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ALCALOÏDES DES OMBELLIFÈRES, CIGUË, CICI TINT

Propriétés chimiques. — La cicutine.a pour formule GsH|7Az. Elle a été découverte par Giesecke ; Ladenburg Joum. Pharm. Chim.. t. XV. p. \'.'< a fait la synthèse d'une base de même formule, la propylpipéridine différant de la eicutine par -en absence de pouvoir rotatoire . en partant de la picoline, transformée, en présence de la paraldéhyde, en allylpyridine, qui, elle-même, hydrogénée par le sodium, fournit la propylpipéridine a.

La eicutine naturelle est une base liquide ; elle possède une odeur forte et désagréable; elle l»>ut à -j- 169° et émet des vapeurs (1rs la température ordinaire. Elle se dissout dans Uni parties d'eau, et est moins soluble à chaud qu'à froid. Elle se dissout fort bien dans l'ai >1. l'éther, la benzine, le chloroforme, le pétrole, l'ait 1 amylique. Elle dévie à droite le

plan de polarisation [a]„=-|- 10°53. La eicutine artificielle ou propylpipéridine y., non douée du pouvoir rotatoire, peut être dédoublée en eicutine gauche et eicutine droite.

C'est une base énergique, bleuissant le tournesol, formant avec les acides «le- sels neutres.

Elle s'altère assez facilement à l'air, en prenant une teinte brune.

Les sels eux-mêmes ne sont pas très stables et se dissocient pendant les évaporations, en régénérant de la eicutine qui se perd par volatilisation. En raison de ces propriétés on comprend combien la eicutine est difficile a isoler dan.-, une recherche toxicologique : elle n'a d'ailleurs pas de réactions bien probantes.

En appliquant la méthode de Stas à l'extraction de la eicutine. on doil éviter tout chauffage inutile. et même, autant que possible, préserver les liquides aussi du contact de l'air. On sépare assez facilement l'alcaloïde île la solution éthérée provenant de l'épuisement eu liqueur alcaline ; il suffit d'agiter l'éther avec quelques gouttes d'acide sulfurique au I •"> : nu obtient ainsi une solution aqueuse de sulfate suffisamment pur: un rend cette solution alcaline, et un épuise de nouveau par l'éther; par uneévaporation rapide on obtient l'alcaloïde sous forme de gouttes huileuses.

Dans la méthode de Dragendorff, la eicutine est isolée par le pétrole, épuisement en solution alcaline.

Réaction*. — Les réactifs généraux donnent avec la eicutine de- précipités île sensibilité variable; l'induré de potassium ioduré fournit un trouble encore appréciable avec les solutions au 1 10 000; l'induré de mercure et de potassium précipite les solutions au I I 000; l'acide phosphomolybdique donne un précipité jaunâtre dan- les solutions au 1 1000. Le tanin, le chlorure de platine, le chlorure dur. le bichlorure de mercur • sont des réactifs peu sensibles.

L'albumine esl coagulée par la eicutine; c'est un caractère spécial à cel alcaloïde, mais il esf parement applicable dans une recherche toxicologique, en raison de son peu de sensibilité.

( >n ;i signalé, pour reconnaître la eicutine, la réaction de l'acide chlorhydrique densité 1,2 qui détermine une coloration verdâtre ; mais ce caractère parait appartenir à une impureté accompagnant l'alcaloïde et on ne l'obtient que très faiblement quand le produit est pur.

L'action de l'acide chlorhydrique esl cependant intéressante; le chlorhydrate de eicutine, obtenu en évaporant la base additionnée d'un peu d'acide chlorhydrique très étendu, est formé de petits cristaux microscopiques, en aiguilles ou prismes très allongés, disposés en étoiles ou présentant l'aspect dendritique. Ils sont doués du pouvoir rotatoire; ce qu'on peut constater au microscope dans la lumière polarisée. Ces cristaux d'abord blancs, ou très peu colorés, s'altèrent peu à peu à l'air; ils jaunissent et changent de forme; on voit apparaître enfin des cristaux du système cubique, octaèdres, tétraèdres ou cubes, qui n'agissent plus sur la lumière polarisée.

Si l'on craignait de confondre ces cristaux de chlorhydrate de conicine avec le chlorhvdrate d'ammoniaque, l'action de la lumière polarisée, qui est sans effet sur le chlorhydrate d'ammoniaque, permettrait de les distinguer sûrement.

En > ne, si l'extraction de la conicine dans les viscères présente de

réelles difficultés, il n'est pas moins malaisé de reconnaître le produit sole. Les principaux caractères de cette base sont, comme on vient de le voir : son étal liquide, son odeur particulière, la forme de son chlorhydrate el l'action de ee chlorhydrate sur la lumière polarisée. Si l'on réussi) à isoler une base liquide, la spécification sera toutefois assez facile, à condition qu'on ne puisse pas supposer la présence de bases cadavériques liquides. L'alcaloïde avec lequel on pourrait le plus aisément confondre la eicutine esl la nicotine, qui cependant possède, comme nous le verrons, quelques caractères assez précis permettant de différencier les deux corps.

Base des aroïdées. — La base extraite de Yarutn maculatum et d'autres aroïdées est, comme la eicutine, une base énergique, volatile, émettant des fumées en présencede l'acide chlorhydrique; elle est peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'alcool amylique, l'éther, le chloroforme, le pétrole, la benzine; sa solution aqueuse ne se trouble pas àl'ébullition; elle coagule l'albumine d'oeuf. C'est peut-être un isomère ou un homologue supérieur

de la eicutine. Elle parait moins toxique que la eicutine de la ciguë;

injectée à des animaux, elle produit de la paralysie des membres, avec

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anesthésie au point d'inoculation ; le sang est noir, (luide ; on observe de la congestion des méninges et de différents viscères1.

Méthylconicine. — La méthylconicine est un liquide volatil, incolore, avant la même odeur que la cicutine; elle est peu soluble dans l'eau, à laquelle elle communique cependant une réaction alcaline très nette. Elle est très réfringente et plus légère que l'eau. 11 existe généralement de la méthylconicine dans la conicine ou cicutine du commerce. Si l'on isolait dans une expertise un mélange de méthylconicine et de cicutine, la distinction entre ces deux alcaloïdes si voisins serait évidemment fort difficile.

Conhydrine. — La conhydrine, C8H,7AzO, est un produit solide, cristallisable en paillette- nacrées, fusible à -f- 120°, bouillant à -f- 220°. un peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éthei-. C'est une base puissante et extrêmement stable. Selon Wertheim, le chlorhydrate de conhydrine ne cristallise pas ; mais Dragendorffa obtenu des cristallisations analogues à celles que produit la cicutine ; . L'odeur île- vapeurs de conhydrine esl la même que celle de la cicutine. Les solutions aqueuses se comportent de même avec les réactifs généraux. Son chloroplatinate, obtenu en ajoutant du chlorure de platine à la solution àlccolique de la base, cristallise tort bien en cristaux d'un rouge hyacinthe.

Vétkylconhydrine esl obtenue par l'action de l'iodure d'éthyle sur la conhydrine.

La pseudoconhydrine, C8H,7AzO, extraite de la grande ciguë, esl solide, l'usibk- à + L00°-i02°, sublimable; elle bout à -j- 239°. Son pouvoir rotatoire est : * = 4°. 30. Elle a presque toutes le- propriétés de la conhydrine Ladenburg et Adam. D. Chem. Ges., t. XX1Y. p. 1671 .

1 M- Ckauliaguet, Hébert. II. im. Loc. cil.

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