SOLANINE
I m -11 1 être séparée de celle de la solanidine. Voy. von Reuleln. Beilr. zur forenz. Chemie des Solanines. Dorpat, 1881 : Drageîidorff. Pharm.Zeilschr. /. Russland, 1882.)
Propriétés. — La solaninc est, à proprement parler, un glucoside, ou un alcaloïde à fonction complexe résultant de l'association du glucose avec un alcaloïde, la solanidine; les acides forts produisent en effet ce dédoublement en glucose el solanidine. La formule de la solanine parait être C"H71AzOl*, celle de la solanidine étant C"H"AzO.
On iilitii'iit la solanine sous forme de prismes déb'és soyeux, très peu solubles dans l'eau, peu solubles dans l'éther et dans l'alcool froid, plus solubles dans l'alcool chaud. Sa saveur est amère et brûlante; elle fond à -+- 235°. Sa réaction esl faiblement alcaline; elle forme des sels peu stables, gommeux el incristallisables, solubles dans l'eau et dans l'alcool, difficilement solubles dans l'éther. Lorsqu'à une dissolution d'un sel de solanine on ajoute un alcali, 1 alcaloïde se précipite sous forme de flocons gélatineux.
Los solutions, même très diluées, de solanine dans l'alcool ou dans l'alcool amylique, limpides à chaud, se transforment en une masse gélatineuse par le refroidissement, et c'est là un caraclerë assez particulier de cette substance.
Extraction. — L'extracti :sl assez délicate à cause de la facilité avec
laquelle la solanine se dédouble en présence des acides : ce dédoublement a lieu même à froid, avec les acides chlorhydrique el sulfurique.
Dans les divers procédés d'extraction, la macération des matières en milieu acide ne doit pas être trop longtemps prolongée, et il faut éviter d'élever la température. Si l'on emploie la méthode de Stas-Otto, il convient de se rappeler que la solanine est extrêmement peu soluble dans l'éther 1 p. pour iooo : les épuisements doivent donc être répétés plusieurs fois, avec de grandes quantités de dissolvant. Si l'on sait d'avance que le corps à rechercher esl de la solanine, il serait préférable d'employer un autre dissolvant, et surtout l'alcool amylique. — On voit que l'extraction de la solanine se fait à peu près dan- les mêmes conditions que celle de la morphine.
Si l'on emploie la méthode de Dragendorff, c'est dans le dernier traitement épuisement parl'alcool amylique en solution alcaline que l'on isolera la solanine. En effet, en solution sulfurique ('■tendue ce corps n'est pas enlevé par la benzine el le chloroforme; après saturation par l'ammoniaque, le pétrole léger, la benzine el le chloroforme ne dissolvent pas non plus de quantités appréciables de solanine.
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Pour le début de 1 opération, ] )ragendorff recommande de faire macérer les matières pendant quelques instants seulement avec de l'eau où l'on ajoute de L'acide sulfurique en quantité suffisante pour que la réaction soil nettement acide. puis de recommencer la macération une ou deux fois dans 1rs mêmes conditions.
Dans les diverses manipulations, on prendre garde à la gélatinisation possible des solutions alcooliques <>u amyliques de la solanine, qui parfois aussi se sépare des solutions à l'étal cristallin.
Réactions. — Parmi les réactifs généraux, l'iodure de bismuth et de potassium précipite les solutions de solanine au 1/1500; l'acide phosphomolybdique, le tanin, les solutions au 1/2000; le chlorure d'or, 1rs solutions au 1/1000; les autres réactifs, iodure de mercure et dé potassium, bichlorure de mercure, acide picrique, sont moins sensibles.
Le siilfoséléniate de sonde colore en rouge la solanine; pour faire celle réaction, on traite la matière par nue solution contenant S centimètres cubes d'eau, pour (i centimètres cubes d'acide sulfurique et 0,3 de séléniate de soude ; on chauffe doucement jusqu'à coloration rougeâtre pâle : le mélange abandonné à lui-même, à la température ordinaire, se colore peu à peu en rouge intense.
On obtient une coloration analogue avec 1 acide sulfurique mélangé d'alcool (solution de 5 centimètres cubes d'acide dans 9 centimètres cubes d'alcool absolu . Ces deux réactions sont extrêmement sensibles.
Le sut fooanadate d' ammoniaque est unassez bon réactif de la solanine, qu'il colore en jaune orangé, devenant rouge cerise, puis violet. Il vaut mieux pour cette réaction employer le réactif préparé avec l'acide sulfurique bihydraté.
L'acide sulfurique mêlé de bichromate de potassium donne avec la solanine une coloration bleue fugace, passant au vert : la réaction est peu sensible.
11 n'est pas à craindre de confondre celte coloration avec celle que donnerait la strychnine, qu'on distingue sans peine par d'autres caractères.
Le ruthéniate de potassium dissous dans l'acide sulfurique concentré I gramme de sel pour 20 centimètres cubes d'acide donne avec la solanine, après quelques minutes, une coloration rouge qui disparaît lorsqu'on chauffe Brociner).
Beaucoup d'autres réactions ont été indiquées : elles me paraissent avoir peu d'intérêt ou n'être que difficilement applicables en toxicologie. Je les rappellerai brièvement : d'après Otto, une solution aqueuse d'iode devient plus