L'OPIUM ET SES ALCALOÏDES
L'empoisonnement par L'opium sous ses diverses formes est 1 un des sujets les plus intéressants delà toxicologie.
L'activité physiologique «le L'opium est due à la présence, dans ce suc végétal, d'un grand nombre d'alcaloïdes, dont les principaux sont la morphine, la codéine, la narcotine, la narcéine, la thébaïne, la papavérine. Bien que ces alcaloïdes aient des actions toxiques notablement différentes, ils ont, par leurs propriétés physiologiques, des liens assez étroits pour qu'il y ait heu de les étudier ensemble.
L'empoisonnement par l'opium et ses alcaloïdes se produit sous les Formes les plus diverses. Les intoxications criminelles ne sont pas très fréquentes; Les suicides par certaines préparations opiacées, surtout par Le laudanum, sont au contraire des plus nombreux; les erreurs pharmaceutiques, l'emploi de doses trop élevées de médicaments opiacées, causent chaque année des accidents mortels, principalement chez les entants. En dehors des formes aiguës ou subaiguës de l'empoisonnement par L'opium et ses dérivés, L'empoisonnement lent, causé par L'abus volontaire de l'opium ou de la morphine, sous diverses formes: fumage de l'opium, ingestion de préparations opiacées, injections hypodermiques de morphine, etc., t'ait un grand nombre de victimes.
L'iil'Il'M ET LES DIVERSES PRÉPARATIONS OPIACÉES. h'opilim a été'
connu des anciens. Dioscoride et Pline indiquent comment on L'obtient, comment le suc provenant de l'incision des têtes de pavot noir donne le sommeil ou la mort, comment on le falsifie avec Le suc de laitue.
Le mécomonest, d'après Pline, une décoction de pavots dans l'eau.
Le diacode (Sut xcoSsuov est une préparation de pavot avec du miel, non sans analogie avec notre sirop diacode actuel.
On faisait grand commerce d'opium à Alexandrie, et on en discutait beaucoup les propriétés médicinales.
L'opium est le suc concret du Papaver somniferum. Ce suc s'écoule
I K \ l l l. DE CH1 MIE TOXICOLOGIQl E
< 1 « — ■ vaisseaux laticifères, par des incisions pratiquéesà la surface des capsules de pavol ; il se concrète sous forme de gouttelettes brunâtres, qui recueillies el réunies en masses constituent le produit brul appelé opium. Les principales espèces sonl I opium de Smyrne ou d'Anatolie, — celui de Turquie, — celui d'Egypte ou d'Alexandrie, — enfin l'opium de Perse ; l'opium de l'Inde esl consommé dans les pays d'origine Inde, Chine, Malaisie). Divers autres pays <>nl tenté la culture du pavol en vue de la production de l'opium; des essais ont été fini-- notammenl par Aubergier, en Auvergne 184 i . qui a réussi en effel a obtenir avec le pavol pourpre un opium assez riche en morphine.
La variété la plus estimée, l'opium de Smyrne, se présente dans le commerce sous forme de masses brunes de consistance assez molle, pésanl de 200 à 500 grammes, possédant une odeur vireuse caractéristique. L'opium de Smyrne contient de lu à \'2 p. I < m ) de morphine. Au contacl de l'air, il perd de l'eau, durcit el prend nue couleur plus foncée. L'opium de Turquie contienl en général moins de morphine que le précédent. Enfin l'opium d'Egypte esl le moins estimé des trois de i à 8 p. Hio de morphine . Ce sonl principalemenl ces espèces d'opium qui sonl utilisées en Europe pour la préparation des divers médicaments; les opiums de l'Inde, de la Chine, <lr l'Indo-Chine, de la Perse, sonl consommés par les fumeurs d'opium.
Quelle que soi! leur origine, les opiums renferment un grand nombre d'alcaloïdes : in ni— en donnons ici la liste. Plusieurs d'entre eux sonl for! peu connus, el il en esl même donl l'existence n'est pas absolument démontrée. ( )e sonl :
La morphine, la codéine, la narcotine, la thébaïne, la papavérine, la pseudomorphine, la cryptopine, la méconidine, ta laudanine, la cotarnine, la lanthopine, la protopine, la laudanosine, l'hydrocotarnine, La gnoscopiue. A côté «le ces alcaloïdes, il faut signaler dan- l'opium les acides méconique, lactique, sulfurique ; une substance non azotée, la méconine : diverses substances neutres, gomme, caoutchouc, albumine, cire, résines, corps gras, glucose, sels minéraux.
Le premier alcaloïde isolé dans l'opium fui la narcotine Derosne, I Soi) ; ce fut la première base organique tirée du règne végétal. La morphine a été découverte par Seguin, el étudiée par Sertuerner en INIfi.
Dans un opium de bonne qualité, on trouve en moyenne :
Morphine 10 p. [00
Narcotine 7
Papavérine 1
Codéine 0,3 —
Thébaïne O.lo —