I I RARE
poisons dits curarisants, donl celui-ci es( le type. II faut lire à ce sujet la magistrale étude de Claude Bernard Leçons sur les substances toxiques et médicamenteuses). Rappelons seulement qu'il a été constaté que le curare agit, non sur le système musculaire, mais sur le système nerveux moteur, ou plutôt sursa partie périphérique : si, dans un verre de montre contenant une solution de curare, on plonge un troue nerveux, le muscle attenant restant au dehors gastroenémien el nerfseiatique d'une grenouille : — et si. dans un autre verre de montre, on place un autre muscle pareil, le in ri restant en dehors de la solution, on observe que, par l'excitation électrique, "u peut produire des contractions lorsqu'on agit sur le nerf plongé dans le curare; tandis que 1 excitation du nerf placé en dehors de la solution ne produit pas de contraction sur le muscle baigné dans le curare : de sorte que les troncs nerveux ne perdent leur faculté excitatrice des mouvements que si leurs extrémités sont plongées dans le curare. On a donc pu dire que ce poison opère la séparation des muscles el nerfs. — Parmi les autres poisons curarisants, on peut citer la physostigmine, l'aconitine, la cieutine.
Le curare n'agit pas sur le sang'; cependant, en raison de l'asphyxie qui
se produit peu à peu. eelui-ei devient plus riche en aeide carbonique.
Parmi les autres effets du curare el de la corarine, mentionnons encore l'élévation de la température : chez l'homme, Voisin el Liouville ont observé de véritables accès de fièvre avec frisson initial, accélération du pouls el élévation de température jusqu'à :> . Claude Bernard a mentionné la rougeur du corps chez les animaux ourarisés, ainsi que la chaleurdes oreilles.
Dans l'empoisonnement rapide l'ex,çrétion urinaire est rendue plu-- abondante : ou trouve du sucre dans l'urine, <>ù l'on peut aussi constater la présence du curare.
Absorbé par l'estomac, à doses assez fortes, le curare ne produit pas
d'effets sensibles : cependant il n'est pas. comm i l'avait dit. détruit par
le sue gastrique : on peut s'en assurer en injectant à un autre animal le curare retiré de l'estomac d'un chien. Son innocuité relative lient à la rapidité de son élimination par les reins.
Les doses toxiques sont fort difficiles à déterminer, car les divers échantillons de curare cuit des compositions lié- variables. Aussi a-t-on recommandé, dans les applications thérapeutiques qui ont été tentée-, sans grand succès d ailleurs tétanos, épilepsie, rage , d'étudier par des expériences directes le curare dont on veut se servir. In curare qui tue une grenouille à la dose d'un dixième de milligramme, un lapin à la dose de l milligramme, esl réputé actif. Voisin et Liouville ont pu injecter à l'homme jusqu'à la centigrammes de certains curares, tandis que des doses beaucoup plus petites d'autres échantillons plus actifs auraient été mortelles.
Les organes des animaux tués par le curare ne présentent pas de Lésions particulières.
Curarine. — Propriétés etréactions. — La curarineest encoreassez peu connue. Elle se présente d'ordinaire sous forme de niasse amorphe, translucide. Preyer dit avoir réussi à l'obtenir cristallisée prismes quadranffulairesl :elleesl très soluble dans l'eau, el même hvgroscopique : elle se dissout aussi très bien dans l'alcool, 1 1 1 : > i >. non dans l'éther pur, La benzine, ni le sulfure de carbone ; elle est assez soluble dans l'alcool amylique et dans le chloroforme.
La dissolution aqueuse est excessivemenl amère. Elle a une réaction faiblement alcaline el forme îles sels dont Les plus connus sonl Les sulfate, chlorure et acétate : ces sels passent pour difficilemenl cristallisables. Son mise à L'action de La cl in leur, la curarine émet des vapeurs épaisses dont la saveur est fort amère.
La curarine peut être extraite par la méthode de Stas : on la cherchera spécialement dans Le tube digestif, dans Le foie, Les reins, L urine.
Elle possède quelques réactions qui permettent de la distinguer assez bien des alcaloïdes voisins.
Avec les réactifs généraux on obtienl des précipités sans intérêt : Le tanin est L'un des plus sensibles; le bichlorure de mercure, Le chlorure de platine, fournissent également îles précipités même en liqueurs très étendues. Avec le bichromate de potassium on obtient un précipité amorphe, qui devient bleu sous l'influence de l'acide sulfurique Fliickiger). Une coloration violette esl aussi obtenue quand on traite directement la curarine par le bichromate et l'acide sulfurique, — Le bichromate peut être remplacé par d'autres agents oxydants. — C'est un caractère qui Lui esl commun avec la strychnine: il y a cependant une différence, c'est que La coloration violette, pour la strychnine', peut se produire avec le chromate neutre ; tandis que le bichromate est nécessaire pour La curarine. Si I on opère en traitant par L'acide sulfurique le chromate de curarine précipité à l'avance, il convient de faire cette précipitation en liqueur assez concentrée, — le chromate étant un peu soluble, — et de ne pas attendre trop Longtemps. — Le mélange d'acide chromique et «I aride sulfurique ne donne pas la réaction.
\Jacide sulfurique concentré colore la curarine, selon les nus, en bleu foncé, selon d'autres, en violet pâle devenant rouge avec le temps. On observe bien la coloration rouge en chauffant doucement au bainmarie.
Le réactif d'Erdmann la colore en violet-brun, puis violet pur : caractère qui peul servir pour la distinguer de la brucine, laquelle est
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colorée en rouge par ce réactif. L'acide azotique concentré produit une coloration rouge pourpre.
I.o cyanure df platine et de potassium donne un précipité jaune, soluble à chaud; par le refroidissement, le mélange se trouble et devient bleu; avec l'acide chlorhydrique, il s'éclaircit et passe au violet (Sachs).
On voit en somme que la curarine possède plusieurs bonnes réactions, dont la meilleure est celle du bichromate et de l'acide sulfurique ; mais si, ayant obtenu avec cette réaction un résultat positif, on craignait une confusion entre la curarine et la strychnine, l'expérimentation physiologique lèverait sûrement tous les doutes.
Cette expérimentation physiologique ne doit pas être négligée, qu'il s'agisse de curare ou de curarine. On la pratiquera de préférence sur une grenouille ; on constatera que l'injection d'une dose même très petite paralyse les mouvements respiratoires, le cœur continuant à battre ; on vérifiera que les muselés se contractent sous l'excitation électrique, et enfin on pourra constater la dilatation delà pupille.