I. Acide cyanique
Formule : Cy, O + aq.
Composition : | 1 équivalent de cyanogène 321,91 — 60,23 1 atome d’oxigene 100,00 = 18,71 1 atome d’eau = 112,48 — 21,06
1 atome d'hydrate d’acide cyan. — 534,39 — 100,00
I Il
Cet acide a été découvert par WOEHLER. Il se forme lorsqu’on fait passer un courant de cyanogène sur du carbonate de potasse
chauffé au rouge, ou dans la dissolution d’un alcali. On l’obtient aussi en calcinant certaines combinaisons de cyanogène, au contact de Pair, ou avec du nitrate de potasse, ou avec du peroxide de manganèse, ou enfin, en faisant fondre du mélam, de l'amméline, de la mélamine ou de lammélide avec de l’hydrate de potasse. C’est un des produits les plus fréquents qui se forment par la décomposition des substances azotées. Il n'existe pas à l’état anhydre.
Pour le préparer à l’état d’hydrate, on distille l'acide cyanurique sec, en recueillant le produit dans une allonge entourée de glace. |
Ainsi obtenu, il constitue un liquide transparent, très volatil, d’une odeur rappelant celle de l'acide acétique ou formique très concentré ; une goutte, versée sur la peau, occasionne des douleurs très vives, en produisant une ampoule comme la brûlure d’un fer chaud. Il se mêle facilement avec l’eau. Peu de temps après sa préparation, il se décompose, avec développement de chaleur, en un corps blanc solide, qui conserve la même composition en centièmes : c’est la cyamélide. Sa dissolution aqueuse rougit fortement le tournesol, et se décompose promptement en bicarbonate d’ammoniaque. Cette décomposition s’opere avec le concours de 2 atomes d’eau. En effet : |
C; N: O, H O + 2 H, O = C O,, N, Hi.
Cette altération que l'acide eyanique subit par l'influence de l'eau, est cause que l’on ne peut pas extraire l'acide cyanique des cyanates, en les décomposant par un acide.
Cyanates. |— Les sels que l'acide cyanique forme avec les bases, sont faciles à reconnaître, par la décomposition particulière qu'ils subissent par les acides. Quelque temps après avoir versé un acide sur un cyanate sec, ou dissous dans l’eau, on remarque une forte effervescence, accompagnée d’une odeur vive et pénétrante d'acide cyanique ; lorsqu'on ajoute alors à la liqueur de l’hydrate de chaux, il se dégage une grande quantité d’ammoniaque, qu'avant la décomposition il est impossible de découvrir par aucun réactif. Les combinaisons de l'acide cyanique avec les alcalis, sont solubles ; toutes les autres sont insolubles. Tous les
196 TRAITE cyanätés solubles, à l'exception du cyanate d’ammoniaque , se décomposent en atmoniaque et carbonates, quand on fait bouillir leur dissolution aqueuse. |
Cyanate d’ammoniaque. Formule:C, N, O, Ad HO,.
L’äcide cyanique forme avec l’ammoniaque deux combinaisons différentes ; l’une surtout est remarquable, en ce qu’elle constitue un produit de l’économie animale. |
En introduisant, dans une cloche sèche, de l'ammoniaque sèche et de la vapeur d’hydrate d’acide cyanique , ces deux corps se réunissent et produisent une combinaison blanche, lanugineuse et cristalline, qui contient plus d'ammoniaque que ne correspond ‘à un sel neutre.
Ce sel ne diffère pas, pour ses propriétés, des cyanates ordinaires ; traité par un acide, il se décompose avec effervescence; les alcalis en dégagent de l’ammoniaque. Il perd ces propriétés quand on le chauffe légèrement, à l’état sec ou en dissolution ; il abandonne alors de Pammoniaque et se tränsforme en urée.
' Urée ou Cyanate anomal d’ammoniague.
Formule : C Os N, H..
Composition :
2 atomes de carbone = 152,88 :— 20319 2 atomes d’oxigene = 200,00 — 96,42 4 atomes d'azote = 354,08 = 46,79 8 atomes d'hydrogène = 49,92 — 6,60 1 atome d’urée = 756,88 — 100,00
FOURCROY et VAUQUELIN ont découvert l’urée dans l'urine; WOEHLER a frouvé la manière de l'obtenir par voie artificielle; c'est la première matière produite dans l'acte de la vie animale; qu'on soit parvenu à reproduire par des moyens chimiques.
D'après Cap et HENRY, l’urée est contenue dans l'urine humaine en combinaison avec l'acide lactique, et avec l'acide hippurique dans l’urine de vache et d’éléphant.
L'urée contient les éléments du cyanate d’ammoniaque, et peut étre considérée, d’après Dumas, comme une combinaison
DE CHIMIE ORGANIQUE. 197 d’amide, contenant le même radical et deux fois autant d’amide que l’oxamide, c’est-à-dire, 2 CO +2 Ad.
Elle se combine avec la plupart des acides et joue dans ces combinaisons le rôle d’une base. |
Pour la préparer $ on évapore l'urine fraiche à une douce chaleur, en ayant soin qu’elle n’entre- pas en ébullition. On essaie de temps en temps, sur de petites quantités refroidies , Si la liqueur concentrée se prend en masse épaisse et cristalline, lorsqu'on la traite par de l'acide nitrique de 1,42. Dès que ce moment est arrivé, on ajoute à la liqueur son volume d'acide nitrique. Les cristaux qui se forment alors, sont une combinaison d’urde et d'acide nitrique. Dans cette opération, il faut prendre garde de ne pas trop élever la température, car l’uriie contient des chlorures, qui se décomposent, par l’action de l'acide nitrique et de la chaleur, en chlore et'acide nitreux, deux agents qui alferent très rapidement l’urée. Le nitrate d’urée impur est lavé plusieurs fois avec de l'acide nitrique étendu, puis exprimé entre des doubles de papier ou séché sur des briques ; on le redissout ensuite pour le décolorer avec du charbon végétal, et on l’'évapore jusqu’à cristallisation. La dissolution des cristaux incolores est enfin traitée par du carbonate de baryte ou du carbonate de potasse, jusqu’à neutralisation parfaite. Le nitrate de baryte ou de potasse cristallise alors le premier, tandis que l'urée reste dans les eaux mères. On purifie les cristaux durée du uitrate de baryte ou de potasse qui y adhère, en les dissolvant dans l’alcool à la température ordinaire, qui ne dissout pas ces sels. La dissolution alcoolique fournit par l’évaporation l’urée en cristaux parfaitement purs.
D’après BERZELIUS, on obtient aussi l’urée à l’état de purcié, en traitant l'urine concentrée par une dissolution saturée d’aciue oxalique ; il se précipite alors de l'oxalate d’urée, que l'on decompose, après l'avoir décoloré par du charbon, en le faisant digérer avec de la craie en poudre. L’oxalate de chaux insoluble se précipite et l’urée reste en dissolution.
On peut encore préparer l’urée en décomposant le cyannte d'argent par du chlorhydrate d’ammoniaque, ou bien en traitant
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le cyanate de plomb par de l’ammoniaque caustique ou du carbonate d’ammoniaque. |
L'urée cristallise en prismes quadrilatères, aplatis, incolores et transparents ; sa pesanteur spécifique est de 1,35 ; elle est soluble dans son poids d’eau froide, en toute proportion dans l'eau bouillante, dans 4 à 5 parties d'alcool froid et dans 2 parties d’alcool bouillant. La dissolution aqueuse a une saveur fraîche, semblable à celle du salpêtre, irritante et amère. Elle est inaltérable dans l'air sec et se liquéfie à l’air humide; à 120° elle entre en fusion et donne naissance à une liqueur incolore; à une température plus élevée, elle se décompose en ammoniaque, cyanate d’ammoniaque et acide cyanurique solide. A froid, les alcalis n’en dégagent pas d’ammoniaque.
“Tlle se combine avec plusieurs acides sans se décomposer et forme des combinaisons salines cristallisables.
Quand on évapore une dissolution d’urée avec du nitrate d’argent, elle se décompose en nitrate d’ammoniaque et cyanate d'argent cristallin ; traitée de même avec l’acétate de plomb, elle fournit du carbonate de plomb et de l’acétate d’ammoniaque. L’acide nitreux la décompose instantanément en volumes égaux d’azote et d’acide carbonique ; avec le chlore, elle se décompose en acide chlorhydrique, azote et acide carbonique. Lorsqu'on la fait fondre avec des alcalis hydratés ou qu’on la dissout dans l’acide sulfurique concentré et bouillant, elle s'associe les éléments de 2 atomes d’eau et se convertit en acide carbonique et ammoniaque.
Nitrate d’uree. Il cristallise en paillettes brunes, d’un éclat nacré, quand il est récemment précipité de l'urine. Il perd cet aspect peu à peu par la purification. Une dissolution d’urée pure donne, avec l'acide nitrique, un précipité grenu cristallin, d’un blanc éclatant, qui se dissout dans 8 parties d’eau froide. Il est plus soluble dans l’eau chaude, et cristallise de cette dissolution en lames larges et transparentes. Il n’est pas décomposé par l'acide nitrique bouillant. D’après REGNAULT, il contient des poids atomiques égaux d’acide nitrique, d’urée et d’eau.
Oxalate d’uree. Il cristallise en longs prismes minces, allongés, transparents, très peu solubles dans l'eau et ayant une saveur
acide ; il contient, d’après REGNAULT, des poids atomiques égaux d’acide oxalique, d’urée et d’eau.
Par la décomposition réciproque de l’oxalate d’urée et du sulfate, de P’hippurate ou du lactate de chaux, etc., on obtient de Poxalate de chaux, du sulfate, de l’hippurate et du lactate durée, ete., qui peuvent être obtenus à l'état cristallisé (CAP et HENRY).
Cyanate de potasse.— Formule : Cy; O + K O. On le prépare en grillant du ferrocyanure de potassium bien pulvérisé jusqu'à Ja chaleur rouge dans un plat en tôle et agitant la masse continuellement. Le cyanure de potassium du ferrocyanure se transforme par le grillage en cyanate de potasse, en absorbant l'oxigène de l'air. Lorsque la masse commence à s’agglutiner par la fusion du eyanate, on la pulverise avec soin eton l’epuise à chaud par de l’alcool de 80 centièmes. La liqueur filtrée dépose, par le refroidissement, des cristaux de cyanate de potasse. On l’obtient aussi en grillant un mélange intime de 4 parties de ferrocyanure de potassiumet 1 partie de peroxide de manganèse. Un mélange de 2 parties de ferrocyanure de potassium et d’une partie de peroxide de manganèse prend feu par le contact d’un corps en ignition et continue à brüler ; le résidu est brun et consiste en cyanate de potasse, carbonate de potasse et oxide de manganèse. Le cyanate de potasse peut également s’obtenir à l'état de parfaite pureté, si à de l'hydrate de potasse maintenu en fusion dans un vase d'argent, on ajoute peu à peu du mélam, de l’ammeline ou de l’ammélide, tant qu'il s’en dissout. La masse fondue est du cyanate de potasse pur, qui se prend en cristaux par le refroidissement.
Le cyanate de potasse cristallise de sa dissolution alcoolique en lames transparentes, anhydres, qui ressemblent au chlorate de potasses Ces lames se transforment peu à peu dans l'air humide en bicarbonate de potasse, sans changer de forme; cette métamor- phose est accompagnée d’un dégagement d’ammoniaque. Il est très soluble dans l’eau froide ; la dissolution se décompose peu à peu en carbonate de potasse et ammoniaque; l'action est plus rapide quand on chauffe légèrement. |
Par la chaleur, il fond, sans perdre de poids, en une liqueur qui, par le refroidissement, se prend en masse cristalline.
Quand on triture ensemble du eyanate de potasse sf et de
130 PRAITÉ l'acide oxalique également dess6ehe, il y a décomposition ; il se forme de l’oxalate de potasse, et l'acide eyanique devenu libre se transforme en cyamélide. |
“En ajoutant à une dissolution concentrée de cyanate de potassé une quantité convenable d’acide acétique ou d’un acide minéral étendu, de manière à ne pas décomposer complétement le sel, on obtient un précipité de cyanurate acide de potasse. u
Cyanates d'argent et de plomb.— Ce sont des précipités blancs, anhydres, insolubles dans l'eau, que l’on obtient en précipitant une dissolution de eyanate neutre de potasse par des sels solubles d'argent ou de plomb. Tous les deux contiennent des poids atomiques égaux d’acide cyanique et d’oxide métallique. Le eyanate d'argent est très soluble dans l’ammoniaque, et se combine avec ce dernier en donnant naissance à des cristaux blancs incolores; ces cristaux, exposés à la chaleur, perdent ’ammoniaque, et lise sent un résidu de cyanate d’argent pur. Par l’action de la chaleur; le cyanate d'argent sec détonne faiblement et se transforme en acide eyanique, acide carbonique, azote, tandis qu'il reste’ du cyanure d'argent au minimum Ag: Cy:, correspondant à l’oxide au minimum Ag. O. io #
IL. Acide fulminique. un} Formule : Qy, Où = Gi Ne Où: | | og sh Ps
Composition : | 2 équiv. de cyanogène db — 659,82 — 67,74.
2 at. d’oxigene == 209,00 — 23,26
1 at. d’acide fulminique supposé anhydre = 859,82 — 100,00
L’acide fulminique est un acide bibasique, découvert par GAY- Lussac et J. L.
Il se forme quand on traite le nitrate d'argent ou de mercure par un éxcès d'acide nitrique et d'alcool; dans ce cas, il se de- gage de l’aldéhyde, de l’éther nitrique, de l'éther formique, tandis que le fulminate d’argent ou de mercure se précipite de la liqueur bouillante, sous forme de cristaux confus. 3 36
L’acide nitrique produit avec l'alcool, d’un côté de l'acide nitreux, et de l’autre de l'aläéhyde, de l'acide formique et de Facide
öxalique. En presence de l'oxide d'argent ou de mercure, 2 atomes d’acide nitreux se décomposent, avec 1 atome d’ether de l'alcool, en eau et acide fulminique qui se combine à l’oxide métallique.
Acide nitreux. Éther. Acide fulminique.