CHAMPIGNONS — MUSCARINE
un résidu rouge passant au violet par l'ammoniaque el se décoloranl par la soude.
Wadênine, luise voisine de rhypoxanthine (que Ton a extraite du pancréas de veau, de la levure de bière, el d'autres matières animales ou végétales), a été aussi trouvée dans l'extraii de thé Kossel; Bruhns. Zeitsch. Pli;/*- Chem., I. XIV, p. 533) ; d'après Kriiger, flic forme des cristaux microscopiques, anhydres, solubles dans les alcalis ; le chlorure ferrique colore en rouge intense ses solutions aqueuses. Le sulfate de cuivre les précipite en gris bleuâtre [Zeitsch. Phys. Chem., t. XVI, p. 160).
C H Ail PI G N 0 X S. M T S C A H I X E
11 arrive souveni que des intoxications causées par l'absorption de champignons vénéneux donneni heu à des suspicions d'empoisonnements criminels ; il serait di fort important de savoir extraire et caractériser chimiquement les poisons des champignons : c'est là un sujet fort difficile et peu connu.
Les symptômes de l'empoisonnement par les champignons sont variés; il n'en saurait être autrement puisque les espèces vénéneuses seul multiples et ne renferment pas les mêmes poisons. — On observe tantôt des effets analoguesà ceux que produirait un poison narcotique, des étourdissements, de la somnolence : tantôt une vive irritation du tube digestif, avec vomissements, diarrhée très abondante, et parfois des convulsions. Il arrive Miment que les accidents ne se produisent qu'après un temps assez lune-.
Au nombre des champignons vénéneux les plus intéressants, figure la fausse oronge, ou amanite tue-mouche [amanita muscaria . beau champignon dont le chapeau rouge orange est couvert d'écaillés blanches, ce qui le distingue de Y oronge vraie, champignon non vénéneux et très estimé. De nombreux empoisonnements sont dusàla fausse oronge ' .
Schmiedeberg et Kopp ont découvert dans la fausse oronge un alcaloïde qui a été nommé mitscarine. La muscarine est un produit cristallin, très déliquescent, à réaction fortement alcaline; elle fixe l'acide carbonique de l'air. Elle est sans saveur. Chauffée à 100°, elle développe une odeur qui rappelle un peu le tabac. Ses sels seul déliquescents. La muscarine se dissout bien dans l'alcool; elle est peu soluble dans le chloroforme et insoluble dans l'éther.
' Parmi les empoisonnements par l'oronge, on cite celui de l'empereur Claude, qui. plus probablement, périt empoisonné, non par la fausse oronge, mais par un plat d'oronges vraies additionnées de poison.
La plupart des réactifs généraux précipitent la muscarine : l'iodure de potassium el debismuth, le bichlorure de mercure, donnent des précipités qui deviennent cristallins; le chlorure d'or, l'acide phosphotungstique, l'acide phosphomolybdique, donnent des précipités amorphes ; le tanin ne précipite la muscarine qu'en solutions concentrées : le chlorure de platine ne la précipite |>a>, non plus que l'iodure de potassium ioduré ; ce dernier caractère négatif est assez particulier.
Un corps semblable à la muscarine a ététrouvé par Briegcrdans la chair de poisson putréfiée. La muscarine figurerait dune parmi les innombrables produits désignés sous le nom de ptomaïnes. — Elle a été reproduite artificiellement par Schmiedeberg el Harnack, qui l'ont obtenue paroxvdation de la névrine au moyen de l'acide nitrique; on doit par conséquent la considérer comme une oxynévrine.
Divers composés isomères de la muscarine ont été décrits : Nothnagel
Dru/, chim. Gis.. \. XXVI, p. 801 pense que la muscarine naturelle, celle
obtenue par oxydation de la névrine, el l'isomuscarine sont des produits
réellement différents, quoique extrêmement voisins au point de vue chi-
mique. Le> différences porteraient surtout sur la toxicité.
La muscarine es! un poison très énergique. Ses effets onl été étudiés par Schmiedeberg, Kopp, Alison, Prévost de Genève, etc. L'injection de la muscarine chez les grenouilles détermine l'arrêt du cœur en diastole, mais l'organe conserve son irritabilité musculaire : cet arrêt du cœur n'a pas lieu chez la grenouille soumise auparavant à l'action de l'atropine d'autres alcaloïdes produisent le même effet, nicotine, ergotine, digitaline . L'atropine peut rétablir les mouvements d'un cœur muscarinisé même depuis plusieurs heures.
Chez les mammifères on observe d'abord l'accélération, puis la diminution des battements du cœur, el le ralentissement des mouvements respiratoires : on constate un abaissement notable de température, avant la mort. Certaines sécrétions salive, larmes sont activées; le cœur s'arrête en diastole. Plusieurs de ces effets sont contre-balancés par l'action de l'atropine. Les expériences de Prévost montrent que l'atropine est, même à faible dose, l'antagoniste de la muscarine, — que la muscarine im ersemenl contre-balance les effets de l'atropine, mais seulement à des doses élevées: par exemple, à un chat atropinisé par 7 milligrammes endeuxfois . de sulfate d'atropine, il a été nécessaire d injecter, pour suspendre l'action de l'atropine, jusqu'à 3 grammes de muscarine.
Dans l'empoisonnement par la muscarine, on constate d'ordinaire une disparition rapide de la rigidité cadavérique : il y a souvent des taches violacées sur diverses parties du corps et surjes muqueuses stomacales el intestinales : on note aussi de la congestion des poumons, des méninges.
BASCHISI II — CANNABINE, ETC. 677
— Ce- divers signes s'observent, ;'i des degrés divers, chez [es individus qui on! succombés à l'empoisonnement par les champignons1.
Amanitine. — Dans Vagaricus muscarius, un autre alcaloïde a été découvert par Schmiedeberg et Kopp, et désigné sous le nom (Tamanitine. On a dit que cette substance était identique à la muscarine : mais elle en diffère cependant par plusieurs de ses propriétés chimiques et physiologiques. Elle est à peu près dépourvue d'action toxique. Son chlorhydrate
est beaucoup moins soluble qu< lui de muscarine, qui est déliquescent.
L'amanitine chauffée dégage de la triméthylamine : sous l'influence de l'acide nitrique, elle se transforme en muscarine3.