et d’ammoniaque avec Vazoture de phosphore, corps qui se forme par la décomposition despremières, et dontla formation s’expliqueégalementbien d’après ancienne théorie, en admettant qu’il y ait décomposition réciproque de l'acide phosphorique anhydre et des éléments de l’ammoniaque. Ceci rend suffisamment compte des différences qu'on trouve dans les observations de H. Rose et du chimiste anglais.

Protochlorure de phosphore ammoniacal.

Formule : P, CZ, 5 N, H, (H. Rose).

On le prépare en faisant passer un courant de gaz ammoniac sur du protochlorure de phosphore, que l’on refroidit avec soin tant qu’il y a absorption. C’est une poudre blanche non cristalline, et qui est tachetée de points bruns, quand elle s’est échauffée au moment de sa formation. |

En traitant cette poudre par de l’eau, il s’y dissout du sel ammoniac, sans développement de chaleur, et on obtient pour résidu un corps blanc et solide, qui, bien lavé et séché, produit de l’eau lorsqu'on le calcine avec de l’oxide de cuivre. Chauffé avec du fer ou du cuivre, il fournit de l’ammoniaque ; exposé à une ébullition prolongée dans l’eau ou dans l’ammoniaque liquide, il ne subit aucune altération, et n’en est pas dissous. On ne connaît pas d’une manière exacte la composition de ce résidu insoluble.

Leprotochlorure de phosphore ammoniacal, misen contact avec l'acide chlorhydrique concentré, s’y dissout avec développement de chaleur et en ne laissant que quelques légers flocons. La liqueur contient alors en dissolution du sel ammoniac et de l’acide phosphoreux. L’acide sulfurique et l'acide nitrique exercent la même action, avec la différence néanmoins qu’en employant ce dernier acide, on obtient de l'acide phosphorique provenant de l’oxidation de l'acide phosphoreux. En faisant bouillir ce corps avec des alcalis caustiques, on le transforme en ammoniaque, phosphite et chlorure alcalin. Toutefois, cette dernière ORPI ne s’opère que difficilement.

En calcinant le protochlorure de phosphore ammoniacal, à l'abri du contact de l'air, il s'échappe de l’ammoniaque, du de ammoniac, du phosphore, et il ne reste que du phosphure d’azote (P, N;). En moyenne, on obtient 21,27 pour cent de phosphure d'azote, dont la quantité de phosphore est à celle qui est contenue dans 100 parties de la combinaison, comme 4 est à 5. Par conséquent, 10 atomes de chlorure de phosphore ammoniacal se décomposent, d'après H. Rose, en 8 atomes de‘phosphure d'azote, 15.équivalents de sel ammoniac, 2 atomes de phosphore, 2 équivalents d’ammoniaque et 9 équivalents d'hydrogène.

D'après cette décomposition, on devrait obtenir 21 ‚38 pour cent de phosphure d’azote. Quand on fait passer les vapeurs de chlorure de phosphore sur du sel ammoniae dans un tube de v erre exposé à une température modérée , il reste également du phosphure d'azote, tandis qu’il se dégage du phosphore et de l'acide chlorhydrique, mais point d’ hyarosene,

Cette dernière décomposition peut être mise à profit pour pr&parer avec avantage du phosphure d'azote,

Perchlorure de phosphore ammoniacal.

Formule probable, d'après H. Rose : P, Cl, 5 N. H..

On l’obtient comme la combinaison précédente, en saturant, par de l'ammoniaque, du perchlorure de phosphore. On est encore dans l'incertitude sur la véritable composition de ce corps, car les résultats auxquels H. Rose arriva par l'analyse différaient constamment. La quantité de chlore variait par exemple entre 60 et 73,55 pour cent. Le premier chiffre correspond à une combinaison formée de 2 atomes de deutochlorure 2 (P, C,.), et de 5 équivalents d’ammoniaque 5 (N, H,), tandis que le second correspond à 1 atome du même chlorure (P, Ci,.) et 2 équivalents d’ammoniaque.

En mettant du perchlorure de phosphore en contact avec du gaz ammoniac, ces deux corps, en se combinant, paraissent se décomposer mutuellement. La matière blanche solide qui en résulte cède à l'eau du sel ammoniac, tandis qu'il reste une poudre blanche qui renferme du phosphore, du chlore et les éléments de l'eau. En exposant cette poudre à l’action prolongée de la potasse caustique bouillante, tout le chlore lui est enlevé; elle dégage également de l’ammoniaque, tout en conservant son aspect. Quand elle est bien lavée et séchée, on obtient, en la calcinant avec du cuivre métallique, de l’'ammoniaque, du phosphure de cuivre et du phosphate de protoxide de cuivre. Une analyse approximative a donné 40,68 pour cent de phosphore, et 24,27 pour cent d’eau.

En caleinant le perchlorure de phosphore ammoniacal à l'abri du contact de l'air, il reste du phosphure d’azote, taudis qu’il se dégage du sel ammoniac, de l'acide chlorhydrique, et un autre corps volatil qui paraît être un produit constant de la décomposition de cettesubstance. La matière volatile est composée de phosphore, de chlore et d’azote, et peu aussi s’obtenir en distillant le perchlorure de phosphore ammoniacal avec de l’eau ; elle est entrainée par les vapeurs d’eau et se condense avec elles dans le récipient, sous forme de cristaux nacrés, qui surnagent sans être mouillés par l’eau. Ces cristaux se dissolvent dans l’éther et l'alcool et se déposent de nouveau, par l’Evaporation, sous forme de tables transparentes d'une assez grande dimension ; ils sont fusibles et

peuvent être sublimös; ils ne ‘se dissolvent pas dans l'eau, et né s’alterent ni par les acides, ni par les alcalis. En faisant passer la vapeur de ce composé sur du fer incandescent, il se forme du chlorure de fer, du phosphure de fer et de l’azote, qui se dégage. D'après quelques essais analytiques, il est très probable que sa formule est : P, Cl, N,, ce qui conduit à l’envisager comme une combinaison dé phosphure d’azote et de chlorure de phosphore, dans laquelle le phosphure d’azote contient un nombre égal d’atomes élémentaires ; savoir : P, Cl, 2 P, N,. Cependant, l'exactitude de cette formule est loin d’être constatée ; de nouvelles recherches sont nécessaires pour la vérifier.

Ammoniaque et chlorure d’arsenie.

Le chlorure d’arsenic absorbe une grande quantité de gaz am moniac, et se convertit en un corps blanc solide, qui se dissout complétement quand on le fait digérer dans l’eau. La dissolution | concentrée et bouillante dépose des croûtes salines, qui renferment du chlore, de Varsenie et de Fammoniaque. Cette combinaison est aussi soluble dans lalcoo!, et cristallise dans ce dernier en cubes transparents, d’un grand éclat. En larrosant avec de l'acide sulfurique concentré, on obtient du sulfate d’ammoniaque et du chlorure d’arsenic qui se sépare.

Ammoniaque et chlorure de bore.

Formule : 2 B, Cl, 3 Ad H..

2 volumes de chlorure de bore et 3 volumes de gaz ammoniac , forment , en se combinant, un corps blanc, pulvérulent, qui se sublime à la température rouge. L'eau le convertit en sel « ammoniac et borate d'ainmoniaque.

Ammoniaque et chlorure de titane.

Le chlorure de titane absorbe 25 à 26 pour cent de gaz ammoniac, et donne lieu à un corps brun, qui absorbe très facilement l'humidité de l'air. Chauffé à l’état sec, il fournit de l’ammoniaque, puis du sel ammoniac et de l'acide chlorhydrique; il se sublime un corps jaune cristallin, tandis qu'il reste dans l'appareil du titane métallique qui enduit les parois d’une couche pourpre ou bleu cuivré. Le chlorure de titane ammoniacal contient 1 atome de

chlorure de titane et 2 équivalents d’ammoniaque ; le sublimé qui se forme par la chaleur renferme, d’après H. Rose, 2 atomes de chlorure et 3 équivalents de sel ammoniac. |

En faisant passer un courant de gaz ammoniac sur ce sublimé porté lentement au rouge dans un tube de verre, il se dégage du sel ammoniac, de l'hydrogène et de l’azote, tandis qu’il reste dans le tube, du titane métallique sous forme cristalline, ou pige en morceaux bleus cuivrés.

Ammoniaque et dewiochlorure d’étain.

Le deutochlorure d’étain exposé dans du gaz ammoniac se convertit en un corps solide d'une grande blancheur qui n’attire pas l'humidité de l'air et qui se sublime facilement. Cette combinaison se dissout dans l’eau sans résidu ; par la chaleur, la dissolution se prend en une gelée d’oxide d’étain ; elle contient 1 atome de deutochlorure d’étain et 1 équivalent d’ammoniaque.

En traitant le protochlorure d’étain contenant un excès d'acide chlorhydrique par une quantité d’acide nitrique suffisante pour le changer en deutochlorure, on obtient par le refr oidissement un précipité blanc, qui se dissout dans l’eau bouillante et sen

dépose par le refroidissement en octaèdres réguliers, ordinairement creux; ces cristaux renferment 2 atomes de deutochlorure d’etain et 1 équivalent d’ammoniaque.

Ammoniaque et chlorure de calcium.

Sa formule est : Cl, Ca + 4 Ad H..

100 parties de chlorure de calcium absorbent 119 parties d’am moniaque et augmentent de volume ; le composé qui en résulte est blanc et abandonne de nouveau le gaz absorbé quand on le chauffe. La facilité avec laquelle le chlorure de calcium. absorbe l'ammoniaque, fait qu’on ne peut, pas s'en servir pour dessécher ce gaz.

Ammoniaque et chlorure de sirontium.

Sa formule est: CZ, Sr + 4 Ad H..

100 parties de chlorure de strontium absorbent 84,52 parties d’ammoniaque, et donnent naissance à un corps blanc pulvérulent qui perd l’anamoniaque par la chaleur. |

34 | TRAITÉ + 7 Ammomaque et bichlorure de cuivre.

Sa formule est : CL Cu 4-3 Ad H..

100 parties de bichlorure de cuivre absorbent 73,70 parties "e Saz ammoniac, et passent de brun à une belle couleur bleue. Par Ja chaleur, la combinaison perd de l’ammoniaque, devient verie, puis brune; il se sublime du sel ammoniac et le résidu consisté en TA AE de cuivre.

Ammoniaque et chlorure de nickel.

Sa formule est CZ, Ni + 3 Ad H..

100 parties de chlorure de nickel absorbent 74, 84 parties d’am- ! moniaque ; la combinaison qui en résulte est blanche. avec une nuance de violet. Traitée par l’eau elle abandonne de l’hydrate d’oxide de nickel; par la caleination elle abandonne de l’ammoniaque, puis du sel ammoniae, et il ne reste que du nickel métallique.

Ammoniaque et chlorure de cobalt.

Sa formule est : Cl, Co +2 AH.

100 parties de chlorure de cobalt absorbent 52,43 parties d’ammoniaque ef produisent une poudre blanche volumineuse, un peu rougeätre ; traitéé par l’eau elle devient verte et abandonne de l’oxide de cobalt.

Ammoniaque et chlorure de plomb.

Sa formule est : 4 CI, Pb 3 Ad H..

Le chlorure de plomb absorbe très lentement 9,31 pour cent de : 8az ammoniac et l’abandonne de nouveau par la chaleur (H. Rosk).

Ammomiaque et chlorure d’antimoine.

Sa formule est : Sb, CI. Ad H..

Quand on fond du protochlorure d’antimoine dans du gaz ammoniac, 100 parties du premier se combinent avec 8,19 parties d’ammoniaque. Le perchlorure d’antimoine (Sb, CL) absorbe une grande quantité de gaz ang, en donnant naissance < à un composé brun.

Ammoniaque et chlorure de mercure.

Le protochlorure de mercure sec que l'on obtient par voie

Fr

humide se noireit dans le gaz ammoniac; 2 atomes de protochlorure absorbent 1 équivalent d’ammoniaque. La chaleur chasse toute l’ammoniaque de sa combinaison. Quand on sublime le protochlorure de mercure dans un courant de ce gaz, le protochlorure reste blanc, ce qui indique, comme H. RosE l’observe, que la combinaison n’a pas lieu à cette température.

Ammoniaque et deutochlorure de mercure.

Sa formule est: 2 CZ, Hg + Ad H.. | Le sublimé corrosif sec absorbe 6,8 pour cent d’ammoniaqué quand on l’Echauffe dans ce gaz, sans changer d’aspeet. Après le refroidissement, la combinaison se prend en une masse cristalline

, qui se laisse sublimer sans se décomposer ; elle est insoluble dans

l’eau et devient jaune par l’ébullition ; une solution de potasse caustique la colore également en 2 sans lui faire subir une décomposition sensible. L’acide nitrique la dissout en partie. Il est évident que le deutochlorure et l’ammoniaque ont été altérés par la formation de ce nouveau corps; il appartient, quant à ses propriétés, à la classe des amides. D’après H. Rose, on peut le

considérer comme une combinaison d’amide de protochlorure de mercure, avec du bichlorure de mercure, Hg Ad, Ci, ne ni; ; 3 Cl, Hg.

Ammoniaque et chlorure d'argent.

Sa formule est :2 CZ, Ag + 3 Ad H...

. Ilaété découvert par FARADAY. 100 parties de chlorure absorbent 17,31 d’ammoniaque et ne changent pas d'aspect, à l'ex ception d’une petite augmentation de volume; chauffé jusqu’à la fusion, toute l’ammoniaque s'échappe (H. Rose). Ammomgaque et chlorure de platine.

Sa formule est : Pé CI, + Ad H.. |

Cette combinaison remarquable, découverte par Magnus, s’obtient en mélangeant une dissolution de protochlorure de platine dans l'acide chlorhydrique avec l’ammoniaque. Il se produit un précipité vert formé de fines aiguilles vert olive foncé. Il se dis- | tingue surtout par sa stabilité ; les acides et les alcalis sont.sans action sur lui, excepté l'acide nitrique qui le convertit en platine

Hr Mn

d’un côté, et de l’autre en une combinaison de chlore, de platine,

d’azote et d’hydrogene. Cette dernière combinaison a toutes les

propriétés d'une base salifiable ( 7oy. chlorure de platine et hy-

dramide).

Ammoniaque et autres chlorures.

Les chlorures d'aluminium et de silicium forment avec l'ammoniaque des combinaisons analogues à celles des chlorures d’étain et d’antimoine. Le chromate de perchlorure de chrome (Cr, O, , Cr, Ci,) en est décomposé avec dégagement de chaleur et de lumière.

Ammoyiaque et bromures, iodures et fluorures.

Les bromures se comportent avec l’ammoniaque d’une manière analogue aux chlorures correspondants, tandis que les iodures paraissent avoir des propriétés différentes. Le biodure de mercure, par exemple, absorbe 1 équivalent d’ammoniaque, sans éprouver d'autre altération que de devenir blanc ; il perd toute P’ammoniaque dès qu’on l’expose à l'air.

Ammoniaque et fluorure de bore.

Le fluorure de bore se combine en trois proportions différentes avec l’ammoniaque. Avec un volume d’ammoniaque égal au sien, il forme une combinaison solide, blanche et sublimable BF,+ Ad H,, qui devient liquide en absorbant un second volume d’ammoniaque ; celle-ci absorbe enfin un troisième volume sans changer d'état. Toutes ces combinaisons se décomposent quand on les met en contact avec l’eau, il se forme du fluorure d’ammonium et du borate d’ammoniaque. À

Ammoniaque et fluorure de silicium.

Le fluorure de silicium se réunit à deux volumes de gaz ammoniac et donne naissance à un corps blané qui se volatilise sans se décomposer quand on le chauffe, et que l’eau décompose en acide silicique et en fluosiliciure d’ammonium.

PERSOZ est un des chimistes qui se sont occupés de l’action qu'exerce l'ammoniaque sur les chlorures ; selon lui, le chlorure de calcium n’absorbe pas d’ammoniaque, ce qui est évidemment une erreur, et le chlorure de silicium donne, d’après ses expériences, lieu à une combinaison qui résiste à la chaleur sans se décomposer.

Il parait, d’après ses recherches, que les chlorures de zinc, de bismuth et d’urane, possèdent aussi la propriété de former des combinaisons solides avec l’ammoniaque. En général, les résultats de ses analyses ne sont pas d'accord avec ceux de H. Rose.

Ammoniaque et oxisels.

Un grand nombre d’oxisels se comportent avec l’ammoniaque comme les chlorures correspondants. On obtient ces composés en exposant les oxisels anhydres à un courant de gaz ammoniac, tant qu'il y a absorption.

Les sels anhydres, qui possèdent la propriété de se combiner avec de l’eau de:cristallisation, se combinent aussi, à quelques exceptions près, avec l’ammoniaque, et, dans ce cas, ’ammoniaque remplace une partie de l’eau de cristallisation. |

D'après H. Rose, le sulfate de magnésie, le nitrate de baryte, le nitrate de soude, le phosphate de cuivre et le bichromate de potasse ne possèdent pas la propriété de se combiner avec l’ammoniaque.

Ammoniaque et sulfate de manganèse.

Sa formule est SO, Mn O “+ 2 Ad H..

100 parties de sulfate de manganèse anhydre absorbent-43,68 parties d’ammoniaque etse convertissent en une poudre blanche, en augmentant considérablement de volume. L’ammoniaque s'échappe par la chaleur ou même quand on expose la combinaison à l'air; elle se dissout dans l’eau en ae un résidu de protoxide.

Ammomaque el sulfate de zinc.

Sa formule est : 2 SO; Zn O +5 Ad H.

100 parties de sulfate de zine absorbent 51,22 parties d’am-

moniaque ; il se forme une poudre blanche qui dégage du sulfite

d’ammoniaque quand on la chauffe.

Ammoniaque et sulfate de cuivre.

Sa formule est : 2 SO; Cu O + Ad H..

Le sulfate de cuivre anhydre blanc absorbe le. gaz ammoniac avec une grande avidité et avec dégagement de chaleur ; sa cou-

38 h TRAITÉ

leur devient d’un beau bleu, et son volume augmente considérablement. Cette combinaison se dissout en totalité dans l’eau, elle fond, quand on la chauffe, en perdant de l’ammoniaque et de l’eau; il se sublime du sulfite d’ammoniaque et il reste un mélange de protoxide de cuivre et de métal. 100 parties de ce sel absorbent 53,2 parties d’ammoniaque.

Ammoniaque et sulfate de nickel.

Sa formule est SO, Ni O + 3 Ad H,.

C’est une poudre blanche volumineuse, qui a unelégère teinte rouge. 100 parties de sulfate absorbent 66 parties d’ammoniaque; en contact avec l’eau, elle abandonne de l’hydrate d’oxide de nickel. En la rapidement, une partie se convertit en métäl (et sulfure métallique).

Ammoniaque et sulfate de cobalt.

Sa formule est SO, Co O + 3 Ad H..

C'est une poudre volumineuse d’un rouge blanchätre. 100 parties de sulfate de cobalt absorbent 66,48 parties d’ammoniaque. Cette combinaison est soluble dans Peau , mais laisse un résidu d’oxide ; quand on la chauffe, elle fond, devient bleue, et dégage de l’ammoniaque et du sulfite d’ammoniaque.

Ammoniaque et sulfale de cadmium.

Sa formule est: SO; Cd O + 3 Ad H..

100 parties de sulfate absorbent 48,69 parties d'ammoniaque. Il possède, du reste, les mêmes propriétés que la combinaison précédente.

Ammoniaque et sulfate d'argent.

Sa formule est : SO, Ag O + Ad H.. |

PR est une poudre blanche qui se dissout sans residu dans l'eau. -

Ammoniaque et nitrate d'argent.

Sa formule est : N,O, Ag O + 3 Ad H..

Quand on.expose le nitrate d'argent dans un courant de gaz ammoniac, il fond et s’échauffe beaucoup. Il-se forme une masse blanche compacte quise dissout en totalité dans l’eau. 100 parties de nitrate absorbent 30,31 parties d’ammoniaque,

Bihydrure d'amide ou ammonium.

Formule : Ad + H, = N, H..

On n’est pas encore parvenu à l’isoler ; il existe en combinaison avec le mercure, comme amalgame d’ammonium, et s’obtient dans cet état, quand on soumet l’ammoniaque ou un de ses sels à l’action de la pile voltaïque, en plaçant du mercure au pôle négatif de celle-ci. On peut également se procurer ce composé, en alliant ‘/15 de potassium ou de sodium au mercure que l'on veut employer, et mettant cet amalgame dans une solution concentrée d'un sel ammoniacal (Davy).

Amalgame d’ammonium. — En traitant le mercure comme il vient d’être dit, il prend un volume au moins 10 à 50 fois plus grand que son volume primitif, et se transforme en une masse butyreuse douée d’un éclat argentin. A une température inférieure à 0°, cette matière devient solide et dure, et cristallise en cubes réguliers. Dès que les causes qui lui ont donné naissance cessent d'agir, savoir, l'électricité développée par la pile ou par l'amalgame de potassium ou de sodium, ce produit se décompose peu à peu et également vite, quelle que soit la température ambiante ; il se dégage alors de l’ammoniaque et de l'hydrogène, tandis qu’il ne reste que du mercure métallique.

D'après GAy-Lussac et THÉNARD, le volume des gaz que l’amalgame abandonne dans ce cas, est au volume du mercure restant comme 5 : 1. Ce mélange gazeux contient 2 volumes d'hydrogène pour 2 °/, volumes de gaz ammoniac. Suivant H. Davy, au contraire, l'amalgame d’ammonium se decompose en 6 volumes de gaz et 1 volume de mercure; les 6 volumes de gaz renferment 1 volume d’hydrogene pour 2 de gaz ammoniac. Or, comme 2 volumes de ce dernier contiennent 3 volumes d'hydrogène, il s’ensuit que l’'amalgame de mercure doit renfermer une combinaison de 1 atome d’azote avec 4 atomes d'hydrogène.

L’amalgame d’ammonium ne se conserve pas dans l'huile de naphte; de même, le contact de l'alcool ou de l'éther ne fait qu'en accélérer la décomposition.

L'acide sulfurique concentré lui fait subir une décomposition très remarquable; d’un côté, il se forme du sulfate d’ammo-

o DRAÏÉÉ NN niaque, tandis que de l’autre, ilse sépare du mercure et du soufre (SEEBECK). nr ve ' Davy préparait l’amalgame d'ammonium en mettant un globule de mercure, dans lequel plongeait le fil du pôle négatif ‘de la pile, sur une rondelle de sel ammoniac qui reposait sur une lame de platine en communication avec le pôle positif.

TI est facile d'expliquer comment lamalgame d’ammonium se forme par l’action de l'électricité; car lorsqu'on expose du sel ammonjac à l’action de la pile, l’amalgame se rend au pôle négatif, et on n’y observe qu'un dégagement très peu sensible de gaz hydrogène, tandis qu'au pôle positif du chlore est mis en liberté. Quand on se sert de carbonate d’ammoniaque, il se dégage de l’oxigene au pôle positif. Le sel ammoniac renferme 1 équivalent de chlore, 1 équivalent d'azote et 4 équivalents d'hydrogène; ces deux derniers entrent en combinaison avec le mercure, le chlore étant séparé. Lorsqu’on emploie un amalgame de potassium ou de sodium, l'eau est décomposée par le potassium ou le sodium ; l’oxigène forme de la potasse ou de la soude, qui se combinent à lacide, et lhydrogène, rencontrant l’ammoniaque à l’état naissant, se combine avec elle, et l'ammonium qui en résulte s’amalgame au mercure.

Ce qui précède montre done d’une manière évidente que l'azote possède la propriété de former avec l'hydrogène une combinaison plus riche en hydrogène que l’ammoniaque. Cette combinaison est-elle de nature métallique? C’est là une question qu’il est im- M possible de résoudre avec certitude, car on n’a pas réussi à isoler lammonium en le séparant du mercure.

Voici néanmoins quelques arguments que lon peut invoquer en faveur de Paffirmative. 4

1° Les métaux seuls possèdent la propriété de former avec le mercure des combinaisons douées de l'éclat métallique ; toutes les combinaisons de mercure avec les corps non métalliques sont incolores ou colorées, mais aucune ne jouit de l'éclat métallique.

2° De très petites quantités de potassium ou de sodium alliées au mercure, en détruisent la fluidité ; aucun corps non métallique n’est soluble dans le mercure, ni ne peut cristalliser avec lui.

3° L’amalgame d’ammonium se comporte avec l'acide sulfurique exactement comme ceux de potassium et de sodium qui

PR NT pe cute oheiktatk #41

2 se décomposent en mercure, sulfate et soufre. Il ÿ à donc beau-

coup de probabilité, pour ne pas dire certitude, en faveur de

l’existencé de l’ammonium , comme corps jouant le rôle d’un métal. Si on l’admet dans les sels ammoniacaux, la constitution de ceux-ci devient parfaitement analogue à celle des sels contenant une base métallique proprement dite.

Dans les combinaisons d’ammoniaque avec les acides chlorhydrique, sulfurique, phosphorique, ete., nous supposerons toujours l'existence de l’ammonium et de l’oxide d’ammonium, tant que l’on n’indiquera pas positivement le contraire. Aïnsi le sulfate d’ammoniaque sera envisagé comme du sulfate d’oxide d’ammenium; comme le sulfate d’ammoniaque anhydre ne possède p:s les propriétés des sels ammoniacaux, il sera traité à part,

Sels ammoniacaux.

Les sels ammoniacaux se forment en général, quand le gaz ammoniac sec rencontre des oxacides hydratés ou bien des hydracides anhydres ou hydratés ; on les prépare en saturant ces mêmes acides par l’ammoniaque aqueuse ou le carbonate d’ammoniaque,

Tous les sels d’ammoniaque à hydracide, ainsi que le sulfate d’ammoniaque, se volatilisent sans se décomposer, lorsqu'on Its expose à une haute température. Les sels à oxacide dégagent de l’ammoniaque, dans les mêmes circonstances, et se changent en sels acides qui se subliment ou se volatilisent en laissant pour résidu l’acide non décomposé (phosphate et borate d’ammoniaque). Certains sels éprouvent par la chaleur une décomposition particulière , de manière que l'hydrogène de ’ammoniaque se combine avec la totalité ou avec une partie de l’oxigene de l’acide (oxalate, formiate d’ammoniaque).

En triturant un mélange sec ou Höhe d’alcalis caustiques, de terres alcalines ou d’un oxide métallique proprement dit, tel que de l’oxide de plomb, avec un sel d'ammoniaque, il se dégage de l’ammoniaque que l’on met en évidence, en tenant au-dessus du mélange une baguette de verre humectée d'acide nitrique ou d’acide

Chlorhydrique. Les nuages blancs qui se forment alors indiquent

la présence de Pammoniaque.

Tous les sels ammoniacaux neutres, formés par les acides solu=

bles, sont solubles. Plusieurs d’entre eux perdent de lammoniaque

à l'air, ou quand on les dissout ; la liqueur prend alors une réaction acide qui provient en général de la formation d’un sel acide.

Les sels doubles que forment le chlorure d’ammonium et les autres sels ammoniacaux avec le bichlorure de platine, ou le sulfate d’ammoniaque avec le sulfate d’alumine, sont peu solubles, ainsi que le phosphate double de magnésie et d’ammoniaque, et le tartrate acide d’ammoniaque. C’est pour cela que le bichlorure de platine, le sulfate d’alumine et l'acide tartrique produisent des précipités cristallins dans des liqueurs ammoniacales même assez étendues, et peuvent servir comme réactifs pour découvrir la présence de l’ammoniaque.

Dans les recherches analytiques, on utilise le Bishlorars de platine pour doser lammoniaque; lorsque le bichlorure qu'on veut employer ne contient pas une assez grande quantité d’acide libre, on y ajoute un peu d'acide chlorhydrique. En étendant la liqueur avec de l'alcool et lavant le précipité également avec de l'alcool, on évite une perte qui serait occasionnée par la solubilité du précipité. 100 parties du précipité de chloroplatinate d'ammo-

. niaque renferment 7,692 parties d’ammoniaque.

Dans l'analyse de l'oxamide, Dumas a déterminé l’ammoniaque à l'état de gaz. Cette méthode néanmoins n’est pas d’une exactitude rigoureuse , elle ne donne qu’un résultat approximatif.

Pour doser l'ammoniaque, on a souvent recours à un autre procédé, qui consiste à faire absorber l’'ammoniaque gazeuse par de lacide chlorhydrique étendu. La liqueur évaporée au bainmarie donne un résidu de sel ammoniac.

Dans la plupart des cas, on détermine l’ammoniaque au moyen du volume d’azote qu’elle fournit, lorsqu’on calcine la combinaison avec l’oxide de cuivre. C’est le même procédé que l’on suit dans l'analyse organique. |

Les sels ammoniacaux forment avec d’autres sels une classe très nombreuse de sels doubles.

Sels haloides et sulfosels à base d’ammoniaque.

On entend par sels haloides d’ammoniaque, les combinaisons de cette hydrobase avec les hydracides; on peut les considérer

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