ALCALOÏDES DU QUEBHACHO, DU GE1SSOSSPERMUM , ETC
L'écorce de Quebracho apocynées) renferme plusieurs alcaloïdes dont les plus importants sont la québrachine el Vaspidospermine.
La québrachine cristallise en fines aiguilles jaunissant à la lumière, fusibles à "2\ t°, douées du pouvoir rotatoire à gauche. La solution du us l'acide sulfurique est d'abord incolore, puis elle devient rapidemenl bleue; la teinte bleue s'accentue par l'addition de bioxyde de plomb ou de bichromate de potassium. Le réactif de Frôhde colore aussi en bleu la québrachine; l'acide sulfovanadique donne une solution violette, puis brune (réaction analogue à celle de la strychnine; mais lu coloration ne passe pas au rouge par addition d'eau, et les effets physiologiques sonl fort différents .
La québrâchi létermine chez les grenouilles eles phénomènes de
paralysie, de ralentissement de la respiration; point de contractions tétaniques.
\S aspidospermiîie est cristallisable, très peu soluble dans l'eau I p. dans 6.000), un peu soluble dans l'alcool et dans l'éther. Elle donne avec l'acide perehlorique une coloration rouge dont le spectre est caractéristique Fraude . Elle ne produit pas de réaction colorée avec l'acide sulfurique, le réactif de Frôhde, le sulfoséléniate ; avec le sulfovanadate, teinte rouge : avec l'acide sulfurique et le bichromate, teinte pourpre. Sun action sur les grenouilles est à peu prés la même que celle de la québrachine, mais elle est moins active et moins durable.
GEIsèoSSPERMINE.PÉREIRINE. — L'écorce de PaO /H'rcini ou GeiSSOSSpei'-
rnum apocynées) contient deux alcaloïdes, la péreirine el la geissosspermine. L'écorce elle-même a des propriétés toxiques énergiques. On l'a employée comme succédané de la digitale.
D'après liesse, la geissosspermine est assez soluble dans l'alcool, peu soluble (huis l'éther et dans l'eau ; avec l'acide sulfurique elle donne une solution d'abord incolore, puis bleue ; avec l'acide sulfurique contenant du perchlorure de fer, une solution bleue; avec l'acide azotique, uni' solution pourpre, puis orangée. (Voir : liesse, Lieb. Ann., t. CCLXXVII, p. 300.) D'après Czernievvski, elle fournit avec l'acide sulfurique et le bichromate la même réaction que la strychnine. — La geissosspermine, en solution acide, est enlevée par l'éther.
Freund .-I Fauvet (Lieb. .\tm. Chem., t. CCLXXXII, p. 247 ; liiill. Soc. Chou., t. XIV. p. 606) donnent le nom de vellosine à un alcaloïde extrait du Geissosspermum Vettosii et différent de la geissosspermine. Il
VLCALOIDES DIVERS 681
forme des cristaux jaunâtres, insolubles dans l'eau, solubles dans le chloroforme, la benzine, l'éther de pétrole, t action physiologique de la vellosine se rapprocherail de celle de la brucine dont elle ne diffère que par H" en moins).
Corydaline. — On extrait de la racine de Corydalis cava Fumariacées) plusieurs bases. La Corydaline, fusible à -f~ 139°, cristallise en gros prismes, la bulbocapsine (Freund et Josephy) est fusible à 199°. La Corydaline. corps amorphe, insoluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool et l'éther, est un violent poison tétanique Robert). Arch. de Phan I. <XXXXI,p. 131 : Bull. Soc Chim., t. XII, p. 3.)
nu .
Berbérine. — La racine de Berberis vulgaris contient un alcaloïde qu'on a appelé Berbérine, et qui existe aussi dans d'autres plantes [Hydrastis canadensis, Coptis lecta, Cocculus palmatus, etc.). Elle cristallise en petites aiguilles prismatiques, un peu jaunâtres, fusibles à -j- 120", dénuées de pouvoir rotatoire, solubles dans Min parties d'alcool, peu solubles dans l'eau froide. La berbérine est colorée en brun par l'ammoniaque. La solution alcoolique de berbérine donne avec l'iodure de potassium induré un mélange de cristaux blancs et brun-violet irisés. Le chlore gazeux la colore en rouge. Avec le bichromate et l'acide sulfurique on obtient une coloration violette.
Certains auteurs considèrent la buxine, base extraite du buis, connue identique à la berbérine [Walz et Fluckiger .
Pelletiérine. — Les alcaloïdes de l'écorce de Grenadier (Punica Granatum) ont été étudiés par Tanret [Journ. de Pharm. et île Chimie, I. XXY1II. p. 168, p. 3Ni; t. XXXII. p. 464, p. 466). Le plus important de ces alcaloïdes est la pelletiérine, employée comme médicament anthelmintiquë. C'est une base liquide, incolore, soluble dans 2(1 parties d'eau, très soluble dans l'alcool, l'éther et le chloroforme; son pouvoir rotatoire en solution aqueuse est [a]0 = -j- 8°. Elle bout, en se décomposant, à -(- 195°. Elle a une réaction fortement alcaline. — Le sel employé en médecineest le sulfate de pelletiérine, qu'on ordonne à la dose de 08r,30 contre le taenia.
Eu dehors des alcaloïdes végétaux, il existe, en chimie organique, un grand nombre de bases dans l'étude desquelles nous ne pouvons entrer ici. Parmi ces bases, nous avons indiqué déjà (p. 23a Vaniline dont les propriétés toxiques sont assez importantes. Nous dirons encore quelques mots d'un autre produit aujourd'hui très répandu, Vantipyrine, dont la
G82 I l; \ l I i: DE CHIMIE TOXICOLOGIQUE
toxicité esl minime, mais qui est fréquemment employé comme médicament et que l'on ;i parfois l'occasion de retrouver dans les analyses de \ iscères.
Vantipyrine (diméthyloxyquinizine] est une poudre blanche, cristalline, d'une saveur spéciale, très soluble «huis l'eau, soluble dans 50 parties d'éther, dans I partie d'alcool ; elle fond à -f- 1 13°, et se colore en rouge, puis en brun, si l'on élève davantage la température.
Cette base est un agent antipyrétique de premier ordre, qu'on utilise en médecine dans diverses affections, à des doses variables de o-r..">u à 2 et '■\ grammes). — Elle |>;isse inaltérée, au moins en partie, dans l'urine où l'on peut la retrou\ er sans difficulté.
Dans une recherche générale d'alcaloïdes, Pantipyrine serait isolée de la même manière que les bases végétales. La benzine et le chloroforme l'enlèvent aux solutions acides; l'éther de pétrole ne la dissout pas. Elle possède quelques bonnes réactions : le perchlorure de ferla colore en rouge intense (la kaïrine, nuire base analogue, peu employée aujourd'hui, se colore aussi en rouge par le perchlorure de fer : la solution rouge se déco-' lore quand on ajoute un peu d'acide sulfurique. En présence de l'acide nitreux nitrite de soude avec un peu d'acide sulfurique), les solutions d'antipyrine se colorent en vert. L'iodure de potassium ioduré précipite les solutions d'antipyrine en brun rouge : le tanin, en blanc : l'iodure de mercure et de potassium, en jaune, etc. Le sulfovanadate d'ammoniaque fournil avec l'antipyrine une belle coloration verte.