NICOTINE
La nicotine et les autres alcaloïdes volatils peuvent être isolés par distillation. La macération aqueuse des organes est additionnée d'un excès de potasse, puis distillée : dans [e distillatum, on extrait l'alcaloïde par l'éther. Ce procédé ne parait présenter aucun avantage sur les méthodes ordinaires.
Réactions. — L'iodure <le bismuth el de potassium, l'acide phosphomolybdique précipitent les solutions acides de nicotine au 1/40000; dans les solutions neutres on obtient un trouble visible avec l'iodure de mercure cl de potassium dans les solutions au I 15000; le chlorure (T or est aussi très sensible.
L'iodure de potassium ioduré, employé en petite quantité, donne un précipité jaune qui disparaît ensuite : avee une plus grande quantité de réactif, précipité couleur kermès.
Lorsqu'on ajoute du chlorure de platine à y\\w solution aqueuse de nicotine, il se produit un précipité floconneux blanc jaunâtre, qui se dissout si l'on chauffe, et se précipite par refroidissement sous forme d'une poudre jaune cristalline. Dans les solutions acidulées par l'acide chlorhydrique, la précipitation par le chlorure de platine ne se produit qu'à la longue; le précipité est formé de prismes à quatre pans.
L'iodure de potassium et de platine donne un précipité brun qui se redissout lentement (le même réactif ajouté à une solution de conicine donne un précipité jaune qui ne se redissout pas).
Le tanin précipite en blanc les solutions aqueuses de nicotine; le précipité est un peu soluble dans l'acide chlorhydrique.
La nicotine caustique répand des fumées blanches au voisinage île Yacide chlorhydrique. Mélangée à l'acide chlorhydrique, elle produit à chaud une coloration brun violacé.
Dragendorff indique que si l'on chauffe doucement de la nicotine avec de l'acide chlorhydrique de densité 1,2, le mélange devienl brun ou rougebrun ; puis si l'on évapore à consistance sirupeuse, et si l'on ajoute à la masse refroidie un peu d'acide azotique de densité 1,3, on obtient une coloration violette qui passe au brun orangé, dette réaction n'est pas extrêmement sensible.
Dans Yacide sulfitrique, concentré, la nicotine se dissout avec production d'une coloration rouge; parla chaleur le mélange devient vineux, puis noir ; l'alcaloïde s'attaque et il se dégage de l'acide sulfureux.
Le chlore réagit vivement sur la nicotine, en donnant un liquide rouge sang.
\Sacide chromique sec oxyde et enflamme lanicotine.
La réaction de Yiode indiquée par Roussin est la meilleure. A unesolu-
eio TRAITÉ ni", i II I Ml E TOXICOLOGIQUE
lion de nicotine dans l'éther I p. 100), si l'on ajoute son volume d'une solution d'iode dans l'éther, il se forme après quelque temps de beaux cristaux bruns souvent liés longs. Parfois, il y a d'abord formation d'un précipité lu-un qui cristallise par la suite. Dan- une solution éthérée de nicotine iiu I 500, l'addition d'éther iodé ne produit pas de trouble, mais les aiguilles se forment en quatre ou cinq heures. Le cyanogène colore la nicotine en brun.
Sels de nicotine . — Les principaux sels sonl le chlorhydrate, C.'"I1''A/.'. 2\\( '.1. cristallisable, déliquescenl : — le sulfate, également cristallisable ; — l'azotate, sel décomposable avec explosion lorsqu'on le ehauffe Etard); le quadroxalate, 2Ç2OlH2. C10H"Az2, sel cristallisable en lamelles nacrées très solubles dans l'eau, s'effleurissant à l'air et se transformant en une poudre blanche qui renferme 10 p. Uni de nicotine. Grasset et Parenty, qui «ml étudié ce sel [Comptes rendus, t. CXIX, p. 1273 . en ont proposé l'emploi pour remplacer la nicotine ou le jus «le tabac dan- leurs applications d'ailleurs peu nombreuses [destruction des insectes).
S P A It ï É 1 N E
Parmi les alcaloïdes liquides non oxygénés, non- signalerons encore la spartéine, découverte parStenhouse dan- le Spartium scoparhim {('////sus scoparius), de la famille des Légumineuses.
La spartéine n'est pas très toxique : •"> à 6 centigrammes tuent un cobaye de poids moyen; 60 centigrammes, un chien de 7 à 8 kilogrammes.
\\ ec les doses élevée- la mort survient rapidement, en quinze minutes par exemple: elle est précédée d i phénomènes convulsifs et asphyxiques.
La spartéine agit d'une manière remarquable sur le cœur, dont les battements augmentent d'amplitude : ces battements sont encore réguliers et fréquents alors que le nombre des inspirations est déjà considérablement
diminué'. On peut constater sur les grenouilles la persistance des tve-
ments du cœur pendant fort longtemps (trois jours), l'animal paraissant mort et étant même desséché1. La spartéine est employée en médecine, dan- les affections cardiaques, à la dosedeo, 10 et 25 centigrammes.
Cet alcaloïde. ('.' il-'A/J. est un liquide huileux, incolore, mais brunissant facilement à l'air; l'odeur rappelle celle de l'aniline, la saveur est très amère : la réaction est nettement alcaline. La spartéine bout à -j- 287°. Elle e-l plus dense que l'eau, dan- I iquelle elle est peu soluble. Elle se
1 Voyez Laborde el Legris. Journ. de PJtarm. et de Cliim. [5), t. XIV. p. T7 : — Ger- Bull de Thé)-., I. CIX, p. 528, etc.
BELLADONE, JUSQUIAME, DATURA 611
dissoul bien dans l'ait L, l'éther, le chloroforme. Elle forme des sels bien
définis don! le plus important est le sulfate, emplové en médecine.
L'action des réactifs généraux sur la spartéine n'a que peu d'intérêt : elle m- possède pas de réactions spéciales bien caractéristiques. Le brome la transforme en une matière résineuse rouge, avec dégagement de chaleur; la solution éthérée d'iode fournit un periodure qui peut cristalliser dans l'alcool en aiguilles vertes.
L'action physiologique sur le cœur", dont amis avons dil un mol précédemment, sérail importante à étudier dans une recherche toxicologique.
SCOPARINE
A côté de la spartéine, l'extrait aqueux de spartium renferme une
substance i mée scoparine, à laquelle on attribue la formule C.-"[P'Ol0
+ 4,5 iro, qui esl solide, fusible à -\- 202°, très peu soluble dans l'eau froide, assez soluble à chaud, plus soluble dans l'alcool étendu que dans l'alcool absolu, insoluble dans l'éther, le chloroforme, le sulfure de carbone.
Le perchlorure de fer la colore en violet-brun, passant au jaune. Elle réduit la liqueur de Fehling et le nitrate d'argent ammoniacal. (Voy. Goldschmidt et Hemmelmayer, Mon. f. ('Item., t. \1Y, p. 2u~2.)