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et du persulfure d’hydrogene qui, en se décomposant, entrainent, sans le concours d’aucune affinité chimique, la décomposition d’autres corps, dans lesquels les éléments sont maintenus en combinaison avec bien plus de force; si l’on réfléchit bien à tous ces faits, on se convainera aisément que la fermentation et la putréfaction sont des phénomènes de Ja mênre catégorie, devant être attribués à la même cause. Or, cette cause est tout corps qui se trouve en décomposition, c’est-à-dire tout corps dont les éléments sont dans un état d’équilibre détruit, dans un état de mouvement, par suite duquel ils se groupent dans de nouvelles directions, suivant leurs attractions spéciales.

Les preuves en faveur de l'existence de cette cause sont faciles à développer : elles se déduisent des réactions des corps qui provoquent la fermentation et la putréfaction, et découlent d’elles-mêmes de la régularité avec laquelle les éléments des corps en métamorphose se partagent, régularité qui a sa source exclusivement dans les affinités différentes que ces éléments ont lun pour Pautre à l’état libre; et ce qui montre clairement combien ces transformations sont régulières et constantes sous le rapport des lois qu’elles suivent, c’est qu’on peut les ramener toutes à une seule et même métamorphose : pour les corps non azotés, elles se réduisent toutes à la réaction du charbon végétal avec l’eau; et pour les corps azotés, à celle du cyanogène, le plus simple de tous les corps azotés, avec le même liquide. Nous allons maintenant examiner en delail ces deux réactions fondamentales.

Metamorphoses des corps non azoles; réaction du charbon et de l’eau.

Lorsqu’on met du charbon en contact avec des vapeurs d’eau, ainsi à la fois avec de l’oxigene et de l’hycirogène, tous deux réduits au même élat et à la même forme, à une température à laquelle le charbon peut se combiner avec l’un de ces éléments, on observe que dans toutes les circonstances il se produit une combinaison oxigénée de carbone, soit de l’oxide de carbone, soit de l’acide carboniqrue, tandis que, suivant l'intensité de la chaleur, il se dégage de l’hydro gène pur ou un carbure d'hydrogène; dans le dernier cas, le carbone sı> partage entre les éléments de l’eau, c’està-dire entre l’oxigène et l’h:ydrogène. Un tel partage, seulement plus parfait encore, s’opère dans tioutes les métamorphoses, quelle que soit la cause qui les provoque.

Sous linfluence de la chaleur, l'acide acétique et l’acide méconique éprouvent une véritable métamorphose; leur molécule se scinde en de nouvelles combinaisons, sans qu'aucun élément s’en sépare. L’acide acétique donne lieu à de ‘acide carbonique et à de l’acétone, et l’acide méconique produit de l’a cide carbonique et de l’acide coménique. A une température plus élevée , l’acide coménique se métamorphose lui-même et fournit de lacide car bonique et de l'acide pyroméconique. Le carbone

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de ces deux substances s’est donc partagé entre l’oxigène et l'hydrogène ; d’un côté, il s’est formé de l’acide carbonique, et de l’autre un oxide d’un hydrogène carboné; qui renferme tout l’hydrogène des substances.

Dersque les vapeurs alcooliques se métamorphosent sous l’influence d’une chaleur rouge faible, leur carbone se partage à peu près de la même manière : On obtient, d’un côté, un oxide d’un hydrogène carboné, qui contient tout V’oxigene de Palcool; et de l’autre côté, des carbures d’hydrogène gazeux.

Dans ces métamorphoses, provoquées par l'action de la chaleur, aucune affinité chimique n'intervient, les attractions élémentaires des corps sont seules en activité ; il en résulte que les éléments se groupent, suivant le degré de leurs affinités spéciales, dans un ordre particulier, en donnant naissance à des combinaisons qui sont stables et inaltérables dans les conditions qui ont présidé à leur formation, et qui se décomposent de nouveau dès que ces conditions viennent à changer.

Si l’on compare entre eux les produits de la métamorphose de deux substances qui ont une composition semblable , mais des propriétés différentes, on trouve que le mode de groupement des atomes y est absolument le même, quand même des causes différentes ont donné lieu à leur formation. Ainsi, lorsque le bois se métamorphose, c’est-à-dire pourrit au fond des marais, son carbone se partage entre l’hydrogène et l’oxigène de sa propre substance et de l’eau, et outre l’acide carbonique, il se dégage alors un hydrogène carboné, dont la composition correspond à celle de l’acide carbonique. Lorsque le sucre se métamorphose, c’est-à-dire fermente, il produit de l’acide carbonique qui contient les 2/3 de l’oxigène du sucre, et de l’alcool qui en renferme tout hydrogène. Par la métamorphose de l’acide acétique sous Pinfluence de la chaleur rouge, il se forme, outre l’acide carbonique qui renferme les 2/3 de l’oxigène de l’acide acétique, de l’acétone dans lequel on retrouve tout l'hydrogène de l'acide acétique.

On conçoit que si, par une action quelconque, on détruit l’équilibre des attractions élémentaires d’une substance, ses éléments, étant alors abandonnés à leurs attractions spéciales, se partageront ou se grouperont toujours d’après les mêmes principes; toutefois la nature des produits dépendra du nombre des atomes élémentaires mis en activité, et les produits pourront varier à l’infini, suivant la composition de la substance.

Cependant on obtient comme produits constants de ces métamorphoses, d’un côté, des oxides de carbone, et de l’autre, des oxides d’hydrogene carboné, ou simplement des carbures d'hydrogène.

Mélamorphoses des corps azoles ; transformations du cyanogene sous l'influence de l’eau.

Si lon examine de plus près la nature des substances qui possèdent à un haut degré la propriété de se mélamorphoser, c’est-à-dire de fermenter

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ou de se putréfier, on remarque que ce sont de préférence celles dont l’azote forme une des parties constituantes. La plupart de ces substances.se transforment d’elles-mêmes, du moment qu’elles sortent de la-sphère d'attraction dans laquelle seule elles peuvent exister. Il est vrai qu’il y a aussi des corps non azotés qui ne sont stables qu’autant qu’ils sont combinés avec d’autres substances, et qui ne peuvent être isolés, précisément parce qu’en cet état leurs éléments ne seraient plus sous l'influence de la force qui les maintient en combinaison, c’est-à-dire qui les maintient groupés d’après leurs attractions spéciales. Tels sont les acides permanganique, manganique et hyposulfureux; toutefois, ce caractère ne se présente que fort rarement dans les corps non azoles.

Quant aux corps azotés, on peut dire que.c’est dans la nature même de l'azote que repose la cause dela facilité avec laquelle ils se decomposent. L’azote.est en effet l’élément le plus indifférent de tous ceux que nous connaissons; il n’a d’affinité énergique pour aucun des corps simples, et cette indifférence , il l’apporte dans toutes les combinaisons qu’il peut former. Il est donc assez naturel qu’on puisse le séparer facilement des corps avec lesquels il est combiné. Seulement, lorsque la quantité d’azote alteint:un certain maximum, comme, par exemple, dans la mélamine, l’amméline, etc., ou qu’elle est extrêmement petite par rapport àcelle des autres éléments pris ensemble, comme dans les alcaloïdes végétaux, les combinaisons qui le renferment commencent à acquérir ‚une certaine stabilité.

Dans les substances explosives, telles que largent.et.le mercure fulminant, Viodure et le chlorure d’azote, ce caractère d’altérabilité ressort.de la manière la plus complète.

Toutes les autres combinaisons azotées se décomposent avec Ja même facilité lorsqu’on fait intervenir les éléments de l’eau; la plupart d’entre elles ne sont pas susceptibles de se :métamorphoser lorsque:cettecondition n’est pas remplie, et même les matières azotées les plus’ sujettes à s’altérer, telles que certains produits de l’économie animale ou végétale, ne se putréfient pas du tout lorsqu’elles sont parfaitement sèches.

Tous des faits que nous possédons sur les métamorphoses des corps azotés tendent à prouver que l’eau y sert non seulement de «milieu pour favoriser lemouvement des molécules, mais en outre qu’elle agit en vertu de l’affinité de ses éléments pour les éléments de la substance organique.

En effet, toutes les fois que l’on présenteiles éléments ded’eau aux:substances organiques dans-des circonstances quelconques qui-en amènent la décomposition, on trouve, et.ceei est une règle qui ne souffre aucune exception, que l'azote de.ces substances se sépare :constamment, si la décomposition est complète, à l’état d’ammoniaque. Sous l’influence des alcalis, toutes les matières azotées dégagent, sous forme d’ammoniaque, tout l’azote qu’elles contiennent; l’action des acides et de la chaleur est la même que celle des alcalis, et ce n’est que lorsqu’il y a trop peu d’eau ou d'hydrogène en présence qu’il se produit du cyanogène et d’autres combinaisons azotées. De la, on peut conclure que lammoniaque est la

INTRODUCTION. XXIiJ combinaison azotée la plus intime, et que l’hydrogène et azote ont l’un pour l’autre un degré d’affinité qui ER: Paffinite de l’azote pour tous les autres elements.

Nous avons vu que dans les matières exemptes d’azote, une des causes essentielles de la métamorphose, c’est la grande affinité du carbone pour l'oxigène, affinité qui a pour conséquence la formation de produits extré mement simples et inaltérables. Or, puisque dans les matières azotées le carbone ne manque jamais , il est évident que l’affinité de celui-ci pour loxigène venant à s’ajouter à celle de Pazote pour ’hydrogene, deux causes d’altération agissant donc à la fois, ces matières devront se métamorphoser bien plus facilement encore que les substances qui ne contiennent pas d’azote. Dans les matières azotées, deux éléments s’emparent des éléments de l’eau; deux affinités opposées s’y trouvent en activité et se renforcent réciproquement.

Or, on sait que par l’action de deux affinités Hakan , on parvient à vaincre les attractions les plus énérgiques. Ainsi, on peut décomposer lalumiue en faisant agir simultanément du carbone sur son oxigène, et du chloresur son aluminium, décomposition qui ne réussirait pas si l’on traitait Palumine parchacun de ces corps séparément. Les combinaisons azotées, par suite de la tension de leurs éléments, renferment donc en elles-mêmes une cause perturbatrice qui produit ses effets aussitôt que ces combinaisons rencontrent les éléments de l’eau.

La manière dont se comporte l’hydrate d’acide cyanique, une des combinaisons azotées les plus simples, nous donne une idee bien nette du mode de groupement des éléments dans les substances azotées qui se métamorphosent. En effet, cet acide renferme du carbone, de l'azote et de l’oxigène dans des proportions telles que par la combinaison d’une certaine quantité d’eau, les éléments de celle - ci suffisent exactement pour former avec le carbone et l’oxigène de l’acide carbonique, et avec l’azote de ’ammoniaque. Dans ce corps se trouvent donc réunies les conditions les plus favorables pour lui faire éprouver une métamorphose complète : celle-ci s’effectue avec effervescence aussitôt que lon met l’acide cyanique en contact avec de l’eau. Cette décomposition peut être considérée comme le type des métamorphoses de tous les corps azotés ; c’est la putréfaction dans sa forme la plus simple et la plus parfaite, car les nouveaux produits, l’acide carbonique et l’ammoniaque ne sont pas susceptibles de se métamorphoser davantage.

Cependant la putréfaction prend une forme.bien plus compliquée lorsque les premiers produits auxquels elle donne lieu sont,sujets à une altération progressive. Elle présente alors plusieurs phases de développement dont il est difficile de préciser le commencement et la fin. Les métamorphoses du cyanogèene, le plus simple de.tous les corps azotés connus, nous en donnent l’exemple le plus frappant; c’est le seul corps azoté sur la putréfaction duquel nous ayons quelques notions précises,

Voici ce que l’on sait à ce sujet,

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