‹ Traité de chimie physiqueChapitre 51 sur 74 · CB4P* VI · texte numérisé non relu

CB4P* VI

COI^PS PIVES £T LûlB BES COMBINAISONS*

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laîo fractioanenieiit, ses proprlëlés changent graduellemenL quand on effecLue ce fracLioanemenij el, comme les résidus successifs sont irréductibles Ton à Taulre, les masses de certains au moins des corps simples qui les composent varieront de ruçon continue. Au contraire, un corps pur doit résister aux fractionnements : sa composition ne peut donn varier. Mais on pourrait concevoir rexistence d'une série de composes dérinis ajant des compositions extrêmement voisines (aussi voisines qu^on vtmdruit) et à laquelle appartiendrai L le corps donné. Par exemple, l'analyse d'une certaine eau pure ajant [trouvé fjue ce corps est coniposable avec de Thydrog^^ne et de Toxygène, à raison de i^ d*hydrogéne el de 8* d'oxygène, il se pourrait que, suivant les circonstances de production, on réalisât une série continue d'eaux pures toujours cojoposables avec de T hydrogène et de T oxygène, mais lllans un ra[vport qui prendrait toutes les valeurs comprises

entre - et - *

La loi des pr^oportions dé nies, principalement établie par les efforts de Proust, écarte cette hypothèse. On peut lui donner la forme suivante :

La proportion suîvani laquelle deux corps simples peuvent s^untr en formant un composé déjini nest pas susceptible de varttUions continues.

Par exemple, il peut bien arriver que i6^ d'oxygène se combinent soit à 14*^, soit à 28E d'aiotCj mais ils ne se combineront pas à i4^,i d*axotc-

Ainsi la loi de Proust est une loi de discontinuité (^).

220. Loi des proportions multiples. — Jusqu'à Du 1 ton, on ei^primait les résultats du dosage d^m compose défini en les rapportant à 100 parties du corps. On disailj par exemple: Sur 100 parties, le formène contient ^5 parties de carbone pour 25 d'by-

(*) On donne irop souvent à cette loi l^appareoce d'une tautologie «q di^anl : m Pour former un même composé déjini^ dmus^ corps doivetit toujours s*unir dans tes mêmes proportions m. Après quoi l'on s'étonoe de la peJuc qu 'éprouve: ul le» débuta uls à comprendre les lois féuérales de la Cbirtucl

3lS

TIlAITfS PB CHlMtK PHTSIQUE, — LKS flilNXIPEâ.

drogtme; IVkhylène coniient 83,7 parliiïs de carbone pour i4.î d^hjdrogène., etc. Aucune relallan âimple n^apparatssatt dlnsh Dallon, comparant en pari i cul jer les deux r;irbures préc^dcnt^t chercha quelles masses de carbone s'j trouvant combinées k uïic même masse dMijdrogiVne, Un simple calcul de proportions lui prouva C[Ufî, en restant dans la limite de précision des mesures, rune de ces masses pouvait être re^'-ardée comme double deraiitre* Gént^j-alisant bientôt ce résultat, il énonça la loi suivante, dite tot des proportions m u It ip les :

Si deux masses b et 6' d^un élément B peuvent se comhiner séparément à une même masse d'un élément A, ie rapport 77 de ces tfeujt masses est toujours ('gai à celui de deujc nomi^ra entiers f g étt*^ raie ment petits.

C*est ainsi qu'à iC^ d'oxygène on peut combiner ou bien 28^08 d*assote {protonyde d'azote), ou bien 14*^104 (bioxjde d'aisote), où bien 7",oa (protoxyde d'axole) ou bien r>^,Gsi (anhydride azotique). On voit aisément que deux qtielconques de ces masses d'asDtc satisfont à la condition énoncée* Par exemple

221, Générallsatioii. — Il me paraît important d'observer q«<*

renoncé de la loi des proportions muhipleS| sous la forrac qui préctï'de, reste applicable alors même que A et B ne sont pa5 les seuls éléments qui forment les composés définis que Ton compare; par exemple, la mnsse d'azote qui se trouve combinée a ifi* d'oij* gène dans le salpêtre est

masse qu'on trouve bien élre dans un rapport simple avec une quelconque des masses précédemment citées comme pouvant s*unir à rô» d'oxygène. Le fait que pour former du salpêtre il fa"t non seulement de Toxygène et de Tazote, mais encore du pnUissium^ n'a donc pas empêché ta loi de s'appliquer. La portée de la loi est donc la suivante :

Si Vùn prend au hasard deux composés définis dans la mitltiludë de ceux qui contiennent les éléments A et B, et ii /'yfl

LlUPv VII.

CORPS KIRS ET LOJS DES COMBIXrilSONS.

aig

compare les masses de i'éfément B qui s^y trouvent unies à une même masse de r été me ni A, on voit que ces masses sont toujours dans ie même rapport que deux nombres entiers générale ment petits. En particulier^ elles peuvent étre^ et sont fréquemment^ exactement égales,

^fC^esl aitiâl que le$ masses d^argent qui s^unissent à une ^lé^1e^ masse de chlore dans le chlomtê d^argent et dans le chlorure d^argenl se trouvent exactement égales (* ).

222. Examôn critîquô de l'énonoé obtenu. — On peut faiff^ k Fcnoucé qui précède une objection quelque peu embarrassanif. Le rapport j-, des deux masses coni parties ne sera jamais déteitniné de façon rigoureuse^ si précises que soient les mesures ; on saura seulement qu41 est compris entre deux nombres d'autaiil plus rapproches que celle pr<:!cision sera plus grande. Or, il y u loti jours une in fini té de fractions ordinaires comprises entre deux nombres^ si rapprochés soient-ils. Le rapport tî pourra par suite élre supposé égal à une quelconque de ces fractions, c'est-à-dire au quotient de deux nombres entiers. Si donc nous n'avions pas dit que ces entiers sont gériéralement petits, notre énoncé n'aurait absolument rien signilié d'intéressant, ne nous aurait rien appris.

Mais quand cstimera-t-on qu'un entier cesse d*élre petit? El, a supposer qu'on précise ce j)oint en convenant, par exemple, de dire qu'un entier est petit s'il ne dépasse pas lo, comment Texpérience pourrait-elle mettre en défaut une loi qui admet et prévoit

j^fis excep lions ?

^Car c'est bien prévoir des exceptions que de parler d'entiers généraiement pelils.

A cela nous répondrons qu'en eiïet un nombre restreint d'ana- Ijses chimiques ne pourrait suffire è condamner la loi de Dalton,

Quelle que fi1t la complication des rapports tt auxquels elles conduiraient. Seulement, si ces cas devenaient très fréquents, la loi cesserait d'être utile. En fait, bien loin qu'il en soit ainsi, on constatera^ par exemple, si l'on forme tous les rapports %-,

J») Ay dÎK-inillionicnie près (Stah).

aao TRAITÉ DE CHIKIE PHYSlQtE:* — LES PBJNCIFES-

acttiellement calculables, en se conlenLanl d'une précision de —^ que, bien plus de neuf fois sur dix, ces rapports se irouvenl égaui^ avec l'approximation inJiqiiéej à des fraclîons ayant pour tenues des entiers inférieurs à lo*

Ce résultat serait déjà important, alors même que, la précision croissant^ on s'apercevrait qu^on ne peut accepter pour chaque rapport la valeur simple dont il s^approchait à ~ près. Il se pourrait que, par exemple j un rapport v^ étant compris dans V'mitrvalle

\5 ioo/ \5 jïM)/

une exactitude plus grande dans les mesures prouvai qu^il ne peut être regardé comme égal à 1, mais qu'il est compris dans rintervalle

\5 lOtHï/

En fait, c^est ce qui n'arrive pas, et un accroissement dans la précision des analyses ne diminue pas la simplicité possible pour

les rapports p- On doit à Stas des vérifications très importantes à cet égard*

On savait^ par exemple, que les niasses d'argent «nies a une même masse de cblore dans le chlorure d'argent el le cblorale

d*argenL sont égales à ~^ prcs, le rapport tt étanl donc sùremeol voisin de i.

Stas trouva que ces masses sont cigales à ^^q,^*^^^^ près; en disant qu'elles sont rigoureusement égales, noua exprimons ce fait que les écarts apparents observés restent de Tordre des erreurs d'ex[>érience, si faibles que deviennent ces erreurs,

Cest en ce sens que nous considérerons désormais la loi di* Dahon comme rigoureusement exacte.

223. liOÎ des nombres proportionnels. — La loi des proportions multiples, comprise dans le sens général que j'ai indiqué^ ii jiour conséquence une proposition très importante, dite loi des

nombres proportionnels.

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